Texte 13 : Game of thrones (Shireen x Podrick)
Contexte : UA saison 5
Mot du calendrier Kinai : Douce
Pour Starck,
Le numéro 1 de Shireen
Je suis en sécurité désormais.
Cette phrase, Shireen se la répétait tous les matins en se levant depuis six mois.
Les bons jours, elle parvenait à y croire. Les mauvais, elle revoyait le visage impassible de son père alors qu'il la menait au bûcher. Elle sentait alors à nouveau l'odeur des flammes, avait l'impression de se consumer de l'intérieur... ce qui se serait sûrement produit les armées de lady Stark n'avait pas surgies pour l'arracher au feu.
Aujourd'hui, six mois après, elle avait l'impression que ce sauvetage in extremis n'avait été qu'un rêve créé par l'esprit de son fantôme en peine. Cette épreuve avait été si traumatisante qu'elle avait souvent songé à finir ce que son père avait commencé : pourquoi rester en vie quand sa propre famille avait voulu la tuer si cruellement ? Personne ne voulait plus d'elle... et elle même n'avait plus personne.
C'était là que Podrick lui avait chanté une chanson pour la première fois. Il avait su sa détresse, avait essayé à son échelle de lui changer les idées. Sa voix, à la fois douce et puissante, avait réussi à la ramener dans le monde des vivants.
Jour après jour, Podrick avait continué de chanter – même si Shireen ne lui avait jamais dit merci.
Depuis le bûcher, elle n'arrivait plus à parler.
Elle n'avait rien dit quand les Stark l'avait sauvée, ni quand ils lui avaient proposé de rester à Winterfell. Elle n'avait pas hurlé quand les Marcheurs Blancs avaient attaqué le château, tout comme elle n'avait pas exprimé son soulagement en voyant Podrick rentrer sain et sauf de la bataille. Quand elle avait prit l'écuyer dans les bras, elle aurait voulu parler, lui dire combien elle était heureuse de le savoir en vie... mais aucun son n'avait pu sortir de sa bouche. C'était à croire que sa voix avait été perdue dans les cris qu'elle avait poussé pour échapper aux flammes. Podrick n'avait pas l'air de se soucier de son mutisme puisqu'il continuait à interagir avec elle, mais Shireen s'en voulait de ne pas réussir à le remercier correctement. Un jour, elle arriverait à surmonter son traumatise, elle se le jurait...
L'occasion lui en fut donnée lorsque les Starck annoncèrent l'arrivée de Noël. C'était une fête que Shireen ne connaissait pas mais elle en comprit rapidement la teneur : il fallait se réunir avec les gens qu'on aimait et leur offrir des présents. Avec des gestes timides, elle avait fait comprendre à Podrick qu'elle aimerait passer cette soirée-là avec lui. Quand il avait accepté, son visage s'était éclairé. Première étape de faite ! Mais Shireen n'avait aucune idée pour le cadeau... elle avait l'impression que rien ne pourrait véritablement être à la hauteur de tout ce qu'avait fait l'écuyer pour elle. Ce fut alors qu'elle réalisa que la solution était toute simple...
Le soir du 24 décembre, quand Podrick la rejoignit, elle avait ainsi tout préparé. Quand elle vit que le brun tenait un présent, elle ne paniqua pas en voyant ses propres mains vides. À la place, elle l'invita à s'asseoir et lui fit comprendre qu'elle souhaitait lui offrir son cadeau.
Elle prit son courage à deux mains, expira lentement, prit une grande respiration.
- Il était... une f... fois... toi et... moi...
Elle avait choisit une chanson de l'Ouest pour rappeler à Podrick sa région natale. Néanmoins, elle doutait qu'il puisse la reconnaître, tant elle massacrait la musique : son souffle était haché, les notes mauvaises, sa voix trop enrouée de ne pas avoir émis le moindre son en six mois. Elle dû ainsi déclarer forfait après avoir chantonné ces quelques mots. Devant l'échec, elle sentit poindre des larmes de hontes.
Toutefois, quand elle leva les yeux vers Podrick, celui-ci pleurait, un sourire ébahit aux lèvres.
- C'est le plus beau cadeau qu'on ne m'ai jamais fait, murmura-t-il.
Shireen fit une grimace, l'air de dire « n'abuse pas ». Il n'en tint toutefois pas compte puisqu'il vint l'enlacer.
- Tu retrouves un peu la parole. Ce qui veut dire que tu as définitivement décidé de revenir parmi les vivants. Et te savoir avec moi... je ne pouvais rêver mieux.
Ce fut alors que Shireen comprit que Podrick avait mit le doigt sur quelque chose qu'elle n'avait pas réalisé elle-même : depuis qu'il avait accepté son rendez-vous festif, elle n'avait jamais plus eu envie de se changer en cendres.
Elle referma alors ses bras autour de ceux de Podrick, savourant l'étreinte.
Je suis en sécurité désormais.
Pour la première fois en six mois, elle y croyait réellement.
