C'est vendredi: c'est L'homme du Vendredi Soir!... Enjoy! (Pas dans les transports, blablabla ) ^^
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Toutes mes excuses aux premiers lecteurs de ce soir! J'avais par erreur posté le mauvais chapitre! 😱 C'est maintenant rectifié...
Chapitre 2
Draco enfila sa cagoule à l'instant où la porte du vestibule s'ouvrait.
Et à l'intérieur pénétra un homme aux cheveux noirs ébouriffés qui n'était rien de moins que Harry-putain-de-Potter.
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Dire que Draco était sidéré était un euphémisme aussi grand que de dire qu'il était vaguement attiré par les hommes. Et pour la première fois depuis le début, il bénit cette cagoule sur sa tête qui cachait, ne serait-ce qu'un peu, sa pâleur, ses yeux ronds et sa bouche béante.
– Reprends-toi, fit sèchement Tomas.
Et il attendit qu'il ait réussi à fermer la bouche pour activer le portoloin dans le collier de Potter.
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Mais Draco n'y arrivait pas. Il était sidéré, tétanisé, incapable de faire le rapprochement entre l'homme qu'il voyait souffrir à genoux toutes les semaines depuis des mois, et Harry Potter.
Le Harry Potter.
C'était… impensable, inimaginable et il n'arrivait pas à détacher son regard de cette tignasse noire, ébouriffée, dissimulée des jours durant sous une cagoule, et il n'arrivait même pas à regarder son visage.
Tomas avait repris son rôle et… Harry Potter était à genoux au milieu du salon, le regard baissé, les mains derrière la tête et… Merlin merci, Tomas ne lui avait pas demandé de venir avec un quelconque accessoire dans un quelconque orifice mais Draco était quand même écœuré.
Tomas faisait le tour de son corps, inspectant la posture, l'épilation de son pubis… Bon sang, on parlait de Potter ! Du corps de Potter, de l'intimité de Potter… Il allait gerber.
– Pas d'orgasme, pas de masturbation, cette semaine ?
Et quand Draco l'entendit pour la première fois répondre « Non, Maître », il crut qu'il allait même partir.
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Toute la séance se déroula dans un brouillard flou dont Draco fut incapable de sortir. Même Potter semblait mal-à-l'aise – peut-être davantage de sa réaction que d'autre chose – jusqu'à ce que Tomas ne prenne les choses en main. Merlin merci, il ne chercha pas à les faire réagir en humiliant à nouveau Potter, mais puisque la douceur et le calme ne marchaient pas, il pensa sans doute que la douleur réveillerait tout le monde.
La séance de discipline fut la plus dure que Draco avait jamais vue ici. Elle avait au moins le mérite de focaliser Potter sur autre chose que sa réaction hébétée. Il poussait des gémissements étranglés de douleur à chaque coup, la gorge grosse d'un sanglot qu'il ne laissait jamais échapper, il souffrait, il se tordait, il transpirait, il tremblait des pieds à la tête…
Et Draco n'était pas capable, ni d'intervenir, ni de le toucher… Ni même de le regarder de face. Il restait dans son dos, écœuré de cette peau lacérée, mais il préférait ce côté plus anonyme, plus désincarné, ce dos qui n'avait pas de nom, pas d'histoire, pas de passé, pas de visage…
Voyant qu'il ne réagissait toujours pas et que Potter était au bout de ce qu'il pouvait, Tomas finit par le détacher et il le laissa se reposer, allongé pour une fois… et des traces de sang parsemaient les poils beiges du tapis.
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Tout ce que Draco fut capable de faire avant de partir fut de venir dans le dos de Potter, de caresser doucement son épaule et de murmurer :
– Je suis désolé, je ferai mieux la prochaine fois.
Mais quand Tomas le raccompagna à la porte, il lui dit sèchement :
– Si c'est pour faire ça, il n'y aura pas de prochaine fois pour toi !
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Draco rentra chez lui, noué, tendu, la nausée au bord des lèvres et essayant désespérément de chasser de son esprit l'image de Potter à genoux dans le salon.
Il se colla devant son ordinateur, chercha son site porno préféré, une vidéo bien trash en mettant le son bien fort et il se masturba jusqu'à éjaculer au moins deux fois. Il n'avait même pas envie, ce n'était même pas du plaisir, c'était purement mécanique mais il voulait évacuer ça de son corps, cette espèce de désir et de frustration sales.
Puis il partit prendre une douche et se rhabilla en sortant.
Il était plus de deux heures du matin mais il ne voulait pas se coucher et dormir. De toute façon, il n'y aurait pas réussi. Il avait besoin de réfléchir, tout de suite, de faire le point et de comprendre.
Parce qu'il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas que cet homme qu'il avait vu chaque semaine depuis des mois, cet homme qu'il avait touché, caressé, fait jouir, puisse être Harry Potter.
Comment cet homme-là, connu de tout le monde sorcier, adulé, chéri, le héros de toute une nation, le vainqueur de la guerre, pouvait-il avoir besoin de ça ?! De se soumettre, de se laisser humilier, de se faire frapper au sang chaque semaine ? D'obéir à des ordres avilissants alors qu'il avait toujours refusé de céder ? D'appeler un homme « Maître » alors qu'il s'était battu pour la liberté de tous ?
Il ne savait même pas qui était Potter… Il ne savait pas ce qu'il était devenu depuis la guerre, ce qu'il faisait comme boulot ou l'endroit où il vivait. Les journaux ne parlaient plus de lui, sauf lors des anniversaires de la fin de la guerre ou des commémorations. Il était retombé dans une vie anonyme, discrète, simple sans doute, dont Draco ne savait rien. Et qu'est-ce qui pouvait bien le pousser, dans sa vie quotidienne, à venir chercher toute cette douleur ? Qu'est-ce qu'il cherchait à fuir, à expier ? Qu'est-ce qui lui donnait envie, chaque vendredi soir, de venir poser son cerveau et se déconnecter de la réalité ?! Est-ce que sa vie était si merdique, est-ce que son mariage prenait l'eau ou bien est-ce que ces séances étaient au contraire un espace de liberté qui lui permettait de « tenir » le reste de la semaine, comme l'avait dit Tomas ? Mais contre quoi… ?
Mais merde ! Il avait vu Potter à genoux. Nu, et Merlin savait que bon nombre de femmes auraient donné cher pour voir ça ! Il avait vu Potter manger par terre, lécher le sol ou avec un poing dans le cul ! Il avait vu Potter se faire uriner dans la bouche et se pisser dessus !
Il avait vu Potter trembler à l'annonce d'une punition et s'effondrer sous la douleur des coups !
Draco sortit sur la vaste terrasse de son appartement et alluma une cigarette.
Merlin… Il comprenait mieux la longueur du Serment qu'il avait prêté et qui essayait, avec ses tournures de phrases alambiquées, de parer à toutes les éventualités pour ne pas être brisé. Et il comprenait mieux l'impératif que tout se joue à l'intérieur de l'appartement, sans compter la cagoule qui avait protégé Potter pendant des semaines…
Et maintenant qu'il avait accepté de baisser sa garde, de faire confiance à une personne de plus, Draco avait agi comme un connard. Il avait fui, il avait eu peur de celui qui était en face de lui, de ce qu'il représentait et il n'avait même pas réussi à le toucher, ni à le regarder. Il l'avait humilié un peu plus par son refus, comme si savoir qui il était rendait tout plus sale et plus abject.
La cigarette avait un goût dégueulasse, Draco avait la nausée et il la jeta par-dessus le balcon pour rentrer à l'intérieur.
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Il s'affala dans son canapé, les chevilles croisées sur la table basse. Et bon sang ! Potter lui avait léché les pieds, il l'avait sucé, il lui avait servi de repose-pieds !
Draco grimaça en fermant les yeux. Et lui, il avait léché tout un tas d'endroits du corps de Potter, ses tétons, sa bite, son cul, il avait même laissé l'empreinte de ses dents sur sa peau, il avait même embrassé ses lèvres.
Merlin merci, Potter ne savait toujours pas qui il était !
Et Potter s'était même à moitié endormi sur le canapé, la tête posée sur ses cuisses…
Potter aimait les voyages et les comédies romantiques.
Potter était rêveur et un peu fleur bleue.
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D'un mouvement de baguette, Draco fit venir du frigo une bière, qu'il renvoya aussitôt parce que ça lui rappelait le soir où Tomas en avait vidé une dans le cul de Potter. Rageusement, il se prit la tête entre les mains et maudit Tomas pour ce qu'il avait fait. Depuis le début, il savait très bien qu'il s'agissait de Potter, il avait dû savoir qu'ils se connaissaient, qu'ils avaient été à Poudlard ensemble, qu'ils avaient été les meilleurs ennemis du monde… Il les avait manipulés tous les deux.
Une seconde, Draco eut envie de lui envoyer un SMS assassin, de lui dire ses quatre vérités en face et de ne plus jamais le revoir… mais il se retint. Aucune décision précipitée quand il était dans cet état-là. Et puis il ne savait pas encore ce qu'il voulait précisément au sujet de Potter.
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Finalement, il se leva et partit dans son bureau chercher son ordinateur portable puis un verre de vin. Peut-être que comprendre qui était l'autre facette de l'homme du vendredi soir lui éclaircirait les idées.
Sur le moteur de recherche, il mit du temps à faire défiler les actualités pour tomber sur autre chose que des articles de journaux au sujet de commémorations ou de souvenirs de la guerre. Au moins, cela lui permettait de voir des photos, certaines récentes, d'autres plus anciennes et de se familiariser à nouveau avec son visage. Tout à l'heure, il avait été incapable de le regarder en face, de chercher sur son front la cicatrice de son enfance, de détailler autour de ses yeux, de ses lèvres, les rides du temps, de reconnaître dans cette bouche celle qui l'avait insulté autrefois…
Et puis, sur les images, Potter souriait. Largement, tranquillement, agacé par une énième photo ou bien très discrètement, de ce petit sourire infime et amusé que Draco avait cru parfois deviner sur ses lèvres.
Parmi les images, il tomba brusquement sur une photo de mariage et il grimaça amèrement. Potter s'était marié avec une femme ! Avec cette belette rousse que Draco avait toujours trouvé vulgaire et nigaude. Et qui, sur cette vieille photo, était enceinte à en croire la légende. Est-ce que c'était cela qu'il fuyait tous les vendredis ? Un mariage hétéro pépère pour paraître respectable alors que ses fantasmes étaient plutôt homosexuels et sado-masochistes ? Est-ce que Potter n'avait jamais osé assumer son homosexualité ? Est-ce qu'il avait besoin de venir se déconnecter chaque semaine pour pouvoir supporter sa vie mensongère ?…
Draco retourna dans la rubrique des actualités pour chercher des informations plus approfondies sur la vie de Potter et ne trouva pas grand-chose. Potter travaillait pour le Ministère, il avait des enfants et Ginny était morte… Comment un type qui avait des enfants pouvait-il se regarder dans la glace tous les matins et préparer le petit-déjeuner de ses gosses en sachant qu'il allait se faire fouetter quelques jours plus tard ?! Comment pouvait-on à ce point…
Draco retourna sur la page des photos et chercha les plus récentes; certaines dataient même de cet été, au bal du Ministère… « Aucune marque visible en étant habillé » avait dit Tomas… Bon sang… ! Sur ces photos, sous cette chemise sombre, Potter portait des traces de fouet, de paddle, de martinet, de canne, de ceinture… Il portait peut-être la morsure qu'il lui avait faite sur la fesse. Il sentait peut-être encore la brûlure du plug d'urètre qui avait pénétré son sexe ou du poing qui avait dilaté son anus.
Et Merlin ! Sur toutes ces photos, sous son pantalon et son sous-vêtement, Potter était épilé… Un pubis vierge, lisse et Potter qui souriait devant les objectifs des journalistes… Draco était bizarrement excité de savoir ça. De comprendre qu'il était le seul avec Tomas – et peut-être une esthéticienne – à savoir que sous son pantalon, Potter portait une marque de soumission. De savoir qu'il n'avait pas le droit de se toucher, ni de se masturber, de savoir qu'il n'avait pas d'activité sexuelle en dehors de ce qu'ils faisaient ensemble… De savoir qu'il était celui qui lui avait donné son premier orgasme depuis un an et demi…
Draco sourit, un peu fier, même s'il n'irait l'avouer à personne.
Mais tout ça n'expliquait pas pourquoi Potter, une fois par semaine, venait s'agenouiller dans ce vestibule et mettre volontairement ce collier qui l'asservirait pendant quelques heures ou toute une nuit…
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Toute la semaine, Draco chercha des informations, interrogea discrètement ses employés, laissa traîner ses oreilles à droite et à gauche. Il évoqua son nom, distraitement, chez quelques-uns de ses confrères du Chemin de Traverse, il éplucha les archives de la Gazette, il parcourut le registre des naissances au Ministère…
Il avait même espéré y apercevoir Potter mais ce ne fut pas le cas.
Mais il glana malgré tout de nombreuses informations. Potter travaillait bien pour le Ministère; il avait été auror quelques années, puis il s'était retiré des services actifs après la naissance de ses enfants et il était devenu instructeur à l'école de formation des nouvelles recrues. Il était apprécié; selon ses collègues et ses élèves, c'était un type sympa, joyeux, qui riait beaucoup et… « méritant ». Quelqu'un qui n'avait pas eu trop de chance dans sa vie mais qui n'en restait pas moins jovial et souriant. Quelqu'un qui avait des amis, qui semblait entouré et bien dans sa peau… Rien de compatible avec l'image d'un type névrosé venu chercher une compensation quelconque dans l'estime d'un Maître.
Potter avait bien été marié, à en croire les histoires des uns et des autres. Il avait eu quatre enfants avec sa rousse, et puis Ginny était morte dans un accident de voiture… Et depuis, Potter élevait seul ses enfants : des jumeaux, puis un garçon, puis une petite fille, qui avaient tous aujourd'hui entre cinq et dix ans selon les versions. Un père admirable, présent, très doux avec ses enfants… des gosses « formidables ! Vous savez, il a du mérite !… » Et Draco n'en doutait pas.
Mais il ne comprenait toujours pas comment ce portrait pouvait correspondre à celui de l'homme sous sa cagoule, à genoux au milieu du salon de Tomas…
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Au cours de ses recherches, il trouva même son adresse, une petite maison discrète dans un quartier résidentiel du Londres sorcier. Un bac à sable dans le jardin, une cabane perchée dans un arbre, un ballon de foot enfoui sous la haie… Des rideaux roses à une fenêtre de l'étage et il espéra que c'était la chambre de la petite fille. Un grand écran de télévision qui luisait d'une lumière bleutée dans le salon et une cocotte qui mijotait dans la cuisine. Une vie sans doute ordinaire quand on avait des enfants… Draco ne savait pas, il n'en avait pas.
Mais il savait qu'il n'arrivait pas à se faire à cette image-là de Potter, – celle que tout le monde semblait connaître, pourtant, mais qui n'était pas la sienne.
Il ne poussa pas le vice jusqu'à l'épier avec ses enfants ou jusqu'à le suivre, parce que cela devenait malsain mais il hésitait encore.
Les jours passaient mais il ne savait toujours pas s'il retournerait chez Tomas le vendredi suivant.
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Sa seule consolation dans tout ça, c'était que Potter ne savait pas qui il était.
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Le SMS de Tomas arriva le vendredi dans la matinée : « Aie au moins la décence de prévenir si tu ne viens pas ce soir. »
Il avait dû attendre un signe de vie dans la semaine…
Draco prit le temps de réfléchir encore un peu puis finit par répondre : « Je viendrai. Mais j'aurai sans doute besoin d'y aller doucement. D'un peu de temps pour me mettre dans l'ambiance. »
Besoin. C'était là l'aveu d'une sacrée faiblesse !…
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Draco était au fond de la cuisine quand Tomas activa le portoloin du collier de Potter. Et il y resta. Les reins posés contre le bord du plan de travail, les bras croisés. À distance…
Ce n'était pas qu'il fuyait mais il ne voulait pas affronter tout de suite le visage de Potter, les yeux de Potter et ce regard toujours baissé et qu'il n'avait jamais croisé. Il ne voulait pas être trop près quand il allait répondre à l'interrogatoire et appeler Tomas « Maître ». Il ne voulait pas voir sa bouche articuler des réponses dérangeantes, ni les traits de son visage frémir quand Tomas allait commencer à lui donner des ordres humiliants. Il préférait avoir vue sur le dos de Potter, sur les muscles qui roulaient sur les omoplates, sur ses épaules délicieuses et sa taille presque fine.
Draco n'avait pas prévu que Potter allait se lever pour venir poser son téléphone sur la table et qu'il apercevrait son visage. Sans cagoule. Et ce fut lui qui frémit.
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Soit il avait un bon fond, soit Draco allait le payer plus tard, mais pour l'instant Tomas commençait doucement. Il avait interrogé Potter, avec en permanence dans la voix une espèce de ricanement insupportable, mais il n'avait pas été humiliant. Il s'était accroupi pour taquiner son corps, pour pincer ses tétons jusqu'à le faire hoqueter, pour serrer ses testicules dans sa main jusqu'à lui tirer des gémissements haletants mais c'était resté raisonnable. Il avait fouetté un peu ses fesses avec une baguette de rotin mais même les traces étaient modestes.
Pendant tout ce temps, Draco avait observé du fond de la cuisine.
Et puis Tomas avait dû se lasser d'agir. En dehors des séances de discipline, il avait toujours aimé ses soumis immobiles, figés dans une position douloureuse ou humiliante, attendant un ordre ou son bon vouloir. Plutôt que de se fatiguer à le fouetter, il avait eu envie de martyriser un peu le corps de Potter et de le laisser souffrir et gémir… Et c'était ce qui se passait.
Toujours à genoux par terre, Potter portait aux chevilles une sorte de barre d'attachement qui les lui maintenait écartées et immobilisées, et sur laquelle Tomas avait aussi fixé les menottes de ses poignets, l'obligeant à renverser son dos en arrière. Autour de ses testicules, il avait installé un système de deux petites plaques en plexiglas, reliées entre elles par un système de vissage aux quatre coins. Par transparence, Draco pouvait voir chaque testicule aplati, pressurisé, qui faisait maintenant moins d'un centimètre d'épaisseur, leur surface rendue blanchâtre sous la pression. Et à chaque tour de vis supplémentaire, les testicules étaient un peu plus écrasés. Broyés. Et à chaque tour de vis supplémentaire, le sexe de Potter tressautait, laissant échapper une larme de plaisir.
Curieux, Draco s'approcha un peu. Bizarrement, Potter semblait aimer ça. Il gémissait, il haletait, mais son sexe était tendu, congestionné de sang, violacé, et l'humidité à son sommet ne laissait aucun doute sur son excitation.
En le voyant réagir enfin, Tomas se leva et attrapa dans son buffet un bandeau de satin dont il couvrit les yeux de Potter, si large qu'il allait du sommet du front jusqu'à son nez. Et Draco l'en remercia intérieurement. Ce n'était pas aussi anonyme qu'une cagoule mais le visage de Potter était en partie couvert et il put enfin s'en approcher de face.
Potter avait des lèvres roses entrouvertes, qu'il léchait compulsivement à chaque fois qu'il cessait de les mordre, son torse était luisant de sueur, son bassin arqué vers l'avant, dressé sur ses genoux et Draco avait l'impression qu'à chaque instant, il allait se mettre à donner des coups de reins dans le vide pour tenter de soulager son érection gorgée de sang.
Draco s'accroupit devant lui et du bout de son ongle, remonta durement le long de sa verge tendue. Potter glapit un son de luxure et de souffrance, le corps vibrant d'expectative. Un instant, Draco joua sur le méat, étala sur le gland la substance translucide que Potter larmoyait si intensément, et enfonça la pulpe de son doigt dans l'orifice suintant. Puis très doucement, et avec une crispation évidente dans son propre pantalon, il donna à chaque vis un quart de tour supplémentaire.
Au fond du canapé, Tomas souriait, et pour une fois, son sourire n'était pas moqueur.
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Draco avait déjà vu des hommes aimer se faire torturer ou écraser le sexe ou les testicules, mais Potter était fascinant. Il était si excité, il trouvait tellement de plaisir dans cette souffrance-là que Draco avait l'impression qu'il allait jouir à chaque seconde. Ses lèvres étaient gonflées, elles laissaient échapper en permanence des halètements étranglés; le haut de son visage était caché mais il était sûr que ses yeux roulaient dans leurs orbites, et la couleur de son sexe atteignait des rouges violacés qu'il avait rarement vu…
Il montra à Tomas les deux objets qu'il venait de récupérer dans sa trousse et l'interrogea du regard. Tomas sembla hésitant, comme si cela ne faisait pas partie des règles du Contrat, et d'un signe de tête, lui désigna Potter.
Draco s'agenouilla devant le corps tendu et arqué dans la douleur. De l'ongle, il vint griffer légèrement les testicules écrasés, s'attirant un gémissement de désespoir.
– Tu aimes les aiguilles, Potter… ?
Un nouveau gémissement s'étrangla dans sa gorge et il secoua la tête.
– Non… Monsieur, geignit-il et Draco sourit, satisfait de voir que Potter l'avait reconnu.
– Je te propose un marché… J'ai là deux longues aiguilles que je vais enfoncer là, fit-il lentement en griffant à nouveau ses testicules. Et tu gagneras un orgasme délicieux…
De tous les jeux de sang, Draco n'aimait que celui-là : des aiguilles, juste sous la peau ou tout au fond des testicules, longues, fines et délicieusement pointues, qui rentraient dans la chair d'une simple pression du doigt. Un supplice plus impressionnant qu'autre chose, où la douleur était dans l'esprit plus que dans le corps.
Potter secoua désespéramment la tête.
– N'as-tu pas envie de jouir ? demanda Draco en caressant à nouveau le gland turgescent et humide.
– Si, Monsieur. S'il-vous-plaît…
– Tu sais ce qui me plairait…
Potter secoua à nouveau la tête, gémissant de façon insensée, tandis que Draco caressait doucement la tête de son sexe. Il semblait au bord de l'explosion, plus gonflé, plus tendu que jamais et un mince filet translucide avait coulé jusque sur son ventre.
– Alors… ? fit-il en effleurant les testicules écrasés de la pointe d'une aiguille.
Voir Potter lutter entre son désir de jouir et sa crainte de souffrir était admirable et Draco était subjugué. Il aurait bien voulu lécher la sueur sur ce torse sculptural mais la présence de Tomas le retenait… Quand Potter finit par hocher la tête, cependant, il frissonna violemment et grogna de satisfaction.
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– Ressens…
À la première aiguille, Potter s'étrangla dans un gargouillis plaintif et désespéré. Et Draco sentit sa propre érection pulser violemment dans son pantalon.
– Regarde, maintenant.
Il ôta le bandeau de Potter et admira son regard éperdu et affolé tandis que la deuxième aiguille faisait lentement son chemin d'un testicule à l'autre. Et le son misérable de Potter faillit le faire jouir sur le champ.
Draco prit quelques secondes pour savourer le désir puissant et l'adrénaline qui circulaient dans son corps, puis il enfouit deux doigts de sa main gauche dans la bouche de Potter pour les lubrifier de salive et les enfouit ensuite entre ses fesses pour aller caresser sa prostate et lui donner enfin cet orgasme tant attendu. Et bien mérité.
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Bon. C'était Potter, et pourtant, pendant quelques minutes, il avait oublié que c'était Potter. Avec le bandeau sur le visage, et même sans, il était redevenu cet homme que Draco savait tenir dans le creux de sa main, celui qu'il savait faire réagir, gémir, bander et jouir. À travers ses réactions, ses geignements, ses cris, son désir… quelque part, il l'avait reconnu.
Il avait oublié l'ancien auror, le héros de guerre, la petite maison proprette et les quatre enfants. Il avait oublié celui que les gens estimaient, le bon camarade, le bon prof, le bon père de famille… Il n'avait plus rien vu que ce corps arqué dans le plaisir, cet homme à genoux suppliant pour sa délivrance, ce sperme blanchâtre étalé sur son torse et qu'il lui avait fait léché sur son pouce, et ce cul serré, pulsant autour de ses doigts comme si le cœur de Potter se trouvait là, niché entre ses fesses.
Potter était redevenu l'homme du vendredi soir, même si tout ça était encore bien étrange.
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Et Tomas, qui n'avait rien perdu de toute cette scène et qui avait bien évidemment tout compris, avait repris un malin plaisir à le provoquer. Il avait laissé Potter relativement tranquille ce soir, se reposer simplement à genoux à ses pieds. Mais quand vint la séance de discipline, Tomas s'assit sur la table basse, juste en face de Draco, il fit venir Potter à plat ventre par-dessus son genou et entreprit de lui donner la fessée.
Draco ne voyait pas le visage de Potter, enfoui entre ses bras, mais en revanche, il voyait parfaitement la main large et puissante de Tomas s'abattre sur la chair qui rougissait à vue d'œil. Et surtout ce sourire ironique sur son visage.
À chaque claquement sec sur la peau, à chaque cri étranglé, à chaque halètement, à chaque tremblement de ces cuisses musclées, Draco sentait son ventre se crisper de désir, son sexe pulser dans son pantalon et les yeux sombres de Tomas ne le quittaient pas du regard.
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« Alors, ça va mieux ? Tu as réussi à dépasser tes angoisses au sujet de qui il est ? »
Même sur l'écran de son portable, Draco pouvait entendre le ricanement de Tomas dans ses mots. Il hésita à répondre d'une insulte au SMS; finalement, il se contenta de reposer le téléphone, de jeter un sortilège de nettoyage sur ses draps et d'essayer de s'endormir.
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Le vendredi suivant, Draco avait décidé de préparer le dîner. C'était une occupation qu'il aimait bien de temps à autre, qui le détendait et qui, ce soir, lui permettait de passer un peu de temps au fond de la cuisine. Dans le salon, Tomas s'amusait avec Potter et il préférait ne pas trop savoir ce qu'il s'y passait.
Concentré sur ses préparatifs, Draco sursauta quand il découvrit brusquement Potter à côté de lui, à quatre pattes et penchant la tête pour lui lécher les pieds. Il adressa un regard noir à Tomas qui ricanait à l'autre bout du salon.
– Lève-toi et mets la table, si tu veux servir à quelque chose !
Mais le couinement de Potter en essayant de se redresser l'alerta. Tomas lui avait installé des pinces à seins reliées à un ballstretcher par une chaîne si courte qu'il était incapable de se tenir autrement que plié en deux. Draco soupira d'agacement, fit sauter la chaîne d'un geste de baguette et reprit sa cuisine.
Il n'avait pas voulu lui enlever les sextoys de crainte que Tomas n'envisage quelque chose de plus sévère, mais au moment de servir le repas, quand il vit que la table n'était mise que pour deux personnes, il remplit une troisième assiette pour Potter, lui donna des couverts et l'envoya manger sur la table basse. Et Tomas faillit éclater de rire.
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– C'est divinement bon ! apprécia Tomas au bout d'un moment avant de se mettre à ricaner. Une vraie petite femme d'intérieur, chéri !
Draco piqua un morceau de viande au bout de sa fourchette et le considéra une seconde avant de tourner un sourire froid vers Tomas.
– Dois-je te rappeler quel est mon métier ?… Méfie-toi de ce que j'aurais pu mettre dans ton assiette.
Tomas eut un temps d'arrêt et regarda longuement le contenu de son assiette tandis que Draco ricanait intérieurement. Et là-bas, à genoux près de la table basse, il vit le coin des lèvres de Potter se relever très discrètement.
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Ils rejoignirent le salon pour un thé et Potter fit le service puis la vaisselle, geignant pitoyablement dès que Tomas agitait du bout de sa baguette les pinces qui martyrisaient ses tétons. Il semblait parvenir à oublier la morsure continuelle mais le moindre stimuli lui arrachait des hoquets étranglés que Draco trouvait diablement excitants.
Sans compter que la vision de Potter avec cette large bague de métal autour de ses testicules était proprement charmante. Leur couleur violacée ne l'était pas moins et Draco songea furieusement aux aiguilles du vendredi précédent. Potter avait dû détester, mais lui il avait adoré et il en avait même rêvé plusieurs fois cette semaine entre deux insomnies humides.
Et de toute évidence, les couilles de Potter semblait être le thème du moment de Tomas, puisqu'à peine le thé fini, il l'allongea sur la table basse, sur le dos et pas même attaché, et il ramena de son buffet un petit maillet. Avant même qu'il ne l'utilise, Draco bandait dans son pantalon et Potter, dans sa splendide nudité, en faisait tout autant.
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Même si Potter aimait ça, être frappé là lui arrachait gémissements et cris plaintifs à chaque coup. Il se tortillait, se crispait, ramenait ses cuisses contre lui ou ses mains devant son sexe pour tenter de se protéger.
– Sois sage, fit Tomas avec une claque sur ses mains, et tu auras un joli cadeau ce soir.
Et comme si la récompense espérée méritait la punition, Potter se laissa faire sans protester davantage.
Le maillet s'abattait de plus en plus rapidement, écrasant les testicules violacées contre le bois de la table basse, et ce bruit sourd était peut-être le son le plus érotique que Draco eût jamais entendu. Le sexe de Potter, dur et droit, était aussi tendu que son corps, arc-bouté dans la douleur et la recherche du plaisir, et Draco aurait pu parier qu'il était le genre d'homme à pouvoir jouir rien que de cette souffrance-là.
Tomas fut obligé de s'arrêter, tant Potter paraissait au bord d'un orgasme qu'il voulait vraisemblablement lui refuser. Et quand Draco fit mine de se lever pour s'approcher à son tour, Tomas refusa en secouant la tête avec un grand sourire.
Il le taquina encore un peu, puis il laissa Potter à genoux en position d'attente à côté du canapé tandis qu'il allumait la télévision. Fasciné, Draco regarda ce sexe délaissé s'avachir peu à peu, perdre sa rigidité pour retrouver sa beauté tranquille, lisse et souple, harmonieuse et délectable.
De temps en temps, du bout de sa chaussure, Tomas venait frotter les testicules toujours violacés, durement, sévèrement, et aussitôt, le sexe de Potter gonflait et se redressait avec envie, dans l'attente d'un orgasme promis et refusé. Quand il revint des toilettes, Tomas lui mit même un coup de pied dans les parties, suffisamment violent pour que Potter pousse un cri de douleur et se replie sur lui-même en roulant sur le côté.
– À genoux ! ordonna Tomas avec un sourire vicieux en le prenant par la mâchoire. Sinon tu n'auras pas ton cadeau.
Et le visage encore crispé de souffrance, Potter se redressa tant bien que mal.
– Bon garçon…
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Draco n'aurait pas su dire s'il était excité ou mal-à-l'aise, et probablement était-ce les deux à la fois. La souffrance de Potter, sa résistance, cette obéissance sans limites et cette recherche effrénée du plaisir le fascinaient. Il le trouvait magnifique. Qu'il soit écrasé par la douleur ou tendu dans une presque-jouissance, Potter était splendide. Et même à genoux, à quatre pattes ou à leur lécher les pieds, même à subir ou à obéir à des ordres humiliants ou douloureux, Potter était d'une dignité impressionnante.
Quelque part, il retrouvait là le Potter de la guerre, celui capable d'obéir à des ordres iniques, capable de souffrir pour le bien commun et de s'offrir en sacrifice. Là, c'était encore différent, Potter s'offrait parce qu'il avait besoin de dépendre d'un autre, de se donner sans concessions, de s'en remettre totalement à Tomas pour se sentir bien… et aussi dans l'espoir du plaisir, mais il n'en était pas moins magnifique. Et furieusement tentant.
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Il était près de minuit quand Tomas se leva du canapé et partit chercher un petit paquet carré enveloppé de papier cadeau noir qu'il posa sur la table basse devant Potter. Bien que baissé, son regard avait immédiatement dérivé vers le paquet.
– Ouvre.
Et tandis que Potter commençait à déballer le cadeau, Tomas ajouta :
– Sais-tu quel jour nous sommes, tout à l'heure ?
– Le premier octobre, Maître.
– Et donc, c'est le mois de… ?
– Locktober, Maître…, souffla Potter.
Dans la petite boîte sur la table, se tenait une cage de chasteté que Draco trouva minuscule et qui lui arracha un long frisson. Potter, lui, poussa un long geignement de désespoir.
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Évidemment, avant qu'ils n'aillent se coucher, Tomas passa encore un long moment à jouer avec le sexe de Potter, allant jusqu'à le faire bander et le masturber délicieusement sans jamais le laisser jouir. Contrairement aux espoirs de Potter, le seul cadeau qu'il avait compté lui faire ce soir n'avait jamais été un orgasme.
Draco soupira; lui, il aurait bien donné ce plaisir-là à leur soumis, une dernière délivrance avant un mois de chasteté… En théorie, la cage n'empêchait pas de jouir, mais il se doutait bien que pour Tomas, les deux allaient de pair : pas d'érection, pas d'orgasme, même pendant leurs séances. Trente-et-un longs jours en étant prisonnier de cette cage… Et pour Draco, toucher, faire bander et faire jouir était si important qu'il se sentait presque aussi prisonnier que Potter.
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Tandis que Tomas se glissait dans le lit, Draco prit une couverture dans l'armoire et alla en recouvrir Potter qui s'était allongé sur le tapis près du canapé.
– C'est d'un romantisme écœurant, ricana Tomas quand il revint dans la chambre.
– Je t'emmerde.
Il n'était pas près d'avouer qu'il avait également lancé un sortilège de coussinage sur le sol.
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Cette nuit-là, Draco dormit à peine une heure, obsédé par l'image du sexe tendu de Potter, de ses testicules violacés et de cette jouissance que Tomas lui avait fait miroiter toute la soirée avant de la lui refuser. Il n'aimait pas ça. Lui, au contraire, il lui aurait donné le plus merveilleux des orgasmes avant ce long mois d'enfermement, un souvenir vivace de ce qu'il aurait le temps de regretter, enfermé et comprimé dans cette cage plastique minuscule. Comment diable arriverait-il même à rentrer dedans ?!
Quoi qu'il en soit, il n'aimait pas ça; il ne trouvait pas ça approprié, il ne trouvait pas ça juste. Tout ça le laissait frustré et irrité. Et pour une rare fois, il avait même envie de baiser.
Draco n'osa pourtant pas rejoindre Potter pour lui donner cet orgasme interdit. Tomas était assez vicieux pour avoir posé des sortilèges de détection si jamais Potter était assez fou pour vouloir se soulager lui-même. Il n'osa pas plus se lever et aller fumer une cigarette sur le balcon de peur de céder à ses propres envies en apercevant Potter couché par terre. Et s'il faisait cela, il ne doutait pas que Tomas se vengerait sur Potter d'une manière qui ne leur plairait ni à l'un ni à l'autre.
Au lieu de ça, Draco passa son temps à rêver à ce qu'il lui ferait le jour où il serait à nouveau seul avec Potter, sans Tomas pour brider ses désirs. Il songea aux jouets qu'il utiliserait, à la façon dont il l'attacherait, dont il le baiserait, dont il le ferait jouir… Il songea même à l'embrasser… Et toutes ces rêveries le laissèrent avec une érection monumentale qu'il ne pouvait pas soulager. Mais il n'était pas assez désespéré pour réveiller Tomas et baiser avec lui.
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Au matin, ils trouvèrent Potter enroulé dans sa couverture comme un énorme sushi, avec à peine sa tignasse noire qui dépassait du tissu. Tomas le réveilla d'un petit coup de pied et ordonna aussitôt :
– À genoux !
À demi réveillé, les yeux encore bouffis de sommeil, Potter sursauta et se remit aussitôt en position, dressé sur ses genoux et les mains derrière la tête. Le sexe relevé d'une érection matinale réflexe.
Loin de lui valoir une punition, Tomas en fut particulièrement amusé et il le laissa végéter là, frissonnant, jusqu'à ce que Potter laisse échapper un petit geignement pour attirer leur attention.
– Qu'y a-t-il ? demanda Tomas avec un sourire vicieux.
– Permission d'aller uriner, Maître…
– Refusée. Tu n'iras aux toilettes que lorsque tu auras mis ta cage.
Draco vit Potter soupirer de désespoir puis entreprendre de mettre sa cage de chasteté avec des doigts fébriles. L'anneau à la base du sexe passa sans trop de problèmes mais au moment d'enfiler cette cage qui devait faire à peine quatre ou cinq centimètres de long, les choses se corsèrent. Chaque effleurement sur son sexe semblait le faire grossir et il avait beau s'acharner pour rapprocher les deux parties et fermer le dispositif, rien n'y faisait. Il lui fallut lutter de toutes ses forces pour réussir à comprimer douloureusement son sexe et tendre enfin la clef à Tomas.
Draco avait regardé toute cette scène en résistant à l'envie de se toucher, et son érection prit encore un peu plus d'ampleur quand il songea que cette cage, Potter allait la garder pendant tout le mois d'octobre. Même en sortant du vestibule… Même chez lui… Même quand il irait travailler, même en s'occupant de ses gosses, même en allant faire ses courses… Même quand il sourirait sur les photos. Bon sang, il allait certainement se branler s'il trouvait des photos de Potter dans la presse pendant ces trente-et-un prochains jours !
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Octobre s'égréna lentement, dans un brouillard flou et humide, aussi bien par les fenêtres de son appartement que dans son esprit. Draco avait décidé de faire ses recherches en potion chez lui plutôt que dans le laboratoire de sa boutique. Avec les allées et venues de ses employés, la clochette qui tintait dès que quelqu'un pénétrait dans le magasin et les multiples interruptions pour un conseil ou une question, il n'arrivait pas à se concentrer.
Et puis chez lui, il pouvait laisser libre cours à sa nouvelle obsession : chercher des photos récentes de Potter sur internet. Il devait cliquer sur la petite flèche arrondie « Actualiser » au moins dix fois par heure, dès qu'il faisait une pause, dès qu'il n'avait plus les mains occupées à découper des ingrédients ou tourner une louche, dès qu'il n'était plus concentré.
Les rares fois où il trouvait une photo récente, datée de ce mois d'octobre, son sexe durcissait brusquement dans son pantalon et le désir pulsait dans son ventre.
Et toutes les nuits, ses insomnies le ramenaient inévitablement à une même image : le sexe de Potter enfermé dans sa cage, gonflé, turgescent, débordant par chaque minuscule orifice sur les côtés ou l'extrémité, cherchant tellement à s'échapper de sa prison que cela tirait sur l'anneau à la base de son sexe et sur ses testicules.
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Chaque vendredi, une nouvelle séance avait lieu, lui avec sa cagoule, Potter avec sa cage et Tomas avec son éternel sourire ironique. Malgré ce que Draco avait craint, les soirées étaient plutôt tranquilles pour le moment. Tomas trouvait bien quelque raison de punir Potter mais les punitions restaient raisonnables, mesurées et généralement, Draco les trouvait plus excitantes que vraiment dérangeantes.
Tomas donnait à Potter ce qu'il voulait : des ordres habituels, quelques humiliations qui n'en étaient plus, des douleurs que Potter adorait, du bout de son fouet ou de sa baguette, une caresse sur la tête de temps en temps. Les choses semblaient simples. Peut-être qu'il considérait que la cage était une frustration permanente suffisante pour se montrer un peu plus magnanime.
Draco, lui, avait repris l'habitude de toucher Potter. De le caresser, de mordiller ses tétons, de lécher les marques cuisantes du fouet, de glisser un baiser sur ses lèvres parfois… Chaque vendredi, Potter lui léchait les pieds, avec parfois ce coin de lèvres légèrement relevé qui témoignait de son amusement, et chaque vendredi, Draco finissait par jouir de ces mêmes lèvres enroulées autour de son sexe.
Il ne pouvait pas s'en empêcher; c'était sa récompense du vendredi soir, pour avoir réussi à tenir toute la semaine sans… avoir vu Potter ? Sans lui avoir parlé, sans l'avoir touché, sans l'avoir léché sur la nuque ou embrassé ses lèvres. Sans avoir craqué chaque nuit pour aller voir chez lui s'il portait bien sa cage, s'il bandait quand même, s'il se touchait ou si ses couilles étaient tendues, congestionnées de ne pas avoir pu jouir depuis des jours et des jours.
Draco en devenait fou. Potter était devenu une obsession, le but de chaque semaine, sa raison personnelle pour enchaîner les jours de travail et les nuits sans sommeil, une reconnaissance pour sa patience mise à rude épreuve et après chaque séance, les seules nuits où il arrivait à dormir quelques heures satisfaites et repues.
Et puis Potter le troublait et Tomas le savait très bien. Son minuscule sourire en coin quand Draco réagissait malgré lui, le plaisir évident qu'il prenait à lui lécher les pieds et à le sucer, ses gémissements d'extase quand il le caressait et sa façon parfois trop évidente de venir nicher sa tête dans son cou quand Draco l'enlaçait pour le récompenser de sa souffrance.
Un pas de deux, une valse entre plaisir et douleur, un mal pour un bien et le bonheur désarmant qui naissait dans son cœur quand Potter s'apaisait entre ses bras après une séance de discipline.
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Le seul problème qui persistait, hormis la rareté de ces séances, était cette cage que Draco en était venu à détester. Il ne pouvait pas nier sa fascination pour ce sexe maintenu captif, pour ces trésors d'énergie et d'inconfort à bander malgré la contrainte, pour ces testicules tendus, harnachés, malmenés par ces érections provoquées et importunes. Même en cage, le sexe de Potter était beau et attirant, mais il restait prisonnier.
Draco rêvait de le voir se déployer dans sa main, grossir entre ses doigts, larmoyer sous les caresses et changer de couleur à en devenir violacé sous la contrainte d'un anneau pénien ou d'une cordelette enroulée à sa base. Il rêvait de pouvoir le masturber, le lécher, glisser sa langue dans la fente humide… Il rêvait de pouvoir enrouler ses lèvres autour de sa tête, de le taquiner du bout de ses dents et de l'engloutir jusqu'au fond de sa gorge. Et que ce sexe soit inaccessible, même pour lui, le torturait chaque vendredi soir, et jusque dans ses rêves.
Et puis ne pas pouvoir le faire jouir. Parce que bien entendu, pour Tomas, la cage signifiait ni érection, ni orgasme.
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Un soir de la fin du mois, Draco ne tint plus et il prit son manteau et son paquet de cigarettes pour aller marcher un peu. Il n'avait pas voulu se l'avouer mais il savait très bien où ses pas le mèneraient. Il connaissait les habitudes de Potter et le dimanche soir, c'était soirée pizza avec ses enfants.
Le vendredi soir, la séance avec Tomas; le samedi soir, il invitait du monde ou il allait chez des amis; et le dimanche soir, soirée pizza en famille.
Dissimulé dans l'obscurité de la nuit et le couvert d'un arbre, Draco l'observa quitter sa maison avec sa fille. Emmitouflés dans leurs manteaux, la fillette gambadait en le tenant par la main, gaie et insouciante, ravie de cette escapade pour aller chercher cette espèce de repas-récompense. Et encore une fois, Draco se demanda ce que Potter venait chercher le vendredi soir.
Au fil des jours, il s'était fait à cette idée que le Potter qui lui léchait les pieds à chaque séance était le même Potter que celui qui tenait la main d'un enfant en discutant joyeusement. Ça restait bizarre mais ça avait aussi un petit côté excitant, interdit, secret… Une parenthèse furtive accordée dans la réalité où il n'était plus Draco Malfoy, le potionniste, et Potter n'était plus le bon père de famille respecté par ses collègues.
Une parenthèse où ils se connaissaient sans se connaître, l'un le visage à découvert mais l'autre dans l'ombre. Comme dans la réalité.
Mais dans la réalité de ce soir d'automne, le plus excitant se cachait sous un pantalon. La démarche de Potter ne laissait rien deviner, pas plus que le relief du tissu au niveau de son entrejambe, mais dessous, Draco savait qu'il y avait un pubis épilé à la perfection et la cage. Une idée suffisante pour le faire bander dans son propre pantalon. Draco alluma une cigarette et s'éloigna pour rentrer chez lui.
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Deux jours plus tard, Draco était encore du côté de chez Potter. Le mardi, c'était le jour des courses et Potter venait d'entrer avec sa fille dans son épicerie habituelle. Un commerce plutôt chic et des produits de bonne qualité. Il prenait certainement soin de bien nourrir ses enfants.
Le dilemme de Draco était le suivant : entrer et jouer l'innocence si Potter le remarquait – si tant est qu'il le reconnaisse – ou rester là sans rien faire et rentrer se branler sur une vieille photo. Tomas en aurait ri à se pisser dessus !
De toute façon, dans cette réalité-là, Potter ne le connaissait pas. Ou du moins pas comme l'inconnu du vendredi soir.
Est-ce que cette idée le rassurait ? Draco n'en savait rien, mais avant même de l'avoir réalisé, il avait poussé la porte de l'épicerie et il avait déjà sursauté au bruit de la clochette, le ventre brusquement noué. Il ne savait même pas ce qu'il faisait là.
Il voulait approcher le vrai Potter, toucher du doigt cette autre réalité, essayer de les relier pour que quelque chose fasse sens dans son esprit… Mais il savait aussi qu'il n'aurait pas dû être là, que quelque part, c'était malsain de le suivre ainsi, de s'immiscer dans sa vie, et qu'il risquait surtout, si jamais Potter découvrait la vérité, de tout perdre. Et il savait d'avance qu'il ne supporterait pas la fin éventuelle des séances du vendredi soir. Surtout s'il devait en être le responsable.
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Draco s'avança dans le magasin, saluant la gérante d'un signe de tête et se faufila entre deux rayons, la tête baissée comme s'il cherchait un produit particulier, le cœur battant à tout rompre. Il avait même la gorge sèche; il était ridicule. Il se passa nerveusement la main dans les cheveux tout en réfléchissant au moyen de regagner la sortie sans trop se faire remarquer quand il entendit brusquement la voix de Potter non loin. Il riait, il plaisantait avec sa fille et Draco resta figé.
– Malfoy ?!
– Potter…
– Hey, salut ! Comment tu vas ? Ça alors, si je m'attendais ! Ça fait longtemps ! Qu'est-ce que tu deviens ?
Draco serra la main qui lui était tendue, chaude et délicieusement ferme. Et son regard remonta malgré lui vers les incroyables yeux verts de Potter.
– Heu… Ça va. Je vais bien, bafouilla-t-il. Je passais dans le coin. Je vais dîner chez des amis. Je venais prendre une bouteille de vin.
D'un geste raide, il attrapa la bouteille la plus chère qu'il aperçut devant lui. Trente-cinq gallions. De sacrés veinards, ces amis !
– T'as pas le temps pour un café, alors, je suppose ? rigola Potter.
– Non, désolé. Ç'aurait été avec plaisir, mais…
– Papa, on peut prendre ça ? fit une voix plaintive.
À côté d'eux, un livre dans les bras, se tenait la fille de Potter, une petite brune aux cheveux longs et ondulés et aux mêmes yeux que son père.
– Ton frère l'a déjà, Lily. Ce serait pas plus simple de lui emprunter ?
– Mais il veut jamais !…
– Je m'en occuperai. Prends-toi autre chose… Et n'oublie pas le chocolat ! fit Potter en riant avant de tourner la tête vers Draco avec un geste d'excuse. Ma fille… Le chocolat, c'est notre péché mignon à tous les deux !
Perturbé par cette scène surréaliste, Draco réussit tant bien que mal à rebrousser chemin vers la caissière, sa bouteille de vin à la main. Il sortit plusieurs billets de son portefeuille, incapable de compter, et bénissant la caissière qui attrapa d'elle-même un billet de cinquante gallions avant de lui rendre la monnaie. Potter, lui, avait pris la plume posée sur le comptoir et griffonnait sur un bout de papier.
– Mon numéro… Appelle-moi si ça te dit, un café, un de ces jours…
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Une fois dehors, Draco transplana sans demander son reste, avec dans le ventre, la sensation d'être lâche, de s'enfuir lamentablement et d'avoir été ridicule. Rentré chez lui, il s'enferma à double tour et s'effondra sur son canapé, la tête entre les mains. Il avait bafouillé, il avait donné une excuse pitoyable, la scène avait été grotesque et il avait envie de vider cette bouteille de vin jusqu'à être ivre et oublier ce moment d'égarement minable.
Au lieu de ça, il alluma son ordinateur et se branla sur de vieilles photos de Potter. Le souvenir du visage de sa fille le perturba bien un peu quelques minutes, jusqu'à ce qu'il se concentre sur les yeux verts de Potter.
Bon sang, il avait croisé le regard de Potter ! Ce qui n'était jamais arrivé en plusieurs mois de séances tous les vendredis soirs, venait de se produire au fond d'une épicerie un peu chic de Londres. Et il était resté subjugué par cet éclat de vie et de joie au fond de ses pupilles.
Cela faisait partie des fondamentaux de Tomas : l'obéissance absolue, la restriction de parole et de mouvement, les postures, le collier et l'épilation, la libre disposition de son sexe et de son cul en permanence… et ne jamais lever le regard vers lui. Et Potter respectait si scrupuleusement, si parfaitement cette règle que Draco n'avait jamais deviné la moindre parcelle de vert dans ses yeux toujours baissés ou fermés.
Mais ce regard-là, aujourd'hui… si vif et si enjoué… lui avait retourné l'esprit. Potter semblait quelqu'un de profondément radieux. Draco comprenait de moins en moins ce qu'il venait chercher le vendredi soir.
Et il avait ce putain de numéro de téléphone dont il ne savait pas quoi faire.
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Parce qu'un bouleversement n'arrive jamais seul, Draco reçut le jeudi un SMS de Tomas : « Déplacement pro à l'étranger. Je ne serai pas là demain soir. Tu-sais-qui est au courant. Tu as carte blanche ».
Avant même d'avoir réfléchi, sa réponse était partie : « Carte blanche ? C'est-à-dire ? »
« Dans la limite des restrictions de son Contrat. »
« La cage ? »
« Carte blanche. Enjoy your night »
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Draco était au fond de la cuisine quand Potter apparut au milieu du salon, nu, à genoux et les mains derrière la tête. Et pourvu de sa petite cage en plastique et d'une paire de testicules gonflés et d'une jolie couleur bleutée.
Il le laissa patienter un peu puis s'approcha pour l'inspection rituelle. Tout était en ordre, conforme aux règles et Potter était parfaitement épilé. Il avait même trouvé le temps d'aller chez le coiffeur, cette semaine, et Draco eut furieusement envie de passer ses doigts dans ses cheveux…
– Je te rappelle les règles avec moi : politesse et obéissance. Pas de restriction de parole, ni de mouvement, sauf si je t'ai donné un ordre contraire. Entendu ?
– Oui, Monsieur.
– Qu'est-ce que c'est que ça ? fit brusquement Draco en fronçant les sourcils.
De l'extrémité de la cage de chasteté dépassait un petit renflement métallique qui n'était pas là la semaine passée.
– Plug d'urètre, Monsieur.
– C'est Tomas qui t'a dit de le mettre ? interrogea-t-il sévèrement, et devant le hochement de tête de Potter : Quand ?
– Hier matin, Monsieur. Le plug était dans la boîte… Punition pour une éjaculation nocturne.
Draco grogna, vaguement en colère. Les éjaculations involontaires, et en particulier la nuit, n'étaient pas censées entraîner une punition, et il n'était pas étonnant que même sans stimulation, Potter en arrive là après plusieurs semaines d'abstinence. S'il avait eu ce dernier orgasme que Tomas lui avait refusé…
Mais Draco ne pouvait pas se permettre d'aller contre l'autorité du Maître de Potter…
– Et… ça va ? fit-il en examinant le sexe encagé à la recherche d'une rougeur ou d'une inflammation.
– Ça va, Monsieur, répondit Potter avec ce qui ressemblait à un minuscule sourire. Brûlure habituelle. Rien d'anormal.
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Parce qu'il aimait la vision du cuir noir sur le corps et la peau claire de Potter, Draco lui mit des menottes aux poignets et aux chevilles.
– Penche-toi.
Draco caressa lentement les fesses rondes de Potter à quatre pattes devant lui, les écartant légèrement pour dévoiler son anus plissé et quelque peu violacé.
– Tu t'es masturbé par là ou tu t'es introduit quelque chose ? lâcha-t-il d'une voix sévère.
– J'ai seulement fait un lavement avant de venir, Monsieur.
– Bien, approuva Draco en lui assénant une claque sur la fesse.
Il lança un sortilège de lubrification puis lui inséra un plug qu'il avait ramené de sa collection personnelle : cinq centimètres de diamètre, rien d'immense, mais qui avait la particularité d'être lesté et donc de faire un poids certain. Quelque chose qui pesait sur l'anus et qui pouvait rapidement devenir inconfortable en position debout.
– Va mettre la table pendant que je termine le repas. Tu peux te mettre un couvert sur la table basse.
Draco retourna au fond de sa cuisine tandis que Potter s'exécutait sans mot dire, grimaçant à peine devant la sensation nouvelle. Draco avait envie de le toucher davantage, d'aller caresser cette cage et de le rendre dur à l'intérieur, il avait envie de le fouetter et d'aller lécher ses marques, mais il restait encore mal-à-l'aise. Le souvenir de Potter dans l'épicerie et de sa propre fuite honteuse avait du mal à partir.
Ils mangèrent en silence, lui à table, parcourant ses mails et ses notifications sur son portable, et Potter à genoux devant sa table basse. Mais il semblait apprécier le repas et son assiette fut rapidement vide.
– Tu peux te resservir, si tu veux.
– Merci, Monsieur.
Et Potter, avec un sourire discret mais ravi, proposa de le resservir avant de se verser une portion copieuse.
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– Le dessert est dans le frigo, fit Draco quand Potter eut fini sa deuxième assiette. Fais le service.
Pour patienter, il prit son verre de vin et but une ou deux gorgées tranquillement, avant de froncer les sourcils sur la grimace de Potter en ouvrant le frigo.
– Qu'est-ce qu'il y a ? Tu n'aimes pas ça ?
Draco avait confectionné le dessert chez lui, avant de venir, parce que c'était assez long à faire et que Tomas n'avait pas tous les ustensiles nécessaires à sa préparation, mais la réaction de Potter le décevait un peu. Il avait pourtant cru comprendre qu'il aimait le chocolat.
– Si j'avais su ce qu'il y avait en dessert, je ne me serais pas resservi, Monsieur, fit Potter d'une voix déconfite. Ou bien, j'aurais préféré prendre deux fois du dessert.
Il n'aurait peut-être pas dû pour conserver sa crédibilité, mais Draco éclata de rire. Il n'était pas Tomas, et il se foutait de tout ça. La réaction spontanée de Potter était bien trop adorable pour qu'il ait voulu s'en passer.
– Il t'en restera pour le petit-déjeuner…
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Enfoncé au fond du canapé, les jambes croisées, Draco sirotait son verre de vin en observant Potter lui lécher le pied avec application. La sensation de ses lèvres qui devaient avoir le goût du chocolat autour de son orteil était divine et il ferma les yeux pour mieux la savourer. Il était déjà dur dans son pantalon depuis un bon moment mais il avait toute la nuit pour profiter de Potter…
Le Potter du vendredi soir. L'autre, le père de famille, le Potter des pizzas du dimanche, des courses du mardi, des boites de céréales et des livres pour ses enfants, était parti en goguette quand Draco lui avait mis des menottes et un plug entre les fesses. Et encore davantage depuis qu'il était là à lui lécher si délicieusement les pieds.
– Approche, soupira Draco en débouclant sa ceinture.
Il avait diablement envie de jouir mais il savait déjà qu'il devrait renoncer à mi-chemin pour ne pas finir trop vite.
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Potter avait été adorable, il avait pris son temps, il avait été lent et langoureux, mais Draco avait dû l'arrêter avec dépit, après à peine quelques minutes. Il avait besoin de redescendre un peu.
Du bout de son fouet, il caressa la hanche de Potter avant de l'abattre sur son dos, laissant une légère traînée rouge qui le fit haleter puis gémir doucement. Les bras attachés en l'air par des cordes, maintenus aussi écartés que ses jambes, Potter était superbe. Sur sa peau, s'étalaient des dizaines de petites traces rouges, vermeilles, carmins, des stigmates de plaisir, et il ondulait entre les cordes, balancé vers l'avant par l'impact du fouet puis arrondissant le dos pour venir chercher la caresse de sa main, la fraîcheur de sa langue que Draco distribuait aussi généreusement que des coups de fouet.
Il le posa un instant, fit le tour du corps immobilisé et vint poser sa main sur la cage où se trouvait un sexe gonflé et incapable de se déployer. Il caressa la rondeur des testicules, soupesa leur fermeté, leur poids et Potter semblait ronronner dans sa main. Ses soupirs étaient lascifs, pleins d'attente et de désir. Il renversa la tête en arrière, les yeux clos et se lécha instinctivement les lèvres. Et Draco eut furieusement envie de l'embrasser.
– Que dirais-tu d'enlever cette cage et de jouir ce soir, Potter ?
Son corps eut un sursaut de surprise puis il se mordit la lèvre.
– Ce serait tricher, Monsieur.
– J'ai la clé, ajouta Draco en caressant l'extrémité du gland qui cherchait son chemin malgré la cage et le plug d'urètre. Tomas me l'a confiée, pour faire ce que je veux… Tu pourrais… être enfin libre. Et connaître à nouveau le plaisir…
Potter se mordit encore la lèvre et secoua la tête.
– Le défi, c'est jusqu'au premier novembre, Monsieur…
– Mais c'est en milieu de semaine. Comment enlèveras-tu la cage sans devoir attendre la séance suivante ?
Ondulant dans la suspension des cordes, Potter eut un petit sourire.
– La cage est liée par un sortilège, Monsieur. Si je prononce mon safeword rouge, elle disparaît. En cas d'urgence, ou pour la fin de Locktober…
– Elle disparaîtra, mais tu ne pourras quand même ni te toucher, ni jouir… Je te propose l'un ou l'autre ce soir. Ou enlever la cage et être libre, ou la garder mais jouir… À toi de choisir.
Les yeux toujours fermés, Potter souriait, les lèvres pincées d'anticipation et de désir. Mais sa réponse fut étonnamment rapide :
– Jouir, Monsieur…
Et Draco se demanda si la réponse aurait été différente avec Tomas.
– Jouir alors… mais pas tout de suite.
Il attrapa sa mâchoire pour lui faire pencher la tête et embrassa ses lèvres.
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Draco reprit le fouet et ses marques sur le dos de Potter. En réalité, il mourrait d'envie de l'embrasser vraiment, il mourrait d'envie de le faire jouir mais il ne voulait pas lui donner ce plaisir-là tout de suite. Encore quelques coups, encore quelques marques, quelques soupirs et quelques gémissements… et quelques secondes pour écraser discrètement dans son pantalon sa propre érection qui devenait douloureuse de frustration et d'attente.
Enfin, il revint face à Potter pour le détacher et le réceptionner si ses jambes flanchaient un peu trop… Et Potter finit dans ses bras, la tête nichée dans son cou, frottant son visage contre sa cagoule. En réalité, Draco le soupçonnait de ne pas être si faible et de profiter simplement de l'occasion pour obtenir cette étreinte, mais il n'allait pas faire le difficile. Et il glissa avec ravissement ses doigts dans les cheveux humides de Potter en léchant la sueur sur sa nuque.
– Position de repos, ordonna Draco en le relâchant à contrecœur.
Il s'éloigna pour boire un verre d'eau puis en ramena un à Potter qui l'avala avec avidité avant de se lécher les lèvres avec un petit sourire imperceptible.
Draco tournait autour du corps à genoux, bien conscient de ses provocations discrètes, bien conscient de son propre désir, mais refusant de céder à tout cela. Bon sang, ne pas toucher le corps de Potter, ne pas caresser toutes ces marques, toutes ces zébrures dues au fouet était une vraie torture. Et ce sexe de plus en plus rouge et débordant de cette cage autant qu'il le pouvait… L'érection de Potter était telle que la cage en était soulevée, dressée, les testicules tirés vers l'avant et violacés.
– Va te mettre à genoux au bord du canapé, en appui sur le dossier.
La dernière fois que Potter avait été dans cette position, Draco lui avait léché l'anus puis mordu la fesse… Est-ce qu'il s'attendait au même traitement ? Draco serra puissamment son propre sexe, dérivant vers la douleur le plaisir qui ne demandait qu'à jaillir.
Dans ses affaires, il récupéra un lubrifiant de sa composition et dans le buffet un autre fouet qu'il montra à Potter.
– Tu reconnais celui-ci ?
– Oui, Monsieur, répondit une voix inquiète.
Celui-là était un fouet court, à deux lanières de cuir tressé, et qui était davantage un fouet de punition.
– Je sais que tu ne l'aimes pas, fit lentement Draco, mais je voudrais te voir avec ses marques… Tu es tellement beau avec cette peau blanche zébrée de rouge… Et je serais tellement satisfait de savoir que tu vas porter ces marques pendant quelques jours, et peut-être même jusqu'à la prochaine séance… Est-ce que tu peux faire ça pour moi ? Pour me rendre fier de toi ?…
Potter gémissait sous ses paroles et ses caresses, les fesses tendues ou le dos cambré sous le passage délicat et frais de sa main.
– Pour moi… et pour cet orgasme que je t'ai promis et qui n'en sera que meilleur… Cinq coups, pour te rendre encore plus beau et désirable…
Potter gémit à nouveau, entre crainte et renoncement, et Draco glissa ses lèvres sur sa peau déjà ornée de rubans rouges.
– Acceptes-tu, Potter ? fit-il en s'approchant de son visage puis en léchant sa joue.
– Oui, Monsieur, geignit-il au bord du désespoir.
En entendant sa réponse, Draco sentit son sexe tressauter dans son pantalon et ne voulut plus perdre de temps. Rapidement, il lui ôta le plug qui dilatait son anus et y appliqua un peu de son lubrifiant personnel.
– Ahh ! sursauta Potter. Ça brûle, Monsieur !
– C'est le but, chéri, sourit Draco. Garde la position et compte.
Il frappa les fesses somptueuses de rondeur et bientôt somptueuses d'une longue traînée rouge sang à fleur de peau et dont le relief jaillit immédiatement de la chair. Et Potter cria sous la douleur.
– Un, Monsieur, glapit-il au bout de quelques secondes.
– Magnifique… tu es absolument magnifique… et tu mérites tellement ta récompense, ce soir…
Draco caressa longuement les fesses et le dos de Potter, ses cheveux, sa gorge par-dessus le collier de cuir quand il renversa la tête en arrière, ses lèvres entrouvertes et enflées d'avoir été si souvent mordues ce soir.
– Deux, Monsieur ! cria Potter quand le fouet s'abattit de nouveau.
Draco avait une main sur les fesses de Potter et une main sur son propre sexe qui déformait son pantalon sur le côté.
– Trois, Monsieur !
La voix de Potter hoquetait de douleur et Draco hoqueta aussi, tellement le désir l'empêchait de reprendre son souffle.
Les deux autres coups furent moins forts, plus rapides, parce qu'il n'en pouvait plus. Il laissa tomber le fouet et de ses mains fébriles, ouvrit son pantalon avec précipitation. Il en tremblait, il en était maladroit, mais enfin son sexe fut dehors, aussi rouge que les fesses de Potter, aussi humide que son anus enduit de lubrifiant, et Draco s'enfonça avec un bonheur indescriptible entre ses fesses, ravagé par le gémissement de surprise et de plaisir de Potter.
Il ne pouvait plus attendre, la brûlure du lubrifiant était délicieuse, le cul de Potter était chaud et palpitant, et le baiser ce soir était plus enivrant que n'importe quoi d'autre qu'il ait connu. Draco se sentait possédé par le désir, par une fièvre passionnée, il donnait des coups de reins instinctifs, animaux, démesurés et Potter se retenait contre le dossier du canapé, creusant les reins pour l'accueillir.
Plus rien n'existait que ce corps qu'il pénétrait, qu'il adorait de son propre corps, et ces bruits, le bruit mouillé de sa bite dans son cul, le claquement de son bassin sur ses fesses, les gémissements exaltés de Potter et ses halètements désespérés.
– Permission de jouir, Monsieur ?!
– Non, souffla Draco. Plus tard… Quand je pourrais te voir…
Et le gémissement de désespoir de Potter, à la limite du sanglot, fut si émouvant et grisant que Draco bascula dans l'orgasme.
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Il mit de longues secondes, affalé sur le dos de Potter, à s'en remettre et ce fut un nouveau gémissement indigné et frustré qui le tira de sa léthargie. Bon sang, c'était la première fois qu'il baisait Potter et ça valait bien un peu de répit.
Mais finalement, Draco eut pitié et se redressa, embrassant avec dévotion les marques presque sanglantes sur ses fesses.
– Tourne-toi et reste à genoux. Écarte les cuisses.
Au pied du canapé, juste devant Potter, Draco s'agenouilla à son tour et entreprit de lui retirer délicatement le plug d'urètre, entraînant une longue coulée de liquide translucide à sa suite.
Dans sa cage, le sexe de Potter était impressionnant de congestion, de rougeur, d'engorgement; il était saturé de sang et pourtant étranglé et Draco le lécha avec bonheur. Le goût de Potter, cette ivresse de ses sens, ce délice sur sa langue, sa langue sur toutes les surfaces de peau qu'il pouvait atteindre, sur ses testicules et ses testicules dans sa bouche, et ses doigts dans la bouche de Potter, à tâtons, et ses doigts dans le cul de Potter, à tâtons, et caresser sa prostate comme il caressait son sexe encagé, et ces bruits de gorge étranglés, suppliants, et cette délivrance comme une douleur, et le corps de Potter arqué et secoué des spasmes de l'orgasme, son cul serré, palpitant autour de ses doigts et son sperme s'écoulant dans sa bouche, amer, délicieux, ce sanglot de soulagement, d'extase, d'impuissance et d'épuisement…
Draco le caressa encore un moment et sourit en se reculant. Il était à genoux devant Potter, il était celui qui portait une cagoule et il venait de le sucer jusqu'à le faire jouir… À quel moment les rôles avaient-ils basculé à ce point-là ?… Il s'en fichait au fond, tant que le résultat était aussi réjouissant que Potter avec le visage ravagé par l'orgasme, rouge et pâle à la fois, les cheveux en bataille et beau comme un satyre.
Draco se redressa lentement, les genoux plus endoloris qu'il ne l'aurait cru, et approcha son visage du visage de Potter. Et il l'embrassa… doucement, lentement, ouvrant la bouche pour aller à la rencontre de ses lèvres, de sa langue, et ce baiser était chargé de tendresse et d'émotion.
Depuis quand n'avait-il pas embrassé quelqu'un comme ça… ?
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Draco buvait un dernier verre de vin avant d'aller se coucher, épuisé, satisfait et en même temps, un peu incertain. Potter était allongé sur le canapé à côté de lui, la tête posée sur ses cuisses, et parfaitement somnolent. De la chambre, Draco avait fait venir une couverture et Potter s'était enroulé dedans avec bonheur.
Sous sa main, dans les cheveux en bataille, la sueur avait séché, les traits s'étaient détendus et le petit sourire avait refait son apparition. Draco but une gorgée de vin et de l'autre main, effleura du bout de ses doigts les reliefs du visage de Potter. Les paupières closes, le nez droit et les lèvres si douces. Bon sang ! Il avait baisé Potter. Il avait embrassé Potter et d'une façon qui n'était ni violente, ni imposée; il avait embrassé Potter avec douceur et dévotion, et tout ça ne faisait plus aucun sens !
Il avait sans doute été aveugle sur beaucoup de choses, mais pour la première fois, Draco se demanda s'il n'était pas pris au piège de ses propres sentiments, si tout ça n'allait pas un peu trop loin, et si d'eux deux, il n'était pas celui qui était le plus prisonnier.
Et Potter, qui papillonnait des paupières sous la caresse de ses doigts se retourna légèrement pour mettre sa bouche à portée de son sexe.
– Arrête ! Je t'ai baisé et je ne me suis même pas nettoyé !
– Mon cul est propre, Monsieur, sourit doucement Potter.
Draco se lança tout de même un sortilège de nettoyage sommaire puis se laissa faire. À demi avachi dans le canapé, avec Potter qui le suçait lentement et délicieusement. Il voulait juste oublier ses doutes et ses interrogations.
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– Lève-toi. Va dans la chambre.
Et Potter s'avança, gauche et incertain.
– Eh bien ! Grimpe sur le lit, ordonna Draco en revenant de s'être brossé les dents.
Et Potter se retrouva à quatre pattes sur la couette, hésitant et confus.
– Imbécile ! grogna Draco qui se refusait à dire d'autres choses.
Il se coucha, puis le prit par le poignet pour l'attirer vers lui. Et quand Potter eut enfin admit l'improbable, il vint s'allonger contre lui, la tête posée dans le creux de son épaule et Draco aurait pu jurer qu'il souriait en s'endormant.
Et lui aussi, sans doute… le bras enroulé autour de la taille de Potter et le nez dans ses cheveux.
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La nuit fut une de ses meilleures nuits depuis longtemps. Tiède, douce et savoureuse. Il eut une insomnie, bien sûr, mais elle se solda par quelque chose qui devait s'appeler « faire l'amour à Potter » si Draco n'avait pas refusé de poser des mots dessus.
Il avait les jambes remontées, écartées quand Draco le pénétra avec lenteur. Ils se devinaient à peine dans la pénombre de la chambre et malgré tout, Draco portait cette maudite cagoule qui était le seul gage de l'acceptation de Potter, et il détestait cela. Il s'efforça pourtant de ne pas y penser et de savourer simplement ce moment de plaisir et de communion, les mains de Potter qui s'étaient faites plus libres, qui le caressaient, qui glissaient dans son dos, et les gémissements de Potter qui n'avaient plus rien de douloureux…
Et des baisers qui étaient ceux d'amants.
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Draco somnolait encore quand il sentit une main effleurer son visage par-dessus sa cagoule. Il ouvrit les yeux péniblement, ébloui par la lumière qui provenait du salon par la porte entrouverte. La main glissa sur ses lèvres, puis sur son torse. Potter était là, à genoux au pied du lit, nu hormis son collier, des cernes sous les yeux, et pourtant un regard tendre et infiniment doux.
– C'est bientôt l'heure… Monsieur, murmura-t-il.
Draco se tourna sur le côté pour lui faire face. L'heure… Est-ce qu'il était donc si tard ?
En se redressant sur un coude, Draco attrapa de l'autre main la mâchoire de Potter pour le faire approcher. Poser ses lèvres sur ses lèvres. Longtemps. Mais bien trop brièvement.
Potter se recula et sourit doucement, un peu tristement. Puis disparut.
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Quand il se leva un moment plus tard, Draco trouva dans le salon la table mise pour son petit-déjeuner, un thé encore fumant dans la théière et une part de gâteau au chocolat dans son assiette.
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