Texte 17 : My dear fucking prince (Alex x Henry)

Contexte : pas de contexte précis

Mot du calendrier Kinai : Sentir

Pour Felicia,

La meilleure collègue de roulette


Alex Clermont-Diaz avait des idées parfois étranges.

Comme cette fois où il avait jugé bon de sauver deux dindes et de se retrouver à les adopter à moitié. Ou cette autre fois, où il était parti du principe que puisque Henry était bon au polo, il serait forcément doué en football américain – la réponse était non.

Toutefois, aucune de ses idées n'avait été plus catastrophique que celle dans laquelle il l'avait entraîné : la confection de sablés de Noël.

Quand il avait apprit que Henry n'en avait jamais cuisiné, il s'était profondément indigné.

- Un Noël sans sablés fait maison n'est pas un vrai Noël, avait-il déclaré solennellement.

Avant qu'il ne puisse protester, son petit-ami l'avait supplié de lui montrer les cuisines royales, dans la partie plus intime où la famille royale pouvait se retrouver seule quand l'envie – ou le temps – lui prenait de se mettre aux fourneaux.

- Tu vas voir, ça va être simple !

Devant son enthousiasme, Henry n'avait pu que sourire et suivre ses ordres.

Et, plusieurs minutes après, il était en train d'enfourner sa production.

- Tu vois, ce n'était pas si terrible, sourit le brun. Ils vont être délicieux !

- Tu ne les a pas encore goûtés, fit remarquer l'anglais. Je ne serai donc pas si définitif quant au résultat.

- Mais, si je peux les sentir d'ici. Par contre... tu as un peu de farine.

- Où ça ?

À son air taquin, Henry comprit qu'il n'allait pas avoir sa réponse aussi facilement. Il laissa donc le brun se rapprocher et, quand celui-ci déposa un baiser sur sa joue, il ne fut pas étonné.

- Je pense qu'un baiser ne suffira pas à la faire partir... dit-il d'un ton aguicheur.

- Oh, vraiment ?

Les lèvres furent alors rapidement remplacées par une langue joueuse. Henry s'empressa de rentrer dans le ballet en agrippant l'américain par la taille. Les deux commencèrent une valse qui les amena sur le sol de la cuisine.

Lorsqu'ils reprirent leur respiration, ils restèrent de longues minutes, étendus sur le sol. Le carrelage était froid, la position inconfortable, mais ensemble ils étaient si bien qu'ils voulaient rester ainsi, comme suspendus hors du temps.

Le silence ne fut brisé que par un Henry méditatif :

- J'ai vraiment l'impression d'avoir la tête dans les nuages quand je suis avec toi... J'oublie tout le monde. Il ne reste plus que toi.

- Moi aussi. Et c'est drôle que tu dises ça, avec ces volutes blanches, on dirait de vrais nuages.

- C'est vrai. Je me demande d'où...

Le blond stoppa net sa phrase en réalisant.

- Le four !

Ceci eut pour effet de faire se redresser immédiatement Alex qui pu constater la même chose : le four était en train de fumer joyeusement.

- Mais... mais tu as mis à combien ?

- 338 Fahrenheit, pourquoi ?

- Alex... c'est en degré celsus ici. C'est comme si tu avais mis... à je sais pas moi, 600 et quelques !

Le temps que l'américain ne lâche un élégant « oh merde », plusieurs choses se passèrent en l'espaces de vingt secondes.

Premièrement, la fumée finit par atteindre le détecteur, qui se mit à sonner d'une façon stridente.

Deuxièmement, Alex et Henry tâchèrent de se rhabiller tant bien que mal, tout en se débattant pour chercher de l'eau.

Dernièrement, une petite troupe composée de cuisiniers et de gardes du corps débarqua pour se retrouver face à une scène bien improbable : leur prince en caleçon, en train de jeter un verre d'eau dans un four enfumé, assisté par son petit-ami dans une allure du même acabit.

Leur professionnalisme les empêcha de laisser exprimer leur fureur ou, pire, de rigoler devant cette vision farfelue. Néanmoins, il les incita à rapporter l'incident aux grandes instances.

Henry ne fut plus jamais autorisé à cuisiner.

Du moins, dans sa propre demeure. Il cuisina de nouveau dans la maison familial de son petit-ami. Si aucun sablé ne fut brûlé, se furent les fajitas qui subirent son inexpérience, forçant toute une maisonnée à faire semblant d'apprécier la préparation.

Mais cela, c'était une autre histoire.