Texte 24 : Captain America (Steve x Bucky)
Contexte : film 1
Mot du calendrier Kinai : Cadeau
Pour Lea,
La meilleure façon de conclure ce calendrier
Etre Captain America pouvait avoir certains avantages.
Par exemple, il avait une force et une résistance surhumaine, il avait des passes-droits et la plupart des gens qui le croisaient le remerciaient pour tout ce qu'il pouvait bien faire pour l'Amérique. Pour un jeune homme comme lui qui avait été tourné en ridicule toute sa vie, ces mots de reconnaissance signifiaient beaucoup. Il avait l'impression d'être enfin utile, ce qui lui faisait du bien au moral.
Mais à ce instant très précis, ce que Steve appréciait le plus, c'était le tas de présents devant lui.
Il regrettait d'avoir une pensée aussi matérialiste ; donner une telle importance aux objets n'était jamais une bonne idée si l'on ne voulait pas oublier l'essentiel, à savoir l'humain. Toutefois, s'il était honnête avec lui-même, il devait bien admettre qu'il était ravi de voir tous ces colis à son attention. Sans être très pauvre, ses parents n'avaient jamais roulés sur l'or. De ce fait, ses Noëls n'étaient pas particulièrement garnis. Son jeune cœur avait plus d'une fois envié ces enfants qui arpentaient les rues les bras chargés de nombreux présents et de nouveaux habits flamboyants. Avoir donc tous ces présents était une petite revanche sur la vie, le signe qu'il avait réussi.
Du moins, le croyait-il.
Car après avoir ouvert le troisième paquet contenant des dessous féminins accompagnés d'une lettre suggestive, il ne put que soupirer.
En bon ami qu'il était, Bucky ne put que profiter de l'occasion pour enfoncer un clou :
- Très aguichant, commenta-t-il en prenant le soutien-gorge. Il ne te convient pas ?
- Je m'attendais simplement à des choses un peu plus... profondes.
- Oh, mais quand il est question de dessous, les choses peuvent devenir très profondes, mon cher.
Devant cette remarque, Steve ne put que lever les yeux. Pourquoi Bucky ne ratait-il jamais une occasion de dire ce genre d'obscénités ? Voyant que sa répartie n'avait pas eu l'effet escompté, le brun se fit plus sérieux.
- Que désirais-tu pour Noël alors ?
- Je ne sais pas... quelque chose qui me rappelle pourquoi je me bats. Pourquoi la vie vaut la peine d'être vécue. Quelque chose qui ait du sens, en somme.
- C'est dommage, commenta Bucky. Je ne pense pas que tu trouves cela ici.
- Parmi ces cadeaux, non, rigola Steve. Mais... je crois que si, je pourrais le trouver ici.
Bucky ouvrit la bouche, sûrement pour lui demander ce qu'il entendant par là. Mais il vit le regard du blond et la referma, un léger rougissement sur les joues. Steve comprit alors qu'il avait comprit. C'est ainsi que, fichu pour fichu, il se jeta à l'eau :
- Mon plus beau cadeau, c'est de t'avoir rencontré, Bucky. Il y a certes la guerre et tous ces gens à sauver. Mais depuis le début, ce qui donne du sens à ma vie, c'est toi.
Puis, comme il se rendait compte de ce qu'il venait de dire, il commença à balbutier des excuses. Celles-ci furent interrompues par des lèvres venues heurter passionnément les siennes. Quand il recula pour reprendre son souffle, Bucky souriait.
- Joyeux Noël.
- Joyeux Noël, répondit le blond sur le même ton.
Et, en de telles circonstances, il n'avait plus aucun doute quant au fait qu'il serait bon.
