Bonjour à toutes et tous, ou bonsoir ! J'espère que vous allez bien !

Je continue à réécrire mes fanfictions. Celle ci est une que j'ai adoré écrire à l'époque, nous sommes en l'an 2013. Presque 10 ans ! (Je me sens boomer).

Cette fiction a eu droit à une suite, le Dragon de glace, qui devait avoir lui même une suite… Qui n'est pas venue.

Non seulement je prévois de réécrire les deux, mais je veux enfin leur donner une suite, qui les finira. Je ne sais pas encore combien d'OS en tout, mais de quoi achever ces aventures. Les deux premiers, et le troisième volet, vont couvrir l'histoire de One Piece jusqu'aux événements de Marineford et les deux ans d'entraînement.

Disclaimer : les personnages sont à Eiichiro Oda, sauf… L'OC. Mon seul salaire sont les reviews. L'image utilisée pour la couverture est de moi.

Une playlist est disponible pour accompagner votre lecture, tout en bas, ainsi que la traduction de certains éléments !

Bonne lecture :)

Elle avançait, ses poignets dans des menottes serrées, laissant couler le sang doré le long des doigts, tâchant sa triste tunique plissée qui avait connu des jours meilleurs. Elle remarqua les nombreux accrocs dû à sa lutte, le matin même, lorsqu'on l'eut arrachée de sa demeure, de son sommeil réparateur, signifiant l'oubli. Elle n'a même pas eu le loisir de coiffer ses boucles sombres. Elle sourit en elle même. Quel détail futile.

On la pousse, la malmène, sur les chemins pavés de marbre et d'or de la demeure des dieux, de l'immense montagne d'Olympe, des dieux qui veulent en ce jour des comptes, du pain et des jeux, de la vengeance et de la folie, résultat de la guerre humaine qui a éclatée, voilà 20 ans. Les héros et héroïnes, dieux majeurs et mineurs présents, tous et toutes murmurent sur son passage, arborant des airs attentifs, choqués, amusés.

Il faut des coupables, elle en fait partie.

Elle pénètre dans le hall d'un palais aux hautes colonnes, qui l'attendait en haut du mont, les lourdes portes de bois se referment derrière elle, coupant à la chaleur de Hélios, qui continue sa course implacable dans la chair du ciel. L'antichambre était plus riche et plus décorée que le plus beau palais des mortels, et que dire de la splendeur de la salle derrière, qui accueillait le Grand Conseil des Dieux.

Un léger glissement d'étoffe parvint à ses oreilles, ainsi qu'une odeur de savon d'olive, et de métal. La déesse Athéna la surplombait, dans tous son orgueil, drapée dans un péplos couleur bleu roi, soutenue de liserés d'or, son égide arrimé dans le dos, son glaive pendant au côté. Sa longue tresse noire coulait sur son épaule. Ses yeux d'or étaient triomphants, face à la pauvre chose en face d'elle.

Oh, comme elle savoure sa victoire. Comme elle savoure le fait d'avoir gagné sur celle qu'on appelait « Reine des sept mers », de la surface jusqu'aux tréfonds, celle là même qui a failli l'éliminer, en empêchant son champion de revenir dans ses pénates.

« Tu as perdu, Calypso. »

Sous les boucles défaites, luit l'éclat résigné dans les yeux gris.

« Il est encore temps de te sauver.

-Je n'accepterais pas ton marché. Je l'aime. On a eu…

-Tes fils sont morts. Oncle Hadès les a accueillis de l'autre côté du Styx.»

La nouvelle toucha la nymphe en plein cœur, lui coupe le souffle, fait brûler ses entrailles. Leurs enfants. Leurs deux petits.

« Oh mais… Tu n'étais pas au courant ? Pauvre de toi.

- Pauvre garce. »

La claque résonna dans le silence, accompagné du rictus de l'administrative. La nymphe n'aurait pas été retenue par ses geôliers, elle aurait été encastrée dans le mur.

« Je serais toi, je m'abstiendrais de commentaires. »

Les portes derrière elles s'ouvrirent, la nymphe regarda, et ses yeux furent emplis de larmes .

« Mon Oncle… Belle-mère..

-Athéna, de quel droit tu laisses deux jeunes enfants d'à peine 7 ans se faire égorger ? Gronda la Reine des Dieux, lumineuse dans sa forme véritable, incandescente telle un feu, gigantesque face à la fille du Père.

-Ces enfants sont illégitimes. Ils auraient pu demander Ithaque, et fragiliser le nouvel équilibre qui vient de s'installer, répliqua la déesse aux yeux vairs, son rictus aux dents pointues s'accentuant.

Le Dieu en retrait passa à côté de la scène et vint enlacer Calypso, son regard doux en sa présence embué de larmes de rage.

« Ma toute petite Caly… Pardonne moi… Si j'avais su... »

La nymphe craqua, son visage dans les mains calleuses du Dieu de la Mer.

Et les lourdes portes du conseil s'ouvrirent, l'invitant à rencontrer son funeste destin.

« Calypso, il est temps. » Grinça Athéna avant de la pousser sans ménagement.

Les larmes coulaient, mélangées à l'ichor tachant le sol du domaine de Zeus.

La déesse se redressa, l'air digne, prête à affronter le combat.

Des Milliers d'années plus tard...

Sur une grande mer aux eaux bleues lagon, quelque part sur Grand Line, naviguait un petit bijou de technologie marine, un bateau à la tête de lion, luisant au soleil : le Sunny Thousand. Tout était calme en ce milieu d'après midi, le capitaine des Chapeaux de Paille, Luffy, son sniper Usopp, son médecin Chopper et son musicien Brook pêchaient et faisaient les imbéciles en même temps, manquant souvent de tomber à l'eau, malgré la dangerosité de cette situation due à leur condition de consommateur de Fruit du Démon.

Mais n'ayez point peur de leur risque de noyade ! Plusieurs autres personnes se trouvaient sur le pont. A l'ombre des mandariniers, Nami tenait ses comptes suite au gain des trésors de Gecko Moria, tout en essayant de garder un œil sur les garçons en oubliant de jardiner ses fleurs. La seule autre femme de l'équipe, Robin, souriait malicieusement en l'écoutant râler, ses mains multiples maniant gracieusement les outils de jardinage, rempotant, arrosant, grattant la pelouse, tournant sous ses yeux un magazine de mode et apportant à l'envi un léger mouchoir pour essuyer le front de leur charpentier préféré, caché par ses lunettes de soleil et ses cheveux bleu électrique, qui vaquait à ses nouvelles inventions, demandant quelques détails à Usopp, et l'avis de ses compagnons, entre quelques œillades pleines de remerciements à l'archéologue.

La porte de la cuisine s'ouvrit, laissant passer un grand homme fin et élancé, portant un plateau plein de rafraîchissements. Son seul œil visible, sous un sourcil enroulé, repéra rapidement ses sirènes, ses mellorines, qu'il servit à la vitesse de l'éclair, sous le regard amusé de celles ci.. Si tant est qu'il attrape les beaux yeux bleus de Robin.

Il en fit de même avec les autres membres de l'équipage, Franky qui travaillait, ses compagnons pêcheurs, ainsi que leur épéiste, qui descendait de la vigie, ses cheveux verts en bataille. Son service ne contraria aucunement Zoro, qui lui sourit même et le REMERCIA.

Comportement qui, sans qu'il s'en soucie, amenait le rouge aux joues du futur meilleur cuisinier du monde. Le moment fut de courte durée lorsque leur capitaine fit le grand saut et que Zoro du aller le repêcher.

Ignorant le bazar ambiant, Sanji se servit lui aussi et s'assied avec les deux femmes de l'équipage, qui n'avaient pas raté une miette de cet instant tendre. Les regards noisettes et bleu se fixaient au dessus du pauvre cuistot.

Sanji adorait les femmes, il les aimaient elles deux, mais elles étaient trop malignes pour lui. Elles l'observait de leurs yeux chafouins.

« Quand comptes tu lui déclarer ta flamme, Sanji-kun ? Demanda la brune, un léger sourire sur ses lèvres.

-Euh… Oh ! Fit Sanji en remarquant le magazine tout en attrapant sa chance de changer de sujet. quelles belles robes, elles vous iraient tellement bien ! »

Nami leva les yeux, amusée, de son livre de comptes.

« C'est très gentil. Mais ce ne sont pas des robes. Ce sont des nuisettes. »

Sanji avala sa cigarette. Le bretteur, encore dans une phase de bonne humeur et de grande générosité, se leva et frappa le blond dans le dos, ce qui le fit mourir encore une fois, la cendre sortant misérablement de sa bouche.

« Oh mince, je voulais pas l'assommer ! Je sens pas ma force- »

Nami l'assomma proprement de son pied droit, sous le rire de Robin, observée par Franky qui avait suspendu son travail pour l'observer intensément.

Leurs yeux s'attrapent et Franky se détourna, gêné, tandis que Robin revint à son visionnage de nuisette, légèrement rouge.

Usopp redressa sa canne et prit son tour dans la vigie. A peine arrivé en haut, une légère brume se leva, soudainement. Ce qui ne l'arrêta pas dans ses observations. Il entendit Franky en bas,

Tout était calme, la mer devenait d'huile. Le Sunny glissait cependant, tranquille.

Une énorme ombre dépassa le navire, suspendue dans la brume de manière irréelle, un bruit étouffé l'accompagnant. Usopp cria, mais le temps de cligner les yeux, tout avait disparu. Comme si il avait rêvé.

La trappe s'ouvrit sur un Luffy circonspect.

« Tout va bien ? On t'as entendu crier !

-Je… Je… »

Usopp scrutait les alentours, mais rien ne revint.

« J'ai du rêver. Pardon Luffy. »

Le capitaine lui fit un large sourire et grimpa à ses côtés, observant la mer qui recouvrit son aspect d'origine.

Au loin, apparut une masse. Usopp trépigna, pendant que Luffy se précipita en bas. Le sniper attrapa le micro et annonça :

« TERRE, TERRE ! ÎLE EN VUE LES AMIS ! »

Le vent, en réponse, gonfla les voiles du navire, les rapprochant vite de leur destination.

« Aaaaah, ça va permettre au log pose de se recharger ! Sourit Nami. Je me demande ce qu'on va y trouver ! En tout les cas, je crois que cette île n'est absolument pas cartographiée, je suis en train de voir là...

-J'aimerais explorer, avança Robin. Une terre vierge c'est génial !

-Moi aussi ! Renchérit Chopper. Toutes les plantes à trouver dessus ! Ca va me permettre de faire des expériences, ou bien même aider Sanji à trouver des ingrédients ! N'est ce pas, Sanji ? »

Sanji ne répondait pas. Ses yeux étaient fixé au ciel, où il pense avoir aperçu, le temps d'un instant, les éclats d'une étoile.

Le Sunny jeta bien vite l'ancre, mais à peine le temps de dire ouf que Brook s'élança de ses grands fémurs et se mit à courir sur l'eau, ancrant son chapeau sur l'afro, sous les applaudissements du capitaine, de Chopper et de Usopp. Il fut rattrapé par Nami, a bord du Mini Merry, qui l'acheva sur la plage à coups de poings, sous un hurlement de « SKELETON SHOOOOOOCK ! ».

Cela leur prit quelques minutes pour explorer la plage où ils avaient atterris. Bien vite, le constat est fait que l'île était gigantesque. Il fut convenu qu'ils se séparent en plusieurs groupes. Sanji prépara quelques en-cas, des gourdes d'eau. Usopp, quant à lui, distribuait des fusées de détresse de son invention.

« Ça se mange ça ? »

Zoro, qui avait entendu, bondit, mais trop tard. Luffy s'est tiré une fusée, décolla, gonfla comme un ballon et ont pu apercevoir, pas sa peau opaque, les explosions de couleur rouge et magenta. Heureusement, il se dégonfla et l'incident fut clôt.

Nami, qui souhaitait se mettre en binôme avec Sanji, se résigna à chapeauter son abruti de capitaine avec ce dernier, ainsi que Zoro. Ils s'enfoncèrent tous dans la forêt. Chopper, Usopp, et Brook prirent à droite, Franky et Robin, qui se retrouvèrent en binôme par pur hasard, continuèrent à longer la plage.

« Shishihi, bien ouej les gars. »

Luffy traça dans la forêt, un bâton dans les mains, chantant quelque chose de sa composition, Nami griffonnant vite fait la route sur un bout de papier, afin de revenir plus tard. Sanji observait partout, les moindres plantes, il en a repéré de très rares, qui se vendent à prix d'or sur les marchés de Grand Line, et encore plus sur ceux de Red Line.

Ils s'espacèrent peu à peu.

Sanji s'arrêta à un arbre, qui l'interpellait. Il était très fin, son écorce est rouge, au niveau du cuisinier, les nœuds du bois s'accentuaient, en de vagues formes. A gauche, il entendit Luffy hurler contre quelconque animal, suivi par le grondement de Nami.

« Putain, je me suis encore perdu. »

Zoro déboula en se grattant la tête, agacé, et se renfrogna lorsqu'il vit le blond.

« Qu'est ce que t'as à mater ton arbre ?

-Tu ne trouves pas qu'il est… Bizarre ?

-Mouais. Tu sais il y a sans doute plusieurs choses spécifiques à cette île. Viens, on va pas laisser Nami gérer Luffy seule. »

Zoro laissa passer le blond. Il jeta un dernier coup d'oeil à cet arbre.

Il l'aurait peut être juré, mais ça devait être la fatigue. Un visage humain était apparu le temps d'un clignement d'œil, un visage délicat de femme.

En se dirigeant vers l'endroit où se trouvait Nami et Luffy, la brume se leva. Ils arrivèrent dans une clairière et, avant que la brume ne s'intensifie, eurent le temps de voir qu'ils caressaient à qui mieux mieux tout un troupeau de chevreuils.

La brume s'épaissit encore, et là, Sanji était sûr que les étoiles aperçut avant étaient réelles. Quelque chose brillait dans la brume, et, dans un suintement, glissait quelque chose, au dessus d'eux.

La brume se dissipa, la chose non identifiée était déjà loin. Un grondement sourd au loin, sans doute celui d'un prédateur, fit s'enfuir le troupeau de chevreuils.

Les quatre pirates se regardèrent, plein d'interrogations.

« Le temps est très bizarre ici, commença Nami.

-Cette brume, ça me rappelle Thriller Bark ! Ajouta Luffy.

-Vous avez vu les étoiles ? » Demanda Sanji.

Tout les yeux se braquèrent sur lui.

« Hein ?

-Les étoiles, le bruit de suintement. »

Bien vite il remarqua le regard de ses compagnons, plein d'incompréhension. Ils n'avaient pas vu.

« Laissez tomber. »

Il se mit à redescendre avec les autres. Zoro ne put s'empêcher, après un regard sur sa nuque d'albâtre, à retenir une bouffée de désir survenue comme ça, de jeter un regard en arrière.

Dans le ciel brillait des lueurs semblables aux étoiles, en mouvance.

Il attendit que tout le monde fut de retour sur le navire. Franky et Robin ont trouvé, après avoir fait la moitié de l'île à la marche, une énorme falaise abrupte surplombant une caverne marine. Le groupe de Chopper a pu récolter d'importantes quantités de substances marine et pêcher des poissons étranges. Quand à leur groupe, ils relatèrent l'effet de brume, le fait que les animaux ne craignent pas l'homme.

Sanji était intensément observé par Zoro. Il a aperçu les étoiles. Il n'en parlait pas.

Le cook sortit sur le pont écouter le ressac des vagues, et observer le ciel dégagé, tout en fumant sa cigarette.

« Tu sais, je te crois. Y a quelque chose sur cette île. »

Inspire, expire. La fumée s'envole.

« Pour une fois que nous sommes d'accord, marimo.

-Oh, depuis peu, nous sommes toujours en accord. »

Quand Sanji se retourne, il était nez à nez avec Zoro, très proche de lui, qui l'observait de ses yeux noirs. Il lui plaqua contre le torse un sac à dos, contenant ce qu'il faut pour une expédition.

« Reviens en entier. J'aimerai ne pas avoir à trouver un remplaçant pour la blondasse que tu es. »

Sanji ne releva pas, le regarda une dernière fois, puis s'élança sur le rivage.

La nuit est fort agréable. Le vent siffle tout autour de moi. Le goût du sang persiste malheureusement sur ma langue. Il fait clair, mais assez sombre cependant, pour que je n'ai pas à utiliser ma brume.

C'est étrange. Le dernier bateau à s'être approché… C'était il y a 20 ans . Voire plus. Avec cet homme qui souhaitait être roi des Pirates.J'espère qu'il a retenu mon histoire.

Celui là se berce dans les vagues. Le métisse, le vert et le doré ont failli me repérer.

Les arbres lotophages auraient du être assez fort pour les repousser. Comment ça se fait que… qu'ils soient encore là ?

Ce n'est pas normal. Ils dégagent la même aura que… Que ces soldats au départ de Troie.

Auraient-ils été approchés par les Dieux ?

Non. Ce ne sont ni des Achilles, des Hélènes.

Je vire vers la falaise et surtout, la caverne. Il est temps de rentrer.

J'espère juste que ma nature ne les mettra pas en danger, ainsi que les exilés ici.

Par pitié. Mon Zeus, fais en sorte que…

Putain.

La Douleur vient de pulser. Mes yeux se brouillent. Mon sang divin se chauffe, prêt pour la lutte contre le sang sauvage du monstre que je suis.

Sanji était pensif en avançant progressivement dans la jungle. Il profitait aussi du silence, chose rare sur le navire, qui l'entourait. Comme pour les chevreuils, il croisa beaucoup de gibier, du gibier qui n'avait pas peur. Sangliers, cerfs, animaux endémiques, tous se frottaient, réclamaient des caresses. Plusieurs fois, il croisa les mêmes étranges arbres que précédemment, avec les drôles de nœuds dans le bois, reflétant un reflet humain. Ou presque. Il pouvait jurer qu'ils bougeaient, se déplaçaient. Il devenait fou. Cette île le rendait fou. Cette île les rendra fous.

Cette relative paix lui permit aussi de réfléchir, à plein de choses. Mais surtout à penser à de beaux cheveux verts, à plein de choses les concernant, ainsi que leur propriétaire. A comment il avait failli le perdre.

Ça le retournait. Sa peur était aussi forte que les battements sourds de son cœur quand il le voyait.

La putain de lui.

Sans s'en rendre compte, il était rendu aux abords de la grève, à l'endroit où ne se trouvait apparemment que du vide, une falaise et une caverne. La forêt s'éclaircit, et l'odeur des embruns lui fouetta le visage.

Sanji faillit avaler sa cigarette.

Se dressait un magnifique château, avec une muraille d'un blanc très pur. On distinguait derrière les lourdes portes relevées la silhouette d'un bâtiment qu'il ne connaissait pas, fait de marbre, avec d'immenses colonnes blanches sculptées, et un toit triangulaire luisant au clair de lune. Il s'approcha, arriva au pied de la muraille, aussi haute qu'au moins un géant.

« Mais comment Franky et Robin ont pu rater ça, sérieusement ! »

Un hurlement retentit, comme un roulement de pierre, un hurlement de bête qui provenait du plus profond des âges. Le bruit se répercuta sur le château, résonna sur la mer, sur l'île, et du certainement atteindre l'équipage.

« WOAH ! » Hurla le cuistot en se retournant, prêt au combat.

Un dragon survolait rapidement la forêt, illuminé par le clair de lune, ses écailles arborant tout les tons de bleu existant. Sur sa tête triangulaire étaient incrustées une ligne de piques, ressemblant à une armure, continuées par d'immenses cornes torsadées noires, surplombant quatre yeux gris et dorés, ses dents étaient de carbone, tout comme les griffes de ses quatre puissantes pattes, sur son échine couraient des crêtes piquées. Son envergure pouvait égaler le Sunny. Sa puissante queue claquait au vent, et faisait au moins la taille du corps.

L'animal vira de bord, et fit de grands cercles concentriques au dessus du château, avant d'atterrir maladroitement à terre, redevenue figure pataude.

La bête atterrit face à Sanji, qui en était tombé à la renverse, ses yeux luisant sous l'effet des torches. L'animal grognait, un grognement puissant, assourdissant, tout dans le cuisinier hurlait DANGER. Il remarqua néanmoins les ratés du reptile, son pas alourdi, sa respiration sifflante.

Il s'approcha, lorsque le museau dentelé se redressa, Deux grands yeux, ainsi que deux plus petits, le fixant, s'étrécissaient. Ils étaient gris, rehaussés de veines d'or.

Il soutient encore et encore le regard de la bête, qui se rapprocha et qui, délicatement, le renifla, comme l'aurait fait un chat.

Ses pupilles se rétractèrent soudainement, et la bête rugit, un rugissement de douleur. Des jeunes femmes surgissent de la lisière, de nulle part. Leurs pieds nus battaient le sol réguliè avaient une taille surnaturelle et une odeur d'arbre. La même odeur que l'arbre qu'ils avaient observés avec Zoro, avec les nœuds du bois qui donnaient visage, chevelure, poitrine humaine aux plantes séculaires.

Elles étaient vêtues de tuniques courtes et légères, identiques, et étaient couronnées de feuilles d'arbres. Une ceinture soulignait leur taille, arborant chacune une dague. Au même rythme, dans une foulée élégante, leurs longs cheveux tressés au vent, n'écoutant que leur courage, elles sautèrent sur l'animal fantastique, qui luttait contre lui même, contre quelque chose qui le pourrissait de l'intérieur. Le combat commença, et Sanji comprit vite qu'elles ne voulaient pas tuer l'animal souffrant. Elles voulaient l'aider contre lui même.

L'une des deux créatures fut projetée sur lui, ce qui lui coupa le souffle, mais il eut à peine le temps de prendre conscience de lui demander si ça allait qu'elle repartit au combat. La mêlée devient brouillon, la poussière et la terre emplissait l'air. Enfin, les deux êtres semblait maîtriser le dragon.

« Aide nous, humain ! Supplia l'une d'entre elles, tenant plaquée au sol l'une des ailes de cuir de la bête qui hurlait de souffrance. Fiole bleue ! FIOLE BLEUE ! »

Sanji n'attendit pas son reste. Contournant la scène de lutte, le dragon qui hurlait et dont la gueule commençait à s'embraser, ses quatre yeux le fixant, il courut et fut avalé par le château. Après avoir passé la première muraille, il pénétra dans la cour, où poussaient différents arbres fruitiers. Des oiseaux de l'île s'envolèrent en pépiant, effrayé par les cris du dragon au dehors.

Il monta les escaliers, atteignant le palais en hauteur. Arrivé en haut des marches, il n'eut pas le temps de voir la vue à couper le souffle de ce nid d'aigle. Dans un étrange laboratoire, il saisit une petite fiole, contenant du liquide bleu, et dévala aussi vite les marches.

Rendu à l'entrée, les deux femmes et la bête étaient en piteux états. L'une d'elle avait une profonde taillade, l'autre les cheveux roussis. Leurs dagues sont pleines de rayures. La bête semblait écroulée, par n'importe quel prodige.

Voyant Sanji revenir, elles lui crièrent

« Va, Champion, administre lui la potion ! »

Sanji ne fit aucunement attention à leurs mots et éclata la fiole dans la gueule du dragon. Il se rétracta brutalement, dans une douce lumière blanche. Une jeune femme prit place. Elle avait des cheveux bouclés châtains, aux pointes bleues et vertes, ceint d'une couronne d'olivier en or. Elle semblait à peine parvenue à l'âge adulte. Elle était vêtue d'une courte tunique de combat plissée, imitant les écailles du dragon, de jambières de cuir et de sandales de même cuir avec des empiècement de métal.

Elle se mit a brusquement respirer l'air, goulûment, ses deux yeux gris ouvert sur l'infini du ciel. Elle reposait dans les grandes mains d'une des deux femmes, dont Sanji put observer les détails, deux chevelures décorées de feuilles, des yeux entièrement noirs, les marques de bois sur la peau. Elles n'avaient rien d'humain.

Et vu la femme qu'elles traitaient avec déférence, qui peinait à revenir, elle ne devait pas être plus humaine, de base.

Cette dernière, en voyant Sanji, s'arrima à son regard.

Ils le sentirent tout les deux, un arc électrique, une connexion de cœur à cœur.

La jeune femme se mit à pleurer, s'exprimant dans un langage qu'il ne connaissait pas,. Il du se précipiter, prendre ses poignets pour l'empêcher qu'elle s'arrache les cheveux, et profita de sa taille pour l'envelopper, sous les regards inquiétants et les tristes mines des deux femmes arbres.

Son amant dormait tranquille dans les draps, pauvre âme qu'elle enverra plus tard dans le Tartare. Qu'elle était insatisfaite. Voilà des millénaires qu'elle n'était satisfaite avec aucune femme, aucun homme, aucun de ses compères divins. Elle pouvait baiser et brûler la Terre entière que ça ne lui suffirait pas.

Elle voulait cette putain de nymphe. Elle l'aura.

La nuit du mont Olympe était pleine de la danse des constellations.

Ses yeux dorés luisaient, tandis qu'elle réfléchissait à toutes les possibilités.

Soudain, la brume l'envahit. Une vision.

La nymphe, cette nymphe, dans son château.

Sauf qu'elle n'était pas seule.

Un homme était avec elle.

Athéna est furieuse. De quel droit se permettait elle d'avoir un amant, après tout le mal qu'elle a fait, et tout le mal qu'elle même s'est donné ?

Puis… Elle comprit.

Elle comprit que c'était son champion. Et si il perd contre son champion, à elle, la nymphe devra se soumettre à elle pour toujours.

Cela réveilla ses appétits, et son amant fut tiré du sommeil. Elle lui trancha la tête au moment de jouir. L'expression figée de cet être humain était… Délicieuse.

Elle allait enfin revoir celle qui aurait du lui être destinée. Et donner naissance à de la discorde dans cet autre monde l'amusait énormément aussi.

Elle sella sa chouette et s'envola dans le couvert de la nuit.

Sanji avait aidé, épaule sous épaule, la jeune femme à revenir dans son jardin. Le cuisinier put accorder plus d'importance aux détails. La courbe des arbres, le clapotis de l'immense fontaine, les orbes de magie suspendus en l'air diffusant leur douces lumières.

Pour la première fois, il entendit la femme dragon s'exprimer.

« Merci, chère hamadryades. Retournez en vos demeures. »

Les deux femmes surnaturelles repartirent en courant.

Sans un mot, la femme invita Sanji à s'asseoir.

« Je suis sincèrement désolée. Je ne souhaitais pas être violente avec toi, ni t'effrayer.

-Ce n'est rien. Mais… Vous avez un fruit du démon ? Vous ne le maîtrisez pas ?»

Les yeux sages et graves se posèrent sur lui, un léger sourire étirant les coins d'une bouche qui a beaucoup vécue.

« Si seulement c'était un simple Zoan. Mais non. C'est une maladie qui me ronge.

-C'est lié à cette île ?

-L'autre équipage pirate n'a donc pas dit au monde ce qui se trouvait ici ?

-… J'espère ne pas vous avoir vexé.

-Non. Après tout, il est plus difficile, ou bien différent, de devenir un héros ici. Je ne me suis pas présentée. Je m'appelle Calypso, fille de Zeus, Déesse mineure, Reine des Sept Mers. »

Sanji faillit ENCORE avaler sa cigarette. Il regarda la jeune femme, incrédule, puis explosa franchement de rire. La jeune fille attendit patiemment qu'il se calme.

« Bah quoi ? J'ai dit quelque chose de drôle ?

-Tu as une imagination débordante ! Répondit Sanji du tac au tac, en oubliant de la vouvoyer.

La susnommée Calypso se leva, un air menaçant sur le visage. Sanji ravala bizarrement sa salive. Une voix de tonnerre retentit de ce corps trapu de jeune femme.

« OSES-TU REMETTRE MA PAROLE EN DOUTE, HUMAIN ?

-Euh ben finalement non hein, j'ai assez d'avoir failli mourir ce soir…

-Fort bien ! »Calypso fit mine d'épousseter sa robe. Les criquets jouaient de leurs élytres dans le jardin. Aucun n'osait se regarder, pourtant Sanji mourait de lui poser plusieurs questions : qui était-elle ? Pourquoi se transformer en dragon ? Quel était le lien qu'il avait ressenti… Non, qu'ils avaient ressenti tout a l'heure ? Etaient-ils promis ?

« Tu te poses beaucoup de question, cook boy. Et avant que tu ne répondes quoi que ce soit : disons que ma condition m'octroie quelques dons, y compris celui de lire tes pensées. Si tu le veux bien, je souhaite me reposer avant de répondre à toutes tes questions. J'ai levé le sortilège sur le château pour que ton équipage puisse venir.

-Oh, je pense que mon équipage s'occupe lui-même. »

La jeune fille lui sourit. Sanji analysa son visage, si jeune, et ses yeux qui ont trop vécu, qui ont du voir trop de choses.

Il sentait qu'elle lui cachait quelque chose. Il n'avait aucune envie d'attendre… Mais les événements survenus plus tôt, et leur fatigue, lui tomèrent dessus. Il s'assoupit sur le banc, sous les yeux veinés d'or de la jeune déesse.

Quelques heures plus tard...

Il s'éveilla là ou il s'était assoupi. La nuit était noire, minuit devait être dépassé. La voûte céleste brillait de milliards d'éclats. Ses souvenirs l'impactèrent d'un coup.

La nymphe.

Le dragon.

Le combat avec les dryades.

Zoro. Les autres.

Il se leva et, attiré par les torches sur les colonnes, se dirigea une seconde fois vers le temple en hauteur. La montée fut un peu plus rude cette fois. Arrivé sur la terrasse, il y remarqua les immenses torches, les braseros, deux bassins symétriques où nageaient des carpes koï, des arbres bas aux fruits noirs, effleurant ladite eau. Et en se retournant, il put admirer une vue époustouflante sur toute l'île. Il distinguait la baie où le Sunny est amarré. La forêt brillait fort, presque phosphorescente. Des bruits divers berçaient l'île.

Il se tourna vers l'intérieur du palais, et pu plus apprécier les différents détails, les animaux, les petits bassins. Il avait foncé en ligne droite, suivant son instinct. Il reprit la même route, et arriva à un laboratoire très étrange, dans une pièce en demi-cercle. La vue sur la mer est imprenable, les substances étaient protégées par un épais vitrage. Le centre de la pièce est dégagé.

Il n'avança pas plus, Calypso semblait être concentrée sur une vasque, qui était surélevée par rapport au sol. Bien vite, il comprit que la vasque devait former un bassin au sol.

Calypso chantait, d'une voix aigre, ordinaire. La vasque s'illumina, l'eau forma un écran face à elle. On aurait dit qu'il pleuvait du plafond.

L'écran devient fluide, d'une seule unité, si bien qu'on aurait cru voir un écran.

Une personne y apparut. Un être d'une beauté indicible. C'était une femme poisson, une sirène, avec d'immenses cheveux couleurs de mer. Sa peau était noire comme l'ébène, avec des reflets de joyaux. Sa queue était d'or fondu. Mais ses yeux, oh Seigneur, pensa Sanji, ses yeux étaient la signature de la mort de beaucoup d'hommes. Les étoiles y flottaient, leur couleur était mouvante, tournoyant sans cesse.

La sirène offrit son plus beau sourire à Calypso, un sourire plein de dents pointues.

« Majesté !

-Oh, ma douce Meira, nous ne sommes pas au palais, répondit la nymphe avec un sourire léger.

-Oh, si votre père vous entendait…

-Oh, belle sirène, à nos âges, nous sommes quand même en mesure de vouloir faire ce que nous voulons ! Mais bon. Je suppose que tu sais pourquoi je t'appelles. »

La sirène perdit son sourire, remplacé par un air soucieux.

« Calypso...

-L'as tu retrouvé ? »

Sanji s'était approché, sur le côté, et il la voyait en larmes. Elles coulaient sur ses joues, si semblables à celles des hommes.

« Calypso, il va falloir se rendre à l'évidence… On ne le retrouvera plus. C'est un mortel, rien qu'un mortel, il a dû retrouver son royaume d'Ithaque, son épouse et son fils avec l'aide des dieux…

-Non…

-Franchement, je suis fatiguée, et ça ne mènera à rien de continuer. Les Parques ont dû couper son fil depuis trop longtemps, il est temps que tu t'en remettes. Tu trouveras forcément quelqu'un d'autre…

-C'est lui que je veux… Je descendrais dans les Enfers juste pour le retrouver… »

Elle glissait le long du sol. La sirène avait l'air désappointée.

« Caly… Un jour tu sauras. Tu es peut être destinée à quelqu'un en ce vaste monde. Comme pour Ulysse. »

Pas de réponse. La sirène soupire.

« Ce n'est pas juste.

-Les Dieux sont injustes. Tu savais a quoi tu t'exposais en le gardant 10 ans sur Ogygie Calypso.

-C'est dégueulasse ! Se plaignit la nymphe, dans un accès de rage. Zeus trompe sa grosse tout les 4 matins, et dès que moi je trouve quelqu'un a mon goût, ô malheur, il est marié, qu'as-tu fais ! Et boum ! Expulsée de l'Olympe et exilée dans un nouveau monde, condamnée à se transformer en dragonne a chaque fois qu'ils en ont envie ! J'ai failli mourir ce soir encore ! Tu comprends ça ? De plus il m'a rendu presque mortelle, le vieux avec les éclairs, chaque soir, je dois préparer un filtre pour contrôler mon côté sauvage ! Si la fifille à son papa d'Athéna l'avait pas choisi comme champion, et que Hermès m'aurait pas fait chier par derrière pour réparer ses sandales, on ne l'aurait pas emmené !... Il était heureux avec moi, mais ça, ils l'avaient pas compris ! Quel plan de merde. »

Meira attendait tranquillement la fin de la crise de la nymphe. Ça venait toujours à chaque fois qu'elle prenait sa potion trop tard. Quand le sang du dragon a qui ont a sacrifié l'essence pour l'amusement des dieux manquait de tuer la nymphe à chaque fois.

Calypso sentit des mains fraîches sur ses épaules, et une très forte énergie l'envelopper.

La même que la sienne.

La sirène fronça les sourcils en voyant Sanji. Ce dernier faisait la même chose, lorsque ses compagnons faisaient encore des cauchemars à propos de leur dernière aventure, où Gecko Moria a bien failli tous les tuer. Et surtout à celui qui a offert un énorme sacrifice. Leur second. Sous ses yeux, la nymphe se détendit, ses larmes devenues amères.

« Ne traites pas Héra ainsi, dit la sirène avec douceur. Cela te retombera sur le coin du nez. Et pour Ulysse, il faut se faire une raison.

-Je préférerais être une mortelle. J'aurais du être une mortelle tiens. »

La sirène paraissait plus peinée.

« Pense au peuple de ta nouvelle île. Je pense qu'eux sont heureux que tu sois immortelle.

-Je t'envie Meira. J'envie les humains aussi.

-Calypso…

-Coupure du miroir. Salut Meira. »

L'eau s'arrêta progressivement de couler, et la pièce reprit son apparence normale. Rien n'était mouillé. Sanji n'avait pas quitté la déesse, ses mains sur ses épaules prises de soubresauts.

La nymphe s'apaisa. Cela prit un peu de temps. C'est à ce moment là qu'elle sentit la danse des énergies entre elle et Sanji.

Elle se redressa, et planta ses yeux dans ceux du cuistot, qui sentit son être s'aligner au sien.

« Putain. J'espère que tu n'aimes personne toi. Car ça annoncera de grands malheurs.

-Eh bien.. Répondit Sanji. Il se pourrait… Enfin j'y réfléchis mais…

-N'en dis pas plus, coupa Calypso. Allonge toi sur la banquette là . »

Le cuistot fit ce qu'on lui demande, car c'était logique. C'était tout aussi logique que la nymphe revienne dans son costume complet de psychologue, carnet de notes compris.

« T'inquiète pas, avant, j'étais conseillère conjugale !

-Avant quoi ?

-Avant d'être exilée ici ici !

-HEIN ? Hurla Sanji qui ne savait plus quoi dire ou faire, sur cette histoire délirante, et qui avait eu de toute façon son compte d'histoire délirante pour la soirée.

C'était sans compter sur la déesse qui s'assied et commença naturellement à lui poser des questions, et lui, y répondit dans le plus grand des calmes.

« Je… J'y gagne quoi tiens ?

-Je peux te conter l'histoire de mon exil ! Et je t'accordes l'asile pour le reste de la nuit. Cette forêt est étrange et dangereuse à ces heures là. Elle n'est pas peuplée que de gentilles hamadryades.

-… Bah, foutu pour foutu. Je me sens bizarre en présence d'un de mes compagnons d'équipage. Avant je le trouvais foncièrement casse-couilles. Mais à force de le fréquenter, c'est allé mieux. Au point de développer des techniques d'attaque en commun. Mais je l'en suis rendu compte il y a que quelques temps. Nous avons été sur une île appelée Thriller Bark, et... »

Scritch ! Scritch !

«Je l'ai vu là, plein de sang... »

Scritch !

« Depuis, j'ai le cœur qui bat a 100 à l'heure et j'ai peur… j'ai envie de le protéger. »

Scriiitch scritch scritch !

« C'est très chiant le son de ton crayon sur ton tableau. T'es sensé marquer sur ton bloc notes. Ça marchera mieux.

-Ah, je me disais aussi. »

Sanji pensa fort que c'était une abrutie.

« Rien de plus con ! Détermina la psychologue improvisée. Soit t'es allergique, mais c'est peu probable car sinon tu serais mort… Soit tu es drogué au hasch de marimo, mais t'aurais la diarrhée…

-Bah dis donc, quelle intelligence.

-Ouais, je sais, j'ai été diplômée y a quelques millénaires mais ! Les résultats sont là !

-Va falloir changer de méthode !

-Mais en tout les cas, c'est évident. Et rassures toi, c'est pas un problème, tu es amoureux d'un légume ! »

Sanji souffla du nez.

« MAIS CA VA PAS BIEN LA TÊTE !

-Écoute, c'est pas ma faute si t'as des soucis de différenciations entre humain et algues !

Elle souriait, ça lui faisait du bien, et Sanji ne put lui en vouloir. Il se sentait apaisé. Cette folle de femme bizarre l'avait quand même aidé à poser une petite réflexion.

Mais soudain, l'angoisse naît.

Et si Zoro avait remarqué ? Et si il était hétérosexuel ? Et si il ne le voyait que comme quelqu'un ? Genre, juste quelqu'un ?

« Ne t'en fais pas. »

Calypso lui attrapa la main, et leurs énergies circulèrent et se synchronisèrent ensemble.

« Et ça ? Tout ça ? Demanda Sanji en embrassant la nymphe, le reste d'un geste du bras. Je veux dire… Je sens comme quelque chose entre nous.

-… Je ne peux pas t'expliquer. Pas maintenant. Tu es épuisé quand même Sanji, et c'est un peu de ma faute. »

Les paupières du cuistot étaient lourdes, et le divan était si confortable.

Le sourire de Calypso mourut lorsqu'il s'endormit. Elle devient froide, ce genre d'atmosphère dont se drapent les personnes les plus hautaines.

« Sors de l'ombre, Athéna. Et cesse de tout faire en secret.

-Beau champion. » Répondit la déesse, avec sa voix chaude et éraillée.

La pièce se refroidit et s'assombrit. Personne ne l'a senti venir. Mais elle était là. Elle était en tenue de voyage, son bouclier au dos, ses cheveux noirs tressés en une longue tresse. Elle avait ses grèves de batailles et son épieu. Ses yeux étaient couleur d'or fondu. Elle était coiffée d'un casque de hoplite surmonté de crins rouges et portait a sa taille la ceinture de Hyppolite, la reine des Amazones, où pendait une grande épée à la lame noire et à la garde représentant un dragon vu de dos lors d'un vol.

«Merci de m'avoir demandé comment le voyage s'est passé, très chère. J'ai essayé de t'appeler via le fil Maïa et via ton Escargophone, j'imagine que tu t'es encore faite avoir sur les coûts téléphoniques…

-Ouais bah chez FreeMarine ils ont des vendeurs franchement mignons ! J'ai pas pu résister et oui ! Ce petit saligaud m'a filé un tout illimité, mais c'est que sur cette île, ET JE CAPTE PAS ! A quoi ça sert alors d'avoir le dernier iEscapod quand d'une, t'a personne a qui montrer pour craner, et deux, que tu peux même pas appeler alors que tu payes 1000 berrys ! MAIS ATTEND POURQUOI JE PARLE AVEC TOI ? »

L'intruse, qui avait superbement ignoré le délire de la nymphe sur son forfait, détaillait Sanji du sourcil aux chaussures.

« J'ai hâte de voir celui ci se battre contre mon champion ! Il est temps de s'intéresser à ce monde ci. Un monde vierge. Les autres s'en foutent, mais quelle opportunité pour nous, ma belle... »

Calypso avait reculé devant le regard d'or en fusion de la déesse Athéna, qui, bien que vêtue simplement, restait impressionnante et effrayante, avec son sourire tordu planté de dents pointues.

« Je ne veux pas que ça recommence. Athéna, j'ai assez souffert. Je suis exilée ici pour toujours, n'est ce pas ce que tu as toujours voulu ? Écraser les autres ?

-Tu as toujours été pétrie d'égoïsme ma pauvre. Je suis quasi sûre que tu n'as croisé personne ici, et même si c'était le cas, pas sûre que tu les aurais aidé ! Écervelées que vous êtes dans votre espèce.

-Si. Je l'ai fait. »

La nymphe avait à son tour des yeux d'or, pulsatiles, et grondait.

« J'ai aidé un couple. Il y a deux décennies.

-Comme c'est mignon. Ils sont heureux ?

-Ils sont morts, mais leur fils a survécu. »

Athéna ria, un rire froid.

« T'es bien une nymphe. Tu n'es pas foutue d'être utile, à part minauder, te faire prendre et séduire des hommes à la pelle. Tu devrais me remercier de te porter dans l'intérêt dans ton trou à rat. En attendant, le jeu a déjà commencé très chère. Je sens mon champion, il est sur l'île aussi. »

Athéna leva sa main droite où se forma un orbe, qui montra une salle d'entraînement faiblement éclairé par la lune. Sur un matelas au sol, un homme aux cheveux verts se tournait et se retournait, faisant s'entrechoquer ses trois boucles d'oreilles.

La tête de marimo.

Calypso eut le souffle coupé.

Pas encore.

Pas ça.

« Je ne veux pas.

-En ce cas, j'ai un scoop pour toi. Ton champion n'est pas là par hasard. Il a été guidé par Zeus. Rien n'arrive par hasard. Ces deux hommes vont poser de sérieux problèmes dans le futur. L'un ne peut vivre tant que l'autre survit.

-Tu t'es trompée de saga non ?

-Hein ?

-Laisses…

-Après, je peux travailler avec toi dans ton intérêt. Je sais comment lever ta malédiction. »

Elle avait revêtu un air particulièrement charmeur.

« Je sais comment faire pour que Ulysse te reviennes. Je sais aussi comment laisser ces deux jeunes gens… En paix, si on puis dire. »

Elle agissait comme un chat avec sa proie, et la pauvre nymphe ne savait plus quoi faire. Athéna sentait le fer, la sueur, les fleurs sauvages, les fleurs d'un monde qu'elle ne peut oublier le sien. Elle veut rentrer, elle-

« Ils se détestaient, tu sais ? »

L'odeur de la côte, les champs de Déméter…

« A ton avis, comment ils ont fait pour tomber amoureux ? »

Ses sœurs, ses frères, les banquets, les danses au clair de lune…

« Ils le sont car je t'aime… Et que toi aussi, tu m'aimes... Sois mienne, tu ne trouveras pas personne plus agréable… Je t'attends depuis tellement longtemps... »

Ulysse.

Elle a demandé a ce qu'on t'enlèves Ulysse.

« NON ! Hurla Calypso en repoussant la déesse, qui la caressait partout, comme nombre de ses consœurs face aux dieux, elles étaient des jouets, mais elle ne se laisserait pas faire, elle est en son royaume ici.

« Dégage, sale conne ! Ici c'est chez moi. Ce monde ne te connaît pas. Tu n'as aucun pouvoir ! »

La déesse se renfrogna, drapée elle aussi dans son orgueil blessé.

« Tu seras responsable de leurs morts. Tu es maudite, maudite depuis qu'on t'as couverte de la peau de ce dragon ! Poses toi les bonnes questions au bout d'un moment ! »

Le cerveau de Calypso n'eut pas à aller trop loin. Son air d'horreur se fit aussi grand que le sourire satisfait d'Athéna.

« On dirait que tu as compris. Bien.

-Tu m'as sacrifié pour ton bon plaisir ? Comme une génisse à l'abattoir ?

-Exact. Je suis aussi venue car il ne te reste plus de temps. Donc je t'aide.

-Ça porte un nom, de forcer quelqu'un à te servir. »

Athéna ria encore, les fils de sa magie se resserrèrent autour de Calypso, comme un étau.

« Assez rigolé. Je te veux. Tu as jusqu'à demain soir, à minuit, pour enfin te déclarer mienne. Passé ce délai, tu ne deviendras plus qu'une bête sauvage qui détruiras ce monde. Et je te tuerais. Ce sera chanté par nos ballades pendant des millénaires encore, alors que tu seras condamné à l'oubli. Oh et, je ne suis pas jalouse : je peux ressusciter Ulysse. Si tel est ton bon plaisir.»

Elle s'approcha de la fenêtre, monta sa chouette, et s'évapora.

Ça s'était passé si vite.

Calypso avait le sang qui bouillonnait, comme lors de ces derniers jours. Cela avait un avantage : elle peut se transformer à la demande à ce stage là.

Son regard coulait sur Sanji.

Il faut qu'elle trouve une solution.

La première chose, c'était de remettre Sanji à son équipage, et ensuite…

C'est son champion. Athéna peut l'atteindre par lui si elle le veut. Elle peut très bien monter le bretteur contre le cuistot et là…

Contrairement à Athéna, elle n'est qu'une déesse mineure. Si elle perd son champion, elle en connaît les conséquences : la folie.

C'est pour cela qu'elle est en exil. Car Athéna voulait tellement gagner jusqu'au bout la guerre de Troie et nuire à leur oncle Poséidon qu'elle a tout mis en œuvre pour que Poséidon soit accusé de retenir son champion, Ulysse, loin de sa famille.

Mais c'est elle qui a trinqué. Pendant des années, elle a cru que c'était juste une… Une histoire bidon.

Elle a tout perdu. Son honneur. L'amour de ses pairs. Une considération.

Juste parce qu'Athéna pouvait pas se manger un non.

Elle hurla et cogna le mur, créant un creux et des fissures sur toute la surface.

Sanji, lui, ne desserrait pas ses paupières.

Il avait tout entendu.

Il avait le cœur brisé.

Le soleil apparut vite sur la mer calme, emplissant la pièce de ses doux rayons. Calypso s'était calmé. Sanji remarqua à quel point elle récupère vite. Une propriété de la bête magique en elle ?

Une petite main se posa sur sa joue, sa propriétaire partant pour des ablutions peu reposantes.

Le cuistot, après son départ, se leva, et trouva sur la table des victuailles, des fruits, du fromage de chèvre frais, du pain, du miel. Après s'être restauré, il explora le château temple, de son toit, ses salles, jusqu'aux tréfonds du jardin. Il y trouve un escalier escarpé, à flan de falaise, et le descendit, le soleil du matin l'accueillant dans sa splendeur.

Il trouva une immense grotte, où plusieurs cadavres blanchissaient leur vieux os. Il y avait des traces de griffures, de feu. Un cratère s'étendait devant lui. En l'approchant, il le descendit, et découvrit des éclats blanchis provenant de pierres inconnues.

Il l'explora, les murs immenses formant une cathédrale, où ne perçait que le ressac de la mer.

Il remarqua alors le plus impressionnant squelette de cette grotte.

Sa forme, ses dents, ses cornes, aucun doute. C'était le même type de monstre que celui en quoi se transformait Calypso. Ses dents étaient encore plus longues, ses côtes sans doute plus épaisses. Sa queue faisait bien une dizaine de mètres, et semblait coupée au bout.

« Son nom était Kwen. »

Calypso était derrière lui, dans une robe fendue, le tissu étant lamé, reproduisant les écailles de son dragon à elle. Elle avait les yeux rouges d'avoir trop pleuré. Ses yeux gris regardait avec déférence l'immense squelette.

« Il était d'un brun vert foncé. C'était ma première épreuve. Je ne savais pas ce qui m'attendait. On m'a revêtue de la peau de sa fille, Eleanel. J'ai entendu tout cela dans son esprit, lorsqu'il se forçait à m'attaquer. J'ai été l'espace d'un instant digne des plus grand héros grecs, à avoir achevé ce monstre. C'était ma première épreuve, pour leur bon vouloir. Athéna riait. Elle riait du malheur du dragon. Et je n'ai aucun mérite à avoir abattu un si bel être. Le sang coulait dans la mer, elle était rouge. Ce que tu as vu, c'était sa famille, et dans le creux, ses œufs de l'année.

-Qui est Athéna ? »

Calypso le regarde, le sonde.

« Plus tard. S'il te plaît, je me doute que tu as tout entendu hier. Ne m'en veux pas. Nous trouverons une solution. Mais je ne veux pas trop t'impliquer. Tu ne le mérites pas. Je suis assez grande pour me défendre.»

Sanji acquiesça.

Soudain, Calypso jura !

« Le soleil ! Oh non, il est déjà midi !

-ON NON, J'AI PAS SERVI LE PETIT DÉJEUNER A NAMI CHÉRIE ET ROBIN D'AMOUR et aussi aux autres mais ils sont accessoires.

-Boarf ils risquent aussi de s'inquiéter que tu n'es pas là non ?

-Ah ouais, pas bête ça.

-Si on veut arriver avant la nuit, y a qu'une solution. »

Sanji n'eut le temps de dire ouf. La dragonne bleue semblait terne dans la grotte, mais en s'approchant de l'eau, le reflet dansait sur ses écailles. Ses ailes étaient à moitié repliées, et son regard sondait Sanji. Elle s'accroupit, lui offrant sa patte avant, passage direct vers son dos couvert de piques, formant des crêtes. Elle en avait repliés exprès pour qu'il puisse s'asseoir.

Le cuistot sentit quelque chose de bizarre, au niveau de son mental. Une conscience le touchait. Quelque chose de vaporeux, de serein et sauvage, qui avait l'air aussi ancien que le temps.

« Excuse moi de te parler ici, alors que nous nous connaissons que peu. Ma forme ne me permet pas de parler. »

La voix résonnait pleinement dans sa tête. Pas de doute, il s'agissait de la nymphe.

« Grimpe moi dessus Sanji. Nous allons retrouver tes compagnons. J'espère juste qu'ils n'auront pas peur. »

Dans son imaginaire, il voyait déjà son crétin de capitaine hurler un « OUAIIIIS LETS GOOOOOOOOOOO ! » en essayant d'attraper la pauvre nymphe par les cornes. Calypso renâcla de rire.

Sanji percuta par contre qu'elle avait demandé à ce qu'il lui grimpe dessus. Il avait peur de tomber si elle court dans les bois.

« Nous allons voler par contre.

-AHAHAHAHAHAH Non je ne crois paaaAAAAAAAS ! »

La dragonne le pose délicatement sur son dos, ignorant la tête de requin pas content que faisait le blondinet. Elle n'attendit qu'à peine qu'il s'accroche que, sa voilure déployée, elle pousse sur ses pattes arrières et battit avec force des ailes.

Le bruit de ses tentures de cuir était un vacarme sans nom, résonnant dans les murs de la grotte. Elle se propulse enfin hors de la grotte, le soleil la faisant scintiller. Ils montèrent, haut, très haut. Sanji hurlait de terreur, la bête fit un long rire caverneux, avant de se redresser et de se stabiliser, planant au gré des courants chauds, se maintenant bien droite tandis que le cuisinier se redresse, plaçant avec force ses mains autour des piques devant lui, aussi grosses que son bras.

« Détend tes jambes, tu me serres comme si j'étais un cheval. Mes écailles sont tranchantes, elles peuvent t'entamer ainsi. »

Elle lui montrait l'île, en surplomb, décrivant telle ou telle part, lui donnant par pensée des images mentales, des odeurs, des couleurs, le gibier qu'on y trouvait, les plantes qui poussaient, où observer les étoiles qui naissaient et tombaient en pluie, où se situaient les sources pures. Cela faisait tellement longtemps qu'elle n'avait rien partagé avec personne. Cela lui permit de diminuer un peu la tension.

Même par les airs, l'approche du Sunny, situé à l'autre bout de l'île, leur prit du temps. Elle planait à découvert, le temps était dégagé, elle savait qu'elle se confondait avec le ciel.

Le bateau arriva vite bien en vue.

« Envie d'une entrée en trombe ? Sourit le reptile.

-Je te déconseille de faire ça, genre vraiment. »

Calypso ne l'écouta pas, bien sûr, et poussa un énorme rugissement de défi, se répercutant dans la mer. Avec sa bonne vision, elle vit bien les drôles d'humain sortir sur le bateau, ainsi qu'un… Un raton laveur ? Et un squelette ? Les cheveux bleu c'est naturel là ?

Oh, trop tard pour réfléchir. Il est temps de descendre avec son mode d'attaque préféré, parfait pour faire des entrées en scène dignes de Daenerys Targaryen : une piqué avec le soleil dans le dos.

Malheureusement, lors de l'amorce, un unique nuage vient cacher le soleil et le ciel, la rendant visible, tandis qu'elle se laisse tombé en piqué. Ses ailes plaquées le long de son corps, elle rugit encore, tandis que son passager se raccrochait désespérément aux piques en face de lui.

Sur le pont, Ils étaient tous bouche bée, puis…

« ON NOUS ATTAQUE ! Hurla Usopp en se balançant partout, paniqué, suivi par Chopper. Franky s'évanouit, tandis que Zoro descendit de son mât.

« Vous inquiétez pas les gars je règle le cas du lézard en deux-deux ! Cria Luffy, en se précipitant et gigotant sur le pont.

En retrait, le bretteur regarda Robin, qui était calme.

« Il a pas vu Sanji dessus ?

-Il ne l'a pas entendu non plus, répondit l'archéologue. »

Ils soupirèrent, ne se rendant pas compte que Brook voletait partout de panique. Nami les rejoint.

« Qu'est ce que c'est que ce truc encore ?

-Un dragon. Y a Sanji dessus je crois.

-Ah.

-On dirait que plus rien ne t'étonnes, chère navigatrice.

-Bah faut croire. Après avoir battu un capitaine corsaire de plus, un géant zombifié, faillie être mariée à un gros pervers et mourir parce qu'on avait coupé nos ombres…

-Ça crache le feu ces bestiaux.

-Ah.

-Nami, les dégâts sur le bateau pourrait coûter che-

-GUM GUUUM... »

Sanji, accroché à la dragonne, entendit nettement ces deux mots, pendant que le reptile tombait comme une pierre.

« Et merde putain.

-PISTOOOOOOL ! »

Un poing frappa la dragonne dans une épaule. Le monstre poussa un rugissement de douleur et voulut répliquer, mentalement. Mais sans le faire exprès, elle se connecta aux esprits de Zoro, de Chopper et de Robin.

Ils sentaient cette conscience les mêler, les mêler entre eux, avec cette entité, avec Sanji, sur son dos.

« Non mais vous êtes MALADES ! »

Chopper hurla sur le pont : « HIIIIII ELLE SAIT PARLER ! »

Robin toucha l'esprit de Sanji, et le sentit certes effrayé mais en entier.

Zoro, lui, se tourna vers Luffy, horrifié, voyant sa main chopper l'aile du reptile et raccourcir le bras.

« LUFFY, ATTENDS ! »

Sanji cependant, reprit contenance, et sauta sur le pont dès qu'il en fut proche. Calypso eut moins de chance, et se mangea littéralement le pont.

« ABRUTI DE CAPITAINE, T'AS FAILLI ME TUER ! » Hurla Sanji, toutes dents de requin dehors, qui se précipita sur Luffy qui affichait un air béat face au dragon, et se fit intercepter par un marimo qui l'étouffa, sans plus d'explications.

« T'ES COMPLÈTEMENT CINGLÉ DE MONTER SUR UN TRUC PAREIL !

-WOAAAAAAH SANJI JE VEUX FAIRE UN TOUR DE DRAGON !

-EH TU TRAITES QUI DE MONSTRE ESPECE DE MARIMO ! Hurla Calypso qui, prise dans l'emprise de Luffy le futur Dragonnier, libérateur d'Alagaësia, essayait de se lier à elle en essayant de la retenir dans tout les sens, était redevenue entre temps humaine.

« Ah mais elle est cool, tout va très bien hein.

-Même, cuistot de mes couilles ! Elle aurait pu te tuer ! »

Calypso se mit à déprimer quelques instants.

« Zoro… Je… Tu m'as manqué. »

Ça arrêta net le bretteur qui, comble du pouvoir des fanfictions et du yaoi, se mit à rougir.

Le cuisinier, inconsciemment, lui souriait, et s'était rapproché de lui, au point qu'il pouvait lui caresser sa joue et ses boucles d'oreilles.

Zoro déglutit.

Le temps s'est arrêté.

« Ça me fait chier de l'avouer mais… Moi aus-

-Mademoiselle, auriez vous l'amabilité de me montrer votre culotte ?

-MAIS T'AS LE CHIC POUR GÂCHER LES MOMENTS ROMANTIQUES TOI ! »

Brook se reçut un pied et un poing, sous les applaudissements de Calypso, qui se faisait bander par Chopper.

« La bande de barges, je vous aime bien ! Même si j'ai failli finir en purée… Mais je suis entre les mains d'un médecin compétent !

-Mais non, arrêtez ça ! Répondit Chopper, en se tortillant, très flatté.

Erreur fatale. La nymphe oublia tout discernement, et se jeta sur lui en hurlant « KAWAII ! ». Sanji se mit à pleurer car il voulait lui aussi un câlin de la déesse, sans réaliser qu'il était dans les bras de Zoro, ce dernier le regardant l'air de dire « Et moi alors ? ». Le cuistot le lâcha en rougissant.

Plein de questions débordèrent ensuite : qui était-elle ? Le château était-il à elle ? Combien de richesses, coffres, joyeux, or, Berrys ? Pouvait-elle se retransformer en dragon ? Pouvait elle se retransformer mais si possible sans projeter d'un coup de queue imprudent Luffy ? Pouvait elle aller aux toilettes ? De quelle couleur était sa culotte ? Et surtout, pouvait-elle rejoindre l'équipage ?

Luffy se fit assommer par Nami, qui redoutait de ne pas avoir assez de place pour sa piscine remplie d'or si on acceptait un monstre dans l'équipage.

Calypso redevint soudain sage, tranquille, ne riait plus. Athéna revenait en tête, sous ce soleil de plomb, et le soir ne lui semblait plus si loin. Le sang du dragon bouillait.

« C'est une proposition fort alléchante. Mais je dois refuser. »

Luffy, interrogatif, la regarde. Sanji craqua l'allumette de sa cigarette.

« Pourquoi ? T'as des ennuis ? Demande le capitaine. L'équipage regardait cette jeune femme, qui semblait être bien seule pour être dans une panade monstre.

-Je ne veux pas vous impliquer.

-Tu as pris soin de Sanji, tu sais, répondit Nami d'une voix douce. Si on peut faire quoi que ce soit pour te rendre la pareille, tu peux nous le dire. Partage déjà notre repas et-

-Quittez l'île avant ce soir. »

Tout l'équipage fit les yeux ronds.

« Mais mais mais, reprit Franky, on a même pas exploré les environs !

-On aimerait tellement que tu nous parles de ton île ! Tu as l'air d'être la seule humaine, tu dois savoir un tas d'histoires pour ne pas t'ennuyer ! Continua Usopp, les yeux brillants.

Calypso ne dit plus rien, elle était devenue pâle, blême. Elle ne le montrait pas, mais le sang du dragon reprenait son houleux combat dans les veines à cet instant.

Ça n'était vraiment pas le moment.

Vraiment.

Pas.

Elle chercha instinctivement le cuisinier, lui lança mentalement un appel à l'aide qui sera moins rapide que ses signaux de douleurs.

Sanji cria de douleur lorsqu'elle s'évanouit.

La Reine des Dieux allait et venait, inquiète.

Elle en était sûre, Athéna mijotait quelque chose.

Pourvu que ce ne soit pas sa pauvre petite nymphe… Elle a déjà assez souffert, en étant exilé dans un monde différent du leur.

Elle voit la chouette se poser dans la cour du palais. Athéna, triomphante, en descendit. Son père reposait dans la cour, sur un siège de marbre, à l'ombre d'un bosquet d'arbres exotiques mêlés à différentes essences de pins et aux oliviers.

Elle s'approchait d'un air conquérant, et s'assied à ses pieds. Elle distinguait son sourire aux dents pointues et ses yeux emplis d'une joie malsaine.

Une jeune déesse s'approcha aussi, ses boucles rousses s'agitant dans la douce brise de ce paradis. Ses yeux bleu mer cerclé d'or fixaient, furieusement, la déesse en contrebas.

« Artémis. »

La rousse regarda la femme de son père.

« Sauras tu me couvrir ? Je dois absolument aller voir tu sais qui. »

La déesse lunaire s'agenouilla.

« Oui, ô grande Héra. »

La mère des Dieux allait partir lorsque elle sentit la main toute fine de Artémis retenir sa tunique légère.

Elle se retourna. Suivant le protocole et la tradition, Artémis se courba, la regarde dans les yeux, et lui caresse le menton, pour lui demander quelque chose. (NDLA : petite aparté. Il était de coutume en Grèce Antique, lorsque les femmes, ou les personnes considérées inférieures, souhaitaient faire une demande, qu'elles soient en position de dominées face au patriarche. La demande se formulait à genoux, regard vers celui du membre dominant de la famille, son menton dans une main. Ça peut, en terme de soumission, correspondre à la position d'excuse japonaise, qui peut aussi être utilisée pour humilier quelqu'un. En exemple imagé, nous avons la peinture Jupiter et Thétis d'Ingres).

« Héra, entend ma supplique. Rapportes moi de bonnes nouvelles d'elle. Elle me manque. »

Héra lui sourit, enleva la main de son menton et embrassa la déesse lunaire sur le front.

« Ne t'inquiètes pas. Ça ira. »

Discrètement, elle s'enfonça dans le palais, sur une terrasse donnant à pic sur l'un des flancs de la montagne.

Elle sauta dans le vide.

Calypso sursauta. Elle reprit vite ses esprits et remarqua alors qu'elle était dans une infirmerie.

Elle vit par le hublot que le soleil avait bien entamé sa descente.

« ET MERDE, PUTAIN ! »

Elle jeta les couvertures et sortit sur le pont, désert. Elle devait réfléchir et vite. Ses pieds la menèrent, comme un automatisme, à la proue en forme de lion du Sunny. Elle y grimpa et s'installa, et s'offrit devant elle un spectacle, cette ligne d'horizon prometteuse, qu'elle ne pouvait pas atteindre. Son regard se perdit dans les flots. Un œil disparut en un pétale de fleur.

« Elle est sur la proue, Luffy.» Confia Robin au capitaine, qui en prit le chemin, bien décidé à lui tirer les vers du nez. Sanji tremblotait dans la cuisine, encore sous le coup de la douleur forte qu'il a ressenti via la connexion avec la nymphe. Avant qu'ils ne remarquent que Calypso était sur le pont, le cuistot avait raconté tout ce dont il se souvenait par rapport à la nuit passée. Zoro le tenait dans ses bras.

La nymphe fixait la mer, souhaitant avec ardeur y plonger.

Peut être retrouverait-elle le palais de son oncle.

Peut être tout cela n'est qu'un rêve.

Est elle amoureuse d'elle réellement ? Ne l'a t elle pas… Forcé ? Pour Sanji, c'est clair que oui, il l'aime, mais Zoro… Tout a l'heure, c'était de l'amitié, ce câlin, juste de l'amitié… Si elle le forçait ? Si elle me mentait ? Si Ulysse était vraiment mort ? Dans ce cas, elle me prendrait sans rien en contrepartie… On ne ramène pas comme ça des morts à la vie...

« Putain d'humains. Je comprend que dalle à tout ça merde. »

En même temps, il fallait bien les sauver.

Et… La nostalgie s'empara d'elle.

Son oncle lui manque, sa belle mère lui manque, ses amies lui manquent, les cavalcades nocturnes, les fêtes pleine de folies, la vie avec ses pairs.

Celà faisait aussi des années qu'elle ne s'est pas sentie aussi bien. Des humains sont là. Ils sont gentils. Comme le couple qui est passé. Ils sont pirates. Et sa connexion avec Sanji semblait toute naturelle maintenant.

Elle remarqua alors qu'un certain capitaine l'avait rejointe.

« Je peux ?

-Non, tu vois bien qu'il y a mon nom marqué dessus.

-Oooooh pas bien d'abîmer Sunny comme ça eh ! », répliqua le capitaine avec une tête… Eh bien, une tête surprise. Avant de rigoler et de s'étaler. Sous les yeux éberlués de la nymphe, il sortit un gigot de son caleçon.

« Ooooh je t'avais oublié toi ! MIOM MIOM MIOM SCROUNCH SCROUCHt'en veux ?

-Euh non merci, ça ira... »

Luffy mastiqua sa viande vigoureusement, et lui administra soudain une tape sur l'épaule.

« Explique nous pourquoi on doit se casser de ton île et sans toi !

-… Parce que cette fiction prend un tournant Mary Sue qui se sent indispensable ou bien ?

-Naaaaaan t'inquiètes, ça on s'en branle. On a remarqué que quelque chose s'est passé. Sanji nous a raconté comment il t'avait affronté et-

-Et c'est déjà suffisant comme raison. » coupa Calypso, les larmes aux yeux.

Lui, ne dit rien. Il la regarda intensément, avec toute la confiance qu'il pouvait avoir. Il l'enlaça, tentant de contenir ses spasmes, puis son craquage. Il la serra, supporta ses hurlements de rage, de colère, de tristesse, de frustration. Le reste de l'équipage veillait derrière, sur le pont. Ils entendirent tout. Elle hurlait de douleur, de haine, de rancune. Ces histoires de Dieux, ces histoires de jeux, un simple jeu, dont elle en fut victime.

Délicatement, Luffy l'aida à se relever. Ils descendirent sur le pont, tout le monde était assis dans l'herbe.

« Nous sommes tes nakamas. Tu peux tout nous dire.

-Non. Je ne le suis pas...

-Ooooh tu sais, notre capitaine est tête de mule, répondit Zoro avec un sourire.

-Oh oui. Il nous a tous aidé tu sais. Sourit Nami.

Les membres de l'équipage approuvèrent vigoureusement.

« Tu as accueilli sans conditions Sanji. Nous allons t'aider ! J'ai d'ailleurs une puissante armée à ta disposition… Commença Usopp sous les yeux admiratifs d'un certain petit renne.

-Et tu sais, pour ne pas avoir mangé Sanji et juste parce que t'es sympa, tu mérites d'être notre nakama !

-Cela me touche beaucoup. Merci infiniment !

-Bon, continua Sanji, lui souriant, j'ai un peu balancé ce que j'ai entendu, mais il faut que tu complètes. Que l'on sache à qui on à affaire, le contexte, tout ça.

-Il est temps, Sanji à la Jambe Noire. »

La nymphe s'installa, et elle déballa tout. Brook, Usopp, Luffy et Chopper étaient heureux d'avoir enfin une histoire.

« Il était une fois, dans une contrée bien lointaine, en des temps fort anciens, un jeune homme qui se nommait Pâris, et qui était le fils de Priam de Troie, un roi vaniteux de part sa cité, dont les murailles imprenables étaient érigées par Poséidon lui même. Pâris était un prince peu appliqué. En effet, ce n'était pas lui l'héritier, mais son frère Hector. De ce fait, il papillonnait, négligeant certains de ses devoirs. Peut être aurait il eu plus de jugeote, il n'aurait pas été à l'origine de ma perte, comme celle de beaucoup d'hommes, beaucoup de demi dieux ou de dieux mineurs à mon image, et beaucoup de héros. L'une de mes cousines célébrait son mariage. Nous étions tous invités à ces riches noces. La fête battait son plein…

-ME DIT PAS QU'IL A FAIT UNE LANNISTER FREY ? Se mit à hurler Luffy, empli d'horreur, sous le sourire de Robin et de Zoro.

-Oh non… Quoique ça a bien du arriver hein, continua Calypso. Enfin bref. Ce mariage battait son plein. Mais cet événement heureux ne permettait pas de cacher certaines… Tensions. Ce fut à ce moment là que Pâris fut choisi par mon père, qui nous présidait tous, afin d'être ramené pour soulager les tensions, par Hermès, mon demi frère. Pâris eut l'honneur d'être à notre table. Il remarqua très vite les belligérantes : Aphrodite, ma tante, déesse de l'amour et de la beauté, Héra, notre reine, ma belle mère, déesse du mariage et de la fidélité, et enfin… Athéna, une autre demi sœur, déesse du savoir, de la stratégie et de la guerre… Vous suivez ?

-On essaye ! Répondit Nami qui faisait un arbre généalogique et relationnel de tout ce beau monde.

-Tu as une famille nombreuse, Caly-chan ! S'exclama Sanji.

-Mon père est Zeus, le roi des dieux. Il est marié à Héra… Mais disons qu'il aime toucher à tout, pour rester polie. J'ai plusieurs de mes amies nymphes, et même demi-héros, qui ont du avoir affaire à lui. Et il est très original. Par exemple, il a kidnappé mon pote Ganymède transformé en aigle !

-T'as une idée au moins de combien de frangins tu as ?

-…

-Ah ouais quand même, ton silence fait peur OMAGAAAAAD ! Cria Franky, horrifié.

-Mais du coup il s'est passé quoi ? Demanda Luffy.

-Ouais, enfin… Normalement on était sensé oublier personne quand même. Et c'est cette erreur qui causait de grandes tensions entre les déesses citées précédemment. Une de mes demi sœur, Eris, déesse de la discorde, a été… Oubliée. Elle a décidé de se venger. Donc pendant l'ouverture du bal, elle a renversé du sang de porc frais sur la mariée, et pendant qu'on faisait une chorégraphie, elle a mis des bananes sur la piste pour qu'on glisse ELLE S'EST CRUE SUR MARIO KART CETTE SAGOUIN ! »

Luffy décéda de rire, puis décéda tout court en se prenant les poings de Nami car il la déconcentrait dans son arbre généalogique.

Calypso esquissa un sourire avant de continuer, ses yeux gardant une certaine gravité. Brook hurla qu'il voulait la suite.

« Le vrai problème… Pour lequel Pâris a été appelé... »

Elle pouffa, grâce à son public suspendu à ses lèvres.

« Pardon. Le vrai problème c'est que Eris a balancé une orange avec écrit « A la plus belle » dessus ».

Un silence se fait entendre. Puis :

« TU TE FOUS DE QUI ? hurla Usopp et Franky, tandis que Luffy frappait du poing la pelouse, manquant de s'étouffer.

-Bein… En vrai c'est sensé être des pommes d'or, mais ce sont des oranges, c'était giga rare chez nous, on avait même un dragon à 100 têtes qui gardait le verger…

-Mais vous êtes pas bien! S'exclama Nami, qui était plus en train de calculer les coûts d'entretien de la bestiole, plutôt que de remettre en doute cette histoire.

-Si tu savais le nombre d'histoires incroyables que j'ai… Donc retournons à cette fameuse orange. Le rire de la déesse de la discorde qui l'avait jetée était la seule chose qui résonnait dans la salle à ce moment là. Nos hôtes étaient pas vraiment à l'aise. Les trois déesses se jaugeaient, attendant qu'une d'entre elle ait la mauvaise idée de se l'approprier afin de s'entretuer. L'atmosphère était aussi électrique que si notre roi avait déchaîné les orages. Héphaïstos, notre forgeron divin, eut soudain la bonne idée d'inviter un humain à notre fête, pour départager ce conflit ! Cela ne mettait en porte à faux personne et on aurait évité les conflits. Notre messager Hermès s'empressa de chopper l'humain en question en deux-deux.

-Laisse moi deviner, c'était Pâris ? S'exprima Robin.

-Exact.

-Bah il arrive, il choisit, tout le monde est heureux et rentre chez soi ! Compléta Sanji.

-Si c'était aussi simple… Les déesses voulurent l'amadouer. Héra lui promettait la souveraineté sur tout les hommes, Athéna la victoire militaire assurée, et Aphrodite, la plus belle femme du monde. Hélène de Sparte, mariée au roi Ménélas de Sparte. Pâris remit la pomme d'or à cette dernière, les couteaux furent tirés. Il kidnappa Hélène, touchée par l'Amour, et la guerre débuta.

Le sang gicla des épées, dans cet énième affrontement.

Tout les hommes ayant juré fidélité et protection à Ménélas, au nom du serment de Tyndare, s'étaient rassemblés. Ils avaient festoyés, sacrifiés moult chairs, et enfin, la guerre.

Les hommes se fatigueraient pendant dix ans. Les Dieux, prenant ce divertissement au sérieux, réglaient leurs comptes sur le champ de bataille, via leurs héros. Ils suivent l'ascension du meilleur des Grecs, Achille, son histoire d'amour avec Patrocle, les exploits des Ajax, la force de Ménélas, l'esprit de persuasion de son frère le Grand Roi Agamemnon, les avancées de la médecine, tout.

Arriva un grand malheur. Le fils héritier de Priam de Troie, Hector, affronta ce qu'il pensait être Achille. Lorsque le haume tomba, révélant la face douce, mate, aux cheveux de Styx de Patrocle, Hector comprit son indicible erreur. Car Achille avait plus d'influence que Agamemnon, qui complotait de l'éliminer de toute manière.

Les dieux entrèrent en discorde. Thétis, mère d'Achille, refusait le repos de ce jeune homme, qui hantait le palais des Dieux, suppliant de mettre fin à cela. Calypso l'avait vu, aussi pâle que les cheveux d'Achille étaient de la couleur vive des couchers de soleils, sa gorge béante, ses pleurs sans fin.

Une semaine après, sans écouter Thétis qui était descendue lui rendre visite au royaume des hommes, Achille vint réclamer la tête de Hector.

A ce moment là, l'on sentait la fin proche. Les Dieux qui sentaient le vent tourner en leur défaveur abandonnèrent les Troyens.

Poséidon vint trouver Calypso, le soir où intervint un jeune roi, du nom d'Ulysse… Ulysse aux milles ruses. Ulysse et son Cheval de Troie.

Elle partit sur l'île d'Ogygie, en sécurité, loin des Dieux et des Hommes. Loin de la fin atroce de Troie, que Hermès lui relata, tout ça à cause d'Ulysse.

« … Ulysse ... »

Calypso tremblait, ravalant sa salive.

« Mon oncle le surveillait de loin, et le maudit suite à la mort de Polyphème, son enfant. Pour se venger, pensant que je m'en chargerait, il le fit s'échouer sur mon île. Cela faisait déjà trois ans que la guerre était finie. Ulysse restera 7 ans avec moi. Ce que mon oncle ne savait pas, c'est qu'en le maudissant lui, il m'a maudit aussi, et ça faisait partie du plan d'autres. Car je recevais des messages réguliers faisant part de ses exploits… Et j'en étais tombée amoureuse.

-C'est trop romantiiiiique ! Se pâma Brook.

-Hélas, ce fut à sens unique, Ulysse ayant déjà sa reine… Je décidais de le protéger. Il avait tout perdu. Pourtant je lui ai offert bien des choses. On avait des buts communs. On avait même recueillis deux petits garçons naufragés, qu'on élevait comme père et mère. Souvent il se lamentait, me demandant de le laisser partir et… Je regrette tellement. L'amour m'avait rendue égoïste. L'amour m'avait rendue folle. »

Ses boucles brunes dansaient, face à cet énième coucher de soleil. Ulysse avait maigri ces derniers temps. Vêtue d'une tunique simple blanche et longue, je vint me poster à ses côtés. Je le bouffait du regard.

Il pleurait encore.

Je ne demandais plus pourquoi.

« Mon offre tient toujours, Ulysse, mon amour. Tu peux vivre par delà les ères, par delà les époques. Jamais tu ne vieilliras. On sera heureux avec les enfants. «

Les yeux bruns, où plus rien ne brillaient, rencontrèrent les yeux gris, qu'il ne supportait plus de voir.

« Es tu une déesse aussi cruelle pour tenir éloignée aussi longtemps un homme de son peuple, de l'empêcher de retrouver sa femme, de l'avoir empêché d'avoir vu grandir son fils ?

-Je t'en ai offert deux, des fils. Je t'offre l'amour d'une déesse, je t'offre la jeunesse éternelle, l'immortalité. Tu l'aimes tellement, ta femme, que tu as fait un enfant à Circé.

-Cela ne dépendait pas de ma volonté.

-T'es un connard quand tu t'y mets ! Hurlais-je, les yeux pleins de larmes de rage. Tu oublies ta dette ? Tu oublies que je te caches de Poséidon depuis des années ? Je te demande rien d'autre ! »

La mer, en réponse à mon emportement, devint plus houleuse en contrebas.

Ulysse, comme depuis quelques temps, m'ignora tout simplement. Je rentre au palais.

Devant l'âtre de la cour intérieure, Hermès m'attendait.

Son air était grave.

« Calypso, Reine des mers. Entends ma demande, qui vient de haut, du très haut siège de Zeus. Libère Ulysse, fils de Laërte. Son royaume est au bord du déchirement. Tout les héros de Troie sont rentrés, sauf lui. On ne peut se fendre d'une guerre intestine entre nous ou nos créations. Ithaque à une place stratégique. De plus, Pénélope ne peut cacher longtemps sa position délicate, elle qui, une femme, gère toute l'île depuis presque 20 ans maintenant. Les hommes prétendants veulent d'autant plus la mater.

-Qu'est ce que j'en ai à foutre putain. »

Hermès ne cilla pas. Ulysse le regarda droit dans les yeux, et semblaient communiquer ainsi.

« … Le vol depuis Olympe fut fatiguant, Déesse. Permet moi de me reposer et de te demander un service. »

Il tendit l'une de ses sandales ailées qui, bizarrement, s'était rompue.

Pendant que je me mettais à l'ouvrage, ils allèrent se servir du vin, et ils partirent deviser… Enfin, plutôt, Hermès apprit à Ulysse qu'il était devenu le champion d'Athéna. Et que, parmi les prétendants de Pénélope, se cachait le champion de Poséidon, qui, si il prenait possession d'Ithaque, risque de mettre en danger tout le monde grec.

« ...Je me suis endormie sur mon ouvrage. Tout cela était prévu. Dans la nuit, un vaisseau Phéacien, conduit par la princesse Nausicäa, vint chercher Ulysse, qui rentra chez lui. Au lever du soleil, je me suis levée, j'ai cherché Ulysse et Hermès, aucune trace d'eux. Et quand… je suis sortie… Athéna m'attendait. Ainsi que plusieurs soldats. Elle m'a arrêtée au nom de Zeus, pour avoir essayé d'empêcher un combat entre champions et d'avoir nuit à leur destin, alors que le destin a été influencé, de base, pour servir ses intérêts. Mais il y a eu bien pire. Ma punition fut haute. Athéna a fait tuer les deux petits garçons- »

Calypso déglutit fort, se mettant à inspirer à grandes goulées. Les Mugis étaient horrifiés. Elle se reprit et, dans un murmure, finit.

« -et la plupart des habitants de mon île. Les hamadryades que tu as vu hier, Sanji, sont deux des rares survivants. Je n'ai jamais revu mon île. Je sais que le combat des champions eut lieu, que Ulysse gagna. Athéna put voler en récompense la Foi qu'avaient plusieurs vénérants de mon oncle. Il a été décerné grand perdant de cette guerre déjà, la perte de son champion ne fut qu'une humiliation de plus… et a signé ma perte, mon oncle ayant joué ma libération dessus. Athéna m'a achevé, faisant pencher la balance en ma défaveur, et me condamnant à être bloquée dans ce monde pour toujours. Elle a rajouté à cela le calvaire du dragon.

Immobilisée, je suppliais, tandis qu'Artémis, le regard fermé et désolé, dépeçait la dragonne qu'Athéna venait juste de tuer.

La peau de la sublime bête suintait de sang empoisonné. Athéna souriait, riait même, lorsqu'elle se saisit de fil et d'aiguille, et qu'elle se mit à coudre à même ma peau.

La forêt résonnait des hurlements de douleurs, puis de puissants rugissements de bête enchaînée.

Ma première action fut de faire ronfler le feu en moi et de le vomir vers elle, mais elle fut bien trop rapide. J'ai calcinée le rebord de falaise où l'on était.

Mais le pire fut à venir, lorsque j'entendis un long rugissement caverneux et inquiet me répondre, et que, dans l'air de la nuit, apparut un vieux dragon, bien plus grand que moi. Il joignit son esprit au mien, croyant que j'étais sa fille.

Je n'oublierais jamais le rugissement de douleur, de perte et de rage, ni la chasse qu'il me fit, cette nuit là, tandis qu'Athéna brisa ses œufs et tua toute sa famille.

« … Vous devez avoir une bien piètre opinion de moi, termina la nymphe, n'osant regarder personne dans les yeux.

-L'amour fait faire des bêtises. D'énormes bêtises, répondit Zoro, tandis que Sanji lui prit la main.

-On va t'aider, et même casser la gueule à Zeus si il faut ! Assura Luffy de son grand sourire.

« Ça risque d'être ce soir, murmura Calypso.

-Ben pourquoi ?

-Merde, c'est vrai qu'Athéna est venue hier ! Elle veut forcer Calypso à devenir sa chose et-

-Zoro, Sanji, je dois vous dire quelque chose. »

Elle leva la tête, l'air grave.

« Zoro, tu es le champion d'Athéna.

-… QUOI ? Mais, ça veut dire que…

-Je vous présente mes excuses… Athéna a de « l'amour » envers moi, une obsession, depuis longtemps, et ça a du influencer sur vous deux, surtout qu'elle est assez puissante pour avoir de l'influence sur ce genre de choses. Elle ne m'affrontera pas en face car je suis une déesse inférieure, mais par un champion. Sanji, voilà du coup pourquoi tu as pu me battre, m'apaiser, et qu'on est semblables.»

Ses yeux croisèrent ceux de Sanji. Sanji qui, soudain, comprit. Son œil bleu s'étrécit, commençant à hocher la tête.

« Non. Non. Ne dis pas ça. Calypso, je t'en supplie, non.

-OH LA SALOPE ! Cria Brook, surprenant tout le monde.

-Mais ça va pas, tronche de crâne ?! Répondit Nami.

-Vous comprenez pas ! Continua Chopper. Elle est en train de nous dire que Sanji et Zoro vont devoir s'entretuer !

-Je suis désolée, tellement désolée, pardon ! Craqua Calypso. »

Luffy réfléchissait, dans son cerveau, les rouages s'activaient.

« Je n'arrive pas à trouver de solution. J'ai peut être pas assez mangé au goûter. »

Il se reçut en réponse une sandale.

Un cri enroué, ressemblant à un rire, un rire bien faux, résonna alors. Il venait d'une chouette gigantesque, perchée sur la tête de proue. D'un bond, l'oiseau plana, et atterrit dans l'assemblée. Franky, n'appréciant pas le décoiffage, libéra son poing de métal et voulut remettre l'animal en place.

Le poing ne rencontra que le vide. Pourtant, il était bien fiché dans l'animal. Animal qui laissa place à Athéna.

« Ils ont une civilisation tellement barbare qu'ils ne connaissent pas le système Iris et les hologrammes ?

-Et toi tu viens d'une civilisation tellement pourrie que tu tue deux petits garçons qui n'avaient rien à voir avec leurs parents ? Répondit Nami d'un ton mordant.

-Oh, que c'est mignon, tu as perdu ton temps à tout raconter. Ça ne change rien, de plus, ce sont des bâtards, qui auraient du crever en pleine mer, balancé du bateau de leur très noble mère. Vas tu encore être égoïste ? Ou tu vas encore penser qu'à toi et condamner ce monde, ainsi que l'amour de ces deux hommes ? Ou vas -tu enfin t'offrir à moi, comme tu aurais du faire dès le début ? »

Les yeux de Calypso luisent, d'un regard doré et sauvage.

« Sale petite conne. »

L'hologramme ne pouvait rien transmettre, ni sentir, ni voir, mais Luffy vit soudain la détermination, et une aura l'envelopper.

Il revit soudain le dragon au zénith, cette bête féroce, qui vivait en elle. La colère venait de là aussi. L'animal et la nymphe allaient se battre et récupérer leurs droits, leur liberté.

« J'attend ta réponse. Je suis dans le cœur de ta forêt. Et si tu veux qu'ils soient heureux, vaut mieux que tu t'offres ou que tu crèves ce soir.»

La déesse répondit par un feulement de rage. La chouette s'évapora.

« REVIENS, ESPÈCE DE LÂCHE ! Hurla Sanji sur pied.

-Sanji-kun! Essaya de calmer Nami.

-Le culot de la meuf ! En plus, elle est même pas belle, et j'ai pas envie de demander si elle veut montrer sa culotte ! Renchérit Brook.

-Euh les gars, vous allez bien ? Demanda Usopp. C'est une femme pourtant ! »

Luffy sourit, et ria même, ce rire caractéristique.

« Ça ne m'étonne pas.

-Nami san, tu réagirais pareil si on te mettait en l'air une histoire d'amour ! Répondit Brook.

-Et elle veut compromettre la mienne, cette empaffée ! Rugit le cuistot.

-Hein ? Fit Zoro, qui bugga cinq secondes, avant de se faire chopper au col par le blond.

-MAIS QUEL ABRUTI DE MARIMO ! ÉVIDEMMENT QUE JE LE SUIS, JE ME TAPE COMPLÈTEMENT DE CE QUE PEUVENT PENSER LES AUTRES LA, FAUT SE RÉVEILLER HEIN !

-Ah, car je croyais que notre relation de champion… Euh… C'est de l'amitié voilà…

-Mouais, autant de l'amitié que quand Achille appelait affectueusement Patrocle son « cousin » m'est avis, souffla Calypso à Robin.

-MAIS QU'IL EST LONG A LA DÉTENTE CE CON.

-WOH CALME TOI CUISTOT DU DIMANCHE ! Je… J'ai remarqué les changements et ce qui se passait entre nous. Juste… J'avais peur. Que ça ne soit pas réciproque. Voilà. »

Sanji le rassura ensuite en l'embrassant à pleine bouche, ce que semblait apprécier le bretteur. Brook sauta dans tout les sens de joie, Nami pleura de bonheur, Usopp et Chopper applaudirent, Franky enlaça Robin tendrement, cette dernière souriait aussi largement que Luffy devant la viande.

Ce dernier redevint cependant sérieux.

« Il nous faut un plan d'attaque.

-Je dois me rendre à elle avant minuit, ajouta Calypso. Passé cette heure, je me transformerais définitivement en dragonne. Mais je serais dénuée de sentiments, de conscience, et de discernement. Nous devons agir vite. »

Les rires et sourires s'évanouirent.

« San compter, continua la nymphe, que votre amour est en jeu, aussi bien que vos vies. Athéna est immortelle… Et on ne lui connaît aucun point faible, pour l'instant. La stratégie militaire est son domaine. Je peux mourir de blessures graves, même si je suis résistante, de part ma nature.

-Personne d'autre sur cette île peut nous aider ? Demande Chopper.

-Les rescapés du massacre d'Ogygie, mais… Je ne veux pas leur infliger plus de traumatismes.

-Ce qui serait sage, avança Robin, ce serait de les mettre à l'abri. »

Calypso leva les yeux, d'un air entendu. Elle se rendit à la balustrade du navire donnant sur la grève, et se mit à parler dans sa langue. L'équipage crut apercevoir une forme de femme dans les airs. Elle disparut, transformée en houle, vers la forêt.

« Ils feront tous et toutes au plus vite. Ce sont des divinités de la nature comme moi. Ils seront assez discrets pour venir jusque ici, et ne prendront pas trop de place… Pour le reste… Prenez en soin si il m'arrive quoi que ce soit.

-Mais on peut t'aider ! Répondit Sanji.

-Tu te souviens quand elle a dit que… L'un ne peut vivre tant que l'autre survit ? On a pas le choix. Je vais la retrouver, et me battre contre elle.

-Ça peut aussi s'appliquer à toi et elle. C'est une possibilité. Nous ne sommes que des outils. Affronte là. Tu peux le faire. Je sais que tu peux le faire, répondit Sanji. Je t'aiderais.

-Ca fait longtemps, la bagarre ! » Rajouta Luffy, avant de se faire cogner par Nami, lui hurlant dessus si Gecko Moria ne lui avait pas suffi.

Une infime lueur se fit repérer du coin de l'œil.

« Ils ont raison, Calypso. L'union fait la force, très chère. »

Calypso releva la tête, subitement. Ses compagnons stoppèrent leurs activités, à l'entente de cette voix douce et maternelle, pas comme celle de jeune adulte de Calypso, ou brutale d'Athéna.

« Tu dis ne connaître aucun point faible de la déesse aux yeux vairs. Or, douce enfants, elle en a un : son orgueil. Elle se bat seule. Son champion est de ton côté. Et bien qu'elle soit immortelle, tu est en capacité de la dominer par l'esprit ! »

La douce lumière s'intensifia, sous la forme d'un magnifique paon, roue déployée. Il s'estompa peu à peu, révélant une grande femme, telle que l'équipage avait bien peu croisé au cours de ses pérégrinations. Elle avait une élégance et une assurance liée à sa maturité, comme le crie les mèches argent dispersées dans sa chevelure blonde, retenue par un filet de perles. Son aura imposait à la fois la force et la douceur. Ses yeux bleus, emprunt de facétie, scruta l'équipage. Son long péplos blanc ne faisait aucun bruit. Sa tête était couronnée d'un diadème en forme de paon, un ouvrage qui n'était pas humain.

« Calypso d'Ogygie, cela faisait longtemps... »

La nymphe, avec déférence, s'agenouilla.

« Relève toi. Nous ne sommes pas chez notre Seigneur le Roi et Père, nous sommes égales ici.

-Woaaaaah une mamie ! Cria Luffy, soulevant un sourcil amusé à la matriarche.

-CA N'EST PAS UNE MAMIE NOM D'UN SALSIFIS ! » Engueula Calypso, le tout avec une petite vague qui arrosa le capitaine.

L'immense femme sourit, sécha d'un mouvement de main le capitaine, et prit le visage de la nymphe dans ses mains.

« J'ai peu de temps, Artémis fait diversion. Nous sommes tous au courant de ce qui risque de se passer, nous, tes alliés. Accepte leur aide, ils sont capables. Je vous offre ma bénédiction. Allez y, je vais m'occuper de rapatrier ton peuple sur le bateau… Si vous me le permettez, Luffy au chapeau de paille.

-Sans souci, mais faudra laisser de la bouffe dans le frigo.

-Assurément, cette condition sera respectée. »

Des bruits de cavalcade se firent entendre. Les hamadryades, qui avaient volé au secours de Sanji la veille, étaient apparues à la lisière de la forêt. Calypso, à leur vue, les appela, mais se figea d'horreur quand elle vit leur état.

« OH MES DIEUX, AGNI, IOANNA ! »

La nymphe sauta et courut à leur rencontre. Elle eut juste le temps d'attraper Ioanna, qui s'est écroulée au sol. La moitié de sa face était réduite en cendre. De ses multiples brûlures coulait un sang doré. Ses yeux se fermèrent, elle perdit connaissance, malgré les suppliques de la nymphe et les hurlements de Agni.

« Il faut fuir, votre altesse ! Ahana Agni. Nous l'avons vu, elle… Elle racontait que vous étiez folle, que vous vous êtes faite avoir par le dragon, que vous alliez incendier la forêt…

-Jamais, même si je deviens folle, cela n'arrivera. Jamais. »

Héra et Chopper arrivèrent en premier, vite suivi par le reste. Agni ne put même pas faire correctement une révérence. Le médecin commença son travail.

« Agni, mon enfant, allons vite chercher vos frères et sœurs. Guide moi.

-Nous venons ! Firent Franky et Usopp. Nous pouvons aider. »

La matriarche se redressa et se mit à courir, accompagnée de ses deux comparses. Avant de stopper.

Un mur invisible leur empêchait l'accès à la forêt.

Usopp s'y cassa le nez, Franky fit une culbute en arrière.

En entendant les hurlements de douleur, Calypso les vit.

Elle vit non pas les pirates qui juraient comme des charretiers, ni Héra qui se frottait le front.

Elle les vit.

En contre-jour. Devenus des ombres.

Elle vit les flammes qui s'élevaient.

« Non. »

Les arbres fumants, commençant à être calcinés.

« Non... »

Les animaux qui fuyaient, mais ne pouvant atteindre la plage, bloqués par le mur, agonisant à quelques mètres de leur salut.

« NON ! »

Elle courut pour essayer de les aider. Des sous bois, volèrent des chouettes comme elle n'en avait jamais vu. Des chouettes sombres, aux becs, aux griffes taillées pour tuer, y compris des fantassins en armure. Leur noir de jais brillait avec les flammes, mais pas autant que leurs yeux sans pupilles, ouvert sur un monde n'existant plus, d'un jaune vif surnaturel, signe de création d'un dieu. Comme si c'était du papier, leurs rémiges primaires coupaient végétaux et, bien vite, animaux.

Elle entendit au loin un chant, un chant dans sa si belle langue natale, un chant l'accusant de trahison envers sa nouvelle terre.

A l'orée du bois, l'air semblait onduler autour des chouettes. Trois s'en prirent à Franky, Usopp et Héra, sous les hurlements du sniper, les autres vinrent foncer sur Calypso.

Son sang bouillait, elle sentait le feu du dragon en elle.

Une lumière aveuglante se leva, exterminant les chouettes, les réduisant en cendres.

Héra prit sur elle Usopp, qui s'était évanoui, et, aidée par Franky qui la couvrait, sur ses gardes, elle se rapprocha du bateau. Elle eut à peine le temps de déposer Usopp qu'une flèche vibre, enfoncé dans le bois du bateau. Héra hurla de douleur, tandis qu'une deuxième atteignit son mollet. Mais elle ne se laissa pas abattre, et entraîna Chopper, Usopp, en roulade, tandis qu'une volée entière se ficha dans le sable. Luffy grogna de colère, et fut suivi par Brook, Zoro et Sanji sur le sable. Nami descendit, et prépara son Fulguro Tempo, Robin remontait sur le bateau les hamadryades et dans le même temps, remmenait une pochette de premiers secours, mais arrêta son action, en voyant Héra dont les blessures se refermaient seules, laissant seulement ses traînées de sang doré en témoignage de ses blessures. Elle remonta ensuite, pour assister Chopper.

« Ce mur invisible, il faut le détruire ! Cria Nami à ses compagnons en les rejoignant.

-C'est un mur qui est fait de sa force de pensée, continua Héra. Il nous faut tout simplement le cogner.

-… SÉRIEUX ?

-Oui. Et vous savez l'avantage que ça a ? Elle va avoir mal. Peut être viendra-elle ainsi, de face. Ou du moins, stopper son sortilège, et nous pourrions sauver les créatures de ce bois. Et la chercher ensuite.»

Aussitôt dit, aussitôt fait. Les membres de l'équipage prêts à se battre se précipitèrent sur le mur, et se prirent des troncs d'arbres.

Enfin libre, le peuple de la forêt se précipita sur la plage, poursuivi par les mêmes chouettes qui avaient été carbonisées par la déesse.

Héra se redressa, se tourna vers Calypso, et, avant même de parler, fut transpercée à l'estomac par une flèche, puis à la gorge.

Le flot de sang doré éclaboussa Calypso et Nami, qui en était les plus proches. Le paon de lumière réapparut, enveloppa la déesse, et s'évanouit aussi brusquement qu'il était apparu. Nami n'eut même pas le temps de hurler, que le mur de pensée réapparut, les enveloppant, les étouffant. Ils en furent expulsés rapidement, projetés sur la grève.

Ils se rassemblèrent tous.

« Ou est la mamie ? Demanda Luffy, tandis que Franky tentait de calmer Nami, qui tremblait, sous le choc.

-Héra est blessée, elle a du être rapatriée dans notre monde, répondit Calypso, essoufflée. Nous sommes des dieux, mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on est invincibles. Des flèches viennent du bois.

-Il faut qu'on s'éloigne de cette forêt, et qu'on agisse de loin, réfléchit Sanji à voix haute.

-Je vois que Héra a tenté de vous aider. »

Athéna était apparue vite, une flèche lévitant dans sa main droite, telle un colibri mortel. Ses dents pointues luisaient. Elle était derrière le mur, et, réfléchies dans ses yeux de magma et d'or en fusion, dansaient les flammes.

La flèche décocha et toucha Calypso au mollet, le dragon en elle rugit aussi fort qu'elle.

« Allez, Calypso. Laisse la bête en toi venir. » Susurra la terrible déesse, presque langoureuse et alanguie, qui se mit à rien lorsque le poing de Luffy s'abattit à cinq centimètre de son visage.

La nymphe ne gérait plus la douleur, l'or de ses veines pulsant. Ça bouillait en elle.

Elle n'entendait que Athéna et le furieux grondement du sang dans ses oreilles.

Elle ne vit pas ses alliés se mettre à se battre, pour démolir le, mur, le rire cynique de la déesse aux yeux vairs ricochant contre l'éclat de la mer.

Un conscience toucha la sienne, une conscience bestiale qu'elle n'avait eu de cesse de refouler.

Laisse moi faire. Tu es un dragon désormais.

Elle ne sut plus trop ce qui se passa. D'un coup, ses ailes de cuir se déployèrent fièrement dans le ciel, semblant toucher l'infinité, et, pour la première fois de sa vie, à se livrer entière au monstre, qui prit le contrôle. Elle sent une sensation de chaleur en son sein, ancestrale, primaire. Athéna perdit son sourire lorsqu'elle ouvrit la gueule, et qu'elle sortit non pas les flammèches dont elle avait l'habitude, oh que non, face à ce qu'elle usait.

Elle avait reculé, sous la force du jet de flammes, des flammes aussi bleues et vives que celles des Enfers, plus bleues encore que les cheveux de Franky, aussi brûlantes que le soleil.

L'impact fit s'éclater le jet dans toutes les directions, le feu montant tellement haut, atteignant cinq, dix, vingt, puis cinquante mètres.

Quel plaisir ce fut de voir la déesse ennemie se décomposer, tandis que son mur tremblait avant de s'effondrer en éclats.

Calypso remercia l'autre conscience, celle de la jeune dragonne, qui était tapie en elle depuis longtemps et qui, semblait enfin retourner au sommeil latent de son habitude. L'énergie reflua, ainsi que la transformation. Calypso était enveloppée d'une aura, et lévitait, ses yeux entièrement dorés.

« Ela, Nero. »

Une immense vague vint passer en dessous d'elle, évitant précautionneusement ses alliés gagnés par le fruit du démon, et s'écrasant sur le reste des défenses mentales de l'adversaire. Adversaire qui hurla de rage, et sortit du bois. Des ombres tenaient des arcs bandés, et décochèrent des flèches, que Usopp, revenu à lui, et Franky se firent un plaisir de contrer, avec un Fresh Fire et des billes incendiaires. Luffy fit craquer son cou, Zoro dégaina ses sabres, suivi par Brook, et Sanji s'avança, en première ligne, entouré de l'aura protectrice de la nymphe. Robin rejoint ses camarades, sautant gracieusement du bateau, en position de combat.

Les archers d'ombre n'eurent le temps de dire ouf qu'ils furent passés au fil des épées, jambes, de la magie, des mains, des billes.

Ils ne virent pas Athéna qui lançait une incantation, bien protégée par ses sbires, et qui donnait naissance dans le ciel à un amas de chouettes d'ombres noirs, qui s'unissaient toutes entre elles pour former une masse encore plus grande.

Ce ne fut que lorsque le dernier archer tomba, que la bête d'ombre se manifesta, se laissant lourdement tomber sur la grève, fissurant le sol. Elle rugit, ses deux yeux remplacés par des orbes de lave sans vie et désolés fixant l'équipage au chapeau de paille, faisant apparaître en lieu de gueule une cavité dentelée, couleur de magma. Elle avait deux pattes massives, ainsi qu'une sorte de cape, drapée autour d'elle.

La lame d'Hyppolite au clair, Athéna grimpa sur sa créature, qui frappa une deuxième fois, puis une troisième, le sol, qui s'ouvrit sur une rivière de magma.

« Ne trouves tu pas étrange, très chère nymphe, que ton île soit en hauteur ? C'était un volcan, inactif depuis des dizaines de milliers d'années ! Mais comme tu es un dragon, il va te falloir du chaud. »

La rivière s'élargit, Calypso se reçut un éclat de roche dans le bras, ce qui lui fit perdre sa contenance, sa concentration.

Et la fit chuter dans la rivière.

Elle eut de la chance de se rattraper au dernier moment à une paroi. Elle sentait la chaleur en contrebas.

Poussant un horrible rugissement, la créature sauta par dessus la rivière, atterrissant du côté des Mugiwaras, les faisant reculer, et rendant impossible le sauvetage de la nymphe.

Elle entendit Brook hurler une attaque, et ensuite, valdinguer très haut et très loin dans la forêt.

« LA TEAM ROCKET S'ENVOLE ENCORE VERS D'AUTRES CIEEEEEEEEUX ! »

Zoro commença sa techniques à trois sabres du Dragon Slash, se prit une patte et finit pile au bord du ravin.

« ZORO ! Hurla de peur Sanji, qui se mit à courir auprès de Zoro, tandis qu'Athéna descendait de la bête d'ombre et de lave. Zoro était bien sonné.

Elle s'approcha des deux hommes, le blond tirant désespérément le vert, trop lourd pour lui, loin de la lave. Athéna écrasa le poignet de Sanji, qui fut obligé de le lâcher. Le reste de l'équipage voulut intervenir, mais la créature d'ombre les prit en grippe, les occupant tous.

Loin de la mêlée, Athéna s'agenouilla aux côtés des garçons.

« Voilà ce qui arrive à ceux qui ne m'écoutent pas. Veux tu finir comme lui, Sanji ? »

Elle lui tendit sa main droite, comme si elle l'invitait à danser.

« Tu sais Sanji, je t'ai entraperçu… Et l'amour qu'avait cet homme envers toi était factice. »

Putain, je le savais.

Pauvre con que je suis.

« … En réalité, cela trahissaient les sentiments que j'avais envers toi, Sanji… »

Il entendit, comme étouffé dans sa conscience, une voix rugissante qui lui disait de ne pas l'écouter.

Elle est belle, mais…

Mais elle n'a pas ses lèvres.

« Prend ma main, laisse le-

-SEIS FLEUR ! »

Des bras poussèrent sur la déesse, brisant le charme. Ils tentèrent d'entraver Athéna qui, les yeux dorés et pleine de rage, mordit le plus proche au sang, tellement fort qu'elle infligea une sérieuse coupure et arracha des lambeau de chair au plus proche. Les bras s'évanouirent en pétale, l'archéologue s'évanouissant avec. Rapidement, la déesse fit une incantation, qui immobilisa tout l'équipage, sauf Luffy, car elle n'eut pas le temps. Tout simplement.

Elle venait de recevoir un coup de poing du cuistot.

« TOUCHES PAS A ROBIN D'AMOUR, ESPÈCE DE… MORUE ! »

La déesse se redressa, se frottant la joue, son expression passant par la surprise, puis la colère noire. Le cuisinier réalisa alors la portée de ce qu'il avait dit. Il avait… Insulté une femme ! Une déesse qui plus est !

La suite fut tellement rapide que Sanji eut à peine le temps de respirer. Il sentit une douleur mentale, car les doigts de Calypso, qui essayait de se redresser, étaient écrasés par la déesse, qui avait saisi Zoro comme un vulgaire chaton, et le tenait suspendu dans le vide.

La créature d'ombre était immobilisée par Luffy, qui protégeait Robin, mais il faiblissait vite. Chopper galopait pour aller la chercher, mais à ce moment là, une aide inespérée intervient.

Des créatures apparurent du bois, de l'autre côté, en provenance de la falaise. Elles étaient peu, mais dès qu'ils virent leur maîtresse au dessus de la rivière de lave, et la créature d'ombre, qu'un seul homme retenait pour aider leur île, ils se mirent à charger. Ils arrivèrent vite, trop vite pour la créature d'ombre, qui fut submergé par les dryades, les nympes, les faunes, les sirènes grecques, et même un ou deux centaures, un immense cerf d'airain le chargeant, deux lions aussi grands que Franky lui tenant la nuque. Deux jeunes ménades s'agenouillèrent près de Robin, et l'emmenèrent au bateau, suivant les indications de Chopper, qui se mit à guider le peuple de la forêt transportant des blessés, du plus petit oiseau, à la plus éminente présence.

Athéna savait qu'elle devait agir vite pour garder le contrôle.

Sous les yeux tétanisés de Sanji, elle lâcha Zoro, et fit chuter Calypso. Les nouveaux venus au combat hurlèrent de rage.

« NON ! ZORO, NON !

Le visage du blond fut noyé de larmes, mais un rugissement se fit entendre. Des vivats vinrent du peuple de l'île, lorsqu'une dragonne de saphir s'éleva rapidement dans les airs, resplendissante, brillant telle un trésor de roi sous la lueur laiteuse de la lune et celle, incendiaire, de la lave. Elle rugit encore, avant d'atterrir et de balayer Athéna comme un fétu de paille, d'un revers de queue, la projetant aux côtés de sa créature , qui semblait assommée. Son peuple dut reculer, craignant d'attaquer une Déesse majeure.

La faille se referma, et le sort d'immobilisation sur les chapeaux de paille fut levé. Athéna semblait belle et bien évanouie. Sanji vit alors sur le dos de Calypso un bretteur marimo… Qui pour le coup, était beaucoup trop vert. La dragonne eut l'air amusé, et s'abaissa, permettant au cuistot de monter sur son dos puissant, ses piques de crêtes fièrement dressés. A peine assis, il enlaça Zoro, toujours en pleurant, et en l'insultant de tout les noms d'oiseaux qui passait dans sa tête.

Se secouant entière, la bête s'envola dans le ciel, où lentement mais sûrement, les étoiles dansaient, sous la lune pâlissante. Le combat a duré longtemps. Le ciel avait changé de ton, s'éclaircissant légèrement.

Ce ton un poil plus clair trahit la présence de nouvelles redoutables chouettes, à qui Calypso prépara un accueil des plus royal, un torrent de flammes se déversant de sa gueule. Elle vainquit les premières vagues ainsi, certaines passant s'abattant sur les membres de l'équipage au sol. Mais, de plus en plus vinrent. Elle combina avec ses passagers leurs techniques de l'Armée de l'Air, leur donnant son feu. Le trio terrible fit sévisse dans le ciel.

Après un combat qui semblait durer des heures, Calypso planait, langue pendante, de l'écume jaune aux commissures de ses lèvres jaunissant. Sa conscience s'épuisait, au rythme de ses poumons qui prenaient des inspirations de plus en plus difficiles.

Zoro s'en aperçut et cria en contrebas qu'ils avaient aussi besoin d'aide en haut.

« SANA UTA SANCHO… YAHAZU GIRI ! DANS TROIS PAS TU MEURS !

-TREINTA FLEURS ! LES FLEURS DU MAL ! »

Luffy fut bouche bée devant la nouvelle attaque de son archéologue, des bras blafards jaillissant de leurs ennemis, armés d'une dague noire, faite d'ombre, et plantant leur lame effilées dans les animaux qui s'évanouissaient en cendres avant d'atteindre le sol. Le musicien des Chapeaux de Paille a enfin pu rejoindre le terrain de combat, et briller avec sa technique. L'attaque de Brook acheva toutes celles dans le ciel, leur corps, leur organes, leurs os tranchés nets en deux, tandis que le squelette rengaina son arme.

« Comme je l'avais prévu, ça s'est passé… Sans un os. Yohoho ! »

Le peu de volatiles qui restait, les plus gros et résistants, redoublèrent de hargne, face aux Rafales de Luffy, aidé par Usopp tirant des étoiles du Phénix et Franky, pilonnant les hiboux a coup de bazooka et de Fresh Fire, Nami invoquant la foudre avec son bâton foudroyant les bêtes en évitant de toucher le reptile dans le ciel, qui semblait entouré d'un halo flamboyant et crépitant. La victoire semblait leur appartenir, jusqu'à entendre un râle sorti des Enfers.

Face à la lune pâlissante, l'ombre monstrueuse était là, la déesse la chevauchant, l'air plus sauvage que jamais, et bien décidée à s'offrir leur tête. Sa mâchoire avait gagné en solidité, les vagues dents d'ombre ayant laissé place à des poignards aiguisés.

Elle plongea vers la dragonne qui, d'un tonneau, évita l'attaque, et se retrouva en dessous. Zoro et Sanji avaient eu la présence d'esprit de s'accrocher à sa crête, et eurent de la chance de ne pas s'être éborgné, ce qui n'empêchait pas les mots d'oiseau de sortir de leur bouche.

Zoro ne perdit pas de temps, les quelques millisecondes en or qui s'offraient ne se reproduiraient sans doute pas. Il saisit deux sabres, et planta les tranchants dans le ventre de la bête noire montée par Athéna.

Mais la bête d'ombre était bien faite d'ombre. Les lames traversèrent sans causer le moindre dommage.

« HEIN ? crièrent le cuisinier et le bretteur en même temps.

La dragonne vira à l'arrière du monstre, empruntant une colonne d'air chaud.

« Il manquait plus que ça… Il semble avoir gardé en puissance, pensa Calypso en s'adressant à ses passagers.

-Oui mais, ce truc a quelque chose de différent, avança Zoro. Sa mâchoire. T'as remarqué ?

-Il est possible qu'on puisse essayer de l'attaquer ici, vu que ça a l'air plus solide. Zoro ?

-On essaye. »

Ils n'avaient pas eu le temps d'entendre Athéna qui chantait, dans la langue ancienne.

Une immense caverne se matérialisa face au reste des Mugiwaras. Trois hurlements distincts, mélange entre renard, loup et chien, se fit entendre, ainsi que des cliquetis de chaîne. Sous les yeux médusés des humains, et du peuple de la forêt, trois têtes de chiens molosses, écumantes, enragées, sortirent, suivies par un corps massif, quatre puissantes pattes écrasant le sol. Le chien à triple tête possède au moins la taille de la dragonne, si ce n'est plus.

Athéna riait, remontant dans les cieux, se fondant dans le ciel sombre.

La bête jappa et tira sur ses chaînes, sortant de la grotte.

« Anw, il est trop mignon ! Fit Robin en souriant.

-Il a pas l'air aussi sympa que celui de Thriller Bark, répondit Luffy, se grattant la tête.

-Sans blague… » Répondit Nami.

Ils furent interrompu par le bruit de chaîne rompues et les hurlements de Usopp qui se faisait courser. Luffy activa son Gear Second, et fit tâter de son poing à la grosse bestiole.

Dans le ciel, Calypso piqua pour achever vite ce monstre, qu'elle connaissait bien.

« AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHH ! » Hurla Zoro, tandis que son compagnon, pour l'aider, saisit ses trois sabres, s'efforçant de ne pas les laisser tomber, car il n'était pas habitué. Il sauta, les lames pointant vers le monstre, et les ficha en plein dans la tête du milieu. Il acheva de deux Diable Jambe les têtes restantes, tandis que la dragonne repiqua encore plus haut, ayant repéré grâce à la lueur de la lune leur ennemi de fumée. Athéna hurlait, son visage déformé par la rage, son rictus s'accentua quand elle vit le reptile grossir dans sa direction.

« VIENS, ZORO, QUE JE TUE CETTE NYMPHE ET QUE TU T'ÉTOUFFES EN BUVANT SON SANG ! JE VEILLERAIS A CE QUE TOUT SOIT FINI !

-TU VAS VOIR PÉTASSE ! » répliqua le bretteur, avant de porter la main à ses fourreaux.

« .. Attends. Sanji a pas fait que des coups de pieds, mes… MES SABRES ?! »

La dragonne soupira, saoulée.

Ils vécurent en communion ce grand moment de solitude. Sanji se demandait pourquoi ils n'allaient plus aussi vite vers Athéna, et remarqua les sabres plantés dans le crâne de Cerbère, au sommet d'une jolie triple bosse.

« Oups.

-Merci Sanji.»

L'ombre plongea, s'ensuivit une course poursuite avec la dragonne, dans le ciel. Le feu de ses entrailles illuminait la grève comme en plein jour. Lors de ses manœuvres aériennes, ses écailles brillaient, se confondant en étoiles.

« Zoro, écoute moi bien ! Je connais une prière à adresser à Héra ! Il faut que tu la répètes avec exactitude, elle va nous aider ! »

Bien en peine, le bretteur se concentra comme il put, ce qui n'est pas évident en plein combat aérien, et se mit à chanter un chant saccadé et doux, dans cette langue aux aspérités étranges.

« Gynea Basileia, me voithisé… Hja, Gynea Basileia, me voithisé... oti ê thelisi as einai to oplo mou… Gynea Basileia... »

Un majestueux paon apparut en flash dans le ciel, et lança à Zoro une épée longue de trois mètres, recourbée au bout de la lame, composée de lumière. Il poussa un cri mélodieux, qui l'emplit de courage, et disparut aussi vite qu'il était arrivé. La dragonne battit fort de ses ailes, créant des bourrasques soulevant le sable en contrebas, et se retrouve alors au dessus du monstre. Calypso rugit, ses yeux planté dans ceux d'Athéna, qui reflétaient, la première fois depuis longtemps, voire même de sa vie, de la peur. Calypso piqua. Le choc des deux titans secouèrent leurs passagers qui commencèrent a se battre, Zoro avec l'épée qui avait rapetissée, et Athéna avec son arc, où était apparu une lame de sabre, courant sur le bois souple qu'elle utilisait comme une épée.

Calypso incendiait la monture de ténèbres noire, avec son feu ronflant, et Zoro se battait avec un adversaire sensiblement plus fort que Mihawk ou encore le zombi animé par l'ombre de Brook. Il sentait qu'il ne fallait pas douter de son adversaire, une vraie furie, même avec l'aide et l'arme de la déesse Héra. Ils continuaient à communiquer mentalement avec Calypso. Elle planta très fort ses griffes sur le monstre et se poussa, évitant à Athéna de réussir une feinte qui aurait pu être fatale à Zoro, se renvoyant encore plus haut dans le ciel, pour avoir un moment de répit.

« L'issue du combat est indéterminée, mais ça se sent qu'elle a utilisé son énergie pour les chouettes et le cerbère…

-Nous devons rester concentré. Je suis sûre qu'elle prépare un mauvais coup. »

Athéna leva ses mains, et fit se lever du sol d'immenses ombres noires, armées de masses, au nombre de trois. Leur apparition avaient mis en émoi les chapeaux de pailles, par leur taille gigantesque et aussi que sans l'intervention de Sanji, ils auraient eut trop de mal pour Cerbère. Ils étaient foutus. Ils devaient résister, mais le combat devait finir au plus vite, sans quoi…

Le peuple de la forêt rugit et partit à l'attaque. Les ménades et les faunes entamaient leurs danses de folie, les dryades en appelaient à la terre, les nymphes à la mer, les centaures chargeaient, armes rudimentaires au clair, sans compter les animaux, tous, tous s'y jetèrent. Les blessés se relevèrent du pont du bateau, sous les yeux surpris et émerveillés de Chopper, et s'élancèrent en silence vers la grève, leurs blessures refermées. Des chouettes réapparurent, fondant sur les nouveaux venus. Chopper se saisit de ses RumBalls.

Et la bataille continua.

Calypso continuait la valse mortelle avec l'ombre, Zoro et Athéna ne savaient plus trop où étaient le ciel et la terre. Une a une, les chouettes moururent, enfin. Les grandes ombres aussi, avec l'arrivée du soleil, rasant la mer. Athéna ahanait sur son monstre, qui se brouillait, à certains moments, maintenant.

La foule en contrebas acheva le deuxième monstre, et sa liesse éclata, voyant que le gros monstre volant n'en menait pas large. En réponse, Calypso rugit, fière d'eux. Et c'est la que fut son erreur.

Le dragon fit un faux mouvement, et son cou se retrouva bloqué dans les puissantes mâchoires du monstre, mâchouillant son cou. Elle beugla de douleur, ainsi que Sanji et Zoro. Athéna riait, riait, riait, tandis que Luffy, en Gear Third, gonfla son corps pour l'achever, hurlant de rage, et que Nami lui prête sa foudre. Voyant l'immense jambe et les orages dans le ciel, elle eut quelques secondes d'inattention, repérant Nami.

« N'UTILISES PAS LE POUVOIR DU PÈRE ET SEIGNEUR, SALE CATIN ! »

Elle allait fondre, la dragonne dans les crocs de son monstre, lorsque Zoro, d'un ample mouvement du bras, trancha le torse de la déesse, et la lame continua sa course jusque dans la mâchoire du monstre. Glapissant de douleur, il relâcha Calypso, qui planta ses griffes dans les yeux de la bête, faisant s'éclater les orbes, faisant couler la lave, et ajoutant des lacérations profondes. Athéna hurla de douleur. L'ombre restante au sol se brouilla un peu. La jambe de Luffy s'abattit, manquant l'ombre volante qui glapissait en l'évitant, et finit sa course en plein sur la troisième créature, qui s'évapora. La foule hurla sa joie plus fort. Calypso vomit un torrent de flammes et s'éjecta le plus loin possible en utilisant la tête de l'ombre comme appui. Elle descendit en planant, retrouva un courant d'air chaud la faisant planer d'un coup plus haut, se cachant dans un nuage, son cou l'élançant, perdant du sang à gros bouillons.

Elle ne perdit pas sa concentration, se sentant proche de s'évanouir, pourtant. Elle perdait trop de sang. Zoro le voyait.

« Calypso ?

-Zoro, maintiens ta lame… Devant toi. Sois prêt. »

Elle s'éleva encore et, d'un coup de rein qui lui coûta ses dernières forces, expulsa Zoro, traversant les airs, les nuages, telle une flèche de lumière…

… Et ficha sa lame en Athéna. Elle produit un bruit de succion horrible. Le bretteur lâcha et chuta.

La déesse hurla silencieusement, tandis que son esprit se brisait. Elle se désintégra en fragments de ténèbres. Calypso sentit sa conscience partir. Elle sentit celle de la dragonne, qui chantonnait, enfin libérée d'elle.

Sa vision s'assombrit...

Et la lumière fut.

Calypso cligna des yeux. Le ciel était bleu au dessus d'elle. Doucement, elle s'assied, observant l'endroit où elle était, au sein d'une clairière fleurie de la forêt. Elle pouvait sentir le vent frais iodé sur ses épaules. Un vieux dragon l'observait, couché dans la bruyère, deux dragonnets se battant, à la manière de chatons. Calypso leva la tête et décolla brusquement, une bourrasque la poussant, lorsque la dragonne bleue atterrit face à elle dans les trèfles, les fleurs. Le soleil couvrait leur peau. Calypso reconnut vite la bête, et se prépara à son courroux. Le vieux dragon se leva. De sous les bois, en sortirent d'autres. Tous, tous, elle les reconnut. Quelques adultes, des plus petits. Les dragonnets à peine sortis de l'oeuf.

Elle avait leur sang sur les mains, après tout.

Elle ferma les yeux, souhaitant que cela aille vite, que son âme brûle, qu'elle soit libérée de tout, de la douleur, d'Ulysse, de tout.

Elle ne s'attendait absolument pas à recevoir un léger coup de langue de la dragonne.

« Nous n'avons plus rien à craindre. Je ne suis plus attachée de force à toi. Je suis libre. Merci, peux retrouver les miens. »

La nymphe s'en tient coi.

« Mais… Mais… tu ne m'en veux pas ? »

La dragonne la couva du regard, les deux dragonnets reniflant les chevilles de la nymphe, l'un lui réclamant des caresses en se frottant à elle.

Cette fois, ce fut Kwen qui parla, sa voix grave faisant vibrer son cœur.

« Nous savions que… Que tu étais forcé espérons rendre la suite plus douce en sachant que tu auras notre pardon. »

Calypso pleurait à présent, se rappelant ses blessures, le fait qu'elle ne s'en sortirait sans doute pas.

« Nous avons un cadeau pour toi. »

Kwen allongea son cou, son museau touchant le front de la nymphe, les dragons alentour chantant. Le soleil et la lune commencèrent à se relayer, de plus en plus vite, les dragons étendirent leurs ailes, devenant à eux tous la voie lactée, le cosmos, l'espace, se dissolvant en dizaines de constellations. Eleanel rugit, et dirigea une seule flammèche sur le front de Calypso, à l'endroit où son père avait touché. Elle n'avait pas mal. Elle avait chaud.

Calypso eut alors conscience de quelque chose. Les bébés dragons avaient ramené à ses pieds un ouvrage, très élégant, couvert de cuir rouge et avec des écritures dorées. Plus important, une tête de Méduse, ses serpents protégeant chaque recoins de la première de couverture, scellait ce livre.

Le symbole d'Athéna. C'était un de ses symboles de pouvoir. Cet objet est important.

« J'ai réussi à lui arracher, quand l'homme vert lui a planté sa lame en plein coeur. Il sera à côté de toi à ton réveil. Va, déesse. Tu as été bénie par les dragons. Porte notre marque. Je te renvoie au monde d'en bas… »

La dragonne chuta, loin du champ de bataille, enveloppé d'un halo de lumière blanche qui s'estompa, tandis que l'âme d'Eleanel se dissolve, la révélant sous sa forme nymphée.

Sanji prit appui sur un bras à Franky et attrapa Zoro, à peine à quelques mètres du sol. Le soleil se leva, révélant encore une fois le paon de lumière. Héra apparut, ses blessures bandées.

« VOUS AVEZ RÉUSSI!Vous avez réussi, votre amour a triomphé ! Vous avez sauvé l'île ! Fit-elle en serrant contre elle les deux hommes.

Zoro serra contre lui Sanji, qui était haletant. Il lui redonna ses sabres. Luffy hurla de joie, Usopp et Franky le rejoignirent dans la fête.

« Vous pouvez être fiers de vous… Athéna est alitée et soignée par Apollon… Jamais je ne l'ai vu comme ça ! Et… Avoir réussi a briser cette déesse, c'était vraiment magnifique ! Vous avez vengés Calypso ! Merci ! »

Le peuple de l'île s'activait à soigner les blessés, à rire, et danser. Ce sera une nuit pleine de réjouissances. Leur paradis sera préservé, aucun dieu n'osera les approcher, et leur reine a su prouver sa valeur aux yeux de l'équipage pirate.

Seulement, il manquait ladite reine.

Au loin, Robin courait pour les rejoindre, flanquée d'une petite nymphe et d'un petit faune, et là, Sanji put voir que quelque chose n'allait pas.

Robin est en larmes.

Les petits s'arrêtèrent à peine pour s'incliner devant la Reine des Femmes, avant d'aller voir Chopper pour du matériel de premier secours.

« Qui ? Demanda Luffy qui, estomaqué, remarqua qu'il ne manquait personne, sauf Brook.

-Calypso. Brook était en train de voir les dégâts sur le versant ouest et...»

Ils arrivèrent quelques minutes plus tard dans une petite crique, à côté de leur plage. Brook soutenait Calypso, allongée sur le sable, entouré de l'équipage. Sanji remarqua de suite qu'il manquait quelque chose.

Il sentait son lien mental s'affaiblir.

Il s'affala à côté d'elle, écartant ses cheveux poisseux de sang.

Les blessures du monstre étaient restés sur sa forme humaine, sa gorge était presque complètement ouverte, son corps était brûlé à plusieurs endroits. Elle peinait à respirer. Seules les mains de Brook, sures et délicates, permettaient d'adopter une position où elle pouvait respirer.

Héra s'agenouilla, tremblante, passant ses mains au dessus des blessures de la nymphe, ses yeux larmoyants effaçant tout reflet de la victoire.

« Non. C'est injuste. Non... »

Luffy était agenouillé à côté, lui touchant son épaule, déjà froide.

«T'avais promis… T'avais promis que tu viendrais dans mon équipage ! »

Calypso sourit et cracha un peu de sang, tâchant le pantalon de Brook.

« Ce sera sans doute dans une autre vie, Mugiwara...

-Chopper ! Dis moi que tu peux faire quelque chose ! Hurla Sanji, qui sentit le Lien s'affaiblir encore plus.

-Pardon… Les blessures sont trop graves. » pleura le petit renne.

Le soleil acheva de se lever, se reflétant dans l'ichor coulant dans le sable. Calypso commença à avoir des soubresauts, très légers. Sanji attrapa sa main, Zoro l'autre.

« Luffy... » appela la nymphe.

Luffy pencha la tête, Calypso lui attrapa, et récita une formule, oubliée de tous, de tout les peuples, à son oreille. Cela lui ayant coûté trop, elle relâcha ses bras.

« Ceci est mon cadeau de remerciement. Quand tu… Auras besoin d'aide… Récite là. Et vous deux... »

Et se mis à chantonner.

Elle serrait fort les mains de Zoro et Sanji, un lien rouge les liant.

Elle continua une minute, avant qu'une teinte de toux la fasse s'arrêter.

« Elle vous a chanté un Lie-âme, chuchota Héra. Vous vous aimerez un peu plus tout les jours…

-Héra… Le livre. Le livre d'Athéna. »

Dans un ultime effort, Calypso releva la tête, occasionnant une douleur tellement vive que Sanji eut l'impression de se prendre un coup de poing dans le ventre. Dans sa vision trouble, où dansait l'équipage pirate, la grève et la forêt, elle aperçut un point rouge, à quelques mètres. Héra suivit son regard et partit le chercher.

« C'est fini, soupira-t-elle.

-Je veux pas que tu meures ! Pleura Sanji.

-Qui te dis que je vais mourir ?

-T'es bien optimiste… répondit Nami.

-ON DIRAIT USOPP QUAND IL FAIT UNE DEPRESSION ! »Répondit vivement tout l'équipage.

C'était dur de rire… De respirer… De rester.

Elle était bien, dans les mains osseuses de Brook, néanmoins.

Elle battit des yeux, et soudain, son regard s'agrandit. Les larmes lui vinrent, et elle retrouva ses forces. Elle se redressa, quittant l'étreinte de ses amis, sans le quitter des yeux.

En face du groupe, un grand homme, vêtu à la mode des dieux, lui faisait face.

Ses cheveux étaient plus longs, sa cicatrice à la cheville plus ténue, et ses premières rides étaient apparues, mais entre mille personnes, elle l'aurait reconnu. Il s'avançait à grand pas vers eux… Mais elle était la seule à le voir.

« Ulysse…

-Viens. Les garçons nous attendent.»

Derrière lui, deux jeunes adolescents se tenaient. Ils n'avaient aucun de leurs traits à eux, mais elle les aurait reconnus n'importe où. Ce n'étaient plus leurs deux petits garçons, c'était presque des hommes. Leurs quatre yeux gris couvaient leur mère d'adoption.

« Nausinoos… Nausithoos... »

L'homme lui tendit une main qu'elle n'hésita pas à attraper, et les deux adolescents la serrèrent aussi fort qu'ils le pouvaient dans leurs fins bras, comme avant.

La nymphe s'endormit dans les bras du musicien, du bretteur et du cuisinier, son visage gardant un sourire éternel. Elle s'éparpilla, en un coup de vent, en particules de lumière, qui s'envolèrent haut dans le ciel, tandis qu'au loin résonnait une musique sourde, ressemblant à son rugissement.

Et ainsi partit Calypso d'Ogygie, dernière Reine des Sept Mers.

Quelques jours plus tard…

Héra relisait l'ouvrage de cuir rouge, accompagné par Robin. Ioanna supervisait dehors, avec l'aide de sa jumelle et de Sanji, l'acheminement de denrées alimentaires. Pour les remercier, ils offrirent également du matériel de navigation, d'art, de médecine ayant appartenu à Calypso, provenant de son château, ainsi que des effets plus personnels, que Franky pourrait bricoler pour les faire fonctionner, venant tout droit du royaume des Hommes d'Héra.

« … Ce livre contient donc, à mon sens, toutes les connaissances de notre monde, conclut Héra.

-Ce livre est inestimable, continue Robin. Nous ne devrions pas le garder.

-Il est en de bonnes mains avec vous, c'est pour ça que je vous le laisse. Il vous sera utile… Et sinon, cela fera un excellent livre de chevet ! »

Robin sourit, sa main caressant encore une fois le fermoir en forme de tête de Méduse, victime elle aussi d'Athéna. Elle prit l'ouvrage et le rangea soigneusement dans la bibliothèque, caché à la vue de tous. Héra leur avait expliqué expressément ce qu'était ce livre. Tout l'équipage s'est mis d'accord que, comme pour le code du frigo, il fallait que personne ne sache où il se trouve, si dans le plus grand des malheurs, ils se faisaient capturer. Une seule personne saurais son emplacement exact dans tout les rayons, et ce fut Robin.

Les deux femmes ressortirent sur le pont, en pleine effervescence. Le cuisinier blond vint les voir, en mode tornade de l'amour, que Robin stoppa gentiment. Il était observé par un homme imberbe, très élancé, aux sandales ailées. Ses cheveux blonds étaient tressés. Ses deux montures, deux serpents ailés, attendaient patiemment.

« Vous êtes vraiment obligée de partir ? Demanda le cuistot, toisant le nouvel arrivé.

-Il faut bien que j'y aille quand même, mon petit… Mais si jamais je suis exilée, je promets de passer vous voir souvent !

-Cela nous fera vraiment plaisir ! » Répondit Nami, sans voir l'ombre qui passait dans les yeux de la Reine des Dieux.

L'équipage fit ses adieux sur le pont, la Déesse Mère chevaucha l'un des serpents, l'autre Dieu le deuxième, et, en un flash, repartirent vers leur contrée.

Seul Luffy, assis sur la tête de proue, en train de pêcher, n'était pas venu dire au revoir.

Franky mouva le lionceau, l'équipage saluant la foule, qui avait planté le drapeau des Mugiwaras en évidence en haut du château, faisant qu'elle était placée sous leur protection.

Cela faisait un jour qu'ils naviguaient, et avait dépassé l'île, la brume magique n'étant plus. Elle était au loin, un petit point.

Depuis plusieurs jours, Luffy réfléchissait à cette foutue formule magique.

Son équipage, petit à petit, le rejoignit sur cette figure de proue. Tous observait leur capitaine. Il y a quelques jours, le soir où la nymphe avait disparu, il n'avait pas pu leur cacher longtemps ce qu'elle lui avait dit.

Depuis, impossible de ne pas y penser.

« Et du coup ? Demanda Zoro.

-Je serais curieuse de savoir ce qu'elle nous a laissé, dit Franky, Robin assise contre lui.

-Ce serait bien de tester, non ? Demanda Sanji.

-.. Et merde. Allons y, répondit Luffy, qui commença à la réciter.

-Attends Luffy… Tu est sûr que… C'est sûr ?

-C'EST VERY SURE YOHOHO ! (ndla : jeu de mot avec une marque d'alarmes de maison)

-Ta gueule Brook, je me concentre ! RAH JE DOIS RECOMMENCER ! Sanji, j'ai besoin de VIANDE pour me concentrer !

-Goinfre de capitaine, t'as eu ton troisième goûter là !»

Tous se turent finalement, écoutant Luffy, qui récitait, hésitant encore sur les mots, puis qui continua, une légère aura dorée chauffant son cou, Usopp et Chopper, bras dans les bras, hurlant de peur, manquèrent de tomber du lionceau.

Luffy acheva sa litanie dans un râle. Le temps semblait s'être ralenti. Les vagues allaient plus lentement. Rien ne semblait se passer. Luffy comprit alors qu'elle pouvait réellement être mor-

« Luffy. Il y a un point brillant à l'horizon. »

Usopp, ses lentilles de sniper baissées, venait de tirer le capitaine de ses pensées. Il bondit vers la Poupe, suivi de tout le monde.

Le point grossissait de plus en plus, se formait, se définissait.

Luffy hurla de joie, Usopp, Chopper et Brook de peur, lorsqu'un dragon bleu se rapprocha, semblant un peu plus imposant, un peu plus sur, que celui qu'ils avaient pu voir au combat, il y a quelques jours. Sanji sentit alors quelque chose chatouiller sa conscience, et il eut beau s'ouvrir, rien ne s'y pressait.

Le dragon passa comme une flèche à côté du Thousand Sunny, l'air qu'il battait gonflant les voiles. Il louvoya entre les vagues, ses deux paires d'yeux fixant le pont, où il atterrit après une piqué.

Le dragon s'approcha des pirates, de Luffy, Sanji, Zoro, Robin et Franky tout sourires, de Brook, Usopp et Chopper qui retenait leur souffle.

La large gueule s'ouvrit sur une bouche rosée, aux crocs noirs, et un long hurlement en sortit, mêlant joie, triomphe, combativité.

Un halo blanc l'enveloppa, et révéla la nymphe, qui avait aussi changé, d'une manière infime, plus…

« BANDE DE MALADES, JE SUIS MÊME PAS REMISE DE MES BLESSURES !

-OUAIS BAH T'AVAIS QU'A PAS DIRE QUE C'ÉTAIT UNE SURPRISE D'ABORD ! Répondit Franky, les yeux exorbités, tandis que Luffy amorça le dangereux mouvement du "je-te-sautes-dessus-et-je-t'étouffes ».

-Putain, teme ! On a eu peur ! Espèce de- OUCH ! Sanji ! Pourquoi tant de cruauté ? Geignit Zoro, une belle bosse sur le front.

-T'allais insulter Calypso adorée ! D'ailleurs, Calypso… Notre lien…

-Oh oui. Eh bien, c'est une longue histoire. Car je suis réellement morte.

-SANS DEC' ?

-Mais t'es vivante là !

-Ben j'ai survécu Luffy.

-Ouf, tant mieux !

-Sanji, pour notre lien… Disons que notre mort, à la dragonne et moi, a tout réinitialisé. Je dois réapprendre tout, mais je dois la vie à cette bête . Elle est revenue me maintenir pendant que Ulysse me ramenait chez nous, et me soignait. La situation était critique, mais elle et ses ancêtres m'ont offert le feu de leur cœur… Et j'ai pu garder son corps. J'ai eu de la chance.

-Et Héra ? Comment va-t-elle ? S'enquit Nami.

-Elle se cache dans le monde des hommes quelques temps. Mon père et elle se sont battus. Ça l'a fait mal un Roi des Dieux qui bat sa femme. Ça fait encore plus mal quand sa femme se redresse et lui met une raclée soudaine. Donc pour le bien de la diplomatie, elle se cache… Et d'ailleurs, félicitations ! Vous avez une prime en ce monde, vous êtes célèbres, mais vous avez secoué l'Olympe ces derniers jours ! »

Calypso s'épousseta, un vrai sourire illuminait son visage, un sourire franc.

« Merci. Sans vous… Ça aurait été la merde. Et sachez que vous serez toujours les bienvenus sur l'île de… Eh bien…

-Blue Dragonnia.

-Terre du Milieu.

-Peyredragon.

-GrosseBêteLand.

-Ogygia 2.0. Ca tombe bien qu'on se lance dans cette battle, je viens de finir la carte de cet endroit, et faut la nommer, sourit Nami.

-Ouais bah je pense qu'on va la laisser sans nom.

-C'EST MOI LE CAPITAINE, C'EST MOI QUI DIT, ET C'EST PEYREDRAGON. »

En réponse, tous se firent assommer par la navigatrice, qui leur tira la langue et s'en va inscrire sur la carte le premier nom, suggéré par l'archéologue.

Calypso regardait la mer, qui s'étendait à l'horizon. Elle inspira l'air du large, l'air de la mer qu'elle aimait tant.

Entre ses mains, sur la rambarde, étaient maintenu un papier et un stylo.

Luffy la rejoint, tout sourire.

« T'as fini d'écrire à ton tonton ?

- Oui, répondit-elle, un sourire en coin. Il s'y attend depuis que Héra est revenue vite fait, et avec tout le bordel qu'a provoqué notre combat contre Athéna. J'espère juste que ça ne se passera pas… Comme pour Troie.

-On sera là, ensemble. Et ça se terminera bien à la fin ! »

Calypso saisit le briquet que lui avait prêté Sanji, et brûla la missive pour son oncle, la fumée s'élevant dans les cieux.

Se détournant, ses yeux gris se portèrent sur le capitaine, et tout l'équipage, qui l'attendait, pour partager le saké.

Son nouveau serment la poussera loin, bien plus loin que ses ailes ne le feront jamais.

Et en criant « KAMPAI !, elle laissa, dans le sillage du bateau, son ancienne vie, ses peurs, ses regrets, pour commencer une vie neuve, aux côtés du futur Roi des Pirates, et de son équipage.

« Cher Oncle,

Des millénaires que nous n'avons pu communiquer, mais semblerait-il que les aventures d'Athéna ici bas a permis un passage pour les communications Iris.

Je vais bien. Je suis libre désormais. Le dragon ne me contrôle plus nous communions ensemble.

Je ne puis assurer longtemps les fonctions que tu m'as offert. Je te remet mon titre de Reine des septs mers et ma couronne.

Par dessus tout, mon oncle, et là, je parle d'une nièce à son Theios,n'oublie pas que je pense à toi, et que le chant que je vais écrire en ce nouveau monde te rendras honneur.

La mer est tellement belle ici, tu l'aimerais.

Se Agapo. »

L'antique seigneur des mers pleurait en tenant la lettre.

Sa chère nièce était vivante. Et visiblement entre de bonnes mains.

Dans la cour de l'Olympe, la rumeur bruissait parmi les Dieux, qu'un nouveau monde était ouvert, celui des exilés de Zeus, et que l'aventure les attendait. Certains jeunes dieux avaient fait leur bagage, sellé leurs montures, malgré la colère du Roi pour l'intérêt du monde d'où est revenu sa fille adorée, brisée par ce maudit chapeau de paille.

Le deuxième Âge d'Or allait renaître. Les bardes du monde d'aujourd'hui allait rechanter les exploits des héros qui partaient.

Et avec ce nouvel âge allait arriver… Vous vous doutez bien…

Une grande vague de piraterie !

To be continued.

Playlist(et les moments à accorder, sans trop de spoils)

Achilles come down – gang of youth – Prologue

Gom Jabbar – Hans Zimmer, BO « DUNE » - « TERRE, MON CAPITAINE ! »

Earth Melodies – Ekaterina Shelehova – approche de l'île

A Forest – The Cure – exploration de l'île

Song of storms – The legend of Zelda – L'Orchestra Cinématique – exploration solitaire de Sanji

Become the Beast-Karliene-Première rencontre avec le dragon

Narnia's Lullaby – BO « Le lion, la sorcière blanche et l'armoire magique » Athéna essaye d'obtenir ce qu'elle veut

Solitude – Felsmann + Riley reinterpretation – Caverne sous le château

Buckbeak's flight – Harry Potter BO – Premier vol à dos de dragon

Arms of the Ocean – BlackBriar – Début récit de Troie

A window to the past-Harry Potter BO – fin de récit Calypso sur la Guerre de Troie

No time for Caution – Hans Zimmer, BO « Interstellar »-Athéna apparaît. Début combat.

Thème du Fatalis Blanc – Monster Hunter BO – De l'aide arrive en combat

Warriors – Imagine Dragons – combat contre Athéna (deuxième partie, dans les airs)

Together – James Shearman, BO « Eragon » - Adieux

Wind of winter – Hans Zimmer, BO Game of Throne – Un nouveau départ

Traduction (désolé pour mon Grec qui date quelque peu. J'avoue avoir essayé de faire quelque chose avec les dictionnaires en ligne)

Péplos : littéralement tunique. Vêtement auquel on pense quand on s'imagine une personne en Grèce Antique. C'est cependant le par dessus, recouvrant une tunique plus fine.

Ichor : Sang doré des Dieux et apparentés. De nos jours, nom médical du pus. Tu parles d'une dégringolade.

Ela, Nero : Viens, eau.

Gynea Basileia, me voithisé… Hja, Gynea Basileia, me voithisé... oti ê thelisi as einai to oplo mou… Gynea Basileia… : Reine des Femmes, aide moi… Héra, reine des Femmes, aide moi… Donne moi une arme, qu'il en soit ainsi...