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Notes de l'Auteure :
Mon esprit va de plus en plus loin dans le Temps... Après mon voyage Temporel avec Charlie Pace, en 2005, ici, nous allons nous rendre en 2001 !
J'avais 11 ans et j'aimais beaucoup la série 'Le Caméléon'. J'avais un gros crush sur le 'méchant' Mr Lyle. (Rho, il n'est pas un méchant, à mes yeux...)
Allez savoir pourquoi, cette nuit j'ai cauchemardé sur ça !
Sauf que, moi j'ai vieilli, mais lui non. Du coup, nous avons le même âge dans ce songe.
Pour le titre, j'ai simplement pris la chanson qui a tourné dans mon Palais Mental sur le matin.
Oui, tous les matins, je me réveille avec une chanson dans la tête, et ce matin c'était :
'You Got Me (feat. Emma Daumas)'
Une vieille chanson, qui va très bien avec la thématique...
Retour vers le passé...
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« I'm dying inside, but I'm so ugly when I cry,
My makeup starts to run, then I'm not me no more,
I wonder how, we're gonna get through these hard times,
I wake up from a slumber, in a smile. »
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Comme tous les jours depuis ces trente dernières années, je me suis réveillée dans ma chambre, que dis-je, ma prison de verre.
Nous sommes à Blue Cove, dans l'État du Delaware, là où se trouve l'infâme 'Centre'.
Un bâtiment immense, tant par sa taille au-dessus du sol, que par celle en-dessous. Les dizaines de sous-sols secrets regorgeaient de projets tous plus atroces les uns que les autres.
'Projet Gemini'
'Projet Alpha'
'Projet Mirage'
Et j'en passe !
Cependant, une chose à savoir, mon codétenu et moi étions également un 'projet' pour Le Centre.
Le 'Projet Caméléon'.
Vous connaissez ? Non ?
Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire :
"Il existe des êtres doués d'une intelligence supranormale, des génies qui possèdent entre autres la faculté d'assumer n'importe quelle identité. En 1963, les chercheurs d'une entreprise appelée Le Centre ont mis en isolement un de ces êtres, un jeune garçon nommé Jarod et exploitèrent son génie pour des recherches secrètes. Mais un jour, le Caméléon leur échappa…"
Sauf que, vous l'avez compris, il n'y avait pas que Jarod...
Mais, moi aussi...
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Oui, nous nous étions enfuis pour goûter à la vraie vie, en dehors de Blue Cove.
Mais oui, aussi, nous avons été capturé à nouveau par Le Centre.
Jarod avait grandi avec Miss Parker, la fille du Directeur de l'établissement. Un lien fort c'était créé entre eux. Les émotions amicales se sont transformées en amour. Pourtant, Miss Parker ne pouvait pas laisser partir Jarod. Son rôle avait été, depuis des années, de le recapturer. Et, maintenant que c'était fait, elle faisait en sorte de le garder précieusement dans sa prison de cristal.
Jarod et moi avions à peine la trentaine passée.
J'avais la peau pâle, les cheveux longs coiffés en une grossière tresse dans mon dos, et je portais toujours la tenue réglementaire du Centre : Un T-shirt blanc, un pantalon blanc, des sous-vêtements blancs et des chaussures de la même couleur.
Miss Parker avait un frère, plus exactement un demi-frère, que tout le monde appelait : Mr Lyle.
Il avait lui aussi la trentaine, les cheveux aussi noirs que ceux de sa sœur, des yeux bleus magnifiques et un handicap étrange et visible. En effet, à cause d'anciennes représailles de ses vieux ennemis, Mr Lyle avait perdu un doigt, son pouce gauche en réalité, ce qui l'obligeait à toujours porter un gant de cuir sur cette main, pour ne pas choquer les gens qui le croisaient.
Enfin, les gens qui osaient le croiser ou l'approcher.
Parce que, Mr Lyle avait la réputation d'être un Monstre, un psychopathe sanguinaire et il haïssait Jarod de tout son Être...
C'était une chose que j'avais du mal à comprendre et à concevoir, car Mr Lyle était adorable et attentionné avec moi.
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« This face, it must be kept at all costs,
Like a statue in a window or everything is lost. »
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Mr Lyle passait souvent me rendre visite, en cachette, dans ma chambre. Une pièce qui n'avait de 'chambre' que le nom. Uniquement constitué d'un simple lit une place, aux couvertures blanches, d'un bureau avec de quoi écrire et une salle de bain. Des murs gris, sans aucune fenêtre.
Rien de plus.
Les femmes de ménage passaient récupérer mes vêtements sales pour m'en donner des propres, similaires en tout point aux précédents.
Mais, Mr Lyle m'offrait parfois ce dont le Centre me privait : des livres, du chocolat et des petits cadeaux que je pouvais cacher dans la salle de bain. Comme la fois où il m'avait offert une magnifique boule à neige au moment de Noël.
Noël que nous ne fêtions pas au Centre, évidemment.
Nous parlions de tout et de rien, il me donnait des nouvelles du Monde du dehors, puisque j'en étais coupé, mais aussi de sa vie à lui, solitaire et surtout de son père, le Directeur.
Mr Parker n'en avait que pour sa fille, et Mr Lyle le vivait, de toute évidence, très mal.
Au fil du temps, nous avons développé des sentiments, un peu comme ceux entre Jarod et Miss Parker. Pour nous, ce n'était pas si officiel, dans le sens où nous n'en parlions pas.
Nous profitions seulement.
Jusqu'à ce fameux jour...
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« Well hey you got me right where you want me,
Tu règnes sur ce qu'il reste de ma vie,
You knock me out, but you still haunt me,
Tu me hantes mais n'entends pas mes cris, tant pis. »
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Régulièrement, Jarod et moi devions faire ce que le Centre appelait des 'Simulations'.
Ils mettaient en scène un nouveau projet, une thématique spécifique, que nous devions résoudre en nous mettant à la place d'une personne, comme nous savions si bien le faire.
Jarod réalisait la plupart de ses simulations avec Sydney.
D'ordinaire, moi aussi, mais pas ce jour-là...
Non, ce jour-là, ce fut l'infâme Mr Raines qui décida de s'occuper de moi.
C'était un affreux personnage. À côté de lui, même un Zombie semble plus vivant !
Il avait le teint blafard, le crâne rasé et il traînait sempiternellement une bouteille d'oxygène derrière lui. Le grincement des roues me provoquait toujours des frissons. Des tubes en plastique reliaient la bouteille à ses narines, pour lui permettre de respirer et de rester en vie.
Malheureusement.
Si les gens étaient effrayés par Mr Lyle, ils craignaient encore plus Mr Raines. Ce psychopathe avait essayé de tuer la plupart des gens au Centre : Sydney, Mr Parker, Jarod et il avait d'ailleurs réussi à tuer la mère de Miss Parker !
Bref, un Monstre avec un grand 'M' et il était le patron de ma simulation...
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« Je dois me cacher derrière les barrières que tu as dressées,
J'ai appris à baisser les armes devant l'autorité,
On m'a souvent rappelé, que les batailles nous renforcent,
Moi je suis épuisée de frapper à ta porte. »
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J'étais seule dans le laboratoire de ce Mort-Vivant. Un endroit austère, obscur, rempli de matériel médical et d'une chaise de consultation, qui ressemblait plutôt à une table d'autopsie.
Le mur de la porte d'entrée était en réalité une vitre géante, donnant sur un couloir tout aussi angoissant que le reste de la salle. Ce qui permettait aux gens de voir la simulation en direct.
Mr Raines me fit allonger sur la table froide.
Au départ, il essayait de me Trigger en passant de vieilles musiques sur la radio, posée sur une table en acier inoxydable. Il ne fallut pas longtemps pour que cela fonctionne, en entendant certaines musiques et certaines notes, mon esprit commença à dissocier et à partir loin.
Dans un premier temps, et comme souvent, mon esprit s'isola dans mon Palais Mental pour distraire les Triggers. Mais, éventuellement, cela devint de plus en plus difficile et douloureux.
Un mal de crâne vrilla mon cerveau et j'ai plaqué mes mains sur ma tête, comme pour essayer de calmer ma dissociation.
Malheureusement, ce n'était pas au goût du Monstre à côté de moi, qui râla en ouvrant violemment un tiroir en métal devant lui. J'avais les yeux fermé, mais je pouvais l'entendre attraper un objet. Puis, il agrippa brutalement mon poignet droit et l'attacha aux bords de la table d'opération. Surprise, j'ai ouvert les yeux pour découvrir qu'il utilisait des liens de serrages autobloquants.
Je n'eus même pas le temps de protester, qu'il fit de même avec mon poignet gauche.
- Qu'est-ce que vous faites ? hurlais-je enfin.
Il râla derechef, sans répondre. Maintenant que j'étais attaché à la table, je ne pouvais pas bouger d'un centimètre, même en essayant de tirer sur les liens, jusqu'à m'en faire saigner les poignets.
Pendant ce temps, Mr Raines ouvrit un autre tiroir métallique pour en sortir des seringues et des flacons...
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« Well hey you got me right where you want me,
Tu règnes sur ce qu'il reste de ma vie,
You knock me out, but you still haunt me,
Tu me hantes mais n'entends pas mes cris, tant pis. »
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Ce fut au moment où il tenait le flacon à hauteur de ses yeux pour remplir la seringue, qu'une personne déambula dans le couloir. Je le reconnus de suite. Il portait un costume impeccable avec une chemise couleur parme, et son gant de cuir à sa main gauche trahissait son identité.
Lorsqu'il jeta un regard sur le mur vitré, il découvrit Mr Raines avec ses outils à la main, et moi attachée à la table, les yeux exorbités de terreur.
Forcément, il ne fallut pas plus de temps à Mr Lyle pour se jeter sur la poignée de la porte.
Sauf que, la porte en question, était verrouillée.
Mr Lyle frappa sur le battant, tandis que Mr Raines, impassible, planta l'aiguille dans le creux de mon coude droit.
Lyle tambourina de plus en plus fort, en hurlant :
- Raines ! Nom de Dieu, qu'est-ce que vous faites ?!
Sans lever les yeux vers lui, le Monstre avoua, naturellement :
- Une simulation.
Je commençais à sentir le produire étrange envahir mes veines et mon esprit. Ma tête tournait, tout paraissait flou et distant. Mr Raines attrapa un nouveau flacon, qu'il vida derechef dans la seringue.
Pendant ce temps, Mr Lyle fouilla les poches de son costume pour en sortir sa carte magnétique passe-partout. Une carte qui lui permettait d'accéder à tous les coins et recoins du Centre.
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« Well hey you got me right where you want me,
Tu règnes sur ce qu'il reste de ma vie,
You knock me out, but you still haunt me,
Tu me hantes mais n'entends pas mes cris, tant pis. »
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Mr Lyle s'apprêtait à se jeter sur Mr Raines, mais il se ravisa à la dernière seconde. Mr Raines avait l'aiguille profondément plantée dans ma veine et, un mauvais geste ou un mouvement brusque, pouvait entailler méchamment la veine et créer une hémorragie.
Le cœur de Mr Lyle rata un battement.
Son souffle se coupa et il murmura presque, dans une supplique :
- Raines... Qu'est-ce que vous lui injectez ?
- Cela ne vous concerne pas. Quittez le laboratoire, vous perturbez la simulation.
- Quelle simulation ?!
Mes yeux se fermèrent, tout devint de plus en plus flou et lointain. Heureusement, Mr Raines enleva l'aiguille de mon bras. Le nouveau produit coula dans mon sang. Mr Lyle en profita pour se jeter sur le Monstre. Il lui était simple de le pousser en le mettant presque K.O, tant Mr Raines était vieux et faible. Puis, Mr Lyle tenta de défaire mes liens. N'y arrivant pas à mains nus, il attrapa un scalpel se trouvant sur une table, pour couper le plastique.
Une fois fait, il me prit dans ses bras, tout en hurlant derechef sur Mr Raines, allongé sur le sol, à moitié assommé :
- Qu'est-ce que vous lui avez fait ?!
- J'ai seulement suivi les ordres de votre père... Mr Parker en a assez de voir ses deux seuls enfants fricoter avec nos deux seuls Caméléons...
Mr Lyle me serra plus fort dans ses bras et il essaya de me réveiller en me parlant et en criant mon prénom. Néanmoins, j'avais les yeux clos et l'esprit loin, très loin.
Dans le coaltar total, les étoiles et les galaxies m'enveloppèrent lentement...
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Puis, je me suis réveillée, groggy, à 4h.
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30.11.2022
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