Notes d'Auteur : Saaalut ! C'est ma première fanfic depuis un looong moment, le paysage dans ce fandom doit avoir tellement changé !... C'est un peu un exercice de reprise en mains, mais j'étais pas à moitié fière de mon style quand j'écrivais mes dernières lignes de 2021 ! Allons ! J'intervertirai le point de vue de deux persos principaux, car ici ça n'aime que l'écriture à la première personne. Et on commence par le PoV d'Écho ! Bonne lecture


Sept heures quarante et on a déjà fini de courir autour de Renouet.

Ludvina s'est arrêtée près de l'étang en face de sa maison, je l'entendais reprendre son souffle tout bas.

« J'n'aurais pas cru que ces Poichigeon seraient restés si longtemps sur la route ! Lui criais-je un sourire au coin des lèvres

— Ils savaient que j'allais pas aller leur marcher dessus ! À Renouet, même les Pokémon connaissent les habitants.

— J'imagine que c'est ça de vivre dans une commune au bout d'Unys.»

Je la voyais prendre un peu d'eau de sa gourde dans sa paume et se l'étaler sur le front. Il ne fait pas plus froid qu'hier, mais juste m'arrêter aujourd'hui me donne des frissons. Sa respiration se calmait, elle replaçait la petite gourde Axoloto dans sa banane entrouverte. Elle reposait ses yeux verts sur moi

« Toi ? Avoir froid ? On est pourtant assez habituées à courir à l'approche de l'hiver !

— Te moque pas ! C'est la vue qui me fait rester sur place !

— Oooh ? »

J'allais juste à côté d'elle, la partie de moi qui s'inquiétait avait du mal à garder sa place devant celle qui ne voulait que se satisfaire d'une première place courue d'avance.

« Essouflée ? demandais-je, essayant de tenir un rire à l'écart

— Je ne dois pas être en forme... »

Je l'inspectais rapidement de haut en bas, de l'eau brillante à côté de ses baskets jusqu'à l'eau qui perlait encore sur son front

« Toi ? Pas en forme ? Les gens qui disent ça n'ont pas la ligne d'un Milobellus !

— Encore faut-il la conserver... »

J'ai pas une mauvaise audition. C'est ni le vent, ni le froid, ni une parole susurrée qui va m'empêcher de comprendre que mon poisson a mordu à l'appât !

« Tu comptes faire quoi pour ça ? »

J'avais pas prévu d'être destabilisée quand elle relevait son regard si sérieux que sa visière couvrait, je mimais maladroitement le geste que je comptais faire, indiquant mes cuisses plutôt que mes flancs. Même là, je remarquais qu'elle avait considérablement étoffé l'affaire !...

« Je ne compte rien y faire. »

Toujours trop calme dans sa voix. C'était au-dessus de moi d'espérer pouvoir l'embarrasser. Ludvina est toujours droite, honnête.

« Pas même un régime ? j'essayais de combler une seconde de vide en trop

— Ça ne vient pas de ce que je mange. Je n'ai pas non plus changé mon rythme.

— Mais si tu n'y fais rien...

— On verra jusqu'où ça ira ! Je n'ai pas ta silhouette, pour commencer. »

C'est vrai que la comparaison est plutôt rapide, alors que je ne suis pas à plaindre...

« Tout compte fait, les Milobellus ont aussi des courbes prononcées... »

Si je l'ai pas dit assez fort, c'est que je l'ai pensé tout haut. Je voyais le sourire de Ludvina se décrocher, et quelques rires lui secouer la tête.

« Je m'en voudrais d'être la seule à ressembler à un Miobellus !

— Pourquoi ? Je ressemble à quoi moi ?

— Peut-être un Tartard ? Non ! Un Hyporoi, oui ! »

Je sentais bien que j'avais raté un truc en me coiffant pour aller la suivre, elle qui passe de moins en moins de temps devant les glaces !

« Tu peux vraiment me donner des Pokémon comme ça quand je te dis que tu es un Milobellus ?!

— Aaah ? Comment tu te vois alors ?

— T'as qu'à devenir un Lamantine et je resterai un Lakmécygne !

— J'aurais pas pensé être si proche avec Tartard.

— Un autre Pokémon ou l'Hypo-Écho aura tarpaud !

— Essaie-donc. Ça te dirait de sortir ensemble sur le Chenal 17 ? N'oublie pas de prendre de tes meilleurs Pokémon Eau ! »

Je m'arrêtais net. Elle m'a pas prise au sérieux du tout. La conversation avait dérapé, et elle l'arrangeait me proposant un rencard où l'on se battrait

« D'accord » je répondais à moitié hébétée

Ludvina est une dresseuse de Pokémon hors pairs. C'est incroyable. À sortir avec elle, je me rend bien compte qu'elle m'élève. Je vois son monde, à cette fille qui a traversé plusieurs régions, déjà, à peine plus vieille que moi de trois ans. Sa passion pour l'eau me fascine, et c'est là-bas qu'elle veut m'emporter, maintenant

proche de moi, sa main passant au-dessus de la mienne, sa frange qui m'effleure aussi rapidement que son baiser sur la joue.

« Maman va bientôt se réveiller. J'aimerais qu'elle n'ait qu'à s'asseoir ce matin encore ! »

Et son sourire imperturbable, tandis qu'elle filait encore dans les jupons de la femme la plus proche d'elle.