Notes d'Auteur : Pour ce chapitre, changeons un peu de point de vue. L'une des plus grande difficultés d'un dialogue, c'est de créer des voix différentes... Et comme je suis rouillée, il faut bien que je donne à Ludvina, une voix unique. C'est ma personnage préférée ! Pour ce chapitre, je relève le défi de créer une histoire unique sur un endroit d'Unys que j'ai déjà interprété et réinterprété mille fois dans mes trois fanfics sur Ludvina ! Enjoy~


Un rebond encore et je prends ce set avec un smash !

Le vent a emporté brusquement mon bras que je projettais déjà vers l'avant. La balle a fait un de ces bruits, et même Écho n'a pas pu réag–

Les lumières se sont éteintes. Je crois entendre la balle de tenis descendre lentement du filet. Il est si tôt pourtant.

« Je ne dois pas être habituée au changement d'heure. »

Je ne vois même pas Écho dans la nuit. Mes yeux sont pourtant bons pour s'adapter. En me rapprochant, je la trouvais courbée sur les volières qu'on avait installées, cherchant la balle au sol du bout des bras. Elle ne retournait pas même son visage quand j'arrivais près d'elle

« Elle aurait pu me faire mal celle-là. Je l'ai.

— J'ai le sac, donne moi ta raquette.

— Je ne pense pas pouvoir te donner ce point. Il faisait noir quand tu as tapé dedans.

— Je m'occupe des volières pour me faire pardonner ? Elles ne sont pas trop hautes et tu dois être fatiguée... »

Je voyais bien son bras trembler. C'est comme ça pour tous nos matchs amicaux. Je n'ai jamais eu le cœur de lui dire ça. Je préfère attraper la volière maintenant que tout est fini. Qu'on embêtera pas des Vaututrice qui volent durant la nuit au-dessus des terrains du Pont du Hammeau. On les a placées sacrément hautes pour éviter que la balle ne se retrouve dans la rivière, aussi...

Écho s'est accroupie pour reprendre son souffle. Quand le match se termine, c'est aussi la tension qui s'en va. Hop ! Ça a fini de rembobiner. J'imitais ma boudeuse

« Tu veux dormir où ?

— T'as pas un hôtel où m'emmener ?

— Eh bien, à vol d'oiseau, il y a certainement quelques hôtels ouverts à Janusia... »

Encore ouverts, mais à deux... Ça va limiter nos options. L'hôtel, c'est tellement plus intime que d'aller au centre Pokémon aussi...

Avec des fragments de lumières provenant des habitations, je remarquais un filet d'eau de la rivière. Comme Écho ne me répondait pas et que je la voyais mal avec ses vêtements de sport entièrement noirs, je me retrouvais à suivre le faisceau d'eau qui défile. C'est vrai que son sweat est sur un banc pas loin... Mais j'avais du mal à me décider. À partir le chercher.

Même mon Pokémon volant n'avait pas remué sa Poké Ball pour montrer qu'i était prêt à nous envoyer à Janusia. La seule chose que je sentais, c'était comment le vent froid de cette soirée d'automne vibrait plus loin, faisant des clapotis sur l'eau. Ou alors un Arakdo sur la rivière ? Le climat de l'automne leur est profitable.

Je m'étais assise près d'Écho. En soutien pour les sans-manches. Aussi pour celle qui n'en gagne pas. Elle avait coupé ses cheveux quand on a arrêté de sortir ensemble pour faire juste comme tout le monde. Depuis, j'ai du mal à la regarder en face dans ces moments. Avec la nuit, je ne voyais rien de ses yeux marrons, je ne voyais pas même les mouvements de son visage. Juste comment le vent traversait la queue de cheval moyenne qu'elle avait improvisée alors qu'on décidait de jouer ce match.

Culbutant un peu son épaule avec la mienne, je m'assurais qu'elle faisait un peu attention à la femme qu'elle avait laissée sur le quai. Écho est trop timide pour parler ouvertement de ce qu'elle pense, même avec moi. Heureusement, mon ouïe est toujours bonne

« Tu as peut-être froid

— Je ne sens plus grand chose d'autre que mon épaule. Mais je peux rester comme ça pendant des heures si tu me soutiens.

— J'attendais que tu sortes ton Pokémon Vol, aussi. Tu me promet l'hôtel et puis tu t'arrêtes de bouger comme ça !

— Je me suis perdue en regardant l'eau filer.

— Oui... Une excuse de Ludvina. »

… Qui marche, je pense. Écho devait regarder la même chose que moi. Deux Muciole volettent juste en-dessous du pont. Une camaraderie qui s'écarte de la saison des amours où elle devient compétition. En fait, ça doit être grâce à leur Lumiqueue que l'on peut voir passer sur l'eau un ou plusieurs Arakdo. Je n'ai pas réussi à savoir combien ils étaient. Enfin. L'idée de camaraderie et de compétition me faisait soupirer.

C'était ma joue que j'accollais à celle d'Écho maintenant. Elle est vraiment froide. Je ne la faisais même pas bouger, elle soupirait si lentement que je l'aurais mal entendue si j'étais plus loin

« Ça t'a rendue plus forte de te retrouver dans le feu de Reshiram ?

— Non. La responsabilité qui vient avec m'a même rendue trop faible pour la partager.

— Pourtant je suis supposée avoir ma part maintenant. »

Oui. Mais je n'ai pas apporté ma chaleur à moi à celle qui la demandait.

Le matin revenu, nous avons courru jusqu'en dessous du Pont du Hammeau depuis Janusia. Les Muciole, les Arakdo, tous étaient parti. J'avais l'impression que sans rien voir sur l'eau, je ne savais plus la regarder correctement. En descendant la région, je remarquais le froid se faisant de plus en plus insistant, les Obalie qui avaient de l'avance et les Haydaim qui perdaient leur pelage d'automne.