Plop bonsoir !
Le troisième chapitre est là, alors bonne lecture !
DISCLAIMER : Seul le scénario m'appartient
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Arc I
III. La Famille Evans
Lily observe la neige tomber avec un rire cristallin, les mains contre la fenêtre ; Pétunia somnole en silence contre l'épaule de sa jumelle.
John Evans a les yeux qui brillent alors que son épouse ajoute une guirlande au sapin de Noël. Peut-être devrait-il l'aider à décorer l'arbre pour allumer plus vite des étoiles dans les yeux de ses filles.
John n'aime pas son épouse. Leur mariage est un accord tacite ; elle ne lui doit rien, si ce n'est sa discrétion lorsqu'elle le trompe – peut-on même parler de tromperie alors qu'il n'y a qu'un contrat entre eux ? – et lui gagne un certain respect dans leur petite communauté.
John ignore pourquoi, mais il est persuadé que c'est important.
Pétunia bâille et s'extirpe de son sommeil, avant de se tourner vers lui avec un sourire. Lily l'imite ; John oublie aussitôt ses inquiétudes.
Tunia joue avec les pattes de son ours en peluche qu'elle serre contre elle ; Lily a le sien sur ses genoux. John peste souvent contre ces fabricants de jouet qui lestent les peluches pour qu'elles puissent être mises assises. Il ne doute pas un seul instant que Lily et Tunia ne tarderont pas à les lui tendre pour qu'il les porte à leur place. John n'en est même pas fâché. Il ne peut rien leur refuser. Que ne ferait-il pas pour savoir ses enfants heureux ?
— Papa !
Lily lève les bras vers lui, quémandant silencieusement qu'il la prenne sur ses genoux.
Un soupir. Si prévisible et pourtant, il ne peut s'empêcher de sourire alors que Lily a toutes les étoiles de l'Univers dans les yeux.
John tend ses mains pour se saisir de Lily, puis de Tunia pour qu'il n'y ait pas de jalousie entre elles. Leurs peluches oubliées sur l'assise de la fenêtre, elles se serrent contre lui pour un câlin. Il passe une main dans leurs cheveux, attendri, et hume doucement une chanson dont il a oublié les paroles.
— Tiens, je ne connais pas cette mélodie. C'est une berceuse ?
John cligne des yeux à la question de Marie, puis hausse les épaules. Il l'ignore ; il se souvient seulement qu'un ami cher la chantonnait, il y a longtemps, lorsqu'ils étaient encore enfants et innocents. Son visage est effacé dans sa mémoire et des sentiments contraires le traversent, comme une flèche empoisonnée.
Colère et chagrin. Trahison et tendresse.
Cet ami n'en est plus un depuis longtemps.
Un soupir échappe à John alors que son cœur se tord en silence. Il a oublié, vraisemblablement, pourquoi cette mélodie a un goût de regret.
Il ne la chantera plus, sûrement.
Peut-être. Lily la réclame déjà à nouveau de ses grands yeux verts et de son sourire si beau qu'il brille comme le soleil. John peut bien souffrir un peu pour ce sourire.
Il ferme les yeux et se remet à humer, alors que la neige cesse de tomber.
John Evans tapote une valse à quatre temps sur le dos de la montre à gousset accrochée à son pantalon et pourtant depuis longtemps cassée.
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