Hey !
Et voilà une nouvelle histoire ! Elle sera plus court que Danser avec le Diable, et je compte la poster le temps de reprendre de l'avance sur cette dernière. En attendant, j'espère que ça pour plaira !
Cette fois c'est du canon (du post canon, plus précisément). C'est toujours du Asra Julian parce que OTP, et au niveau des thèmes (et TW), ça va tourner autour du deuil et du trauma (principalement ceux que le jeu implique).
(Aussi, je poste le lundi parce que le moins de Novembre et du Nano n'est qu'une longue suite de retard, maiiiiis normalement les chapitres devraient être postés tous les Dimanche !)
Merci à Ya pour sa relecture !
Bonne lecture à vous !
Au réveil
.
C'est le matin, ou bien le soir. Julian a encore du mal à faire la différence. Quand le ciel et le sable partagent cette même couleur rose orangé, le temps s'efface. Les nuages sont des dunes et les dunes une brume diffuse au loin, que le vent disperse.
Tiré d'un sommeil sans fin, le médecin se redresse et s'étire. Son dos se courbe, ses bras craquent, ses épaules maigres roulent sous une fine couche de peau qui trahit les formes étriquées de son corps. Près de lui, la couverture se soulève doucement.
Julian se tourne, sourit. A cette heure, Asra dort encore. Ses boucles blanches éparpillées sur son oreiller comme un millier d'écumes, il garde contre lui ses bras, au creux desquels se love un serpent rose. Son visage repose en paix sur le tissu clair, découpé par une lumière. Un morceau de jour qui le berce.
Il tend la main vers son minois, attendri.
Non. Il pourrait le réveiller.
Plutôt que de troubler son compagnon, l'éveillé s'extirpe des draps dans un silence soigneux. Ses pieds nus retrouvent la terre ferme de la maison de pierre, décorée d'une fine couche de sable. Ils ont beau balayer, le souffle extérieur leur en ramène toujours par les fenêtres grandes ouvertes. Asra lui a dit de ne pas s'en soucier, mais Julian ne peut pas s'empêcher de… Enfin.
Habillé, il gagne la cuisine et ouvre les placards fraîchement remplis. Asra est revenu hier de son petit voyage vers la ville. Il a ramené tout ce qu'il leur faut. Puisqu'il a l'embarras du choix, il attrape une tablette de chocolat et une bouteille de lait d'il ne sait quel animal. Il tire le rideau, tourne son regard vers l'horizon mêlé. Peu à peu, la lumière du jour éclaircit le paysage.
L'entre deux figé s'efface.
A Nopal, les matins sont paisibles. Rien à voir avec le bruit de Vesuvia, qui ne s'éteint jamais. Là-bas, il y a toujours un marchand ambulant, un enfant qui joue, un messager dépêché pour crier dans les rues le dernier arrêté que le Comte a dicté. L'ombre des maisons les plus hautes vole la lumière aux autres. Ici, la fenêtre offre un champ de sable infini, un vent frais et une chaleur encore tendre que l'ombre apaise. Il n'y a pas de voisins, pas de ville proche. Des visiteurs, parfois. Mais ça fait un moment que Julian n'en a pas croisés. La plupart du temps, ce sont des gens qui viennent chercher l'aide d'Asra. Ses pouvoirs sont précieux, ici, et le magicien ne demande jamais rien en retour.
— Déjà debout ?
Le rouquin sursaute.
— Oui, je… Err…
Il ne l'a pas entendu arriver, mais Asra se tient pourtant devant lui, dans l'encadrement de ce qui aurait été une porte, s'ils avaient installé un battant. Ses yeux brillent d'un un rire secret alors qu'il s'approche.
— Enfin, en l'occurrence, je suis plutôt assis. Mais je suppose qu'on peut dire ça.
— Ilya.
— Quoi ? C'est toi qui a dit que-
— Chut.
Le galopin appuie un doigt sur sa bouche, puis ses lèvres sur les siennes.
— Pas de si bon matin.
Il l'entend rire. Un scintillement qui coule hors de sa bouche alors qu'il vient s'asseoir près de lui, ses jambes croisées sous la table. Julian sourit bêtement.
Pas d'humour douteux si tôt, il retient.
— Il fait bon. On pourrait s'occuper du jardin, il lâche au hasard.
On ne peut pas vraiment appeler ça un jardin, mais depuis une semaine qu'ils sont arrivés à Nopal, Julian s'affaire derrière la maison. Il plante - tout du moins essaie - des spécimens dans un petit carré de terre qu'il a travaillée, là où l'ombre reste le plus longtemps. Ce sont des espèces qui ne poussent qu'ici et qui donnent des fruits chargés d'eau au goût étrangement familier.
— On pourrait.
Le ronron d'Asra lui tire des frissons.
— T'as autre chose en tête ?
— Peut-être bien.
Ses mirettes mauves passent sur lui comme un courant d'air. Il tend sa main sombre vers le panier de fruits et Julian le regarde saisir une sphère bleue dont il ne connaît pas le nom. Ses gestes sont délicats alors qu'il en enlève la peau épaisse. Une odeur acide d'agrume s'en échappe. Les dents blanches de son partenaire se referment d'un coup sur la chair pleine de pulpe.
S'il l'embrasse maintenant, est-ce qu'il pourra goûter au jus qui coule dans sa gorge ? D'y penser, il se lèche les lèvres. Puis il se souvient de cette même bouche collée contre son cou, la veille, et il détourne le regard. Oh, il ne devrait pas penser à ça.
— J'ai le droit de savoir ce que c'est ?
— Non.
Julian se mord la lèvre. Il s'imagine des choses, quand on lui dit ça, et Asra le sait. Asra le fait exprès. En témoignent les lucioles dans ses yeux.
Le vent qui se lève entre par la fenêtre. Julian le sent sur sa peau, qui passe et s'en va par l'entrée. La chaleur monte doucement, mais le souffle du désert de Nopal les protège, pour l'instant.
Oui, il pourrait jardiner. Fouiller la terre granuleuse, planter et observer. Il faudrait qu'il s'occupe du puits aussi, et… Et il y a tant à faire ici.
Un travail qui ne presse pas, n'implique pas la vie des autres. Julian a perdu l'habitude.
La main d'Asra trouve la sienne, sous la table.
— Tu déjeunes sans café ? il le taquine.
— Hein ? Non, moi ? Jamais. Je vis pour le café. C'est… je comptais en faire, justement. Tu en veux ?
— Docteur Devorak qui oublie son café. Est-ce que je dois commencer à m'inquiéter ?
— Tu interprètes mal la situation.
Il se moque de lui, hein ? Le fourbe. Julian adore ça.
— J'ai juste… Décalé la prise.
Il embrasse sa main avant de se lever.
— Alors ? Tu en veux ?
Asra secoue la tête. Parfait, il aura la cafetière pour lui tout seul.
Voilà. Pour l'instant c'est tout doux tout léger, on pose le décor. (C'est plus fluff que les derniers chapitres de Danser avec le diable, aussi.) A voir ce que la suite vous réserve ? Pour ça, il faudra attendre la semaine prochaine !
A plus !
