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Notes de l'Auteure :
Malgré l'histoire 'originale' que j'ai écrite hier 'Nos Courant Électriques' avec les deux Frankensteins, cette nuit n'avait rien à voir avec tout ça...
Comme souvent, nous allons sauter dans le Temps et changer de Timeline.
Pour la chanson, je vais utiliser 'Holiday' de Green Day.
Seule ma sœur pourra comprendre la référence et comprendre pourquoi.
Aussi, tout le cauchemar et tous les dialogues étaient en Anglais dans mon songe (Puisque je vis en Irlande, je parle Anglais) mais, forcément, je vais tout traduire ici...
Ici, je vais parler de 2 choses, 2 sujets dont je ne parle jamais...
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« Hear the sound of the falling rain,
Coming down like an Armageddon flame,
The shame, the ones who died without a name. »
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Je n'aurais pas dû retourner sur ce lieu maudit. Ce lieu m'a violemment Triggered, mais je voulais voir ce qu'ils avaient fait de l'endroit où j'ai grandi, de mes souvenirs d'enfance.
Il faisait gris, ce jour-là, le ciel commençait à pleurer sur moi. Ils avaient tout démoli pour reconstruire par-dessus. Comme si détruire les bâtiments originaux pouvait effacer l'horreur de ce funeste jour.
Désormais, cet endroit ne ressemblait plus beaucoup à mes souvenirs d'enfance.
Certes, ils avaient mis des maisons, plein d'habitations pour les familles.
J'ai sauté par-dessus le portail en fer forgé, fermé à clef. Les jardins ne ressemblaient plus du tout à ceux que j'avais connus.
Sans parler de ces deux couleurs atroces et criardes : tous les bâtiments avaient une peinture bicolore rose et bleu 'TARDIS'. Ce que, personnellement, j'appelle 'bleu TARDIS' est le même bleu que le fameux TARDIS du Doctor. Tout simplement.
Sur des façades des demeures, ce n'était pas très joli.
Automatiquement, je me suis dirigée vers la maison du milieu. Le temps se dégradait, ma robe noire s'était déchirée sur le grillage et ma longue tresse, désormais mouillée par la pluie, collait dans mon dos. J'ai ouvert la porte pour entrer directement à l'intérieur sans frapper, comme j'avais toujours eu l'habitude de faire.
La chaleur à l'intérieur de la maison et les lumières vives me firent mal aux yeux sur le moment.
Lorsque le temps d'adaptation est passé, j'ai pu découvrir la demeure... Qui ne ressemblait plus à celle de mes souvenirs. La maison était immense, sur plusieurs étages, avec des lampes aux lumières tamisées qui rendaient l'endroit presque hanté.
Ce qui était le cas, en réalité.
Il y avait du monde. Beaucoup de monde, vêtu entièrement de blanc, comme des Médecins.
Mes Triggers ont été de plus en plus forts et violents et j'ai senti mon esprit partir.
Je suis tombée raide, sur le sol en carrelage froid et j'ai vu des millions d'étoiles et de galaxies.
J'ai pensé à Perceval, lui qui rêvait de voyager dans l'espace...
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« Hear the dogs howling out of key,
To a hymn called "Faith and Misery",
And bleed, the company lost the war today. »
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C'était une sensation étrange, j'avais les paupières closes, mais j'entendais tout sans pouvoir bouger. Allongée sur le sol, mon corps ne me répondait plus, pourtant, je pouvais entendre et sentir les Docteurs et les Infirmières courir vers moi. Ils hurlaient des ordres pour apporter une civière, pour attraper un chariot de premier soins afin de m'administrer des médicaments. Un groupe entier était aux petits soins sur moi, me prenant délicatement pour me poser sur la civière, en me perfusant le bras gauche, essayant de me réveiller. Mon corps ne répondait toujours pas, j'étais pourtant là, je criais dans ma tête et j'entendais tout ce qu'ils disaient.
Je ne pouvais juste pas parler.
Un Docteur comprit que j'étais dans un état catatonique avancé et qu'ils devaient m'emmener dans une chambre de l'hôpital en attendant que je revienne.
Ce qu'ils firent.
Mon corps ne bougeait tellement pas, que je sentais mes membres s'engourdir.
Des Infirmières m'installèrent dans un lit une place, petit mais moelleux, avec plusieurs coussins, dans une chambre plongée dans une semi-obscurité aux lumières tamisées.
Elles me couvrirent de plusieurs duvets chauds et j'avais des dizaines de tubes en plastiques qui partaient de mon bras et de mon torse jusqu'aux perfusions sur ma gauche, à côté de la table de chevet.
Je ne saurais dire combien de temps je suis restée ainsi, mais éventuellement mon esprit a regagné mon corps. Avec difficulté, car j'avais des fourmis dans mes membres, j'ai pu reprendre le contrôle de mon corps en bougeant petit à petit.
Je n'arrêtais pas de triturer tous les tubes en plastiques qui me gênaient dans mes mouvements, lorsqu'un Infirmier est entré dans ma chambre pour vérifier que j'allais bien.
Il me sourit et il me parlait comme si nous nous connaissions, comme si ce n'était pas la première fois que je me retrouvais dans cet hôpital.
Il jeta un coup d'œil sur les lignes vertes du moniteur électrique et sur les perfusions, tout en m'expliquant :
- Tu risques d'avoir une petite amnésie rétrograde.
Devant mon air perdu, il me sourit, mais rajouta néanmoins :
- Ah et... Il n'y a rien dans la chambre et dans les soins que tu puisses utiliser pour tenter de te suicider à nouveau.
Euh... Quoi ?
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« I beg to dream and differ from the hollow lies,
This is the dawning of the rest of our lives,
On holiday ! »
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Je n'eus pas le temps de lui demander ce qu'il voulait dire, car il reprit la parole, toujours en me souriant :
- Tu as deux visiteurs, au fait. Ils arrivent.
Puis, l'Infirmier quitta ma chambre.
Tout juste deux minutes plus tard, un homme entra dans la salle.
Il souriait, lui aussi.
L'inconnu était plutôt grand, les yeux bleus, les cheveux poivre et sel, un peu embonpoint et il se plaça à ma gauche, en me demandant :
- Hey, Ali, tout va bien ?
Complètement perdue, j'ai répliqué :
- Qui êtes-vous ?
Sans quitter son sourire, l'homme reprit :
- Ah, oui, pardon, les médecins nous ont dits que tu risquais d'être amnésique un petit moment. Tu ne me reconnais pas du tout ?
Je l'analysai des pieds à la tête, en chuchotant presque :
- Je... Tu me sembles familier, oui. Mais, je n'arrive pas à mettre un nom...
Il sourit derechef, en lâchant :
- Liam ! Je suis Liam, tu sais, notre groupe 'DriveShaft' et la chanson 'You all everybody' !
Il commença à chantonner et mon cœur rata un battement.
J'ai tendu mon bras vers lui, le souffle coupé, il chantait et souriait, mais je lui ai agrippé le poignet, en disant, le cœur au bord de l'infarctus :
- Oh mon Dieu... Oh mon Dieu... Mais, alors... Charlie... ?
Toujours aussi joyeux, Liam m'informa :
- Oh, il arrive. Il parle aux Docteurs et il arrive.
Ma gorge se serra, mon souffle se raréfia, je n'arrivais plus à bien penser :
- Quoi... ? Charlie... Charlie est vivant ?!
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« Hear the drum pounding out of time,
Another protester has crossed the line,
To find the money's on the other side. »
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Malgré ma question étrange, Liam me répondit joyeusement :
- Euh, bien sûr que mon frangin est vivant, sinon tu serais veuve !
Il posa son regard sur ma main gauche et je découvris, à mon annulaire, un anneau en or.
Je n'arrivais déjà plus à respirer, lorsqu'un autre homme entra dans la chambre. À peine plus petit que Liam, il était très fin, les yeux tout aussi bleu, les cheveux blonds et en bataille et une fine barbe lui rongeait le visage. Il portait une chemise blanche, un foulard noir et un manteau de la même couleur. Tout naturellement, il se dirigea vers moi, pour me demander, inquiet :
- Tout va bien ? Les toubibs m'ont dit que tu as fait un malaise !
J'ai attrapé les mains de Charlie, mon cœur tambourinait dans ma poitrine, j'avais le souffle coupé et je devais m'ancrer pour comprendre ce qu'il se passait :
- Mon Dieu... Tu... Tu es vivant !
Liam se pencha vers son frère, pour lui chuchoter :
- Elle est en boucle sur ça depuis tout à l'heure...
J'ai tiré Charlie vers moi et j'ai pris son visage entre mes mains.
C'était réel.
Il était réel.
Puis, je l'ai embrassé.
Passionnément.
Amoureusement.
Langoureusement.
Un long moment.
Éventuellement, Liam toussota pour nous rappeler de sa présence en ce lieu.
Charlie sourit, pensant que j'agissais ainsi à cause de mon amnésie.
Mais, non.
Je devais tout leur expliquer. J'avais une théorie, plutôt probable, sur ce qui était en train de se passer...
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« Can I get another amen ?
There's a flag wrapped around a score of men,
A gag, a plastic bag on a monument. »
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Je m'embourbais dans mes tubes en plastiques qui me reliaient aux perfusions, mais je réussis à m'asseoir sur le bord du lit, pour faire face à Charlie, assis à côté de moi, et son frère sur sa gauche.
Je pris une profonde inspiration, avant d'entamer :
- OK, je crois savoir ce qu'il se passe... C'est à cause d'un Cosmic Event...
- Un... Cosmic Event ? reprit Liam, perdu.
- Yes ! Charlie, nous nous sommes crashés sur l'île en 2005, n'est-ce pas ?
Il tiqua, en maugréant :
- Comment l'oublier...
Liam rajouta :
- Vous avez encore des Troubles de Stress Post-Traumatiques, à cause de ça ! Au moins, l'argent de dédommagement de la compagnie aérienne nous a permis de relancer 'DriveShaft'.
J'ai secoué la tête et j'ai joint mes mains pour m'exprimer à travers des gestes, en reprenant :
- OK, imaginez le Temps, la Temporalité, comme une ligne droite...
Ligne que j'ai créée dans l'air, devant eux, en continuant :
- Sur cette ligne, Charlie et moi, nous nous sommes crashés en 2005, d'accord ? Nous sommes tombés amoureux et tout le reste.
Charlie sourit, mais je continuai :
- Maintenant, en Janvier 2007, il y a eu quelque chose... L'assassinat de mon père...
- Je sais... s'enquit mon mari. J'étais là, à l'enterrement.
Je secouai la tête :
- Non... Car, la mort de mon père a créé un Cosmic Event. Un événement si traumatique et désastreux, que ça a déchiré ma Timeline. Ainsi, une seconde Ligne Temporelle s'est créée sur la première...
Ce que j'ai essayé de mimer avec mes mains, en reprenant :
- Je suis restée sur cette ligne, tandis que Charlie est resté sur l'autre. Et, dans ma Temporalité, Charlie est mort... Tu es mort sur le bateau de Desmond, en Juillet 2007...
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« The representative from California has the floor,
"Sieg Heil" to the president Gasman,
Bombs away is your punishment,
Pulverize the Eiffel towers,
Who criticize your government. »
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Charlie tiqua et prit mes mains dans les siennes, en rappelant :
- Alisone, nous étions tous les deux sur le bateau de Desmond... Tu m'as sauvé la vie en ouvrant la cabine avant que je ne me noie...
- Non, Charlie... J'étais à l'hôpital, comme maintenant... Et j'ai seulement pu assister à ta mort, sans pouvoir t'aider, ni pouvoir te sauver...
Liam se mit à rire, pour essayer de détendre l'atmosphère :
- Alisone, je crois que ton amnésie et ton malaise te jouent des tours.
Charlie perdit son sourire, tout en plongeant son regard dans le mien :
- Depuis tout ce temps... Mon Dieu, 15 ans... Tu es dans une autre Timeline depuis 15 ans ?!
- Et j'ai eu d'autres Cosmic Event depuis. Ma Timeline actuelle ressemble à des ramifications d'un vieil arbre ! Le dernier Cosmic Event remonte à 2017 et c'est la raison pour laquelle, dans ma Timeline de 2022, je suis en Irlande, avec Mick... Et non pas en Angleterre, avec toi, Charlie... Même si, crois-moi, je le souhaite de tout mon cœur... Tu as été le premier... Le premier de tout, tu sais. Ma famille n'en pouvait plus... J'aurais voulu que tu sois le dernier, aussi...
Une larme coula le long de la joue de Charlie.
Derechef, je l'ai embrassé. Ça faisait si longtemps...
15 ans... Nom de Dieu !
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« "Bang! Bang!" goes the broken glass, and,
Kill all the fags that don't agree,
Try to fight fire, setting fire,
Is not a way that's meant for me. »
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J'ai entendu un bruit étrange depuis la fenêtre de ma chambre. Je me suis levée, avec l'aide de Charlie, pour jeter un coup d'œil dehors. Le ciel gris éclairait à peine le goudron du chemin bétonné. Pourtant, là, j'ai vu un énorme robot familier et j'ai commencé à paniquer :
- Nom de Dieu, mais c'est un Dalek ! C'est une catastrophe ! Ils vont nous tuer !
Charlie et Liam se jetèrent un regard interrogateur, puis mon mari me rassura du mieux possible :
- Non, non, non, non, Ali, tout va bien. Les Daleks sont de simples robots de nettoyage, c'est tout.
Je tremblais dans ses bras, en comprenant :
- Quoi ? Genre... Ils balayent et nettoient le sol, c'est tout ?
Liam rit, en badinant :
- Bah ouais, qu'est-ce que tu veux qu'ils fassent d'autres ?
Un mal de tête commença à vriller mon pauvre crâne, lorsque j'ai expliqué :
- Euh... En 2012, j'ai voyagé dans le Temps et dans l'Espace, avec le Docteur... Et les Daleks sont... Étaient, d'horribles robots qui ont détruit la planète Gallifrey. Ils hurlaient 'EXTERMINATE' avant de lancer un rayon laser depuis leurs tubes de métal pour tuer quiconque sur leurs passages...
Charlie me prit dans ses bras, tandis que Liam perdit son sourire, en avouant :
- Alisone... Ta Timeline est vraiment pourrie...
Ouep... Je confirme !
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« Just 'cause,
Just 'cause, because we're outlaws ! »
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Une fois de plus, j'ai senti mon esprit partir loin. Je sentais que la Timeline se refermait sur nous. Je ne pouvais pas rester aussi loin et aussi longtemps d'un Cosmic Event. Même si Charlie me tenait de toutes ses forces pour ne pas que je disparaisse, je savais que je commençais à rejoindre ma Ligne Temporelle.
J'ai embrassé une dernière fois Charlie, un baiser que nous avons attendus 15 ans, puis j'ai dit :
- Tu sais, parfois, j'ai l'impression que nous n'avons jamais quitté l'île...
Les étoiles et les galaxies ont commencé à m'engloutir et mon esprit commençait à se retirer de cette étrange dimension. Je me suis sentie agrippé et tiré par une force cosmique suprême, loin de Charlie et loin de ce que ma vie aurait été, sans le premier Cosmic Event...
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« I beg to dream and differ from the hollow lies,
This is the dawning of the rest of our lives,
I beg to dream and differ from the hollow lies,
This is the dawning of the rest of our lives,
This is our lives on holiday ! »
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Puis, je me suis réveillée...
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28.11.2022
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