Hey !

Et voilà avec un peu de retard la dernière partie de cette histoire.

C'est une idée que j'avais en tête depuis que j'ai commencé à jouer à The Arcana (ça m'est venu en voyant la mauvaise fin d'Asra), je suis content d'avoir pu la concrétiser ! (Et d'avoir trouvé la foi de relire tout ça. C'est fini. Joie)

Merci à Ya pour sa relecture, et bonne lecture !


Epilogue

.

Il fait chaud contre son épaule. D'abord, Julian croit que c'est le soleil qui s'est taillé une place dans le lit, comme ça arrive quand il reste trop longtemps alangui. Mais les rayons contre sa peau bougent et il reconnaît l'odeur de jasmin flottante. Ce parfum qui n'appartient qu'à Asra.
Sa peau, contre la sienne, serrée dans la lueur du matin.

Il ne bouge pas tout de suite. Rien n'est plus séduisant ni pernicieux que le calme frais d'une journée à Nopal. Le sable chante au loin, le vent passe par la fenêtre et Julian ne s'est pas senti aussi bien depuis… Longtemps.

Les muscles détendus comme après une longue course, il savoure le bien-être délicieux qui le garde au lit. Il pourrait passer sa vie ici – et peut-être qu'il le fera. Maintenant qu'il n'a plus à penser au futur et aux malades, oui, maintenant que la vie a retrouvé son chemin…

Il profite les yeux fermés. Puis l'appel du jour dissipe la brume qui l'engourdit, et il se lève. Il repousse doucement le bras d'Asra, caresse au passage sa peau délicate. Ses doigts refont la forme tendre de sa joue. Il remonte la couverture sur ses épaules. Ce n'est pas comme s'il faisait froid, mais il a brusquement envie de prendre soin de lui.

Dehors, le soleil éclaire un jour mauve. Le violet sombre du sable lui donne envie d'y plonger les pieds. Ilya tend la main pour effleurer une des libellules qui se baladent dans le coin, mais la bestiole s'échappe et volette près d'une de ces drôles de méduses flottantes qu'Asra affectionne tant.

C'est beau et étrange tout en même temps. Un jardin de sable et de merveilles. Julian les trouve intriguantes, ces formes phosphorescentes qui se baladent autour du cottage. Il ne désespère pas d'en attraper une un jour pour pouvoir l'étudier. Les connaissances sur la faune du désert sont minces. Il pourrait écrire un livre dessus. Oui, un livre qui ne parlera ni de mort ni de maladie, mais de cette diversité riche que les villes alentour ne soupçonnent pas.

Au loin, un soleil blanc se lève sur les dunes.

— Je ne comprendrai jamais pourquoi tu te lèves aussi tôt.

La voix d'Asra le tire de son petit monde. Il se tourne pour admirer ses grands yeux. Le magicien le suit toujours comme une apparition. Il s'avance et contourne la table, ses pas effleurant le sol comme s'il y flottait.

— Je ne dors pas. Je fais juste semblant, le docteur plaisante.

— Ça expliquerait les crevasses sous tes yeux.

— Tu n'as pas l'impression d'exagérer ?

— Au contraire.

Asra s'appuie contre lui. Le tissu fluide sur ses bras glisse et dissimule ses mouvements. Julian écarterait bien les pans de sa robe, juste pour le plaisir de sentir son torse contre le sien. Sa peau chaude, palpitante.

— À quoi tu pensais ? il lui demande, en l'observant sous ses cils blancs.

— À ces trucs dehors.

Il se tourne et les désigne.

— Ça.

Des animaux, des insectes ? Des petites choses étranges qui brillent ?

— Tu veux encore les disséquer ?

— J'aimerais comprendre comment elles fonctionnent.

— Laisse-les tranquille, Asra rit. Elles sont là, ça ne te suffit pas de le savoir ?

Non, et c'est une conversation qu'il préfère reporter. Ils l'ont eu trop de fois.

Du bout des doigts, il caresse la tempe d'Asra. Il se penche pour l'embrasser.

— Ilya ?

— Oui ?

Ses cheveux lui chatouillent le menton.

— Je dois rentrer à Vesuvia pour m'entretenir avec Nadia. Ce sera sûrement l'affaire de deux jours.

— Nadia ?

Le médecin tique. Le nom lui dit vaguement quelque chose, mais il n'a pas d'image à mettre dessus. Asra l'a sans doute évoquée au cours d'une conversation qu'il aura oubliée.

— C'est une amie à toi ?

Un nuage passe. Sur le visage de son amant, les couleurs virent au gris. Il détourne le regard pour mieux appuyer sa tête contre son épaule et c'est le cœur d'Ilya qui s'alourdit. Est-ce qu'il a dit quelque chose qu'il ne fallait pas ?

— On peut dire ça.

— Eh, Asra ? Ça va ?

— Oui.

Mensonge. Julian sent d'ici toute sa déception. Il a dû oublier un truc important comme un anniversaire, ou… Oh, il est toujours nul avec les dates.

— Désolé. Je suis stupide, j'ai-

— Chut. Tu n'y es pour rien.

Il sent ses bras se serrer autour de sa taille.

— J'ai juste fait un mauvais rêve.

Un mauvais rêve. Oui, sans doute. C'est vrai que ça lui arrive souvent. Julian en fait aussi. Des souvenirs qui se taillent une place dans le creux de sa nuit. Il se réveille en sueur, et il se laisse bercer par les murmures protecteurs de son partenaire.

— Je comprends.

Il se penche pour embrasser son front. Il est aussi bon docteur qu'il est nul en réconfort, mais il veut qu'Asra sache qu'il est là. S'il a besoin d'une épaule, d'une main, d'une voix, il les lui donne sans condition.

— C'est fini, il lui dit tout bas.

Il répète ces trois petits mots contre son oreille, sa main passée dans ses cheveux. Il les chante après un long baiser. Encore. Et encore. Et encore. Comme une formule magique qui éloigne le passé.

C'est fini.

Un jour, ils finiront par s'en convaincre.


Et voilà. (c'est un peu triste)

(D'ailleurs, désolé pour le retard. Oups.)

Du coup, la publication de Danser avec le diable reprend Dimanche prochain ! J'espère que la deuxième partie vous plaira c: (j'ai réussi à prendre de l'avance, quel exploit.)

À la prochaine !