Elfe Bêta : Mokonalex
Elfe assistante : Mirabelle31
Note de l'auteur : Attention, le site Fanfics en Folie où je publie habituellement mes chapitres non censurés va fermer définitivement bientôt. Par conséquent, les lecteurs qui désirent garder mes histoires en version complète doivent se débrouiller pour les copier et les enregistrer. Poison 2 n'est pas concerné, cette histoire n'est pas censurée.
Plus qu'un chapitre après celui-ci et on y verra que les choses vont se corser pour Harry et Severus. Forcément, avec les Maraudeurs dans le coin...
Bonne lecture et Joyeuses Fêtes de fin d'année. (Moko, qui est archi débordée, va faire de son mieux pour terminer la correction du chapitre 4 rapidement)
Nos quatre voyageurs défunts sentirent le train à vapeur ralentir puis s'immobiliser. Harry s'en inquiéta aussitôt, regardant sa mère afin d'obtenir des informations.
— Ça y est ? On est arrivés ?
— Oui, répondit Lily avec un sourire. En sortant du wagon, vous verrez de grandes grilles dorées ouvragées. Un ange les garde en permanence, deux s'il y a beaucoup d'arrivées attendues. Aujourd'hui, l'ange de permanence est Pomabel. Il est sympa, vous verrez.
— Et après, il va se passer quoi ? Je veux pas que les Maraudeurs s'attaquent encore à Sev !
— Je n'ai plus quinze ans, Harry. Je suis de taille à me défendre, protesta l'ex-Professeur Rogue.
— Je sais bien, Sev'rus, mais c'est pas pour ça que j'ai envie qu'ils essaient.
— Dobby protègera ses maîtres, piailla l'elfe en hochant vigoureusement la tête et en se levant pour aller s'accrocher à la robe d'Harry.
On entendit la porte du wagon s'ouvrir magiquement et Lily se leva gracieusement, faisant voleter sur son dos ses longs cheveux roux foncé.
— James et Sirius ne tenteront rien, faites-moi confiance. Ils ont Merlin sur le dos en ce moment, ils ont intérêt à filer doux.
— On va vivre où, M'man ?
— Merlin va vous attribuer un cottage dans le village. Enfin, je devrais plutôt dire la ville, parce que mine de rien, nous sommes pas mal nombreux. C'est très agréable, vous verrez. La cité est divisée en quartiers très surprenants. Ceux qui veulent la mer, ils ont la mer. Ceux qui préfèrent la campagne, ils ont la campagne. C'est pareil pour la montagne ou bien la ville pour les citadins invétérés.
Lily s'avança dans le couloir, ses sandales dorées faisant un petit bruit léger sur le plancher de bois du wagon.
— Sev' ? Tu préfères quoi, toi ? Si on te demande, tu choisis quel endroit ?
Severus qui suivait Lily baissa le nez, l'air songeur.
—J'ai vécu en ville, et je n'en ai pas de bons souvenirs, donc la campagne ou la mer me conviendrait. La montagne ne m'a jamais tenté. Et toi ?
— Je n'ai jamais vu la mer. Aperçue de nuit seulement, quand Oncle Vernon a eu cette brillante idée de nous cacher dans une vieille cabane sur une ile à une centaine de yards de la côte. La ville, non merci, ça me rappellerait trop Little Whinging et Tante Pétunia. Je préfère oublier.
— J'étais furieuse quand j'ai appris que Dumbledore t'avait laissé chez Pétunia et Vernon, quand nous sommes morts ton père et moi, avoua Lily en descendant les marches du wagon. Seigneur… te laisser chez Pétunia ! Elle nous détestait James et moi ! Et que dire de Vernon ! Plus haineux que lui, j'ai rarement vu ! Enfin… chez les moldus, du moins. Tu aurais dû aller chez Alice et Frank, mais Sirius nous a racontés en arrivant ce qui leur était arrivé. Les pauvres… c'est bien triste.
— J'espère qu'ils ne vont pas venir nous pourrir la vie quand ils vont mourir ! Je parle des Dursley. Parce que si c'est le cas, je demande un transfert ! En Enfer !
Lily se mit à rire et se retourna un instant pour ébouriffer les cheveux de son fils.
— Pas de moldus au Paradis Magique, Harry ! Donc, Sev, pas de Tobias pour toi non plus. Je suppose qu'il est mort, non ? Avec toute la bière qu'il avalait dans les pubs de Carbone-Les-Mines, la cirrhose n'a pas dû le louper. Ta mère est là, au fait. On a entendu son arrivée dans les haut-parleurs magiques à l'époque, mais on ne l'a jamais vue. Il parait qu'elle vit dans un appartement du centre-ville et qu'elle suit une thérapie angélique depuis. Elle ne sort jamais de chez elle et refuse de voir quiconque. Je ne pense pas qu'elle sera à ton arrivée, Sev.
— Tobias est mort, oui. Il n'a pas eu le temps de faire une cirrhose, il a été heurté par une camionnette alors qu'il titubait au milieu de la rue en pleine nuit. Il était ivre, bien entendu, soupira Severus en cherchant la main d'Harry pour la suite de leur parcours. Quant à ma mère, je me m'étonne pas du tout. Déjà quand elle vivait, elle ne sortait jamais de la maison, pas même pour faire les courses. Et c'est quoi cette thérapie angélique ?
— Un ange psychologue s'entretient avec elle afin de lui faire dépasser le traumatisme de ses années de vie avec Tobias. Ainsi que sa mort particulière… Beaucoup de défunts ayant eu une mort violente ont des problèmes psy ensuite, d'où les anges thérapeutes.
—Je vois pas beaucoup de différence avec en bas quand on était pas morts, grommela Harry à mi-voix.
Alors qu'ils longeaient le quai blanc, nos trois fraîchement décédés et leur accompagnatrice aperçurent les fameuses grilles d'or dépeintes par Lily Evans. Un pan grinça légèrement et s'entrouvrit alors. Un ange aux grandes ailes blanches et vêtu d'une toge blanche également ainsi que de sandales dorées les accueillit avec un large sourire, un parchemin pincé à une planchette support dans sa main gauche. Dans la droite, il tenait une plume visiblement auto-encreuse.
— Severus Tobias Rogue, Harry James Potter et Elfe-de-Maison Dobby, c'est bien ça ?
— Oui, c'est nous, répondit Harry légèrement inquiet.
Il serra plus fortement la main de Severus, craignant tout à coup qu'ils ne soient séparés.
— Soyez les bienvenus au Paradis Magique ! Vous êtes attendus impatiemment. Merlin va vous recevoir dans quelques minutes et une demeure paradisiaque va vous être attribuée.
L'ange se saisit alors d'un cornet en or qui pendait à un fil près de la porte. C'était un micro, comme ceux que les Bizzar'Sisters utilisaient en concert.
— Arrivée de Severus Rogue, Harry Potter et de l'Elfe Dobby aux grilles d'or !
Puis il reposa son micro sur son support mural et cocha des cases sur son parchemin.
Il s'effaça pour les laisser entrer et les nouveaux arrivants s'immobilisèrent de l'autre côté de la grille. Ils se tenaient sur une petite place pavée, ombragée de jolis platanes aux feuilles immobiles. Des maisons semblables à celles de Pré-Au-Lard ou au Chemin de Traverse la bordaient. Des gens, tous vêtus de toges et de robes blanches circulaient et vaquaient à leurs occupations. Il y avait forcément beaucoup de gens âgés. On ne mourrait pas souvent dans sa prime jeunesse chez les sorciers. A moins d'une guerre ou d'une mort violente.
Harry et Severus se retournèrent soudain, interpellés par deux voix menaçantes et insultantes.
— SERVILUS ! Qu'est-ce que tu fais là ? Tu devrais être en Enfer ! Un sale Mangemort comme toi n'a rien à faire ici ! Et éloigne-toi de mon fils !
James Fleamont Potter venait de faire son entrée dans l'après-vie de son fils et malheureusement, de celle de sa victime favorite : Severus. Comme auparavant, il était accompagné par son fidèle acolyte Sirius Orion Black qui affichait un sourire goguenard.
— Hey, louveteau ! Qu'est-c'tu fiches là ? Me dis pas que Voldy t'a eu, nan ? demanda-t-il à Harry en tentant de le prendre dans ses bras pour l'éloigner de son compagnon.
Mais le jeune Gryffondor le repoussa et se serra contre Severus.
— JAMES POTTER ! hurla Lily, furieuse. JE T'AVAIS POURTANT PRÉVENU QU'A LA PREMIÈRE INSULTE A SEVERUS, JE TE LE FERAIS PAYER ! UN MOIS SUR LE CANAPÉ ! TU ES BANNI DE LA CHAMBRE A COUCHER !
— Tu t'en fous, Jamesie, murmura Sirius à l'intention de son compère. Y a d'autres endroits pour baiser…
— Je t'ai entendu, Sirius Black ! Tu es interdit de séjour dans notre cottage pour la même durée. Et pour info, James, l'accès à ma personne t'est aussi interdit pour ce même laps de temps !
— Hééééé ! C'est dégueulasse, d'abord ! Et qu'est-ce que tu en as à faire de Serv… hem… Rogue, hein ? Tu avais juré que tu ne lui causerais plus jamais !
— Eh bien, ce serment a pris fin à ma mort, James. Dois-je aussi te rappeler que notre mariage n'existe plus officiellement ? Jusqu'à ce que la mort vous sépare, qu'il avait dit l'officiant ministériel, si je me souviens bien. Et nous sommes quoi ? MORTS ! Donc plus mariés ! Si je veux, je peux déménager et aller m'installer ailleurs !
— Hé làààà ! Pas si vite !
— Au nom de Merlin, tu n'as pas vu Harry depuis ses quinze mois, il a seize ans et tu préfères insulter Severus que l'accueillir décemment ? Tu vas le payer très cher, James !
— Dis-donc, Cornedrue… comment ça se fait que le sale serpent gluant donne la main à mon filleul, hein ? C'est quoi cette embrouille ? Harry, lâche ce connard et viens avec nous tout de suite. Lily va t'installer une chambre au cottage, tu vas voir ça, on va être super bien, on peut voler, on a des balais et y a un stade de Quidditch. On est dans la campagne, c'est super cool.
Harry secoua la tête, perturbé par cet accueil agressif. Dobby, sentant la panique de son maître, décida d'intervenir. Le doigt tendu, il se plaça entre Sirius et Harry et une petite vague de magie repoussa Patmol de quelques mètres.
— Vous n'emmènerez pas mon Maître Harry, Sirius Black, Monsieur ! Il doit rester avec Maître Severus ! C'est sa place !
— Co… comment ça ? bredouilla James, interloqué en regardant Sirius puis Dobby avec incompréhension.
Harry, se sentant protégé par l'attitude de Dobby, se décida à révéler à ses père et parrain la raison de sa présence auprès de Severus Rogue, leur ennemi juré.
— Pour votre information, je me suis suicidé ce soir, afin de rester avec Sev'rus qui avait pris cette même décision pour lui-même. Dumbledore, cet immonde salopard, lui avait demandé une chose atroce qu'il refusait de faire. Pour échapper à son emprise, Sev'rus a choisi la mort. Et moi, j'ai choisi de le suivre. Personne ne m'y a forcé. C'était mon choix ! Alors, je reste avec Sev ! Que ça vous plaise ou non !
— Et Dobby a choisi de rester avec son maître, Harry Potter, Monsieur ! affirma l'Elfe en hochant vigoureusement la tête.
— Tu… tu t'es suicidé ? gronda James, horrifié par la nouvelle. Mais, mais, ça va pas la tête, non ? Et tout ça, pour suivre cet infâme Mangemort ?
— JAMES POTTER ! Pour ton information, Dumbledore avait exigé de Severus qu'il tue Harry avant ce soir, ou il allait à Azkaban pour le reste de ses jours ! Severus a refusé ! Il a préféré la mort plutôt que de faire du mal à notre fils ! Le fait qu'Harry ait choisi de son propre chef de le suivre n'a rien à voir avec une manipulation éventuelle de Sev' !
— CONNERIES ! Albus ne ferait jamais une chose pareille ! Je parie que c'est Servilus qui a tout inventé et qui t'a raconté cette fable !
— SIRIUS BLACK ! Les restrictions que j'ai imposées à James quant à l'usage de termes dégradants envers Sev' te sont aussi valables ! Une insulte de plus, et tu seras interdit de séjour chez moi, pour l'éternité ! Je vais tellement te pourrir que tu vas souhaiter déménager définitivement chez Walburga ou te réincarner en fille boutonneuse Serpentard !
Harry et l'étonnamment stoïque Severus ne surent jamais ce que les deux Maraudeurs décédés avaient l'intention de répondre à la volcanique rousse. Une silhouette inconnue se matérialisa près d'eux.
Il s'agissait d'un vieil homme chauve et glabre vêtu d'une robe marron terne ceinturée de cuir et d'une cape vert pomme, couleurs totalement inattendues dans cet endroit où tous les sorciers qu'ils croisaient étaient vêtus de toges ou de robes blanches.
— Ma chère Lily, je vois que James et Sirius font encore des leurs… Excusez mon retard, un petit contretemps, Abraxas Malefoy et Septimus Weasley en sont encore venus aux mains. J'ai dû sévir.
— MERLIN ! Ah mais non, mais non, bredouilla James, passablement inquiet. On n'a rien fait du tout, promis !
— Vous êtes… Merlin, s'étonna Severus en levant un sourcil délicat vers le vieil homme. Je ne vous imaginais pas ainsi. On vous dépeint traditionnellement avec une longue barbe et de très longs cheveux, genre Albus Dumbledore, mais pas…
— Oui, grimaça Merlin en toisant les deux Maraudeurs qui se ratatinèrent sous son regard d'acier. Il est vrai que c'est normalement mon apparence, mais, j'ai eu le malheur d'accepter une tasse de thé de ces deux mécréants. Je l'avoue, le thé est mon péché mignon. Ça n'existait pas du temps où je vivais, alors forcément, je ne rate jamais l'occasion d'en déguster une bonne tasse, surtout l'Earl Grey qui est mon favori ! Et ces deux idiots ont mis une potion dépilatoire dans mon thé. Enfin, c'est ce qu'on m'a dit, car cette potion m'est inconnue. De mon temps, personne ne souhaitait perdre ses poils. Et puis, je ne suis pas au fait en ce qui concerne les potions actuelles. Je suis, enfin, j'étais un enchanteur, voyez-vous… je me tiens plutôt au courant des charmes et sortilèges nouveaux.
— Oh, mais c'est très facile de contrer cette potion dépilatoire, l'interrompit Severus avec un intérêt grandissant. Si vous avez un labo de potions par-là, je vous fais une potion Repouss'tif en une bonne heure.
— Comment ? Vous pouvez… oh, mon cher petit ! Comme c'est gentil de votre part ! Votre dossier indiquait que vous étiez un Maître des Potions de très grand talent, et même de génie. Si vous pouvez me rendre ce petit service, je vous serai redevable pour un bon millénaire.
Harry ne put s'empêcher un petit sourire amusé. Il était vrai que d'imaginer le grand et puissant Merlin sous les traits du moldu télévisé Mister Clean (Ndl'A : en français Monsieur Propre) c'était un peu déstabilisant. L'attitude du puissant mage qui semblait très favorable à Severus était agréable et reposante. Enfin quelqu'un qui allait le protéger des Maraudeurs ! Il était bien temps.
— Venez, venez, mes chers enfants, installons-nous à la terrasse des Trois Chaudrons. Nous papoterons devant une bonne tasse d'Earl Grey. Vous aimez l'Earl Grey ?
— C'est mon thé préféré, avoua Severus, une lueur dansante dans ses yeux noirs.
— J'aime bien aussi, répondit Harry.
— Parfait ! Nous allons discuter de l'attribution de votre demeure paradisiaque. Ma chère Lily, je vous dis à plus tard, n'est-ce pas ? Et vous… poursuivit Merlin en toisant James et Sirius sans aménité, tenez-vous tranquilles ! Si j'ai une seule chose à vous reprocher sous peu, ça ira très mal pour vos petites affaires ! James, vous n'êtes pas à l'abri de retourner au purgatoire et vous, Sirius, vous pourriez très bien aller le découvrir ! Pigé ?
Les deux susnommés hochèrent vigoureusement la tête sans piper mot. Merlin était furieux et il valait mieux faire profil bas pendant quelques jours.
Les trois sorciers défunts traversèrent la place pavée en direction du café qu'ils apercevaient à l'autre bout. Des tables de jardin et des parasols étaient installés et des convives s'y pressaient, buvant ou mangeant tout en se délassant au soleil. La température était agréable, il n'y avait pas un souffle de vent, visiblement il était très plaisant de vivre dans cet endroit. Mais… c'était normal, non ? C'était le Paradis !
Merlin s'installa à une table ronde sous un parasol publicitaire pour la Bièraubeurre Angélique. Un Elfe-de-Maison vint s'enquérir de leur commande, tandis que Severus et Harry prenaient place sur des chaises pliantes de jardin. Merlin proposa à Dobby de s'asseoir également à la table, ce qui mit l'Elfe dans tous ses états.
— Merlin propose à Dobby de s'asseoir à table ? Comme un sorcier ? Merlin est un très puissant sorcier, comme mon Maître ! s'extasia Dobby, les larmes aux yeux, tout en prenant place près d'Harry.
L'Elfe serveur, dans un torchon immaculé aux armes du pub attendait le bon vouloir de ses clients.
— Papyrus ! Nous sommes prêts à prendre notre thé. Alors de l'Earl Grey pour trois avec des scones à la framboise et à la crème fouettée. Et pour Dobby, tu lui mettras cette tisane elfique dont tu as le secret, n'est-ce pas ?
— Oui, Puissant Merlin, Papyrus apporte la commande tout de suite !
Si Dobby avait eu un peu peur de n'avoir pas grand-chose à faire après son trépas, constater que les Elfes défunts étaient employés et très occupés le rendait heureux. De plus, il allait goûter à une boisson elfique dont il ignorait tout car introuvable dans le monde des vivants.
Visiblement rodé, Merlin fit apparaître un épais prospectus qu'il posa devant lui sur la table sans attendre l'arrivée de sa commande.
D'ailleurs, le plateau chargé se matérialisa dans les secondes suivantes et resta en lévitation près de leur table, attendant que les convives soient prêts.
— Avez-vous réfléchi sur le quartier où vous souhaitez loger ? Je présume que Lily vous a expliqué. En général, c'est la première chose que les accompagnants expliquent aux nouveaux défunts.
— Oui, répondit Severus. En effet, Lily nous a vaguement expliqué. J'y ai un peu réfléchi et pour moi, la ville et la montagne sont hors de question. Je n'aime pas du tout. Donc, il me reste – si je ne m'abuse – le choix entre la campagne et la mer. Mais j'ai cru comprendre, il y a quelques minutes, que Potter senior et Black vivent à la campagne. Or, je ne souhaite pas me trouver dans le même quartier qu'eux. Le choix se restreint donc à la mer, ce qui, je l'avoue, n'est pas une idée déplaisante.
— En effet, c'est un endroit particulièrement agréable. Personnellement, j'apprécie beaucoup mes visites dans ce coin. Et toi, Harry ? Tu en penses quoi ? Mais d'abord… veux-tu aller vivre chez tes parents avec ton parrain ? Car oui, il a souhaité vivre avec eux dès son arrivée. Son accompagnant, son oncle Alphard lui avait pourtant proposé d'habiter avec lui, mais Sirius a préféré s'installer chez James. Mais je crois que cette situation va être revue, si j'en crois les sanctions de Lily… Ou alors, préfères-tu rester avec Severus, s'il est d'accord ?
Harry regarda Severus d'un air inquiet et celui-ci hocha sobrement la tête. Le Gryffondor esquissa un sourire de soulagement.
— Je vais rester avec Severus. Et la mer, c'est parfait. Je n'ai pas envie d'être trop près de mon père et de mon parrain. C'est triste à dire mais leur attitude me déçoit profondément. Venant de Sirius, j'avais l'habitude, mais je ne m'attendais pas à ce que mon père soit pareil. Je pensais qu'il aurait… je ne sais pas… mûri ?
— Je sais… soupira Merlin, d'un air las. James a passé cinq années au purgatoire pour son comportement atroce à Poudlard. Les maltraitances et autres sévices imposés à ses condisciples et notamment aux Serpentards en sont la raison. Sirius ayant fait douze ans d'Azkaban, le conseil disciplinaire a jugé qu'il avait payé pour ses erreurs passées. Personnellement, je commence à douter que cela lui ait mis un peu de plomb dans la tête. Depuis l'arrivée de Sirius, James est encore pire qu'avant ! C'est vous dire. Ils ont repris leurs sales blagues et autres tours fâcheux et je ne compte plus les plaintes que je reçois des résidents paradisiaques. C'est pénible !
Merlin tourna les pages de son catalogue jusqu'à l'onglet « mer ». Des photos de cottages, petites maisons de pêcheurs, bungalows de tous styles apparurent.
— Alors, vous devez savoir que chaque habitation a vue sur la mer. A l'arrière, vous avez un jardin, de la taille que vous souhaitez avec une vue campagnarde. Vous avez donc accès à la campagne également, même si ce ne sera pas la même que dans le quartier campagnard. Je pense ici à la flore et à la faune visibles. Car oui, nous avons des animaux, peu, mais nous en avons. Je dis peu, car au Paradis Magique, seuls les animaux magiques non dangereux sont admis. Nos défunts sont en majorité ravis de retrouver ici leurs compagnons à quatre pattes les ayant précédés. Nous avons remarqué que c'est même très thérapeutique dans les cas de morts violentes ou soudaines.
Le vieil enchanteur tristement sans poils (même ses cils et sourcils étaient tombés) tourna le catalogue vers ses invités afin qu'ils arrêtent leur choix sur un style de demeure.
— Le voisinage est comment ? s'inquiéta Harry. Parce que si on tombe sur des voisins pas cools ou homophobes, ça va pas être drôle.
— Tu es au Paradis Magique, Harry, s'amusa Merlin avec un sourire. Si tu ne veux pas de voisins, tu n'en auras pas. Votre maison peut être isolée, ou pas trop proche de celles des autres, elle peut être mitoyenne aussi. C'est comme on veut. Oui, parfois, j'ai des demandes pour de la mitoyenneté, surtout lors des arrivages massifs après une guerre ou un cataclysme. Les familles se regroupent sans vouloir être dans la même maison. C'est au choix. Regardez les vues et faites votre choix, vous avez le temps, je vais servir le thé en attendant.
Severus prit en main le volume de papier glacé, Harry contre lui. On n'entendit pendant quelques minutes que le bruit de la vaisselle manipulée avec ravissement par Merlin, le glapissement surpris de Dobby se faisant servir un grand verre de tisane glacée avec une paille et une petite ombrelle piquée sur un fruit exotique inconnu inséré à cheval sur le bord du verre.
— Tu préfères laquelle, Sev' ? tenta Harry qui hésitait.
— J'aime bien celle-ci, avoua le potionniste.
De son index, il désigna à son compagnon un cottage de pierres apparentes avec un toit de chaume. Un rosier grimpant décorait toute la façade et une baie vitrée donnait sur la mer avec une terrasse en caillebotis. Un jardin entourait la maison et on voyait même une petite serre dans la partie arrière sur une seconde photo. Pour accéder à la plage, il suffisait de traverser la petite route qui la longeait et on se retrouvait sur le sable blond. Aucun voisin visible, juste des rochers, quelques pins et autres essences maritimes… c'était vraiment un paysage reposant.
Harry hocha la tête avec un sourire ravi. Cette maison faisait partie de sa sélection également. Le fait que Severus l'ait choisie lui semblait de très bon augure.
— On peut voir l'intérieur de celle-ci ? demanda-t-il à Merlin qui avait attaqué les scones et s'était mis de la crème fouettée sur le nez.
— Hu, hu… marmonna l'enchanteur après un coup d'œil à la référence du cottage.
Dans sa main libre, une plaquette se matérialisa et il la tendit sans un mot à Harry. Et tandis que les deux sorciers découvraient leur future maison, Merlin choisit de s'intéresser à Dobby après avoir avalé le morceau de scone qu'il avait dans la bouche.
L'Elfe sirotait, la paille dans la bouche. Le liquide ambré dans son verre avait diminué de moitié.
— Alors, Dobby ? Comment trouves-tu cette tisane elfique ?
— C'est très bon, Puissant Merlin ! Dobby est très heureux.
— Le temps que tes maîtres choisissent leur future demeure, tu peux aller discuter avec Papyrus, tu sais, chuchota Merlin pour ne pas troubler la concentration des nouveaux défunts. Ici, les elfes arrivent tous libres, et ils le restent. Le lien magique qui les unissait à leurs maîtres cesse à leur mort, sauf lorsque l'elfe choisit de suivre volontairement son maître par fidélité et affection. C'est extrêmement rare. Tu es toujours un elfe lié, Dobby. Lorsque la communauté elfique va l'apprendre, tu vas être une star ! Tu vas être admiré, respecté.
A cette nouvelle, Dobby afficha un immense sourire dévoilant deux rangées de grosses dents.
— Dobby est fier d'appartenir à Harry Potter, Monsieur.
— Tu peux aller voir Papyrus, il n'a pas d'autres clients pour le moment. Harry t'appellera quand il sera temps de partir.
— Oui, Puissant Merlin ! Dobby va aller se présenter à Papyrus !
L'elfe avala le reste de son verre, quitta sa chaise et d'un pas bondissant, il entra dans le pub désert.
— Avez-vous des questions, demanda Merlin en se tournant vers Harry et Severus qui discutaient entre eux à voix basse.
— Oui, annonça Severus, ce cottage qui nous plait a-t-il un labo de potions ?
— Il a en effet un labo de potions au sous-sol. Il n'est pas sur les photos car il est rare que les nouveaux arrivants en souhaitent un. Nos défunts préfèrent choisir en fonction des pièces à vivre, chambres, salon et même cuisine, bien que vous ne soyez dorénavant plus obligés de dormir ou de manger.
— On n'a plus besoin de manger ni dormir ? s'étonna Harry avec des yeux ronds.
— Non, mon petit ! Bien sûr, vous le pouvez si vous le souhaitez. Vous pouvez cuisiner et consommer ce que vous aurez préparé mais uniquement pour le plaisir et non pas par nécessité pour se nourrir. Si vous voulez passer vos nuits à lire, à faire des potions, à vous promener, jardiner, pêcher ou… toute autre activité délassante ou pas… s'amusa le vieil homme un sous-entendu dans la voix, eh bien, vous pouvez !
Harry se mit à rougir. Il avait en effet une idée d'activité délassante à l'esprit. Et la chambre à coucher avait un attrait non négligeable, bien que le canapé du salon fasse aussi bien l'affaire… ou tout autre endroit qui leur siérait. Le regard amusé de Merlin indiqua qu'il avait parfaitement compris ce à quoi le jeune sorcier pensait.
— Comme vous le voyez, il y a deux chambres, un salon/salle à manger et une cuisine. Et bien entendu, les inévitables commodités terrestres comme la salle de bain et les toilettes. En ce qui concerne ce dernier lieu, c'est juste pour que vous ne soyez pas dépaysés parce que vous n'en avez plus besoin. A savoir, pour la cuisine, le fourneau est magiquement alimenté. La glacière magique – que les moldus appellent je crois « frigo » – également. Il suffit de dire à haute voix devant la porte ouverte ce dont vous avez besoin, et ce quelque chose apparaitra sur une des étagères aussitôt ! Magique, mes enfants !
— C'est parfait, fit Severus en hochant la tête.
Le Maître des Potions décédé avait buggé dès les mots « labo de potions » prononcés par Merlin. Il allait passer l'éternité à faire des potions, à lire et à baiser son Gryffondor autrefois honni, et ceci sous le nez furieux et outragé de cet infâme saligaud de Potter senior. Et cerise sur le gâteau, Lily Evans semblait avoir les meilleures dispositions envers lui, ainsi que Merlin…
Mourir avait vraiment été la meilleure chose de sa vie. Ou presque…
Le choix de Severus était arrêté. Il lui fallait ce cottage. Mais qu'en pensait Harry ?
— Tu en penses quoi, Harry ? tenta-t-il en croisant mentalement les doigts.
La plaquette entre les mains, Harry scrutait les photos. Le cottage était meublé, et le mobilier était absolument splendide ! Du bois massif, blond foncé, chaleureux… des rideaux en cotonnade écossaise avec le tissu du canapé trois places assorti ! Tout ce qu'il fallait dans la cuisine ! Et même selon les indications de la publicité, un placard spécialement aménagé pour un Elfe-de-Maison avec un lit à baldaquin miniature et une commode à torchons assortie. Mazette… c'était vraiment le Paradis !
— J'en pense que j'adore, Sev'rus ! Et que c'est exactement l'endroit qu'il nous faut ! On le prend ?
— On le prend, confirma le Serpentard, un petit sourire aux lèvres.
— Parfait ! conclut alors Merlin en tendant la main pour récupérer ses plaquettes.
Il les fit s'évanouir lui seul savait où, tapa dans ses mains et annonça d'une voix claire :
— Le Cottage des Roses, quartier de la mer, est officiellement attribué à Severus Tobias Rogue et Harry James Potter !
On entendit une sorte de « pouf » et puis un bruit métallique léger et deux clés dorées aux pannetons ouvragés et aux anneaux en forme de roses se matérialisèrent sur la table. Merlin les prit et les tendit aux deux défunts.
— Voilà, vous avez votre chez-vous ! Maintenant, vous pouvez déguster votre tasse de thé et prendre un petit scone, ils sont absolument délicieux. Papyrus n'a pas son pareil pour les scones. Dès notre goûter terminé, nous rejoindrons votre demeure par TEP.
— TEP ? demanda Severus un peu surpris. Qu'est-ce que c'est ?
— Le Transport Express Paradisiaque, mon cher enfant, expliqua Merlin en déposant des tasses et soucoupes devant eux. Vous voyez cette cabine rouge de l'autre côté de la place ? Eh bien, ce ne sont pas des cabines téléphoniques britanniques, non, bien qu'elles s'en inspirent, je dois l'avouer. Vous entrez dans la cabine et vous donnez l'adresse dans le cornet micro et lorsque la porte s'ouvre seule, c'est que vous êtes à destination. Il y a une de ces cabines dans chaque rue en ville, voire deux, et une devant chaque demeure isolée à la campagne, mer ou montagne. Si vous ne connaissez pas l'adresse, vous indiquez vouloir aller chez Untel, en détaillant bien tous ses prénoms et noms, voire même ceux de son conjoint pour éviter les homonymies et donc les erreurs.
Le sourire affiché par Harry faisait plaisir à voir. Severus avait des regrets de l'avoir laissé se suicider avec lui, bien qu'il fût parfaitement conscient qu'aucun d'eux n'avait eu le choix. Il fallait se débarrasser de l'Horcruxe et il ne connaissait aucune autre façon de le faire.
Sentir le garçon aussi heureux était extrêmement satisfaisant.
Dobby était revenu près d'eux et avait repris sa place sur la chaise près d'Harry. Lorsque celui-ci lui tendit un scone à la confiture, l'elfe se mit à sangloter en gémissant que son maître était le plus merveilleux maître qu'il puisse exister. Enfin… du Dobby dans toute sa splendeur, quoi !
Ses agapes terminées, le petit groupe prit alors un TEP et put enfin découvrir le Cottage des Roses. Le soleil déclinait sur l'horizon face à la mer. Merlin leur expliqua que le temps pouvait changer comme dans le monde des vivants, afin d'éviter la monotonie et mettre un peu de piment dans le quotidien. Cependant, il ne faisait jamais froid ni ne neigeait ou grêlait. Ce climat étant réservé au quartier montagnard. Eux, ils auraient de la pluie, du soleil, du vent… ce genre de choses.
— Ah oui, j'oubliais ! Dans le placard de l'entrée, il y a deux balais. Vous pourrez voler si vous le souhaitez. Ce sont des Archanges 17, modèle exclusif déposé. C'est un aménagement assez récent, juste trois cents ans. En effet, un de nos défunts était un créateur de balais et il était très triste de ne plus pouvoir en fabriquer, donc nous lui avons installé un petit atelier et il fournit depuis tous les arrivants avec un balai tout neuf pour chacun. Ils n'ont besoin en plus d'aucun entretien.
— Merlin, si vous avez le temps, je peux vous faire la potion de Repouss'tif tout de suite, j'ai vu qu'il y avait tout le nécessaire, proposa Severus qui trépignait intérieurement, pressé d'essayer le merveilleux matériel laissé à sa disposition.
— Je vais prendre ce temps, mon jeune ami. Pendant que vous œuvrez, j'irai me promener un peu au grand air sur la plage avec Harry, s'il souhaite m'accompagner.
Harry accepta avec enthousiasme, son nouveau balai dans la main. Dobby avait découvert avec ravissement ses nouveaux appartements et était présentement vautré sur une couette moelleuse, une pile de torchons neufs en pur lin immaculé entre les bras. Oui, pour certains, un torchon neuf et propre, c'était un pur bonheur…
Allongé nu, dans la pénombre, près d'Harry qui dormait, Severus fixait un nœud qu'il devinait dans l'une des poutres du plafond de la chambre. La soirée avait été formidable. Il avait fait la potion pour Merlin et le vieil homme l'avait avalée sur le champ. Et aussitôt, ses cheveux avaient repoussé ainsi que sa barbe, ses cils et une paire de sourcils broussailleux assez inattendue. Le mage s'était admiré sous toutes les coutures dans le miroir de l'entrée, et les avait quittés un sourire radieux sur son visage ridé.
Dobby leur avait servi une légère collation sous forme d'un potage, de jambon d'York accompagné de pain elfique et de fromage cottage. Et puis, Severus et Harry avaient inauguré la chambre à coucher et avaient passé une heure à faire l'amour, car oui, même mort on pouvait ! Et ça, c'était une sacrément bonne nouvelle ! Harry s'était assoupi dans la foulée et Severus se reposait, n'ayant, comme prévu, pas envie de dormir. Il se doutait que s'il fermait les yeux, il allait plonger dans le sommeil. D'ailleurs, pourquoi pas ? Autant attendre l'aube agréablement…
Il se tourna sur le côté et ferma les paupières. Lorsqu'il les rouvrit quelques heures plus tard, le jour était levé et passait à travers les rideaux de coton dissimulant la fenêtre et des petits oiseaux pépiaient.
Harry chantonnait dans la salle de bain dont l'eau de la douche coulait.
Dobby s'agitait dans la cuisine car on entendait un bruit de casseroles.
Plus de Voldemort, plus de Dumbledore, plus de cornichons à qui enseigner les potions…
Le Paradis !
