Elfe Bêta : Mokonalex.

Note de l'auteur : Et voilà, c'est terminé pour cette histoire. Mais rassurez-vous, une autre complète en 8 chapitres est en cours de correction. Et j'ai presque fini le chapitre en cours d'Intolérance. Ah, et j'ai aussi un petit One-Shot très court et sans prétention de prêt. C'est un petit défi d'Octo que j'avais dans un coin et que j'avais totalement oublié.

Sur ce, bonne lecture à tous et MEILLEURS VŒUX pour 2023.


Normalement, les défunts ne savaient ce qui se passait chez les vivants que grâce aux confidences des nouveaux arrivants. Le lundi, le vieil Hector Brown, âgé de 117 ans et demi –comme il se plaisait à le dire – arrière-arrière-grand-père de la Gryffondor Lavande Brown, trépassa et se présenta aux grilles d'or avec son accompagnant. Le vieillard chenu avait fait une crise cardiaque en apprenant la mort de Lord Voldemort de la patte d'un loup-garou nommé Remus Lupin. Il fallait dire que la surprise avait été de taille et que le sorcier avait le cœur fragile.

Il était décédé le lendemain matin à Sainte-Mangouste et une heure après son arrivée, tout le Paradis Magique était au courant et ne parlait plus que de la nouvelle.

Sirius l'avait appris de son oncle Alphard chez qui il avait été obligé de s'installer – provisoirement, l'espérait-il – dès le retour des Trois Chaudrons du tonton où il était allé boire une Bièraubeurre avec un de ses amis. Le Maraudeur s'était précipité dans le TEP le plus proche et avait frappé chez James, encourant les foudres de Lily pour son audace.

La rousse s'était calmée en entendant la nouvelle et avait laissé James filer en ville avec son meilleur ami, afin d'en apprendre un peu plus. Quant à elle, elle s'était engouffrée dans le TEP dès qu'il fut libre et avait frappé à la porte du Cottage des Roses.

Harry poussa des hurlements de liesse et sauta littéralement sur place, tandis que Severus, sous le choc, resta assis et frotta son bras gauche machinalement, comme pour s'assurer que la marque, disparue depuis sa mort, ne se remette pas brutalement à le picoter. Mais la Marque des Ténèbres s'était totalement évanouie. C'était normal, après tout. Son corps terrestre en avait peut-être encore les traces mais lui, il était juste… quoi, au fait ? Une âme ?

C'était une notion étrange car pour lui et pour Harry, rien ne semblait avoir changé. Ils avaient un corps, chaud, ressentaient des émotions, parlaient, buvaient, mangeaient… pareil qu'avant, quoi !

Et puis, apprendre que Remus Lupin avait tué le Seigneur des Ténèbres, ou plutôt Lunard apparu en pleine journée en dehors de la pleine lune, ça avait été un sacré choc.

— Par la barbe de Merlin ! pesta le potionniste, Potter et Black vont être intenables après ça !

— Oui, je suis d'accord avec toi, Sev, soupira Lily. Lyall Lupin, ce désagréable personnage, ne va plus se sentir non plus. On n'a pas fini d'en entendre causer, je vous le dis. On parie qu'en ville ils vont organiser une fête, un bal de rue, quelque chose ? Ici, il y a beaucoup de victimes de Vous-Savez-Qui, alors ils vont se gêner… HARRY ! Cesse de sautiller comme ça ! Tu n'es pas un bébé !

— Mééééé ! Maman ! Je suis trop content ! Voldy est mort ! Et je n'ai même pas eu à faire le boulot ! Et Sev non plus !

Pour fêter la nouvelle, Dobby avait cuisiné un petit festin et Lily fut invitée à partager leurs agapes.

— Tu sais qu'on n'a plus besoin de manger, Dobby ? Tu n'as plus à cuisiner tous les repas chaque jour.

— Dobby prend soin de ses maîtres, Maîtresse Lily, Madame. Maître Severus adore le Trifle, donc Dobby fait le Trifle fraise/chocolat blanc au dessert pour lui ! Et la tarte à la mélasse pour Maître Harry !

— De… de la tarte… à la mélasse ? Tu as fait de la tarte à la mélasse ? Je n'en ai pas mangé depuis… ben, depuis ma mort. Je ne sais pas la faire. Bon, à table, les garçons !

Lily rentra chez elle après le repas et décida d'aller rendre visite à Marlène McKinnon. Elle avait à lui mettre dans le nez qu'elle avait gagné son pari : Severus était gay et en couple avec… son fils Harry.

Quand Merlin l'avait prévenue sur la nature de leur relation, lorsqu'elle avait été désignée comme accompagnante, Lily en avait été surprise, mais pas choquée. La surprise venait surtout de la différence d'âge entre les deux hommes.

Elle n'avait encore rien révélé à James et Sirius. Ces deux nigauds fulminaient de la trahison potterienne d'Harry, mais ils n'en soupçonnaient pas la vraie raison.

Pour le moment.

Mais même les bonnes choses ont une fin, c'est bien connu…


Cela faisait deux jours que Severus et Harry étaient décédés et ils commençaient à peine à apprécier leur après-vie et leur toute nouvelle tranquillité.

Dobby astiquait le cottage quasiment toute la sainte-journée, un chiffon et de l'encaustique dans les mains. Entre deux séances, il cuisinait pour ses maîtres et pour Maîtresse Lily qui leur rendait visite chaque jour et restait pour le repas suivant. Harry bouquinait les livres qu'il y avait dans la bibliothèque du salon. Il écoutait la RIP (Radio Indépendante Paradisiaque), allongé de tout son long sur le canapé, tout en se goinfrant de Tritons au Gingembre, les mêmes que Minerva McGonagall engloutissait en corrigeant ses copies. Ou alors, il se prélassait au soleil dans le jardin, tandis que Severus soignait ses ingrédients de potions récemment replantés (boutures gracieusement offertes par Merlin de la part d'Helga Poufsouffle), mijotait de mystérieuses concoctions au sous-sol, ou lisait d'épais grimoires, confortablement installé dans un fauteuil.

Ce mardi-là, donc, dès le déjeuner avalé, tandis que Dobby faisait la vaisselle, Harry s'était installé sur une couverture au beau milieu de la pelouse, et tout nu, s'il vous plaît ! Les yeux clos, il semblait dormir. Severus, un panier à la main et un sécateur dans l'autre, déambulait au milieu des massifs de fleurs, coupant les plantes, feuilles, fleurs et racines qui l'intéressaient. De temps à autre, il jetait un coup d'œil amusé vers son compagnon.

Tout nu ! Mais quelle idée ! Enfin, ils étaient dans leur jardin, dans un coin désert et personne ne pouvait les voir. Qui aurait l'idée de traverser les landes les entourant, afin de contourner la maison par l'arrière et de regarder par-dessus les haies ? Personne ! Ils étaient donc tranquilles. Normalement…

Au Cottage des Glycines, dans le quartier campagnard, James se trouvant seul, avait appelé par Miroir Magique son compère Sirius chez l'oncle Alphard. Lily était en vadrouille chez une copine quelconque, sûrement Marlene McKinnon où alors cette sotte de Mary McDonald qu'il ne pouvait pas encadrer. Autant en profiter, n'est-ce pas ?

Sirius, avisé que la voie était libre, avait pris le TEP devant chez Alphard Black et avait bravé l'interdiction de Lily.

— Siri, je sais où Merlin a installé Harry et Servilus.

— Comment tu as fait ?

— Facile, j'ai baisé une meuf dont l'Elfe-de-Maison est ami avec un des Elfes qui fait le ménage au service des attributions immobilières, se vanta Potter aîné. Elle a demandé à son Elfe de se renseigner et voilà !

— Bravo, Jamesie ! Allez, raconte !

— Eh ben… annonça James, ravi, ils sont au Cottage des Roses, quartier maritime. J'avais essayé par TEP en donnant leurs noms, mais Merlin a dû mettre un mot de passe, ou je ne sais quoi car ça n'avait rien donné. Le TEP n'avait pas bougé.

— Ouais, je connais. On peut pas accéder non plus à la maison d'Abraxas Malefoy si on n'a pas l'adresse exacte. Ce saligaud se méfie de tout le monde ! Me demande pourquoi il est pas en Enfer, celui-là !

— Il a pas été puni en arrivant ? Je l'ai bien été, moi ! pesta James, amer.

— Mmm… selon Septimus Weasley, il a fait pas loin de trente ans de purgatoire. C'est pas rien.

— Il les méritait ! Bon, on fait quoi, Patmol ? On va chercher Harry ?

— Le chercher ? hésita Sirius. T'es sûr qu'il va nous suivre ? Il ne semble même pas vouloir nous adresser la parole.

— C'est l'influence désastreuse de Servilo ! Ma main au feu ! On va l'exfiltrer, Siri ! On va le sauver ! Il n'a rien à faire chez ce connard. Et si ça se trouve, il lui fait du mal !

— Il peut pas, Cornedrue. On est morts, on est au Paradis. Personne ne peut plus nous faire du mal.

— Je parle de douleur morale, Sirius ! Est-ce qu'on sait ce que ce connard graisseux lui raconte sur nous, hein ?

— C'est pas faux… Alors ? On y va quand ?

— Tout de suite. Lily ne dira rien une fois qu'Harry sera ici avec nous, à sa place.

Et voilà comment les deux Maraudeurs défunts eurent la révélation…

Nos deux zouaves prirent donc le TEP en donnant l'adresse du Cottage de Severus et Harry et sortirent discrètement de la cabine rouge installée le long du chemin de terre sablonneuse longeant la plage. Le Cottage des Roses se trouvait en face, un peu sur la gauche, non loin d'un amas de rochers et de pins maritimes. Comme dans le monde des vivants, l'air sentait bon l'iode et on entendait le ressac des vagues heurtant lesdits rochers. Des mouettes criaillaient en voletant non loin d'eux. Il n'y avait pas un chat, comme on disait.

— C'est calme.

— Tu veux dire que c'est désert, ouais, ricana Sirius. Servilus aime se terrer loin de tout le monde. L'a toujours été un sauvage, ce sale serpent gluant !

— Si on approche de la façade, ils risquent de nous voir, Patmol. Faut qu'on repère les lieux discrètement ! Bordel ! Je regrette sacrément ma cape d'invisibilité, là ! Elle nous aurait bien rendu service.

— Faut qu'on s'entraîne plus à la magie sans baguette, Jamesie. Faudrait qu'on arrive à se désillusionner et sans baguette… c'est pas évident.

Pendant que les deux Maraudeurs trépassés s'approchaient à pas de loups, courbés en deux et en tentant de déployer des trésors d'ingéniosité afin de n'être pas repérés, Harry avait, quant à lui, trouvé un autre petit jeu…

Allongé nu sur une couverture, les jambes légèrement écartées et un chapeau de paille posé sur son visage pour lui faire de l'ombre, notre jeune Gryffondor se tripotait machinalement l'entrejambe qui commençait d'ailleurs à montrer des signes d'élévation…

Ce fait inattendu avait tout d'abord un peu choqué le Maître des Potions. Et puis, la scène l'avait intéressé et même émoustillé. Il s'était approché lentement et arrivé à quelques mètres de son jeune amant, il avait posé son panier sur l'herbe verte superbement tondue et un rictus sournois aux lèvres, il avait retiré sa robe blanche en la faisant passer par-dessus sa tête et en la laissant choir négligemment par terre.

Il s'était aussitôt agenouillé auprès d'Harry et sa main avait rejoint celle du jeune sorcier, le coupant dans son élan. Harry avait gloussé, puis franchement ri. De sa main libre, il avait soulevé le chapeau de paille et l'œil égrillard avait toisé son ancien professeur.

— Tu fais quoi, là, Sev'rus ? Tu as déjà fini avec ton jardinage ?

— Je vais t'en donner moi du jardinage, petit vaurien, ricana le Serpentard. Tu n'as pas honte de te donner ainsi en spectacle et de traumatiser les pauvres potionnistes qui passent par-là accidentellement ?

— Naaaan… Et pis je ne vois personne de traumatisé ici, ni de passant accidentel… Vous êtes un visiteur, Monsieur ? Vous êtes venu pour voir qui ?

— Petite vermine, s'amusa Severus un sourire aux lèvres. Tu auras ma peau, Potter !

— Pas possible, Sev', tu es déjà mort, tu n'as plus de vraie peau.

— Pas faux, conclut alors le potionniste en s'allongeant carrément sur Harry pour l'embrasser à pleine bouche.

Harry se cramponna alors à Severus comme une grenouille à un roseau. De ses deux bras il enserra le cou du Serpentard et enroula ses jambes autour de la taille de l'homme, s'arrangeant pour bien frotter leurs sexes érigés l'un contre l'autre.

Le plus âgé des deux grogna puis souffla bruyamment par le nez, montrant ainsi son appréciation. Alors qu'il venait de prendre la décision de faire subir les derniers outrages – au soleil – à son jeune amant, Severus fut coupé dans son élan par un hurlement de rage provenant de la haie bordant la propriété.

— SERVILUS ! IMMONDE SALOPARD ! LÂCHE MON FILS TOUT DE SUITE !

Severus se redressa le cœur « battant ». Harry, les yeux écarquillés et visiblement effrayé, regarda autour de lui avec un air effaré.

La haie se mit à remuer bruyamment à un endroit précis. Deux arbustes touffus s'écartèrent, laissant apparaître James Potter et Sirius Black, fulminants de rage.

— C'est donc pour ça que tu voulais qu'il vive avec toi, HEIN ! Pédophile ! Sale Mangemort ! Tu abuses de mon fils !

James se rua comme un fou sur le couple enlacé et poussa violemment Severus qui fut éjecté des bras d'Harry et roula sur l'herbe. Sirius attrapa son filleul par un bras et le tira vers lui.

— Ça y est, tu es sauvé, louveteau, tu ne risques plus rien. Il va aller en Enfer et toi tu vas venir avec nous.

— LÂCHE-MOI, SIRIUS ! Qu'est-ce que vous fichez là chez nous à nous espionner ? Dégagez ! On ne vous a pas invités !

Persuadé que son fils avait eu un lavage de cerveau par le sale serpent gluant qui se vautrait nu sur lui, James attrapa un gros galet qui décorait la bordure d'une plate-bande et l'abattit violemment sur le crâne de Severus.

Tandis qu'Harry poussait des cris déchirants d'horreur, James continua de marteler la tête de son ennemi qui fut bientôt aplatie et déformée. Alerté par les cris, Dobby popa dans le jardin, une louche en métal à la main et les yeux brûlants de rage.

— Vous ne toucherez pas à mes maîtres, James Potter ! Personne ne fera de mal à Maître Severus !

— MERLIN ! MERLIN ! appela Harry, désespéré, tentant d'échapper aux bras de Sirius qui l'entraînait vers la haie.

Ses yeux horrifiés ne quittaient pas la tête écrasée de Severus qui ne bougeait plus. Pouvait-on mourir une seconde fois ? Pouvait-on être assassiné au Paradis Magique ?

Alors qu'Harry se débattait comme un beau diable en sanglotant et que Dobby menaçait James avec sa louche, faisant barrage de son petit corps pour protéger Severus, un « crac » ressemblant à un coup de tonnerre se fit entendre et Merlin apparut, sa canne baguette à la main et visiblement furieux.

— JAMES POTTER ET SIRIUS BLACK ! JE VOUS PRENDS ENCORE SUR LE FAIT ! VOUS N'AVEZ ABSOLUMENT RIEN A FAIRE ICI ! C'EST UNE VIOLATION DE DOMICILE !

Sirius lâcha alors Harry et recula vers la haie en voulant entraîner son compère peu coopératif avec lui. Lorsque Merlin était apparu dans le jardin, James brandissait de nouveau sa pierre au-dessus de sa tête afin d'encore fracasser celle de Severus s'il en avait le temps. En voyant le puissant Mage, James laissa tomber son gros galet et tenta de se relever pour fuir avec Sirius. Harry, libéré des griffes de son parrain, se précipita en sanglotant sur son compagnon. Celui-ci se redressa et secoua sa tête aplatie qui reprit alors sa forme première avec un « plop » très inattendu.

— Tu as pensé à relever le signalement de l'hippogriffe, Harry ? marmonna le potionniste déboussolé en se frottant les deux tempes.

Harry réprima un sanglot de soulagement et enlaça le Serpentard tout en parsemant son visage de baisers.

— Calme-toi, il ne peut pas me tuer, je suis déjà mort.

— Ce n'est pas une raison pour s'introduire chez les résidents paradisiaques sans être invité et pour les molester et les menacer, gronda Merlin, visiblement excédé. Messieurs Potter ainé et Black, vous allez me suivre immédiatement et sans faire d'histoire. Cette fois-ci, c'en est trop. C'est le conseil de discipline qui vous attend et quelques années de purgatoire, je vous le dis tout de suite ! Allez hop ! En route !

Au claquement de doigts du Mage, quatre archanges en tenues de combat descendirent du ciel, leur grandes ailes blanches déployées. Leurs casques à plumes et leurs armures dorés du même genre de ceux des légionnaires romains de l'Antiquité brillaient sous le soleil. Sous le métal, on apercevait des tuniques blanches. Ils étaient également chaussés de sandales dorées et portaient des lances d'or.

— Ah, Raphaël… c'est vous qui êtes de service aujourd'hui ? Vous me coffrez ces deux zoulous, j'en ai plein le dos de leurs conneries ! Je vais faire un rapport salé à Michael, ils sont bons pour le conseil et le purgatoire.

Visiblement, l'archange prénommé Raphaël était le chef du quatuor et les deux intrus furent par magie ficelés d'une cordelette dorée des pieds à la tête comme des saucissons. Les archanges prirent James et Sirius chacun par les bras pour les soulever et les emporter dans le ciel. James Potter trouva encore le moyen de glousser et de pousser des Youpi joyeux. De toute évidence, le mode d'enlèvement lui plaisait particulièrement.

— Il ne va pas rire longtemps, c'est moi qui vous le dis… ricana Merlin en les regardant partir. Vous êtes tranquilles pour de bon maintenant. Ils ne reviendront pas vous empoisonner l'après-vie. Je les avais prévenus, ils n'ont pas voulu écouter… Tant pis pour eux.

Severus s'était relevé et avait ramassé sa robe blanche à présent bien froissée. Il l'avait enfilée et Dobby l'avait repassée d'un claquement de doigts. L'Elfe dévoué tendit alors sa robe à Harry qui s'en revêtit aussitôt.

— Dobby a fait du thé, Puissant Merlin. Il y a assez d'Earl Grey pour trois tasses dans la théière.

— Tu es une perle, Dobby ! s'exclama Merlin avec un large sourire ravi. Mes enfants, allons-donc nous requinquer à la cuisine.

— Vous êtes bien sûr que nous serons tranquilles, Merlin ? s'inquiéta malgré tout le Serpentard qui tenait son lionceau par le cou.

— Je vous en fais la promesse, affirma le vieillard chevelu avec une étincelle cruelle dans les yeux.

— Je ne veux plus les voir, marmonna Harry, furieux. Depuis qu'on est arrivés, mon père ne s'est pas une seule minute intéressé à moi. Il n'a fait que t'insulter et nous causer des ennuis et il n'a même pas tenté de me parler normalement comme le ferait un père. Et Siri ne vaut pas mieux ! Je les déteste ! Je ne comprends pas comment Maman a pu les supporter aussi longtemps.

— Je peux vous affirmer sans indiscrétion que Lily est actuellement plus que lasse du comportement immature de James et Sirius. Elle a même récemment évoqué la possibilité d'un… déménagement. Elle voulait un petit cottage pour elle seule, dans le quartier maritime et donc quitter James. J'avoue que je m'y attendais depuis de nombreuses années. James fait tout et n'importe quoi, y compris coucher avec toutes les femmes qui passent à sa portée, tout comme Sirius. Ils s'imaginent qu'elle ne le sait pas ? Ils sont bien naïfs… Mais maintenant, le problème va être réglé pour un bon bout de temps. Je pense qu'ils en ont bien pour dix à quinze ans de purgatoire avec le dossier que j'ai sur eux depuis leurs arrivées. Et si je rajoute l'agression d'aujourd'hui envers vous, Severus, ils ne vont pas y couper. Vous auriez été un mortel, mon garçon, les coups de galets portés par James tout à l'heure vous auraient tué.

— En bref, je ne suis pas mort parce que je suis déjà mort, s'amusa le potionniste, un sourire amusé sur les lèvres.

—Eh oui, confirma Merlin en soupirant. Passe devant, Dobby, et conduis-nous à cette théière pleine.


La soirée de la veille avait été plutôt calme, après le départ des deux Maraudeurs vers les geôles du centre disciplinaire angélique. Lily, prévenue par un ange de garde, avait pris en courant le TEP devant chez elle et avait littéralement accouru ventre à terre vers le Cottage des Roses.

— Harry, Sev' ! Tout va bien ? J'ai croisé l'ange Melahel tout à l'heure et il m'a raconté que Merlin avait dû appeler la Milice Céleste pour qu'ils arrêtent James et Sirius. Ils sont entrés chez vous pour faire du mal à Severus qu'il a dit, et enlever Harry ! Ça va ? Vous allez bien ? Sev', comment tu te sens ?

— Ça va, Lils, ne t'inquiète pas, l'avait rassurée gentiment le potionniste.

Dobby était en train de leur servir le dîner sous une tonnelle recouverte par un splendide rosier grimpant Pierre de Ronsard, lorsque la rousse avait déboulé. L'Elfe avait impassiblement rajouté un couvert et Lily avait partagé le repas des deux hommes. Harry et Severus lui avaient tout raconté et la défunte mère d'Harry avait pris sa décision.

— Je vais envoyer un hibou à Merlin et lui dire que lorsqu'ils sortiront du Purgatoire, il faudra qu'ils emménagent ailleurs. Je refuse de revivre une telle situation. James me trompe du matin au soir, Mary et Marlène m'ont encore raconté ses dernières frasques, je jette l'éponge. Comme je l'ai dit, nous ne sommes plus mariés puisque nous sommes décédés. Je ne suis pas obligée de le supporter, ni de supporter à demeure son meilleur ami aussi infernal que lui.

— On nous enterre demain, avait révélé Severus en soupirant. Merlin nous a expliqué comment ça va se passer. Harry et moi ainsi que nos proches, nous serons réunis dans le Cinéma Céleste et sur l'écran nous verrons la cérémonie en direct. J'avoue que nous ne nous attendions pas à ça.

— Ouais, avait reniflé alors Harry, je vais revoir mes amis, ça va me faire bizarre. Ils seront sûrement tristes. Je sens que ça va être une épreuve encore, ça…

— Elle sera certainement moins pénible sans James et Sirius, avait pesté Lily. Je n'ose pas imaginer les commentaires désagréables que Severus aurait dû entendre, Harry. Mmmm… cette tarte à la mélasse est une merveille…

En effet, c'était calme dans la salle aux strapontins bleu nuit. Il était presque quinze heures en ce mercredi, et il n'y avait pas grand-monde. Les curieux non-parents n'avaient pas été admis et donc Harry avait pu faire la connaissance de Fleamont et Euphémia Potter, ses grands-parents, ainsi que de son arrière-grand-père Henry Potter dit Harry, ancien Directeur des Aurors, ami des deux frères Dumbledore et de Norbert Dragonneau. L'homme avait été une figure du Ministère dans les années 20. Harry n'avait bien entendu jamais entendu parler de ces personnes et il avait passé un bon moment à leur raconter les derniers évènements ayant provoqué son trépas prématuré.

— Je n'aurais jamais pensé qu'Albus aurait pu faire un coup pareil ! avait grondé Henry Potter, furieux. Le pouvoir lui est monté à la tête !

Fleamont s'était révélé un brave homme, un peu effacé et tête en l'air… Il marmonnait sans cesse des trucs incompréhensibles relatifs aux potions et leurs ingrédients. En bref, il était pire que Severus et vivait dans un autre monde, comme disaient les non-défunts, en bas. Le sorcier avait été ravi de faire la connaissance d'un autre potionniste de talent. Merlin lui avait bien entendu vanté les mérites du nouvel arrivant. La potion Repouss'Tif inconnue du temps de Fleamont avait intrigué le potionniste Potter et il avait donc exigé de se faire expliquer les étapes de sa réalisation.

Pendant que Severus faisait ami-ami avec le père de son tourmenteur, Harry, lui, découvrait sa grand-mère. Euphémia était une grand femme sèche et osseuse, aimable comme une porte de prison. Elle était même méprisante et avait toisé son petit-fils comme une crotte de noueux. La sorcière ne faisait pas mystère qu'elle détestait Lily, avait été contre son mariage avec son merveilleux James : une mésalliance qui avait valu à James de mourir avant son heure et en déshonorant la famille avec un héritier de sang-mêlé qui n'avait rien trouvé de mieux à faire que de se suicider pour suivre son amant, son professeur ayant plus du double de son âge.

Euphémia Potter avait annoncé la couleur : elle n'aurait rien à faire avec cet indigne héritier de la lignée dès la transmission des obsèques terminées.

Henry avait derrière son dos levé les yeux au ciel en vissant son index contre sa tempe, exprimant ainsi tout le « bien » qu'il pensait de cette déclaration. Harry eut même un rictus amusé en voyant Henry tirer la langue dans le dos de sa belle-fille. Aucune arrière-grand-mère n'était présente et le jeune Gryffondor se doutait bien qu'il y avait encore là-dessous une histoire pas piquée des hannetons. Où était-elle ? Mystère.

Severus avait eu la surprise, peu après leur installation dans les strapontins et le choix des boissons et pop-corn proposés par une ange ouvreuse, de découvrir assise dans les premiers rangs, Eileen Prince ex-Rogue qui conversait à mi-voix avec son ange accompagnateur. Massachiel, appelé familièrement Massa, était un ange thérapeute et accompagnait Eileen dans ses récentes et très rares sorties en ville et lui tenait également compagnie chez elle. Lily avait confié à mi-voix à Harry que la mère de Sev avait été traumatisée par sa vie (et sa mort) chez les moldus et son mariage avec Tobias Rogue. Le jeune Sauveur n'avait pu que hocher la tête avec compréhension. La vie avec des moldus haineux anti-magie, il avait donné merci bien. Il avait révélé des détails sur le comportement de Pétunia et Vernon à son endroit et Lily avait fulminé pendant des heures, regrettant de ne pouvoir se venger du traitement imposé à son petit garçon.

Eileen avait semblé particulièrement heureuse de revoir son Severus et l'avait accueilli avec un grand sourire qu'Harry avait pourtant jugé timide. Lily et lui avaient remarqué qu'aucun des Prince décédés auparavant n'avait jugé bon de venir à la transmission. Visiblement, le reniement d'Eileen par ses parents était toujours assorti d'effet ici au Paradis Magique. Ils ne lui avaient pas pardonné son mariage avec Tobias, et ne reconnaissaient pas non plus l'existence de leur unique petit-fils. Ces histoires de sang-pur étaient vraiment pénibles… Et dans toutes les familles ! La sienne ne valait guère mieux… hem hem… Euphémia…

Eileen avait quand même salué Lily et Harry sous le regard approbateur de son ange thérapeute qui hochait la tête de satisfaction en griffonnant des choses mystérieuses sur un parchemin accroché à une tablette de bois fin.

— La petite Lily ! Je suis heureuse de vous revoir après toutes ces années, et avec mon pauvre Severus, comme autrefois. Il vient de me dire qu'il est en couple avec votre fils. C'est inattendu, mais s'ils sont heureux, c'est le principal.

— Merci, avait dit alors Harry tout content. Il faudra venir dîner chez nous un soir. Pas vrai, M'man ? Tu viendras aussi ? Sev, t'en dis quoi ?

— Harry a raison, Maman, il faudra venir dîner, notre Elfe-de-Maison fait un Trifle extraordinaire.

Eileen avait hoché la tête après un regard interrogatif à son ange accompagnateur qui lui avait souri en réponse.

— Massa m'accompagnera chez vous, alors. Je ne suis pas à l'aise pour voyager en TEP ou même sortir dans la rue.

— Tu as fait beaucoup de progrès ces dernières années, confirma l'ange avec satisfaction. C'est une nouvelle étape qui sera positive, je n'en doute pas.

Dobby avait popé à ce moment-là. Sa transmission personnelle avait eu lieu dans la salle de réunion elfique et il en revenait satisfait et ému. Maintenant il était prêt pour assister à la cérémonie de ses maîtres.

La lumière s'éteignit dans la salle, et seule deux faibles torches restèrent allumées pour indiquer la sortie. L'écran s'éclaira et les défunts s'assirent alors tous et se turent.

Installé entre Severus et Lily, Harry grignotait du pop-corn sucré qu'il piochait dans un grand seau en carton. Severus en avait un plus petit contenant du pop-corn salé et beurré. Lily sirotait à la paille le contenu d'une bouteille en verre de Limonade Céleste fabriquée par les Elfes décédés.

Sur l'écran on vit apparaître le cimetière de Godric's Hollow, ce que ne manquèrent pas de remarquer à voix haute Lily et Fleamont. La caméra magique s'attarda sur les visages des spectateurs. Harry et Severus reconnurent et nommèrent pour Lily les élèves et les professeurs. Le Maître des Potions resta bouche bée en découvrant les membres de la Guilde des potionnistes en grande tenue de cérémonie ainsi que la délégation de Saint-Mangouste menée par le Professeur Spleen qui se tenait discrètement près des grilles du cimetière.

— C'est la cérémonie druidique, s'exclama Lily avec excitation. Elle est superbe, mais chère ! Je me demande qui a commandé ça et payé ?

— Remus, certainement, pour moi, répondit Harry en hochant les épaules négligemment. Et pour Sev, ça doit être Malefoy, il est aux premières loges avec sa mère.

— C'est Drago, je n'en doute pas. Il est mon filleul et héritier et les Malefoy sont tous enterrés selon le rite druidique.

— Je suis étonnée, avoua alors Lily. Je me souviens que Remus a toujours été un peu - voire beaucoup - radin, quand nous étions en vie. Certes, sa condition l'empêchait d'avoir un emploi pour assurer sa subsistance, mais quand même, je trouve que parfois il abusait. Enfin, je peux me tromper.

— Tu te trompes certainement, Maman. Remus a hérité de moi et par conséquent de Sirius, il ne manque plus d'or. Je suppose que c'est pour ça que j'ai une cérémonie druidique. Si tu dis que c'est cher… Il n'a pas dû vouloir faire moins bien qu'un Malefoy.

Aucun des deux défunts l'encadrant ne répondit ni n'objecta. Les paroles d'Harry semblaient sensées.

Avec intérêt, ils suivirent le déroulement de la cérémonie, appréciant les chants des druides, les sorts jetés sur les cercueils, les drapeaux notamment celui du Ministère provoquèrent la surprise et des cris de ravissement furent entendus. Henry Potter était très fier et se retourna pour sourire à son arrière-petit-fils. La bière de Severus recouverte du drapeau Serpentard de Directeur de Maison fut appréciée par Eileen également.

— Quel magnifique cercueil, murmura-t-elle à son thérapeute.

Les éloges funèbres furent appréciés. Celui d'Horace fit rougir Severus et sourire sa mère. Lily ne put s'empêcher de remarquer à voix haute que leur ancien professeur de potions avait toujours eu un faible pour Sev et que ça se voyait encore dans cette triste circonstance.

— Je me demande qui ça va être pour moi… marmonna Harry en sirotant une gorgée de la bouteille de sa mère.

— Remus, qui veux-tu… répondit-elle comme si c'était une évidence.

Mais Lily découvrit que non, Remus ne tentait rien et que même il ronchonnait furieux en insultant copieusement Severus au passage. Elle en fut particulièrement outrée et Harry était vraiment en colère d'entendre ce qu'il disait.

Les paroles de Ron furent appréciées d'Harry mais aussi de Severus qui était d'accord avec lui : les enfants de moldus et les sang-mêlé élevés moldus n'étaient pas accueillis ni préparés comme il se devait pour se sentir à l'aise à leur entrée dans le Monde Magique.

Voir le chagrin de ses amis bouleversa Harry. Severus ne fut pas en reste en découvrant les larmes de ses collègues. Aucun d'eux n'avait eu l'audace de commenter l'arrivée presque catastrophique du Ministre qui avait failli tomber dans le trou destiné à la sépulture de Severus.

Les sorciers furent choqués et outrés des commentaires désobligeants de Zacharias Smith et de son comportement en général, mais ne purent s'empêcher de rire doucement en voyant les représailles des Gryffondors. Seule Euphémia ne sembla pas apprécier qu'ils s'en prennent ainsi à un sang-pur d'une honorable lignée.

Les deux pierres tombales furent appréciées. Chaque défunt admirant le choix de sa propre pierre, sa couleur et les épitaphes.

Alors que les spectateurs commençaient à vouloir se lever de leurs strapontins, la cérémonie étant normalement terminée, comme les mortels en bas, ils assistèrent à l'évènement qui allait remplir la Gazette du Sorcier pendant des jours : les deux pierres tombales se joignirent et fusionnèrent. Ils virent tous également la nouvelle inscription qui fit pousser un « oooooh » d'émerveillement à Lily.

— Que… quoi ? Comment c'est possible, ça, Sev ? s'exclama Harry éberlué. Je savais pas qu'on pouvait faire ça !

— On ne peut normalement pas, Harry, répondit le Serpentard.

Les spectateurs défunts virent et entendirent alors la suite de la scène. Ils furent choqués par l'attitude de Remus Lupin et ses paroles encore une fois insultantes. Lily n'allait pas lui pardonner ça. Et elle apprécia le Stupéfix lancé par l'Auror Tonks.

— Quand ce sera son heure à celui-là, il va m'entendre ! menaça-t-elle, les yeux rivés sur l'écran.

— Je me demande qui a réuni nos pierres, Harry.

Une voix inattendue se fit alors entendre et en se retournant, il virent Merlin qui marchait à pas feutrés dans l'allée entre les rangs de strapontins.

— C'est moi, mes enfants. Je voulais marquer les esprits. Vous n'avez pas contrairement à moi assisté à vos mises en bière. Si le jeune Drago Malefoy s'est parfaitement comporté et a choisi le top du top pour son parrain bien-aimé, Remus Lupin ne voulait rien savoir et surtout rien payer. Ronald a eu peur qu'il choisisse un cercueil en pin déclassé à quelques noises voire pire, recycler une vieille malle en osier et le tout sans cérémonie pour ne pas que ça coûte. C'est donc Ronald qui a choisi pour toi, Harry. Il a pris la même chose que Drago. Et il a payé pour moitié avec la jeune Hermione. Remus Lupin n'a eu aucune décision dans tes obsèques.

— Ouais, gronda le Gryffondor, il s'est même pas acheté une robe neuve. Il a une vieille toute rapiécée alors qu'il a de l'or. Il s'est lié avec Winky ?

— Oui. Il s'est lié avec Winky parce que Minerva McGonagall l'a obligé à le faire. Je ne suis pas certain qu'il la traite très bien, mais enfin, c'est toujours mieux que chez les Croupton. Et les pierres tombales unies, c'est ma petite contribution et ça me fait bien plaisir.

—Dites, Merlin… Remus m'aurait vraiment mis dans un cercueil déclassé pour miséreux ? Ou… ou un panier en osier ?

— Oui, Harry. Sans nul doute. Sa haine de Severus est en train de se transformer en mépris le plus profond pour toi. J'en suis bien navré.

— Grrrr… Les Maraudeurs ! J'en ai ma claque de ces quatre guignols ! Je ne veux plus jamais en entendre parler ! gronda Lily hors d'elle ! Allons-y, je veux aller me changer les idées et ne plus songer à eux ! Je file chez Marlène, il faut que je lui raconte la cérémonie, elle adore les cérémonies d'enterrement.

— Rentrez bien, Harry et Severus, je passerai vous rendre une petite visite un de ces quatre pour le thé, annonça Merlin avec un sourire.

Puis se tournant vers l'ange thérapeute, il entama une nouvelle discussion.

— Tout va bien, Massa ? J'ai vu que notre chère Eileen faisait maintenant de jolies promenades en ville. J'ai quelques coins charmants que vous allez sûrement aimer, Eileen, il faudra que je vous les indique. Je crois même qu'il y a des ingrédients de potions qui poussent par là… Vous avez repris à faire des potions ? Votre fils est un génie, vous savez ? Figurez-vous qu'il m'a fait une potion pour me rendre mes cheveux et mes poils que ces mécréants de Black et Potter m'avaient fait perdre ! Il faut que je vous raconte, venez ! Une tasse de thé aux Trois Chaudrons ce sera parfait pour terminer l'après-midi.

Harry, Severus et Dobby les regardèrent s'éloigner. Fleamont qu'Euphémia entraînait de force vers la sortie leur lança un regard navré et languissant.

Henry soupira en regardant son fils puis s'adressa à Harry.

— Je passerai avec Fleamont pour vous rendre visite. Euphémia n'a pas besoin de le savoir. Cette vieille bique acariâtre n'aime personne. Enfin, elle n'a jamais aimé personne d'autre que son fils James. Je regrette de m'être laissé convaincre par mon épouse qu'elle ferait un parti parfait pour notre fils. Le pauvre n'a pas été très heureux en ménage, et la mort n'a rien arrangé comme vous le constatez. Ils ont eu le malheur de mourir ensemble d'une attaque de Mangemorts. Fleamont n'a même pas pu souffler quelques années.

— Heuu… Arrière-grand-père, votre femme, la mère de Fleamont, elle n'est pas là ? Elle vit toujours ?

— Non, Harry. Mon ex-femme a choisi autrefois de… comment dire… de suivre un certain Gellert Grindelwald. Lorsqu'il a été vaincu par son ex-amant Albus, elle a été victime des purges qu'il y a eu après et elle a été expédiée par le voile de l'arche de la mort. C'est un accès direct pour l'Enfer Magique. J'ai ouï dire que ce n'était pas un lieu particulièrement plaisant, mais ça vous vous en doutez. Je file… je vais tenter de tirer Fleamont des griffes de sa femme pour quelques heures d'ici que la furie se calme. Cette maudite sorcière doit avoir du sang de harpie, ce n'est pas possible autrement. A plus, mes enfants, à plus !

Les trois défunts récents furent les derniers à sortir du Cinéma Céleste. La lumière crue qui les accueillit à l'extérieur les firent papilloter des yeux quelques secondes. Severus prit la main d'Harry dans la sienne tandis que Dobby popait jusqu'au Cottage des Roses avec l'idée de cuisiner un festin à l'occasion des obsèques de ses maîtres.

— Si on allait un peu se promener en ville, proposa Harry à brûle pourpoint. On n'a pas encore pris le temps de visiter.

— C'est une excellente idée, allons faire un peu de lèche-vitrine. Il y a peut-être une apothicairerie par là.

Harry se mit à pouffer de rire. Son amant ne changerait jamais…

— Tu peux toujours espérer, Sev'.

Personne ne fit attention aux deux hommes qui se donnaient la main et déambulaient sous le soleil paradisiaque. Personne ne fut choqué quand Severus prit Harry par le cou pour le serrer contre lui et que le Gryffondor marcha près de lui son bras autour de la taille fine du potionniste. Cette liberté et l'absence des Maraudeurs, ça donnait une singulièrement bonne idée du Paradis.

FIN