Notes: Bonjour, bonsoir! Nous voici en ce jour béni qu'est le 1er décembre, le jour de l'anniversaire de Seiya, mon chouchou de tous les chouchous parmi mes chouchous de tout l'univers. Non je n'exagère pas, je suis juste heureuse d'offrir un ''petit'' texte pour célébrer l'anniversaire de mon joli Pégase.
Je vous souhaite une bonne lecture.


3-Seiya: Lueur d'espoir

Son corps le tiraillait au plus haut point, mais il décidait d'ignorer ces blessures si importantes qui le faisaient souffrir de part en part. Quand bien même c'était très difficile de paraître stoïque et parfois souriant. Et Marin-san qui en rajoutait en appuyant sur ses bras, ce qui bien évidemment, le faisait hurler tant il avait mal. Et elle raison de lui répéter sans cesse, que non, il n'était pas en état de sortir de cette maisonnette où ils avaient vécu plus de six ans pour au moins prendre l'air et respirer un peu le vent paisible du Sanctuaire.

Il le savait très bien qu'il n'était pas dans sa meilleure forme, et que c'était un miracle d'être encore vivant après cette bataille insensée qu'il avait menée avec ses frères d'arme de Bronze, contre les chevaliers d'Or, tout ça pour tenter de ramener celui qui était le Grand Pope, représentant d'Athéna sur terre, et le seul à être capable de retirer cette fichue flèche d'or de la poitrine de Saori-san.

Quelle journée de folie! Entre retrouvailles avec des ainés, de grands guerriers sages tels que Mu ou même Aiolia, rencontres avec de grands hommes puissants comme Aldébaran, déstabilisants à l'image de Shaka ou redoutables comme Milo. Et ce souvenir si fort, cet héritage qu'avait laissé Aiolos du Sagittaire, cette vérité, ce trésor si précieux qu'était Athéna.

Seiya n'avait pas connu ce héros défunt, mais il en avait entendu parler tant de fois. De la bouche de son frère de cœur du Sanctuaire, le Lion d'Or, de celle de Saori-san dont le grand père s'était vu confier l'armure d'or, mais également de celles d'autres habitants du Sanctuaire qui le qualifiaient de traitre qui avait bien fait de mourir, cependant ces gens là ne connaissaient pas la véritable raison, ni les circonstances dans lesquelles Aiolos était décédé.

En tout cas, le jeune Bronze aurait tant aimé le rencontrer, d'une part pour cette légende autour, mais aussi parce qu'il était le frère ainé d'un de ses plus grands amis, sur ces terres sacrées. Si un miracle aussi fou était possible, il aimerait pouvoir lui parler. Sinon, le jour où tous renaitraient, peut-être deviendraient-ils amis ou frères...

Au milieu de ces petits délires, Seiya se rappela de cet homme torturé, partagé entre le bien et le mal: Saga, le chevalier des Gémeaux, celui qui s'était octroyé le rôle du Grand Pope. Il ne savait pas trop quoi penser de lui. Ce qui était sur, c'était qu'il avait été l'adversaire le plus fort qu'il avait pu affronter. Combien de fois Pégase avait cru tout lâcher tant les douleurs avaient été insupportables, tant les attaques le transperçaient si fort, tant il hurlait sans se rendre compte de l'intensité de ses cris à l'aide. En son for intérieur, il était quasiment certain que ce cosmos qui l'avait assailli n'était pas mauvais. Juste d'un niveau bien plus haut que le sien. Il l'avait ressentie pour de vrai cette différence entre un chevalier d'Or et un chevalier de Bronze. Ce fossé entre les deux rangs. Et ni la fatigue, ni les circonstances de ce combat et encore moins le conflit dans le cœur de Saga n'y étaient pour quoique ce soit. Seiya s'était battu contre bien plus fort que lui, sans aucun doute. Et il avait perdu.

Pourtant, il n'en gardait aucune rancœur. Tout comme pour Aiolos, il aurait aimé rencontrer Saga d'une autre manière. Il aurait aimé apprendre de celui qu'on avait qualifié l'un des plus gentils chevaliers d'Or, à une époque où le mal ne l'avait pas possédé.

Ouvrant les yeux aussi grand que sa bouche qui étouffait un cri de douleur, alors qu'il tentait d'étirer ses jambes hors du lit, Seiya prit le temps nécessaire pour se remettre de cet exploit.

Il avait soif. Et Marin-san avait du sortir. Connaissant celle qui lui avait tout appris, il se doutait qu'elle lui aurait balancé un ''Si tu arrives à geindre, tu peux très bien te lever pour aller boire. Ne fais pas de mouvements bêtes et risqués quand même. Mais je suis pas à ton service''.

Même à moitié mort, elle n'épargnait pas son cher disciple. Pourtant elle aussi avait participé à cette bataille incongrue. Elle lui avait sauvé la vie, à la sortie de la Maison des Poissons. Au péril de la sienne...

''Marin-san, arigatou'', murmura-t-il en japonais.

Sur la table en bois au milieu de la pièce, il y avait une assiette avec du pain et du chocolat. Un sourire se dessina sur le visage du jeune homme qui se remémorait ses années d'entrainement, où à chaque fois qu'il venait à bout de ces tortures que Marin lui infligeait, ces tractions effroyables dans le vide, ces pierres qu'il devait briser à mains nues jusqu'à le faire saigner, il retrouvait le lendemain ces tranches de pain frais et deux barres de chocolat pour le petit déjeuner. Signe qu'il avait bien travaillé et progressé.

Il prit le temps pour savourer cet encas qui avait la capacité incroyable de lui redonner des forces, comme si rien ne s'était passé. C'était comme s'il pouvait sortir en courant de la maisonnette et sauter comme un fou dans les sentiers du domaine sacré sans la moindre douleur, comme si cette bataille ne s'était jamais produite.

En fait non.

Certes ce n'était pas une mauvaise idée de vouloir respirer l'air extérieur, mais le jeune homme n'aurait pas du se précipiter autant pour tenter d'enfiler ses baskets. Il avait eu l'impression d'être un vieillard en fin de vie en sentant ses lombaires hurler de douleur, d'un coup. Et si Marin avait été là, elle l'aurait cloué au lit fissa.

Il prit alors, pour une fois, le temps d'écouter son corps, de respirer lentement pour calmer ses souffrances, et au bout de longues minutes, il foulait enfin la terre battue du Sanctuaire.

Cette sensation de légèreté et de bien être tout d'un coup! Il semblait revivre encore.

S'il savait où ses amis de Bronze se reposaient, il serait allé leur rendre visite par surprise.

''Tu n'iras les voir que lorsque vous serez en meilleur état, pas avant!''

La voix de Marin résonnait dans sa tête. Oui, il le savait, mais il voulait prendre de leurs nouvelles.

Il s'inquiétait pour Hyoga qui avait du affronter son maitre, il voulait enfin savoir comment se sentait Shiryu depuis qu'il pouvait à nouveau voir de ses propres yeux. Il était prêt à écouter Shun sur ces événements passés. Il serait même allé voir Ikki si cet idiot n'avait pas réussi à quitter son brancard au pied des marches du zodiaque, sous le nez des soldats qui le surveillaient... Et bien sur, personne n'avait su où il était parti...

Pourtant Seiya en était convaincu: le Phénix ne s'était pas éteint.

Sans s'en rendre compte, les pas du jeune homme le menaient vers la sortie du Sanctuaire, en direction du village le plus proche, Rodorio. Il était vrai que la petite maison dans laquelle il logeait avec Marin n'était pas très loin de la frontière, et que dans ses souvenirs, il se revoyait porter des sacs de victuailles, une fois tous les deux mois, du marché de ce village.

En entrant dans la rue principale, il redécouvrait les petits commerces, les gens qui évoluaient dans leur quotidien paisible si éloigné et pourtant si proche du domaine d'Athéna. Les doux parfums d'épices, de fruits et de tant d'autres tentations chatouillaient ses narines et tordaient son estomac.

Si seulement il avait eu une ou deux pièces perdues dans une poche de son jean, Seiya n'aurait pas hésité à s'offrir au moins un jus de fruits. Il se contenterait de rêver un petit peu pour le moment.

Au détour de la terrasse d'une auberge, il aperçut une jeune fille souriante, les cheveux cuivrés et discutant avec des clients.

Le cœur du jeune homme se resserra alors, sans en connaître la raison.

Son esprit se brouilla petit à petit, des images du passé, proche et lointain se mélangeaient à toute vitesse, lui donnant des vertiges.

Il avait besoin de s'appuyer contre quelque chose, un mur, un poteau, peu importait...

Des mains l'empêchaient de tomber. Des mains de femme, probablement qui le tenaient fermement. Le visage masqué de Marin lui apparut dans sa tête, mais ses yeux ne voyaient que cette serveuse au loin.

Il s'entendait lâcher un cri de douleur quand ses jambes se dérobaient sous lui, les genoux tombant au sol et... le noir complet...

Les parfums de Rodorio avaient laissé place à une odeur moins agréable, cette odeur typique des hôpitaux.

Rouvrant les yeux, Seiya inspecta l'endroit où il se trouvait: des murs blancs, une petite télévision en face de lui, une fenêtre avec des rideaux, du carrelage au sol, et à sa droite, assis sur une chaise en fer et feuilletant une revue, Shun qui lui sourit alors:

« Seiya, tu te réveilles enfin!

-... je suis où? articula Pégase, la voix enrouée.

-Dans la clinique de la fondation Graad au Japon. On t'a rapatrié la semaine dernière, à cause du malaise que tu avais fait au village.

-Je... une semaine...?

-Oui. Shaina-san t'aurait trouvé en pleine rue, délirant à cause de tes blessures. Elle t'a ramené au plus vite au Sanctuaire et on t'a maintenu dans un coma jusqu'à présent.

-Mais... je me sentais en pleine forme et...

-On a tous subi de graves blessures au cours de cette bataille, répondit Andromède.

-Mais toi...

-Je suis encore hospitalisé. Regarde, je suis en pyjama, là. J'ai le droit de marcher un peu, mais je ne peux pas sortir encore. Shiryu et Hyoga sont encore alités eux aussi. Et toi, tu n'as pas le droit de te déplacer du tout. Ordre de Saori-san et même ton maitre, Marin-san a renforcé cette idée.

-Comment ça?

-J'ai entendu des infirmières parler d'un grand oiseau qui logerait dans les bois du centre hospitalier et qui nicherait dans ce grand pin près de ta fenêtre...

-Tu veux pas dire que...?

-Si, Seiya. Je pense que Marin-san te surveille depuis cet arbre, pour ne pas que tu t'échappes comme au Sanctuaire...

-Mais je voulais prendre l'air, et j'étais en pleine forme, en plus...

Seiya se tut et soupira, sachant pertinemment qu'il n'arriverait pas à convaincre son ami qu'il allait relativement bien. Pourtant ce début de promenade jusqu'à Rodorio lui avait semblait si vivifiant, et...

-Shun, je peux te poser une question un peu bizarre?

-Si tu veux.

-Ikki, quand le vieux Kido vous a séparés pour qu'on aille devenir chevalier, tu sentais qu'il pouvait être en vie, malgré tout?

Andromède sembla réfléchir quelques secondes et puis:

-... je crois, oui. En fait c'est plus comme une intuition parce que je sais que c'est mon frère et qu'il était vivant. Quelque part, j'avais envie d'y croire et, comme on a pu tous le constater, il nous est revenu.

-C'est vrai, tu as raison.

-Pourquoi tu me demandes ça?

-Quand j'étais à Rodorio, j'ai cru voir une fille qui ressemblait à ma sœur, mais c'est impossible. On s'était quitté en bas de cette rue, là, pas loin de l'orphelinat. Comment aurait-elle pu aller en Grèce...?

-Peut-être que tu y as pensé si fort que tu voulais que cette fille soit ta sœur.

-Oui... Cela aurait été fou de voir Seika, ma sœur, à Rodorio comme ça... »

Seiya se perdit dans ses pensées, tandis qu'une infirmière entra dans sa chambre et Shun la quitta. Peut-être était-ce en effet un délire pendant son malaise et sa convalescence, mais il était sur et certain que sa sœur était vivante quelque part sur cette terre et qu'un jour ils se retrouveraient. Il ne perdait pas espoir pour que ce miracle se produise un jour.


notes de fin: Merci d'avoir lu. Et c'est toujours un grand bonheur d'écrire sur Seiya-chou. Que ce soit dans un passage de Saint Kanon ou bien dans un OS à part. Je me laisse aller dans l'écriture, je prends un plaisir fou à broder autour de ce Pégase que j'adore tant. Même dans des moments perdus entre deux arcs de l'histoire du manga ou dans d'autres contextes. En tout cas, c'était une première pour moi de traiter de l'après bataille du Sanctuaire, et j'ai vraiment adoré. Qui sait si je reviendrai un jour sur cette période qui n'est pas encore dans Poséidon ou Asgard.
Je vous fais des bisous, et techniquement on se retrouve le 3 décembre.
Des bisous