Eh bien, quel engouement ! Oo Sincèrement, je ne pensais pas qu'il resterait encore tant de lecteurs dans ce coin ! Je suis ravie de vous voir au rendez-vous en tout cas ! Fun fact, manifestement, vous avez reçu le mail de publication pour vous avertir... pas moi ! Pas plus que je n'ai reçu de mails pour savoir que j'avais des reviews ! Ah, les mystères de ffnet... Merci du fond du coeur, mes petits fantômes, pour revenir me hanter et prendre le temps d'imprimer quelques mots sur le clavier pour me le dire !

Sinon, quelques réponses et info en vrac (vous aurez les réponses officielles en janvier, je n'ai pas le temps en décembre) : je n'entre pas dans la grande famille des fonctionnaires, ça faisait déjà 6 ans que j'étais cadre A, je deviens "simplement" cadre sup et découvre le monde merveilleux de l'encadrement supérieur. Ce sera mon dernier Calendrier, mais pas ma dernière publication Sherlock, c'est juste que ça va prendre du temps parfois mais je n'abandonne pas l'idée de finir d'écrire et corriger tout ce que je dois ^^'

Et je suis très déçue, personne n'a remarqué que j'avais commencé à dire que vous étiez sept fantômes, puis six, puis cinq... etc., jusqu'à 1, ce qui faisait donc un décompte pour le lancement, et j'étais partie de sept comme les sept Calendriers que j'ai produits, c'était quand même évident non ? xD

Un dernier point : ne vous habituez pas à la publication tôt le matin + pardonnez moi si parfois je publie le chapitre brut de décoffrage, sans même vous souhaiter une bonne lecture, là j'ai à peine quatre jours d'avance prêts à la publication, selon mon boulot à venir, parfois je n'aurai pas le temps de faire des fioritures !

Bonne lecture, j'espère que ça vous plaira ! Pour rappel, PoV Sherlock aujourd'hui !


Jeudi 1er Décembre

Ce n'était un secret pour personne que Sherlock détestait le lycée. Il le détestait dans sa globalité, pour sa simple existence. Il ne détestait pas davantage le lundi parce que c'était la reprise des cours que le jeudi parce qu'il avait un test en cours de physique-chimie.

Il ne détestait pas davantage le mois d'octobre qui était venteux et froid que le mois de mars où le printemps faisait timidement sa réapparition sur la campagne anglaise.

Il ne détestait pas davantage le cours de maths de huit heures du matin que l'heure du déjeuner.

Il détestait absolument tous ces moments, ces heures, ces saisons, avec la même persistance qu'il mettait dans chaque chose.

Et comme c'était — enfin — sa dernière année de lycée, Sherlock avait eu le temps pour détester tout cela avec passion pendant très longtemps. Mycroft, son frère aîné, vingt-quatre ans au compteur, lui répétait souvent d'un air méprisant que s'il avait eu la décence de rejoindre Eton à l'âge de quatorze ans, directement au lycée, comme lui, il aurait pu intégrer Cambridge ou Oxford à seize ans à peine, être multi diplômé quatre ou cinq ans plus tard, et ensuite faire ce que bon lui semblerait. Malgré son très jeune âge, et ses airs de ne pas y toucher, Sherlock savait pertinemment que son frère avait déjà un poste très haut placé dans la hiérarchie obscures des services secrets britanniques.

Sherlock aurait très bien pu faire de même, s'il avait eu envie. Sauf que l'envie, il ne l'avait jamais eue. Au contraire. Marcher sur les traces de son frère, suivre le même chemin que lui, dans des lieux où il était passé et où il avait forcément des espions, très peu pour lui. Le seul intérêt, ça aurait été de faire mieux que lui : plus vite, plus de diplômes, juste pour le faire enrager. Sherlock était cependant prêt à beaucoup pour faire enrager son grand frère, mais certainement pas d'endurer les snobs d'Eton et une fac « respectable », comme il disait. À vrai dire, Sherlock n'avait même aucun intérêt pour la fac.

Il savait qu'il n'en avait pas besoin. Pour la même raison qu'il détestait le lycée : il n'en avait pas besoin, parce qu'il était plus intelligent. Plus intelligent que tous ses condisciples, plus intelligent que ses parents, et plus intelligent que Mycroft. Plus intelligent que tous les professeurs du monde, également. Plus jeune, il avait lu l'intégralité de la bibliothèque familiale, plus fournie en sciences, maths, médecine, histoire, sciences sociales, géographie et géopolitique que la plupart des bibliothèques du monde. À douze ans, Sherlock aurait sans doute pu écrire une ou deux thèses sur des sujets de science ou de chimie, plus pointue que des étudiants thésards qui bossaient dessus depuis dix ans.

Il n'avait rien à apprendre à la fac. Il n'avait rien à apprendre au lycée non plus, mais ses parents lui avaient bien fait comprendre qu'il irait jusqu'au bout du lycée, et qu'il passerait ses examens terminaux, les A-level, qu'il le veuille ou non, et il avait fortement intérêt à obtenir les notes maximales dans les douze matières qu'il préparait (soit plus de deux fois plus qu'un lycéen normal).

Alors Sherlock endurait le lycée stoïquement, attendant que cela se termine, d'ici quelques mois. Ce n'était pas toujours si terrible. Depuis trois ans qu'il était là, ses condisciples avaient fini par comprendre qui il était, et le laisser tranquille. Ils n'avaient pas l'intelligence pour répondre à ses remarques, petites phrases assassines qui tapaient toujours juste. C'était la réputation qu'il avait acquise. « Si Holmes le dit, alors c'est vrai » était devenu un mème.

Il n'était pas populaire, dans le sens où personne ne l'aimait, mais tout le monde le craignait, même si on murmurait dans son dos. Ça n'empêchait pas ses imbéciles d'avoir besoin de lui. Ça avait commencé environ seize mois plus tôt, quand un imbécile un peu plus courageux que les autres, avait mis Sherlock au défi. Ça faisait des années que Sherlock déduisait les gens en les voyant. Avant, c'était immédiat, instinctif, et il n'était pas capable de se retenir de le dire. Puis, en grandissant, il avait compris qu'il pouvait faire davantage de mal aux gens s'il disséminait ses analyses à des moments choisis. Il n'était pas sadique, et n'avait aucun intérêt de faire du mal en vain aux autres, mais les adolescents étaient cruels.

Sherlock l'avait appris dans la cour de l'école primaire, et ça ne s'était jamais arrangé par la suite. Les gamins n'aimaient pas ce qui était différent, et Sherlock entrait de plein fouet dans la définition de l'anormalité.

Ils étaient méchants, et Sherlock ne faisait que répliquer, pour asseoir sa position, être craint, assassiner tous ses condisciples verbalement, et ainsi gagner sa tranquillité.

Puis était venu le défi. Le garçon avait été courageux. Sherlock aurait pu s'en prendre à lui. Il avait autant de choses à cacher que les autres. Mais il l'avait mis au défi de lui dire quelque chose qu'il ne savait pas sur sa copine.

Manifestement, entendre que celle-ci le trompait avec sa meilleure amie ne faisait pas partie de ce qu'il espérait apprendre.

Mais c'était ainsi, un peu bizarrement, que Sherlock était devenu une espèce de référence. Il savait tout, sur tout le monde. Et il se faisait payer cher pour les informations qu'il recueillait en observant. Un mec qui voulait savoir si sa copine le trompait ? Un ami qui voulait savoir ce que son pote pensait réellement de lui ? Une fille en pâmoison qui se demandait si untel ou unetelle répondrait favorablement à sa demande de sortir avec ?

Sherlock avait toujours les réponses, et il ne se trompait jamais. On ne l'aimait toujours pas. On ne l'avait jamais aimé. Mais on le craignait, et mieux, on le payait pour les informations qui lui permettaient d'être craint.

Ça lui allait très bien.

Ça ne l'empêchait pas de détester le lycée avec application : cours, professeurs, étudiants. Ce n'était pas parce qu'il parvenait à se faire de l'argent en délivrant des secrets (qui, à son sens, n'en étaient pas : c'était littéralement écrit sur leurs visages, la plupart du temps) qu'il trouvait ça plus agréable.

Mais la plupart du temps, il y survivait relativement efficacement, dans l'indifférence mâtinée de colère générale. On le laissait marcher dans les couloirs sans l'embêter ou tenter de le harceler physiquement, la plupart du temps. On murmurait sur son passage, mais jamais assez fort pour qu'il entende. On ne détruisait pas ses affaires, on ne l'insultait pas (frontalement, du moins), on ne lui laissait pas de mots anonymes de menaces ou de mépris. En cours, autant que faire se peut, on se tenait loin de lui, et on le laissait vaquer à ses propres occupations. Même les professeurs avaient plus ou moins abandonné l'idée de lui faire quelque chose qui avait un rapport avec le programme scolaire. Les plus persistants, après avoir vu qu'ils n'avaient rien à lui apprendre, avaient tenté de le pousser à faire du tutorat pour ses camarades, mais après deux filles qui avaient fini en sanglots, même ça, ils avaient abandonné.

De loin en loin, quand ils posaient une question un peu poussée et que personne dans la classe ne trouvait la réponse, ils haussaient la voix, et demandaient à « Monsieur Holmes, ce qu'il en pensait ? ». Généralement, ils devaient répéter la question quand Sherlock daignait leur accorder son attention, puis soupiraient et regrettaient quand Sherlock leur donnait la réponse, plus complète et fournie qu'un manuel de dernière année de fac.

Ce n'était ni intéressant, ni passionnant. Ça passait le temps, tout au plus, et surtout ça lui permettait de mieux construire son grand projet mental.

Sherlock avait dix ans quand il avait appris le concept de Palais Mental. Il avait été immédiatement séduit, et durant les sept années qui avaient suivi, il l'avait mis en application, en se servant de Musgrave comme base de cheminement mental. Le bouquin dans lequel il l'avait lu précisait de partir d'un endroit qu'on connaissait par cœur, et la demeure ancestrale des Holmes n'avait aucun secret pour Sherlock. Elle était aussi très grande, ce qui lui permettait de stocker un très grand nombre de connaissances.

Sauf qu'au fur et à mesure qu'il grandissait, il restait frustré. Il en apprenait toujours plus, encore et encore, et il y avait plus de connaissance qu'il n'y avait de pièces et de chemins à Musgrave. Il lui fallait un plus grand Palais.

C'était de là qu'était venu ce grand projet. Créer un espace immense, entièrement mental, qui cataloguait absolument toutes ses connaissances, théoriques et pratiques. Un espace longtemps en chantier, qu'il avait bâti de A à Z. Ça ne ressemblait à aucun des endroits qu'il connaissait, mais aussi bizarre que cela sonnât, cela ressemblait exactement à son esprit. C'était immense, et ça avait vocation à s'étendre encore. Il y avait des sous-sols, pour tout ce qu'il voulait oublier, des pièces chaudes et lumineuses comme les bois l'été, et des tours immenses et aérés. Il y avait des pièces dédiées à ses parents et même s'il ne le reconnaîtrait pas sous la torture, une dédiée à Mycroft.

Il y avait un hall pour la musique et le violon, et une salle de bal pour la danse. Il y avait un laboratoire pour la chimie, et un grand bureau pour les énigmes.

Il y avait des escaliers, des vitraux, des fenêtres et des poignées de porte, il y avait des arches, des cours et des toits pentus, il y avait des terrasses et des balcons, il y avait des ouvertures, et aussi des cloisons et des verrous. C'était un édifice vertigineux, qui n'existait que dans son esprit. Il n'aurait pas été capable de le dessiner ou le décrire, mais c'était encore vacillant, parfois, alors durant toutes ces heures inutiles qu'il devait passer de force au lycée, il passait et repassait, et repassait encore sur tous les chemins, les couloirs, les corridors, les galeries, les passages, pour consolider tout ça, et que chacune de ses connaissances ne soient qu'un réflexe rapide à avoir.

Mais il existait des moments où Sherlock regrettait de plonger dans son Palais Mental à la première occasion. Aujourd'hui était un de ces jours. Parce que l'assemblée matinale de leur lycée venait de s'achever, et il avait la sensation d'avoir raté un épisode. Il n'écoutait jamais l'assemblée du lycée, il devinait les annonces de la directrice avant même qu'elle n'ouvre la bouche. De plus, le rassemblement en un seul et même lieu de trois-cent-treize que comptait son établissement avait tendance à lui filer une angoisse sourde.

Au moins leur uniforme tous identiques apaisait l'agression visuelle que cela représentait pour lui, mais c'était quand même sa représentait personnelle d'un cercle de l'enfer : le bourdonnement des conversations de ses camarades, la promiscuité, la foule. Ça l'angoissait plus que tout, et il refusait que quiconque le sache. Il n'avait pas le loisir d'être faible, ou bien il ferait une cible un peu trop facile. Il était différent, et les adolescents cruels n'aimaient pas la différence. Sherlock était tranquille parce qu'il faisait peur, mais c'était tout. Il avait suffisamment de souvenirs douloureux de l'école primaire et du collège pour savoir ce qu'il en était.

De fait, il plongeait profondément dans son cerveau au moment de l'assemblée quotidienne. Et n'écoutait rien. Sauf que présentement, alors que tous s'égrainaient en direction de leurs différentes classes, et qu'il captait des mots comme « secret santa » et « bal » ou encore « trop bien » et « influence américaine » et autres « ça va être trop marrant ! », il se mettait à douter et haïr encore plus son lycée.

En marchant en pilote automatique vers sa salle de classe, ses yeux tombèrent par réflexe sur un bout de papier qu'il tenait dans les mains. Logiquement, s'il ne se souvenait pas d'où il le sortait, c'était qu'il l'avait récupéré au cours de l'assemblée. On y distribuait souvent de la paperasse inutile, et il la récupérait par réflexe, indifférent au nouveau règlement intérieur ou aux nouvelles consignes pour déjeuner, et encore moins au rappel des interdictions de fumer, qu'il contournait allégrement.

Sauf que cette fois, le papier était plié en quatre, et quand il le déplia, deux choses lui sautèrent brutalement au visage : le nom « John Watson ». Puis en gros, en rouge et vert criard « règlement du secret santa ».

Un bref regard à sa montre pour vérifier la date lui confirma ce qu'il craignait : c'était le premier décembre, et ils seraient en vacances dans trois semaines, le vendredi 23 décembre. Et leur lycée avait manifestement décidé d'organiser officiellement un truc typiquement américain et stupide, et Sherlock allait en faire les frais comme les autres.


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