Bonne lecture !

Dimanche 4 Décembre

John se réveilla le cœur battant, et ça n'avait pas grand-chose à voir avec un quelconque rêve ou cauchemar qui se serait interrompu brusquement. Dès que son cerveau fut à peu près en alerte, il se souvint de ce qu'il avait fait la veille, et il se précipita sur son portable pour voir s'il avait une réponse. Et quand il constata que c'était le cas, son cœur se mit à battre si vite qu'il crut faire de la tachycardie.

Ça lui avait pris des heures de persuasion, la veille, pour obtenir le numéro de Sherlock. Évidemment, le génie asocial ne distribuait pas son numéro de portable à tout vent, et personne dans les connaissances de John n'était susceptible de l'avoir. Même parmi les gens qui « l'embauchaient » pour ses talents particuliers à découvrir les secrets de chacun, il était de notoriété publique qu'il fallait avoir le courage de lui demander en face ce genre de choses. Sherlock n'était pas un dealer ou un délinquant dont on pouvait se refiler le numéro sous le manteau, en douce, en disant « appelle ce numéro et dis ce que tu veux, on t'aidera ».

Le demander à Sherlock aurait été une option, bien sûr, mais qui nécessitait d'attendre le lundi. Outre cette attention, cette option présentait deux désavantages : premièrement, s'exposer à un refus du petit génie. Deuxièmement, qu'il ait connaisse du numéro de John en retour.

La situation présente était beaucoup plus drôle. Même si elle avait été plus compliquée à mettre en œuvre.

Après une rapide réflexion, John avait conclu que les personnes les plus susceptibles de connaître le numéro de Sherlock, c'était l'administration du lycée. Ça devait être écrit dans son dossier, même s'il était mineur et que ceux de ses parents étaient plus utilisés, John se souvenait d'avoir noté son propre numéro sur un formulaire, une fois. Les profs ne se faisaient plus d'illusion sur le fait que tous leurs élèves, passés un certain âge, avaient tous leur propre téléphone. Certains professeurs sadiques mentionnaient même parfois d'appeler le numéro de leurs élèves en plein cours, juste pour s'assurer de si ça avait été vraiment coupé, ou au moins mis en silencieux. Ils avaient tous conscience que les menaces étaient illégales et donc totalement vaines, ça ne marchait pas si mal pour les plus jeunes élèves.

Donc, il fallait un prof à John. Un prof susceptible de transgresser les règles et donner une information personnelle d'un élève au bénéfice d'un autre, le tout en bafouant allégrement les principes de confidentialité. Et John avait beau être charmant et apprécié de ses enseignants, il n'avait aucune chance de réussir un tel miracle auprès d'un prof. En revanche, il avait une ouverture auprès de son coach, et accessoirement ami, Gregory Lestrade.

Greg était nettement plus vieux que John, et ne vivait pas dans son tout petit village, mais dans la grande ville voisine. Les deux hommes s'étaient liés dans des circonstances assez honteuses pour John, auxquelles il n'aimait pas faire référence, et même y penser. Mais Greg n'avait jamais jugé John, au contraire. Il l'avait encouragé, soutenu, pris de ses nouvelles. Ensuite, ils avaient découvert que le tout jeune homme et le pré-adolescent avaient une passion commune pour le rugby. Greg avait raconté qu'il avait pratiqué plus jeune, au lycée et un peu à la fac, mais il n'était pas bon du tout. À son sens, John serait bien meilleur que lui. Quand ils traînaient ensemble et se défoulaient, John avait de bien meilleures dispositions.

C'était lui qui avait encouragé John à créer cette équipe au lycée, pour les amuser plus qu'autre chose. John n'y croyait pas vraiment, mais ça avait pris, et ils s'éclataient.

Sauf qu'en milieu d'année dernière, leur coach était tombé malade. Vu son âge — et le peu d'apport qu'il avait à donner pour ses joueurs — ce n'était ni surprenant, ni très grave pour l'équipe. Même pour lui, à vrai dire, ça n'avait pas de conséquences dramatiques sur sa santé, mais ça mettait fin à son poste de coach sportif. Et sans coach, sans adulte pour les superviser, jamais le lycée n'aurait accepté de les laisser jouer.

John avait lancé l'idée complètement con que Greg le remplace.

Pour des raisons obscures et absurdes aux yeux de tout le monde, ça avait fonctionné, par miracle. Greg n'était pas totalement un professeur, mais il ne faisait pas non plus ça bénévolement. John n'avait jamais vraiment compris la nature de son contrat avec le lycée, mais dans les faits, il avait l'autorité professorale, un accès aux salles interdites aux élèves, la capacité de distribuer des sanctions — bien qu'au lieu des heures des colles, il préférait faire faire des pompes ou des abdos à son équipe, ça les calmait plus vite — et donc la possibilité d'avoir accès au réseau central contenant les informations des élèves.

Le fait que John et Greg étaient amis restait un secret. Devant les autres, John l'appelait coach, et obéissait à ses ordres sans broncher, comme tout le monde. Ce n'était même pas compliqué. Tout le monde aimait Greg, dans l'équipe. Aucun d'eux ne faisait ça pour réellement gagner, mais ça les amusait, il se donnait à fond, et leur coach était dans le même état d'esprit, c'était tout ce qu'ils voulaient. Ils pouvaient rire et déconner avec lui, puis ensuite avec sérieux ils retournaient s'entraîner au plaquage ou à la mêlée.

Les autres gars de l'équipe ne soupçonnaient pas que Greg avait rencontré John quand il était plus jeune, et qu'ils étaient totalement potes, le reste du temps.

La veille, comme souvent les samedis, John avait passé du temps avec son ami, et l'avait amadoué des heures durant.

— Allez Greg, s'te plaît, juste le numéro de téléphone de Sherlock, on habite à côté, on est amis, j'veux juste savoir s'il va bien, tu sais bien, l'explosion, il m'a fait peur, il était blessé, un SMS sans conséquences pour savoir comment il va, mais pour ça faut son numéro, je le connais depuis longtemps, Sherlock, mais son numéro, je l'ai perdu, tu sais bien, quand mon portable est mort, j'ai perdu tous mes numéros, et j'ai jamais repris celui de Sherlock, je l'avais avant, c'est rien, c'est pas illégal...

Bon, il avait dû mentir un peu dans ses arguments. Bien sûr qu'il s'inquiétait pour Sherlock après l'explosion en cours de chimie, mais leurs blessures avaient été superficielles, attendre lundi pour avoir des nouvelles n'aurait pas changé grand-chose.

Bien sûr qu'ils n'habitaient pas très loin l'un de l'autre, mais si justement, il avait voulu des nouvelles urgentes, il aurait pu simplement y aller.

Bien sûr qu'il avait réellement perdu tous ses contacts quand son précédent téléphone avait rendu l'âme — Greg s'en souvenait parfaitement — mais il n'avait jamais eu celui de Sherlock avant ça.

Bien sûr qu'il connaissait Sherlock depuis longtemps, mais les qualifier d'amis aurait été excessif, aujourd'hui. Quand ils avaient six ans et qu'ils jouaient dans la forêt sans discuter, peut-être, mais pas aujourd'hui.

Mais John ne voyait pas cela comme des mensonges. Des arrangements de la vérité, tout au plus. Greg avait été modérément convaincu. Mais d'épuisement, il avait commencé à céder.

— Je vais voir ce que je peux faire, John. Mais ce n'est pas légal de transmettre des infos comme ça, tu le sais, hein ?

John avait battu des cils, angélique.

— Mais c'est moral, puisque je veux m'assurer qu'il n'a pas été blessé, ou fait une commotion depuis hier. La moralité ne devrait pas l'emporter sur la légalité, quand c'est nécessaire ?

Greg avait soupiré.

— Garde tes questionnements philosophiques pour toi, serpent tentateur. Tu convaincrais Adam et Ève de croquer dans la pomme du péché en trois fois moins de temps, toi !

John conserva son air candide, tâchant de paraître plus innocent que jamais. Greg le connaissait cependant un peu trop bien pour s'y laisser prendre, mais il avait quand même cédé. Cachant l'écran de son téléphone de la vue de John qui détourna ostensiblement le regard pour l'assurer de sa discrétion, il tapa sur son clavier. John fut plutôt surpris, mais il ne dit rien. Pendant un instant, le silence régna entre eux, durant une minute à peine. Puis le téléphone de Greg vibra. Il le consulta, cliqua sur l'écran, et ajouta quelques manipulations.

Le portable de John vibra à son tour.

— Voilà, conclut Greg. Et si on te demande, tu diras que tu ne sais pas d'où tu as obtenu ce numéro.

Sur le téléphone de John s'affichait désormais un numéro à dix chiffres dans un SMS, en provenance de Greg. John l'avait remercié d'un sourire éblouissant, avant d'enregistrer le précieux sésame dans ses contacts.


Il avait ensuite réfléchi toute la journée à ce qu'il allait bien pouvoir envoyer à Sherlock. Une part de lui, peut-être un peu puérile, peut-être un peu trop espérant, n'avait pas envie de dire à Sherlock qui il était. Pas tout de suite, du moins. Peut-être qu'il le devinerait tout de suite. Il devinait tout. Il savait tout. Mais peut-être pas.

John hésitait sur son message, craignant que s'il en disait trop, il soit trop transparent dans ses termes, sa ponctuation ou Dieu savait quoi que Sherlock était capable d'analyser. Bien sûr, s'ils parvenaient à avoir une conversation écrite par la suite, John serait obligé de faire des phrases et des messages plus longs et sans doute qu'il se dévoilerait, mais autant ne pas le faire dès son premier message.

Du coup, après des heures de torture mentale, il avait tranché et envoyé un unique mot, tard hier soir.

Sherlock n'avait pas répondu, quand John était allé se coucher, mais il n'avait pas lu le message, d'après l'accusé de réception de WhatsApp (et John nierait éternellement avoir vérifié toutes les cinq minutes, au début). John avait religieusement enlevé de son profil toutes informations qui auraient pu le trahir. Son image de profil qui le représentait en train de jouer au rugby était devenu un coucher de soleil banal trouvé sur Internet, la phrase d'humeur qui ne servait à pas grand-chose avait disparu, et il avait même fait des tests pour savoir comment il serait identifié par un téléphone qui ne connaissait pas son numéro, en subtilisant le téléphone de sa sœur et en supprimant son propre contact pour devenir un inconnu, supprimant leur conversation, et tout. Il avait été méticuleux. Ce n'était pas comme si Harriet risquait de se rendre compte de quoi que ce soit.

Il avait osé écrire à Sherlock que lorsqu'il avait été sûr que rien ne pouvait le trahir.

Et quand, le cœur battant, il découvrit le message de Sherlock arrivé au milieu de la nuit, il sut qu'il avait plutôt bien géré :

Qui es-tu ?

Pas de formulaire de politesse. Pas de « pardon mais je ne connais pas ce numéro, de qui s'agit-il ? » ou de « excusez-moi mais vous avez dû faire un faux numéro, je n'ai pas ce numéro dans mes contacts » ou toute autre formulation policée que John, en bon anglais, pouvait avoir facilement à l'esprit.

Après avoir relu le message plusieurs fois en souriant, du fond de son lit, John se secoua et se morigéna. Agir comme une midinette ne lui apporterait rien.

Il se leva, serrant fort son téléphone dans son poing. Non pas que quelqu'un allait s'intéresser à lui ou se demander pourquoi il agissait ici, dans cette maison, mais il se sentait mieux s'il pouvait se rattacher à cette bonne nouvelle : Sherlock lui avait répondu.

Il mâchonna quelques toasts pour son petit déjeuner en réfléchissant activement à ce qu'il pouvait bien répondre. Il ne pouvait pas se permettre d'être inintéressant ou il perdrait ce contact si fugace avec Sherlock.

Sauf que trop réfléchir, ça ne lui convenait pas vraiment.

Puis finalement, une fois sa dernière bouchée avalée, il récupéra son téléphone pour envoyer sa réponse :

C'est ton secret santa :)

Il était certain que Sherlock allait détester le smiley. Il était clairement du genre à mettre des points à la fin de ses textos et à utiliser toujours les bons termes précis pour tout. John aurait pu essayer de correspondre à cette image parfaite, de ressembler à Sherlock pour mieux lui plaire. Il aurait sans doute pu faire illusion un moment. Mais il ne voulait pas de ça. Il voulait taquiner Sherlock, s'amuser avec lui, mettre des smileys et rire, et si Sherlock ne voulait pas de lui comme ça, eh bien tant pis. De toute manière, tout le but de cette formidable opportunité qui lui était donnée d'être le secret santa de Sherlock, c'était de prendre un râteau en bonne et due forme.

La réponse, cette fois, ne tarda pas. L'imagination fertile de John se représenta Sherlock, accroché à son téléphone, sautant sur la notification, exactement comme John le faisait actuellement.

Je ne sais pas ce qu'il y a de plus absurde, entre cette organisation stupide de base, ou le fait de me révéler ton existence. Au cas où tu n'aurais pas remarqué, il y a le mot « secret » dans le nom du jeu. Je sais que ça fait deux syllabes, mais j'aurais cru que ça restait compréhensif pour un élève en dernière année de lycée.

John pouffa en découvrant le SMS de Sherlock. Il était, par écrit, exactement comme il était dans la vraie vie : cynique, désabusé, insultant, et irrévérencieux. N'importe qui l'aurait insulté en retour, se serait senti agressé par son message moqueur, mais John trouvait ça marrant. Pour l'instant. Peut-être qu'un jour, Sherlock le blesserait, et ça ne serait pas si mal, ça lui permettrait sans doute de guérir de ce stupide penchant qu'il avait pour son voisin. En attendant, il trouvait ça marrant.

Mais tu ne sais pas qui je suis :) Le secret est totalement préservé ;p

Qui te dit que je ne le sais pas ?

Si tu le savais, ta réputation de génie arrogant qui ne peut pas s'empêcher d'ouvrir sa grande gueule l'aurait déjà écrit pour me prouver sa supériorité intellectuelle ;)

Dans un coin de sa tête, John faisait un décompte de combien de temps Sherlock tiendrait à supporter ses smileys.

Mais cette fois, il n'eut pas de réponse immédiate. C'était sans doute absurde qu'il s'inquiète. Sherlock pouvait être en train de faire n'importe quoi d'autre qui expliquait qu'il mette un certain délai pour répondre, pourtant John douta de sa réponse. Il n'avait pas réellement insulté Sherlock, ni dit quelque chose que le génie ne savait pas déjà, normalement, et il avait bien rajouté le smiley clin d'œil pour faire passer son propos, mais quand même.

Il parvint à vaquer à ses occupations, et même à commencer ses révisions de devoirs pendant un moment avant de complètement craquer et renvoyer une heure plus tard :

Ça va ? J't'ai blessé ? J'déconnais hein. Enfin, t'es un génie arrogant qui dit souvent tout haut ce qu'il ne faut pas, mais c'est quand même pas une nouveauté.

Cette fois, la réponse fut rapide, une poignée de secondes.

Vraiment ?

Vraiment quoi ?

C'est le portait qu'on brosse de moi au lycée ?

Ben, oui, plutôt. 'Fin j'veux dire, c'est pas une surprise, si ? T'es un génie, tout le monde le sait au lycée. Tu nous méprises tous systématiquement, et les profs avec, suffit de t'avoir croisé une fois dans les couloirs pour le savoir. Et tu deales des renseignements que t'obtiens sur les gens, quand tu les révèles pas tout haut. C'est de notoriété publique.

John faisait très attention au choix de ses mots. Il était hors de question qu'il donne un indice à Sherlock sur qui il était vraiment, du moins pas s'il pouvait l'éviter. Le simple fait qu'il discute avec Sherlock était fatalement risqué, mais s'il pouvait limiter les risques, ce ne serait pas si mal.

Pourquoi tu me parles, alors ? Et qui es-tu ?

Le message suivant de Sherlock paraissait plus acerbe que d'habitude. C'était difficile à comprendre de la part de quelqu'un qui ne parlait qu'avec des mots, sans smiley pour appuyer ses émotions. Non pas que ça aurait changé quoi que ce soit. Les émotions de Sherlock semblaient être un domaine particulier. John n'arrivait pas à savoir s'il était en colère, ou blessé. Ou, peut-être, vivait-il dans la crainte que John soit en train de lui faire un énorme prank. Pour quelqu'un comme Sherlock, l'option devait être présente dans son esprit à chaque instant.

Je suis la personne qui doit t'offrir un cadeau dans quelques semaines, et qui apprécie suffisamment l'esprit de Noël pour que tu sois content de recevoir ledit cadeau, et donc pour ça, je vais apprendre à te connaître et savoir ce qui te ferait plaisir :) Mais comme je sais ce que je veux dire le mot « secret » (;p) ben j'vais pas te donner mon nom, ce serait pourri.

Ah et j'pense sincèrement que t'es un génie, que t'es arrogant, et que t'as une grande gueule, pour ce que je connais de toi, mais moi j'trouve ça plutôt cool, en fait.

John grimaça, mais le message était parti, et il fut lu instantanément, trop tard pour le supprimer. Autant il avait invoqué l'esprit de Noël pour ne pas paraître trop transparent dans son premier message (et puis ce n'était pas entièrement faux, John aimait Noël, du moins l'idée qu'il se faisait d'un Noël réussi), autant le deuxième était un poil trop personnel à son goût. Il lui semblait qu'il clignotait en lettres rouges disant « je te connais depuis toujours et j'ai un crush sur toi depuis à peu près autant de temps »

Tu es bizarre.

La réponse avait mis un moment à arriver. John fantasmait peut-être complètement, mais il imaginait que Sherlock était complètement perdu face aux compliments pas du tout masqués que faisait John.

Eh bien merci :)

Spoiler alert : c'est comme ça qu'on accepte un compliment, normalement.

Ce n'était pas un compliment, à vrai dire, mais une constatation empirique basée sur nos échanges.

John pouffa de nouveau comme un enfant. C'était encore mieux que tout ce qu'il avait imaginé. Sherlock était drôle et acide tout à la fois, et il trouvait cette facette du personnage absolument fascinante. Il était parfaitement sincère. Même quand il le remerciait de le trouver bizarre. S'il avait été ennuyeux, Sherlock l'aurait rayé de sa vie en moins de temps que John ne pouvait le concevoir, vu que son formidable cerveau fonctionnait trois fois plus vite que tout le monde. Mais s'il le traitait de bizarre, ça voulait dire intriguant, et John voulait conserver ce statut le plus longtemps possible. Il avait vu Sherlock rayer leurs professeurs de la liste des choses intéressantes les uns après les autres, à une vitesse ahurissante. Quand il avait eu quinze ans, il ne lui fallait pas plus de trente-cinq secondes pour observer un professeur et déterminer s'il avait quelque chose à apporter à Sherlock. La plupart du temps, la réponse était non.

Il arrivait cependant que quelque chose (rarement quelqu'un, plus souvent des thèmes abordés en cours ou des expériences à réaliser) trouve grâce à ses yeux, mais ça ne durait jamais éternellement. Sherlock se lassait, comme il se lassait de tout.

John n'espérait pas garder son statut de « bizarre » éternellement. Il ennuierait Sherlock bien assez tôt, il le savait. Mais s'il pouvait le garder jusqu'à Noël, enfin jusqu'au bal de leur lycée où il pourrait révéler son identité de secret santa, ça serait déjà un miracle, et c'était son but.

Finissant son petit déjeuner, il remonta dans sa chambre d'un air guilleret. Les dimanches étaient généralement les pires jours de la semaine. Avec cet énergumène au bout du fil, ça promettait d'être nettement plus intéressant.


Reviews ? :)