THEME 29 : Ça va faire peur !

Voilà 5 situations effrayantes. À vous de choisir l'une des images et de l'adapter à votre fandom, vous pouvez changer le sexe des personnages.

Original ou fanfic possible.

OS de 500 mots minimum !


Image portant à voir une jeune femme à la robe déchirée en bas et dénudant les épaules appuyée contre un arbre. La lune est pleine et on la voit entourée de loups-garous noirs aux yeux brillants. Il y a un grand château qui se découpe au fond, sur le ciel nocturne; quelques fenêtres semblent allumées.


Il y avait des sectes qui traînaient dans les bois et les demeures les plus sordides de la région, mais Gilles avait toujours cru qu'elles se cantonnaient à ça : les lieux sombres et isolés où personnes ne viendraient les chercher.

Il n'avait pas envisagé qu'elles avaient besoin de gibier pour assouvir leurs appétits aussi cruels que dérangeants et que ce gibier ne se trouvait évidemment pas dans leurs caves. Ils devaient sortir de temps en temps pour se mettre en chasse et ils étaient des ombres si noires, si malsaines et malveillantes que personne ne connaissait exactement de quoi ils étaient capables. Ainsi, on ne pouvait pas prédire quand ils allaient arriver, où… ni ce qui allait les motiver et leurs techniques pour parvenir à leurs fins.

Gilles était juste en train de remplir des oreillers supplémentaires avec du fourrage pour les nuits de plus en plus froides qui s'intensifiaient en approchant du mois de décembre. Il faisait nuit depuis longtemps et tout le monde dormait dans le petit château. Normalement, le jeune homme serait resté dans les appartements les plus agréables et pourvus de la demeure, mais son frère passait la nuit avec Marianne. « En tout bien tout honneur », avait-il affirmé puisque leur mariage n'avait pas encore été célébré. Ça ne changeait pas grand-chose : le jeune homme était seul dans la chambre et, comme il n'arrivait pas à dormir, il était allé préparer des choses utiles dans les écuries, qui étaient chaudes et confortables.

Soudain, un bruit avait retenti dans la forêt. Ça ressemblait à un son d'animal, probablement un cochon sauvage, blessé. Gilles redressa la tête. La nourriture, et surtout la viande, se faisait rare en ce moment. Les animaux se terraient, les éleveurs tuaient leurs bêtes avec parcimonie. C'était une occasion à ne pas rater. Il pourrait employer le reste de sa nuit à dépecer le cochon et préparer sa chair. Alors, le jeune voleur se leva et se mit en marche.

La lune était pleine, ce qui lui permettait de voir parfaitement où il allait. Il s'éloigna de quelques pas du petit château et gagna le bois tout proche, où s'ouvraient un assez grand nombre de chemins et de sentiers. Il s'engagea au milieu des fourrés et découvrit assez rapidement l'animal, effectivement blessé et… attaché à un pieu ?

Gilles s'immobilisa, mal à l'aise. Ce cochon n'était pas arrivé là tout seul. Ça ressemblait à un piège ? Pour capturer des loups ou des renards, peut-être ? Son regard vert se promena autour de lui et il recula d'un pas, ce qui fit craquer une brindille derrière lui. Il sursauta. D'autres brindilles craquèrent ailleurs, toutes en même temps, et ça ne pouvait absolument pas venir de lui, du vent ou d'une bestiole. Enfin… Pas une bestiole telle qu'il l'entendait. L'odeur qui parvenait jusqu'à lui était insupportable, pleine de crasse et de musc.

La terreur qui commençait à remonter insidieusement dans le ventre de Gilles augmenta d'un seul coup quand des bras musculeux l'agrippèrent par derrière, le soulevèrent et le collèrent contre un torse velu et nerveux. Par réflexe, il se mit aussitôt à hurler : « ROBIN ! » mais sans se faire beaucoup d'illusions sur ses chances de succès. Son frère était trop barricadé dans le château et trop hypnotisé sans doute par les yeux de Marianne, s'il ne dormait pas comme une souche. Une seconde après, des mains griffues se posèrent sa bouche et maintinrent la pression jusqu'à ce qu'il s'évanouisse.

wowowowow

Il y avait des mains qui lui touchaient le torse et cela lui causa un tel dégoût que Gilles se réveilla en sursaut. Par réflexe, il se redressa et recula à quatre pattes sur plusieurs pas jusqu'à ce que son dos heurte le tronc rugueux d'un arbre. Son cerveau se réveilla complètement et il retrouva enfin sa vue, découvrant quatre loups-garous qui l'entouraient, les yeux brillant d'envie.

Ce n'était pas qu'une envie de le dévorer. Il y avait aussi autre chose de plus luxurieux et Gilles se représenta très bien le pourquoi de la main bestiale qui l'avait réveillé. Il poussa un long soupir tremblant et regarda autour de lui. Les monstres faisaient au moins trois mètres et étaient recouverts d'un long pelage noir, sur les parties qui n'étaient pas du muscle puissant, c'est-à-dire le torse, les paumes, l'intérieur des cuisses et le haut du visage. Leurs yeux étaient jaune-orange et ils le dévisageaient en souriant de leurs dents tranchantes.

« C'est un joli morceau que tu nous as rapporté ! s'enthousiasma l'un d'eux en se pourléchant les lèvres. Un petit peu trop mince, peut-être, mais le plaisir de sentir sa peau d'adolescent et de faire courir ses doigts dessus compensera largement d'avoir si peu à manger.

-Commençons tout de suite ! suggéra un deuxième. Je n'ai pas eu l'occasion de satisfaire mon appétit depuis longtemps.

-Non ! haleta le jeune voleur quand l'un des loups-garous l'attrapa par le cou. »

Il le fit doucement, sans serrer, seulement pour l'empêcher de fuir pendant qu'il passait de nouveau sa main griffue sous ses vêtements. Gilles avait un poignard dans sa botte mais il ne pouvait pas se pencher pour l'éteindre car une autre bête se joignit à leur dégoûtant manège et lui immobilisa le bras.

« Je veux pouvoir dévorer son foie, décréta l'un des monstres. C'est la partie la plus goûteuse et je suis le chef !

-Très bien, alors moi, je veux son cœur ! réclama un de ses comparses.

-Moi, je veux ses entrailles !

-Et moi, lui arracher la chair des os ! »

Les entendre parler de lui dévorer les organes était révulsant, mais presque moins que la façon dont ces loups-garous l'entouraient et se pressaient contre lui, dérangeant ses vêtements et lui collant leur museau plein de bave d'excitation sur le cou ou le visage. Gilles avait vraiment l'impression qu'il allait vomir; c'était si fort, si intense, qu'il n'arrivait même pas à ressentir exactement la terreur qui lui paralysait les membres.

Ses jambes se coupèrent tout à coup et il glissa contre le tronc de l'arbre, juste avant d'entendre l'un des loups-garous pousser un glapissement de douleur. Il ouvrit faiblement un œil et découvrit une plaie sanglante dans son torse, au niveau du cœur. La bête s'écroula et un arc argenté fendit les airs pour en décapiter un deuxième. Les monstres poussèrent un cri de rage et l'une d'elle bondit en avant, pendant que l'autre tenait toujours leur victime par la nuque, pour foncer sur une silhouette blonde qui tenait une épée resplendissante à la main.

Gilles voulut prononcer le nom de son frère mais un spasme le secoua tout entier et il vomit à moitié par terre. Il savait qu'il ne devait pas relâcher son attention, pourtant, et il redressa la tête afin de suivre ce qui était en train de se passer. Robin saignait au front mais il avait réussi à trancher l'une des pattes avant du loup-garou. Ils se tournaient désormais autour mais le quatrième membre de la meute jeta soudain son prisonnier au sol pour bondir en direction de l'archer. Il le percuta de toutes ses forces et Robin fut projeté en arrière sur plusieurs pas, avant de heurter un arbre avec un craquement répugnant et de rester étendu au sol, inerte.

Le troisième monstre avait refermé sa patte valide autour de Gilles dès que l'autre l'avait lâché et il eut tout le loisir de le regretter. En voyant son frère demeurer sans mouvement au pied du tronc, le jeune voleur poussa un hurlement de douleur si aigu qu'il vrilla les oreilles des deux bêtes. Ivre de rage et de désespoir, il arracha son poignard à sa botte et attrapa son ravisseur par la nuque pour le tirer brusquement à lui et enfoncer la lame dans son œil d'un coup sec. Il appuya encore plus et vrilla d'un seul coup, transperçant le cerveau du loup-garou qui s'effondra sur le sol.

Mais la torture était loin d'être finie. Celui qui avait maîtrisé Robin agrippa de nouveau le jeune homme par la jambe et le fit glisser jusqu'à lui dans la terre et les feuilles mortes, avant de le forcer à se coucher sur le dos. Gilles n'avait plus d'arme – son poignard était encore dans la tête de l'autre loup-garou – et il n'avait plus de forces non plus; son corps tremblait tellement qu'il était incapable de faire le moindre mouvement. La bête se pencha sur lui et était sur le point de lui arracher la tête avec les crocs – ou bien de continuer ses petites sévices – quand une lame plongea soudain dans son dos. Il rugit, rejeta la tête en arrière, essaya de porter la main à son cœur mais c'était trop tard, il était déjà mort.

Son immense corps velu et noir s'écroula sur le sol de la forêt et Gilles sentit qu'on l'attrapait par la cheville pour le tirer de nouveau. Sauf que c'était Robin qui était à l'origine de ce mouvement, cette fois, avec son visage couvert de terre et de sang et ses yeux bleus écarquillés, immenses, qui le fixaient avec horreur au milieu de toute cette crasse.

« Rob… Rob… Rob…, murmura Gilles, toujours incapable de se relever ou même de faire quoi que ce soit d'autre.

-Gilles ! répondit mon frère. Oh mon Dieu… Par Dieu Tout-Puissant, qu'est-ce que… »

Il n'essaya même pas de finir sa phrase et attrapa le jeune homme dans ses bras pour le serrer contre lui de toute la force dont il était capable. Gilles poussa un couinement qui résumait à lui seul tout le dégoût, la peur et le stress dans lesquels il venait de passer puis se mit à pleurer franchement.

wowowowow

L'eau qu'il se déversait sur la tête était brûlante mais elle ne parvenait toujours pas à gommer les traces affreuses et dégoûtantes du contact des loups-garous sur sa peau. Il marinait pourtant là-dedans depuis de très longues minutes. Il fallait croire que cette sensation allait prendre plusieurs jours à s'en aller…

Gilles soupira et consentit à sortir de la baignoire. Robin l'avait bel et bien entendu l'appeler quand les monstres s'étaient saisis de lui. Il s'était levé, avait bondi sur l'épée de leur père et avait couru dans la forêt pour lui porter secours. Le sang du cochon-appât, qu'ils avaient repris avec eux, avait laissé de longues traînées de sang sur les feuilles et son instinct lui avait vite fait comprendre que ce n'était pas des hommes qui étaient à l'origine de ce piège bizarre. Il s'était donc enduit de boue pour couvrir son odeur et avait remonté la piste sanglante au pas de course.

Quand l'une des bêtes l'avait projeté contre l'arbre, il s'était « juste » brisé quelques côtes et non pas la colonne vertébrale ou le crâne comme Gilles l'avait cru. Heureusement pour eux, l'épée de leur père était veinée d'argent et ça avait suffi à occire les monstres.

Maintenant, il attendait son frère dans sa chambre et Gilles se retrouva dans ses bras presque à la seconde où il apparut sur le seuil. Il ne savait pas très bien si c'était lui qui s'y était jeté ou si l'archer l'avait cueilli à l'arrivée; sans doute un peu des deux.

« Mon frère, je suis tellement désolé, murmura Robin en le soulevant pratiquement pour le poser sur le lit.

-De quoi ? Tu ne peux pas garder un œil sur moi tout le temps, soupira Gilles en se tournant sur le côté pour le regarder.

-Je sais et je n'en ai jamais eu la prétention. Je suis juste tellement désolé pour toi que tu aies dû subir… tout ça…, clarifia l'archer en prenant sa main dans la sienne. Mon frère… J'aurais aimé que tu ne connaisses jamais des choses pareilles… »

Il posa un baiser sur ses doigts et Gilles exhala un faible rire :

« Normalement, je te dirais que j'ai connu pire… Mais, à vrai dire, je ne suis pas certain d'avoir en réserve des expériences plus atroces que ça.

-Tu me surprends, mon frère. J'avais pourtant toujours cru qu'il n'y avait rien de plus insignifiant qu'une meute de loups-garous. »

Le jeune homme rit de nouveau et laissa son frère grimper dans le lit avec lui. À la faveur de ses vêtements de nuit qui se soulevaient, il aperçut le gros bandage qui enserrait ses cotes cassées. Ça ne sembla pas déranger Robin, cependant, quand il le souleva pour le caler dans ses bras. Gilles se blottit contre sa poitrine. Il avait encore des spasmes de dégoût, mais la chaleur de son frère le calmait et le relaxait plus sûrement que toutes les potions apaisantes qu'on aurait pu lui faire boire.

« Est-ce que je peux faire quelque chose de plus pour toi ? s'enquit Robin doucement en lui caressant l'épaule. Pour… t'aider à te remettre de tout ça ?

-Ils ne m'ont pas dévoré, rétorqua le jeune voleur, et tu es arrivé juste à temps pour les arrêter dans leurs rites sordides. Le reste… sera une question de temps. Surtout avant que j'arrive de nouveau à sortir seul en forêt la nuit. Et je peux t'assurer que ça me rend atrocement triste de me voir privé de cette partie de mon identité, mais… tu es avec moi et c'est tout ce qui compte. »

Il entendit son frère déglutir avec tristesse et son bras se resserra autour de ses épaules. Gilles frotta un peu plus sa joue contre sa poitrine et ferma les yeux, bercé par son odeur et la chaleur du feu de cheminée qui crépitait, tout proche.

« Merci de m'avoir sauvé, murmura-t-il en se rendant compte de son oubli. J'en doutais encore il y a quelques mois, mais tu es vraiment parfait comme grand frère.

-Je te protègerai toujours de tout, Gilles, de toutes mes forces, jura l'archer avec sérieux en l'embrassant sur le sommet de la tête. Ne t'inquiète pas…

-Merci…

-Je ne sais pas ce que je ferais sans toi… »

Le jeune homme ouvrit un œil et nota son profil sérieux, puis il referma les paupières et déplaça sa main de son torse à sa taille pour pouvoir enrouler son bras autour de lui. Un nouveau spasme impromptu le parcourut, Robin eut la délicatesse de ne pas en faire la remarque.

Le silence sur la forêt était redevenu parfait. Quatre prédateurs de moins dans les bois… c'était déjà ça de gagné.