La citation.

Ye Guang était seul chez lui. Ses parents lui avaient laissé un court mot pour lui indiquer qu'ils ne seraient pas là de la semaine. L'appartement était calme et vide, Ye Guang faisait ses devoirs de français dans le salon, mais son esprit divaguait beaucoup, il avait du mal à se concentrer. Il n'aimait pas être tout seul dans ce grand appartement. Même si ses parents faisaient des efforts ces derniers temps, ils restaient quand même souvent absents. Leur boulot pompait leur temps, ils en avaient beaucoup moins à consacrer à leur fils.

Ye Guang chassa ces idées tristes en secouant la tête et en tentant de reprendre ses devoirs. Mais son esprit continua ses divagations jusqu'à ce que ses yeux tombent sur une jolie citation dans son manuel. Il sourit bêtement. Aussitôt, il attrapa son portable et l'écrivit, avec la traduction, à Xu Qi Zhang.

Xu Qi Zhang était également en train de faire ses devoirs, quand son portable sonna. Il le prit et regarda le message de son petit ami. Il ne comprit rien au passage en français, il ne pratiquait pas cette langue, contrairement à Ye Guang, mais la traduction de la citation le fit sourire.

« Je voudrais que tu sois là, que tu frappes à la porte et tu me dirais « C'est moi ! Devine ce que je t'apporte ? » et tu m'apporterais toi. »

Xu Qi Zhang mordit un instant le bout de son stylo en relisant plusieurs fois la phrase, puis tout à coup, il sourit, il ferma ses manuels, attrapa son sac et sortit de chez lui.

Ye Guang était en train de se dire qu'il avait faim et qu'il avait envie de manger un bol de nouilles préparé par Xu Qi Zhang quand on frappa à la porte d'entrée. Il n'attendait personne, il fronça les sourcils, mais alla ouvrir.

Xu Qi Zhang était là, derrière et de sa voix douce, il lui dit :

— C'est moi ! Devine ce que je t'apporte.

Ye Guang reconnut immédiatement la citation, il en eut le cœur tout retourné. Il attrapa le bras de Xu Qi Zhang pour le faire entrer et le serra contre lui avec émotion. C'était comme si Xu Qi Zhang avait compris le message, en fait il l'avait vraiment compris. La citation disait l'air de rien « j'ai envie de te voir », et Xu Qi Zhang était vraiment venu.

Quand Ye Guang le relâcha et se recula pour le regarder, le sourire de son petit ami l'éblouit.

— Tu m'apportes toi ? tenta Ye Guang.

Xu Qi Zhang acquiesça puis leva la main qui tenait un cornet avec plein de choses à l'intérieur.

— Et à manger.

Ye Guang eut un petit rire :

— Tu es vraiment génial !

Il posa une main sur la joue de Xu Qi Zhang et avec son pouce caressa le sourire de son petit ami, sans savoir qu'il le mettait dans tous ses états. Xu Qi Zhang sentait son cœur bondir contre les parois de son corps, et quand Ye Guang se pencha pour l'embrasser il appuya sa bouche contre la sienne. Il leva sa main libre pour la poser sur la nuque de son petit ami. Ils s'embrassèrent ainsi pendant une éternité. Quand ils se reculèrent enfin, ils étaient lumineux tous les deux.

— On va manger ? proposa Xu Qi Zhang.

Ye Guang acquiesça.

Ils dînèrent, écoutèrent de la musique, finirent leur devoir, jouèrent à la console. Ye Guang prêta un pyjama à Xu Qi Zhang et ils s'allongèrent tous les deux sur le lit double pour discuter. Ils se souriaient beaucoup, entremêlaient leurs doigts et ne se quittaient pas des yeux. Ye Guang approcha son visage de celui de son petit ami et souffla :

— Je suis heureux que tu sois venu.

— Je suis heureux d'être venu.

Xu Qi Zhang s'avança un peu plus et s'amusa à frotter son nez contre celui de Ye Guang, celui-ci se mettant à rire doucement. Ils se regardèrent comme ça sans rien dire, pendant une éternité, jusqu'à ce que le sommeil les surprenne et qu'ils s'endorment tous les deux, l'un contre l'autre.

Fin.

L'autatrice : un petit truc. La citation vient de Boris Vian et je l'adore.