Qui choisirais-tu ?

Sloan avait été son premier ami à Boston. Ye Guang avait emménagé dans ce pays pour y faire ses études et surtout pour rester près de Xu Qi Zhang. Son petit ami allait à Berklee et lui-même allait dans une autre université, ils ne vivaient pas ensemble, mais se voyaient le plus souvent possible. Même si « le plus souvent » revenait à dire pas si souvent que ça, parce qu'ils avaient chacun leurs cours, leurs devoirs et peu de temps. Sans parler de leurs emplois du temps qui ne matchaient pas toujours. Seulement, c'était mieux que ne pas se voir du tout. La situation pouvait être difficile parfois, mais jamais Ye Guang ne regrettait son choix. Tant pis si Xu Qi Zhang lui manquait beaucoup, il continuait à l'aimer, il n'envisageait pas sa vie sans lui ou avec quelqu'un d'autre.

Certaines personnes se moquaient de lui, « les amours lycéennes ne sont pas faites pour durer », « tu n'en as connu qu'un seul, comment tu peux être parfaitement sûr que c'est le bon ? », certaines personnes étaient persuadées que la distance les séparerait, que leur amour ne tiendrait pas, qu'ils boiraient la tasse et se noieraient. Ye Guang se demandait si ce n'était pas juste de la jalousie. Qu'y avait-il de mal à ce que son premier amour soit son seul amour ?

Sloan n'était pas comme ça. Il ne lui parlait jamais de son couple de toute façon. Quand Ye Guang discutait avec lui et que Xu Qi Zhang devenait le sujet de la conversation, Sloan avait tôt fait de détourner la conversation.

— Pourquoi tu fais ça ? lui avait demandé Ye Guang.

Sloan avait haussé les épaules :

— Parce que ça vous regarde, je ne veux pas me mêler de ça.

Alors Ye Guang avait tout simplement arrêté de lui en parler.

Sloan était un grand type blond, aux yeux bleus, à côté duquel Ye Guang pouvait se sentir petit, mais ça ne le dérangeait pas. Son ami de Boston était quelqu'un de rafraichissant. Enjoué, toujours souriant, il paraissait croquer le monde et la vie à pleines dents. Il était toujours partant pour aller s'amuser – et ceci ne signifiait pas faire la tournée des bars chaque soir. Non, il avait toujours un endroit sympa à faire visiter à Ye Guang, il l'emmenait au ciné, au musée, à la piscine, à n'importe quel restau, faire du sport et plein d'autres choses. Il ne manquait pas d'idée.

Sloan n'avait rencontré qu'une seule fois Xu Qi Zhang, parce que Ye Guang avait invité son petit ami à l'une de leurs sorties. Ça s'était bien passé, Sloan s'était comporté comme d'habitude. Il avait été marrant, gentil et tactile. Lui et Xu Qi Zhang s'étaient plutôt bien entendus, et le petit ami de Ye Guang lui avait même dit qu'il était heureux qu'il ait un aussi bon ami.

— Il y a quelqu'un pour prendre soin de toi quand je ne peux pas le faire, lui avait-il dit.

Ye Guang adorait Xu Qi Zhang pour ce genre de choses, il pensait réellement à son bonheur, il se montrait toujours si attentif. Ceux qui se moquaient de Ye Guang ne savaient pas à quel point Xu Qi Zhang était une pépite, et qu'il aurait été bien trop con de le perdre sous de faux prétextes tels que « tu n'as jamais connu personne d'autre ».

Xu Qi Zhang et Ye Guang avaient rendez-vous aussi souvent que possible, ils partageaient des moments ensemble et même s'ils ne faisaient rien de particulier, s'ils ne faisaient que regarder une série à la télé par exemple, pour Ye Guang il s'agissait toujours de moments amusants. Assis sur le canapé, Xu Qi Zhang entremêlait leurs doigts et posait sa tête sur son épaule et cette simple présence rendait Ye Guang heureux.

Des fois, quand ils avaient le mal du pays, ils en parlaient ensemble, ils décidaient des premières choses qu'ils feraient en rentrant, des choses qu'ils iraient manger, des endroits où ils se rendraient.

Lorsque Ye Guang devait quitter Xu Qi Zhang, ce n'était pas facile, aucun des deux n'avait envie d'être séparé. Xu Qi Zhang caressait ses cheveux, disait « tu vas me manquer », il lui souriait avec tendresse. Pourquoi est-ce que son petit ami le mettait toujours dans des états pas possibles avec de simples paroles, de simples gestes ? Ye Guang savait que Xu Qi Zhang était magique.

Il rentrait donc dans sa propre chambre universitaire, l'air complètement béat. Il était arrivé que Sloan le voie ainsi et le taquine à ce sujet :

— Est-ce que c'est le sexe qui te rend si heureux ?

Ye Guang avait nié en rougissant jusqu'aux oreilles, ce qui avait fait mourir de rire Sloan qui l'avait décoiffé :

— Je t'embête.

Sloan enchaînait les histoires sans lendemain. Il ne paraissait jamais s'attacher à personne, et pourtant le vivre très bien. Ye Guang ne comprenait pas cette façon de faire, mais il ne jugeait pas non plus. Sloan n'était pas du genre à en parler de toute façon, il prenait son bon temps, mais n'épinglait pas ses conquêtes comme un tableau de chasse, il se contentait de profiter voilà.

Les autres potes que Ye Guang avait pu se faire lui disaient parfois qu'il irait bien avec Sloan, ce qui le surprenait.

— Et pourquoi ?

— Vous êtes mignons ensemble, il y a pas mal de potentiel entre vous.

Ye Guang ne comprenait pas du tout ces paroles. Il parlait couramment l'anglais, et pourtant, il restait hébété quand on lui disait ce genre de trucs, comme si tout à coup il avait oublié cette langue. Quand il demandait des précisions, on lui rétorquait :

— Vous formeriez un beau couple, c'est tout.

— Mais pourquoi ?

— Vous vous entendez bien, vous êtes souvent ensemble.

— On doit forcément sortir ensemble parce qu'on s'entend bien ?

— Oh laisse tomber ! On disait juste ça comme ça.

Il voyait bien que certaines personnes le trouvaient stupide, mais Ye Guang se disait qu'il n'était pas le plus stupide. Les imbéciles c'étaient ceux qui ne comprenaient pas qu'il avait déjà Xu Qi Zhang et que ça lui suffisait amplement.

Ye Guang en avait parlé avec Sloan, il avait dit combien ça lui semblait ridicule. Il s'attendait à ce que son ami en rie avec lui, mais celui-ci était resté plutôt silencieux.

— Et qu'est ce que ça ferait si on sortait ensemble ? demanda-t-il.

— Rien, répondit Ye Guang, sauf qu'on ne sortira jamais ensemble.

— À cause de ton petit ami.

Ye Guang acquiesça.

— Et s'il n'était pas là ? Imagine, si tu étais célibataire, qu'est-ce que tu ferais ? Tu sortirais avec moi ?

— Je ne comprends pas pourquoi tu demandes ça.

— Je demande pour savoir si je suis un non-choix parce que tu es déjà en couple, ou si je suis un non-choix parce que nos atomes ne sont pas crochus.

— Je ne peux pas imaginer ne pas sortir avec Xu Qi Zhang.

— Tu noies le poisson. Je vais donc croire que tu sortirais avec moi s'il n'était pas là.

— Je n'ai jamais dit ça. Et je ne vois pas pourquoi ça t'intéresse. Tu n'étais pas avec Cindy ?

— Oh ça s'est fini il y a environ deux heures.

— Ah bon. D'accord. Je suis désolé.

— Désolé de quoi ? interrogea Sloan.

— Ça ne te rend jamais triste de rompre ?

Sloan haussa les épaules :

— Pas spécialement. Ce qui me rend triste, c'est qu'il y a une personne que j'aime et qui ne me regarde pas moi.

— Ah bon ? Qui ?

Sloan poussa un long soupir. Ye Guang pencha la tête en essayant de deviner de qui il pouvait bien parler. Sloan était très entouré, ça pouvait être n'importe qui.

— Est-ce que tu fais exprès de ne rien comprendre ?

Ye Guang secoua la tête :

— Je suis désolé, je dois comprendre quelque chose ? Peut-être que les subtilités de la langue m'échappent.

Sloan leva les yeux au ciel et changea de sujet. Ye Guang n'insista pas, si son ami ne voulait pas lui dire qui il aimait, ce n'était guère important, cela ne le regardait pas, voilà tout.

Ce jour-là Ye Guang avait rendez-vous avec Xu Qi Zhang, ils avaient décidé d'aller se balader ensemble sans trop savoir où encore. Alors qu'il était sur le chemin, il rencontra Sloan. Celui-ci le rejoignit tout sourire :

— J'aime bien ce genre de hasard, lui dit Sloan.

Ye Guang lui sourit.

— Tu vas où ? Je peux venir avec toi ?

— Je vais voir Xu Qi Zhang, répondit Ye Guang.

— Ah.

— Tu peux venir si tu veux, ça sera sympa, continua le jeune homme sans se rendre compte que Sloan paraissait un peu énervé.

— Okay, je viens, accepta Sloan.

Ils se rendirent au lieu de rendez-vous. Xu Qi Zhang n'était pas encore là, mais lorsque Ye Guang voulut sortir son portable pour lui demander où il était, Sloan attrapa son poignet pour l'en empêcher :

— Et si on s'enfuyait ensemble ?

— Pardon ?

— Si tu laissais tomber ce mec et que tu venais t'amuser avec moi ?

Ye Guang le regarda sidérer alors que Sloan continuait :

— On sort souvent ensemble non ? On s'amuse bien tous les deux, je t'emmène dans plein d'endroits marrants, qu'est-ce qu'il a de plus que moi ce mec ? Je suis gentil, drôle et mignon, je suis sûr que je te plais, mais que tu ne le vois pas à cause de lui.

— Je ne comprends pas, fit Ye Guang.

— Si ! Tu comprends très bien.

Sloan tira sur son poignet pour le rapprocher de lui. Ye Guang était tellement sous le choc qu'il ne le repoussa pas tout de suite et ses yeux s'écarquillèrent quand il vit le visage de Sloan se rapprocher du sien. Au moment il allait reprendre ses esprits, réagir et le repousser, il sentit une main sur son visage qui le poussait en arrière.

— Stop, cria une voix qu'il connaissait trop bien.

Ye Guang ne put s'empêcher de sourire en reconnaissant Xu Qi Zhang, mais celui-ci n'avait pas l'air heureux. Il faisait une tête dépitée alors qu'il relâchait son petit ami.

— Qi Zhang, s'exclama Ye Guang.

Ce dernier le regarda un instant fugace, l'air tellement triste que Ye Guang en eut le cœur serré. Il bafouilla une excuse, mais son petit ami le coupa.

— En fait, fit Xu Qi Zhang, je ne veux pas savoir.

Et devant l'air étonné et dépité de son petit ami, il prit ses jambes à son cou et s'enfuit.

Ye Guang regarda Sloan en clignant des yeux :

— Qu'est-ce qu'il vient de se passer ?

— Je crois que tu viens de te faire larguer, sourit Sloan, et si on continuait ce qu'on avait commencé ?

Ye Guang n'était pas du genre violent, mais quand Sloan se rapprocha à nouveau de lui, la gifle partit sans qu'il ne la contrôle.

— Désolé, lâcha-t-il tout de suite après. Écoute… Je dois y aller, on se parle plus tard okay ?

Et sans laisser le temps à Sloan de répondre, il partit en courant à son tour.

Xu Qi Zhang ne rentra pas tout de suite, il vivota dans la ville en ignorant son portable qui sonnait et resonnait. Il essayait de ne pas réfléchir, de ne penser à rien, mais l'image de son petit ami aussi proche d'un autre homme comme s'ils allaient s'embrasser ne voulait pas quitter son esprit. Est-ce que Ye Guang s'était lassé de lui ? Parce qu'ils ne se voyaient pas assez souvent ? Est-ce que ce Sloan prenait si bien soin de lui que Ye Guang avait fini par se tourner vers lui ?

Bien sûr, Xu Qi Zhang avait été content de voir que son petit ami s'était fait un ami proche, mais là maintenant, la jalousie le rongeait un tout petit peu. Il n'avait pas voulu se faire « voler » Ye Guang. Même s'il savait que ce n'était pas vraiment du vol, Ye Guang n'était pas un objet, il ne lui appartenait pas et il faisait ses propres choix avec son libre arbitre.

N'empêche que Xu Qi Zhang aurait préféré que son choix ne soit pas une autre personne que lui.

Il rentra chez lui très très tard. Il ne s'attendait pas à croiser Ye Guang qui faisait le pied de grue devant chez lui, et quand il le vit il faillit faire demi-tour. Puis il se dit qu'il ne pouvait pas dormir sous un pont, alors en prenant une grande inspiration, il s'avança.

— Eh ! l'interpella Ye Guang, on peut parler ?

Xu Qi Zhang secoua la tête. Vraiment, il n'était pas encore prêt à rompre, il voulait encore croire un instant que cet amour allait durer toute la vie. Il ouvrit la porte de chez lui à toute vitesse, s'y faufila et referma derrière lui sans dire un mot. Une fois à l'intérieur, il respira à nouveau. Demain. Demain promis juré, il écouterait ce que Ye Guang allait lui dire, mais ce soir, il voulait encore être le petit ami de Ye Guang.

Il se sentait tellement mal qu'il attrapa le parapluie de Ye Guang et l'ouvrit au-dessus de sa tête, en se recroquevillant sur lui-même. La dernière fois qu'il avait pleuré comme ça c'était à cause de son oncle, et c'était aussi de cette façon qu'il avait rencontré Ye Guang. C'était le pire et le plus beau souvenir. Il ne voulait pas que tout s'arrête.

Il était sur le point de s'endormir dans cette position quand on frappa à la porte. Il savait qui c'était, il savait que son petit ami s'impatientait sans doute, mais il n'allait pas ouvrir. Alors il entendit Ye Guang parler à travers la porte :

— Qi Zhang, laisse-moi entrer s'il te plaît.

Il resta silencieux, sans bouger, serrant plus fort le parapluie.

— Il faut qu'on parle.

Xu Qi Zhang ne bougea pas. Pas même quand Ye Guang frappa plus fort :

— S'il te plaît, insistait-il, s'il te plait Qi Zhang.

Encore une fois, Xu Qi Zhang ne dit rien.

Le silence s'abattit alors, et Xu Qi Zhang ne sut pas s'il devait en être soulagé ou effondré.

Puis, quelques minutes plus tard, la voix de Ye Guang résonna à nouveau :

— Tu sais depuis que je suis à Boston, on a écouté différentes musiques et yen a une que j'aime beaucoup, quand je l'écoute, je pense à toi.

Xu Qi Zhang se leva le plus silencieusement possible et alla se coller dos à la porte pour écouter son petit ami lui parler.

— Tu la connais aussi sûrement. Et je sais que de nous deux, c'est toi le chanteur, mais laisse-moi juste te chanter mon passage préféré du refrain.

Xu Qi Zhang ferma les yeux, comme pour mieux entendre Ye Guang chanter tout simplement :

— You are perfection, my only direction. It's fire on fire. (1)

Le cœur battant, Xu Qi Zhang relâcha un soupir. Il ferma le parapluie et doucement tourna la clé dans sa porte et ouvrit. Ye Guang se jeta dans ses bras et Xu Qi Zhang faillit perdre l'équilibre. Il ne lui rendit pas son étreinte, mais son petit ami le serrait si fort qu'il aurait pu étouffer.

— Je suis désolé, fit Ye Guang.

— Tu vas me quitter ? interrogea Xu Qi Zhang. Parce que tu aimes ce gars maintenant ?

Ye Guang se recula pour le regarder :

— C'est ridicule ! dit-il, je n'aime personne d'autre que toi.

— Tu allais l'embrasser.

— Tu as mal vu, c'est lui qui voulait m'embrasser, moi j'allais le repousser.

— Vraiment ?

— Vraiment.

Xu Qi Zhang sentit ses jambes flageoler de soulagement, et Ye Guang le retint, le serrant à nouveau contre lui. Il se mit à rire bêtement et son petit ami rit avec lui, tous les deux dans les bras l'un de l'autre.

Une fois les grosses émotions passées, ils allèrent s'asseoir sur le canapé. Ye Guang se pelotonna contre Xu Qi Zhang.

— Je suis désolé, murmura ce dernier, j'aurais dû croire en toi.

— Non, je comprends, la scène pouvait porter à confusion, n'en t'en fais pas.

Puis il prit le menton de Xu Qi Zhang entre ses doigts pour tourner son visage vers le sien. Il colla leurs deux fronts :

— Mais sache que je t'aime comme un fou, je ne te trahirai pas.

Xu Qi Zhang se mit à sourire. Ils échangèrent un baiser.

— La prochaine fois, je te ferai confiance, conclut Xu Qi Zhang.

Ils se serrèrent dans les bras l'un de l'autre, dans une étreinte chaleureuse.

— Je t'aime aussi, fit Xu Qi Zhang.

Ye Guang sourit et ferma les yeux.

Quand il revit Sloan, il lui demanda un instant pour discuter. Ye Guang s'excusa pour la gifle :

— Mon corps a bougé tout seul.

Sloan haussa les épaules et demanda :

— Alors ? Tu t'es fait larguer ?

Ye Guang soupira et répondit :

— Ça ne te regarde pas, mais sache une chose, même si c'était le cas, jamais je n'irais avec toi. Jamais.

Sloan fit la moue et Ye Guang reprit :

— Je suis désolé si tu t'attendais à plus que de l'amitié.

— Et tu vas faire quoi maintenant ? interrogea Sloan.

— Je ne sais pas, mais en ce qui te concerne, je pense qu'on ne peut plus être amis.

— Quoi ? Attends ? Je suis désolé, mais juste pour ça ?

Ye Guang acquiesça :

— Juste pour ça ? Tu as essayé de m'embrasser sans mon consentement, tu t'es réjoui de penser que Qi Zhang pourrait me larguer, tu n'es pas du tout un bon ami comme je l'ai cru, tu penses seulement à toi.

Sloan le poussa avec mécontentement et s'en alla. Ye Guang regrettait un peu que les choses se terminent comme ça, mais Sloan avait dépassé les limites. Il avait d'autres ami.e.s et surtout, il avait Xu Qi Zhang, et c'était bien le plus important.

Ye Guang arriva un peu à la bourre à son rendez-vous avec Xu Qi Zhang, celui-ci l'attendait déjà et il se jeta presque dans ses bras comme si ça faisait des siècles qu'ils ne s'étaient pas vus.

— Tu m'as manqué, sourit Xu Qi Zhang.

— Tu m'as manqué aussi.

Ils se mirent à rire tous les deux. Puis ils se prirent par la main et allèrent s'amuser ensemble.

Fin.

L'autatrice : j'avais envie de créer un mini drama.

(1)Fire on fire de Sam Smith