NOTE : Je n'ai pas prévu de publier cette histoire. Je désire juste écrire mon aventure Pokémon pendant que je joue à Ecarlate sur ma Switch, ça n'a rien d'intéressant et l'intérêt se perdra vite. Mon seul intérêt, c'est que le texte existe... alors pourquoi ne pas le rendre public ?!

Sachez qu'à l'heure où j'écris ces mots, le jeu vient de sortir. Prenez ça comme un Let's Play pas trop narratif. Rien de plus.


Chapitre 1 :

Crottin de Ponyta

Tout commence par un bourdonnement étrange dans ma tête... on me demande de choisir mon apparence et je soupire. Tiens, un rêve. Je garde très peu de souvenirs de ce temps suspendu, juste une vague sensation d'un sourire. Genre, j'ai des cheveux VIOLETS ! Je déteste le violet et je jure solennellement que je n'ai pas agit sous la peur ou la contrainte.

Le détail que je préfère dans ce nouveau moi, ce sont les quelques tâches de rousseurs qui constellent mes joues, j'ai toujours trouvé ça adorable et j'en ai pas (mise à part des petites traces d'acnés qui vont et viennent). Ce côté mignon est accentué avec ma bouche de chat, à croire que j'ai mis le paquet mais je trouve que ça s'accorde plutôt bien avec mon regard ahuri. Très proche de mon véritable moi, pour le coup : je suis pas la lumière la plus affûtée du placard.

Ma première pensée en basculant dans l'autre monde fut "ah, tiens, la Switch, là-bas ! Elle a EXACTEMENT les mêmes joycon que les miens... étrange : coïncidence ?! Je ne pense pas !" et ensuite, j'ai réalisé : COMMENT ÇA UN AUTRE MONDE ?

Ce n'était pas un rêve.

Je m'appelle Arthur.

Les yeux gris et des cheveux rasés sur le côté...

... ET J'HABITE DANS UN MONDE DE POKÉMON !

Argh.

Bordel de merde.

Sans doute me serais-je attardé sur d'autres détails si j'avais eu un cerveau en état de marche... des détails du genre "tiens, quelle adorable chambre ! Oh, une peluche, elle m'a l'air si douce. Cette maison est vraiment trop belle, je devrais la faire dans les Sims, j'adore jouer aux Sims" mais si c'est pour me retrouver coincé dans un monde de Pixel où je pourrais mourir parce qu'un connard a retiré une échelle ou parce que j'ai décidé de faire cuire des saucisses... non merci.

Au lieu de flâner, je descends avec hâte et je me coince dans un mur ce qui me fait réaliser que je suis quelque part entre le monde réel (qui se trouve être celui de pokémon, j'adore ma vie) et celui des jeux vidéos (sans doute une sorte de sur-moi qui bouge un joystick en buvant un café froid) où on peut rester bloquer dans une texture. Marrant, non ? Non ! Je sais pas ce que je fous là ni comment m'en tirer ni... ni...

"Coucou mon cœur. Oh, mais tu portes déjà ton uniforme ?"

Euh... excusez-moi Madame mais... ON SE CONNAIT ?!

Oui, j'imagine. Je SAIS que ce personnage s'appelle "maman" et comme elle ne semble pas surprise de me voir à la place de son fils et que MA maman ne ressemble pas à ça... bah, disons que ça m'aide pas à sortir du crottin de Ponyta !

J'aurai bien voulu lui répondre : entrer dans son jeu ou hurler tout ce que j'ai sur la conscience ou me rouler en boule pour pleurer un bon coup mais rien n'y fait. Je reste figé... planté comme un con, muet. Je suis muet ?! JE SUIS MUET ! Génial, déjà que j'atterri sans prévenir dans un rêve qui se transforme en cauchemar mais en plus, je suis handicapé !

"C'est vrai que c'est ton premier jour dans ta nouvelle école, aujourd'hui. Je suis si contente pour toi !"

J'écoute d'une oreille peu attentive son baratin, tout tourne au ralenti mais tout file en accéléré... c'est une sensation étrange, celle de ne plus du tout avoir le contrôle et une panique sourde qui dévore mes entrailles. Mon sang martèle dans mes oreilles pendant que je vais ouvrir la porte de chez-nous quand le Professeur Truc-Muche sonne à la porte : muet et toujours pas fichu de retenir les noms, je cumule mes tares avec celles du personnage que j'incarne. Ô, joie.

"Je suis le Professeur de l'Académie Orange." se présente-t-il.

Ô range ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! N'ai-je donc perdu ma voix que pour taire cette infamie ? Euh, oui. Je comprends mieux pourquoi je me réincarne MUET : la survie du monde en dépend.

"Oh, mais où avais-je la tête ?!" sursaute le Professeur Bidule. "J'étais à deux doigts d'oublier le plus important et nous serons mieux dehors..."

Équipé de mon plus beau sac-à-dos et d'un chapeau rond qui m'horripile, je sors pour découvrir trois Pokémons qui m'indiquent que je suis bel et bien dans une nouvelle aventure inédite... ce n'est pas rassurant. Je ne me considère pas comme un expert dans les jeux Pokémons, au contraire, je les finis rarement mais j'aurai pu avoir l'avantage d'un vague souvenir du terrain. Mais non, je dois me débrouiller avec chat-vert, dragon-rouge ou canard-bleu ! Lequel choisir ? Aucun ne m'inspire confiance.

"C'est une décision qui ne doit pas être prise à la légère."

Bah vas-y, Mister Jtefou Lapression... te gêne surtout pas.

Je vous assure que je suis d'une nature plutôt calme, d'habitude (une sorte de toutou léthargique) mais je découvre une nouvelle facette chez moi, j'imagine que ça vient quand on perd la capacité de parler... comme si j'étais soudainement plus à l'écoute de mes émotions et ça me donne envie de crier comme j'ai jamais osé le faire en vrai. Ce n'est que lorsqu'on est contraint de se taire qu'on réalise que notre PUTAIN de personnalité introvertie n'est qu'un leurre et qu'on pourrait devenir bavard et méga extraverti. Est-ce que tout ça me fait délirer ou je suis enfin un mec cool ?!

"J'aurai aimé rester mais le devoir m'appelle ailleurs : je dois me rendre là-bas, rejoignez-y moi quand vous aurez fait votre choix." dit le Professeur.

Pendant que j'admire la mer d'un air un peu intimidé, il s'en va tranquillement vers une maison un peu plus loin. Ma mère m'offre un Motisma et d'après mes connaissances Pokémon, c'est une sorte de smartphone qui m'offre accès à une carte interactive : je SAIS que ce n'est pas exact mais peu importe, ça me rassure. Je me perds tout le temps même s'il n'y a qu'un seul chemin ou une porte au bout d'un couloir, à croire que j'invoque des fausses routes pour réussir à me paumer en toute circonstances, du grand art.

Clic, clac... je teste vite fait la carte avant de partir droit vers la Maison blanche au bout du chemin où m'attend le Professeur Machin et je découvre effaré ma vitesse de croisière : suis-je handicapé moteur en plus d'être muet ?! POURQUOI EST-CE QUE JE ME TRAINE COMME CA ? Ces baskets ne sont pas équipées de l'option courir ou quoi ?! AAARGH QUE JE SUIS LENT, c'est pas vrai !

Pendant que j'approche la petite clôture blanche qui me sépare du ravin et de la grande étendue bleue avec l'idée perfide de sauter voir si je peux mourir... soudain, je sprinte comme un sportif de haut niveau, plus vite que j'ai jamais couru (vraiment pas un type cool, quoi). Je retourne en arrière voir si c'est lié à la texture du sol mais je cours vraiment vite... je peux même déraper sur plusieurs mètres ce qui me conforte dans l'idée de plus en plus inquiétante que je suis coincé dans un jeu vidéo.

Ai-je investi mon argent dans une nouvelle sorte de casque de réalité virtuelle ? Je n'ai aucun souvenir de ça mais avouez que ce serait une technologie intéressante de pouvoir plonger entièrement dans un monde vidéoludique... avec une petite touche supplémentaire qui nous ferait oublier qu'on est en train de jouer : inquiétant, certes mais fascinant. Honnêtement, c'est la théorie qui m'effraie le moins dans ce chaos total et je n'ai pas le temps d'élaborer que les starters s'agitent !

Monsieur Canard VC plonge dans une flaque d'un air dédaigneux, supérieur et... ok, je t'aime pas, toi. Madame Herbe-à-chat se prélasse dans les fleurs : aucun moyen de savoir si c'est un mâle ou une femelle mais vu sa tête, c'est une fille et tant pis pour les préjugés. J'adore le Dragon Pomme d'Amour qui ne pense qu'à manger... j'aurai sans doute craqué si mon cœur n'avait pas flanché pour une autre (non, pas Poussichat) : une fille qui tapote affectueusement sa tête, au dragon et je tombe éperdument amoureux d'elle. Je lui laisse le pokémon, c'est une affaire de galanterie (et de stratégie mais ça, c'est pas glamour).

Je suis trop absorbé par ses yeux illuminés comme un feu d'automne pour entamer la discussion et je souri bêtement devant sa mèche rebelle verte en me maudissant d'avoir une bouche de chat (DE CHAAAT) sans penser un instant que démarrer une conversation est un peu compliqué quand on est muet. Elle m'apprend que je viens d'emménager dans la maison d'en face (elle n'a pas tord, en un sens) et qu'elle s'appelle Menzi.

"Devenons ami, d'accord ?"

Oui ! Oui, soyons ami... j'aimerai tant le hurler. Oh ! Suis-je bête ?! Je peux simplement hocher la tête : pouvoir parler n'est pas la seule façon de communiquer et je dois commencer à m'entraîner. Pokémon, attrapez-les tous... et apprenez à draguer les filles d'un hochement de tête, attrapons-les toutes (ou juste celle-là parce qu'elle est sublime).

"Super ! Je t'adore déjà."

Ses yeux sont parfaits, ses cheveux sont parfaits et son sourire est parfait. Elle est déléguée et dresseuse émérite de rang Maître... bref, la fille parfaite.

"Sur ces bonnes paroles, Arthur." interrompt Professeur-brise-Noadkoko. "Avez-vous choisi quel Pokémon sera votre partenaire ?"

"Poussa !" rugit le petit chat.

"C'est Poussachat, il est de type plante." m'informe Menzi.

"Poussa ! Poussa !"

Cheshire saute sur mes épaules, je viens de lui donner un nom : JE SUIS FOUTUUU ! Il frotte le bout de son nez contre le mien, c'est vrai qu'il est tout doux... Ok, Poussachat / Cheshire : JE TE CHOISI !

Je ne regrette pas mon choix, son poil est doux et il diffuse une légère odeur de menthe comme l'herbe à chat sauvage... tiens, tiens, ironie. Mon sourire prend des airs angédiabolique quand Menzi réclame son Pokémon : elle habite déjà sur le Campus de l'école Pokémon mais elle dit qu'elle voudrait commencer à mon niveau. Soit elle craque pour moi, soit j'avais raison : elle a bel et bien flanché sur sa p'tite bouille ronde, elle va choisir...

"Ravie de te rencontrer, Coiffeton." dit-elle au canard.

QUOIII ?!

- Fin du 1er chapitre -

...à suivre...