A Moribito One-Shot
Monkey Dance – A Kosenkyo Chronicle
Rated : T
Genre : Spirituel, Friendship
Characters : Shihana, Koucha et Yona
Pairing : Aucun
Notes : Shihana, Koucha et Yona sont des personnages canon propres à la série de Moribito. De ce fait, ce ne sont pas des OCs et ne proviennent pas de moi, mais bien de Uehashi Nahoko.
Aussi, ce one-shot rédigé il y a un an déjà, est une partie de « Les Chroniques de Kosenkyo » (disponible uniquement sur Ao3) dont j'ai été celle qui a créé le défi littéraire, que j'ai posté en simple jet ici. Et le titre est bien sûr une référence à la chanson Monkey Dance :3
Sur ce, je vous souhaite bonne lecture !
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Deux ans s'étaient écoulés depuis la guerre contre l'Empire Talsh.
Shihana venait d'arriver dans la capitale du Nouvel Empire de Yogo. La route avait été longue, un peu épuisante, mais pour une magic-weaver, changer d'atmosphère et complètement d'environnement était très bénéfique pour l'énergie. Autant physique que spirituelle. Elle avait dormi dans de petites auberges sur la route. Elle n'avait pas remis les pieds à cet endroit depuis cinq ans déjà. Son petit singe, son compagnon qui l'aidait lors de missions d'espionnages, bougea sur son épaule droite, frottant son visage dans son cou.
« Nous sommes arrivés, Kizaru, dit Shihana en caressant sa petite tête. »
Étant médium depuis sa plus tendre enfance, ressentant des énergies non-palpables, la chamane sentit que la capitale regorgeait d'énergies de toutes sortes. Pour sa protection et celle de Kizaru, Shihana visualisa un sort dans sa tête : elle s'imagina en train de porter une longue cape noire à capuche, tombant sur ses épaules, la couvrant de la tête au pied. Ceci lui permettra de passer inaperçue. Non pas invisible aux yeux des marchands et des clients, mais ceux-ci ne seraient pas portés à la regarder ni à la dévisager. Elle passerait incognito dans la foule des clients.
Elle refit une nouvelle incantation et érigea une barrière protectrice puissante autour d'elle qui repousserait les vampires énergétiques, ainsi que les esprits errants, perdus et égarés qui demandaient de l'aide. Shihana n'était pas venue au Kosenkyo pour faire la passeuse d'âme. Elle était venue ici pour répondre à une commande très spéciale d'un client Rotan. Il lui fallait des ingrédients et des objets locaux très précis provenant de Yogo pour exécuter un sortilège. Et le sort, l'incantation, ne pouvait pas fonctionner avec des versions alternatives Rotan.
« Mais pourquoi j'ai choisi d'honorer un tel contrat ? murmura Shihana en avançant dans la foule. »
Le petit singe gloussa.
« Pour l'argent, hein ? traduit-elle en sortant un papier parchemin de sa poche. Oh, tu me connais si bien, Kizaru. Bon ! Où se trouve ce fameux magasin d'herbes spéciales ? »
Suivant le plan sur le papier parchemin, Shihana laissa son instinct la mener vers une boutique d'herboristerie Yogoese. La boutique, vue de l'extérieur, ressemblait en tout point aux autres magasins. Elle était même plus fade et moins flamboyante que les autres. La chamane Rotan ouvrit la porte coulissante. Un bruit de clochette se fit entendre, annonçant son entrée dans la boutique. Il n'y avait pas beaucoup de clients, peut-être deux, voire trois maximum. Le propriétaire la salua gentiment. Immédiatement, elle s'acclimata à son environnement et répondit en Yogoese. Elle ne se considérait pas comme étant bilingue, mais elle était fluide et parvenait à se débrouiller, bien qu'elle avait de l'hésitation dans la voix quand elle cherchait ses mots et la parfaite prononciation.
« Puis-je vous aider ? sourit l'homme.
- Bonjour. Oui, je recherche certaines plantes Yogoese très rares. On m'a dit que je pouvais les trouver ici... si par chance vous en avez. »
Elle tira un papier de sa poche et lui montra sa liste.
« Oh, c'est votre jour de chance ! Nous venons justement de recevoir ces commandes ce matin. La femme de notre fournisseur habituel est passée. Ces plantes proviennent directement de la montagne et sont uniques à Yogo. Elles sont très prisées et partent très vite. »
Le propriétaire se dirigea vers un coin reculé de la boutique. Les tiroirs étaient identifiés avec des étiquettes, portant le nom de chaque herbe et de chaque plante. Kizaru vit de petites courges suspendues et de son perchoir – à savoir : l'épaule de Shihana – leva ses deux bras pour jouer avec. Rapidement, Shihana posa sa main sur les bras de son singe et le força à arrêter. Elle n'était pas venue pour voler, non plus. Sa commande payée, la jeune femme Rotan sortit de la boutique rapidement.
Elle bifurqua instinctivement dans une allée, entre deux rangées de bâtiments. L'endroit était sombre et très peu fréquenté. Shihana poussa la porte d'entrée de, ce qui semblait être, la nouvelle boutique. Celle-ci était considérée comme spirituelle. C'était ici que les magic-weavers de tous les coins du continent du nord venaient approvisionner leur stock de pierres, ou acheter de l'encens, des objets magiques et même des sortilèges. Yogo était réputé pour avoir des outils et ingrédients inédits et très rares. Shihana n'était venue à cet endroit que par trois fois dans le passé. Et à tous les coups, elle se sentait bien, dans son élément.
Dès que la porte s'ouvrit, la première chose qui parvint à ses sens olfactifs, fut une odeur d'encens; l'encens était le parfum typique des boutiques ésotériques et spirituelles. Elle purifiait constamment les lieux et tenaient à l'écart les énergies maléfiques.
Les propriétaires, deux magic-weavers et médiums à la fois, ne ressemblaient pas du tout l'image stéréotypée que les roturiers normaux se faisaient en tête. Ils croyaient à tort et à travers que s'ils pénétraient l'endroit, ils tomberaient face à face avec de vieilles chamanes, typiques des comptes de sorcières, hideuses et repoussantes. Elles tiendraient sûrement dans leurs vieilles mains ridées et noueuses des poupées vaudous.
Shihana sourit. Elle savait qu'il n'en était rien. Si les propriétaires de la boutique avaient été à l'extérieur, ils auraient passé pour des roturiers totalement normaux. Ceci était le piège principal avec les médiums et les magic-weavers. Leurs dons n'étaient nullement inscrits dans leur visage. N'importe qui pouvait être un magic-weaver déguisé. Les propriétaires étaient très respectueux et très professionnels avec leurs clients. Dans le domaine de la spiritualité, chaque magic-weaver savait qu'il devait se montrer prudent quand il croisait une personne dans les énergies. Ils pouvaient le sentir dans leur intuition sans même dire un mot. De plus, dans ce domaine occulte, magie noire et magie blanche se côtoyaient. Parfois même, les deux magies se mélangeaient, offrant une magie suprême, la plus puissante de tous.
« Bonjour, salua la propriétaire.
- Bonjour, répondit Shihana.
- Je vous laisse faire votre tour.
- Merci. »
Shihana regarda l'ensemble de la boutique d'un œil curieux. Depuis la guerre, tout avait été rebâti. Dans une telle boutique, les magic-weavers pouvaient s'attendre à trouver pleins d'objets. Il y avait différentes sections, pour tous les besoins.
Dans une, il y avait des bougies et des portes-bougies, avec des livres des ombres vierges fabriqués à la main. Ces derniers étaient plus communément appelés « grimoires ».
Une autre section était dédiée aux cartes divinatoires, au tarot, avec des boules de cristal et des runes; ils permettaient de lire le futur, entrevoir des événements et faire le bilan des vies actuelles ou passées des clients.
La section suivante était celle des ingrédients composée d'herbes, de plantes, d'ossements d'animaux, différents types de sels non-comestibles, de l'encens, des pierres et des pendules.
Dans une toute dernière section, il y avait les objets qui servaient à faire des rituels comme des bijoux – incluant les talismans de protection et les amulettes –, des nappes d'autel, des mortiers, des boîtes en bois, des calices, des bocaux translucides et des dagues.
Pour finir, il y avait des chaudrons en fontes de tailles variées, passant de format mini, petit et moyen. Kizaru vit l'un d'entre eux et sauta à l'intérieur alors que Shihana avait le dos tourné. Elle regardait les bougies quand son singe ricana : il voulait de l'attention.
« Mais qu'est-ce que tu fais là-dedans ?! rit-elle. Je pourrais t'utiliser comme sort. Ou les autres magic-weavers pourraient faire une bonne et savoureuse soupe au singe aux nouilles. Peut-être un ragoût de singe ? »
Ressentant la signification des mots de sa maîtresse, Kizaru se dépêcha de sortir hors du chaudron, paniqué. Shihana dénicha une petite dague, non-tranchante, taillée à même dans une pierre-fine. Elle y trouva aussi de l'huile fait à base de sig salua, des morceaux de racines dolga ainsi que des pétales de suraya séchées. Elle était sur le point de passer à la caisse quand son regard – ainsi que celui de son singe – tomba sur la section des pierres. Il y avait même des pierres importées de Sangal et de Kanbal ! Sur une tablette au-dessus de la section, un dispositif particulier s'y tenait : les pendules. Les pendules étaient des pierres facettés et taillés en différentes formes, auxquelles était rattachée une chaîne en métal. Plusieurs magics-weavers et médiums en possédaient. Certains les utilisaient pour faire du reiki, afin de guérir et soulager les maux des patients; d'autres les employaient comme moyen de communication avec les morts et les esprits; ou encore, certains médiums les collectionnaient, disant qu'ils représentaient leurs vies antérieures et les incarnations qu'ils avaient vécues.
Shihana s'arrêta devant le comptoir. Son petit singe sauta de son épaule et marcha sur la table, touchant les pierres, les regardant comme un enfant intrigué. La chamane passa sa main au-dessus et laissa les pierres l'appeler d'elles-mêmes. Elle allait instinctivement le savoir lorsque ses yeux se poseraient sur la pierre en particulier. Elle aura beau vouloir regarder ailleurs, ses yeux iraient toujours au même endroit. Elle prit une pierre dans ses mains : un lyokuhaku. En la tournant dans sa paume, la pierre dégagea une chaleur. Shihana sut que la pierre lui était destinée. Si ce n'était pas le cas, la pierre aurait été froide au toucher. Un pendule l'appela aussi de la même façon que le lyokuhaku. La pierre était d'un rose pâle, translucide. Certains magic-weavers testaient les pendules en publique, mais Shihana était trop réservée et discrète pour le faire. Seuls ses yeux et son instinct lui confirmaient que le pendule était fait pour elle. Kizaru poussa un petit cri.
« Oui, bien sûre que je vais le prendre ! Je ne peux pas laisser cette occasion filer. »
La chamane ressortit de la boutique, Kizaru tenant un petit foulard rouge dans ses mains; les propriétaires l'avaient trouvé tellement mignon, qu'elles lui avaient donné un petit cadeau. Shihana savait que le vêtement n'avait pas été ensorcelé. Elle l'attacha autour de son cou et sourit.
« Tu es si mignon avec, Kizaru ! Tu l'adores, pas vrai ? »
Son singe sourit. Elle avait presque tous les outils et ingrédients pour son sortilège, mais son estomac gargouilla. C'était bientôt l'heure du souper et elle choisit de manger à une des tavernes au Kosenkyo. Il y avait déjà deux hommes saouls qui étaient en train de se battre, et elle se tassa de justesse lorsque les propriétaires de la taverne sortirent les trouble-fêtes à l'extérieur. Kizaru sauta hors de son épaule et les suivit. Shihana n'était pas effrayée de perdre son compagnon : elle pouvait partager ses yeux et le retrouver à tout moment. Elle prit place sur le bord du comptoir et commanda à manger. Attendant sa commande, elle se surprit à entendre la conversation de deux gens Yogoese. Elle sentit que l'un des deux était un forgeur d'épée.
« Combien au monde existe-t-il de guerriers qui pourraient t'inciter à forger l'épée ultime ? demanda l'homme, qui semblait être un ami et qui utilisait un dialogue informel.
- Eh bien... au cours de ma longue vie, il n'y a eu qu'un seul guerrier qui m'aurait permis d'atteindre cet état d'esprit. Il est venu au Kosenkyo, dans les forges. Pour lui, j'ai forgé une lame en me servant de toutes les compétences dont je disposais à l'époque. C'était un guerrier provenant d'une lointaine contrée et qui avait traversé de nombreux pays. Jamais je n'avais vu de telles compétences à l'épée auparavant. Il avait pris un enfant sous son aile – ce n'était pourtant pas son genre – et le garda toujours à ses côtés.
- Un enfant ?
- Un de ses amis, qui était aux prises avec une intrigue politique à la cour, lui confia l'enfant. En conséquence, ce guerrier fut banni de sa terre natale. Dès son départ, de nombreux assassins furent envoyés pour le tuer. Alors il me demanda de forger une lame qui lui permettrait de battre les assassins. »
La commande de Shihana arriva et elle but un peu d'alcool de mashira, continuant discrètement d'écouter le récit du forgeron.
« Et où est ce guerrier maintenant ?
- Il est décédé. Il a été tourmenté jusqu'à la fin par tout ce qu'il avait fait.
- Et qu'en est-il de l'enfant ?
- Le guerrier a élevé l'enfant jusqu'à ce qu'il devienne un adulte. Il est vivant et se porte bien. »
Kizaru sauta sur les cuisses de sa maîtresse, la faisant sursauter et perdre le cours de la conversation. Il tenait dans ses petites mains un paquet de confiserie...
« Des... hekimooms ? Mais où as-tu déniché ça, toi ? rit-elle. »
Pour toutes réponses, le petit singe prit un morceau de fruit dans son assiette et le mangea.
Dans un petit village avoisinant le Kosenkyo, des pas résonnèrent dans une maisonnée. Une jeune femme au kimono rose et aux cheveux bruns courts ouvrit le rideau – qui servait de porte – sur un jeune homme endormit.
« Debout, Koucha ! ordonna-t-elle. Tu m'avais promis de m'aider à aller faire quelques courses au Kosenkyo, aujourd'hui.
- ... Argh, Yona-Oneechan, deux petites minutes.
- Ah non ! Je n'y suis pour rien si tu as veillé jusque tard dans la nuit, vers quatre heures du matin, à parler avec ton ami. Tu fais ça depuis deux mois et après, tu te demandes pourquoi tu es toujours somnolent pendant le jour. »
Elle souleva sa couverture et le tira par les pieds.
« Allez, grouille-toi ! Je t'ai laissé dormir tout l'avant-midi, mais là, je voudrais vraiment aller faire les courses avant que ce ne soit trop bondé ! »
Koucha se redressa lentement, la mine grise. Yona ne le ménagea pas. Quinze minutes plus tard, les deux jeunes adultes Yogoese se retrouvaient sur le chemin principal, traversant la forêt de la montagne pour arriver au Kosenkyo. Koucha avait était moins traumatisé que Tanda, quand ils avaient servi de chair à canon, contre l'empire Talsh. Bien sûr, lui, il avait tous ses membres. Il n'avait pas perdu de bras comme Tanda. Après la guerre, Koucha et sa sœur aînée, Yona, avaient gardé contact avec lui et l'aidait quant à ses commandes d'herbes médicinales et quand il n'était pas en mesure de se procurer certains instruments et ingrédients. Koucha faisait parfois des cauchemars récurrents, des souvenirs reliés à ce que ses yeux avaient vu sur le champ de bataille. Cependant, il ne se réveillait pas en hurlant. Il faisait juste ouvrir les yeux et attendait de s'être calmé pour se rendormir sans difficulté.
Yona fut soulagée de voir que la file d'attente, pour les herbes médicinales, n'était aussi pas longue qu'elle l'avait imaginé. Elle attira son frère proche d'elle et attendit patiemment, sortant un jeu de ficelle comme passe-temps. Elle pria pour qu'il reste une plante en particulier. Elle avait attendu de longues semaines pour pouvoir s'en procurer.
« Avez-vous de cette plante médicinale encore en réserve ? demanda-t-elle, nerveusement.
- Je vais vérifier, ça ne sera pas long. »
Koucha prit place sur un banc entretemps et perdit son regard dans le vide. Le propriétaire revint avec un paquet.
« C'est la journée de chance de plusieurs personnes aujourd'hui, commenta-t-il. Il ne me reste qu'un paquet et il est à vous. La majorité des paquets sont partis, il y a peu.
- Comment ça ? s'étonna Yona.
- Une jeune cliente qui a fait une longue route était en besoin également.
- Oh ! jour de chance, comme vous dites. Merci ! »
Yona attira Koucha par-ci, par-là et leurs sacs étaient bientôt pleins. Enfin, sa grande sœur choisit de s'asseoir pour se reposer légèrement avant de reprendre la route pour l'heure du souper. C'est alors que Koucha décida d'acheter quelques hekimooms, quitte à être dans le coin et devant un stand. Il négocia et reçut un paquet pour trente lugals. Il n'avait pas marché très loin qu'un cri inhabituel, lui parvint aux oreilles. Ce devait être celui d'un animal. Le son ne sortait clairement pas de la bouche d'un humain. Il leva les yeux vers un arbre et y vit un petit singe avec un joli foulard rouge attaché autour du cou.
« Depuis quand a-t-on des singes à Yogo ? murmura tout bas Koucha. »
Quelque chose dans l'énergie de l'animal le mit légèrement sur ses gardes. Pas que l'animal semblait sauvage. Non. Le singe dégageait une énergie magique. Comme si son propriétaire était... un magic-weaver aussi ? Koucha se considérait comme un magic-weaver également, en plus de pouvoir voir Nayug comme Chagum, mais il n'en faisait aucunement sa profession pour vivre et préférait taire ses dons de médiumnité. Il ne s'ouvrait qu'à des amis de grande confiance. Le petit singe descendit des branches habilement et vint se poser naturellement sur l'épaule du jeune homme. Ne sachant pas s'il allait lui mordre le doigt, Koucha n'osa pas le flatter. Il prit alors un hekimoom et le mit devant les yeux de la bête.
« Tiens, dit-il, c'est pour toi. »
Le singe le prit dans ses petites mains et Koucha fut fasciné de voir comment l'animal mangeait rapidement la friandise. Il tendit ses petits bras poilus et Koucha crut qu'il en redemandait encore. Kizaru devint de plus en plus insistant, en poussant de petits cris, et le jeune homme commença à paniquer. Dans ses gestes affolés, il approcha son paquet. C'est alors que le petit singe le lui vola avant de sauter sur le sol et de s'enfuir sur ses deux pattes arrières, comme un petit être humain. Koucha fut tellement abasourdi de la situation qu'il resta là, sans bouger, un bon cinq minutes... qu'est-ce qui venait de se passer au juste ?!
