Disclaimer : Les Malheurs de Sophie est l'oeuvre de la Comtesse de Ségur et son adaptation télévisuelle de 1998 à Bernard Beryiès.
Résumé : C'était officiel. C'était enfin officiel. Après de longs mois de lutte contre l'administration, c'était gagné, c'était fait : Sophie était officiellement sa fille. [Les Malheurs de Sophie]
Liste des dettes du Discord « Défis Galactiques » : 50 nuances de titre en français (44/50) + 19 novembre - Journée mondiale pour la prévention des abus envers les enfants + Copc d'écrire sur Sophie qui demande à Madame de Fleurville si elle peut l'appeler "Maman" ?
Sa nouvelle fille
C'était officiel. C'était enfin officiel. Après de longs mois de lutte contre l'administration, c'était gagné, c'était fait :
Sophie était officiellement sa fille.
Encore une fois, la loi leur avait mis des bâtons dans les roues : il fallait rechercher si Sophie avait de la famille encore en vie. Paul, cela avait été plus rapide : ses parents étaient morts en mer, son oncle avait péri en Amérique et il n'avait plus ni grands-parents ni oncles ou tantes. Sophie, il avait fallu explorer le côté maternel.
Madame de Fleurville s'en était rongé les sangs.
Sur qui sa petite Sophie allait-elle tomber ? Elle qui avait subi tant de malheurs ! Elle qui semblait tout juste réussir à se reconstruire après les terribles tourments endurées par cette horrible femme qu'avait été Madame Fichini ! Oui, la noble craignait qu'on ne trouve à sa pupille une parentèle qui s'avérerait être aussi cruelle que feue la veuve d'Henri de Réan. Que Sophie renoue avec les coups, les privations, les humiliations, les insultes ! Elle qui s'autorisait enfin à pleurer ses morts, à faire ses deuils, à parler du passé sans qu'il ne lui fasse trop de peine ! Elle dont le corps avait fini par effacer les années de mauvais traitements : les bleus sur sa peau, les carences liées à la malnutrition ! Elle qui avait rattrapé son retard scolaire ! Elle qui ne faisait plus de cauchemars dans lesquels sa marâtre venait pour l'arracher à ses amies pour la frapper plus durement encore !
Et oui, de manière très égoïste aussi, elle ne voulait pas que son labeur soit détruit.
Elle avait tant bataillé pour extirper Sophie de sa belle-mère !
Elle avait lutté contre sa propre nature pour ne pas trop cajoler l'orpheline, elle qui avait besoin de limites, de repères, de stabilité pour pouvoir se retrouver et se reconstruire afin de devenir une adulte équilibrée.
Sophie qui avait fait tant d'efforts !
Mais aujourd'hui, l'angoisse était terminée.
Madame de Réan avait en effet une sœur encore en vie. Cependant, quand elle avait appris les bons soins de Madame de Fleurville à l'égard de sa nièce, elle avait décidé que cela aurait été nuire à la pauvre petite que de l'arracher à cette bonne dame, à ses amies, à Paul qui vivait non loin. Madame de Fleurville aimait Sophie comme sa fille, nul doute que Sophie l'aimait comme sa mère et sa première maman se serait autant battues pour Camille et Madeleine si les rôles avaient été inversés.
-Ca y est ?
-Oui, ma petite Sophie. Ca y est. Tu es officiellement un membre de la famille, même si tu l'as toujours été dans nos cœurs.
La jeune fille baisse les yeux, fixe ses pieds.
-Sophie ? S'inquiéta la maîtresse des lieux. Qu'as-tu ma chérie ?
-Est-ce que je peux vous appeler Maman ?
Le cœur de la normande fit un bond dans sa poitrine alors qu'elle sentit toute sa résolution fondre.
-Je vous aime comme une maman. Et vous m'aimez comme une fille. Mais... cela peinerait-il ma maman, si je vous appelais Maman ?
Aussitôt, l'adulte tomba à genoux et enlaça son nouvel enfant contre son cœur.
-Bien sûr que tu peux m'appeler Maman, ma chère petite ! Tu peux m'appeler par le titre qu'il te sied ! Je serai honorée que tu m'appelles ainsi, si le cœur t'en dit ! Et quand à ta première maman, je pense qu'elle serait très heureuse qu'il y ait dans ta vie une personne que tu juges digne de cette appellation.
Sophie sourit, se nichant un peu plus dans ses bras.
-Maman... ma chère Maman...
-Ma Sophie chérie ! Ma tendre enfant...
FIN
