Coucou me revoilou !

Après une petite traversée du désert, je reviens avec un OS pour l'anniversaire de ma Kathy Magda d'amour !

Je sais que ce petit texte va lui faire plaisir, mais j'espère aussi vous régaler. Je suis un peu sortie de ma zone de confort en écrivant au présent et à la première personne. Et vindieu (comme on dit par chez moi) ! C'était pas de la tarte !

Vous avez maintenant l'habitude, j'écris en écriture inclusive. Cela inclut :
- féminisation des professions et leurs variations neutres (ex: acteurice, auteurice, lecteurice, etc.)
- alternatives de genre avec point médian
- les pronoms "iel·s" (il·s + elle·s), "elleux" (elles+ eux), "celleux" (celles+ ceux), etc.
Plus d'infos sur En Inclusif . fr

Disclaimer BDSM :
- Cet OS décrit une séance de kinbaku (bondage japonais avec des cordes). Il est bon de rappeler que le shibari est un art complexe mais aussi potentiellement dangereux qui nécessite des connaissances de bases en anatomie de la part du·de la rigger (la personne qui attache) mais aussi du·de la bunny (la personne attaché·e). Les blessures minimes sont monnaie courante dans cette pratique (pétéchies, brûlures légères) mais d'autres plus graves peuvent survenir en cas de compression d'un nerf. Ne vous lancez pas dedans avant d'avoir acquis les savoirs de bases sur le matériel (non, Kévin, on ne fait pas ça avec des cordes d'escalade), la sécurité et sans ciseaux/cutter de sécurité à proximité. Vous pourrez toujours achetez de nouvelles cordes, mais pas un nouvelle vie.
- Cet OS contient aussi du wax play. S'il-vous-plait, ne prenez pas la bougie anti-odeur de votre cuisine pour recouvrir le corps de votre partenaire ! Cette pratique nécessite également du matériel adapté. Il vous faudra des bougies dites « basse température », préférentiellement à base de soja, plus hydratante pour la peau.
- Le subspace est un état de conscience altéré provoqué par une saturation du système nerveux (qui largue des tonnes de molécules type dopamine/endorphine dans le corps) suite au plaisir contradictoire de la douleur. Lae soumis·e rentre alors dans une sorte de transe où iel peut parfois devenir incohérent (difficultés à articuler tant le plaisir est intense). Il y a plusieurs niveau de subspace en fonction de l'état conscience (un peu comme lors d'une séance d'hypnose).
- L'aftercare est le moment après une scène où on prend soin de toustes les partenaires. On pense les blessures s'il y en a, on aide l'autre à émerger, etc. C'est généralement un moment de douceur et de complicité pour revenir à soit. Il n'est pas obligatoire (chacun négocie cela dans sa dynamique), mais vivement recommandé.
- Les pratiques et kinks BDSM n'ont pas qu'un impact physique, mais aussi psychologique sur tous les partenaires. Assurez-vous que chaque participant·e à une séance soit en état avant d'en démarrer une.

En gros, amusez-vous et prenez du plaisir tant que tout le monde est majeur·e et conscentant·e !

Mille merci Akhmaleone et à Pouik pour la bêta ! Je vous aime d'amour !

Et bonne lecture ;)

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Ça tire. Ça serre. Ça comprime.

Totalement inerte.

Mes jambes sont liées et suspendues au-dessus de ma tête, révélant mon fessier. Mes bras sont croisés, attachés dans mon dos, d'où part une corde qui maintient mon buste au-dessus du sol. La seule partie de mon corps qui touche le tatami sont quelques-unes de mes boucles. C'est comme si je ne tenais qu'à un fil, bien qu'accrochée par plusieurs cordes de jute à un bambou, flottant au milieu des dizaines de bougies éclairant la pièce.

La position peut paraître terriblement inconfortable – en un sens, elle l'est –, mais cela me fait tellement de bien et Drago le sait. Lui seul arrive à forcer la courbure de mon être jusqu'à atteindre ce point où… Oui, là, juste là, c'est parfait.

Je pense que je suis bientôt prête à partir. Je fais donc un dernier état des lieux de mes membres. Je déplie un à un mes doigts, avant de planter l'ongle de mes pouces dans chacun d'entre eux, puis de remuer les poignets. Un léger picotement, signe que la circulation sanguine est ralentie. Pas d'engourdissement. Pas de sensations différentes dans mes doigts. Je procède aux mêmes vérifications au niveau de mes orteils. Tout va bien.

Je jette un œil à Drago. Il est toujours assis dans son fauteuil en face de moi, les coudes posés sur ses genoux, un verre de soi-disant whisky-pur-feu entre les mains – du thé en réalité, c'est juste pour la mise en scène. Il paraît détendu et songeur – et il l'est –, mais je le sais concentré. Il scrute mon corps, à la recherche du moindre signe d'inconfort anormal ou de blessure. Il m'a vu faire mes vérifications, il sait que ses nœuds sont parfaitement réalisés et que les enchantements sur les cordes l'auraient averti d'un quelconque dommage. Mais cela ne l'empêche pas de rester en alerte. A-t-il seulement cligné des yeux depuis qu'il s'est assis, il y a dix minutes ?

Je tente d'inspirer un grand coup. Les cordes autour de mon buste et mon cou ne rendent pas la tâche facile. Elles me forcent à rester lente dans chaque petit mouvement. Elles me poussent à approfondir ma respiration. Elles m'obligent à me reposer sur mon instinct et non mon esprit. Je sens l'air frais se réchauffer dans mes narines avant de parcourir le reste de mon corps. Je sens la jute irriter ma peau à chaque gonflement de ma poitrine. Je sens ma tête se vider un peu plus à chaque expiration.

Je ferme les yeux. Tout est calme, mais pas silencieux pour autant. Pour une fois, pas de musique, mais le son de la cire qui s'écrase au sol régulièrement résonne tel un métronome. J'entends Drago se lever et avancer vers moi. Sans pour autant qu'il ne me touche, je le sais proche au point de sentir son parfum. Il me tourne autour d'un pas léger, tout en laissant traîner nonchalamment ses doigts sur mon corps.

Je frissonne. Il ne me laissera pas m'en aller comme ça, il a quelque chose en tête. Je le sais et je le sens. Je l'entends s'asseoir face à moi, avant qu'il passe une main sur ma joue puis dans mes boucles.

« Joli cœur, Théo est là et il aimerait participer aussi. Est-ce que tu es d'accord ? », me murmure-t-il.

Je ne l'avais pas entendu arriver. Ce n'est pas souvent que j'ai mes deux hommes pour moi pendant une séance. Ils ont tous les deux leurs préférences et leur style. L'un est plus dans la contemplation voire l'objectification, l'autre dans l'action et la surstimulation. Mais les fois où ils s'associent… Bref, ce n'est pas le moment de se perdre dans les souvenirs, Drago attend une réponse. Je tente d'hocher la tête en guise de réponse.

« J'ai besoin d'une confirmation verbale. »

J'ouvre les yeux et manque de me noyer dans la tempête grise face à moi, avant de détourner le regard vers Théo, assis dans le fauteuil. Le regard du brun est brûlant et son sourire en coin me laisse présager ce qui m'attend. Je m'en mords les lèvres.

« C'est d'accord. »

Drago sourit et m'embrasse avant de se relever. Je sens qu'il touche aux nœuds et aux cordes qui maintiennent mon buste. Il me redresse un peu. Le sang quitte progressivement mon front pour regagner le reste de mon corps. Je referme les yeux, j'ai la tête qui tourne légèrement. L'équilibre de la position et mes appuis changent. Les cordes se resserrent par endroits, se détendent à d'autres et marquent ma chair un peu plus. Sans me laisser le temps de m'habituer à cette nouvelle position, il empoigne mes cheveux et tire mon crâne en arrière. Je ne peux m'empêcher de lâcher un gémissement à cette nouvelle tension. Avec le reste de cordes, il les attache, me maintenant en place. Mon souffle est court, mais à chaque inspiration je regagne en présence.

Théo s'approche d'un pas félin et saisit mon menton d'une main.

« La vraie scène commence maintenant, Miss. », dit-il alors qu'il enfonce deux doigts dans ma bouche.

Je souris et le mords. Théo n'est pas surpris, au contraire, il pénètre plus profondément ma gorge. Et plus il s'y enfonce, plus je resserre les mâchoires.

« Si c'est ainsi que tu veux jouer… », rigole-t-il en lâchant mon menton et en se retirant.

Je m'apprête à lui répondre comme il se doit quand, d'un informulé, il fait apparaître ma culotte dans sa main et me bâillonne avec.

« Hin hin. Pas de ça aujourd'hui, la Miss. Je n'étais pas prévu au programme, je suis juste là pour pimenter un peu les choses. Alors si tu es sage, je te promets que je le serai aussi, sourit-il en effleurant une de mes mains à l'intérieur de laquelle un grelot apparaît.

— Tu seras sage pour nous, joli cœur ? demande Drago. Secoue le grelot une fois pour "oui", deux fois pour "non" ».

C'est si tentant de répondre, de faire l'anguille et d'attiser leur grain de folie. Mais je n'en ai pas l'énergie à cet instant. Je veux juste m'évader. Je veux juste qu'ils me laissent flotter. Je veux juste qu'on me laisse m'embrumer et me perdre dans un espace où je n'aurai pas besoin de réfléchir à la cohérence de mes pensées. Alors, je secoue une fois.

« Brave petite, murmure Théo en embrassant mon front puis la pointe de mon nez avant de se tourner vers Drago. Mon amour ? Je sais bien que notre lionne est d'autant plus magnifique qu'elle est proprement domptée et attachée, mais je pense qu'il manque quelque chose.

— Fais-toi plaisir, je vais juste profiter du spectacle », répond-il en l'embrassant.

Il passe une main dans ses boucles brunes et scrute son visage, sourit, puis lui mordille le cou avant de se tourner à nouveau vers moi.

« Mais avant ça, Caecus(1) », ajouta-t-il en fermant mes paupières du bout des doigts.

Je l'entends s'éloigner et s'asseoir. C'est donc ça son spectacle ? Moi, immobilisée, muette et aveugle, avec Théo qui joue avec moi. Pas aussi fun que je ne l'aurai pensé alors, je suis quelque peu dé..

« Mmmphhh ! »

Théo ! Mais quel petit con ! Il vient de me pincer une fesse. Par Godric, quand je serai hors des cordes…

« C'est sur moi que tu dois te concentrer, la Miss, rit le brun. Peut-on continuer ? »

J'entends Drago glousser au fond. Je grogne un peu, tout en secouant une fois mon grelot. Il est provocateur et je suis d'ordinaire joueuse, mais à cet instant, je ne réponds pas, impatiente de ce qui m'attend. Ma vengeance devra attendre.

Théo me tourne autour. Il effleure mes fesses du bout de sa baguette avant de se rapprocher de mon oreille.

« Trois. Deux. Un…

— Mmmmmh ! »

Je serre ma culotte entre mes dents autant que je peux, mais ne peut retenir mon gémissement. Les premières gouttes de cire sont les pires pour moi.

« Je t'avais prévenu », s'amuse Théo.

Ce qu'il peut être fourbe. Privée de ma vue, je ne peux rien anticiper et il en joue. Je ne suis pourtant pas privée de mon ouïe, mais c'est tout comme. Je suis incapable d'entendre les bougies qui flottent autour de moi, et la cire qui s'éclate sur mes fesses est elle aussi silencieuse.

Chaque goutte est plus chaude que la précédente, du fait qu'il rapproche la bougie de ma peau. Chaque goutte m'arde de plaisir, d'une sensation vive et instantanée, mais qui a un goût de plus. Chaque goutte me fait progressivement oublier mes pensées au profit de mes sens primaires.

« Tout va bien, Miss ? », s'enquiert le brun.

Gling.

« On en est à la moitié d'une bougie. »

Alors que la chandelle ensorcelée continue de se déverser sur une seule de mes fesses, il caresse l'autre d'une douceur contrastant avec l'intensité de la douleur que je reçois. Sa main se balade et explore la nuit jusqu'à ce qu'elle en soit éclairée par la lune.

« Humectare(2) », chuchote-il avant d'insérer un doigt dans mon fondement.

Il va et vient au même rythme que la cire qui me recouvre, et mes gémissements les suivent à l'unisson. Posément et assurément, il en ajoute un second. Mais ce petit plaisir est de courte durée. J'ai tout juste le temps de savourer le moment que Théo retire ses doigts et les remplace par une bougie. Sans doute celle qui sert à recouvrir ma fesse car je ne sens plus la cire s'écouler, mais je perçois très bien la proximité de la flamme.

« Tu vas me détester, dit-il, le sourire perceptible dans sa voix.

— Mmmhhh ! »

Par Merlin, cela fait tellement mal que ça fait du bien…

Alors que mon derrière s'embrase, Théo décide d'incendier mes clavicules. La cire, comme de la lave, dégouline et dévale mon relief. Sur son passage, elle calcine la peau de mon buste, mes seins et mon cou en fonction des mouvements de ma respiration, brûlant un peu plus ma raison.

« Théo… », appelle Drago.

Alors que Théo se délecte de mes réactions lorsque la cire s'écoule et me grise, j'entends Drago se lever et le sens me tourner autour.

« Incarcerem, lance le blond.

— C'est vicieux, ça… Même pour toi, mon amour, lui répond-il d'un ton suggestif.

— Tu as assez joué, Théo, rit Drago.

— Allez, s'te pl… Mmmh… »

Le brun n'a pas pu finir sa phrase, bâillonné par ma culotte que Drago vient de me retirer.

« J'ai dis stop, Hermione ne tiendra plus longtemps. Alors, considère ceci… Comme un aperçu de ce que tu auras demain. »

Théo gémit en réponse et finit par obéir.

J'inspire un grand coup et me rends compte à quel point je suis essoufflée. Et ce n'est qu'après que ma respiration se calme que je réalise que je ne sens plus mes fesses ni mon buste se consumer.

« Finite. », murmure Drago, les doigts sur mes paupières.

Je n'ouvre pas les yeux pour autant. Je n'en ai pas envie. Il libère également Théo, qui a retrouvé son calme.

« Wingardium Leviosa. » dit le blond, enchantant mon corps.

Je me sens progressivement flotter, soulagée de la pesanteur et du poids que j'exerçais dans les cordes. La fraîcheur apaisante de la dague enchantée de Théo parcourt mon corps en retirant la cire, pendant que Drago prend le temps de défaire les nœuds de suspension à la main pour me laisser retrouver mes sensations corporelles.

Puis vient le tour des autres cordes qui m'immobilisent. Un à un les liens se défont et les cordes tombent au sol. Mon sang parcourt enfin normalement le reste de mon corps et…

Je m'abandonne.

Mon esprit n'est plus qu'un amas diffus, gazeux, et épars qui divague dans l'infinité.

Des ancres me retiennent avant que je ne me perde. Une main dans mes cheveux, une sur mon ventre, une dans ma nuque, et une sur ma hanche.

Je ne sais pas combien de temps il s'est écoulé – et je m'en fiche – quand j'ouvre les yeux, le sourire aux lèvres. Le voyage était magnifique et je suis revenue à bon port, saine et sauve.

Drago me prend dans ses bras, me redresse quelque peu pour me porter, et j'enroule nonchalamment mes membres autour de son corps. Il ouvre la marche et Théo lui emboîte le pas. Ce dernier est dans mon champ de vision mais il est encore trop loin de moi, je veux le sentir aussi.

« Mmmh… je grommèle en lui tendant un bras, incapable d'articuler un mot.

— Je suis là, Miss. Je suis là. », me répond-il en prenant ma main et en embrassant celle-ci.

Drago nous dirige dans la salle d'eau où un bain moussant nous attend. Il y entre en premier, puis Théo m'installe dans ses bras, dos à lui, avant d'y plonger lui-même. Alors que le brun frotte doucement mes jambes, le blond me donne un verre de jus de citrouille et embrasse le haut de mon crâne.

Je reviens progressivement à moi, entourée de mes hommes, dans un instant qui n'appartient qu'à nous. Une bulle où Théo se fait une barbe de savon pour me faire rire. Un cocon où Drago s'inquiète toujours que je ne m'hydrate pas assez après une séance. Un fort de couettes – ou plutôt d'eau et de mousse – oú Théo et moi ne laissons pas d'autre choix à Drago que de se relaxer en lui montrant combien on l'aime.

« Dites… Pourquoi prononcez-vous vos sortilèges alors que vous maîtrisez tous les deux les informulés ? Quoi, Théo, pourquoi tu rigoles ?

— Théo, c'est pas bien de se moquer. Elle redescend tout juste, tu vois bien qu'elle n'est pas encore en capacité d'utiliser son cerveau réputé si brillant, s'amuse Drago.

— Tu ris aussi ! lui dis-je en lui envoyant de l'eau.

— C'est un jeu de con, tu sais ? me répond le blond, avec un sourire en coin.

— Plus sérieusement, Miss, on ne le fait que lorsque tu as les yeux fermés afin que tu puisses comprendre ce qu'il se passe.

— Oh…

— Oui, "Oh". Maintenant, fini ton verre.

— Tout de suite, Monsieur. »

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(1) Caecus : signifie aveugle en latin

(2) Humectare : signifie humidifier/mouiller en latin

Merci beaucoup pour votre lecture, votre soutien et vos futurs commentaires !

Si vous avez cliqué/zoomé sur l'image, vous pouvez voir ma signature… Et en effet, bonus ! C'est bien moi qui ai réalisé cette illustration spécialement pour l'occasion, inspirée du travail de la fantastique Eysarvargas. Partagez-la tant que vous voulez, mais merci de ne pas la réutiliser pour une autre histoire sans mon autorisation.

À bientôt pour l'ASPIC de Noël… ;)

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