Petit mot de l'auteure : j'inaugure ce recueil Sansa x Margaery avec un drabble écrit pour l'atelier de Nanthana : dix minutes et trois mots à placer (ici chenille, plume, silhouette)


UA saison 3


Sansa ne réalisait pas ce qu'elle était en train de faire.

Certes, depuis qu'elle avait pris cette plume pour écrire cette missive qui la hantait chaque jour, elle rêvait de quitter Port-Réal. Mais à chaque fois qu'elle avait eu l'ombre d'une occasion de le faire... elle s'était figée, incapable de saisir sa chance. Sa raison l'empêchait en effet de mettre ses rêves d'évasion à exécution : Joffrey était le roi. En tant que tel, il avait de l'argent et des armées, autant de moyens qu'il mettrait en œuvre pour la traquer. Et qui sait ce qu'il lui ferait subir en la retrouvant...

Mais aujourd'hui, elle tentait enfin sa chance, pour une raison si simple qu'elle tenait en un seul mot : Margaery.

Dès que la rose était entrée dans sa vie, Sansa était tombée amoureuse. Elle n'avait pas prévu que ces sentiments soient réciproques... et pourtant, Margaery avait fini par déposer un doux baiser sur ses lèvres.

Et puis un autre.

Et encore un autre.

Pas un jour ne se passait sans qu'elles se voient et ne se murmurent leur amour. Tant et si bien qu'un jour, Sansa avait fini par murmurer combien elle aimerait pouvoir s'enfuir avec elle. Elle n'avait pas imaginé que la rose ne la regarde avec sérieux :

- Nous pourrions gagner Essos. Ma grand-mère... elle serait prête à nous aider. Elle ne veut pas d'un monstre comme Joffrey pour moi. Je lui manquerait, mais si elle me sait heureuse... Alors si c'est ce que tu veux vraiment...

- Je le veux, avait répondu Sansa. Mais cela est impossible.

- Et pourquoi pas ?

- Parce que ! Tu m'as vu ? Je ne suis pas une louve. Je ne suis... qu'une misérable chenille, prête à se faire écraser par les plus puissants.

Là-dessus, Margaery avait souri.

- Tu sais, les chenilles, ça se transforme en papillon. Et les papillons, ça vole.

Alors, comme sa conviction était sans faille, Sansa hocha la tête pour marquer son accord.

C'est un projet fou, qui ne se réalisera jamais, avait-elle songé.

Pourtant, deux semaines plus tard, Margaery et elle étaient embarquées clandestinement dans un navire en direction de Pentos. Et quand Sansa vit la silhouette de Port-Réal disparaître, le soulagement qu'elle ressentit fut tel qu'elle su que peu importait les épreuves qu'elles pourraient rencontrer de l'autre côté de la mer ; avec Margaery, elle était maintenant assez forte pour les affronter.