Hello :)
Voici ma nouvelle fic qui m'a littéralement obsédée pendant deux mois. L'écriture est terminée et je vous la partage avec joie. J'espère qu'elle vous plaira. :)
Pour remettre dans le contexte, l'histoire se déroule après la saison 2 d'Umbrella Academy. Je ne tiens pas compte de la saison 3 même si... Vous verrez. ;)
Elle est composée d'un prologue, de onze chapitres et d'un épilogue (qui est plutôt un chapitre qui fait office d'épilogue ahah). Un "teaser" est disponible sur TikTok, nom d'utilisateur : noxortho.
Je pense poster toutes les semaines, sauf cas exceptionnel.
Bref, bonne lecture. :D
PROLOGUE
05 février 2024. Ely,Minnesota
La ville était plongée dans le noir quand Five y apparut. Il n'avait cessé de faire des bonds dans le temps, cherchant des indices sur l'événement ténébreux qu'avait annoncé une connaissance de Klaus. Bien entendu, Five avait levé les yeux au ciel. Les fréquentations de Klaus avaient toujours été douteuses et la clairvoyance était loin d'être avérée.
Cependant, Klaus était déterminé à comprendre ce qui s'abattrait sur eux. Il y croyait. Et plus agaçant encore que la prémonition d'un charlatan, il y avait son frère Klaus quand il craignait une situation. Il était revenu de soirée, quelques verres en trop dans le sang, en les réveillant Viktor et lui. Toute la nuit, Klaus l'avait supplié, jusqu'à se mettre à genoux et lui embrasser les pieds – quelle horreur. Five avait fini par accepter quand Viktor lui avait rappelé les apocalypses qu'ils avaient évitées, et si ce que racontait Klaus était vrai il pouvait encore y échapper.
Il leur avait alors tourné le dos pour terminer sa nuit, leur promettant d'effectuer des déplacements jusqu'à trouver un quelconque indice sur cette vision du futur. Un petit voyage dans le temps n'avait jamais fait de mal à personne… c'était une blague bien sûr, son corps d'adolescent lui rappelait sans cesse.
Et voilà qu'il se retrouvait, en plein hiver, dans cette petite ville du Minnesota. Les sauts dans le temps l'avaient fait traverser les saisons mais c'était bien la pire destination. Il n'était vêtu que de son costume et la neige tombante ne faisait pas son affaire. Il y avait plutôt intérêt à ce qu'il trouve ne serait-ce qu'un brin de vérité de la vision ici sinon c'était simple : il rentrerait à son époque ou plutôt celle qu'il avait quittée et il ferait encore une leçon à Klaus.
Rapidement, il parcourut toute la ville mais sans succès. Il sentit l'agacement l'envahir, tant de risques pour rien. Il aurait bien mieux fait de se croire car lui seul savait qu'il avait toujours raison… ou presque.
Il ne sut pas ce qui traversait son esprit ou s'il s'agissait d'un instinct inconscient ou tout simplement un pur hasard. Mais il choisit d'approfondir sa recherche aux bois entourant cette ville pourtant banale. Il quitta la ville et s'enfonça à travers les arbres.
Ses chaussures étaient désormais humides. Five secouait régulièrement ses pieds pour retirer la neige qui s'y accumulait. Il serra ses mains et souffla dans leur creux pour les réchauffer. Bon au point où il en était, pourquoi pas effectuer des bonds dans l'espace.
Au fur et à mesure de son avancée, il commença à se gratter les bras puis le cou. Tout son corps le démanger.
Il s'arrêta subitement : psychose paradoxale.
Peu importait ce qu'il cherchait, il savait qu'une autre version de lui se trouvait ici et plus il avançait plus il s'en approchait. Alors il poursuivit son chemin souhaitant répondre à cette question : que faisait-il au Minnesota en plein milieu des bois ?
C'était une parfaite piste, il devait l'admettre. Mais la psychose se faisait de plus en plus forte, il mourrait de soif ! Il aurait pu boire l'océan Atlantique filtré de son sel à cet instant même. Cependant, il n'eut plus à faire des kilomètres car il aperçut de la lumière. Il n'avait pu qu'à se concentrer et… il était devant.
La maison était immense, elle ressemblait à un grand chalet en bois qui pouvait accueillir une bonne vingtaine de personnes. De nombreuses baies vitrées donnaient un aperçu de l'intérieur de la maison et à en croire ce qu'ils voyaient, les propriétaires n'étaient pas pauvres. Un gaz lui échappa et il soupira, il valait mieux qu'il se dépêche de se trouver avant de tomber dans la paranoïa sans quoi il ne serait pas capable de voyager à nouveau.
Discrètement, il fit le tour de la maison. Il y vit des personnes au rez-de-chaussée dont certaines au piano et d'autres à la peinture. Mais lui n'était pas là. Il ferma les yeux, pour se concentrer sur ce qu'il ressentait ainsi peut-être pourrait-il sentir son autre version.
Il fit le tour de la maison et vit une lumière à l'étage, une seule chambre était éclairée. Il regarda autour et choisit l'arbre le plus proche de la fenêtre, pourvu qu'il soit discret. Il grimpa et tenta de ne pas glisser malgré l'humidité de l'écorce de l'arbre.
Et il se vit. Plus âgé assurément, il était plus grand et son visage était beaucoup plus mature qu'actuellement. Il crut voir une barbe naissante, ah voilà qui le rassurait sur son avenir. Five eut un mal de ventre plus intense, pourtant son autre ne semblait rien ressentir. Il alla descendre mais il en fut incapable quand il la vit approcher son autre.
Il était incapable de voir son visage car elle faisait face à son autre lui et lui tourner le dos à lui. Mais il se sentait hypnotisé, il aurait voulu lui crier de se retourner pour qu'il puisse la contempler. Il aurait plus que tout aimer le faire mais il ne souhaitait pas découvrir les conséquences. Il se contenta de ce qu'elle lui offrait à cette distance.
Elle était grande et élancée. De longs cheveux blancs brillants tombaient jusqu'en bas de son dos, elle les balaya en arrière d'un geste gracieux qu'il trouve charmant. Oh qu'il souhaitait voir plus d'elle. Cependant, il ne fut pas déçu quand il l'entendit parler. Dieu merci, la fenêtre était ouverte et il avait la chance d'entendre cette voix chantonnante.
«-Ne te transporte pas sans cesse Five, sois prudent.
-Bien sûr, ce n'est pas mon style d'user de mon pouvoir., répondit-il et il était certain que c'était lui car cette voix arrogante et ce haussement de sourcil étaient les siens.
-Je ne rigole pas…, le cœur de Five se pinça ressentant l'inquiétude dans la voix de cette personne., Je sais que tu ne feras pas attention… Mais ils seront plus rapides que toi, il faut que tu restes sur tes gardes et que tu sois TOUJOURS auprès de l'un de nous. Je ne voudrais pas… Fais juste attention, d'accord ? »
Peu importait qui elle était, elle se préoccupait de son autre lui. Et son autre lui… Son autre lui semblait aussi enchanté que lui car il sourit avec une tendresse que lui-même ne pensait pas en être capable. Il la vit poser ses mains sur les tempes de son autre lui et ce dernier ferma les yeux.
C'est à ce moment qu'il choisit de partir car sa vision se troublait et il risquait de se faire remarquer. Il fit un bond dans l'espace pour retourner dans la ville. Il devait trouver la date du jour. Il passa devant chaque commerce jusqu'à trouver une maison de journaux : « 05 février 2024 ». Presque quatre ans plus tard donc…
Il aurait très bien pu retrouver Viktor et Klaus mais il avait terriblement soif et mieux valait qu'il vérifie ses calculs s'il ne voulait pas revenir et avoir dix ans physiquement. Il chercha un quelconque bar, un bon cocktail aurait été efficace mais cette petite ville ne semblait pas avoir ce privilège. Il se contenta donc d'une bouteille d'eau du petit supermarché.
Juste après, il retourna à l'entrée des bois et commença ses calculs dans la neige. Tout lui paraissait correct, il n'avait plus qu'à rentrer. Mais, il ressentait le besoin de la revoir. Il voulait ne serait-ce qu'apercevoir son visage et peut-être comprendre ce qu'elle était exactement pour son autre lui.
D'un saut, il retrouva la maison au milieu des arbres. Tous ses espoirs s'envolèrent quand il ne ressentit aucun symptôme de la psychose paradoxale et encore plus quand il réalisa qu'il n'y avait plus que cette jeune femme à la longue chevelure bouclée couleur bronze. Elle était assise en train de jouer un morceau de piano mais Five voyait aux traits de son visage qu'elle était inquiète et préoccupée, pourquoi était-elle seule et où étaient les autres ? Où étaient son autre et sa belle inconnue ?
Comment avait-il pu les perdre aussi bêtement ? Il donna un coup de pied dans la neige, déçu d'avoir été aussi naïf.
Cependant, il n'avait jamais déclaré forfait aussi rapidement. Il était capable de les retrouver. Il chercha les moindres détails. Son inconnue le mettait en garde de personnes rapides, plus rapides que lui. Il entendait encore l'inquiétude dans sa voix. Une confrontation se préparait. Rien n'était écrit dans les journaux, tout cela était donc secret.
Il n'avait plus qu'une chose à faire : se rendre dans tous les lieux vastes autour d'Ely.
Bien entendu, la tâche fut plus difficile qu'il ne l'avait pensé. Pourtant après plusieurs bonds, il se retrouva proche d'un lac à la frontière du Canada.
«-NON ! FIVE ! »
Au loin, il entendit la même voix de son inconnue plus alarmiste cette fois, son ton le fit frissonner tant elle paraissait brisée. Il dirigea son regard vers son autre lui, il était allongé au sol et baignait dans son sang. Il n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui était arrivé car tout ce qu'il vit fut sa belle inconnue courir à une vitesse inhumaine pour arracher la tête de deux personnes. Il était horrifié et pétrifié, les apparences étaient trompeuses.
Elle ne s'arrêta pas là, elle courut vers un homme qui tentait de lui envoyer des poignards avec… AVEC SES YEUX ?
Il crut être au bout de ses surprises mais l'homme fut immobilisé par une femme aux longs cheveux blonds clairs. Il convulsait comme électrocuté puis la femme le relâcha maintenant que sa belle inconnue était face à lui. Elle posa ses mains sur les tempes de l'homme aux yeux poignards. Son inconnue poussa un cri déchirant et l'homme tomba à genoux en hurlant lui aussi avec douleur.
C'en fut trop pour Five, il réalisa que la prémonition de la connaissance de Klaus n'était peut-être pas si fausse.
Il ferma les yeux et parvint à retrouver son époque sans encombre. Il leva les yeux vers Klaus qui se frottait les mains, un grand sourire aux lèvres déjà étrangement excité avec ce qui allait suivre. Puis, il entendit la voix de Viktor moqueuse mais un brin soucieuse.
«-Le voyage dans le temps ne te réussit vraiment pas.
-Une bataille se prépare. », déclara-t-il.
06 novembre 2019. Londres.
«-Nous l'avons constaté, la quête de soi est un perpétuel objectif dans toute œuvre littéraire. Les personnages recherchent l'amour d'eux-mêmes, l'amour romantique, l'amour de la famille, l'amour platonique, l'amour des voyages, l'amour de la vie. La construction même d'un personnage transparaît par ce mot : amour peu importe l'interprétation qu'il y trouve.
Dans la vision populaire, l'amour est une question centrale car elle se rapporte à notre destinée depuis la nuit des temps. Evoqué de près ou de loin, l'amour transporte le lecteur et l'être humain. Il s'agit d'un élément moteur qui investit les discussions entre les peuples.
Donc à ma problématique : L'amour, est-il une simple muse ou une réalité humaine ? Je répondrai qu'elle est la réalité de chacun. Nous sommes des êtres capables d'aimer et nous utilisons ce sentiment noble pour garder notre humanité. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'elle est la muse de tout artiste et non le contraire. »
Sa professeure de littérature et son professeur de philosophie l'observèrent sévèrement. Camelia sentit une boule envahir sa gorge car jamais elle n'avait échoué à un devoir de réflexion. Elle y mettait toujours tout son cœur et ses recherches. Elle quitterait Londres de ce pas si elle ne réussissait pas, l'échec n'avait jamais été envisageable.
Elle inspira de soulagement quand un sourire se dessina sur le visage de ses professeurs. Cela ne pouvait pas être si dramatique. Elle entremêla ses doigts dans son dos pour masquer son anxiété et leur sourit timidement.
«-Très intéressant Miss Hale., la rassura sa professeure., De toutes mes années en tant que professeure, j'ai rarement vu un sujet aussi pointilleux et aussi approfondi. Votre écriture est fluide et votre présentation orale l'est tout autant. Je craignais la répétition mais il n'en est rien.
-Merci, professeure.
-J'ajouterai que les phrases s'enchaînent parfaitement sans être grandiloquentes. Les citations sont utilisées à bon escient et n'alourdissent en rien le récit., compléta son professeur de philosophie., J'aimerais toutefois vous poser une dernière question. Si vous deviez approfondir votre sujet en ne choisissant un seul aspect de l'amour, lequel choisiriez-vous et pourquoi ? »
Malgré l'évidence de sa réponse, Camelia prit son temps pour répondre. Elle ne pouvait se contenter d'une argumentation supplémentaire, elle se devait de l'exploiter comme elle l'avait toujours fait. Elle eut un petit sourire en pensant à sa famille qui l'avait sans cesse inspirée lors de ses écrits. Puis, elle répondit :
«-Je choisirai l'amour romantique, plus particulièrement les âmes sœurs. Lors de ma lecture du Banquet par Platon, j'ai été très attentive au discours du poète Aristophane. Ce dernier évoquait la théorie des âmes sœurs. Pour résumer, Aristophane expliquait qu'au tout début, les créatures sur Terre étaient pourvues de quatre jambes, quatre bras et d'une tête à deux visages. Il s'agissait de deux entités qui ne formaient qu'une seule entièreté.
Ces combinaisons étaient si parfaites qu'elles se sentaient invincibles. Elles se sentaient parfaitement heureuses avec leur moitié, si heureuses que rien d'autres ne comptait. Elles étaient si heureuses qu'elles ne ressentaient aucun besoin autre. Jamais, elles n'avaient donc l'idée de prier les Dieux et de les honorer.
Alors Zeus, le Dieu de tous les Dieux, n'apprécia guère cette ignorance. Il se sentait menacé et avait peur d'être renversé par ces créatures. Il choisit donc de détruire leur bonheur en les séparant, ainsi ils étaient moins forts et donc moins dangereux.
Ce fut une réussite pour Zeus car ces créatures se virent séparées de leur moitié. Elles se sentaient désormais incomplètes et ne cherchaient qu'une chose : se retrouver.
J'ai trouvé cette théorie très intéressante car elle expliquerait d'autant plus la place de l'amour. La quête de son âme sœur est centrale dans la vie pour se sentir pleinement soi-même et plus fort. Et à en croire nombre d'œuvres romantiques, la place des âmes sœurs est toujours présente même si parfois non mentionnée. Une infinité de possibilités s'offre à nous pour aborder ce sujet.
-Parfait., répondit son professeur les mains croisées et il paraissait boire ses paroles., Et selon vous est-ce une théorie ou un fait ?
-D'après moi, l'histoire reste une théorie. Les mythes enjolivent ou dramatisent toujours la réalité. Mais j'aime croire que les âmes sœurs sont un fait, certaines moitiés n'ont juste pas la chance de retrouver la leur.
-D'accord, tout cela reste subjectif bien entendu. Je vous remercie pour cet excellent travail, Miss Hale. Nous sommes heureux de vous compter parmi nous., termina son professeur de philosophie.
-Merci beaucoup, Miss Hale. A lundi.
-Merci à vous. Au revoir. »
D'un dernier sourire et pleinement satisfaite, Camelia sortit de la salle. Elle n'avait plus qu'à rentrer à son appartement pour raconter son oral à toute sa famille.
Elle pensa une dernière fois aux âmes sœurs, Alice lui avait promis qu'elle trouverait la sienne – elle l'avait vue.
