Hello ! :)
L'histoire commence réellement... Maintenant.
Bonne lecture ! :D
Georgia, wrap me up in all your-
I want you in my arms
Oh, let me hold you
I'll never let you go again like I did
Oh, I used to say
"I would never fall in love again until I found her"
I said, "I would never fall unless it's you I fall into"
I was lost within the darkness, but then I found her
I found you
Stephen Sanchez – Until I found you
CHAPITRE 1 : FIVE HARGREEVES
30 août 2023
Cela faisait près de quatre ans que Five attendait ce jour, enfin il n'était pas totalement ce jour mais il s'en approchait. Toutes ces années, il n'avait cessé de ressasser ces heures dans le futur. L'image de sa belle inconnue ne l'avait jamais quittée malgré même l'atrocité de ses dernières actions. Mais qui était-il pour la juger ? Il était lui-même un tueur, pour de bonnes raisons.
Pendant quatre années, ils avaient parcouru les pays à la recherche d'informations sur ce qui les attendait. Bien entendu, ils n'avaient toujours pas de réponses précises. Allison n'avait rien constaté en Californie, même pas une différence surnaturelle. Sa vie était pathétiquement ennuyeuse.
Il avait envoyé Luther et sa petite-copine, qu'il avait rencontrée deux ans plus tôt, faire un voyage en Europe. En Grèce, il avait constaté une disparition inquiétante ainsi que celle d'un groupe de touristes belges. Cela était une réelle piste mais lors de leur séjour, rien d'autre n'avait été remarqué.
Diego et Lila étaient en Amérique du Sud quand Five leur avait renseigné la mission. Le même style de disparition avait été remarqué en Argentine.
Enfin Viktor, Klaus et lui-même – non il n'arrivait pas à s'en débarrasser – avaient parcouru les Etats d'Amérique du Nord ainsi que le Canada. Leur seule préoccupation avait eu lieu à Vancouver, exactement les mêmes conditions qu'en Grèce et en Argentine.
Il était à la fois déçu mais aussi très satisfait de cette enquête. Ils avaient des pistes mais aucune solution. Il ne savait toujours pas ce qu'il se passait.
A ce jour, Five savait de source sûre – les siennes donc – que ces disparitions n'avaient toujours pas été résolues. Il n'avait plus aucun doute que les événements du 05 février 2024 étaient en lien avec cela, il avait toujours été assez perspicace. Malgré toute sa fierté, il craignait d'y arriver car après tout il s'était quitté dans un très mauvais état. Peut-être même qu'il ne lui restait que cinq mois à vivre au final. Bien entendu, il n'en avait pas touché un mot à ses frères et sa sœur. Ils avaient toujours la fâcheuse habitude de tout dramatiser.
Dans sa chambre d'hôtel, il terminait de repasser sa chemise blanche. Sa valise était prête depuis la veille, l'organisation était l'une de ses plus grandes qualités – et pourtant il en avait un bon nombre. Il n'osait imaginer Klaus qui leur ferait très probablement raté leur avion, il avait un peu plus d'espoir en Viktor et heureusement.
Ses frères avaient bien des défauts mais d'infimes qualités, c'est pourquoi il préférait s'accrocher au peu qu'ils étaient capables de lui offrir.
Une fois sa chemise parfaitement lisse, il l'enfila et la boutonna en se regardant face au miroir. Il noua sa cravate noire autour de son cou avec une parfaite aisance – cela n'était pas à la disposition de n'importe qui. Puis il mit un veston noir avant de terminer par sa veste de costume. Voilà, il était prêt.
Il s'avança légèrement vers le miroir pour espérer remarquer des poils sur son visage. Il était pourtant sûr de les avoir vus sur son autre mais ils n'avaient pas l'air décidé à pousser. Il soupira, au moins il n'avait plus la taille d'un nain de treize ans et son visage était bien plus mature. Il devait bien faire quoi ? Dix-sept ? Dix-huit ans ? Peut-être devrait-il envisager d'y voir un avantage, combien d'hommes de soixante ans aimeraient avoir l'apparence d'un homme de vingt ans ?
Il regarda sa montre, il leur restait quatre heures avant leur vol. Ils avaient bien le temps… Enfin si Klaus daignait leur faire honneur de sa présence à l'heure.
CINQ MINUTES.
Il ne restait que CINQ MINUTES avant le décollage de leur avion et Klaus n'avait toujours pas fait son apparition. Viktor lui avait demandé de garder son calme deux heures plus tôt car il citait « On a encore un peu de temps ». Bien sûr qu'ils en avaient mais désormais ils n'en avaient plus.
Bien entendu, Five n'avait pu s'empêcher d'utiliser son incroyable pouvoir : se téléporter, sûrement le meilleur de tous dans sa famille bien que celui d'Allison et celui de Viktor pouvaient être très utiles. Il devait admettre qu'il était légèrement jaloux de Lila qui pouvait imiter les pouvoirs de la personne près d'elle.
Bref, la surprise de Five n'avait cessé d'accroître ainsi que son agacement, Klaus n'était pas dans sa chambre. Comment une personne de presque trente-quatre ans pouvait-elle être aussi peu responsable ?
La majorité du temps, Five était le tuteur de Klaus. Non pas au sens propre, son frère avait trente-quatre ans et rien n'était prouvé pour qu'il ait ce droit mais dans l'impression. Klaus était tout sauf organisé et mature. Oh non, il ne manquait jamais une occasion pour mettre en avant sa terrible excentricité. Cela en était fatigant et aujourd'hui plus que jamais, Five n'avait pas la patience pour cela.
«-Si je le revois un jour, je le tue Viktor. As-tu bien entendu ?
-Tu ne crois pas que tu exagères ?, lui répondit son frère bien trop calme à son goût.
-Nous allons rater notre vol et qui va devoir encore tout réorganiser ?, il se présenta de ses mains en haussant les sourcils., Moi !
-Parce que tu le veux bien !, s'exclama Viktor., Je t'ai proposé de réserver les billets d'avion ainsi que la location du logement mais tu as refusé.
-J'ai le souci de la perfection, je suis incapable de faire confiance à une toute autre personne que moi-même. On ne peut pas me le reprocher car en voici une nouvelle preuve.
-Merci de ne pas venir te plaindre alors., soupira Viktor.
-Me plaindre ? Tu oses dire que je me plains alors que…, il n'eut pas le temps de terminer sa phrase qu'une voix qu'il connaissait très bien les interpella.
-VIKTOR ! FIVE ! VOUS ÊTES DEJA PRÊTS ?
-Donc je le tue maintenant ou j'attends un peu ? »
Le regard de Five saisit celui de Viktor, qui lui priait de garder son calme, mais c'était bien trop lui demander. Peut-être aurait-il dû les laisser périr dans l'apocalypse, au lieu de leur sauver la vie deux fois !
Ils se retournèrent en même temps et virent Klaus – rentraient probablement de soirée à dix heures du matin – torse nu, ses cheveux bouclés complètement emmêlés. Mais surtout, il avait l'indécence de siroter ce qui semblait être une margarita.
C'était le comble de la moquerie ! Premièrement, leur cher frère ne respectait pas les horaires. Deuxièmement, il se présentait à eux à moitié dévêtu. Troisièmement, il ne semblait pas très préoccupé d'être attendu.
Mais surtout, et plus que tout, il osait boire un verre devant eux sans même leur en proposer. On avait vraiment tout vu !
Leur frère s'approcha et chercha sa clé dans la poche arrière de son pantalon et Five ne put que serrer les dents face à autant d'immaturité. Il se moquait réellement d'eux, cela en devenait offusquant.
«-Déjà ?, remarqua-t-il en crispant sa mâchoire., Notre avion part dans exactement…, il regarda sa montre en grognant., Il est parti en fait.
-N'en fais pas tout un drame., dit Klaus en appuyant sur le front de Five de son index., On prendra le prochain.
-AH ! Répugnant ! Enlève tes mains poisseuses de mon visage ! »
Il se frotta le front de sa manche en reculant et grimaçant. C'était terriblement ignoble. Et voilà que sa veste était graisseuse maintenant. C'était bien parce qu'il n'avait pas le temps d'ouvrir sa valise et perturber l'organisation de son rangement sinon il aurait changé de veste sur-le-champ. D'autant plus qu'il devait s'occuper de son frère et il remercia mentalement Viktor de prendre la parole à sa place.
«-Klaus, peux-tu prendre tes affaires que nous puissions nous rendre à l'aéroport ?, demanda Viktor., Comme tu l'as si bien dit, on doit trouver un autre vol donc ce serait plutôt pertinent de s'y rendre sans trop tarder.
-Bien sûr, Viktor ! Attends simplement que je retrouve la clé de ma chambre. »
La vision de Klaus était ridiculement hilarante mais surtout humiliante, s'il avait mis la main dans son pantalon cela aurait été… Non, il avait réellement mis la main dans son pantalon et non dans sa poche. C'en fut trop pour Five, il attrapa son frère par le bras et ils atterrirent immédiatement dans la chambre.
«-Tu aurais pu me prévenir !, s'indigna Klaus.
-On va dans ta chambre. Voilà, tu es prévenu ! Mets-moi toutes tes drôleries dans la valise qu'on puisse espérer partir., il regarda les boîtes de pizza, les verres et beurk les caleçons traîner., Bon Dieu, comment fais-tu pour vivre dans une telle porcherie ? »
Aussi agréable que Five pouvait l'être, il arriva devant le guichet où une dame de la compagnie aérienne l'accueillit d'un air mal aimable. Il ne doutait pas qu'elle n'allait pas être patiente mais lui ne comptait pas l'être non plus. Entre Klaus et cette file d'attente interminable, ils espéraient bien avoir trois billets pour Minneapolis. Maintenant.
«-Que puis-je pour vous ?, demanda-t-elle en mâchouillant un chewing-gum bien visiblement ce qu'il trouva terriblement repoussant.
-Mes frères et moi avions un vol prévu à destination de Minneapolis il y a une heure. Malheureusement, nous l'avons raté. Pouvons-nous avoir trois nouveaux billets en remplacement, s'il vous plaît ?
-En remplacement, non. Mais il reste des places sur les prochains vols, je peux vous y enregistrer et vous n'avez plus qu'à régler le montant : 909 dollars.
-Veuillez m'excuser mais je crois que vous n'avez pas saisi ma question., reprit-il en tentant de garder son calme., Il est hors de question que je paye une somme exorbitante alors que nous avons déjà payé nos billets. Je souhaite simplement que nous soyons sur un autre vol car nous avons eu un incident.
-Notre politique est très claire. Je ne peux rien y faire.
-Vraiment ?, répondit-t-il en haussant son sourcil et devenant menaçant., Votre incompétence vous en empêche, je suppose ?
-Pardon ?, s'outra-t-elle., Où sont vos parents, jeune homme ?
-Excusez-moi ? Vous…
-Five, laisse-moi faire. », le poussa Viktor.
Terriblement agacé par la nullité de ce personnel, il préféra en effet l'éviter avant de devoir la menacer très clairement. De loin, il marmonna des insultes à l'encontre de cette personne. Si aucune solution n'était trouvée, il n'aurait plus qu'à se téléporter. Cependant, une si longue distance, deux personnes avec lui et des bagages, cela serait bien épuisant. Il pourrait tout simplement laisser ses frères se débrouiller. Oui c'était une bonne idée.
«-Ah si, Allison était là., dit Klaus qui semblait être en pleine réflexion.
-Si une certaine personne n'était pas arrivée en retard surtout !, s'exclama-t-il.
-Que tu es rancunier ! »
Il allait lui arracher la tête un jour, c'était certain.
Toutefois, il ne pouvait nier que la présence d'Allison aurait permis de simplifier ce problème. En effet, rien qu'en prononçant « J'ai entendu une rumeur », elle était capable de manipuler la personne ciblée. Avait-il besoin de s'étendre sur le pourquoi de l'utilité de ce pouvoir à cet instant ? Non, cela lui paraissait plus qu'évident.
Il se redressa en levant le menton quand Viktor réapparut trois billets d'avion dans les mains.
«-Je t'en prie, Viktor., ferma-t-il les yeux., Ne m'annonce pas que tu as payé neuf cent dollars.
-Non., le rassura-t-il., Tu avais pris l'assurance. J'ai inventé une excuse et elle a fini par l'accepter.
-Tu remontes dans mon estime, Viktor., déclara-t-il et il était sincère.
-Par contre, notre avion part dans cinq heures.
-On sera à l'heure au moins cette fois., leva-t-il les yeux et rattrapa Klaus qui commençait à partir pour effectuer des achats., Toi, tu restes avec moi. »
Maintenant assis dans l'avion et ronchonnant que l'hôtesse lui refuse une coupe de champagne, Five n'avait qu'en tête son souvenir du 05 février 2024. Il se demandait qui était cette jeune fille aux cheveux bronze et pourquoi était-elle restée seule ? Pendant quatre ans, il avait détaillé tout ce qu'il avait vu. Il était maintenant presque certain d'avoir aperçu Diego ainsi que Viktor et Lila qui usaient du pouvoir de Viktor.
Mais surtout, ses pensées finissaient toujours par se focaliser sur une seule et même personne : sa belle inconnue. Serait-elle là ? Etait-il son autre désormais ? Bien sûr. Devait-il se rendre au chalet et espérer la voir ? Non, ce serait trop précipité.
«-Alors quel est le plan ?, l'interpella Klaus qui se faisait un plaisir de le narguer avec sa coupe de champagne, il était réellement insupportable.
-Tu ne voudrais pas l'annoncer plus fort non plus ? Venez ! Participez à notre expédition secrète pour que les personnes qu'on recherche ne pointent jamais le bout de leur nez., s'agaça-t-il en lui prenant sa coupe des mains et buvant d'une gorgée le champagne.
-Eh !
-Les garçons, arrêtez de vous battre., se moqua Viktor.
-Je ne te permets pas de me parler comme si j'étais un enfant !
-Tu n'es pas un enfant, petit choubidou ?, lui attrapa la joue Klaus.
-Pouvez-vous cesser vos enfantillages ?, s'exclama Five., Vous ne pouvez pas être sérieux au moins une journée dans votre insignifiante vie ?
-J'attends toujours une marque de respect., remarqua Viktor et Klaus approuva.
-Je vous respecterai quand vous me prouverez que vous le méritez., reprit-il avant de parler à voix basse., Pour en revenir à notre plan, nous allons observer ce qui se déroule aux alentours. Je sais qu'une bataille aura lieu en février.
-Pourquoi ne pas être venus plus tard ?, demanda Klaus en demandant une nouvelle coupe à l'hôtesse.
-Pour observer, je viens de le dire.
-Pourquoi ai-je l'impression que tu ne nous dis pas tout ?, l'accusa Viktor.
-Pourquoi devrai-je répondre à une question aussi peu pertinente ? »
Il soupira et quand l'hôtesse eut le dos tourné, il prit la deuxième coupe de champagne de Klaus. L'exclamation de Klaus obligea Viktor à lui donner sa coupe. Mais Five n'eut aucun regret, il en aurait bien besoin s'ils étaient décidés à lui poser autant de questions inutiles. Cependant, il leur devait bien des explications.
«-D'après ce que j'ai vu, nous recherchons des personnes rapides et qui semblent pourvu eux aussi de pouvoirs.
-Comment ça ?, demanda Viktor.
-Je… J'ai vu des poignards sortir des yeux d'un homme.
-Ce n'est pas courant., commenta Klaus en dégustant son champagne.
-Merci pour ta perspicacité, j'en suis fort surpris. J'y ai réfléchi et je me dis qu'il est possible qu'une autre académie existe.
-Une autre académie ?, l'interrogea Viktor., Mais c'est insensé ! Père est mort et quel intérêt de les enlever ?
-Personne n'a dit que les personnes disparues n'étaient pas parties de leur plein gré., remarqua Five., Tout comme personne n'a dit que Père était celui qui les recrutait. Sans oublier, que Père n'a jamais été la personne la plus honnête bien au contraire.
-Un point pour Five., intervint inutilement Klaus.
-Nous n'avons que des suppositions qu'il serait intéressant que nous exposions. Nous devrons y réfléchir dès que Luther, Diego, Lila et Allison nous auront rejoints.
-Je doute qu'Allison quitte sa fille., dit Viktor.
-Elle a plutôt intérêt à venir si elle ne veut pas que j'aille la chercher par moi-même.
-Par la peau des fesses ?, ricana Klaus de son côté.
-Mais pour qui me prends-tu ?, s'offensa-t-il., Bref, nous avons beaucoup de travail et très peu de temps. Cinq mois, ce sera très rapide. La moindre piste sera la bienvenue. »
Peut-être auraient-ils pu évoquer les actes de sa belle inconnue – sans parler d'elle bien entendu – après tout elle était une piste. Elle avait l'air d'en savoir plus que lui sur ces personnes recherchées. Cependant, il n'était pas en situation de réaliser de quoi elle était capable. Mais il pouvait leur donner une information supplémentaire car cela était la vérité.
«-Je pense que les personnes que nous recherchons peuvent être très dangereuses.
-Parce qu'on ne l'est pas nous ? Regarde Viktor, il pourrait te…
-Pas ici !, lui mit-il la main sur la bouche en grimaçant et quel regret car Klaus embrassa la paume de sa main., J'ai tout simplement l'intuition que c'est bien plus que ce que nous pensons.
-Des mutants !, dit Klaus en se relevant d'un coup et il renversa de sa boisson sur son costume.
-KLAUS !, cria-t-il avant de retrouver la voix basse., Ne peux-tu pas faire attention ? Ma veste et maintenant mon pantalon de costume, tu sais combien il m'a coûté ?
-Ton amabilité., toussa Viktor.
-Hilarant ! Et pour te répondre Klaus, nous sommes en quelque sorte des mutants. Cela ne nous surprendrait donc pas ! Maintenant si vous pouviez m'accorder quelques minutes de paix, je vous en serai fort reconnaissant. »
Ils le fatiguaient, il glissa alors son masque sur les yeux. Il pourrait peut-être espérer avoir quelques minutes de sommeil avant d'arriver dans le Minnesota.
Après deux heures dix de vol, ils étaient enfin arrivés à destination. Mais comme si tout ne s'était déjà pas mal passé jusqu'à présent, ils avaient dû attendre – ce qui lui avait semblé être une éternité – l'arrivée de leurs bagages. Le personnel était atrocement incompétent et il ne manquerait pas de demander à Viktor de leur laisser un commentaire virulent. Après tout, c'était la compagnie qui leur avait proposé de partager leur expérience sur leur site. Bien fait pour eux.
Le hall d'arrivée était en ébullition, très probablement car il s'agissait de la fin des vacances scolaires. Des enfants couraient dans tous les sens, les gens parlaient trop forts et la foule se bousculait. C'en était particulièrement épuisant. Pourtant, Five aurait pu la repérer à des kilomètres. Il avait pu ressentir sa présence et il était bien heureux d'avoir choisi cet emplacement en attendant leur taxi.
Sa belle inconnue était là, à l'aéroport de Minneapolis, comme eux. Ce n'était réellement pas un hasard, il devait la rencontrer et il ne s'en plaindrait pas. Il la vit rejoindre un couple qui devait avoir son âge voire un peu plus vieux. Ils paraissaient tous les trois irréels et ils attiraient le regard de beaucoup de personnes.
Tous les trois étaient des parfaits modèles de beauté, ils ne semblaient avoir aucun défaut. Si Five devait comparer, il les trouverait à égale beauté des Dieux grecs. Leur visage était lisse et pâle. Même avec une loupe, Five n'y trouverait aucune imperfection.
«-Five ! On te parle ! Que regardes-tu comme cela ?, demanda Klaus.
-Sûrement quelque chose de plus intéressant que votre conversation. »
Il avait répliqué sans même détacher son regard de sa belle inconnue. Après tout, elle était vraiment là. Elle était dans ce même aéroport et s'il n'avait pas raté l'avion, jamais il ne l'aurait vue. Toujours sans la quitter des yeux, il donna une tape sur l'épaule de Klaus. Au final, c'était un peu grâce à lui s'il avait la chance d'admirer sa belle inconnue. Mais cela, Five était bien trop fier pour l'admettre.
Comment aurait-il pu quitter des yeux sa belle inconnue ? Jamais il n'avait vu une personne si jolie, pas même Dolores et Dieu savait à quel point il l'avait aimée. Mais sa belle inconnue… Ses longs cheveux presque blancs brillaient de mille feux. Ils vacillaient dans son dos à chacun de ses mouvements et Five ne comprenait pas comment ils pouvaient rester aussi impeccables. Il parvenait à voir ses yeux marron très foncé, un marron qui contrastait avec sa peau aussi blanche que la neige.
Elle était tout simplement sublime. De toute son existence, il n'avait jamais vu une personne aussi belle. Elle semblait tout droit sortie d'un rêve – le sien peut-être. Elle n'avait pas une once d'imperfection, une divinité tombée sur Terre.
Il perdait la tête. Depuis quatre ans, elle occupait ses pensées. Elle avait fait partie de la vie de son autre, il s'agissait très certainement de son futur à lui aussi. Mais comment pouvait-il l'approcher ? Comment arriverait-il à l'aborder ?
«-Ah je vois !, s'exclama Klaus en sautillant à côté de lui., On a un faible pour les êtres vivants maintenant.
-Et les jeunes., ajouta Viktor en rigolant., Tu ne serais pas trop vieux pour elle ?
-Me feriez-vous le plaisir de vous occuper de vos pitoyables affaires au moins une fois dans votre vie ?
-Mais tu es si passionnant Five !, dit Klaus en le secouant tel le pommier qu'il n'était pas.
-Je sais Klaus., répondit-il en décrochant ses mains de lui et en s'essuyant les épaules., Je n'ai pas besoin de vous pour le savoir. »
Il roula des yeux et il crut que son cœur allait manquer un battement quand il vit sa belle inconnue sourire. Le jeune homme avec elle la porta à plein bras et il estima qu'il était temps de partir. Il devait se focaliser sur leur présence ici et il devait réfléchir à comment la retrouver.
