Hello ! :)
Pour commencer, je remercie ROROB pour l'ajout de l'histoire à tes favoris. J'espère que la suite te plaira ! :)
Nous sommes à Noël... Bonne lecture !
I'm in a foreign state
My thoughts they slip away
My words are leaving me
They caught an aeroplane
Because I thought of you
Just for the thought of you
Oh lights go down
In the moment we're lost and found
I just wanna be by your side
If these wings could fly
Oh damn these walls
In the moment we're ten feet tall
And how you told me after it all
We'd remember tonight
For the rest of our lives
Birdy – Wings
CHAPITRE 8 – NOËL
24 décembre 2023
Recouverte de son beau manteau blanc, la ville d'Ely s'enjolivait jusqu'à l'émerveillement. La neige recouvrait les arbres et les bonshommes de neige égayaient les rues. Dès la nuit tombée, les guirlandes de Noël illuminaient la ville et c'était ainsi que n'importe qui préférait cette ville. Les rires enfantins animaient les batailles de boules de neige et il n'était pas rare d'en recevoir une par mégarde.
Jack Frost réussissait à la perfection sa mission annuelle.
Au crépuscule, Five apparut devant le chalet des Cullen et ses chaussures s'enfoncèrent dans la neige, il prit alors conscience qu'il était de plus en plus proche d'être son autre. Ce froid lui rappelait que ce qu'il avait vu quatre ans plus tôt était sur le point de se réaliser et plus les jours passaient, moins il était prêt à les vivre.
Jusqu'à présent, rien ne l'avait arrêté. Les plus atroces de ses actes ne l'avaient jamais fait douter et il n'avait jamais eu peur de ce qu'il adviendrait de lui.
Mais tout cela n'était que passé, tout cela était avant Camelia.
Depuis sa discussion avec Camelia, il avait songé une infime seconde à s'enfuir avec elle. Cela lui avait simplement effleuré l'esprit car son esprit exploité toujours toutes les solutions à un problème. Mais celle-ci n'avait jamais été une solution. Il se refusait d'abandonner sa famille pour laquelle il s'était voué corps et âme. Il refusait de laisser les Cullen seuls dans cette affaire. Et plus que tout, il savait que Camelia serait de cet avis.
Quelques jours plus tôt, il avait réalisé l'échappatoire qu'il lui restait s'il ne souhaitait pas mourir cette nuit du 05 février 2024. Il aurait pu demander à Camelia ou même à n'importe quel Cullen de le transformer s'il en était encore temps. En effet, cela aurait été une brillante idée. Il n'aurait jamais à mourir et il n'aurait jamais à quitter Camelia.
Mais ne souhaitait-il pas vieillir ? Depuis qu'il avait retrouvé d'un enfant de treize ans, il attendait de redevenir l'homme mûr qu'il était réellement. Il rêvait de retrouver sa moustache et son corps d'adulte. Il devrait alors y renoncer.
Et que serait sa famille sans lui ? Qu'était-il sans sa famille ? Peut-être pourrait-il rester en contact avec eux, comme Bella l'était avec son père mais les Volturi accepteraient-ils cela ? Il en doutait.
Ce n'était que des questionnements auxquels il aurait pu avoir des réponses et Camelia aurait pu le rassurer et être la raison suffisante à ce choix.
Nonobstant, cela était inenvisageable. Il avait bien assez souvent goûté au sang, il était un tueur aguerri peu importait les mots de Camelia. C'était ce qu'il était. Que deviendrait-il une fois vampire ? Ses intuitions de tueurs reviendraient incontestablement, l'appel du sang serait forcément intense, comment pourrait-il y résister ? Cela était compliqué pour Camelia qui était une âme pure alors lui ?
Non, il réfutait cette possibilité. Il ne pouvait pas prendre ce risque car jamais il ne supporterait le jugement de Camelia. Il ne pouvait pas la décevoir, elle aurait d'autant plus le cœur brisé que d'accepter sa mort.
Il en était ainsi.
«-FIVE !, s'exclama Alice qui venait d'ouvrir la porte devant lui., Qu'attends-tu comme cela ?
-Je me demandais si je n'avais rien oublié., trouva-t-il comme excuse.
-Quelle importance, si tu t'en souviens tu ferais l'aller-retour en quelques secondes. Allez, rentre donc avant d'attraper un méchant rhume. »
Alice lui tira le bras pour le faire rentrer et elle rejoignit le salon d'un pas dansant, était-ce d'elle dont Renesmée tenait cette démarche ? Il n'eut pas à faire un pas que Rosalie apparut devant lui, apparemment très agacée. Et où était Camelia ?
«-Bonjour Five., le salua Rosalie et il lui rendit., Il était temps que tu arrives, peut-être arriveras-tu à la dérider !
-Elle est encore chiffonnée, je suppose ?
-Elle est d'une rancune, c'est incroyable !, soupira Rosalie.
-JE NE SUIS PAS CHIFFONNEE !, cria Camelia du salon., ET CE N'EST PAS DE LA RANCUNE !
-Je te la laisse., leva les yeux au ciel Rosalie., Je m'en occupe assez depuis des années. »
Elle disparut dans la cuisine d'où une alléchante odeur de dinde se dégageait. Camelia n'avait pas menti en le rassurant quant aux repas de Noël, il ne mourrait pas de faim. Les Cullen s'en assuraient.
Dans le salon, il trouva Alice assise à côté de Jasper puis Camelia à côté d'Emmett qui semblait la taquiner et il en avait toutes les raisons. Quand elle le vit, Camelia se leva et il ne put que l'admirer. Elle portait une robe rouge qui lui arrivait aux genoux, un fin décolleté plongé jusqu'en bas de sa poitrine. Comme souvent, elle s'était maquillée d'un rouge à lèvre rouge, sa couleur préférée. Arrivée à sa hauteur, elle rejeta ses longs cheveux blancs en arrière. Il en était hypnotisé.
«-Bonjour Five., sourit-elle.
-Bonjour Camelia., dit-il avant de l'embrasser sur les lèvres et sentir tout son corps s'enflammer., Alors, si ce n'est de la rancune, qu'est-ce ? »
Le sourire de Camelia disparut et ses yeux dorés le foudroyèrent. Elle lui prit la main et elle retrouva sa place près d'Emmet, il s'assit à côté d'elle.
«-Tu auras au moins réussi à la faire sourire une seconde. Aucun de nous n'y est parvenu depuis leur départ., se moqua Jasper tout en restant discret.
-Tu ne vas pas les rejoindre !, s'exclama Camelia., Tu étais le seul auquel je pouvais me raccrocher. Oh ! Décidément aucun membre de cette famille n'est digne de ma confiance !
-Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre., dit Rosalie qui s'installa sur les genoux d'Emmett.
-Bonjour Five., dirent Carlisle et Esmée qui la suivait., Nous sommes ravis que tu te sois déplacé pour fêter le réveillon avec nous.
-Je suis aussi très contente., dit Camelia avant de reprendre ses lamentations., Vous pouvez bien vous moquer mais comment ont-ils pu décider de retourner à Forks pour Noël ?
-Bella souhaitait profiter de son père., répondit calmement Carlisle., Nous ne pouvons lui en vouloir.
-Bien sûr, on me répète sans cesse qu'on est ravis que je vous fasse l'honneur de ma présence et eux partent pour Noël ? Ils auraient très bien pu le fêter ensemble l'année prochaine.
-Tu seras encore là dans dix ans., sourit tendrement Esmée pour apaiser Camelia.
-Qui sait ? On a une bataille en février puisque nous ne parvenons pas à changer le cours du temps. D'ailleurs, recherche que nous mettons entre parenthèses. Ce n'est pas ainsi que nous atteindrons notre but.
-Ils ne sont pas dans les parages., dit Carlisle., Ce n'est pas aujourd'hui qui fera la différence.
-Ah ! Il ne manquerait plus qu'ils apparaissent aujourd'hui alors qu'il nous manque des membres, nous aurions l'air malin.
-Cesse donc d'être si dramatique., continua Carlisle et ses yeux se posèrent sur Five quand il ajouta., Et profite des personnes présentes. Pour ma part, je suis vraiment heureux que tu sois à nos côtés cette année. »
Five fronça les sourcils pour observer la réaction de Camelia, elle ronchonna avant de rejeter ses cheveux en arrière et de sourire à Carlisle. Il était dommage qu'elle se fâche si vite car elle était bien plus rayonnante ainsi.
«-Les voyages sont une satisfaction personnelle., finit-elle par dire en regardant chaque membre de sa famille un par un., Mais ils ne vaudront jamais votre présence, ma maison c'est vous. Je reviendrai toujours à la maison. Et Five, rien ne me rend plus heureuse que tu en fasses partie.
-Avec grand plaisir, Camelia. », répondit-il et elle se décala pour être contre lui.
Malgré le fait qu'il manquait quatre membres de sa famille – oui, elle aurait même apprécié la présence de Jacob – Camelia ne put qu'admettre qu'ils passèrent une excellente soirée. Five avait savouré le repas préparé par Esmée, Rosalie et Carlisle. Elle s'était excusée de ne pas y avoir participé, mais même humaine, elle n'avait jamais eu un goût prononcé pour l'art de la cuisine.
Pendant plusieurs heures, ils avaient discuté des aventures apocalyptiques de Five et tous avaient partagé leur plus beau souvenir de Noël. Pour sa famille, tout le monde avait été d'accord pour dire que le deuxième Noël de Nessie avait été le meilleur. Camelia n'avait passé que très peu de Noël avec Nessie en dix-huit ans mais chacun d'entre eux avait eu une saveur particulière. L'association Nessie et Alice pour une fête était divine, cela avait manqué à Camelia cette année, tout comme les morceaux de piano d'Edward et Nessie.
Seuls les souvenirs de Five étaient étranges. Il ne gardait pas de très bons souvenirs des Noël à l'Académie, il n'avait même pas le souvenir d'avoir passé un réel Noël. Ses années post-apocalyptique n'étaient certainement pas une référence tout comme ses années à la Commission. Cependant, il admettait que ses quatre derniers Noël étaient festifs. Il se souvenait d'il y a deux ans quand Viktor, Klaus, Luther et lui avaient mangé dans un bon restaurant chinois. Ils avaient partagé un karaoké et beaucoup de bouteilles.
Puis, ils s'étaient amusés à des jeux de société – au grand désarroi de Rosalie et Five qui n'étaient pas de grands amateurs.
Mais Camelia attendait plus de cette soirée, il était déjà trois heures du matin et Five allait très probablement souhaiter dormir d'ici peu de temps.
«-Tu veux bien qu'on aille se promener dans Ely avant d'aller te coucher ? », lui demanda-t-elle.
Il accepta mais juste avant qu'il ne lui prenne la main pour les transporter, elle entendit Emmett l'appelait :
«-Eh Cam ! Attrape ! »
Il n'avait pas encore fini son mot qu'il lui lança des clés qu'elle attrapa au vol de son index – était-il encore nécessaire de préciser qu'il s'agissait d'un privilège de vampire ? Il haussa les sourcils avec beaucoup de sens et elle préféra l'ignorer.
«-Qu'est-ce ?, l'interrogea Five.
-Tu verras plus tard. »
En cette nuit de Noël, Ely était un réel enchantement. Les guirlandes illuminaient les rues sombres et des chorales de Noël étaient encore présentes pour chanter Noël. C'était une sorte de rêve, un peu comme les téléfilms que Nessie aimait regarder à cette période. La neige ne cessait de tomber et la route principale était cachée sous une couverture blanche.
Camelia leva le nez vers le ciel et attrapa un flocon dans sa paume de main. Il disparut immédiatement. C'était l'image parfaite de sa relation avec Five : un magnifique moment qui resterait éphémère. Mais être éphémère n'était pas une imperfection, au contraire, il n'y avait rien de plus beau que l'instant présent.
Five lui prit la main qui avait connu le flocon et y déposa un petit paquet.
«-Cadeau., dit-il et elle lui sourit avant de sortit à son tour une petite boîte.
-Cadeau. »
Depuis l'anniversaire de Five, elle s'était attelée à la recherche du cadeau de Noël parfait. Finalement, elle était plutôt satisfaite de sa trouvaille. Elle espérait qu'il soit de son avis. Elle remarqua qu'il attendait qu'elle ouvre son présent alors elle décolla doucement les morceaux de ruban adhésif. Elle y trouva une petite pochette en velours qu'elle ouvrit.
A l'intérieur, elle en sortit un collier à la couleur dorée. Elle contempla de plus près le petit médaillon en forme de livre où un C était inscrit sur la couverture. Elle vit Five le désigner d'un mouvement de menton, elle en déduisit qu'il était possible de l'ouvrir. Sur les deux petites pages, le mot « Cúig » était inscrit en lettres cursives.
«-Cela signifie cinq., expliqua-t-il.
-En irlandais., se souvint-elle.
-Exactement., sourit Five apparemment satisfait qu'elle ait cette connaissance., D'après des documents trouvés par Klaus, ma mère était irlandaise.
-Merci Five, je l'adore. »
Il avança pour se placer derrière elle et lui prit le collier qu'elle avait entre les doigts. Il décala doucement sa longue chevelure sur sa clavicule, il passa la chaîne autour de son cou et elle plaça correctement le médaillon au-dessus de son gilet. Five en profita pour déposer un baiser dans le creux de son cou et elle en frissonna.
Puis ce fut au tour de Five.
Plutôt fier que son cadeau ait eu l'effet escompté sur Camelia, Five ouvrit la petite boîte qu'elle lui avait donnée. Il y découvrit un bijou argenté et Camelia commenta d'un petit air moqueur :
«-Qu'est-ce qu'un homme de soixante-ans sans sa montre à gousset ?
-Tu as entièrement raison. », sourit-il.
Sur le clapet, il reconnut le même blason que Camelia portait à son bracelet. Il l'avait d'ailleurs vu sur chaque membre de sa famille en collier, bracelet ou même chevalière. Il sortit le bijou et derrière, leurs initiales étaient gravées dans de belles et délicates calligraphies.
«-Le blason des Cullen., expliqua Camelia., Tu es sous notre protection. »
Un présent utile avec une grande valeur affective, il devait avouer qu'elle était aussi douée que lui pour les cadeaux. Il accrocha la montre à son pantalon de costume. Puis, il porta ses mains sur les joues glaciales de Camelia afin de l'embrasser, il n'y avait pas meilleure manière de la remercier.
«-J'ai un autre cadeau de Noël., lui avoua-t-elle., Cinq kilomètres au Nord-Ouest de Fall Lake. »
Le message était reçu. Dans la seconde, il les transporta selon les indications de Camelia. Ils atterrirent devant un nouveau chalet, plus petit que celui des Cullen mais bien imposant. Il la vit sortir une clé de sa poche et il était bien trop malin pour ne pas faire le lien.
«-Il s'agit de celle qu'Emmett t'a donnée ?
-Tout à fait., acquiesça-t-elle., Nous sommes chez Rosalie et Emmett.
-Vous ne vivez pas tous au chalet ?
-Bien sûr que si mais tous ces couples ont bien besoin de leur intimité et heureusement pour nous. »
Elle termina sa phrase par un clin d'œil bien lourd de sens et il n'eut pas aucun mal à en comprendre la signification. A vrai dire, il enviait même les Cullen. Il aurait tout donné pour isoler Lila et Diego ainsi que Sloane et Luther, ils étaient bien trop expressifs lors de leurs ébats.
L'architecture de la maison d'Emmett et Rosalie était beaucoup plus moderne que le chalet des Cullen. Les couleurs variaient entre le noir et blanc, une grande majorité des meubles à assise étaient en cuir. Tous les rangements brillaient et Five imaginait qu'y poser un doigt laisserait des traces. Camelia lui désigna la salle de bain puis elle le guida vers une pièce fermée par une porte noire dont leur reflet était perceptible. Elle la coulissa et il n'imaginait pas que la décoration soit si différente du reste de la maison.
Alors qu'elle refermait la porte derrière eux, il examina la chambre dans laquelle ils se trouvaient. Tout un pan de mur était couvert de livres parfaitement rangés selon leur taille. Un grand lit en bois brut se trouvait au milieu de la pièce et il n'avait aucun doute que la literie était aussi confortable que chez les Cullen. Sur le mur parallèle aux livres étaient affichées d'innombrables photos aux époques bien distinctes. Toutes représentaient des instants de vie de la famille Cullen ainsi qu'autres personnes que Five ne connaissait pas mais qu'il ne doutait pas être des vampires, sûrement grâce à leurs yeux dorés ou bien rouge écarlate.
Il s'agissait d'instant figé dans leur éternité.
«-Pourquoi ai-je l'impression de te reconnaître dans cette chambre ?, demanda-t-il en observant une photo de Camelia avec trois autres femmes aux cheveux blonds dont une qu'il crut reconnaître, d'une femme et d'un homme aux cheveux brun foncé.
-Tout simplement car elle est mienne., expliqua-t-elle., Dans chacune de leur maison, Rosalie et Emmett me consacre toujours une chambre. Ils tiennent à ce que j'ai moi aussi mon intimité. Je crois qu'ils espèrent que cet espace permette de me garder plus longtemps auprès d'eux.
-Ils prennent vraiment soin de toi., elle acquiesça en hochant la tête et il s'intéressa aux photos., Qui sont ces personnes ? Vous semblez très proches ?
-Ce sont nos fameuses cousines Denali dont je t'ai parlé, celles qui vivent en Alaska. Voici Tanya, Kate et Irina. Irina est morte il y a dix-huit ans lors de notre dernière confrontation avec les Volturi. A côté, ce sont Carmen et Eleazar. J'ai vécu quelques années avec eux, c'est toujours un réel plaisir.
-Kate a un don ?, demanda-t-il.
-Oui, elle a celui de l'électrokynésie psychique., expliqua Camelia et sa vision du futur prit sens., Le don d'Eleazar est l'identification des pouvoirs. Pourquoi cela ?
-Lors de mon passage dans le futur, je pense avoir vu Kate., dit-il et elle le regarda d'un air circonspect., Je la confonds peut-être. Bref, je crois t'avoir coupée.
-En effet, cela me semble étrange que les Denali soient parmi nous. Oui je disais donc, ici, tu as des vampires qui se sont alliés à nous pour protéger Nessie. Je suis allée rendre visite à certains d'entre eux lors de mes vacances.
-D'ailleurs, je ne vois aucune photo de tes voyages. J'aurais aimé que tu me les racontes en images.
-Je n'en prends aucune. Je profite toujours de l'instant présent. Mon don me permet de garder en mémoire n'importe quel souvenir. Si tu veux les découvrir, je n'ai qu'à poser mes mains sur tes tempes mais cela, tu le sais déjà.
-Tu n'oublies vraiment rien ?, s'étonna-t-il, son cerveau devait être tout le temps en ébullition.
-J'apprends à faire du tri., lui apprit-elle., Cependant, je retiens rarement des éléments futiles et ma mémoire est très influencée par mes émotions. Plus j'en ressens, plus je suis certaine de retenir parfaitement les événements. A ce sujet, je compte bien faire du reste de notre soirée un de mes souvenirs les plus mémorables. »
Camelia fit le dernier pas qui la séparait de Five. Elle aurait tant apprécié avoir accès à ses pensées, le don d'Edward lui aurait été d'une grande utilité. Pouvait-il se douter qu'elle allait franchir la dernière limite qu'elle s'était fixée ?
«-Je veux bien faire l'amour avec toi. Ce soir. »
A en croire son penchement de tête et haussement de sourcil mais surtout à son air ahuri – il n'aurait pas aimé savoir qu'elle pense cela –, il ne s'y était pas attendu. Peut-être même croyait-il être dans un rêve, après tout ils étaient en plein milieu de la nuit, ou bien n'avait-il pas cette envie et qu'elle allait s'humilier ? Mais elle était prête à prendre ce risque, comme beaucoup trop souvent. Elle espérait ne jamais en abuser, cela la perdrait jusqu'à perdre la raison.
L'habileté des vampires l'aida à baisser elle-même la fermeture éclair de sa robe qu'elle laissa tomber au sol. Les yeux de Five parcoururent son corps. Elle perçut l'intensité des battements de son cœur ainsi que le son de sa déglutition salivaire. Elle sourit discrètement et s'approcha de lui jusqu'à ce que sa poitrine frôle Five. Elle caressa sa joue et murmura :
«-Je vais tenter de me contrôler. Au moindre moment où je sens que je peux te faire du mal, on arrête. Est-ce compris ? »
C'était incroyable mais elle avait réussi à garder muet Five Hargreeves. Jamais elle n'aurait cru cela possible. Il hocha simplement la tête, ses yeux fixaient ses lèvres et Camelia trouva les siennes. Tous les baisers gardaient un goût différent et celui-ci n'était pas une exception. Il était chaleureux et plus puissant que tous les autres.
La main de Five passa dans sa nuque et il emmêla ses doigts dans ses cheveux avant de quitter ses lèvres pour embrasser son cou et son épaule. Camelia s'en délecta mais l'invita à retrouver ses lèvres. Ses mains se posèrent sur la cravate de Five qu'elle dénoua et il s'occupa d'enlever son veston puis sa chemise. Il l'embrassa à nouveau plus fougueusement, il posa sa main sur ses fesses pour la coller à lui. Surprise, elle ne put même pas utiliser sa force de vampire pour rester stable.
«-Va doucement !, recula-t-elle à contre-cœur car toutes ses relations avec des vampires étaient toujours bien plus bestiales mais cela elle ne pouvait se le permettre avec Five., Que n'as-tu pas compris ? Si tu y vas sauvagement, je te tue dans la minute qui suit et tu n'auras eu qu'un baiser !
-Va pour juste un baiser alors., railla-t-il avec arrogance avant de l'enrouler de ses bras.
-Je ne rigole pas, Five !
-Veux-tu te taire un peu, s'il te plaît ? »
Il ne lui laissa pas le temps de répondre car il l'embrassa de nouveau. S'il en était ainsi, elle n'avait plus qu'à prendre sur elle et contrôler ses pulsions aussi dur cela serait. Ils se séparèrent de leurs dernières couches de vêtements et rejoignirent le lit.
Camelia laissa Five se poser sur elle telle une plume. Elle enroula ses jambes autour de lui et n'eut pas à être pleinement dans leur moment pour s'en sentir pleinement satisfaite. Son désir de vampire ne cessait d'augmenter et elle craignit qu'il n'y ait aucune limite. Elle gardait une main accrochée au drap pour concentrer toute sa frustration tandis que son autre main parcourait toute la peau de Five accessible. Elle n'avait aucune conscience de la force qu'elle utilisait mais du moment qu'il n'hurlait pas de douleur, elle ne lui faisait aucun mal n'est-ce pas ?
De toute sa vie de vampire, elle n'avait jamais eu aussi chaud. Ses sens ne cessaient de s'éveiller : à chaque mouvement de Five, à chacun de ses baisers, à chaque fois que ses doigts effleuraient sa peau, à chacun de ses battements de cœur plus vifs à chaque seconde. C'était un émerveillement dont elle préféra se mordre la lèvre pour ne pas planter ses dents dans la carotide de Five.
C'était si contradictoire, elle débordait d'émotions. Elle le désirait plus que jamais. Elle éprouvait un plaisir jamais connu alors. Elle brûlait d'envie de goûter à son sang plus attractif qu'à leur rencontre et toutes les autres fois. Elle était tentée de l'étreindre de tout son amour au risque de briser ses os un par un. C'était une lourde épreuve dont elle craignait qu'il ne sorte pas vivant.
Ce fut un soulagement quand il succomba au plaisir et qu'il se laissa tomber sur sa poitrine. Elle put évacuer toute sa frustration en cognant le bord du lit qui se fractura sur le coup. Ils se retrouvèrent au sol et généralement très fière, elle s'en trouva gênée.
«-Oups. »
C'était terriblement inattendu et cela mettait un terme beaucoup trop rapidement à ce qu'ils venaient de vivre. Elle en trouva, cependant, un avantage : tout son désir descendit et elle ne craignait plus de lui faire du mal.
«-Je suis en train d'imaginer ma colonne vertébrale à la place du lit., plaisanta Five d'un haussement de sourcil.
-Ainsi, cela te permet d'avoir un exemple concret. Tu devrais me féliciter de t'avoir gardé en vie.
-Félicitations mon ange., murmura-t-il à son oreille., J'espère que cela sera assez mémorable pour que tu t'en souviennes dans cent ans.
-Il emporte tout. Et toi ? Tu t'en souviendras ?
-Pour le restant de mes jours. »
Le cœur de Five se serra quand il vit le visage de Camelia se décomposer. Il estima nécessaire de l'embrasser pour effacer ce moment qui leur rappelait le passage qu'il était dans sa vie sans fin.
Quand il revint de la salle de bain, il constata qu'elle avait bougé la structure du lit pour faire tenir ce qu'il en restait contre le mur de photos. Le matelas était au sol et elle l'y attendait un discret sourire aux lèvres.
Il s'allongea auprès d'elle et la regarda en fronçant les sourcils. Quelle injustice de n'avoir que cinq mois à vivre avec Camelia Hale. Il hésitait à lui admettre la vérité mais elle le mettrait à l'écart, voire l'enverrait à l'autre bout du monde. Et il ne pouvait plus perdre une minute supplémentaire sans elle.
Le décompte final était déclenché, le temps n'avait jamais autant compté.
«-Je suis ravi d'être encore vivant., murmura-t-il en déposant un baiser sur son épaule.
-Je te remercie de le reconnaître., sourit-elle en prenant un livre qu'elle avait posé au sol.
-Cela permettra de recommencer.
-Tu peux toujours attendre., dit-elle en ronchonnant et il la savait aussi embêtée que lui par rapport à cette idée., Je suis une très grande amatrice du risque mais ta vie compte bien trop à mes yeux. Tu te contenteras d'un baiser, cela avait l'air d'être suffisant d'après tes paroles., elle haussa un sourcil pour se moquer., Ce ne seront que des rares moments mais qui en seront d'autant plus agréables.
-J'aurais essayé.
-Bonne nuit Five. »
Une dernière fois avant qu'il ne s'endorme, elle l'embrassa. Il ferma les yeux se remémorant tout des dernières minutes. Il aurait pu avoir un mois à vivre, un an, dix ans, mille ans, un nombre infini d'années, il était sûr que ce souvenir aurait gardé de sa netteté. Il aurait vécu en lui aussi longtemps qu'il aurait vécu.
Une dernière fois, il ouvrit les yeux avant de les fermer pour une nuit de sommeil. Il l'admira, elle et ses traits fins et parfaits. Ses yeux en or brillants comme des pierres précieuses. Il la vit sourire et il sut qu'elle l'avait senti l'observer. Elle éteignit la lumière et il eut en tête la meilleure image pour s'endormir.
Camelia Hale, sa belle inconnue devenue son plus beau morceau de vie.
25 décembre 2023
De toute sa vie, Camelia n'avait jamais douté de son intelligence. C'était un fait, elle était une des personnes les plus brillantes qu'elle connaissait. S'il n'y avait pas eu Carlisle, elle se serait attribuée à la première place mais son père de cœur la méritait plus que quiconque.
Bien sûr, comme toute personne, elle avait parfois fait des erreurs mais jamais au point de remettre en cause son intellect.
Mais cela était avant. Car cette nuit, elle avait été d'une extrême idiotie.
Quand Five était parti sous la douche, elle avait étouffé un cri d'horreur quand elle avait constaté tous les hématomes sur sa peau. Il y en avait de tailles différentes et certains plus violacés que d'autres. Elle en était la responsable.
«-Ce n'est pas important., dit Five., J'ai déjà eu bien pire, tu sais.
-Quand même ! Arrange-toi pour qu'aucun d'eux ne soit visible, je refuse que ta famille pense que je te bats !
-N'exagère pas. D'ailleurs, je n'éprouve aucune douleur. »
Elle s'avança et posa son doigt sur son flanc droit où était sa plus grosse ecchymose. Il se décala en grimaçant et elle haussa les sourcils pour démontrer qu'elle détenait plus de raison que lui. Il ne parut pas s'en soucier et dit :
«-J'ai été surpris par le froid de ta peau !
-Tu espères que je te crois ?, leva-t-elle les yeux au ciel., Cela fait des semaines que tu n'y réagis plus. Arrête d'être aussi fier.
-Je me porte très bien, Camelia. Allons-y, il est déjà quatorze heures. »
Il l'embrassa sur le front et ils disparurent pour se retrouver dans la chambre de Five. L'ambiance était bien différente de celle de la veille. Une musique que Camelia ne connaissait pas – comme très souvent – était diffusée dans toute la maison, elle ne comprenait pas comment les Hargreeves n'avaient toujours pas eu de problèmes avec le voisinage. Allison y était peut-être pour quelque chose.
«-J'ai le sentiment que nous avons manqué le début de la fête., remarqua Five en passant la tête dans l'entrouverture de sa porte de chambre.
-Ne nous faisons pas attendre plus longtemps alors. »
Elle balaya ses cheveux en arrière et ils furent accueillis par toute la famille de Five. Klaus fut le premier à arriver et posa un serre-tête aux bois de cerf sur la tête de Five, qui s'en dégagea aussi vite.
«-Epargne-moi ces accessoires puériles !
-Oh voyons Five, dit Camelia alors que Klaus lui mettait un bonnet de Noël qui clignotait, je trouve cela très mignon. Tu peux bien faire un petit effort pour ce jour de fête.
-Pour aujourd'hui et uniquement aujourd'hui ! », grogna-t-il en remettant le serre-tête.
Il n'eut pas le temps de la maudire que Lila et Luther le tirèrent par les bras pour entamer un karaoké. Avec amusement, Camelia les observa tandis qu'Allison lui tendait un verre de sangria.
«-Il ne vous a pas trop ennuyé à Noël ?, demanda Allison.
-Non., rit Camelia., Jamais. Il n'est orgueilleux qu'en votre présence.
-Je l'ai toujours dit., elle regarda sa montre avant de s'éclipser., Il est l'heure que j'appelle Claire, à tout de suite ! »
Camelia pensa à Bella qui avait eu le besoin de passer les fêtes avec son père, elle imagina donc la peine que devait ressentir Allison de ne pas être auprès de sa fille. Elle était même étonnée qu'elle ne soit pas plus agacée que cela.
Allison partie, Camelia se retrouva avec Sloane et Viktor. Ce dernier ne l'avait plus interrogée depuis octobre. Elle ne savait pas s'il ne voulait pas la gêner à nouveau ou si Five l'avait priée de ne plus la questionner ainsi. Cependant, elle se sentait moins jugée depuis mais toujours autant épiée.
«-Cela fait longtemps que vous n'avez pas passé Noël tous ensemble ?, demanda-t-elle.
-Je n'ai pas le souvenir que cela soit déjà arrivé., constata Viktor., Mais cela ne change rien de nos fêtes habituelles, juste des cadeaux en plus. Tiens, d'ailleurs. C'est de notre part à tous. »
Il lui tendit une petite enveloppe et elle fut curieuse de découvrir ce que cela pourrait être. Elle l'ouvrit et en sortit une carte de Noël. A l'intérieur tenait une petite page blanche avec écrit en grand Spotify : accès à l'abonnement familial.
«-Qu'est-ce ?, demanda-t-elle.
-Nous t'incluons à notre abonnement. Tu auras accès à toutes nos playlists et tu pourras élargir ta culture musicale., expliqua Sloane.
-Tu pourras aussi créer les tiennes., compléta Viktor pour la rassurer., Ne t'en fais pas, j'écoute aussi de la musique classique et je suis sûr que tu as bien des connaissances à nous partager.
-C'est très gentil, merci., sourit-elle., C'est vrai, tu aimes la musique classique ?
-Je joue du violon et j'adore cela.
-J'adorerais t'entendre en jouer un jour. Pour…, elle s'arrêta pour relire le nom., Spotify. J'imagine qu'il s'agit d'une application, pourrai-je vous laisser gérer tout cela ? Je ne suis pas très douée.
-Tu es vraiment très différente des jeunes., dit Viktor d'un œil suspicieux., Mais avec plaisir.
-C'est sûrement pour cela que je n'ai aucun ami. »
Cela jeta un malaise et elle s'empressa de sourire pour les rassurer. Elle n'avait jamais cherché à s'en faire de toute manière, cela n'aurait servi à rien mais cela elle ne pouvait leur expliquer. L'expression douce de Sloane exprima sa compassion mais Camelia fut heureuse d'y échapper quand Lila fit tourner son siège et lui prit les mains pour l'inviter à se lever :
«-ALLEZ BELLE INCONNUE ! VIENS T'AMUSER AVEC NOUS ! »
Rester immobile et au calme chez les Hargreeves ? Impossible.
En plus de leurs pouvoirs uniques, ils avaient cet incroyable don de festivités. Alice apprécierait cela, elle adorait organiser des fêtes. Qui savait, peut-être qu'un jour ils auraient l'occasion d'en partager une ? Non, il fallait qu'elle cesse d'avoir des idées stupides et irraisonnées.
Pendant des heures, ils dansèrent au rythme des chansons plus animées les unes que les autres. La musique classique l'avait toujours transportée dans un autre univers mais elle admettait que les goûts musicaux des Hargreeves apportaient une tout autre dimension aussi essentielle dans une vie.
La plus pimentée dans tout cela était bien Lila, jamais elle ne s'arrêtait. Five lui avait souvent dit qu'elle était légèrement dérangée, elle ne savait pas si c'était un fait mais il était évident que Lila était une pile électrique à l'énergie illimitée.
Quant à Camelia, la fatigue avait disparu de sa vie depuis des années mais elle s'accorda une pause. Elle s'assit sur Five – qui comme souvent aux fêtes avait une bouteille à la main – et l'embrassa. Elle entoura son cou de ses mains et Five posa sa main libre sur sa cuisse.
Un court instant, le temps fut comme mis en pause. Ils se regardèrent, perdus dans les yeux de l'autre et elle fut plus que charmée par ce sourire qu'il lui adressa. Elle avait dû attendre toute sa vie de trouver son âme sœur mais cela en valait la peine.
Une lumière blanche les propulsa dans leur réalité et ils découvrirent Sloane qui avait dans les mains un Polaroid.
«-Bon sang Sloane !, grogna Five en mettant sa main devant ses yeux., Tu veux éblouir un aveugle ?
-Remercie-moi au lieu de ronchonner ! », s'exclama Sloane toujours aussi douce.
Elle leur tendit la photo et Camelia la saisit. La photo se dévoila seconde par seconde jusqu'à devenir d'une clarté absolue. Aucun mot n'aurait pu la définir précisément tant elle était splendide. La chance frappait : leur moment volé devenait éternel.
«-Elle est pour moi !, décréta Camelia, elle ne comptait vraiment pas s'en séparer.
-Si cela peut te faire plaisir., répondit Five puis il lui murmura à l'oreille., Aurais-tu envie d'une balade vespérale ?
-C'est envisageable. »
Ils profitèrent de l'inattention des autres Hargreeves pour se faufiler hors de la maison. Cependant, ils n'avaient pas fait cinq mètres qu'une odeur inconnue la troubla.
«-Ne bouge surtout pas ! »
Elle s'était arrêtée brusquement en posant une main sur son torse pour l'empêcher d'avancer. Il ne l'avait jamais vue aussi sérieuse, elle semblait sur ses gardes prête à attaquer. Peu importait ce qu'il se passait, elle en était méfiante.
«-Pourquoi cela ?, demanda-t-il.
-Il y a un vampire par ici et je ne connais pas son odeur. »
Camelia avait entendu les mouvements de la course du vampire. Depuis qu'elle avait prévenu Five, elle pouvait même dire que le vampire s'était arrêté. Il se savait repéré et elle ne pouvait mettre Five en danger. Elle tenta d'estimer sa position mais elle l'entendit courir à nouveau.
«-Je l'entends se déplacer., puis elle comprit et elle eut envie de hurler qu'aucun d'eux n'ait fait ce lien., Five, les personnes que tu as vues avaient des pouvoirs, n'est-ce pas ?
-Evidemment, je vous l'ai dit. Lancer des poignards avec ses yeux, ce n'est pas très commun.
-En effet, tu as d'ailleurs ajouté que tu étais sûr et certain qu'il devait être du 1er octobre 1989, je me trompe ?
-Non, pas du tout., répondit-il et ses yeux verts prenaient eux aussi conscience de ce que cela signifiait.
-Je sais ce qu'ils cherchent et pourquoi ils sont ici. On doit voir Carlisle. TOUT DE SUITE ! »
Sans attendre, il lui prit la main et ils se retrouvèrent en plein milieu du salon. Malheureusement, personne n'était là à son grand agacement.
«-CARLISLE ! »
Elle cria le nom de son père pour les alerter car elle savait qu'ils pouvaient l'avoir entendue mais ne pas se montrer immédiatement. Son acte était une réussite car ses frères et sœurs arrivèrent, suivis de très peu par Esmée et Carlisle.
«-Ils montent une armée de personnes comme Five., déclara-t-elle.
-QUOI ?, cria Five et elle le fusilla du regard pour lui demander de se taire.
-Comment le sais-tu ?, demanda Carlisle.
-Ils sont là. Un vampire était en ville et je ne pense pas que cela soit un hasard. Nous les avons cherchés pendant un mois et ils arrivent pile en ville où est la famille de Five.
-Tu penses qu'un vampire cherche à les transformer ?, s'étonna Jasper et elle ne doutait pas qu'il imaginait ce que pouvait donner une armée de nouveau-nés à pouvoir.
-La pleine puissance., déduisit-elle., Même les Volturi seraient ridicules face à un tel clan.
-Alice parlait de la colère de cet homme. Il cherche à renverser les Volturi. », conclut Carlisle.
C'est à cet instant qu'Alice se figea, les yeux perdus dans le vide ou plutôt dans une vision d'un potentiel futur. Cela ne plut pas à Camelia, chacun de leur pas les portait à ce cinq février. Leurs décisions étaient prévisibles et l'avenir inévitable. Les paroles d'Alice furent loin de la rassurer :
«-On va se battre. Les Denali, les Hargreeves, nous. Le clan adverse comporte une dizaine de vampires, dont quatre aux pouvoirs particuliers et un traqueur.
-Les Denali ?, s'exclama Camelia., Le traqueur est forcément celui qui était en ville. Oh non… »
N'importe quel vampire était capable de comprendre ce que signifiait la présence d'un traqueur dans un clan. Eux en avaient déjà fait les frais avec James lorsque Camelia était encore en Alaska et que ce traqueur chassait Bella, et elle avait bien connaissance de ce pouvoir par Demetri. Elle se tourna rapidement vers Five dès qu'elle eut l'accord de Carlisle par un signe de tête :
«-On doit amener ta famille ici. Maintenant. »
Déconcerté, Five les regarda un par un. Elle ne pensait pas qu'il soit capable d'imaginer à quel point il était important d'agir vite. Non. Par contre, il avait été capable de mesurer un tout autre problème.
«-Ce n'est pas dangereux de…
-Non., déclara-t-elle fermement quand elle comprit que le danger qu'il exposait était eux.
-Camelia, tu dois en être parfaitement sûre ! Je ne mettrai pas ma famille en péril, il en est hors de question ! »
Jamais, il ne lui avait paru si menaçant. Il la pointait du doigt et ses yeux fulminaient. Elle n'en fut pas surprise. Malgré tous les faux airs que Five se donnait devant les membres de sa famille et toutes les fois où il s'exprimait avec condescendance, sa famille lui importait plus que n'importe quoi. La protection de sa famille avait toujours été une de ses priorités. Elle n'avait pas d'autres choix que le rassurer :
«-Nous savons tous nous contrôler ici. Il n'y a aucun risque.
-Je te fais confiance mais sache une chose Camelia., la menaça-t-il même si elle voyait très clairement que cela le touchait énormément., Je n'hésiterai pas à te tuer. »
Le rire d'Emmett s'imposa sur l'atmosphère pesante de la pièce et des ricanements se propagèrent parmi les membres de sa famille. Même Camelia ne put s'empêcher de se retenir de rire, elle vit Carlisle sourire légèrement et cela ne plut pas à Five. Mais après tout, sa réflexion n'était que risible.
«-Five, on te tuerait avant même que tu nous touches.
-Et si je leur demandais de partir ?, proposa-t-il apparemment vexé., Je resterai mais eux… Allison pourrait retourner en Californie et…
-Non Five., le coupa Carlisle car il semblait que sa voix ne suffisait plus pour le convaincre., C'est pour vous qu'ils sont venus ici. Je doute que ce soit un hasard qu'ils se retrouvent ici alors que vous êtes huit natifs du 1er octobre 1989 dans cette petite ville qu'est Ely. Ils ont parmi eux un traqueur. Cela signifie que si vous partez, il vous traquera jusqu'au bout du monde s'il le faut. Vous êtes plus en sécurité avec nous que divisés.
-Vous êtes en train de me dire que c'est moi qui les ai entraînés vers une probable mort ? », s'horrifia Five
Il prit sa tête entre les mains en murmurant des paroles incompréhensibles. Camelia réalisa qu'il s'agissait très certainement du pire cauchemar de Five. Il avait tellement donné pour sauver sa famille et elle était désormais dans une impasse.
Camelia vit Alice basculer d'un pied à l'autre, apparemment nerveuse. A ses côtés, Jasper lui caressait le dos comme pour la rassurer. Pourquoi Edward n'était-il pas là quand on avait besoin de lui ? Elle se refocalisa sur Five qui ne parvenait pas à se calmer. Elle marcha alors jusqu'à lui prendre la main.
«-Tu ne pouvais pas le deviner, Five. Et vous ne mourrez pas, je te l'ai dit : tu es sous notre protection, tout comme chacun de tes frères et sœur, Lila et Sloane.
-Eux en priorité., exigea-t-il en prenant bien soin de tous les prévenir., Rien ne doit leur arriver ! Me suis-je bien fait comprendre ? »
Elle vit Alice et Jasper approuvaient d'un signe de tête, puis Carlisle et Esmée. Emmett en fit autant, seule Rosalie ne se prononça pas. Elle la fixait, attendant sa consigne. Camelia se doutait que Rosalie ne prendrait pas cette décision sans son accord. Rosalie avait toujours été sa sœur la plus proche, celle qui aurait toujours tout fait pour son bonheur. Jamais sa sœur n'aurait supporté la voir malheureuse, alors jamais elle n'aurait fait cette promesse si elle ne l'acceptait pas.
C'est pourquoi Five se tourna vers elle. Il plongea ses yeux verts dans les siens et ils passèrent de la menace à la supplication.
«-S'il te plaît, Camelia. Tu dois me promettre de les protéger, que tu ne laisseras rien leur arriver même si cela signifie m'abandonner. Eux avant moi. Je sais que tu me comprends et que tu m'aurais demandé de faire la même chose. »
Il avait raison. Sa famille serait toujours passée avant elle. Alors malgré toute la peine et ayant parfaitement connaissance d'où cela les menait, elle prit la meilleure décision. Five avait mis sa fierté de côté en acceptant leur protection et en exposant ses sentiments, il méritait qu'elle en fasse autant.
«-C'est promis., dit-elle et Rosalie la suivit dans la seconde.
-Nous n'avons aucune autre échappatoire ?, tenta-t-il une dernière fois.
-Tu l'as dit, tu me fais confiance. Nous n'avons pas le choix sinon ils vous transformeront vous aussi, de gré ou de force. »
D'un air grave, Carlisle compléta sa phrase :
«-Et au pire des cas, vous n'aurez que deux choix quand les Volturi le découvriront : les rejoindre ou la Mort. »
