Hello ! :)
Voici le dernier chapitre avant l'épilogue...
Bonne lecture. :)
That feeling that doesn't go away just did
And I walked a thousand miles to prove it
And I'm caught in the crossfire of my own thoughts
The color of my blood is all I see on the rocks
As you sail from me
Alarms will ring for eternity
The waves will break every chain on me
My bones will bleach
My flesh will flee
So help my lifeless frame to breathe
And God knows, I'm not dying but I bleed now
And God knows, it's the only way to heal now
With all the blood I lost with you
It drowns the love I thought I knew
The lost dreams are buried in my sleep for him
And this was the ecstasy of a love forgotten
And I'm thrown in the gunfire of empty bullets
And my blood is all I see
As you steal my soul from me
Ellie Goulding – My Blood
CHAPITRE 11 – Le choix
Camelia ne le quittait jamais, elle assurait sa promesse mais elle ne l'abandonnait pas pour autant. Dès qu'elle s'échappait, elle revenait toujours vers Diego et lui. Elle était vraiment redoutable, malgré la férocité de leurs ennemis, elle ne reculait en rien et donnait toute sa puissance pour éviter une quelconque issue irrévocable.
Il en était plutôt fier car il devait admettre qu'il avait sous-estimé les vampires. Ses frères et sœurs ne pouvaient rien contre eux, ils pouvaient les ralentir mais certainement pas les battre. A vrai dire, ils n'étaient qu'une distraction ou bien un appât selon le point de vue. Seuls les pouvoirs de Viktor et Lila leur donnaient un avantage car même un vampire ne pouvait résister à une telle source de pouvoir.
Lorsqu'il vit Charlotte courir sur Diego, il croisa le regard de Camelia et elle comprit rapidement ce qu'il lui demandait. Camelia s'exécuta en se jetant sur Charlotte et lui fit un bond pour distraire Alphonso qui suivait son alliée.
C'était si simple finalement.
Il atterrit quelques mètres plus loin et sourit de son habituelle arrogance espérant les provoquer d'autant plus, ils se laissaient stupidement duper par des humains. C'en était risible.
Mais ce fut probablement son insolence qui le mena à sa perte.
S'il avait été plus attentif, il aurait très certainement pu bondir à nouveau et éviter la suite de l'histoire. Mais son plus grand défaut était son égo et se moquer d'eux avait été plus fort que lui.
C'est pourquoi il fut une cible facile pour Silàs et que cinq poignards se plantèrent dans son thorax.
Le temps fut mis en pause un infime instant, le temps qu'il réalise ce qui lui arrivait. Il fixa Silàs qui sourit fièrement puis il posa ses yeux sur les cinq couteaux. Du sang commençait à s'écouler et il entendit Camelia crier. Mais il ne put la regarder car il s'effondra au sol.
Son corps lui parut extrêmement lourd et il ne voyait plus que les étoiles briller dans le ciel obscur de cette nuit hivernale. Il se courba quand les poignards quittèrent son corps et il sut que la fin était proche. Los de ces années à la Commission, il avait appris qu'en cas de ce type de blessure, il ne fallait jamais enlever l'arme car celle-ci limitait les dégâts. Maintenant que les poignards ne faisaient plus compression, l'hémorragie était beaucoup trop importante.
Il se vidait de son sang dans la neige blanche.
Toute sa vie, Five s'était senti surpuissant. Malgré l'appréhension d'échouer, il avait toujours tout mis en place pour survivre. Pendant plusieurs années, il avait joué et avait toujours gagné à son propre jeu.
Pour la première fois, il venait de perdre. Cette défaite lui était fatale.
Son moment était venu. L'avenir qu'il avait vu se réalisait et il avait terriblement froid.
Mais il acceptait la Mort à bras ouvert, il s'y était attendu et y était préparé. Plus encore, il avait vécu les meilleurs mois de sa vie, même si mourir bêtement le ridiculisait.
Le discernement des étoiles fut plus difficile, elles ne devenaient que des points lumineux à travers le ciel. Elles étaient de plus en plus floues se mêlant les unes aux autres. Les étoiles disparurent et tout devint noir. La dernière image qu'il réussit à mobiliser fut la plus belle de toute sa vie.
Camelia Hale, sa belle inconnue devenue l'amour de sa vie.
«-Il respire encore.
-Nous ne pouvons prendre cette décision., dit Carlisle., Laisse Camelia choisir.
-Nous n'en avons pas le temps… Il va mourir si l'on ne fait rien.
-Rose, c'est non. Je ne le transformerai pas et je t'interdis de le faire. Camelia a été très claire avec Edward, elle ne souhaitait pas cela. Donc, nous ne le ferons pas contre son gré. Je me répète, nous attendons Cami pour cette décision. »
Ce n'était plus que des bourdonnements, il tentait d'entendre leurs mots mais sa tête n'était plus que le poids du monde. Son ouïe n'était qu'une fréquence mal réglée, pourtant il parvint à entendre les derniers mots de Carlisle et de Rosalie.
«-Rose…
-Je ne peux pas la voir souffrir. »
Il perçut qu'on lui transperçait la gorge par des objets pointus mais sa sensibilité n'était plus assez fonctionnelle pour le faire souffrir. Peu importait la solution qu'ils lui avaient trouvée, il leur en était plus que reconnaissant. Le peu de douleurs qui l'abattait disparut et il se sentit tellement mieux.
Cependant, il s'agissait du calme avant la tempête.
Une source de chaleur envahit petit à petit son corps. Tout d'abord, il eut l'impression d'être resté en plein soleil beaucoup trop longtemps. Il pouvait supporter cela bien qu'agréable n'était pas le terme exact. Mais ce qui s'ensuivit était intolérable.
Tout son corps était en combustion. Un feu ravageait sa poitrine et les tambourinements de son cœur n'avaient jamais été aussi forts. C'était insupportable.
«-Son cœur repart., dit Rosalie., Cela a fonctionné. »
Comment cela ? Qu'est-ce qui avait fonctionné ?
«-Tu as fait une erreur., répondit gravement Carlisle., Tu devras l'annoncer à Camelia et en subir toutes les répercussions.
-J'en assumerai toutes les conséquences mais je vivrai en paix. Cami ne souffrira pas. »
Il aurait aimé prendre part à leur conversation, il aurait aimé comprendre pourquoi ils craignaient tant la réaction de Camelia mais la douleur le propulsa hors de toute réalité. Rosalie l'avait envoyé au bûcher et il était en train de brûler vif.
De toute sa vie, il n'avait jamais eu aussi mal. L'échelle de douleur n'aurait été qu'une plaisanterie car un dix était ridicule face à ce qu'il subissait. Pourquoi avait-elle dû lui infliger cela ? Il hurla pour lui demander de le tuer mais sa langue était si lourde et sa gorge si enflammée que seuls des cris s'échappèrent de sa bouche.
«-N'enlève pas le venin !, entendit-il Rosalie.
-Je ne le ferai pas. Tu as fait ce choix et il était peut-être celui que Cami attendait. »
Désormais, Five était incapable de s'arrêter de crier. Pourtant insoutenable, sa souffrance ne cessait de s'accentuer. Il ne pouvait continuer ainsi, aussi brave était-il il refusait une telle peine. Plutôt vivre sans Camelia, plutôt vivre sans sa famille, plutôt perdre sa fierté, plutôt que vivre une seule seconde supplémentaire de cette torture.
TUEZ-MOI. ROSALIE, JE TE DETESTE. POURQUOI ES-TU ENTREE DANS MON MONDE CAMELIA HALE ? TUEZ-MOI. LAISSEZ-MOI MOURIR. METTEZ UN TERME A CETTE SOUFFRANCE.
Les pensées de Five devenaient de plus en plus courtes et irraisonnées. La Mort ne lui avait jamais semblé être autant la meilleure solution. Il avait été idiot de tout mettre en œuvre pour éviter les apocalypses, il aurait mieux fait d'accepter cette fatalité. Ainsi, il n'aurait jamais eu à vivre ainsi.
TUEZ-MOI, JE VOUS EN SUPPLIE. LAISSEZ-MOI MOURIR.
Il n'était pas entendu, seuls ses cris perçaient dans la pièce. Il était seul face à toute cette tourmente dont il n'avait jamais eu l'envie de goûter.
Dans la forêt, Camelia apprécia fortement sa vitesse de vampire. Ainsi, elle n'avait pas le temps d'imaginer ce qu'elle ressentirait réellement en voyant Five. Elle avait vu tout ce sang, elle l'avait perçu s'affaiblir, elle avait entendu le ralentissement des battements de son cœur.
Elle connaissait le Destin de Five mais il était encore trop tôt pour l'accepter. Elle ne le pouvait pas. Comment avaient-ils pu être aussi idiots ? Ils étaient les plus intelligents pourtant ils avaient fait tous les mauvais choix. Il aurait suffi d'un bon choix mais ils avaient été des incapables.
Sa course s'arrêta abruptement quand un cri parvint à son oreille. Elle aurait pu trembler tant cette personne devait souffrir, elle choisit de suivre ce son. Peut-être pourrait-elle la sauver ? Mais chaque mètre semblait la guider vers une maison qu'elle connaissait parfaitement bien.
Devant la maison de Rosalie et Emmett, une pause lui sembla nécessaire. Elle entendait leur voix, Rosalie et Carlisle étaient là. Et ce cri… Non, elle refusait de croire à cette possibilité. Ils ne pouvaient pas avoir fait cela, pas eux. Elle n'en aurait pas été étonnée si cela avait été les autres membres de sa famille. Mais pas Carlisle, pas Rosalie. C'était insensé.
Pourtant quand elle ouvrit doucement la porte pour retarder ce moment et qu'elle les vit autour de l'îlot de la cuisine. Elle sut qu'elle ne s'était pas trompée. Le cri de Five la frappa plus fortement et elle se sentit terriblement impuissante. Sa vision se posa sur le sang au sol. Ce cri et ce sang étaient la combinaison pour un parfait cauchemar.
Mais plus que tout, elle ne refoula pas la rage qui la gagnait de nouveau. Silàs avait tenté de tuer Five mais sa famille la décevait. C'était une trahison qu'elle ne pourrait jamais leur pardonner. Elle ferma ses poings et tenta de prononcer calmement :
«-Qu'avez-vous fait ? »
Alors que Five se débattait de douleur, elle s'approcha de lui pour poser ses mains sur ses tempes. Elle tenta de l'apaiser grâce à son pouvoir mais elle était incapable d'émerger une once de positif et elle n'était pas certaine que cela soit suffisant pour remplacer la douleur :
«-Five, écoute-moi. Five, cela va aller. Je t'aime. Je t'aime. Désolée. »
Mais sa tentative était inutile, elle souffrait bien trop pour l'aider.
Elle répéta alors mot par mot en serrant les dents :
«-Qu'avez-vous fait ? »
Elle vit le regard désolé de Carlisle, il était clair qu'il regrettait les minutes passées. Mais, elle fut plus intriguée par la réaction de Rosalie. Sa sœur tenta de l'approcher, elle semblait préoccupée pourtant un discret sourire parvenait à se faufiler.
C'était Rose. Sa sœur. La personne en qui elle avait le plus confiance. Rosalie.
Elle dégagea ses mains de Five et le regarda tristement. Elle connaissait parfaitement cette douleur incommensurable qu'il vivait et il lui était insupportable de l'imaginer la vivre.
Puis, elle menaça Rosalie d'un regard sombre. Sa sœur s'arrêta et son sourire se dissipa. Camelia se sentit bizarrement moins amère et moins fulminante. Elle posa ses yeux sur la porte et vit ses cousines Denali, Jasper, Esmée et Emmett.
«-Jasper, je te prie de cesser cela. »
Il respecta sa demande et elle récupéra toutes les émotions négatives qui la traversaient. Rosalie ne lui avait toujours pas répondu et avait même reculé jusqu'à Emmett. Un nouveau cri de Five perça l'atmosphère oppressante de la pièce et elle se nourrit de ce cri pour atteindre l'apogée de sa rage. Rosalie allait payer pour ce qu'elle avait choisi de faire endurer à Five.
«-QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ROSE », hurla-t-elle en entendant parfaitement le venin se propager dans le corps de Five.
Elle courut pour se jeter sur sa sœur mais elle fit arrêter par Emmett qui l'attrapa au vol. Elle se débattit du mieux qu'elle pouvait mais Emmett était le plus fort d'entre eux et elle ne pouvait rien faire face à une telle puissance.
«-QU'EST-CE QUE TU AS FAIT ?, hurla-t-elle à nouveau, cette nuit ne s'arrêterait donc jamais ?
-Il était sur le point de mourir., répondit Rosalie dont les yeux brillaient de peine.
-Mais tu n'avais pas le droit ! Tu ne peux pas lui faire cela ! Il ne voulait peut-être pas.
-Nous n'avions pas le temps…
-TU N'AVAIS PAS LE DROIT ROSALIE ! IL NE VOULAIT PEUT-ETRE PAS DE CETTE VIE ! TU LUI AS VOLE SON HUMANITE ! COMMENT AS-TU OSE ALORS QUE TOI-MEME TU AURAIS AIME NE PAS ETRE UN VAMPIRE ?
-Cami… J'ai pensé à toi, je ne vou…
-A MOI OUI !, la coupa dangereusement Camelia, elle se moquait des pensées qui avaient traversé sa sœur., MAIS PAS A LUI ! TOUT LE MONDE A RAISON, TU ES EGOISTE ROSALIE ! JE TE DETESTE ! »
Elle n'eut que faire de la supplication de Rosalie. Sa sœur l'avait trahie et elle avait trahi Five, c'en était trop. Elle hurla à Emmett de la lâcher, elle échappa à Jasper et Esmée ainsi qu'à ses cousines Denali. Elle ne voulait plus rester ici, elle s'enfuit de la maison de Rosalie et d'Emmett
En quelques secondes, elle atteignit le chalet. Elle ouvrit la porte d'une si grande violence qu'elle s'écrasa au sol. Elle tomba nez à nez avec Edward et elle évita la peine dans ses yeux dorés. Il ne lui adressa pas un mot car ses pensées s'exprimaient pour elle. Il la laissa passer et elle s'arrêta quand elle entendit Klaus demander :
«-Tu n'es pas avec Five ?
-On peut le voir ?, demanda Diego.
-Non., déclara-t-elle sèchement., Vous ne le pouvez pas. »
Elle n'eut pas le courage de les regarder dans les yeux ou même de détailler, c'était bien trop pour elle. Edward s'en chargerait, ou même Rosalie. C'était à elle d'assumer et d'annoncer à la famille de Five ce qu'elle avait osé faire.
D'un saut, elle atterrit à l'étage. Elle partit s'enfermer dans sa chambre. Elle abaissa tous les stores et se laissa succomber sous le poids de tout son chagrin.
Elle vivait désormais pire que la mort de Five, elle allait devoir vivre avec sa haine contre elle.
07 février 2024
Sa vie de vampire n'avait plus le même goût. Elle ne s'était jamais aussi sentie déprimée, rien n'avait de saveur. Pour la première fois depuis toujours, un livre n'avait pas été sa source de réconfort. Elle n'avait pas eu l'envie d'en tourner les pages ou de lire un seul mot.
Son lit était son seul refuge, elle patientait sous le poids de sa couette en plumes un temps indéterminé. Elle restait seule avec ses pensées, n'ayant même pas la foi d'écouter les discussions de sa famille. Quel intérêt ?
Afin de distraire ses oreilles et son ouïe optimale, elle avait pensé à porter un casque. Il était peut-être temps pour elle de découvrir Spotify. Elle ne sut ce qu'elle était censée faire et se contenta d'appuyer sur le bouton lecture. La chanson était sympathique mais elle changea rapidement quand les paroles semblèrent s'adresser à elle :
«It's me, hi, I'm the problem, it's me. »
Elle cherchait une source de réconfort et non qu'une chanteuse inconnue ne lui rappelle qu'elle n'avait causé que désordre autour d'elle. Elle parcourut les playlists à la recherche d'un titre inspirant, mais elle n'y connaissait rien. Elle grogna quand elle vit le titre « My blood », qu'avaient donc ces humains ?
Elle s'intéressa à une playlist de Luther « Cover – Bridgerton », elle appuya et lança la première musique « What about us ». Le son du violon l'enchanta instantanément, c'était tout ce dont elle souhaitait. Durant toute sa réflexion, elle passa en boucle cette playlist.
Pendant toutes ces heures, elle songea à l'avenir. Comment réagirait Five ? Quels mots utiliserait-il pour exprimer son désaccord et sa déception ? Qu'allait-elle faire de cela ?
Sans grande envie, il fut cependant un moment où elle dut se rendre à l'évidence qu'il était nécessaire qu'elle s'alimente. L'odeur de Renesmée et des Hargreeves titillait son nez et elle craignait de perdre possession de son esprit. Jamais, elle ne pourrait vivre avec un nouveau drame dont elle serait la responsable.
Elle sauta par la fenêtre de sa chambre et atterrit avec grâce au sol. Un court instant, elle pensa à se rendre chez Rosalie et Emmett afin de voir Five mais elle ne supporterait pas de croiser un membre de sa famille – encore moins s'il s'agissait de Rosalie. Sa rancune à l'égard de Rosalie était incommensurable.
Quand elle revint dans sa chambre, elle fut surprise d'y voir Carlisle. Il avait donc osé pénétrer l'espace qu'elle se gardait. Elle fulmina mais elle prit la décision de l'ignorer, elle n'avait plus le courage de se battre.
«-La fenêtre était ouverte. », dit calmement Carlisle.
Evidemment qu'elle était ouverte, comment serait-elle sortie sinon ? Par la porte d'entrée et ainsi croiser tout le monde dans le salon ? Certainement pas. Elle haussa les épaules et s'approcha de du lit. Sans lui demander son avis, Carlisle la suivit mais encore une fois, elle choisit de rester silencieuse.
«-Camelia… Ecoute., tenta de l'approcher Carlisle.
-POURQUOI ?, hurla-t-elle car elle ne comprenait toujours pas qu'une telle chose ait pu se produire en présence de Carlisle., Pourquoi l'as-tu laissée faire ? Pourquoi ? »
Pendant son isolement, elle y avait beaucoup pensé et elle en avait beaucoup voulu à Carlisle. Il était complice de l'acte ignoble de Rosalie, et cela Camelia le gardait en travers de la gorge. Car jamais, elle n'aurait pensé Carlisle en être capable.
«-Crois-moi ou non mais je lui avais demandé de t'attendre. J'ai fait ce que je pouvais mais Rosalie n'a pensé qu'à toi, elle avait beaucoup trop peur.
-Pourquoi n'as-tu pas aspiré son venin ?, finit-elle par demander car là était le réel point.
-Probablement car je souhaitais aussi te voir heureuse. Je ne désirais pas une transformation sans ton accord, mais le choix de Rosalie fait j'ai estimé que c'en était ainsi.
-Mais je ne serai pas heureuse, Carlisle., le contredit-elle., Il va me détester, je ne peux plus le voir. »
C'était pire que tout ce qu'elle aurait pu imaginer. Elle avait enfin trouvé sa moitié, elle avait trouvé cette personne qui la rendait complète et qui la rendait plus forte. Ce bonheur n'avait été que trop court et elle devrait maintenant vivre avec la haine qu'il ressentirait à son égard.
Elle avait trouvé mille et une idées de sujets de réflexions, car Five avait été sa muse. Elle en avait désormais bien d'autres. Mais sur le chagrin et le deuil.
Elle se laissa tomber sur son lit et il s'écroula sous le poids de son corps. Elle détruisait vraiment tout sur son passage. Elle prit son visage entre les mains et Carlisle s'installa à côté d'elle. Elle n'avait plus la force de le repousser.
«-Laisse-lui le temps de l'apprendre, Cami. Ne te blâme pas pour cela.
-Je ne sais pas ce qui a pu traverser l'esprit de Rosalie., chuchota-t-elle par désespoir., Mais quoi qu'elle pense, j'aurais pu vivre s'il était mort. Je le sais, cela aurait été terriblement dur. Ma vie aurait été sans saveur et incomplète. La joie aurait été comme lui, un lointain souvenir mais j'aurais réussi. Par contre, je serai incapable de vivre s'il me déteste. »
Les bras de Carlisle s'enroulèrent autour de ses épaules et elle se laissa porter par cette étreinte paternelle. Depuis le premier jour où elle avait ouvert ses yeux de vampire, Carlisle n'avait jamais cessé d'agir ainsi. Il avait su la guider à chacun de ses pas dans une bienveillance inouïe, il l'avait toujours écoutée et avait pris soin d'elle comme chaque membre de leur famille. Même aujourd'hui, Carlisle ne faillait pas.
«-Viens-là., murmura-t-il avec douceur., Tu es une belle personne, Cami. S'il en veut à quelqu'un, ce ne sera certainement pas à toi. Au contraire, tu seras son repère. Ton rôle sera de lui apprendre à vivre comme nous. Je sais que tu en es capable, je n'en douterai jamais. Tu es la plus courageuse de nous tous réunis.
-J'en doute.
-Comment peux-tu être aussi arrogante, orgueilleuse et téméraire et en même temps perdre si vite confiance en toi ?, plaisanta-t-il.
-Tu as cité plus de défauts que de qualités., soupira-t-elle faussement.
-Tu sais très bien ce que je pense de toi Cami. Tu devrais réfléchir à cela.
-Je ne veux pas être présente à son réveil. Je n'ai pas envie d'affronter la colère, si tu te trompes.
-C'est ton choix. Il devrait se réveiller demain et il ne sera pas seul. Nous nous relayons sauf… sauf Rosalie qui est toujours à son chevet. Je vais te laisser, je suis content d'avoir pu discuter avec toi. Je commençais à m'inquiéter. »
Elle haussa les épaules et avant que Carlisle ne quitte sa chambre – par la porte cette fois-ci, elle osa lui demander :
«-Peux-tu dire à Rosalie que je m'excuse ? J'aurais aimé qu'elle n'agisse pas de cette sorte mais… Je ne pensais pas mes mots. Elle n'est pas égoïste et je l'aime toujours. Peux-tu lui dire, s'il te plaît ?
-Non, Cami., sourit Carlisle., Tu lui diras toi-même quand tu seras prête. »
Avant de fermer la porte, il eut une dernière réflexion. Cette réflexion qui ne l'avait pas effleurée pourtant elle avait plus de sens que toutes celles qu'elle avait eues jusqu'alors.
«-Par tant de moyens tu souhaitais éviter la vision d'Alice, tu espérais que Five et toi fassiez les bons choix. Mais je trouve que vous oubliez que vous n'êtes pas seuls. Toute notre existence, nos choix façonnent notre avenir. Mais sont-ils les seuls ? J'en doute. Les choix des autres influencent nos vies et nous portent vers des directions que nous n'aurions jamais osé prendre. Je te connais bien assez Cami pour savoir que tu aimes réfléchir sur la vie et notre passage sur Terre. Ne crois-tu pas que ta vie aurait pu avoir mille trajectoires différentes selon le choix des personnes qui t'entourent ? Peut-être n'étiez-vous pas ceux qui devaient faire le bon choix. »
08 février 2024
Des secondes. Des minutes. Des heures. Des jours. Des semaines. Des mois. Des années. Five n'avait aucune conscience du temps qui était passé. La douleur l'avait accablée bien trop longtemps, il avait vécu cela une éternité.
L'incendie venait de se contrôler pour diminuer légèrement. Il avait quitté ses membres pour se retrouver au niveau de son cœur dans une douleur plus intense que tout ce qu'il avait subi jusqu'alors. A chaque fois qu'il pensait avoir vécu le pire, le contraire se produisait.
Soudainement, il y eut un bruit sourd et profond. Il perçut son cœur tressauter à deux reprises, puis moins fort, puis un dernier battement. Il n'entendit plus que le silence, pas un seul bruit. Mais surtout, plus une trace de souffrance. Elle avait disparu.
Quand il réalisa cela, Five ouvrit les yeux.
Il fut aveuglé par la lumière du jour et il fut déstabilisé par tous ces stimuli visuels. Il était capable de voir chaque particule de poussière, chaque détail du plafond qui n'était pas si parfait. Aucune ombre, aucun flou ne venait perturber sa vision. Tout était si parfait.
L'étouffement le saisit quand des milliers de parfums saisirent ses narines. Il y en avait tant mais il parvenait à nommer chacun d'entre eux : le cuir, le sapin, la rose, le chèvrefeuille, c'était déroutant.
Entendant le froissement d'un papier, il tourna la tête et il vit Rosalie qui l'observait curieusement ainsi que Bella un magazine à la main. Où était-il ? Il se redressa et il ne comprit pas comment il avait pu être si rapide. Aucune centième de seconde ne s'était écoulé entre sa pensée et son action. Il s'était tout simplement redressé de manière immédiate.
«-Bonjour Five. », dit Rosalie d'une voix douce et Bella s'approcha de lui.
Se sentant profondément ridicule sur cet îlot de cuisine, il voulut se lever et c'est ce qu'il fit avant même de l'ordonner à son cerveau. Que lui arrivait-il ? Il vit les yeux amusés de Bella tandis que Rosalie semblait plus préoccupée.
«-Qu'est-ce qu'il m'arrive ? Où sont … ? il toucha son thorax et aucune plaie n'était visible., J'ai eu l'impression de brûler.
-Ne t'en fais pas, c'est perturbant au début mais tu t'adapteras., tenta de le rassurer Bella., La transformation est loin d'être agréable mais tu t'en es sorti à la perfection. »
Puis tous ses souvenirs lui revinrent. Les voix de Carlisle et de Rosalie étaient encore perceptibles. Rosalie l'avait transformé. Il était un vampire. Il posa ses yeux sur Rosalie qui lui semblait encore plus belle qu'avant. Elle semblait jauger sa réaction, ne sachant quoi lui dire.
La voix courroucée de Camelia résonna dans sa tête et il comprit l'inquiétude de Rosalie. Camelia était rancunière et elle n'avait pas encore pardonné à sa sœur.
«-Où est Camelia ? », demanda-t-il, il désirait la voir.
Rosalie et Bella s'échangèrent un regard qu'il ne comprit pas. Avait-elle fui ?
Son esprit fut embrouillé et il posa sa main sur sa gorge. Un nouveau feu se propageait dans sa gorge.
«-J'ai la gorge sèche., constata-t-il et Rosalie et Bella se concentrèrent sur lui., Je meurs de faim.
-Il faut que tu te nourrisses., dit Bella., On va aller chasser, tu viens ?
-Pardon ?, s'exclama-t-il, il n'avait jamais chassé de toute sa vie.
-Tu étais mourant…. Je t'ai transformé., expliqua Rosalie mais cela il l'avait compris., Ton corps a besoin de se nourrir, de sang.
-Et Camelia ?
-Elle était très en colère., dit Rosalie en baissant les yeux., Elle n'est pas sortie de sa chambre.
-Pourquoi ?
-Elle avait peur que tu lui en veuilles d'avoir scellé ainsi ton destin. »
Avant qu'il ne réplique qu'elle n'était en aucun cas la responsable, elle manquait d'ailleurs de vivacité pour penser cela, Bella les interrompit.
«-Assez parlé, il faut vraiment que tu manges. Suis-nous. »
La partie de chasse fut très sympathique. Il s'était plu à parcourir des kilomètres à une vitesse surhumaine. Sa dextérité et son agilité étaient d'autant plus performantes, cela lui plaisait énormément. Il s'était alimenté d'un élan et d'une biche, des proies faciles d'après Rosalie et Bella.
Maintenant, il se sentait bien plus fort.
«-Mes frères et sœurs ?, demanda-t-il.
-Ils sont au chalet., répondit Bella., Ils vont bien, Sloane devra se reposer mais elle est vivante.
-Très bien, merci. »
Parfait. Il était temps pour lui de retrouver Camelia. Il ne pouvait attendre plus longtemps.
«-Ne lui en veux pas…, dit soudainement Rosalie., C'est de ma faute.
-Je ne lui en veux pas., déclara-t-il avec évidence avant d'ajouter., Et je ne t'en veux pas non plus. »
Elle lui sourit et il tenta de faire un bond mais rien se ne passa. Il essaya à nouveau mais il restait sur place.
«-Je n'ai plus de pouvoir ?, paniqua-t-il, que ferait-il sans son pouvoir ?
-Je ne pense pas., répondit Rosalie intriguée., En général, les pouvoirs présents lors de la vie humaine, restent après la transformation. Il te faut peut-être du temps pour te les approprier autrement. »
Après tout, il aurait pu courir jusqu'au chalet. Cependant, il souhaitait faire une entrée théâtrale dans la chambre de Camelia et seul son pouvoir pouvait lui offrir cette opportunité. Il frotta ses mains entre elles et se concentra sur sa destination. Des lueurs bleutées s'échappèrent de ses mains, ah il préférait cela. Il resterait le plus doué de sa famille.
«-A tout à l'heure., », dit Bella quand elle comprit que son pouvoir se manifester de nouveau.
Il lui sourit ainsi qu'à Rosalie pour la rassurer, il ne doutait pas que Camelia lui pardonnerait. Puis, il disparut pour apparaître dans la chambre de Camelia.
Depuis des heures, Camelia lisait la même page de son livre. Elle tentait d'occuper son esprit, autre que par l'influence des choix mais surtout autre que par l'image de Five. Elle ne cessait de le voir étendu sur la neige qui s'imbibait de son sang. Elle entendait encore les cris de douleur de Five, ils la hantaient et rien ne les arrêtait.
Un craquement sonore retentit dans sa chambre et son livre tomba de ses mains quand elle en découvrit la source.
Il était là.
Il avait malheureusement perdu les quelques poils dont il était si fier, il ne devait pas en être très ravi. Sa peau était assurément plus blanche. Ses yeux verts avaient été remplacés par un rouge écarlate, qui deviendraient aussi dorés que les siens s'il acceptait le régime végétarien. Plus que tout, il était divinement plus beau qu'il ne l'était déjà.
Five était là.
«-Bonjour Camelia. », déclara-t-il de manière présomptueuse.
Sa voix. Il l'avait attirée par bien des manières lors de ces derniers mois mais sa voix était d'autant plus envoutante maintenant. Elle fit même abstraction de ce ton insupportable qu'il avait employé, elle était tout simplement charmée.
Sans plus attendre, Camelia se leva pour se jeter à son cou. Toutefois, elle fit attention à ne pas briser ses os avant de réaliser qu'elle était vraiment idiote. Elle n'avait plus à retenir sa force, il était comme elle désormais.
«-Je suis désolée, Five ! Je suis désolée. Je ne voulais pas… Elle… Je suis désolée., larmoya-t-elle.
-Je t'ai connu moins dramatique que cela.
-Tu ne m'en veux pas ?, demanda-t-elle alors qu'il la regardait d'un air amusé.
-De ne pas avoir eu l'honneur d'être présente à mon réveil, oh que si Camelia Hale ! »
Elle le fusilla du regard, n'appréciant guère qu'il ose se moquer d'elle ainsi mais surtout dans telles circonstances.
«-T'aura-t-il fallu si peu de temps pour me remplacer ?, constata-t-il en haussant les sourcils vers son lit qu'elle n'avait pas encore pris la peine de réparer.
-Comment oses-tu ?, s'outra-t-elle., J'étais bien trop préoccupée par ce que Silàs t'avait fait et à imaginer que tu me détesterais à jamais !
-Ou tu peux tout simplement dire que je suis irremplaçable ?
-Irremplaçable je ne sais pas, mais désespérément incorrigible, c'en est certain !
-Mais surtout, comment pourrai-je te détester Camelia ? », la charma-t-il.
Leur visage était dangereusement proche, mais avait-elle à utiliser ce mot dorénavant ? Leurs lèvres se caressèrent doucement et jamais le désir de Camelia n'avait été si immense, très certainement car elle n'aurait plus jamais à le contrôler. Elle n'avait plus qu'à y succomber.
«-Je suppose que tu ne vois aucun inconvénient à ce que je t'embrasse ?, susurra-t-il., Tu ne risques plus de me tuer ?
-Tais-toi et agis. »
Elle resserra ses bras autour de cou de Five pour être aussi proche qu'elle pouvait l'être et il exécuta sa demande en la plaquant contre lui. Cependant, elle se dégagea du baiser qu'il allait lui offrir se sentant comprimée.
«-Ouille ! Five… Ta force est, pour le moment, supérieure à la mienne. C'est à toi de faire attention maintenant.
-Je comprends maintenant…, murmura-t-il entre ses lèvres., Tout est tellement…
-Je le sais mais j'aimerais aussi en profiter. »
Enfin, ils purent s'exprimer pleinement. Elle n'eut plus aucune retenue. Elle savourait le goût de ses lèvres, l'odeur de son parfum. Toute sa vie de vampire récupérait de ses couleurs, plus vives et pénétrantes. Toute sa vie de vampire gagnait une saveur inconnue jusqu'alors. Pourtant impossible, elle avait l'impression que tout son corps se réchauffait.
A cet instant précis, tous les événements passés furent effacés. Seuls eux comptaient et tout ce que l'avenir leur réservait. Ils partageaient le meilleur baiser de toute leur éternité.
Ses mains se faufilèrent dans les cheveux de Five pour renforcer ce baiser si intense. Des organes en fonction, elle était certaine qu'elle en aurait eu le souffle coupé. Il se fraya un passage sous son T-shirt et elle ne reculerait pas cette fois. Mais, elle n'avait pas l'envie de se donner en spectacle.
«-Pas ici.
-Où ?
-L'île d'Esmée. »
Ses paumes de main contre ses tempes, elle lui détailla les lieux et lui montra les coordonnées géographiques. Cela parut suffire car en une seconde, ils se retrouvèrent allongés sur le sable chaud de l'île. Ils étaient maintenant seuls au monde, sans une inquiétude.
Libérés de leurs vêtements, ils s'adonnèrent au plaisir dont ils n'avaient qu'un simple avant-goût quelques semaines auparavant. C'était incomparable. Ils étaient liés par la synchronisation et la perfection.
Toutes les contractions qu'avaient saisi Camelia à Noël avaient disparu. Elle s'éprenait de Five à chaque mouvement et à chaque baiser. Elle l'étreignait de toute sa force sans craindre de le blesser. Elle assaillait sa peau de baisers ce qu'elle n'aurait pu faire avant.
Elle se perdait dans ce tourbillon d'émotions plus positives à chaque seconde. Elle se délecta de ce moment comme s'il était unique et éphémère alors que plus jamais elle n'aurait à le craindre. Inconsciemment, elle posa ses mains sur les tempes de Five et il s'arrêta instantanément.
«-Que se passe-t-il ?, s'inquiéta-t-elle en enlevant ses mains.
-Ton don est terriblement puissant., dit Five qui semblait reprendre son souffle alors qu'il n'en avait pas le besoin., Tes émotions et les miennes, j'en étais paralysé.
-Aurais-tu faibli Five Hargreeves ?, se moqua-t-elle et il leva les yeux au ciel puis elle murmura., Embrasse-moi, ne t'arrête pas. »
Leurs corps se retrouvèrent comme une seule et même partie. Ils étaient les deux entités d'une seule entièreté. Parfaitement heureuses et invincibles. Et cette fois-ci, même le temps n'était plus compté.
Après avoir longuement discuté sur la possibilité que Five puisse voir sa famille, ils avaient décidé que le risque méritait d'être tenté. Même si Five ne parvenait pas à se contrôler, Camelia estimait qu'il y avait bien assez de vampires autour d'eux pour le retenir d'un potentiel drame qu'il regretterait le reste de son éternité.
Mais Camelia était aussi très curieuse, elle avait trouvé le comportement des vampires du 1er octobre 1989 bien différent de celui de nouveau-nés typiques. Ils étaient moins nerveux et plus réfléchis, ils étaient moins menaçants.
Après un nouveau long baiser, qui ne serait certainement pas le dernier, ils apparurent en plein milieu du salon. Ils étaient très satisfaits de cette entrée car un silence assourdissant les accueillit, et cela était très rare quand des Hargreeves étaient présents. Camelia croisa le regard de Rosalie mais elle l'évita immédiatement.
«-Ah ! C'est pas trop tôt !, s'exclama Diego., Edward nous a dit que vous êtes partis, il y a plus de dix heures ! »
En effet… Le temps s'écoulait à une rapidité étonnante quand on s'amusait.
Les Hargreeves se levèrent d'un même mouvement, sauf Sloane encore affaiblie, mais ils furent arrêtés par Esmée, Carlisle et Eleazar. Jacob se plaça devant Renesmée, prêt à la protéger.
«-Tu ne réfléchis donc jamais ?, demanda Jacob.
-Oh épargne-moi tes questions grotesques., répliqua-t-elle en rejetant ses cheveux en arrière., Laissez les Hargreeves retrouver leurs frères. »
Il y eut un nouveau silence alors que les Hargreeves tentaient de se frayer un passage mais ils étaient toujours retenus. Camelia roula des yeux avant d'embrasser Five sur la joue, puis elle s'avança vers sa famille.
«-Je suis persuadée que certains d'entre vous ont remarqué l'attitude des vampires du 1er octobre ! Ils avaient un contrôle parfaitement à l'opposé de celui de nouveau-nés. Je suis peut-être attirée par le goût du risque mais je suis aussi raisonnée, je n'aurais pas amené Five ici si je ne l'en estimais pas capable. Five, comment te sens-tu ?
-On ne peut mieux., répondit-il de son sourire arrogant et Camelia l'imita.
-Edward, Jasper, un commentaire ?
-Aucune émotion inquiétante., acquiesça Jasper apparemment impressionné.
-Aucune pensée inhabituelle, menaçant les Hargreeves ou Renesmée., répondit Edward et Camelia se sentit extrêmement fière d'elle et de Five évidemment.
-En effet, j'avais des suspicions quant à leurs capacités à se contrôler., dit Carlisle et ils furent plusieurs à approuver dans la pièce., Je ne pensais pas que cela le serait autant, même Bella n'était pas aussi impassible.
-L'organisme des Hargreeves est différent des humains typiques., dit Camelia., Ils ont leur pouvoir et manifestement bien plus. Ces dernières heures, j'ai questionné Five sur ce qu'il avait ressenti quand il était au chalet.
-Vous n'avez fait que discuter ?, railla Emmett en haussant un sourcil.
-Ils font moins de choses en privé qu'en public semble-t-il., ricana Lila et Camelia préféra y faire abstraction.
-C'était bien différent de ce que moi j'avais ressenti après ma transformation et de tout ce dont on sait à propos des nouveau-nés. C'est comme si…
-Five avait toujours été un vampire., termina Tanya.
-D'une certaine manière, oui. »
Pas une personne n'était imperturbable face à ces constations mais Camelia en était fière, du moins de Five. Elle était sûrement soulagée qu'il puisse garder une relation avec sa famille, car elle ne se le serait pas pardonnée autrement. Elle demanda d'un signe de tête à Esmée, Eleazar et Carlisle de laisser les Hargreeves et ils s'exécutèrent.
Tous les frères et sœurs de Five se réunirent autour de lui pour l'étreindre et cette scène eut le mérite de faire sourire Camelia. Klaus tenta d'attraper les joues de Five mais la substance de marbre de la peau de vampire l'en empêcha ce qui parut satisfaire Five :
«-Voilà qui va me plaire !, s'exclama-t-il.
-Mais regardez comme il est beau !, dit Klaus qui ne détachait pas les yeux de son frère.
-Cela me coûte, poursuivit Diego, mais tu es le beau d'entre nous désormais. Même les dieux n'ont qu'à bien se tenir.
-J'ai toujours été le plus beau d'entre nous., dit Five., Ainsi que le plus intelligent.
-Par contre, tes yeux…, remarqua Viktor., Ton côté psychopathe n'a jamais été aussi dominant et pourtant…
-S'il ne se nourrit que de sang animal, expliqua Camelia, ses yeux devraient devenir ambrés puis aussi dorés que les nôtres. »
Alors que les Hargreeves posaient un millier de questions à Five, Camelia se tourna vers Eleazar et elle sut qu'il connaissait sa prochaine question. Ils s'installèrent dans un coin de la pièce tous les deux et il lui dit :
«-Il lui faudra des années, bien entendu. Mais je crois qu'il est possible d'étendre son pouvoir.
-A quel point ?, demanda-t-elle.
-J'ai cru comprendre qu'il devait assurer des calculs quand il voyageait dans le temps. A présent, je pense qu'il pourrait s'y déplacer comme bon lui semble. Pour les déplacements dans l'espace, je pense qu'il pourrait être capable d'utiliser son pouvoir sur une personne sans partir avec celle-ci.
-Impressionnant. », s'exalta-t-elle, il allait adorer.
Après s'être débarrassé de ses frères et sœurs, Five les rejoignit et Camelia lui exposa les suppositions d'Eleazar. Five en était époustouflé puis elle lui dit :
«-Sauf si tu choisis de revenir dans le passé et changer le cours du temps ?
-Cela est à éviter., répondit-il., Mais même si cela ne l'était pas, pour rien au monde je ne ferai ce choix.
-Parfait ! Je vous laisse discuter, j'ai quelque chose à faire. »
Elle embrassa Five, appréciant définitivement de ne plus avoir aucune retenue. Puis, elle se déplaça en souriant aux membres de sa famille qui paraissaient vraiment heureux pour elle. Elle passa à côté de Rosalie sans même la regarder et lui dit – ou plutôt ordonna selon le point de vue :
«-Toi, je dois te parler. »
Pour la première fois depuis qu'elles se connaissaient, Rosalie ne la gronda pas sur sa manière de parler. Non, elle se contenta de la suivre dans la forêt enneigée. Après plusieurs mètres, Camelia s'arrêta devant sa sœur et la regarda les bras croisés.
«-Ne crois plus jamais savoir mieux que moi ce que je souhaite., déclara-t-elle., Ne prends plus jamais une seule décision qui me concerne sans mon avis.
-Je n'ai agi ainsi que deux fois., dit sévèrement Rosalie., Et chaque fois, j'ai plutôt l'impression de ne pas m'être trompée.
-Ai-je dit le contraire ?, roula-t-elle des yeux., Je te le demande simplement car ta dernière aurait pu me faire encore plus mal que la décision de ne pas agir. Ne le fais plus, Rose.
-C'est promis. »
Il s'agissait des seuls mots que Camelia souhaitait entendre. Elle balaya ses cheveux en arrière par pure provocation et fut satisfaite quand Rosalie leva les yeux au ciel avant de sourire. Camelia cessa de garder ses distances et prit sa sœur dans les bras.
«-Je m'excuse pour les mots que j'ai employés, je ne les pensais pas.
-Vraiment ?, la provoqua Rosalie.
-Bon ton acte restait égoïste, c'est vrai., admit-elle., Mais tu ne l'es pas. Et je t'aime, Rosalie.
-Je t'aime aussi Cami. Je te souhaite d'être heureuse, tu le mérites.
-Je le serai. »
04 mai 2024
«-Tu peux embrasser la mariée. », annonça joyeusement Klaus en sautillant sur place.
Klaus n'eut pas à le répéter car Luther et Sloane se prirent dans les bras avant de s'embrasser pour finaliser leur union. Toute leur famille applaudit avec joie et Renesmée lança des pétales de rose avant d'entamer un morceau de piano avec son père.
Camelia se tourna vers Five qui en profita pour l'embrasser. Il n'était plus question de perdre un baiser, chaque occasion était saisie. Puis, ils allèrent féliciter Luther et Sloane dont les yeux brillaient de larmes de bonheur.
«-Félicitations !, s'exclamèrent Camelia et Five d'une même voix avant de les enlacer.
-Vous êtes les prochains., dit Sloane avec beaucoup d'entrain.
-OH OUI !, cria Alice., LE MARIAGE DE CAM ! IL FAUT QUE NOUS TROUVIONS UNE DATE.
-On est ensemble depuis sept mois., dit Camelia., On ne va pas se précipiter, n'est-ce pas Five ?
-En effet ! Nous sommes très bien ainsi.
-Que vous êtes rabat-joie !, bouda Alice.
-Et puis, nous devons être certains que nous nous supportons sur le long terme., ajouta Five.
-Exactement !, approuva Camelia., Nous verrons dans cent ans.
-CENT ANS ? »
Il n'y avait pas eu qu'une simple exclamation. Alice semblait horrifiée, Renesmée ne semblait pas de leur avis, les Hargreeves perdaient de leur couleur, les Denali – qui étaient restés exceptionnellement jusqu'au mariage – et le reste de la famille se divertissaient du spectacle.
«-Mais c'est énorme !, dit Alice.
-C'est à peine une minute dans notre éternité., remarqua Camelia.
-Nous ne serons même plus là !, dit tristement Luther.
-Ne croyez pas que nous vous aurions invités., répliqua Five., Vos mauvaises manières n'ont pas leur place à notre mariage. »
Les Hargreeves parurent profondément vexés tandis qu'Alice semblait prête à leur arracher la tête. Camelia et Five se regardèrent amusés. Ils n'avaient pas du tout réfléchi à un mariage mais ils trouvaient très drôles de se moquer ainsi de leur famille.
«-Cami, dit Nessie, vous n'allez pas attendre si longtemps.
-Aussi longtemps qu'il faudra., lui répondit-elle d'un clin d'œil., Aujourd'hui, la question ne se pose pas. C'est le jour de Sloane et Luther. Lila ?
-C'est parti ! La piste de danse est ouverte ! »
Elle sabra une bouteille de champagne et aspergea tout le monde du contenu. La musique commença et ils purent fêter dignement le mariage de Luther et Sloane.
Five lui prit la main et l'entraîna danser au milieu de toute leur famille. Il la fit tourbillonner et le sourire dessiné sur son visage ne lui échappa pas. Parfois, Camelia regrettait la vie humaine de Five. Les battements de son cœur et sa peau chaude lui manquaient.
Mais elle n'échangerait pour rien au monde cette nouvelle vie.
Jasper arriva près d'eux et lui proposa une danse. Elle n'eut pas le temps de répondre que Lila tenta de la bousculer pour prendre les mains de Five. Un petit rire s'échappa de Camelia et elle accepta sans plus attendre la proposition de son frère.
«-Tu vas cesser de fuir, maintenant ?, lui demanda-t-il après deux pas de danse.
-Comment cela ?, demanda-t-elle sans comprendre le sens de la question de Jasper., Je n'ai jamais fui.
-Je contrôle les émotions et les perçois, Edward lit dans les pensées. Tu ne t'en rends peut-être pas compte et je suis certain que tu voulais découvrir le monde, mais nous savions aussi que tu fuyais l'amour sous tes yeux. »
Jasper la fit tournoyer, probablement pour lui laisser un temps de réflexion. Qu'était-elle censée répondre à cela ? D'autant plus qu'il paraissait si sûr de lui… Jasper était sans aucun doute le plus discret d'entre eux, il n'usait pas ses mots pour rien.
«-Ce n'est pas vraiment cela., marmonna-t-elle mais elle était très loin d'être convaincante.
-Cam… Je t'ai appris à contrôler ton pouvoir. Je sais exactement comment tu utilises tes émotions. »
Et voilà, Jasper venait de la piéger à la perfection. Elle ne pouvait rien dire à cela car il avait pleinement raison et il le savait. Il ne lui restait plus qu'à répondre à sa première question, le plus honnêtement possible.
«-Je ne sais pas… J'imagine que cela ne dépend pas que de moi désormais., répondit-elle en jetant un œil à Five qui dansait maladroitement avec Lila.
-En effet., sourit sincèrement Jasper.
-Mais si nous partons, tout sera plus simple. Avec Five, peu importe notre endroit dans le monde, nous pourrons être là en quelques secondes. »
Sa réponse parut le satisfaire et Camelia prit conscience d'à quel point sa présence était précieuse pour sa famille. Au cours des trois derniers mois, Five et elle avaient eu le temps d'envisager l'avenir. Désormais, ils avaient un projet pour les prochaines années.
«-Je vais terminer le lycée à Ely., apprit-elle à Jasper qui l'écouta attentivement., Ce sera mes dernières années. J'aimerais rentrer à l'université et étudier la littérature. Ainsi, je pourrai trouver un métier qui me convient. Je suppose que Five et moi nous déplacerons en fonction.
-Nous serons là pour te soutenir., lui assura Jasper., Tu pourrais avoir l'univers si tu le voulais.
-Ne joue pas avec mon ambition. », plaisanta-t-elle.
A nouveau, elle tournoya et elle décrocha sa main de Jasper pour atterrir dans les bras de Rosalie. Sa sœur la serra fort contre elle et Camelia le lui rendit de tout l'amour qu'elle lui portait. Depuis sa transformation, Rosalie avait toujours pris soin d'elle et Camelia était certaine de ne jamais avoir assez d'une éternité pour faire comprendre à sa sœur d'à quel point elle lui était reconnaissante.
«-Merci pour la seconde vie que tu m'as offerte, Rose.
-Tout le plaisir est pour moi. J'ai tout de suite que tu étais spéciale quand je t'ai vue, même si j'étais loin de me douter que tu étais si agaçante.
-Tu ne peux t'en prendre qu'à toi-même, je me suis beaucoup inspirée de toi.
-Tu es insupportable. », leva les yeux au ciel Rosalie.
Toutes les deux rirent aux éclats avant que Renesmée ne vienne les interrompre :
«-CAMI ! C'est LE moment pour toi d'apprendre à faire une story Instagram !
-Quel intérêt, t'ai-je déjà dit ? Je n'ai que vous comme abonnés et mon compte est privé.
-Comme tu parles bien le jargon !, s'étonna Nessie., Allez, pour me faire plaisir ! »
S'il n'y avait que cela. Camelia sortit son portable de la poche de sa robe et ouvrit l'application Instagram que Nessie lui avait installée. Nessie lui indiqua toutes les démarches et elles se prirent toutes les trois en selfie.
«-Là, tu peux écrire un texte. Et là ajouter une musique. Tu peux aussi mettre des autocollants ou des GIF mais ce sera déjà très bien si tu mets un texte. »
Camelia regarda avec détresse Rosalie qui se moquait littéralement d'elle. Elle suivit les instructions de Nessie et trouva une autre fonction. Elle ajouta Luther et Sloane dans un cœur qu'elle plaça dans un coin de leur photo. Elle réussit à ajouter Paradise (le cover de la nouvelle saison de Bridgerton qu'elle avait regardée avec Luther) et publia la story.
«-WOW CAM !, s'émerveilla Nessie, TU AS MEME REUSSI A M'IDENTIFIER. OOOH TU AS ECRIT Au plus beau des mariages. Ma maison, c'est vous.. »
Renesmée l'embrassa sur la joue avant de sautiller vers Jacob en lui montrant son portable, Camelia espérait qu'elle vantait ses mérites.
Enfin, Camelia retrouva sa place dans les bras de Five. Elle parvint à éclipser les bruits qui les entouraient pour simplement se concentrer sur eux. Front contre front, elle se plongea dans ses yeux légèrement moins écarlates. Elle n'entendait peut-être plus cœur mais elle pouvait voir dans son regard tout ce qu'un battement exprimait.
N'y résistant plus, elle posa ses lèvres sur les siennes. Ses deux bras passèrent autour de son cou et il enroula les siens autour d'elle pour l'approcher contre lui. Chaque jour, elle pensait qu'elle n'avait jamais été aussi heureuse. Chaque jour, elle réalisait la chance immense qu'elle avait.
«-Prêt pour les cent prochaines années ?, demanda-t-elle entre ses lèvres.
-Bien sûr, Camelia. Et tous les siècles suivants. »
