Bonjour à toustes,
Ce texte est un OS écrit lors de la participation à l'ASPIC Halloween et Weasley (Ateliers Scripturaux Promouvant l'Imagination et la Créativité) organisé par le serveur Discord Potterfictions.
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Personnage imposé : Ron Weasley
Contrainte de texte 1 : L'histoire implique un épouvantard
Contrainte de texte 2 : Le personnage est "drogué" au Felix Felicis
On se retrouve la semaine prochaine sur Guérir du passé !
Bonne lecture !
Les dangers du Felix Felicis
Le mois d'octobre était toujours florissant chez Weasley Farces pour Sorciers Facétieux. L'approche de la fête d'Halloween remplissait les caisses tout autant que l'arrivée du premier avril. George et Ron avaient depuis longtemps créé une gamme de produits adaptés aux blagues effrayantes : du faux sang comestible, des dents de vampire rétractables, des costumes de fantôme qui floutent les silhouettes, des bandelettes pour zombies malodorantes, sans compter les bonbons magiques de toutes sortes, les faux animaux mobiles et tout un tas d'autres accessoires.
Ce trente-et-un octobre n'échappait pas à la règle et le magasin était submergé alors que les retardataires finissaient leurs achats pour leur soirée horrifique. George, Ron, Lee et Angelina n'avaient pas eu une seule minute pour souffler depuis des heures. Tiraillé par une envie d'uriner qui était devenue impérieuse, Ron conseilla sa cliente puis s'éclipsa dans la réserve de la boutique pour se soulager. En revenant vers l'espace de vente, il prit quelques secondes pour s'hydrater avec un verre de jus de citrouille posé sur l'un des bureaux puis retourna travailler.
La boutique ne désemplit pas jusqu'à la dernière seconde avant la fermeture et les frères Weasley durent même refuser du monde. La dernière partie de la journée s'était parfaitement bien passée pour Ron, malgré la fatigue qui se faisait ressentir. Tous ses clients avaient trouvé ce qu'ils cherchaient, et même bien plus encore, Ron avait su les guider sans difficulté, les convainquant aisément de remplir leurs paniers.
Il s'affala dans la réserve, les jambes coupées par les milliers d'allées et venues dans le magasin et les piétinements. Il se versa un nouveau verre de jus de citrouille depuis le pichet posé sur le bureau, soupirant de lassitude. George le rejoignit, rapidement suivi d'Angelina.
— Lee est déjà parti, il devait récupérer la petite au jardin d'enfants. J'ai fermé la boutique, expliqua-t-elle en s'allongeant sur le canapé défoncé, coincé entre une étagère pleine à craquer et des boîtes en carton empilées de façon désordonnée.
— Merci, chérie… Quelle journée ! souffla George.
— Comme tu dis… Bon, va falloir qu'on finisse la caisse, Maman nous attend tous dans une heure au plus tard et je pense que ça va être long.
— Merci Ronnie !
Ron fit un geste de la main vers son frère pour lui signifier que ce n'était pas la peine de le remercier, puis il se leva et se dirigea d'un pas las et traînant vers la boutique. La voix de George le retint :
— Ron ! Attends ! Tu sais où est passé le verre plein de jus de citrouille qui était posé ici ?
— Je l'ai bu, j'avais tellement soif tout à l'heure !
George bondit sur ses pieds et rejoignit Ron, il ne semblait plus du tout fatigué tout à coup. L'air grave, il lui posa les mains sur les épaules et leva la tête vers lui.
— C'est une blague, n'est-ce pas ? Tu ne l'as pas vraiment bu ?
— Mais si, j'avais soif, je te dis ! C'était la folie là-bas, j'ai transpiré comme un fou à courir partout et j'avais rien bu depuis des heures.
— Merde ! Merde ! Merde ! s'écria George en se mettant à tourner en rond comme s'il avait perdu l'esprit.
— Qu'est-ce qui se passe ? demanda Angelina depuis le canapé, toujours allongée avec un bras sur ses yeux.
— C'était la préparation avec le Felix Felicis qu'on devait utiliser pour les tests de la nouvelle recette de porte-bonheur ! Je pensais avoir le temps de commencer hier soir et j'ai pas pu, alors j'ai tout laissé ici sous un sort de stase. J'avais oublié que le trente-et-un c'est de la dinguerie ici.
— De quoi ?
Angelina s'était redressée comme un ressort. Elle chercha Ron du regard, il ne semblait pas inquiet le moins du monde. Georges était dans tous ses états.
— Attends, c'est pas si grave !
— J'ai dilué tout le flacon dans ce pichet, pour avoir quelque chose de faiblement dosé. Tu en as bu combien exactement ?
— Le verre entier dans l'après-midi et un autre en revenant ici à la fermeture.
George observa le pichet, il n'était effectivement plus plein. Il leur restait assez de préparation pour les tests cependant.
— Bon… T'as dû boire l'équivalent d'une grosse gorgée par verre, je pense… De quoi te donner un peu de chance pour 6 bonnes heures au total. Pas de surdose, heureusement !
Ron jeta un œil à l'horloge accrochée de travers au mur du fond, il était dix-neuf heures quinze. Il tenta de se souvenir à quelle heure il avait bu le premier verre. Peut-être vers dix-sept heures… En tout cas cela expliquait la facilité déconcertante avec laquelle il avait réussi à vendre tout un tas de choses dont les gens ne semblaient pas avoir besoin au premier abord.
— Hé bien tant mieux, ça va être drôle ce soir chez Dean et Seamus !
— Bon, c'est pas si grave finalement… Faudra que tu me fasses un compte rendu des effets d'accord ? Les porte-bonheurs seront beaucoup moins concentrés en potion, mais ça peut nous être utile.
— Ça marche, vieux !
George rangea le pichet dans un placard pour éviter de nouveaux accidents, puis il accompagna Ron pour compter la caisse. Ils furent efficaces, grâce à Ron qui semblait avoir une attention décuplée, et terminèrent dans les temps. Ron laissa son frère et sa belle-sœur pour faire un saut chez lui. Une soirée d'Halloween n'avait aucun intérêt si l'on n'était pas déguisé !
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Ron arriva au Terrier à peine en retard. Tous les enfants de la famille Weasley se trouvaient déjà là. Depuis des années, quelques adultes les accompagnaient pour faire la tournée des maisons afin d'avoir des bonbons, selon la coutume moldue. Ainsi la famille Weasley costumait ses enfants et ces derniers parcouraient le côté moldu de Loutry Ste Chaspoule, encadrés en général par les oncles et tantes volontaires. Cela permettait aux parents de souffler pendant une petite heure.
À peine eut-il passé le portail que Ron se fit assaillir par ses neveux et nièces. Il fit tournoyer les plus jeunes, enlaça les plus âgés et mit Louis, quatre ans, sur ses épaules pour entrer dans la maison. Ses frères et sa sœur étaient déjà là, ainsi qu'Andromeda et Teddy. Ginny et Charlie étaient déguisés aussi. Comme tous les ans.
— C'est quoi ce costume ridicule, Ron ! hurla de rire sa petite sœur.
— C'est le costume parfait, Gin', quoi de mieux qu'une citrouille pourrie pour Halloween ?
Ginny avait du mal à s'arrêter de rire. Ron avait enfilé des vêtements rembourrés à l'allure de citrouille en décomposition et s'était mis un petit chapeau pointu vert pour faire office de pédoncule. La couleur de sa chevelure jurait atrocement avec son costume.
La jeune femme avait choisi un déguisement de sorcière moldue, avec nez crochu, verrue et balai, cela l'amusait beaucoup de jouer avec les clichés que l'on attribuait à sa culture. Et Charlie était entouré de bandelettes, faisant une momie convaincante.
Molly émergea de la cuisine, habillée en fée aux ailes roses et pailletées, baguette magique à la main. Elle tendit des petits paniers aux enfants et poussa tout le monde dehors.
— Ah tout le monde est là ! Allons-y alors !
Cette année, tous les enfants participaient à la promenade gourmande, les plus jeunes ayant maintenant quatre ans. Les sept enfants accompagnés des quatre adultes sortirent de la maison et se rendirent à pied du côté moldu du village.
La récolte fut excellente et très drôle. Ron passa son temps à dire qu'il était habillé en citrouille pourrie, puisque personne ne semblait comprendre son costume, à son grand désarroi. Une heure après le départ du Terrier, le groupe y revint fourbu et le ventre plein de bonbons. Ron portait de nouveau Louis sur ses épaules et Charlie avait juché Fred sur les siennes. Les petites jambes des deux plus jeunes ne tenaient plus la route. Molly avait pris les mains de Roxanne et Lucy, respectivement six et cinq ans, Ginny celles de Dominique et Molly junior, sept ans. Victoire et Teddy, dix et douze ans, étaient à la traîne et chuchotaient pour ne pas se faire entendre, ne voulant partager leurs secrets ni avec les adultes ni avec les petits.
Tout ce petit monde retrouva vite le chemin de leurs propres demeures et de leurs lits douillets. Molly en profita pour aller se coucher tôt avec un bon livre, laissant à ses enfants et son mari le soin de ranger la maison. Ron grignota un peu de rôti qui restait et une tranche de pain, puis il aida Ginny et Charlie à donner un coup de main à leur père. Quand la maison fut assez propre et ordonnée – autant que puisse l'être le Terrier – le patriarche rejoignit sa femme. Charlie décida alors d'aller rejoindre ses amis qui organisaient une fête à Berlin, embrassa bien fort son frère et sa sœur puis transplana sans attendre.
Ron et Ginny décidèrent alors de se rendre ensemble à la soirée de Dean et Seamus puisqu'ils y étaient invités tous les deux. Ginny tendit le bras à son frère et les fit disparaître dans un « crac » sonore.
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Ron et Ginny apparurent devant une très grande maison, perdue au milieu de nulle part. Ron savait qu'elle se trouvait en Irlande, en pleine campagne moldue. Leurs amis avaient acheté cette demeure quelques années auparavant pour un prix dérisoire, elle tombait presque en ruines. Ils avaient tout rénové en un temps record grâce à la magie et y organisaient des soirées à thèmes plusieurs fois par an. L'après-guerre avait été si triste et endeuillé qu'ils avaient décidé de dérider un peu leurs camarades. La toute première soirée avait eu un tel succès qu'ils avaient réitéré. Halloween était l'une de leurs fêtes préférées et leur décoration était chaque année à la hauteur de la réputation qu'ils s'étaient créée.
L'extérieur de la maison était éclairé par des citrouilles géantes creusées en d'effrayants visages. Les halos lumineux laissaient apparaître un chemin tortueux de dalles de pierres, encadré de buissons taillés pour l'occasion en forme de silhouettes fantomatiques et parsemés de toiles d'araignées.
Il y avait du monde devant la demeure. De la musique, ainsi que des bruits inquiétants, s'échappaient des fenêtres ouvertes. Ginny embrassa son frère sur la joue et partit rejoindre ses amis, puis Ron chercha Hermione du regard. Il la trouva au bon d'un moment, en pleine discussion avec Pansy et Padma. Entre la pénombre et les déguisements, il était parfois compliqué de retrouver les gens que l'on était censé rejoindre.
— Salut, les filles !
— Salut, Ron, répondirent d'une même voix une vampire, une tigresse et une astronaute.
Ron leva les yeux au ciel face au costume de sa meilleure amie, ne comprenant pas pourquoi elle s'entêtait chaque année avec des déguisements n'ayant pas le moindre rapport avec le côté effrayant de la fête. Il la connaissait assez pour savoir ce qu'elle répondrait s'il lui posait une fois de plus la question : Halloween permettait de s'habiller comme on le souhaitait et elle aimait mettre en avant des femmes moldues intéressantes.
— Tu es déguisé en quoi exactement ? s'enquît Pansy d'une voix moqueuse.
— Ça ne se voit pas ? En citrouille pourrie, voyons !
Pansy éclata d'un rire qui lui vrilla les tympans. Il l'ignora, pas vexé pour une mornille, il aimait son costume et si personne ne le comprenait, ce n'était pas son problème !
— On attend encore du monde ou on entre ? Tiens, au fait, où est Harry ? demanda Ron en se tournant vers Hermione.
— Il nous attend dedans, il m'a prévenu qu'il arriverait plus tôt.
— Il est venu avec son mec cette fois ?
— Il m'a affirmé qu'il serait avec lui, confirma Hermione.
— Il serait temps qu'on le rencontre, depuis le temps qu'il nous fait mariner…
Ron remarqua que Pansy faisait des efforts pour ne pas rire et Padma les regardait comme s'ils étaient idiots. À tous les coups elles savaient quelque chose que lui et Hermione ignoraient. Cela ne l'étonnait pas outre mesure, d'après ce qu'il avait compris presque tout le monde connaissait le copain de Harry. Ce dernier ne cessait de répéter à ses meilleurs amis qu'il attendait le bon moment pour le leur présenter, car il craignait leurs réactions. Ron rongeait son frein depuis des semaines, tentant de faire craquer Harry à chaque fois qu'ils se voyaient, mais il s'entêtait. Une vraie tête de botruc !
Le groupe de quatre se sépara et Hermione suivit Ron vers la maison. Ils avancèrent dans l'allée sans rencontrer d'embûches. Ron savait que tout se passerait à l'intérieur, comme d'habitude, leurs amis avaient dû ensorceler des objets et cacher quelques créatures pour les effrayer. Ce soir-là cependant, Ron se sentait confiant, se disant qu'il commençait à être rompu à l'exercice. Et puis il était accompagné de Hermione, il ne pouvait avoir de meilleure compagne pour ce petit parcours d'obstacles !
L'entrée de la maison était plongée dans la pénombre, de minces bougies flottaient au plafond comme dans la Grande Salle de Poudlard. Les similitudes s'arrêtaient là, l'ambiance n'était pas aussi chaleureuse. Il y avait des groupes de gens qui discutaient çà et là, se demandant quel chemin emprunter. Là était toute la difficulté : Dean et Seamus trouvaient particulièrement drôle de forcer leurs invités à traverser leur maison truffée de blagues pour accéder à la véritable soirée dans les combles aménagés. Ron observa les lieux qu'il connaissait déjà. Il se doutait que les portes qu'il apercevait ne donnaient peut-être pas sur les pièces habituelles de la maison, sinon ça ne serait pas aussi compliqué.
Hermione se dirigea vers la droite, mais l'intuition de Ron le poussa vers la porte la plus à gauche et il la persuada de le suivre. Ils ne rencontrèrent pas plus de difficulté qu'un simple lutin de Cornouaille. Ils s'en débarrassèrent avec facilité. Ils marchèrent rapidement, traversant des toiles d'araignées collantes grouillant de fausses araignées magiques que Ron connaissait bien pour les vendre chez Weasley Farces pour Sorciers Facétieux . Sa phobie pour les arachnides n'avait pas disparu, mais elle était moins prononcée puisqu'il savait à quoi s'attendre ce soir.
Il guida Hermione à l'instinct dans le petit labyrinthe de portes et de couloirs, d'escaliers et de culs-de-sac. Ils ne furent jamais en difficulté, Hermione ayant la baguette prompte et Ron choisissant avec soin leur trajet, guidé par une espèce d'intuition. Il savait que le Felix Felicis devait agir encore, il n'avait jamais traversé avec autant d'aisance les pièges de Dean et Seamus pour Halloween.
La musique de la soirée finit par se faire entendre à l'étage au-dessus et Ron sourit, ils y étaient presque. Il poussa Hermione du coude et lui montra une porte, c'était la bonne, il en était certain. Il l'ouvrit et une plainte lugubre s'en échappa. Puis une monstrueuse forme à huit pattes et il ne savait combien d'yeux émergea sous ses yeux ébahis. Ron recula près de Hermione. La créature sembla hésiter puis se transforma en la mère de la jeune femme.
— Je suis extrêmement déçue de ton choix de carrière ! s'exclama la mère de Hermione.
— Un épouvantard… soupira la jeune femme, ils nous font le coup chaque année ! Ils pourraient se renouveler quand même !
Les deux amis se regardèrent et levèrent leurs baguettes en même temps. Ils firent face à madame Granger qui venait de se retransformer en araignée géante.
— Riddikulus ! lancèrent-ils d'une même voix, faisant disparaître la créature dans une volute de fumée.
— Bien joué Hermione, allons-y ! Je pense que la soirée est en haut de ces escaliers.
— Je trouve que nous avons traversé bien facilement cette année…
— Hum… J'ai bu du Felix Felicis par erreur au magasin… Il était dilué dans du jus de citrouille pour une future invention et je le savais pas.
— Ah ah ah, ça explique certaines choses ! rigola Hermione en entamant la montée du raide escalier.
Après quelques marches plongées dans le noir total, le dernier obstacle, Ron et Hermione arrivèrent enfin dans les combles par la trappe aménagée.
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Les combles étaient bruyants : la musique de fond était forte et de nombreuses personnes discutaient encore plus fort. Les lumières étaient orangées et éparses, créant une atmosphère sombre et inquiétante. Ron jeta un regard circulaire pour appréhender l'espace et chercher son meilleur ami. Il aperçut les hôtes de la soirée et se dirigea vers Dean et Seamus.
— Salut les gars, c'était réussi ce petit labyrinthe, comme chaque année !
— Hey, salut, Ron ! s'exclama Dean en lui faisant une brève accolade. Vous avez vu les faux zombies et vampires ?
— On a évité la majorité de vos pièges en fait, précisa Hermione, mais l'ambiance générale était vraiment super.
Les sourires du couple firent plaisir à voir. Ils se donnaient tant de mal à chaque occasion ! Ron en profita pour les interroger, ils savaient forcément si Harry était là ou non.
— Vous avez vu Harry ?
— Ouais, il est quelque part par là ! répondit Seamus avec un clin d'œil.
Encore quelqu'un au courant avant lui, pensa Ron. Mais l'attente allait bientôt prendre fin. Il remercia ses deux amis et entraîna Hermione à travers l'immense pièce. Ils longèrent le buffet duquel de délicieuses odeurs émanaient et Ron ne put résister à la tentation, il attrapa deux petits gâteaux orangés qui sentaient bon la cannelle. Il les grignota tandis qu'ils croisaient les groupes de gens qui discutaient, buvaient et mangeaient près du buffet. Leurs anciens camarades de Poudlard étaient nombreux et ils furent arrêtés de nombreuses fois pour discuter.
Après un tour complet de la fête et des dizaines de personnes croisées, Ron et Hermione n'avaient toujours pas vu Harry. La jeune femme décida de faire une pause, elle avait autre chose à faire que de passer toute sa soirée d'Halloween à chercher quelqu'un qui ne voulait visiblement pas être trouvé. Ron poursuivit ce qu'il prenait pour un défi personnel, sentant qu'il était sur le point d'enfin savoir la vérité sur ce que Harry leur cachait depuis des semaines, voire des mois entiers.
Ron se demanda si la potion continuait de faire effet, il n'avait pas senti de différence après l'avoir bue et se doutait qu'il ne verrait pas non plus la fin de son action. Pour le moment, il décida de chercher un endroit pour se laver les mains qui étaient collantes depuis qu'il avait terminé les petits gâteaux. Le glaçage goût citrouille était délicieux, mais particulièrement salissant.
Puisqu'il était déjà venu plusieurs fois dans cette maison, Ron savait qu'il y avait une petite salle d'eau non loin. Il s'y rendit, mais elle était occupée par quelqu'un qui lui cria à travers la porte qu'il avait besoin de temps. Grommelant dans son inexistante barbe, Ron redescendit l'escalier menant aux combles, allumant sa baguette d'un Lumos cette fois-ci, le jeu du noir total avait assez duré.
Ron parcourut le couloir, accompagné par les gémissements stridents de fausses créatures placées par Dean et Seamus, puis atteignit enfin la porte de la salle de bain qu'il cherchait. Il tourna la poignée, la porte lui résista. Encore occupé !
— Hey, y'a quelqu'un ? appela-t-il en cognant au panneau de bois.
Seuls les bruitages de la maison lui répondirent. Il tapa encore un moment, appelant d'une voix forte et tourna une nouvelle fois une fois la poignée. Lassé, il essaya un Alohomora qui n'eut aucun effet. Se souvenant de l'époque où il était encore Auror, il essaya deux autres sortilèges de déverrouillage. Un petit clic résonna et Ron soupira de soulagement. En plus de ses mains poisseuses, il avait maintenant envie d'uriner.
Ron poussa la porte et s'avança dans la pièce sombre. La lumière bleutée de sa baguette éclaira deux silhouettes : l'une appuyée au lavabo et l'autre à genoux devant la première.
— Mais qu'est-ce qui se passe ici ?
Les cheveux noirs et hirsutes, les lunettes de travers, la personne appuyée au lavabo tourna brutalement la tête vers Ron. Ce dernier hoqueta de surprise en reconnaissant son ami. Son regard le parcourut de haut en bas et il manqua défaillir en s'apercevant que son pantalon lui entourait les chevilles. L'autre personne releva aussi la tête vers lui, relâchant les parties génitales qu'il avait en bouche dans un son mouillé qui le fit frissonner de dégoût. Les cheveux blonds clairs coupés courts trahirent immédiatement son identité, quand bien même Ron n'avait pas croisé Drago Malefoy depuis des années.
— Putain de merde…
Sous le choc, Ron se détourna, sachant d'ores et déjà qu'il en ferait des cauchemars pendant des mois. Puis, brutalement, la sensation de félicité qu'il ressentait sans s'en rendre compte depuis l'ingestion du jus de citrouille se dissipa. L'effet du Felix Felicis s'était arrêté et Ron prit conscience, enfin, des dangers de cette potion.
