Moi : Bonjour ! Et oui, on ne se retrouve pas pour un chapitre de l'Eveil des Anges noirs aujourd'hui n_n
Kyoya : Bah putain j'aurais préféré ! C'est quoi cet OS ?! Je croyais que seule Wonderinn s'éclatait à écrire ces foutus smuts !
Moi : Ah j'irai pas jusqu'à dire que j'adore écrire un ship que j'aime pas en smut, mais pour faire plaisir à Komachu... n_n
Kyoya : Espèce de... *s'approche de Fairy d'un air menaçant*
Chris : *jaillit de nulle part pour faire une prise de karaté à Kyoya*
Kyoya : Aïe ! Putain mais qu'est-ce que tu fous ?!
Chris : Déso mec, mais Fairy m'a engagé comme garde du corps, donc je la protège !
Kyoya : Elle a l'argent pour ça ?!
Chris : Alors non, mais elle me paie en indemnités dans ses fics ! Je vous empêche de vous en prendre à elle, et en échange j'ai droit de veto sur ce qui m'arrive dans ses fics n_n
Moi : Une excellente affaire U_U
Kyoya : *marmonne* Privilégié...
Chris : J'en profite pour faire le disclaimer ! Fairy ne possède pas Métal Fight Beyblade !
Moi : Merci bro ! Donc, je te souhaite un très joyeux anniversaire Komachu, j'espère que cet OS complètement smut et assumé te plaira ^-^
Parfois, Ryuga repensait à la personne qu'il était quelques mois plus tôt. Il se demandait alors comment cet individu aurait réagi, si une version futuriste de lui-même était soudain apparue devant lui pour lui révéler tout ce qu'il lui arriverait sous peu. Il parvenait à chaque fois à la même conclusion : son ancien lui n'y aurait pas cru et l'aurait certainement menacé de destruction pour proférer des énormités pareilles.
Et pourtant, l'y voici. Ryuga devait bien reconnaître que sa vie avait pris un tournant très différent de ce qu'elle avait été autrefois.
Il se rappelait dans les moindres détails de ce qu'il s'était passé au Royaume Perdu du Roi Hadès. Sa défaite cuisante, humiliante contre Némésis. La première fois qu'il perdait sans avoir jamais eu aucune chance de gagner. Il n'aurait jamais cru cela possible, lui qui se pensait invincible à l'époque, seulement vaincu une unique fois par Gingka qui n'avait plus reproduit cet exploit depuis. Puis était venue la désillusion. L'incompréhension. La douleur. La peur de mourir. Toutes ces émotions nouvelles l'avaient assailli d'un seul coup et ne l'avait plus laissé en paix jusqu'à son rétablissement.
Lui-même ignorait comment il s'en était sorti exactement. Ryuga se souvenait de son cadeau à Kenta, puis d'une lumière blanche… Et du néant pendant un long moment. A son réveil, il avait ouvert les yeux sur une ancienne bâtisse de la Nébuleuse Noire, abandonnée avant l'Ultime Bataille. L-Drago l'avait-elle sauvé en le téléportant dans un lieu familier ? S'il s'agissait de l'explication la plus logique, il n'en avait pas la certitude. Il ne se souvenait pas de lui avoir demandé une telle chose.
Quoi qu'il en soit, il se rappelait très bien de ce qu'il s'était passé ensuite. La douleur lacérait le moindre de ses muscles, du sang coulait sur sa peau… Rajoutée à cela la sensation de brûlure qui parcourait ses membres, Ryuga avait vraiment cru qu'il allait mourir là, seul, perdu au milieu d'un endroit désert, en parfait anonyme. Cette pensée l'avait révolté : il ne pouvait pas partir comme cela, pas sans s'être démené pour s'en sortir ! Il avait réfléchi autant qu'il le pouvait… Ce qui lui avait permis de réaliser qu'il ne pourrait pas s'en sortir tout seul.
A la seconde où cette pensée l'avait effleuré, Ryuga avait perçu une nouvelle lumière dégagée par L-Drago. Il n'avait cependant pas eu le temps d'en comprendre l'origine d'une profonde fatigue l'avait envahi et il avait fermé les paupières sur un nouveau long sommeil.
A son second réveil, il se trouvait à l'hôpital. Il avait appris que l'énergie de L-Drago avait agi comme un SOS auprès du Sagittario de Kenta qui l'avait conduit à lui. Il avait appelé les secours aussitôt qu'il l'avait trouvé.
Ryuga mit deux mois à se remettre de ses blessures, un autre à déterminer ce qu'il allait faire, à présent. La défaite lui avait donné une sacrée claque d'humilité… Son ancienne quête de s'approprier les pouvoirs des autres bladeurs légendaires n'avait plus aucun sens. Il se sentait perdu, déchiré de l'intérieur. Peut-être était-ce pour cela que lorsque Gingka lui avait proposé de loger à l'AMBB en attendant de trouver un meilleur endroit, il avait accepté. Cette alternative lui donnait au moins un toit et de quoi manger, il aurait été vraiment stupide de refuser. Evidemment, ce nouveau lieu de vie l'obligeait à voir plus souvent cet abruti au bandeau, qui passait souvent rendre visite à son père et qui en profitait pour venir le voir au passage. Ryuga n'avait jamais compris pourquoi Gingka tenait autant à ce qu'il se sente intégré dans la ville, au point de lui parler aussi souvent que possible, au point de lui proposer de se joindre à lui et sa bande lorsqu'ils sortaient. Il avait toujours refusé, jusqu'à un soir où, pour une raison qu'il cherchait toujours, il avait accepté.
Cette soirée avait marqué un tournant dans sa vie. Au milieu de la musique trop fête, de l'anniversaire de il ne savait plus qui dont il se moquait et des abrutis, Ryuga avait opéré la technique du repli dans un coin, plus précisément, près du bar. Un coin dans lequel se trouvait déjà Kyoya.
Pendant longtemps, les deux jeunes hommes avaient cultivé un mépris réciproque. Si Ryuga reconnaissait la force de Kyoya, il n'appréciait pas son manque de maturité et son arrogance, certainement parce qu'ils lui rappelaient les siens. Il l'avait toujours vu comme un gamin trop sûr de lui qui finirait dévoré par plus fort que lui un jour. Or, à force de le voir combattre encore et encore, évoluer et se redresser même quand il manquait de toucher terre, l'empereur dragon avait fini par reconnaître qu'il l'avait peut-être jugé un peu trop vite.
Cette soirée avait marqué la brisure définitive de la glace érigée entre eux. Il ne se souvenait plus de qui avait lancé la conversation en premier. Il se rappelait en revanche de sa fluidité surprenante, de l'humour noir du jeune homme qui lui plaisait bien, de l'échange de numéros de téléphone qui s'en était suivi. Et voici comment, des mois plus tard, les deux bladeurs légendaires se mettaient en couple. Et comment, encore des mois plus tard, Ryuga avait emménagé chez Kyoya.
L'empereur dragon s'était toujours cru aromantique. A ses yeux, l'amour n'avait jamais rien représenté d'autre qu'une illusion destinée aux enfants ayant pris trop d'ampleur avec le temps. Il ne voyait ça que comme une marque de faiblesse qui l'empêcherait de devenir le bladeur le plus puissant que la Terre ait jamais porté. Or, avec Kyoya… Ryuga s'était laissé entraîner par les événements, ce qui ne lui ressemblait pas du tout. Tout lui avait paru naturel et avait coulé comme une évidence. La fierté mal placée du plus jeune, il avait appris à la trouver charmante, particulièrement quand il arrivait à la titiller d'une réplique bien sentie. Il appréciait sa force de caractère inébranlable, l'altruisme qu'il essayait de dissimuler derrière ses airs de « lion solitaire », la réflexion cachée sous son impulsivité. Physiquement parlant aussi, Kyoya était à son goût ; la peau mate qui ne permettait pas aux rougissements de se faire discrets, les orbes céruléennes acérées par lesquelles il percevait le monde, sa crinière verte indomptable, sa carrure fine et forte à la fois. Si Ryuga n'aimait pas le romantisme, lui-même ne pouvait nier qu'il n'existait pas beaucoup d'aspects de Kyoya qu'il n'appréciait pas.
Ainsi, leur cohobation ne connaissait que peu de véritables remous. Bien sûr, ils se chamaillaient comme tous les couples ; avec leurs deux fortes personnalités, ça paraissait évitable. Les disputes sérieuses se raréfiaient cependant au fil du temps, laissant place à une vie saine et épanouissante pour les deux jeunes hommes.
Aujourd'hui était une journée de week-end simple et tranquille, où ils se reposaient d'une semaine passée à alterner entre travail, Beyblade et épuisante compagnie de Gingka et Compagnie. Un samedi ordinaire où ne se passerait sûrement pas grand-chose, car aussi étonnant que cela puisse paraître, ils appréciaient tous deux les moments de calme. Ils ne voyaient personne d'autre que l'autre, pouvaient jouer les asociaux en demeurant cloîtrés chez eux et personne ne les embêter ! Une vie appréciable, en somme.
Cependant, tandis que Ryuga était installé sur leur canapé, ses pensées dans un autre monde malgré son regard fixé sur son téléphone, Kyoya songeait à bien autre chose qu'à tout ce qu'ils avaient traversé pour en arriver là, dans leur appartement commun.
Si seul son compagnon méritait de le savoir, lui aussi appréciait le calme. Néanmoins, à ses yeux, calme ne rimait pas avec inactivité. Calme signifiait plutôt déconnexion avec Gingka, dont la compagnie l'épuisait bien trop pour qu'il n'ait pas besoin de se recharger ensuite. Alors durant ses journées passées avec la seule compagnie de Ryuga, Kyoya n'aimait pas rester dans l'oisiveté, une caractéristique que son petit-ami partageait. Aussi, ils se retrouvaient souvent à s'entraîner au Beyblade, à regarder des films… Ou à coucher ensemble.
Un fait qui n'étonnerait personne à sa découverte, bien qu'il s'agisse d'un secret jalousement gardé, était que les deux jeunes hommes formaient un couple à l'activité sexuelle élevée. La tension qu'il ressentait entre eux ne s'était pas étiolée avec le temps et créait un besoin de soulagement régulier auquel ils se pliaient avec grand plaisir.
Aujourd'hui, cette dernière possibilité d'activité traînait dans l'espace du plus jeune. L'ennui lui avait fait posé le regard sur son compagnon… Son compagnon au haut moulant et révélateur, aux jambes musclées étendues sur le canapé et aux mains fermes resserrées sur son téléphone… Il n'en fallait pas davantage à Kyoya pour sentir la flamme de l'envie naître en son bas-ventre. Une chaleur encore douce, qui se muerait en brasier quand Ryuga le rejoindrait dans son désir. Si tous les deux prenaient soin de toujours respecter le consentement de l'autre, ils n'avaient jusqu'ici jamais eu de problèmes avec. Un élément, une caresse, une parole pourrait suffire à les exciter et à les faire partir pendant un moment.
Par conséquent, en ce samedi après-midi, Kyoya avait envie de son petit-ami. Alors qu'il simulait la lecture d'un livre posé sur ses genoux, il se servait de ce prétexte pour observer Ryuga à la dérobée, son esprit à la recherche d'une manière de lui faire comprendre ce qu'il voulait. Sans doute qu'il serait plus simple pour lui de simplement le dire, et ils pourraient commencer le plus tôt possible, or le jeune homme n'arrivait pas à exprimer ses désirs ainsi. Dès qu'il essayait, sa fierté s'insinuait dans son esprit et lui rappelait que ce serait admettre dépendre de quelqu'un d'autre pour connaître l'extase. Ses lèvres se scellaient alors. Ryuga parvenait toujours à comprendre quand il avait envie de sexe, alors pourquoi aurait-il besoin de l'oraliser, de toute façon ?
Son esprit créatif cherchait des idées pour éveiller l'intérêt de Ryuga, jusqu'à ce qu'il trouve quelque chose qui ferait l'affaire. Il n'avait pas envie de tergiverser plus que nécessaire, de toute façon.
Le jeune homme se leva pour aller s'installer sur le coussin encore libre du canapé – l'avantage d'en posséder un aussi grand, il leur laissait largement la place en cas de nécessité. Une fois assis dans le champ de vision de Ryuga, Kyoya commença à déboutonner la veste qu'il portait en des gestes lents, bien trop lents pour que ce soit un rythme naturel. Il laissait le temps à l'empereur dragon de se rendre compte de ce qu'il faisait et d'en comprendre les enjeux… Bientôt, le vêtement fut posé sur la table basse et la réaction tant attendue ne manqua pas d'arriver.
– Pourquoi t'enlèves ta veste ? Le chauffage est trop haut ou quoi ? demanda Ryuga d'un ton sarcastique.
– J'ai juste un peu chaud, éluda Kyoya en haussant les épaules.
Voilà le double sens parfait, qui ne laisserait pas de place au doute. Comment pourrait-il avoir chaud en une après-midi de janvier ? La température l'obligeait à porter une couche supplémentaire d'habits pour éviter de frémir de froid. La sensation de l'air frais contre ses bras désormais nus provoqua de la chair de poule dont le bladeur de Leone n'avait pas grand-chose à faire. Il attendait le sourire carnassier de Ryuga, sa main qui se dirigeait vers son torse et ses lèvres vers les siennes…
Or, contre toute attente, l'empereur dragon se contenta de le regarder en coin.
– Ah, OK.
Kyoya cligna plusieurs fois des yeux, incertain quant à ce qu'il venait d'entendre. Ryuga venait-il vraiment d'accepter son excuse bidon sans se poser de questions ? Lui qui captait toujours le moindre de ses sous-entendus ? Etait-il fatigué au point de ne pas comprendre un signal aussi évident ?
Ce que le plus jeune n'avait pas saisi, c'était que son petit-ami savait ce qu'il manigançait. Il reconnaissait la lueur du désir dans le regard de Kyoya à chaque fois qu'il la voyait briller au fond de son regard. A la seconde où le bladeur du printemps s'était installé près de lui sur le canapé, il avait su qu'il voulait du sexe. Cependant, s'il y avait bien une unique caractéristique chez son compagnon qui agaçait l'empereur dragon, il s'agissait bien de son incapacité à assumer ce qu'il voulait. Quand lui désirait tenter une nouvelle pratique, il n'avait pas de problèmes à en parler avec Kyoya. Ils communiquaient, et tout se passait bien. Alors pourquoi son petit-ami refusait-il d'en faire de même ? Bien sûr, il avait connaissance de cette satanée fierté qui obstruait son jugement, mais tout de même ! Kyoya ne faisait rien pour régler ce problème, alors que de son côté Ryuga avait travaillé sur ses défauts pour les empêcher de gâcher leur relation. Même si son égo ne faisait des siennes que pour leurs relations sexuelles, l'empereur dragon avait parfois l'impression que le plus jeune ne faisait pas d'efforts pour qu'ils prennent encore plus leur pied que la fois précédente.
Alors il avait pris une décision. S'il avait toujours laissé Kyoya lui faire comprendre ce qu'il voulait par messages subliminaux, aujourd'hui serait différent. Aujourd'hui, il l'obligerait à dire haut et fort ce qu'il voulait – il lui ferait crier à quel point il avait envie qu'il le prenne bien fort. Un sourire carnassier naquit sur ses lèvres, si bien qu'il dut rapprocher son téléphone de son visage pour éviter que son petit-ami ne s'en aperçoive. Il n'allait pas aimer son manège, oh que non, mais lui s'en amusait déjà beaucoup !
Et ce fut ainsi que durant les heures qui suivirent, toutes les tentatives de Kyoya furent soldées par un échec. Mettant la première surprise sous le coup de la fatigue de son compagnon, le bladeur de Leone était revenu à la charge un peu plus fort en lui demandant de rattacher ses cheveux car soi-disant, sa queue-de-cheval se serait un peu défaite ; Ryuga s'était contenté d'obtempérer sans rien ajouter de plus. Plus tard dans la soirée, Kyoya avait tenté le fameux coup du film pour se blottir de manière bien peu catholique contre son copain ; là encore, ce dernier resta de marbre et ne fit aucun geste qui dépassait le cadre du platonique. Alors qu'il préparait le repas, le vert avait senti la présence de l'empereur dragon dans son dos et s'était empressé de laisser tomber un objet et lui ramasser en exposant ses fesses au passage… Là encore, un raté.
Une fois qu'ils eurent mangé et qu'ils débarrassaient le couvert, Kyoya fulminait. Ryuga ne pouvait que se moquer de lui, son expression témoignait qu'il avait compris ce qu'il voulait ! Pourquoi s'évertuait-il à ne pas lui donner gain de cause ? S'il n'en avait pas envie, il le lui aurait directement dit, le plus jeune le savait… La frustration ne faisait qu'augmenter son désir ; la petite étincelle devenue courant électrique circulait dans ses veines. Cette fois-ci, il avait véritablement chaud. Il voulait baiser, putain ! Pourquoi son compagnon s'évertuait-il à le laisser attendre comme ça ?
De son côté, Ryuga jubilait de la rougeur de frustration apparue sur les joues de Kyoya. Son expression énervée lui donnait un air sexy qui lui donnait encore plus envie de le prendre comme il le désirait tant. Pourtant, le jeune homme savait faire preuve d'une étonnante patience quand il gardait une idée derrière la tête. Tant que son petit-ami ne l'aurait pas supplié de le sauter, il pouvait toujours courir pour qu'il fasse quoi que ce soit. Il avait cependant bien saisi qu'ils n'avanceraient pas s'il ne lui donnait pas un petit coup de pouce…
– Qu'est-ce que t'as, Kyo ? lança t-il en pure provocation. Tu fais une drôle de tête depuis tout à l'heure.
Kyoya manqua de lui demander s'il se foutait de lui. Il savait parfaitement ce qu'il avait et pourquoi il faisait cette tête-là ! La vérité se forma dans sa tête, mais les mots restèrent bloqués dans sa gorge. Aussi, seul un grommellement s'éleva de son côté.
– Je suis sûr que tu sais très bien ce que j'ai.
– J'ai bien une idée, mais j'ai un léger doute. Il suffirait que tu me le dises clairement, comme ça on sera fixés.
Le bladeur de Leone sentit un poids peser sur son estomac à cette phrase. Voilà donc où se terrait la supercherie. Ryuga essayait de lui faire admettre à voix haute qu'il voulait coucher avec lui. Pour mettre à l'épreuve sa stupide fierté, certainement. Kyoya serra les poings, les joues rougies à la fois par le désir et par l'énervement. S'il comprenait l'initiative, il aurait préféré que son petit-ami choisisse une autre méthode pour l'aider à s'assumer ! Il n'y pouvait rien s'il n'arrivait pas à mettre des mots sur les désirs qui florissaient dans son esprit. Il avait beau faire des efforts, le naturel revenait au galop dès qu'il essayait de le repousser.
Il croisa les bras, agacé. Ryuga pensait-il qu'il ne s'exprimait pas par fainéantise ou par envie ? Que ce serait aussi simple que cela de perdre cette mauvaise habitude ?
– Pourquoi tu me demandes ça maintenant ? lança t-il. Ca te dérangeait pas, jusqu'ici. Tu crois que c'est facile pour moi d'avoir cette fierté ?
L'empereur dragon posa les assiettes qu'il tenait sur le plan de travail avant de se retourner vers son petit ami, une expression ironique sur le visage.
– Bah j'ai pas l'impression que tu fasses grand-chose pour changer ça, rétorqua t-il. Je veux bien croire que c'est pas facile, mais moi aussi j'ai de la fierté je te signale, et pourtant quand j'en ai envie, je te le dis. C'est pas compliqué.
– Pour toi, cracha Kyoya, sur la défensive.
– Kyo, on va pas se disputer pour ça quand même, soupira Ryuga. Ce que je voulais dire, c'est qu'on pourrait travailler dessus. Et que je connais le parfait moyen de le faire…
La pure malice de son regard déclencha un frisson qui se prolongea dans l'échine du bladeur de Leone. Son agacement fondit comme neige face à la sensualité qui peignait son expression, laissant place à une fébrilité qu'il ne connaissait que trop bien. L'empereur dragon savait comment le regarder pour lui faire perdre ses moyens, l'enfoiré ! Même s'il voulait s'énerver contre l'initiative inopportune de son compagnon, Kyoya n'en trouvait plus la foi. A vrai dire, son instinct le plus primaire lui soufflait de se laisser porter par les événements. Un souffle avec lequel sa fierté entrait en conflit.
– Je vois pas ce que tu peux y faire, répliqua t-il. Je suis comme ça, un point c'est tout ! Je ne suis pas Gingka à me laisser influencer par quelques belles paroles !
– Encore heureux ! s'exclama Ryuga, comme dégoûté par l'idée. Je te préviens, le jour où tu deviens comme Gingka, je te quitte.
Le vert s'empêcha de justesse de rire, avant de lancer un regard en direction de son petit-ami. Si celui-ci espérait lui faire oublier ses paroles avec son humour, il se mettait le doigt dans l'œil ! Quoiqu'il se retrouvait partagé… Partagé entre son égo qui lui murmurait que rien de tout ceci n'avait du sens et qu'il devrait juste aller se coucher, et son désir qui lui brûlait de savoir ce que son compagnon avait en tête.
Le brasier dans les iris dorés de Ryuga suffi à faire pencher la balance. S'il s'agissait de la première étape pour tuer sa maudite fierté, elle se révélait réussie. La chaleur l'emporta sur le pire défaut de Kyoya, qui s'approcha de lui en des pas félins qui firent naître un sourire affamé sur les lèvres du plus âgé.
– Je doute que tu sois capable de me faire changer aussi facilement, fit-il en posant sa main sur son épaule.
– Ah ouais, tu crois ?
Le sourire du bladeur légendaire de l'été passa de sensuel à prédateur. Loin de s'en sentir effrayé, son collègue du printemps n'attendait que ça.
– Je crois, ouais.
– Dans ce cas, je vais me faire un plaisir de ravaler tes doutes.
Sur ces mots, Ryuga attrapa Kyoya par les épaules et le poussa d'un coup vers la table. A la seconde où le dos de son petit-ami rencontra le meuble, il utilisa un autre geste tout aussi rapide pour le retourner. En l'espace de quelques secondes, le plus jeune se retrouvait le bassin pressé contre l'espace de repas, le visage tourné vers la surface en bois. Il n'eut pas le temps de comprendre ce qui lui arrivait qu'une main forte se posa sur ses omoplates afin de le forcer à se pencher en avant, avant de rejoindre l'autre pour attraper ses poignets et les bloquer ensemble.
– Alors ? susurra Ryuga. Tu es convaincu ? ~
Kyoya se mordit la lèvre inférieure en entendant sa voix suave résonner. L'excitation monta en flèche et se propagea dans ses membres tel un délicieux courant électrique qui ne demandait qu'une charge supplémentaire. Cependant, si l'empereur dragon pensait que cela suffirait à faire céder sa fierté, il se trompait.
– C'est tout ce que tu peux faire ? lança t-il pour toute réponse.
Inconsciemment, cette réponse était tout ce dont Ryuga rêvait. Il avait toujours désiré partager une joute sexuelle similaire à celles qu'ils tenaient lors de leurs disputes de couple, une lutte où il chercherait à tout prix à obtenir des suppliques que Kyoya refuserait de lui céder. Savoir qu'il finirait par obtenir le dernier mot le plongeait dans un état d'extase qui le faisait déjà se sentir à l'étroit dans son pantalon, alors qu'ils venaient tout juste de commencer. Si le vert voulait jouer avec le feu, il se ferait un plaisir de lui brûler les ailes à tel point qu'Icare en serait jaloux.
– Si monsieur en veut davantage…
Il se redressa et manœuvra pour que seule sa main droite suffise à retenir les poignets de son petit-ami. Pour le moment, ce dernier ne se débattait pas, preuve incontestable de sa curiosité envers ce qu'il allait lui faire. Ryuga prit le temps de réfléchir, autant pour faire languir le plus jeune que pour s'assurer de choisir la meilleure option.
– Tu sais, reprit-il finalement, je n'ai pas trop aimé comment tu m'as parlé tout à l'heure.
Kyoya frissonna aussitôt qu'il perçut le changement de ton de son compagnon. De rauque et chaude de désir, elle devenait autoritaire, suintait d'une colère factice. Ce timbre si précis qu'il n'employait que lorsque les choses chauffaient pour lui et s'apprêtaient à se brutaliser… Cette voix qu'il entendait juste avant un rapport sexuel plus brutal que la norme. Cette intonation pleine de promesses contre l'ennui à son entente.
– Alors je pense qu'autant toi que ta fierté méritez une correction, tu ne penses pas ?
Le bladeur de Leone reconnut la périphrase qu'ils utilisaient pour s'assurer du consentement de l'autre. Il hocha la tête pour donner son accord, avant de répondre oralement :
– Oh, sérieux, pour quelques phrases ? Je ne pensais pas que le grand empereur dragon serait aussi susceptible, ironisa t-il en ricanant.
– Vu que tu en rajoutes, je suppose que tu es d'accord que tu la mérites !
Sans crier gare, Ryuga baissa le pantalon de son petit-ami. Ce dernier écarquilla les yeux en sentant le tissu frotter contre sa peau : il n'avait même pas réalisé qu'il lui avait enlevé sa ceinture ! Le boxer suivit le bas, et bientôt Kyoya se retrouva les fesses nues, les vêtements qui les couvraient abaissés à ses genoux. Ses joues rougirent à toute vitesse alors qu'il réalisait ce qui allait se produire. Ce n'était pas la première fois qu'ils jouaient à le punir, mais jusqu'ici il s'était toujours agi de baises plus violentes ! Pourtant, malgré sa fierté qui criait à l'humiliation, ses lèvres restèrent scellées et la chaleur de son bas-ventre augmenta. Il ne l'avait jamais oralisé, mais ils s'apprêtaient à concrétisait un fantasme qu'il cultivait depuis un moment…
– J'arrêterai quand tu me diras que tu es désolé, lâcha la voix claquante de Ryuga.
Et sur cette déclaration, il abattit sa main libre sur ses fesses. La claque résonna dans la pièce tandis que Kyoya se mordait la lèvre pour retenir un cri peu viril. Des picotements chauffèrent sa peau avant de se dissiper et de laisser place à une légère douleur qui n'était pas si désagréable que l'on pourrait le croire. Plus que la souffrance physique, son ego en prenait un coup de se retrouver humilié comme un enfant qui aurait fait une bêtise. Mais tout le reste de sa personnalité adorait ça. En voulait encore.
Une deuxième fessée vint, puis une troisième. A cinq, Ryuga fit une pause pour caresser la zone rougie par les coups. Kyoya ne pouvait pas le voir, mais il devinait sans peine le sourire fier qui ornait ses lèvres.
– Toujours pas d'excuses ? Tu aimes ça en fait, pas vrai ?
Cette fois-ci, il frappa plus fort, et le plus jeune ne put retenir son gémissement de douleur et de plaisir confondues. Cela n'arrêta pas son compagnon, qui abattit deux autres coups sur ses fesses endolories.
– Tu aimes être bien puni. ~ Je dirais même que tu adores ça.
Le mélange exquis entre douleur, plaisir et excitation cédait peu à peu toutes les barrières mentales de Kyoya. D'autres claques suivirent, jusqu'à la quinzième, qui fut celle qui le fit céder. Le cadenas apposé à sa bouche par sa fierté vola en éclats.
– C'est bon, je suis désolé !
Il sentit que son petit-ami s'arrêtait en plein mouvement. Sa main se posa à nouveau sur sa peau, cette fois-ci pour des caresses apaisantes plutôt que pour le frapper. Son épiderme avait chauffé et rougi suite à leur petit jeu, emplissant Ryuga d'une fierté différente de celle qui posait problème chez son compagnon.
– Tu le penses vraiment ou c'est juste pour que j'arrête ? le taquina t-il alors qu'il devinait la réponse.
– Je le pense, marmonna Kyoya.
S'excuser représentait un défi suffisant, il ne se le serait pas imposé s'il ne le pensait pas ! Il ne musellerait jamais la manière dont il parlait, y compris son ton parfois insolent, mais il reconnaissait que ce petit jeu de punition l'avait séduit. Sa peau piquait et il le sentirait passer quand il se relèverait en position assise, mais pour le moment il s'agissait du cadet de ses soucis.
– Bien, on va peut-être pouvoir aller quelque part, alors.
L'empereur dragon relâcha le poignet du plus jeune. Ce dernier ne fut pas mécontent de pouvoir étendre son bras, la position pliée devenait douloureuse au bout d'un moment. Ryuga le laissa respirer quelques secondes, avant de lui faire signe de se redresser. Kyoya obtempéra, bien que ses joues rougissent en sentant ses bas glisser jusqu'à ses chevilles suite à ce changement. Le bladeur de l'été esquissa son sourire carnassier fétiche. A présent qu'ils se faisaient face, il avait une vue parfaite sur son visage rougi par la honte le désir, ses lèvres entrouvertes, ainsi que sur son début d'érection.
– Quand je disais que tu avais aimé, ricana t-il.
– Tais-toi, maugréa son interlocuteur, vexé.
– T'inquiète, je vais bientôt faire autre chose que parler.
Sur cette promesse, il se pencha pour cueillir les lèvres de son petit-ami. Le baiser s'approfondit très vite pour devenir passionné et charnel, comme ils les préféraient tous les deux. La douceur n'avait rien à faire dans les embrassades qui précédaient l'acte sexuel, pour eux. Ils aimaient se servir de ce biais pour augmenter la température entre eux.
Ryuga profita que la bouche de Kyoya soit trop occupée pour laisser échapper la moindre protestation. Ses doigts glissèrent sous le t-shirt du vert et remontèrent jusqu'à deux petits morceaux de chair sensibles, qui l'intéressaient particulièrement. Le frisson qui parcourut le bladeur de Leone ne lui échappa pas.
– Sensible ? lui fit-il remarquer.
– Je croyais que tu allais faire autre chose que parler ?
– Mais j'y compte bien. Sois un peu patient…
Son petit-ami ne répondit que par un « hmphr » à peine dissimulé. Le sourire de Ryuga grandit tandis que ses doigts encerclaient les mamelons à sa disposition. Si au début, il se contenta d'effleurer la chair érogène, ses caresses devinrent bientôt plus marquées, comme il savait que ce serait apprécié. Comme prévu, Kyoya ferma rapidement les yeux et plissait les lèvres pour retenir ses soupirs. Son visage devenait de plus en plus rouge alors qu'il s'empêchait de gémir comme son corps aimerait le faire. Sachant l'effet que cela aurait, l'empereur dragon lui donna le coup de grâce en appuyant sur la pointe toute sensible. Cette fois-ci, tous les efforts du monde ne permirent pas au vert de s'empêcher de soupirer.
Ryuga ne lui laissa pas le temps de respirer que ses mains changèrent de zone. Elles glissèrent jusqu'au t-shirt de Kyoya, qu'il s'empressa d'envoyer valser. Son expression n'en devint que plus lubrique encore face à la vision de son compagnon entièrement nu, opposé à lui qui portait encore tous ses habits. Le bladeur de Leone s'empressa de remarquer ce fait et fronça les sourcils.
– Tu comptes rester habillé ? le provoqua t-il.
– Pour le moment, je n'ai pas besoin de me déshabiller.
Il avait sans peine reconnu le message qu'il avait essayé de lui faire passer. Kyoya en voulait davantage. Cependant, il paraissait avoir la mémoire courte, avoir déjà oublié ce que le bladeur de l'été lui avait dit plus tôt. Cette fois-ci, de simples allusions ne suffiraient pas pour obtenir ce qu'il voulait. De plus, il ne mentait même pas ; pour titiller la tête de mule qui lui servait de petit-ami, il n'avait pas besoin d'ôter ses vêtements ! S'il se sentait à l'étroit à un moment, il se savait capable d'endurer l'attente du craquage de Kyoya.
Ryuga ignora le regard courroucé qui lui adressa le plus jeune à sa réplique pour se concentrer sur ce qu'il allait pouvoir lui faire pour entendre les suppliques désirées. Il avait tout son temps… L'idée parfaite lui arriva très vite en tête. S'il tenait bien l'attente et la frustration, ce n'était pas le cas de Kyoya. Il avait bien en avoir une preuve face à son manque de patience en voyant ses tentatives lascives ne pas porter leurs fruits.
– C'est ça que tu veux ? s'enquit-il d'un ton sarcastique.
Et sans prévenir, il appuya sa main contre le sexe tendu de son compagnon. La surprise comme le plaisir lui arrachèrent un petit cri qui l'emplit de fierté. Il approchait du but à chaque caresse, il le sentait sans problème.
– Espèce de…, maugréa Kyoya.
– Ne fais pas semblant de ne pas aimer, rétorqua l'empereur dragon. On sait tout les deux que tu adores quand je m'occupe de toi comme ça. ~
Le jeune homme à la toupie de lion ne put rien rétorquer. Pour cause, il savait en effet que Ryuga détenait la vérité. Oui, il adorait cela… Avoir son compagnon qui assouvissait ses désirs et lui faisait du bien de la manière la plus jouissive possible. Les caresses qu'il donnait à son entrejambe déclenchaient des vagues de plaisir qui se répandaient dans tout son corps. Il finit obligé de fermer les yeux sous les sensations, tandis que la bulle de désir née dans son bas-ventre grandissait à chaque va-et-vient des doigts de l'empereur dragon. D'ordinaire, il se serait étonné que ce dernier soit si prompt à l'emmener à la jouissance alors qu'il lui avait juré de le faire supplier, mais le sexe l'emportait dans un état qui réduisait sa capacité de réflexion. Une donnée qui arrangeait bien les plans de son petit-ami.
Kyoya se mit bientôt à respirer de manière plus rapide et plus lourde. Ryuga comprit aussitôt qu'il allait bientôt jouir, et son sourire en coin ne s'agrandit que davantage. Le vert ne s'en rendit pas compte et laissa échapper un gémissement, prêt à sentir le plaisir accumulé exploser d'un coup…
Sauf que cette décharge ne vint pas.
Au lieu de cela, les caresses cessèrent sans prévenir. Une seconde, il sentait le contact délicieux des doigts de son compagnon, celle d'après, seul le vide les remplaçait. Kyoya plissa ses yeux humidifiés par cette soudaine coupure. Le plaisir retomba sans tout à fait le quitter, devenant une profonde frustration qui lui donnait encore plus envie de jouir qu'avant.
– Tu n'es qu'un…
– C'est de ta faute, tu n'avais qu'à pas oublier ce que j'ai dit, répondit Ryuga en haussant les épaules. Si tu veux quelque chose, tu n'as qu'à le demander.
Il releva la main pour la glisser sous le menton du plus jeune. Il approcha son visage du sien, si bien que seul un centimètre devait séparer leurs lèvres à présent. Lorsque le bladeur de L-Drago parla, celui de Leone sentit son souffle contre sa bouche, ce qui déclencha un frisson qui ne passa pas inaperçu.
– Ou alors, je peux continuer à te frustrer toute la soirée. Je pourrais même t'attacher, qu'est-ce que tu en dis ? Comme ça, je suis sûr que tu ne pourras pas te satisfaire tout seul. Tu seras obligé de me supplier pour obtenir ce que tu veux, sinon tu passeras une nuit sans jouir.
Comme pour prouver le sérieux de ses dires, Ryuga glissa à nouveau sa main entre les jambes de son compagnon. Il appliqua sur son sexe la plus lente et la plus appuyée caresse que Kyoya ait jamais reçue. Il se sentait pulser de plus en plus fort ; le désir brouillait sa capacité de réflexion et sa résistance par association. Les mots menaçaient de sortir à tout instant, ce qui lui servait de volonté servait à les en empêcher. Il avait conscience qu'il finirait par craquer, mais il se devait de lutter un peu, pour ne pas perdre totalement la face ! Le plus âgé, amusé par les vaines tentatives de son petit-ami de se retenir, secoua la tête. Inutile d'aller chercher la corde : vu l'état dans lequel se trouvait Kyoya, quelques paroles bien sales suffiraient à détruire ses dernières barrières.
Il posa ses mains sur ses épaules pour le retourner à nouveau. Le bladeur de l'automne était trop excité pour chercher à protester ; il se retrouva dans la même position que lorsqu'il avait reçu ses fessées. Pendant une seconde, il crut que Ryuga allait le punir à nouveau, or il sentit autre chose se presser contre ses fesses. Quelque chose de dur.
– Ou alors, susurra le plus âgé, je peux continuer de me frotter contre toi sans te prendre. Ca finira par me faire jouir. Toi, tu n'auras qu'à rester sagement là en attendant que tu m'obéisses.
Une main se faufila dans la chevelure verte. Kyoya songea qu'il lui caressait les cheveux, avant qu'une vive douleur n'étire ses racines, déclenchant un nouveau cri. Son enfoiré de petit-ami venait de lui tirer les cheveux, tout en sachant pertinemment qu'il y était sensible ! Ses propres mains se posèrent sur le bois de la table, comme son moyen de garder contenance. Les paroles de Ryuga se faufilaient dans son esprit et lui mettaient des images en tête. Si cela faisait partie des multiples choses qu'il n'avait jamais formulées à voix haute, il aimait être attaché, soumis au bon vouloir de son compagnon sans pouvoir rien faire pour se libérer sans son aide. S'il le laissait faire, mettrait-il ses menaces à exécution ? Il imagina une nuit complète passée à attendre l'orgasme sans jamais l'obtenir… Et déglutit. Il se connaissait assez bien pour savoir qu'il ne tiendrait jamais.
Au final, qu'avait-il à perdre à céder ? Continuer de résister ne lui apportait que de la frustration. Certes, ce petit jeu entre eux était délicieux et lui donnerait une jouissance extatique, il n'en doutait pas, mais il finirait pas devenir davantage épuisant que plaisant, à la longue. Tout cela pour quoi ? Pour satisfaire un égo qui n'apportait que des complications dans leur couple ? S'il pouvait assumer tout ce qu'il voulait comme Ryuga le faisait, ils pourraient essayer tellement de choses… Il en frémissait à l'avance.
Et surtout, s'il cédait, il se ferait certainement prendre contre cette table, et à l'heure actuelle, il ne pensait qu'à cela.
Alors, d'une voix rauque, il amorça les mots que l'empereur dragon attendait tant.
– Ryuga… Je veux…
La phrase se bloqua dans sa gorge.
– Quoi ? l'encouragea son compagnon. Dis-moi.
Kyoya ferma les yeux, prit une inspiration qu'il espérait discrète, et débita les paroles fatidiques avant d'avoir le temps de les regretter ou de les rétracter.
– Je veux que tu me baises. Voilà, t'es content ?
Même s'il ne pouvait pas le voir, Ryuga ne retint pas son sourire. Cette fois-ci, il ne témoignait d'aucun sarcasme ou encore d'une idée qui lui trotterait derrière la tête. Il se sentait simplement heureux que son petit-ami ait enfin réussi à exprimer à voix haute ce pourquoi son entrejambe pulsait. Ils n'en étaient qu'à la base, mais au fil du temps, ils pourraient oraliser tous les fantasmes qu'ils bouillaient de concrétiser ensemble…
En tous cas, puisqu'il le demandait enfin, pourquoi le faire attendre plus longtemps ? Il recula, se décollant ainsi des fesses de son partenaire. Celles-ci ne furent cependant que peu longtemps délaissées ; ses mains les rejoignirent en de douces caresses sur la peau encore rougie des coups précédents. La fierté de se savoir à l'origine de cette teinte étira ses lèvres encore davantage, surtout quand il perçut le tressaillement de Kyoya lorsqu'il approcha ses doigts de son intimité.
– Je sais que tu as hâte donc j'irai vite, t'inquiète, ricana t-il.
– Pas trop tôt, rétorqua Kyoya sur le même ton. J'ai bien cru que je devrais attendre toute la soirée.
– Ca ne tenait qu'à toi je te signale !
Le vert ne prit pas la peine de répondre, ce à quoi Ryuga songea à répondre par une nouvelle punition. Son propre désir se rappelait tout de même trop à lui pour pouvoir se permettre de faire durer leur jeu plus longtemps. D'une main, il détacha la boucle de sa ceinture pour ôter à son tour son pantalon. Il n'eut besoin que d'une minute pour se retrouver aussi nu que son compagnon devant lui.
– Alors, prêt ?
– Arrête de parler et vas-y !
L'empereur dragon leva les yeux au ciel. L'impatience de son petit-ami était à la fois exaspérante et sexy. Aussi, il posa un de ses doigts contre l'intimité avant de la pénétrer avec. L'effet fut immédiat ; les muscles de Kyoya se tendirent autour de lui. Ryuga opéra les mouvements auxquels ils étaient habitués pour détendre tout cela, pendant que le plus jeune prenait sur lui. La pratique lui avait appris que le bon venait plus tard, que les premiers instants peu agréables valaient la peine d'être endurés avant que le meilleur n'arrive.
Le poing serré, il attendit un instant avant de hocher la tête. Une fois un deuxième, puis un troisième doigt introduits, il commença à sourire. Voilà ce qu'il désirait depuis le début ! La sensation de ces corps étrangers qui se mouvaient dans son intimité, écartait ses chairs pour faciliter la suite, l'emplissaient d'un tiraillement délicieux. Cela devint particulièrement agréable quand une décharge de plaisir jaillit sans prévenir, témoin d'un coup donné à sa prostate. Les yeux humidifiés sous l'impatience, l'envie et tous les autres ressentis mélangés, le bladeur de Leone s'écria, à présent peu soucieux de laisser transparaître son désir dévorant :
– Abrège putain, j'en veux plus…
– Si tu y tiens, mais ne vient pas te plaindre que tu n'es pas assez préparé !
Kyoya leva les yeux au ciel. Son partenaire savait très bien que jamais, il se plaindrait d'une telle chose. Depuis leur première fois, ils avaient remarqué qu'il appréciait être pénétré sans que la préparation ne soit complète… La douleur lui donnait l'impression d'être transpercé, ce qui le comblait comme rien d'autre ne pourrait jamais le faire.
Ryuga retira ses doigts, son regard doré rivé sur ce qui l'attendait. Sans jouer les montres, le jeune homme approcha son sexe de la zone tant convoitée et se pencha :
– Alors, j'y vais. ~
Et sans guetter une quelconque réaction, il le pénétra d'un geste sec. Tout le corps de Kyoya se cambra sous l'intrusion, un cri de douleur et de plaisir mourant dans sa gorge. La brûlure causée par la précipitation l'envahit à une vitesse qui ne laisserait aucun doute possible sur l'état dans lequel il serait le lendemain, mais ce serait un problème pour son lui du futur. Sa version actuelle couchait avec son compagnon et adorait ce qu'il se passait.
– Tu vois quand tu veux… Ah ~, laissa t-il échapper.
Comme lassé par ses provocations, Ryuga s'était mis à bouger. Chaque mouvement du bassin l'enfonçait davantage en lui, l'approchait de sa prostate tant convoitée. Le claquement des chairs résonnait dans toute la pièce au même rythme que leurs respirations effrénées. Kyoya sentait le plaisir lui monter à la tête au fil des secondes, brisant toutes les barrières qui lui restaient. Il soupirait, gémissait, laissait entendre à son compagnon à quel point le traitement lui plaisait.
Le bruit d'une claque retentit soudain et une nouvelle douleur apparut sur la peau du plus jeune, cette fois-ci à l'extérieur. Il reconnut sans peine le picotement causée par une nouvelle fessée.
– J'ai rien fait pourtant, fit-il semblant de protester.
– Je sais, cette fois c'était une récompense, susurra son interlocuteur. Tu as l'air de tellement adorer ça. ~
Cette déclaration fut suivie d'un nouveau coup, lui-même précédé de caresses bien plus douces. Par un timing amusant, ce fut à cet instant précis que son sexe cogna contre le point le plus sensible de l'intimité du lion. Ce dernier poussa un gémissement sonore, bestial. La souffrance physique se mélangeait au plaisir dans un maelström de sensations qui le faisait haleter comme jamais.
L'attente rendait-elle ce moment plus intense encore ? Kyoya ne se souvenait pas que toutes leurs baises soient aussi passionnées. Plus aucune limite ne les retenait, ils pouvaient à présenter exprimer toutes leurs passions comme ils le désiraient. Au final, peut-être que l'empereur dragon avait eu raison de le faire travailler sur sa fierté… Vu le moment sur lequel cela avait débouché, il n'en voulait pas du tout à son petit-ami d'avoir pris une telle initiative !
L'orgasme le frappa sans prévenir. Il n'eut pas le temps de sentir cette montée progressive de plaisir qu'un véritable torrent le submergea et lui arracha un ultime râle avant que sa bouche ne se referme. Il s'affaissa sur la table, malmenée par leurs ébats. Le jeune homme se félicita d'avoir fixé ce meuble au sol lorsqu'ils l'avaient installé, cette précaution se révélait utile aujourd'hui…
Il sentit à peine Ryuga se retirer de lui, trop focalisé sur ses propres sensations corporelles. Sa tête lui tournait un peu, agressée par l'intensité tout juste vécue. Ses muscles tremblaient pour la même raison. Son bassin le lançait d'avoir subi un rapport sexuel sur un lieu peu confortable, au même titre que l'arrière de son corps. Des picotements continuaient de parsemer ses fesses aussi réchauffées que ses joues, avec des origines différentes. A présent que l'adrénaline retombait, il se rendait compte de la fatigue profonde qui l'avait envahi.
L'empereur dragon l'avait réalisé avant lui. Encore étourdi par son propre orgasme, tout aussi violent, il entoura les épaules de Kyoya de ses bras. Ils n'étaient tous deux pas particulièrement adeptes des câlins, mais il avait envie de faire une exception, pour ce soir. Vu la facilité avec laquelle le bladeur de Leone se blottit contre lui, l'envie était partagée.
– Alors, c'était si terrible de te laisser aller ? fit-il.
– Tais-toi, maugréa Kyoya.
– Tu te répètes.
Il ne reçut pas de réponse. Loin de s'en formaliser, Ryuga sourit et embrassa son amant sur la joue. Un très rare geste de tendresse bien mérité après toutes ces émotions.
Kyoya l'accueillit avec la même expression faciale. Sa personnalité resterait inchangée, néanmoins il était à présent convaincu que faire quelques efforts ne pourraient qu'améliorer leur vie sexuelle… Et pour cette découverte, il lui en était très reconnaissant.
Ryuga : De tous les OS que tu a écrit pour des anniversaires, je pense que c'est le pire...
Kyoya : On est d'accord !
Moi : Roh ça va, arrêtez de râler ! C'est pas comme si j'influençais sur les vrais vous !
Kyoya : Bah encore heureux !
Gingka : C'était très... Smut.
Moi : Ah bah j'avais prévenu ! Sur ce je vais vous laisser ici, la prochaine fois que vous me verrez, ce sera à nouveau pour l'Eveil des Anges Noirs n_n
Kyoya : Ouf, la paix...
Moi : La paix jusqu'à l'anniversaire de Wonderinn ~
Ryuga et Kyoya : *pâlissent*
Moi : Byeee n_n
