Chapitre II : Fais-moi confiance
La fête était terminée. Heureusement pour Miwako, les moqueries et les sous-entendus n'avaient pas duré et elle s'était bien amusée. Maintenant, elle se trouvait dans la voiture de Wataru, prête à rentrer chez elle. Mais son amant ne démarrait pas. Il la fixait plutôt, et intensément !
- Qu'est-ce qui ne va pas ?, lui demanda-t-il doucement.
Elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui pose cette question. Elle mit du temps avant de parler, ce qui enleva toute crédibilité à sa réponse.
- T-Tout va bien. J'ai l'air mal ?
- Non, soupira son compagnon, je me demande juste pourquoi tu évites autant mon regard. J'ai fait quelque chose qui t'as déplu ?
- Non !, cria-t-elle d'une voix tremblante. Tu n'as rien fait, alors arrête de te faire des idées !
- D'accord ! D'accord ! Je ne te poserai plus la question si ça te dérange à ce point.
Il démarra. Pendant un moment, le trajet se passa en silence, jusqu'à ce que Wataru arrête le moteur. Il se tourna vers Miwako et sourit d'un air indulgent.
- Quoi ?, demanda-t-elle, presque agressive.
- Je crois que j'ai compris…
- Qu'est-ce que tu as compris ?
- Ce qui ne va pas.
- Mais je t'ai dit que tout allait bien !
- Ah oui ? Et bien, vérifions ça.
Il détacha sa ceinture et celle de Miwako, avant de se pencher sur elle et de l'embrasser à pleine bouche. Complètement perdue, la jeune femme ne bougea pas tout de suite, mais quand elle sentit la main de son amant remonter le long de sa jambe, elle le repoussa avec force.
- Arrête…, implora-t-elle.
Il se releva tout de suite. Miwako ne bougeait toujours pas.
- Désolé, fit Wataru, mais j'avais besoin de savoir ce qui n'allait pas. Je t'aime, alors je ne te ferai jamais rien que tu ne veuilles. Dis-moi si tu n'en as pas envie.
Et il lui caressa la joue avec douceur.
- Fais-moi confiance, bon sang !
Alors Miwako, malgré la peur qu'elle avait de ne pas être à la hauteur, murmura :
- Emmène-moi chez toi.
Cette fois-ci ce fut au tour de Wataru d'être perplexe, mais il ne le resta pas longtemps.
- Tu es sure que c'est ce que tu veux ?, demanda-t-il sur le même ton.
Encore une fois, Miwako s'étonna de l'assurance qu'avait prise Wataru depuis qu'ils sortaient ensemble. Plus de bégaiements, ni de voix tremblotante, mais une voix ferme et des gestes assurés.
Elle acquiesça d'un signe de tête.
Il déposa un baiser chaste sur ses lèvres et dans un sourire lui dit :
- Tu devrais prévenir ta mère que tu ne rentres pas, sinon, elle risque de s'inquiéter.
Miwako ne put s'empêcher de rougir et fit un rapide coup de téléphone.
Le reste du voyage se passa dans la bonne humeur. Wataru faisait la conversation en évitant certains sujets.
Quand ils arrivèrent devant l'immeuble ou vivait l'agent de police, il arrêta la voiture et vint ouvrir à sa petite amie.
Il la prit dans ses bras.
- Je sais marcher, tu sais !, lui dit-elle.
- Ne t'inquiète pas, tu n'es pas lourde ! Et puis, j'habite au cinquième sans ascenseur, alors je t'épargne les escaliers.
Elle fit tous les étages dans les bras de l'homme qu'elle aimait sans qu'il ne la dépose une seule fois à terre.
Et c'est toujours dans ses bras qu'elle passa la porte de son appartement. Il ne la déposa qu'une fois qu'ils furent arrivés dans sa chambre. Sur son lit…
