Chapitre IV : J'ai été femme de policier.

- Bon ! Tu vas rester longtemps comme ça dans la voiture ?, demanda Miwako, amusée par la gêne de son amant.

- Vas-y ! Je t'attends ici…

La jeune femme ouvrit la portière et le fit sortir de la voiture. En le tirant par le bras, elle arriva à le faire entrer dans la maison.

- A-attends ! Je ne suis pas prêt, moi ! Je lui dis quoi ?

- Maman ! Je suis de retour ! – et à Wataru – J'étais prête, moi, cette nuit ?

Il n'eut pas le temps de répondre. Une femme ressemblant beaucoup à Miwako descendait les escaliers. Ce qui les différenciait surtout était que les cheveux de la nouvelle venue étaient bouclés et les rides qui commençaient à percer sur son visage.

- Miwa !, sermonna-t-elle. Tu m'avais bien prévenue, mais tu es rentrée bien tard ! – et apercevant Wataru qui fixait intensément ces chaussures comme s'il y lisait l'avenir (Tient ! Je croyais que c'était son petit doigt !) – Bonjour jeune homme ! Vous êtes… ?

- Bien, fit Miwako. Je vous laisse ! Il faut que j'aille me changer !

Et avant que Wataru n'ait pu la retenir, elle montait déjà les escaliers au pas de course.

Devant le regard plein de curiosité si semblable à celui de Miwako que lui tendait la mère de celle-ci, il se présenta.

- Enchanté ! Je suis Takagi Wataru, le… hum… un collègue de votre fille.

- Enchanté, Wataru. Je peux vous appeler par votre prénom, n'est-ce pas ?

- B-Bien sur !

- Ne soyez pas timide ! Asseyez-vous donc, faîtes comme chez vous ! Un café ?

- Merci, mais non. On nous attend…

- Bien, bien, le coupa-t-elle. Je connais ça. J'ai été femme de policier. Dites-moi, Wataru, demanda-t-elle, la tête baissée, vous ne la laisserez pas, n'est-ce pas ? Vous pensez aussi qu'elle a assez souffert ?

La question de la laisser un jour ne l'avait jamais effleuré. Elle était à lui et il n'était pas du genre à partager. Il se leva.

- Ne vous inquiétez pas, Madame Sato, fit-il en esquissant un salut militaire parfait. J'aime votre fille, et avec votre permission, je l'épouserai un jour !

Puis Miwako était descendue, prête à partir arrêter tous les criminels du monde.

Sa mère la prit dans ses bras, les larmes aux yeux.

- Tu as grandi, ma chérie, murmura-t-elle. Je te souhaite d'être heureuse. Ton père est très fier de toi.

Puis elle la lâcha et monta les escaliers sans se retourner.

Miwako se retourna.

- Qu'est-ce que tu as encore fait ?, demanda-t-elle à Takagi.

Mais sa seule réponse fut un haussement d'épaule évasif.