Chapitre V : Sa mort est comme une larme
Le cadavre n'était pas beau à voir. La victime avait été proprement égorgée.
Sur la scène du crime, il y avait plusieurs personnes.
Il y avait, comme par hasard – mon œil, oui ! – le célèbre détective Kogoro Mouri, sa fille Ran, son amie Sonoko Suzuki et son neveu, le petit Conan.
Sinon, si on oubliait les policiers, trois autres personnes se tenaient là. Des suspects probablement.
Le commissaire Maigret les accueillit à bras ouverts.
- Vous voilà enfin ! Takagi, vous avez dessaoulé ?
- Takagi ? Vous étiez saoul ?, demanda Ran, avec étonnement.
-Non, mademoiselle Ran, répondit-il en souriant. De toute façon, c'est une histoire bien trop longue à raconter.
Il se retourna vers Miwako et la regarda dans les yeux. Elle ne put s'empêcher de rougir.
- Wata…, elle se reprit brusquement, Takagi ! Tu as fini de dire des bêtises ?
- Ah Le Le…, fit Conan, de sa voix la plus enfantine. Vous êtes amoureux !
- Conan !, dit l'inspectrice Sato en lui tirant gentiment les oreilles. Il ne faut pas que tu parles de choses que tu ne comprends pas !
« Je comprends pas ça, moi ?, pensa l'enfant, alors que normalement je suis un lycéen de 17 ans ? Pff, franchement, ce corps de gosse, c'est vraiment galère ! »
Le commissaire Maigret s'éclaircit la gorge :
- Trêve de plaisanterie. Nous sommes sur le lieu d'un crime. Sato, Takagi, allez donc interrogez les suspects !
- Bien commissaire !, firent les deux policiers, parfaitement synchronisés.
Ils emmenèrent donc les trois personnes dans une pièce à l'écart pour leur poser quelques questions. Tout à coup, l'une d'entre elles, une très belle femme aux longs cheveux marron et aux extraordinaires yeux verts s'approcha :
- Wataru ! C'est bien toi ?, demanda-t-elle
L'intéressé se retourna.
- Saya !, cria-t-il. Et ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre.
Quand ils se furent séparés :
- Comment va la famille ?, demanda le policier.
Une vive discussion s'engagea. Tout cela se passait sous les yeux de Miwako, qui verte de jalousie, s'en fut seule faire les deux premiers interrogatoires.
La première personne était un homme, Rokuda Izumi, âgé d'une trentaine d'années, qui s'exprimait avec une voix haut perchée difficile à supporter pour la jeune femme déjà sur les nerfs.
- Si je connaissais la victime ?, disait-il. Pour sur, oui ! C'était une espèce d'arnaqueur qui essayait de fourguer des billets de tombola à tout va. Il était payé au billet, alors c'est sur qu'il lui arrivait d'être insistant. Et puis, il me devait un sacré petit pactole, ce bon à rien. J'ai toujours su qu'il ne me rendrait jamais mon argent.
- Il s'appelait Sasuke Iruko, disait la seconde personne en pleurant. C'était mon ex petit-ami. Il disait qu'il m'aimait sincèrement, mais à cause de son travail, nous avons du nous séparer. Il n'était pas toujours correct avec moi, j'aurai tort de vous le cacher, mais il m'aimait vraiment. Sa mort est comme une larme de sang qui s'étale et entache tous ceux qui se trouvent à proximité.
Miwako notait machinalement leur déposition, mais ses pensées étaient ailleurs. Vers une femme qui semblait faire la cour à SON amant, avec lequel elle venait de passer la nuit !
Elle les rejoignit donc, premièrement pour arracher Wataru de ses griffes et deuxièmement pour l'interroger, et pas seulement sur le crime…
Arrivant près d'eux, elle se jeta au cou de Takagi.
- Désolé MON amour, fit-elle en fusillant sa rivale, oui, c'est comme ça qu'elle la considérait, du regard. Je dois encore interroger cette femme.
L'intéressé, interloqué, la regarda comme si elle sortait d'un asile de fous.
- Miwako, tout va bien ?
Celle qui se tenait aux côtés du policier sourit.
- Wataru …, fit-elle d'une voix trop sensuelle au goût de Miwako, tu ne comprendras décidément jamais rien aux femmes. Ta petite-amie, car c'est bien elle, n'est-ce pas ?, est jalouse de moi.
Sato faillit s'étrangler et sauter sur cette chienne qui voulait lui prendre son homme. C'est alors que celui-ci se mit à rire à gorge déployée. Il riait tellement que Miwako dut attendre une bonne dizaine de minutes avant d'avoir une explication.
- Miwako…, soupira-t-il, je te présente, Saya, ta future belle-sœur.
