Chapitre VI : Un homme qui tue un enfant n'a pas le droit de vivre
La dénommée Saya observa Miwako des pieds à la tête et de la tête aux pieds. Enfin elle rendit son verdict :
- Pas trop mal. Un ou deux entraînements par semaine dans un de mes centres sportifs et ce serait encore mieux.
- Chacun ses goûts, fit Wataru en enlaçant tendrement Miwako par derrière. Pour moi, elle est l'être le plus parfait qui n'ait jamais vu le jour.
- Oh, remarqua sa sœur, avec dédain, tu donnes dans la poésie à l'eau de rose. Très bien ça… pour faire fuir les femmes ! Bon ! Et bien je vous ai assez vus pour aujourd'hui. Et dire que je suis venue exprès depuis New-York pour te voir… Allez ! A plus tard, les tourtereaux.
- Attends, Saya, tu dois…
Mais avant qu'il n'ait pu la rappeler, il fut coupé par Sonoko.
- Mlle Takagi ! Comment allez-vous depuis cette nuit ? Alors, vous avez pu signer le contrat pour les locaux en-dessous de l'immeuble avec mon père ?
« Exprès pour moi, hein ? fit Takagi en lui-même »
L'agent de police prit sa sœur par le bras.
- Donc je disais que tu devais subir un interrogatoire, comme les autres…
- Mais je ne le connaissais ni d'Eve, ni d'Adam, ce mec !
- Et bien, tu n'auras qu'à le dire dans ta déposition.
- Si jamais, le coupa une deuxième fois Sonoko en lui tirant l'oreille, elle a un alibi en béton. Et pour toute la nuit.
- C'est vrai, renchérit la jeune femme, en se libérant de la poigne de son frère. Durant tout le début de la nuit, j'ai négocié les clauses d'un contrat avec le groupe Suzuki, puis j'ai été invité par la fille du président Suzuki à venir passer la nuit du cinéma avec elle et son amie Ran dans sa résidence secondaire qui se trouve à des kilomètres.
Bien, Saya était donc hors de cause. Cela enlevait un poids sur la poitrine de Takagi qui n'aimait pas spécialement avoir à soupçonner sa propre famille.
La sœur de l'agent Takagi resta avec Ran et Sonoko, à discuter, quand une voix enfantine se fit entendre :
- Ah Le Le… ! On dirait qu'il y a quelque chose d'écrit…
L'inspectrice Sato et son collègue se retournèrent d'un bloc, avant de se ruer sur la tache de sang que leur montrait l'enfant, qui n'était autre que le jeune Conan.
- Il a raison !, fit Takagi. il est écrit …
- « Larmes », finit Sato.
A l'autre bout de la pièce, une femme tomba à genoux, le visage ruisselant de larmes, gouttelettes d'eau qui ne pouvaient effacer son crime.
Tandis que Sato l'emmenait au commissariat, la jeune femme racontait les raisons de son meurtre.
- J'étais enceinte de ce salaud, et je voulais garder l'enfant, même s'il m'avait quitté. J'ai fait l'erreur d'aller le prévenir. Il m'a frappée, frappée sans relâche. Le bébé est mort… un homme qui tue un enfant n'a pas le droit de vivre. Vous verrez un jour… les hommes ne sont que des lâches
