Chapitre III
ATTENTION : Je ne possède en rien l'oeuvre qu'est Sailor Moon et tous ses dérivés, dont PGSM. Ils sont la propriété exclusive de Mme Naoko Takeuchi.
Je serais très flattée si vous me laissiez une review. J'accepte toutes les critiques, pour peu qu'elles soient constructives ;)
Un grand merci à Natsu82, ma beta readeur.
Dans une berline sombre- Tokyo
Montant rapidement dans la voiture, Minako s'adressa à son chauffeur :
«Amachachi, on peut retourner à TV Tokyo »
« Très bien mademoiselle, on devrait y être dans les temps ».
« Je vous fais confiance. Par contre, j'aimerais être seule quelques instants… »
« Pas de problème mademoiselle ».
La vitre sans teint séparant l'avant de la voiture de l'arrière remonta alors instantanément et la voiture démarra.
Minako renversa sa tête en arrière sur la banquette en cuir et poussa un long soupir peiné.
Artemis profita de cette soudaine intimité pour sortir du sac de l'Idole et s'adressa à celle-ci, inquiet : « Minako, est-ce que ça va ? »
« Non » fut la seule réponse que reçut la peluche.
«Qu'est-ce que je peux faire ? »Demanda Artemis, rapidement rongé par l'inquiétude.
« Rien. J'ai commis une grave erreur et je vais devoir tout faire pour rectifier le tir au plus vite »lui répondit faiblement l'Idole.
« Minako…je ne comprends pas…vous vous aimez depuis si longtemps toi et Rei… »Commença doucement le chat.
« ça suffit Artemis ! »l'interrompit fermement la vénusienne.
« Mais enfin Minako, après tout ce qui s'est passé…je pense que tu as autant le droit au bonheur que les autres ! » affirma avec certitude la peluche en plaçant une patte réconfortante sur le bras de l'Idole qui avait, alors, bien du mal à contenir les grosses larmes qui roulaient sur ses joues.
« Non ! Pas s'il doit se faire au détriment de…»Commença avec colère Minako avant de s'arrêter net.
«Au détriment de quoi ? Je…je ne comprends pas »Avoua, confuse, la peluche.
« ça ne te concerne pas de toute façon »répondit l'Idole, subitement épuisée.
« Minako…tu es injuste de me dire ça »dit tristement Artemis.
« Oui je sais, je suis mauvaise, en plus d'avoir tous les défauts du monde…»dit d'un ton blasée la native de Vénus.
« Je n'ai jamais dit ça ! Mais Rei a besoin de toi, surtout en ce moment… »Tenta faiblement son compagnon.
« Non Artemis, elle a tout sauf besoin de me voir en ce moment»lui répondit fermement l'Idole en le regardant droit dans les yeux.
La voiture s'arrêta. Minako remit avec hâte ses lunettes de soleil afin de cacher à son chauffeur ses yeux encore embués de larmes. Artemis reprit rapidement sa place dans le sac de sa maîtresse.
« Nous sommes arrivés Mademoiselle » dit le chauffeur en abaissant la vitre.
« Merci Amachachi. A tout à l'heure » fut la seule réponse de Minako qui quittait déjà avec hâte le véhicule.
Studio 5 de Tv Tokyo- Tokyo
11h50. Minako arriva d'un pas décidé dans les coulisses du studio 5. Son visage ne trahissait aucune expression et les larmes avaient depuis longtemps quitté ses yeux. S'asseyant rapidement, elle attendit que Hitomi apporte la touche finale à sa coiffure afin d'ensuite aller se faire maquiller.
Son manager entra rapidement dans la pièce pour faire le point :
« Bon, Minako-chan tu passes à l'antenne d'ici 25 minutes. Ça te laisse le temps de terminer le maquillage. »
« Ok » répondit l'Idole.
« Je suis content de voir que tu es revenue à l'heure. J'avais peur que tu n'arrives pas à quitter ta charmante Miko… »lui dit Sugao Saitou avec un large sourire.
« Je crois que ça va me faire le plus grand bien de ne plus entendre ce genre de bêtises pendant un mois…»avoua l'Idole dans un soupire.
« Oh, qu'est-ce qui se passe ma chérie ? Reiko n'a pas été gentille avec toi ? »Lui demanda le manager soudainement très inquiet, en s'agenouillant près d'elle.
« Non Sacho, c'est plutôt moi qui ne suis pas gentille avec Rei mais ça tu le sais déjà, tu en as l'habitude » lui répondit Minako d'un ton faussement ironique.
« Ne t'inquiète pas ma chérie, j'appellerai Reiko ce soir pour recoller les morceaux. Tu sais que tu peux compter sur moi ! »Lança fièrement le manager, ravi de son idée.
« Oui et c'est bien ça le problème »marmonna sourdement l'Idole, le regard désormais noir en direction de son manager.
Hitomi avait bien du mal à se contenir de rire tandis que Sugao Saitou ne comprenait pas la réaction de sa protégée. Finalement, il décida d'aller voir où en était le reste du staff.
Minako soupira profondément. Sur le point de replonger dans ses pensées, elle fut interrompue par sa coiffeuse :
« Je vous plains Aino-sama. Quand vous n'avez pas les paparazzis sur le dos, c'est votre manager qui se mêle de votre vie privée ».
« Oui mais je me console en me disant que ça pourrait être pire. Je pourrais avoir mes parents et mes amies sur le dos aussi. »Lui répondit Minako avec un léger sourire.
« Certes mais tout de même… »Fut la seule réponse de la coiffeuse.
« Et puis, même s'il sait être envahissant par moment, je sais qu'il ne pense pas à mal. Il veut juste le meilleur pour moi »poursuivit l'Idole.
Hitomi resta frappée par la sagesse et la maturité de la jeune fille qui n'avait que 19 ans. Elle aurait tant aimé que ses autres clientes, chanteuses à succès et actrices, soient aussi calmes et réfléchies mais elles préféraient généralement se perdre dans des désirs futiles et imposer leurs caprices à leur staff. Avec regret, elle laissa Minako passer entre les mains de la maquilleuse.
La jeune star internationale fut finalement prête à l'heure, au grand soulagement de son manager. Se préparant à un enregistrement qui allait probablement durer toute l'après-midi, Minako inspira profondément et avala une canette de sa boisson préférée. Elle risquait d'en avoir besoin.
Un hôtel de luxe de Roppongi- Tokyo
20h. Minako regagnait enfin sa suite.
Éreintée par la longue journée de travail qu'elle venait de subir et irritable, elle décida qu'un long bain chaud serait le meilleur moyen de se délasser et de se détendre.
Entrant dans la salle de bain, l'Idole, désormais en vacances, se déshabilla avec hâte et se lava rapidement avant de plonger dans le bain bouillant qu'elle venait de faire couler.
Elle savait que le bain était une activité propice aux introspections, plus ou moins bienvenues. Tout cela tombait bien car elle avait besoin de réfléchir aux événements de la journée sans être dérangée et elle savait qu'elle ne le serait pas par son fidèle compagnon.
Artémis avait bien essayé une fois de rentrer dans la salle de bain pendant qu'elle s'adonnait à la toilette mais s'était vu chassé vers le salon à coups de gels douches, shampoings et autres produits de beauté. Nul doute que la peluche voulait sans doute simplement vérifier si la native de Vénus ne trahissait pas ses origines mais Minako en avait décidé autrement.
Immobile dans son bain, Minako revit le visage de Rei marqué par la fatigue et la détresse. A cette vision, son cœur se serra douloureusement et le sentiment de culpabilité qui l'avait habitée toute la journée refit surface, pour l'accabler, la paralyser. Une nausée tenace la tenait au corps. Elle l'avait déjà empêchée d'avaler quoi que ce soit de solide le midi.
La vie de Rei était à présent bouleversée et ne serait plus jamais la même. Par sa faiblesse et son égoïsme il y a un an, elle avait condamné celle qu'elle aimait au même enfer qu'elle : revoir chaque moment de sa vie antérieure, régulièrement, inlassablement toutes les nuits. Minako avait condamné Rei à ne plus jamais connaître le repos et cette perspective lui donnait des sueurs froides.
Elle pensait que mettre un maximum de distances entre elles pendant un an suffirait à effacer son instant de faiblesse, son péché, mais les choses ne s'étaient pas avérées être aussi simples. Maintenant, tout ce qu'elle pouvait faire était essayer de trouver un moyen d'atténuer au maximum le fardeau dont venait d'hériter la native de Mars. Minako pensait de nouveau imposer de la distance avec la Miko pour petit à petit ne plus jamais la revoir mais cela ne lui semblait pas suffisant.
Le retour des souvenirs de Rei s'était déclenché suite à cette fameuse nuit, lors du mariage d'Usagi et Mamoru il y a un an, et le seul moyen d'en atténuer les conséquences était de l'effacer de la mémoire de la martienne. L'Idole conclut qu'afin que la Miko enfouisse ce souvenir dans les tréfonds de sa mémoire, il fallait qu'elle en vienne à la haïr.
A la simple pensée de ne plus revoir Rei, que la native de Mars n'éprouve plus rien pour elle et pire, la haïsse, Minako sentit de violents vertiges la faire vaciller.
Vénus avait aimé passionnément Mars à l'époque du royaume du Millenium d'argent, plus que sa princesse, sa patrie et même sa propre vie. Minako était tombée instantanément sous le charme étrange de Rei dés qu'elle fit sa connaissance dans cette vie présente. Elle sentit tout de suite que ses sentiments étaient réciproques même si la native de Mars ne comprenait pas les émotions que faisaient naître en elle la vénusienne.
Combien de fois mourut-elle d'envie d'épargner à Rei, taciturne et maladroite, la peine de faire le premier pas. Mais une bonne raison l'empêchait toujours.
Au début, atteint d'une maladie incurable, elle ne pouvait envisager d'entamer une relation avec Rei par simple égoïsme. Elle voulait par-dessus tout éviter à la Miko la souffrance qu'engendrait la perte d'un être aimé.
Ensuite, la martienne décida d'aller parfaire son entraînement en tant que Miko à Kyoto pendant un an. Minako comprit parfaitement son choix et le respecta. Elle attendit donc son retour. Elle la revit pour la première fois lors du mariage des Chiba et la tentation fut bien trop forte cette fois-ci. Obéissant au célèbre précepte d'Oscar Wilde, la vénusienne y céda et s'en mordit les doigts dés le lendemain.
Comment pouvait-elle consciemment vouloir intégrer Rei, aspirant tant au calme et à la solitude, à son monde bruyant, bruissant, fatigant et où sa vie privée, son image étaient surexposées dans les médias ? Connaissant la Miko et son tempérament volcanique, l'Idole était persuadée que cette relation n'aurait pas dépassé les un mois d'existence. Elle préféra donc fuir, trop lâche pour y mettre elle-même un terme. Elle avait bien remarqué que Rei s'efforçait de rester en contact avec elle via téléphone mais son emploi du temps surchargé et son évidente mauvaise volonté firent le reste.
Minako ne pouvait s'empêcher d'être amer. Elle aurait tant voulu que les choses se passent différemment. Parfois, elle regrettait d'être une Idole à succès et d'avoir été une senshi. Elle se disait que tout aurait été tellement plus simple si son destin s'était révélé plus modeste. Mais sa raison reprenait en général vite le dessus. Après tout, elle avait tout ce dont on pouvait rêver : la réussite professionnelle, la beauté, l'argent et l'amour de centaine de millions de personnes à travers le monde à présent. Elle n'avait certes personne à aimer dans cette vie mais elle avait vécu une magnifique histoire d'amour dans une vie précédente qu'elle revivait quasiment chaque nuit. De quoi se plaignait-elle ?
Seulement voilà, elle ne pouvait s'empêcher de se sentir seule, triste, vide. Un composant essentiel à son existence lui manquait et cette absence lui pesait terriblement.
Cédant à la mélancolie, Minako sortit du bain, enfila un peignoir et quitta la salle de bain. Elle décida d'aller se rafraîchir sur la terrasse de sa chambre. Prenant son sac, elle remarqua Artémis en train de dormir sur le canapé du salon. S'asseyant sur l'une des chaises de la terrasse, elle sortit de son sac un paquet doré duquel elle prit une cigarette. Elle l'alluma et commença à se relaxer une fois les premières bouffées prises.
« Minako ! »cria Artemis qui venait de la rejoindre sur la terrasse.
« Quoi ? » répondit froidement l'idole.
« Tu sais très bien que c'est mauvais pour ta voix ! En plus tu risques d'attraper froid ! »Lui dit-il, visiblement en colère.
« Oui, papa… »Répondit d'un ton moqueur la vénusienne.
« Ce n'est pas drôle ! »Lui rétorqua la peluche.
Soupirant profondément, Minako commença : « écoute Artemis, ce n'est pas une cigarette de temps à autre qui va me faire grand mal et j'ai pris un coup de chaud en restant trop longtemps dans mon bain. Je me rafraîchis cinq minutes ici et je rentre »
Visiblement vexé par l'attitude laxiste et bornée de son amie, Artemis décida d'aller bouder dans le salon. Minako l'ignora sciemment. Elle le rejoignit néanmoins sur le canapé une fois sa cigarette terminée. Son programme pour la soirée était tout trouvé : room-service et abrutissement devant les habituelles inepties télévisuelles. Elle ne doutait pas qu'elle s'endormirait rapidement après avoir ingurgité son repas, du moins si elle y parvenait cette fois-ci.
Sa décision était prise. Elle devait réparer son erreur par tout moyen, pour le bien de Rei même si cela signifiait la faire souffrir. Elle n'avait pas à être effrayée. Après tout, Vénus avait l'habitude de se salir les mains…
Temple Hikawa- Tokyo
Après avoir pris son bain, Rei regagnait sa chambre avec hâte. La journée s'était avérée véritablement épuisante car un peu trop riche en émotions à son goût. Elle souhaitait désormais se relaxer dans son lit en parcourant le net sur son ordinateur portable. Sans véritablement réfléchir, elle chercha les derniers clips de Minako afin de voir ce que donnait sa fraîche carrière internationale. Elle découvrit avec stupéfaction une chanteuse bien loin de l'Idole sage, pure, aux chansons innocentes, voire niaises qu'elle connaissait.
Minako était à présent une star internationale avec tout ce que cela comportait. Clips à gros budgets avec scénario et effets spéciaux à la clef, musiques travaillées, textes en anglais aux thématiques adultes et une image nettement plus mâture pour la vénusienne.
Minako était désormais présentée comme une jeune femme terriblement sexy et bien consciente de son sex-appeal. Elle y menait avec maîtrise et assurance sa vie à 200 à l'heure et les hommes par le bout du nez. Les tenues à présent plus découvertes étaient mises en valeur par des chorégraphies nettement plus sensuelles.
Ses clips présentaient une constante redoutable : elle y était toujours sublimée, magnifiée, en digne réincarnation d'Aphrodite, et Rei comprit aisément pourquoi la native de Vénus n'était plus seulement un fantasme pour des millions d'hommes et de femmes mais à présent une véritable icône.
Rei fut tirée de sa rêverie par un appel pour le moins incongru. Il s'agissait de Sugao Saitou. La Miko répondit, connaissant déjà le sujet de la conversation.
« Oui ? »
« Mars Reiko! Comment vas-tu ? » s'exclama l'homme.
« Non, moi c'est Rei Hino »répondit la Miko dans un sourire.
« Désolé, je ne connais que Mars Reiko qui fut tellement exceptionnelle lors de cette séance photo ! Quel gâchis de ne jamais avoir pu exploiter un tel potentiel ! »S'enflamma le manager.
« Décidément, je vois que vous n'abandonnez jamais ! Alors, que me voulez-vous à une heure aussi tardive? »Demanda Rei, amusée.
« Eh bien, je sais que vous vous êtes vues avec Minako ce matin et apparemment ça ne s'est pas bien passé »commença prudemment Sugao.
«Certes…»répondit Rei qui ne souhaitait pas davantage entrer dans les détails.
« Il faut que tu l'excuses ma chère Reiko ! Tu sais, sa tournée internationale l'a vraiment épuisée ! La preuve, elle m'a demandé des vacances ! Tu te rends compte ? Des vacances ! C'est la première fois que ça arrive ! »S'enflamma-t-il.
« Au moins elle fait des progrès à ce niveau-là »ne put s'empêcher de répondre ironiquement la Miko.
« Et puis je suis sûre qu'elle s'est sentie très seule pendant la tournée. Tu sais comment elle est, elle ne se plaint jamais et a beaucoup de mal à dire ce qu'elle ressent. Nous, le staff, faisons de notre mieux pour l'épauler mais ça doit lui peser de ne pas être plus souvent en compagnie de jeunes de son âge… »
« Peut-être bien… » Répondit Rei afin de contenter le manager qui s'adressait à elle avec tant de ferveur et de conviction.
« Je sais qu'elle tient énormément à toi. Elle t'aime beaucoup Reiko mais je ne t'apprends rien. Elle me parle souvent de toi d'ailleurs… »
« Vraiment… »Douta la martienne, de plus en plus intriguée par le tournant que prenait la conversation.
« Oui et je pense que ça lui ferait très plaisir que tu lui rendes visite demain. Plutôt le matin, hein, car tu sais comment elle est, elle ne tient pas en place… »
« Je n'en suis pas si sûre… »
« Mais si, mais si ! Fais-moi confiance Reiko ! »
« Hum…je vais y réfléchir… » Répondit finalement Rei qui voyait là une opportunité pour avoir enfin une explication avec l'Idole.
« Super ! Ça lui fera vraiment plaisir ! Je t'envois tout de suite par mail l'adresse de son hôtel et son numéro de chambre ! Je préviens aussi la sécurité de ta visite. »Lui dit-il d'un ton réjoui.
« Ok, je vous laisse, je vais me coucher là… »
« Oui, oh oui pardon il est tard ! Bonne nuit Reiko et n'hésite pas à m'appeler demain pour me raconter comment ça s'est passé, hein ? »S'enthousiasma-t-il.
« Oui, on verra… » Fut la seule réponse de Rei qui lui souhaita également bonne nuit et raccrocha.
Minako était en vacances et qui plus est à Tokyo. Rei vu là un agréable tour du destin. Elle allait enfin pouvoir s'expliquer avec son ex-leader sur ce qui s'était passé il y a un an et peut-être permettre à sa mémoire d'oublier la vénusienne qui s'était obstinément refusée à elle pendant tant d'années et avait occupé jour après jour la moindre des ses pensées.
Rei savait bien que la tache ne serait pas aisée et que Minako ferait tout pour éviter le sujet, préférant le flou et les non-dits à la franchise de ce genre de conversation mais la native de Mars était décidée comme jamais. C'était sa chance et elle comptait bien la saisir.
Elle s'endormit rapidement, ayant bien en tête qu'elle aurait besoin de toute son énergie pour affronter l'épreuve de demain mais elle fut de nouveau très vite rattrapée par ce monde si lointain et pourtant si familier où elle y était restée mal en point…
Royaume du Millenium d'argent- Lune
Rei s'éveillait non sans difficulté sur un lit d'hôpital au milieu d'une salle dont le blanc immaculé lui brûlait les rétines.
« Suis-je… » Pensa-t-elle mais elle constata rapidement que sa tête se révélait être lourde comme du plomb et qu'une nausée tenace la tenait au corps. Tout son corps était douloureusement engourdi et elle aurait préféré être morte finalement qu'avoir à subir une telle douleur, une fois de plus.
Une vois familière la tira de sa rêverie.
« Tu es réveillée ? En voilà une bonne nouvelle ! Je préviens tout de suite Ami ! »
Rei constata la présence de Makoto à ses côtés, assisse sur une chaise en train de parler à la senshi de l'eau via son communicateur. Une fois la conversation terminée, la native de Jupiter posa de nouveau son regard jovial sur la martienne bien mal en point.
« Qu'est-ce que je fais là ? » fut tout ce que put articuler Rei.
« Eh bien…c'es tune longue histoire ! » lui répondit dans un sourire Makoto.
« Il faut croire que j'ai tout mon temps… » Répondit amèrement Rei.
« Par où commencer…Tu te souviens quand Minako t'a emmenée loin du champ de bataille ? »
« Oui, j'ai perdu connaissance en chemin»
« Eh bien une fois arrivée au château, Minako fonça directement vers les appartements de la reine. Elle en enfonça la porte, ce qui réveilla notre souveraine, et l'implora de te soigner… »
« Mais aucun garde ne tenta de l'arrêter ? » L'interrompit Rei.
« Je pense que son grade et sa colère dissuada même les plus loyaux envers sa majesté. Bref, il faut croire que notre reine bien aimée eut pitié de toi puisqu'elle accepta de te soigner puis tu atterris ici où Ami prit le relais. Sans son intervention, nous serions en train de t'enterrer à l'heure qu'il est… »
« Merci Makoto, j'apprécies ta délicatesse… » Dit la native de Mars d'un ton teinté d'ironie.
« Quoi ? Tu te plains ? Alors que je viens de te faire un débriefing parfait ! Encore une preuve que c'est moi qui devrait être commandant en second ! »
« Ne rêve pas Makoto… » Lui répondit d'un air blasé Rei.
« Je finirai bien par te prouver que je suis meilleure que toi ! » lui répondit la native de Jupiter, pleine de conviction.
« Personne n'est meilleur que moi » lui rétorqua calmement Rei en fermant les yeux.
« Minako n'aimerait pas trop entendre ça. On a encore eu une démonstration de son écrasante supériorité sur nous l'autre jour… »
« D'ailleurs, j'ai dormi combien de temps ? » l'interrompit la martienne, soudainement intriguée.
« 48 bonnes heures environ je dirais mais tu ne me demandes même pas de nouvelles de ta jolie blonde ? »
« Oh, je me doute qu'elle doit être enterrée sous une tonne de paperasses, comme toujours après les attaques de Yomas… »
« Eh bien pas que. Certes, elle doit justifier auprès de l'administration notre intervention et s'expliquer pour toutes les dégradations qu'il y a eu, d'autant que tu y es allée fort cette fois, mais elle est aussi sous le coup de sanctions pour avoir outrepassé ses fonctions… »
« Comment ça ? » interrogea Rei soudainement très intéressée par la conversation.
« Même si la reine comprit les motivations de Venus, il n'en demeura pas moins qu'elle ne pouvait rester impunie pour ce qu'elle a fait. Elle fut donc relevée de ses fonctions pour 10 jours et assignée à la garde du château ces trois dernières nuits. Apparemment, la sanction est clémente… »
« Ne me dis pas que tu as hérité du commandement… » Lui dit Rei d'un ton sarcastique.
« Tssss, non c'est Ami » lui répondit une Makoto dépitée.
« Merci seigneur ! » lâcha Rei avec soulagement.
« Je vois que tu as la langue toujours aussi bien pendue ! C'est que tu es en meilleure forme qu'il n'y paraît ! Bon, je retourne m'entraîner ! Profite-en bien pour te reposer vu que, pour une fois, tu n'auras pas à assouvir cette nuit les pulsions d'une vénusienne chaude comme la braise !» Lui lança Makoto avec un grand sourire taquin.
« Au revoir Makoto ! » lui rétorqua froidement la native de Mars, le regard noir.
« Allez, à plus tard ! » lui lança en éclatant de rire la senshi de la foudre avant de quitter la pièce.
Rei eut à peine le temps de souffler qu'Ami entrait dans la pièce, visiblement satisfaite de voir sa patiente réveillée.
« Je vois que tu es réveillée. Tu nous as manquées Rei ! »
« Quand est-ce que je pourrai sortir Ami ? »
« Ouh là ! D'abord, je vais te faire un certain nombre d'examens et ensuite on avisera. J'ai prévenu Minako que tu étais réveillée. Elle devrait venir te voir dans une heure, ce qui nous laisse tout le temps de voir comment vont tes blessures »
La blessée eut du mal à cacher son ennui. Elle aurait voulu voir celle qu'elle aimait au plus vite car elle se doutait bien que le fait d'être relevée de ses fonctions de commandement avait porté un coup à son égo même si elle était persuadée qu'elle gardait la tête haute.
Ami commença les examens et Rei ferma les yeux en espérant que cette heure d'attente ne lui semblerait pas durer des siècles.
Dans un hôtel de luxe de Roppongi- Tokyo
7h30 sonnait. Minako n'aurait pas été contre quelques heures de sommeil supplémentaires mais sa vie précédente en avait encore décidé autrement. S'étirant doucement, elle quitta son lit et projeta d'aller faire du café. Sentant la migraine arriver, elle savait qu'elle aurait déjà besoin d'une certaine dose de caféine pour tenir le coup en cette belle journée de printemps.
Ouvrant les journaux qui venaient de lui être livrés, elle découvrit sans surprise qu'elle faisait encore la une de la presse à scandales qui se demandait ce que son célibat prolongé cachait.
Pensant au début que sa carrière l'accaparait trop, les mois passant, les tabloïdes se mirent à avancer des théories toutes plus farfelues les unes que les autres pour expliquer l'impensable : Pourquoi Minako Aino, la star planétaire, était encore célibataire.
En avalant un grand café noir, l'Idole se dit qu'il serait temps de mettre un terme à ce cirque médiatique avant que sa carrière en pâtisse et qu'il faudrait donc qu'elle trouve quelqu'un. Nul besoin de sentiments ou même d'affection ici. Une aventure de quelques mois avec un beau jeune homme en vue calmerait les journalistes. Elle avait en plus un mois de vacances devant elle. C'était l'occasion rêvée pour s'adonner à quelques folies légères et oublier ainsi, un peu, celle qui n'avait cessé de la hanter de puis de trop nombreuses années.
Notes de l'auteur : -Une référence à la série animée Neon Genesis Evangelion s'est glissée dans ce chapitre. Saurez-vous la retrouver ?
