Hey ! Je décide enfin de poster le premier véritable chapitre ! En espérant que ça vous plaira !

(Oui les chapitres sont courts mais je ne veux pas aller trop vite, je pense qu'une lettre par chapitre sera amplement suffisant !)


Ca y est. Harry avait enfin fini tous ses cours. Il marchait dans les couloirs la tête baissée, une pile de bouquins qu'il serrait contre son torse dans les bras. Il réfléchissait aux éventuelles choses que pourrait contenir les lettres de Malfoy. Il fût coupé dans ses pensées et se fît bousculer contre la pierre froide et dure des murs du château. Il grimaça un peu et fît tomber tous ses bouquins, il releva son regard noir vers le responsable de sa bousculade. Draco. Bien évidemment.

-Alors, Potter, on marche plus droit ? Lâcha froidement le blond. Tu vas devoir te baisser pour tout ramasser, c'est dommage…

-Content de toi, Malfoy ?! Répondit Harry, froidement.

-Plutôt, oui. Mais ce n'est pas grave, tu dois avoir l'habitude de te mettre à genoux, répliqua une nouvelle fois Malfoy en regardant Harry de haut en bas.

Le brun fronça les sourcils en sentant les larmes lui monter aux yeux, il décida une nouvelle fois de recourir à l'indifférence. Comme toutes les fois où il avait été humilié. Il jeta un rapide coup d'œil autour de lui et il pût apercevoir la plupart des élèves rire de lui. Il se dépêcha de ramasser tous ses ouvrages et se précipita rapidement dans son dortoir, terriblement énervé et bouleversé.

Il jeta son sac sur son lit avant de s'assoir à son bureau. Il respira profondément avant de se saisir des écrits de son fatal ennemi. Il ouvrit le premier parchemin et commença à lire.

"12 février 1996, 03 :18.

Est-ce normal de ne pas réussir à se confier ? Sûrement, lorsque nous sommes seul. Mais comment fait-on pour ne pas l'être dans ce cas ? Est-ce possible de ne pas l'être lorsque l'on joue un rôle ? Certainement pas. Si les gens vous aiment pour ce que vous n'êtes pas, en conséquent, vous n'êtes pas aimé. Et en conséquent, vous êtes seul. Suis-je coincé dans ce cas ? Coincé dans ce rôle terriblement étroit de gamin arrogant, égoïste, et ignorant des difficultés auxquelles les gens « normaux » sont confrontés ? Suis-je anormal ? Sûrement. Mais ai-je le choix ? Sûrement pas. Est-ce frustrant de lancer des appels aux secours sans recevoir aucune réponse ? Non. Ce qui est frustrant est sûrement le fait que ces appels ne soient même pas transmis."

… Harry resta figé. Draco Malfoy n'était pas l'auteur de ces lettres. C'était impossible. Pourtant… C'était bien l'écriture du blond sur ce parchemin. Sur ce parchemin qui venait sûrement de tout changer. Il prit une grande aspiration avant de continuer sa lecture.

"Et puis il y a cette personne… Cette personne qui m'obsède. Cette personne dont je ne peux même pas écrire le prénom tellement c'en est impossible. Je ne dors plus. Je ne vis plus. Et si on ne pouvait pas vivre éternellement seul, seul avec sa conscience et ses remords ? Et si c'était impossible ? Je mourrais. Mais je ne vis plus. La mort est donc sûrement comparable à ma vie. Mais peut-être que sa présence n'est pas une mauvaise chose. Peut-être qu'elle occupe mes pensées, mon esprit. Peut-être m'empêche-t-elle de penser à tout le reste. A tout ce qui me détruit… Balivernes. Sa présence est une torture. Peut-être même plus atroce que mes pensées. Sûrement même plus atroce que ma solitude. Je pense que je ne vais pas dormir."

Harry avait sûrement eu les yeux écarquillés durant toute la lecture de cette lettre pour le moins… Effarante. Draco Malfoy souffrait. Draco Malfoy ressentait quelque chose autre que son arrogance et sa stupidité. Draco Malfoy était… Amoureux. Harry était étonné, oui. Effaré, peut-être. Mais il y croyait. Chaque être humain possédait un cœur, et Harry partait du principe que chacun pouvait souffrir. Même dans le silence le plus total. Lui-même avait beaucoup souffert. Lui-même avait beaucoup fait semblant d'aller bien pour ne pas inquiéter ses proches. Et les proches de Draco… Etaient-ils là pour lui comme ceux d'Harry l'étaient ? Ca y est. Le brun commençait à vouloir en savoir plus. Il prit une nouvelle lettre dans sa main mais ne l'ouvrit pas. Il réfléchit quelques secondes avant de la reposer. Il était plus sage de savoir se modérer. Harry avait peur. Peur de devenir accroc aux secrets de son pire ennemi. Il décida de se poser limite à une lettre par jour. Une seule. Un seul misérable écrit de Draco Malfoy. Et c'est la tête pleine de question qu'il alla se coucher.

Lorsqu'il se réveilla, il se rendit en cours après s'être préparé rapidement. Bizarrement, au petit déjeuner, son regard se glissa directement au bout de la table Serpentard où se trouvait un Draco cerné. Il avait l'air excédé et épuisé. Harry n'avait jamais remarqué cette facette du jeune homme, tout paraissait tellement plus évident désormais… Malheureusement, ses pensées furent interrompues par la voix d'Hermione.

-Harry ? Tu es sûr que ça va ? Tu as l'air ailleurs…

-Prends de la brioche, ajouta Ron la bouche pleine de nourriture.

Le brun remonta ses lunettes, un peu plus haut sur son nez, en regardant Ron manger.

-Non, tout va bien, répondit-il avec persuasion. Je suis juste fatigué.

Ses amis le regardèrent quelques secondes avant de recommencer à manger. Ouf, il était passé inaperçu. Enfin, c'est ce qu'il pensait avant de voir le jeune homme au regard acier se lever et venir vers lui.

-Qu'est-ce qui te prend de me reluquer comme ça ? Lui dit-il froidement. C'est ta véritable orientation sexuelle qui commence à prendre le dessus ?

Harry entre-ouvrit la bouche de choc et se leva. Un silence terriblement pesant enveloppa la grande salle et tous les regards se posèrent sur les deux jeunes hommes qui se faisaient désormais face.

-De quoi tu parles Malfoy ?! Répondit Harry, criant à moitié.

-De quoi je parle ? Demanda le blond, je parle de ton orientation sexuelle. Ne nous fais pas croire que tu aimes les femmes, as-tu vu ta dégaine Potter ?

Le même sourire dédaigneux qu'habituellement était sculpté sur ses lèvres.

-Je te conseille de la fermer d'accord ?! Répliqua le brun.

-Ooh.. Potter est vexé ? Ajouta Draco, d'un air faussement attendri et totalement ironique.

Le brun plongea son regard émeraude dans le regard acier du jeune homme pendant quelques secondes. Il n'arrivait plus à y percevoir cette pointe d'arrogance, de haine habituelle. Il n'y arrivait plus. Il ne voyait que de la détresse. Malgré tout ce que le blond tentait de cacher derrière ses manières. Harry finit par quitter la grande salle, bousculant un peu Draco sur son passage, et de remonter à nouveau dans son dortoir jusqu'à avoir cours.

Le reste de la journée fût paisible. Mais Harry ne pouvait détacher son regard du jeune homme qui lui paraissait désormais bien plus qu'ambigu. Il était intrigué, curieux, et bizarrement, une pointe d'admiration brillait dans ses yeux…