Hey, voici un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira !
(Oui, je le répète, mes chapitres sont courts et j'en suis désolée, mais j'ai mes raisons !)
Une nouvelle journée était passée. Une nouvelle longue et dure journée. Harry était terriblement pressé. Sans réellement savoir pourquoi. Il rêvait de monter dans son dortoir et de lire toutes les lettres de Draco. Il rêvait de connaître plus. Il était dans le dortoir de Ron avec Hermione. Mais il ne portait absolument aucun intérêt à la conversation de ses amis. La seule chose qui l'obsédait était ces lettres. Quant à Ron, il regardait sa petite amie parler avec énergie du dernier cours de potion d'un air complètement blasé. Habituellement, il pouvait regarder son ami. Il pouvait s'échanger tous les deux un regard complice. Un regard qui voulait tout dire sur la jeune fille. Mais ce soir là, Harry se contentait de fixer le sol dans la seule attente de pouvoir retourner dans son dortoir.
- Harry, commença finalement Ron, « tu as l'air bizarre en ce moment…
Le brun cligna des yeux avant de plonger son regard dans celui de son ami.
- Je suis vraiment fatigué, je pense que je ne vais pas tarde à aller me coucher…
Hermione et Ron se lancèrent un regard troublé.
-D'accord, commença la jeune fille, bonne nuit, Harry…
Le brun sourit légèrement à ses deux amis avant de se lever et de retourner dans son dortoir. Enfin. Il alla directement s'assoir face à son bureau et déplia lentement une nouvelle lettre.
« 5 juin 1996, 18 :30
Aujourd'hui c'est mon anniversaire. J'ai 16 ans. A ce qu'il paraît, chez les modlus, ça se fête. Pourquoi est-ce que j'ai mal ? J'ai l'impression d'avoir gâché 16 longues années. J'ai l'impression que tous ses jours, toutes ses heures, ses secondes de mon existence n'importent personne. Pourquoi à chacun de mes anniversaires j'ai si mal ? Est-ce réellement possible de vivre sans ressentir quoi que ce soit ? Est-ce possible d'être un simple pion sur un jeu d'échec ? Apparemment oui… Un pion. On m'utilise comme protection et lorsqu'on m'aura supprimé, ça n'importera personne. Est-ce de ma faute ? Probablement. Est-ce que je me mens ? Sûrement. Si on me considère comme un simple pion, pourquoi parle-t-on de vie, ou même de mort ? On ne tue pas un pion. On le supprime. On le jette négligemment dans un coin de la pièce, agacé par sa défaite. Et si je n'étais pas ce que les autres essaient de me faire croire que je suis ? Si j'étais moi aussi humain ? Et pourquoi est-ce que je me plains au juste ? Je n'ai pas encore ma marque. Même si ça ne saurait tarder. J'ai déjà 16 ans, depuis 18 heures et 30 minutes. Ma liberté n'est plus qu'une question de mois, ou même de jours. Je l'aime toujours… Peut-on réellement faire une croix sur la personne que l'on aime sans que cela nous hante ? J'ai peur. Et je regrette. Je suis anormal. Pourquoi est-ce que je n'arrive même pas à écrire ce qu'il est en train de m'arriver ? Même le fait d'avoir ma marque dans peu de temps est bien plus facile à exprimer que ça. »
Harry stoppa sa lecture quelques secondes, un horrible poids dans le cœur. Draco avait eu 16 ans et personne ne lui avait souhaité son anniversaire. Le brun savait ce que cela représentait d'être délaissé. Lui non plus n'avais jamais eu le droit à une fête d'anniversaire pendant 11 ans. Mais désormais, il avait enfin eu la joie d'avoir de vrais amis, de vrais proches… Comment est-ce que quelqu'un ne pouvait pas connaître ça ? Mais le pire était cette histoire de marque… Harry c'était toujours douté que Lucius n'était pas quelqu'un de très confiant. Mais il venait désormais de découvrir que celui-ci était aux services de l'homme qui avait tué ses parents… Et Draco allait bientôt en faire partie. Il ne pouvait pas laisser faire ça… Mais avouer au blond qu'il avait lu ses lettres serait comme signer son arrêt de mort. Il serait fou de rage… Harry était dans une impasse. Il continua à lire la lettre, complètement abasourdi…
« Je pense que je vais y arriver. C'est tellement ridicule… Bon. Je crois que j'aime les hommes… Voilà, c'est écrit. Je ne crois pas, j'en suis même sûr… J'ai eu beau coucher avec presque toutes les filles de Serpentard, aucune ne m'a réellement excité. Il n'y a que lui… Il m'attire. Je n'arrive pas à m'empêcher de glisser mon regard sur lui lorsqu'il ne me regarde pas. »
Wow, wow, wow, wow. Pardon ? Draco Malfoy était-il vraiment l'auteur de ces lettres ? Impossible. Etait-ce une blague de mauvais goût que Dumbledore aurait organisé afin d'apprendre à Harry qu'être rancunier et curieux était mal ? Sûrement pas. Non, Draco Malfoy était bien gay… Tout comme Harry. Et en plus de ça, Draco Malfoy était amoureux… Par Merlin, de qui ?! Le brun brûlait d'envie de le savoir. Il était réellement devenu accroc aux lettres du blond… Il continua à nouveau sa lecture.
« Est-ce qu'un jour il comprendra ? Bien sûr que non, Draco. Tu as vu la façon dont tu agis avec lui ? Je suis un abruti. Un parfait crétin. Un petit gosse de riche qui ne veut pas céder au rôle qu'il joue. Je l'aime. Et bordel, qu'est-ce que je suis con. J'aimerais qu'il comprenne. J'aimerais qu'il sache que toutes ses humiliations n'ont qu'un seul but –et non celui de lui faire du mal-, mais simplement celui de me rapprocher de lui. Celui d'avoir droit à un simple regard, aussi haineux soit-il. A une simple parole, aussi méchante soit-elle. Celui d'avoir droit à une simple attention.
Je me sens bête… »
Fin du courrier… Harry resta perplexe… Toutes ses humiliations ? Et si… Non. Bien sûr que non. Draco Malfoy ne pouvait pas être amoureux de lui. Ils se détestaient depuis maintenant presque 6 ans. Même si Harry commençait à ne plus réussir à ressentir de la haine envers le jeune homme… Mais le blond n'avait pas humilié qu'Harry depuis son arrivée à Poudlard. Il devait sûrement parler de quelqu'un d'autre… Bizarrement, une vague de déception traversa le cœur d'Harry lorsqu'il pût penser que le jeune homme au regard acier pouvait aimer un homme autre que lui. Bien sûr que non, il n'était pas amoureux de Draco. Mais toutes ses découvertes commençaient à le rendre un peu plus unique… Il était sûrement le seul à connaître tout ça et Harry se trouvait privilégié de connaître la vie si inaccessible du Serpentard. Il était le seul à avoir réussi à creuser plus loin en dessous de la moue arrogante de Draco Malfoy. Et il avait beau penser tout ce qu'il voulait à propos de lui, il était désormais l'unique personne qui pouvait l'atteindre.
