Chapitre 3
Naomi tira sur le cordage utile à tendre la voile et fit un nœud. Jack observait son travail, tenant les barres de la proue, comme s'il espérait trouver un problème dans sa façon de procéder. Il leva le doigt à plusieurs reprises en prenant une inspiration, avant de s'abstenir d'intervenir. Il ne trouvait pas quoi critiquer.
Je jetai mon eau sale par-dessus bord et marchât vers Naomi pour lui souhaiter la bienvenue avec un accueil que je n'avais pas encore eu la chance de lui offrir, car après tout, je n'avais pas terminé le lavage du pont.
- Salut! Naomi, c'est ça?
- Ouais. Toi?
- Je m'appelle Catherine, enchantée!
Naomi tourna la tête vers Jack qui tenait toujours la proue mais qui regardait maintenant ailleurs, en buvant de sa bouteille de rhum :
- Il boit toujours comme ça?
- Oui. Il est vrai qu'il est dur de boire plus que Jack, mais tu ne me diras quand même pas que tu ne savais pas que tous les pirates avaient un côté ivrogne?
- Bin oui, j'connais ça. Sur mon ancien bateau, personne n'était sobre mais il reste que votre capitaine à l'air d'abuser un peu plus que les autres, c'est tout.
Un sourire de réconfort se dessina sur mes traits :
- Eh bien maintenant, j'suis navrée de t'apprendre que c'est ton capitaine a toué aussi!
Je jetai le chiffon sal que j'avais utilisé pour nettoyer dans le fond de mon saut et faussa compagnie à Naomi pour me diriger vers l'intérieur du bateau. Je me retournai avant d'entrer par la porte qui y menait : Naomi avait repris son travail. Elle tirait les cordes et les nouait une par une à la coque. Cette fille : Elle se donnait vraiment à l'ouvrage. J'espère que Jack Sparrow ne regrette pas le marché qu'il avait fait avec Will Turner, ou plutôt Naomi elle-même, puisqu'elle était une pièce vraiment importante sur un échiquier... ou plutôt sur un jeu de battleship.
-Ca existait po dans ce temps-là.
Toi, ta gueule!
J'étais dans la salle de cuisine, seule. Je devais faire le repas au vingt matelots. Bon, comme je ne savais pas cuisiner, je mis n'importe quoi qui se mange dans le chaudron.
J'éteignis le feu et, sous la lueur des lanternes, transvida la substance brune, gluante et pulpeuse du chaudron aux vingt assiettes encerclant la table. Au moins, si c'est immangeable, ils auront du rhum... Après tout, pourquoi n'aimeraient-il pas ma popote? J'y ai mis de la viande!
Soudain, les portes s'ouvrirent et le flot de pirates entra. Sans attendre d'invitation, ils se poussèrent tous pour se décruster une place autour de la table. Jack Sparrow entra s'asseoir en dernier à sa chaise au bout de la table. Tous les hommes s'attaquaient déjà au repas alors que Naomi elle, s'était arrêtée à côté de moi :
- Tu peux retirer mon couvercle, j'ai pas faim.
Ce qui fut dit fut fait, j'approchai de la table et retira l'assiette de trop en murmurant :
- Tu fais bien. C'est indigeste.
-Justement, je m'en doutais. C'est pour ça que j'ai pas faim.
Après un temps, n'ayant même pas entamé le tiers de son assiette, Jack Sparrow recula sa chaise, émettant un atroce bruit, et essuyant son menton avec une serviette :
- Je crois que pour ce repas, tu mériterais la planche.
Venant de lui c'était un compliment ou une menace? La réponse à ma question était évidente... Le capitaine se leva et s'empara d'une pomme dans le panier au milieu de table avant de nous lancer un sourire agaçant. Finalement, il sortit de la pièce en mordant dans le fruit à pleine dent pour rejoindre son poste.
- Alors le prochain coup, je vais t'aider à faire la cuisine! Déclara Naomi
Je ria jaune en me grattant la nuque. Ce ne serait pas une mauvaise idée. Je reposai mon regard sur les autres pirates. Ils ne semblaient pas difficiles; ils s'empiffraient comme s'il n'avait pas mangé depuis un siècle.
Tout à coup, Un coup de canon puis un « CRAC » se fit entendre. Je sursautai. Qu'est-ce-que Jack venait encore de faire? Par réaction, Naomi se rua dehors pour voir ce qui se passait en sortant son sabre de son étui. Les autres pirates lâchèrent leurs assiettes et firent de même. Un autre bruit de canon retenti. La situation était claire : nous nous faisions attaquer.
La sirène qui décorait le nez du bateau avait carrément été arrachée par un boulet de canon. Si la bataille se continuait ainsi, notre bateau allait couler.
Soudain, Il y eu un léger tremblement sur le navire : l'ennemi venait d'aborder notre bateau.
Une invasion d'homme mit le pied sur notre bateau... César l'homme qui parlait au chien en faisait partie. Les deux équipages se battant au son des chocs des épées m'assourdissaient complètement. J'ignorais complètement ou donner de la tête.
Pendant que tout le monde se battait, Jack tenta de filer en douce. Un homme l'empêcha de passer : C'était le capitaine du navire adverse. Jack sortit son sabre de son étui et bloqua tous les coups que l'homme assaillait sur lui pour finalement, planter sans difficulté la lame de son épée dans le cœur du capitaine du navire adverse qui s'effondra sur le sol. Affichant un air de dégoût à la vue du sang, il balbutia :
- C'était trop facile...
Un bouquin était tombé de la poche du manteau de l'homme qu'il venait d'éliminer. Curieux, Jack le ramassa en pinçant la couverture entre son pouce et son index. « La légende de l'hybride des mers » : Déjà, le titre sonnait accrocheur à ses yeux.
Autour de lui, tout le monde se battait au sang. Lui, ignorant complétement les cris de douleurs, ouvrit le livre et commençât la lecture du manuscrit.
