Part 2

Dan n'avait pas remarqué la présence de Tom avant que ce dernier ne vienne se pencher sur son épaule. Il sursauta quand la voix de Tom murmura bruyamment près de son oreille.

« …attrapa le sexe de Potter plus fermement, comme il l'aurait fait pour lui-même, et laissa traîner son doigt tout le long, avant de revenir poser, à nouveau, son pouce sur la pointe- »

Dan poussa un cri perçant and poussa Tom loin de lui, non sans avoir au préalable envoyer valser la tablette hors du lit.

Tom laissa échapper un petit cri plutôt lâche et se jeta sur l'appareil. Une fois sa tablette saine et sauve dans ses mains, il se retourna vers Dan et lui envoya le regard le plus noir qu'il avait en réserve, tenant sa tablette tout contre sa poitrine.

« Pourquoi as-tu fait ça ? » demanda-t-il.

Dan regarda ailleurs. « Parce que tu m'as fait peur ! »

Tom roula des yeux.

« Et puis, de toute façon… » continua Dan, le cœur battant. « C'est quoi ce putain de truc écoeurant que tu lis, de tout façon ? »

« Je croyais qu'on avait déjà parlé de ça, qu'on était passé au-dessus… » murmura Tom. Il traversa la pièce, posa sa tablette numérique sur son ordinateur, posé sur son bureau, en sécurité le plus loin possible de Dan. « Tu fais beaucoup d'histoires pour pas grand chose. »

« Pas grand chose ? Je ne crois pas que ce que je viens de lire convienne au terme de 'pas grand chose', Felton. »

Tom fit une pause, puis reprit la parole : « C'est sûr que tu y es entré d'un coup, si tu avais tout lu ce serait différent. Tu ne peux pas te faire une idée en rentrant dans le vif du sujet d'un coup… »

« Va te faire foutre, Tom ! » explosa Daniel.

Avant que Tom ne puisse le retenir, Dan sauta hors du lit et claqua la porte de la chambre. Il ignora les appels de Tom lui disant d'attendre, attrapa son manteau et sorti de la maison en claquant la porte. Fulminant, il attrapa ses clés dans sa poche de jean et courut vers sa voiture.

'C'est un putain d'idiot' pensa Daniel en colère. Il ouvrit la portière de la voiture et se laissa glisser à l'intérieur. Il boucla sa ceinture et démarra le moteur.

Dan ignora les appels de Tom pendant trois jours avant qu'il ne décide d'arrêter d'être un connard et de le rappeler. Il s'en était voulu environ deux heures après avoir claqué la porte de la maison de Tom et d'avoir peut-être réagit excessivement. Bon, en fait, il avait totalement réagit de manière excessive. Qui était Dan pour dire à Tom ce qu'il avait le droit, ou pas le droit, de lire ? Même s'il trouvait les intérêts littéraires de Tom atroces, qu'il avait un sérieux problème au cerveau, il n'avait aucune raison de s'en prendre comme ça à lui et de réagir comme il avait réagit.

Il ne comprenait pas vraiment en quoi le fait que Tom lise du Drarry le gênait beaucoup, mais c'était le cas. Ça le rendait vraiment mal à l'aise, d'autant plus que, même s'il ne l'avait jamais dit à Tom, il se sentait concerné –il fallait s'y attendre après avoir jouer sept ans le personnage d'Harry Potter.

Il arriva enfin à la conclusion qu'il serait stupide de perdre son meilleur ami tout simplement parce qu'ils n'étaient pas d'accord sur quelque chose d'aussi ridicule qu'une simple fiction. Dan, trouvant finalement le courage au fond de lui, appela Tom. Il décrocha au bout de la cinquième sonnerie seulement.

« Je suis vraiment désolé. » déclara Dan, immédiatement.

« Branleur. »

Il se dit à ce moment que c'est la seule preuve de pardon qu'il recevrait de la part du blond.

Le jour de l'anniversaire du Rupert avançait au même rythme que la fin de l'été approchait. Daniel s'était réveillé à dix heures du matin, le 1er Septembre et fut énormément reconnaissant d'avoir des cours particuliers à domicile.

À midi, Tom arriva les bras chargés de nourriture chinoise, et son ordinateur portable en bandoulière. Ils s'installèrent dans la chambre de Dan –qui était beaucoup mieux rangée et plus propre que celle de Tom- et s'installèrent sur le tapis, au sol, leurs ordinateurs ouverts devant eux.

« Tu bosses quoi ? » lui demanda Tom.

« Le rapport de Chem »

Tom grimaça et se reconcentra sur son propre écran. Après dix minutes, Tom commença à taper sur le clavier. Au bout de vingt minutes, il était toujours en train de taper avidement.

« Et toi ? Tu fais quoi ? » lui demanda finalement Dan, la curiosité l'emportant. « Tes devoirs ? »

Tom grogna. « Pas vraiment » répondit-il. « J'écris. »

Ce fut au tour de Dan de grogner. « Evidemment que tu écris. Tu écris quoi ? »

Tom le regarda du coin de l'œil. Ses doigts flottaient au-dessus des touches avec hésitation, puis il retira ses mains et les posa sur ses jambes repliées. Tom semblait considérer sa réponse, il ne voulait pas répondre trop brusquement. Puis, il haussa les épaules et finalement lui répondit. « Fanfiction. »

Dan failli s'étrangler. Il aurait dû s'en douter ! Tom avait déjà renoncé à son âme après tout, alors une fois qu'on est déjà en enfer, on s'en fiche de creuser un peu plus et de s'enfoncer dans les ténèbres.

Tom ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais Dan leva la main pour l'en empêcher. « Non, ne me dis pas. Je ne veux rien savoir. »

Tom lui donna un coup de coude amical dans les côtes. « T'es un crétin. J'avais besoin de te poser une question de toute manière. »

Se frottant doucement les côtes, Dan lui lança un regard méfiant. « Oui ? »

« Tu connais le caractère d'Harry mieux que personne Daniel, non ? »

« Je suppose » répondit Dan, sa méfiance augmentant petit à petit.

Tom ignora le regard soupçonneux de son ami. « Dis-moi, si Draco, tout à coup, embrassait Harry. Comment réagirait Harry ? »

Daniel le regarda fixement. « Tu ne veux pas que je réponde à ça, crois-moi » dit-il faiblement.

« Pourquoi pas ? »

« Pour commencer, jamais Draco Malfoy ne pourrait- »

« C'est moi qui joue Draco Malfoy depuis six ans et demi, alors, je pense que je sais plus que quiconque si oui ou non, il est capable d'embrasser ce foutu Harry Potter »

« En est-il capable ? » râla Dan.

Tom souri narquoisement. « Très certainement. »

Daniel laissa tomber sa tête dans ses mains et gémit. « Tu es fou. »

« Je sais » déclara Tom, faisant comme s'il était naturellement en train d'accepter un gentil compliment. Il déplia ses jambes jusqu'à ce qu'elles soient tendues devant lui et demanda à nouveau : « Alors ? »

Dan croisa les bras. « Et comment suis-je supposé connaître sa réaction ? »

« Utilise ton imagination » râla Tom. Il se redressa et regarda Dan d'un œil critique. « Imagine. Harry et Draco se disputent dans un couloir vide après le couvre-feu. Imagine que d'une chose en entraînant une autre Draco agresse verbalement Harry. Ce dernier se met en colère, et agissant comme la brute qu'il est, pousse violemment Draco contre le mur. Les deux luttent un moment pour dominer l'autre et Draco l'embrasse, réclamant que l'autre réponde au baiser. Comment Harry réagirait ? »

Pour être honnête, Daniel n'avait pas de mots. Il continua à scruter Tom, incapable de faire quoique ce soit d'autre. Finalement, Tom roula des yeux et soupira.

« Tu veux une démonstration ? »

Dan n'eut pas vraiment le temps de réagir à la fin des paroles de Tom. Le tapis sous lui semblait être devenu de la colle et le choc que Tom venait de faire subir gela la partie supérieure de son corps, y comprit son cerveau, comme s'il était entièrement devenu du plomb. Il avait vaguement conscience que Tom se plaçait sur lui, approchant son visage près du sien. Il pouvait même sentir son souffle chaud, l'odeur du riz et du porc frit sur sa langue, et apercevoir les traits gris finement présents dans ses grands yeux bleus.

Il n'y avait plus aucune hésitation que Tom l'embrassait quand il sentit les fines lèvres sèches se presser contre les siennes –et si c'était une hallucination il pouvait quand même les sentir présente. La tension dans l'air de la chambre était à son comble au fur et à mesure que Tom pressait sur les lèvres du brun, plus fort. Puis, Dan manqua d'air quand Tom prit courageusement la lèvre supérieure de Dan entre ses propres lèvres.

Il saisi la main de Tom qui s'était collée sur sa joue et l'éloigna. Quand il pu enfin se déplacer, son corps réagit à l'instinct.

Il frappa Tom.

Au visage.

Violemment.

Le coup envoya Tom valser, il s'écrasa sur l'arrière du tapis, le dos appuyé contre et ses jambes tendues se séparèrent dans un angle inconfortable. Dan le regarda lever une main versa sa joue, constatant les dégâts.

Puis, le regard de Tom se posa sur Dan, et la pièce semblait être glaciale à nouveau.

« Eh bien… » dit Tom après ce qu'il semblait des heures. « C'est à peu près la réaction que j'imaginais aussi. »

Dan fit usage de tout son self-control pour ne pas sauter sur Tom et le frapper à nouveau.

« Va te faire foutre » cracha-t-il. Il se remit sur ses pieds avec hâte, et s'y reprit à deux fois. Une fois debout, ses jambes tremblantes ne semblaient plus capable de supporter le poids de son corps, il se précipita vers son lit, attrapa son pull et se tourna avant de quitter la pièce. »

Comment Tom pouvait-il fait ça ? Dan secoua la tête pour effacer les images qui dansaient devant ses yeux et serra les poings. Pour avoir eu le courage de l'embrasser, et lui balancer que c'était pour étayer une foutue théorie ! Se jouer de lui comme ça… Comme une putain d'expérience…

Il secoua la tête à nouveau. Tom avait été trop loin, putain. Il allait toujours putain de trop loin !

Le cri de son nom le fit revenir à la réalité et il fit une pause pendant une seconde. Il parla, de la voix la plus froide qu'il avait en réserve (pas que c'était très difficile à faire non plus) : « S'il te plait, soit parti avant que je revienne. » Puis, il franchi rapidement la distance entre lui et la porte –qu'il claqua, évidemment- et se précipita hors de la maison.

Comme chaque fois qu'il était en colère, il décida d'ailler faire un tour en voiture, histoire de se changer les idées. Daniel ouvrit la voiture, s'y installa et claqua la portière si fort qu'il se demanda s'il ne l'avait pas abîmée. Il sortit de son allée et se dirigea vers nulle part. Le plan était simple : rouler sans destination autour de la ville pendant quelques heures histoire de calmer sa colère.

Il n'avait pas prévu de prendre cette direction, ces allées sombres mais il l'avait fait et le ciel commençait à s'assombrir, et son niveau d'essence frôlait le zéro. Il s'inquiétait même d'en avoir assez pour se rendre à la prochaine station avant qu'elle ne s'épuise totalement et qu'il se retrouve là, comme un idiot, à devoir pousser sa voiture.

Quand il rentra chez lui, il fut accueillit par son environnement calme qu'il chérissait tant. Péniblement, il jeta un regard dans sa chambre et découvrit que Tom avait prit ses affaires et était partit.

Soupirant, parce qu'au fond Daniel ne savait pas s'il était soulagé ou déçu que Tom ne soit parti, il retira ses chaussures et entra péniblement à l'intérieur. Il attrapa une petite serviette dans l'armoire et se rendit dans la salle de bain, se laver le visage.

Quand il eut terminé, il regarda son reflet dans le miroir humide avant de secouer la tête. Il ouvrit le placard, et attrapa sa brosse à dents et son dentifrice. Peut-être, pensait-il avec ennui, qu'un bon brossage réussirait à faire ce que son tour en voiture n'avait pas réussi : lui retirer la sensation des lèvres de Tom sur les siennes.

Dan appliqua une quantité généreuse de dentifrice sur sa brosse à dents qu'il porta à ses lèvres, puis il se mit à brosser vigoureusement.


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