Part 6

Quand la chanson se termina, Dan soupira presque de soulagement. Sans le rythme et les paroles provocantes, ou encore la pulsation du corps de Tom contre le sien, alors il avait une chance de reprendre contenance. Et peut-être n'allait-il finalement pas sauter sur Tom au milieu de la piste de danse, ou faire autre chose tout aussi humiliant.

Dan ne savait pas ce qu'il se passait. Vu la manière dont Tom avait agit en vers lui alors, il semblait assez affectueux. Il semblait même essayer de séduire Dan. Et aussi palpitante que soit cette pensée, Dan ne pouvait pas y croire. Après tout, Tom n'était-il pas hétérosexuel ? Ou du moins c'est ce que Dan croyait, avant le « baiser désastreux » qu'ils avaient partagés. Et quand ils se reparlèrent, Tom n'avait jamais semblé vraiment intéressé par Dan. En fait, il lui avait semblé vouloir mettre « l'incident » aux oubliettes, presque autant que Dan le voulait.

Daniel savait qu'il aimait Tom, et c'était quelque chose qu'il avait totalement accepté. Il était gay, ou du moins bi, et en effet, il avait le béguin pour son meilleur ami, un énorme béguin. Mais, Tom n'avait pas eu de révélation similaire ou du moins n'avait rien laissé paraître.

Alors que Tom continuait à l'entraîner plus loin dans la foule, une partie de lui exigeait de savoir si Tom jouait. Mais, il garda cette partie silencieuse, trop peur que Tom se mette en colère et que la toute petite chance qu'il avait s'évanouisse, il décida d'observer.

La prochaine chanson commença et ils s'arrêtèrent. Tom tira Dan contre lui, si près que leurs torses se touchèrent, et ils amorcèrent un balancement sur le tempo de la musique.

« Closer » de Nine Inch Nails. Magnifique.

Dan déglutit et tenta de se détendre, en vain. Son esprit était tourmenté par un million de questions et il s'attardait sur chaque petit détail.

Ils se balancèrent un moment, jusqu'à ce que Tom, visiblement contrarié, lui donne un coup de poing sur l'épaule, douloureusement, et lui exigea d'arrêter de penser si fort parce qu'il lui filait la migraine.

« Désolé » murmura Dan, sachant que ce ne serait pas si facile que ça.

Tom sembla lire dans ses pensées, alors, il passa ses bras autour de la taille de Dan, jusqu'à ses hanches et descendit sur ses fesses.

Rien qu'en faisant ça, toutes les pensées de Dan s'étaient évaporées. Daniel siffla et poussa ses hanches vers l'avant, sans pouvoir le contrôler, et Tom serra ses fesses plus fort.

« Voilà ! ». Tom se pencha et effleura de ses lèvres le cou de Dan. « Arrête de penser, Daniel. Occupe toi juste de ce que tu ressens. On peut arrêter de penser et parler plus tard. »

Et Dan savait que ce n'était pas bien de faire comme ça, mais Tom colla leurs aines ensemble, et Dan aurait pu accepter n'importe quoi à ce moment précis, juste pour le refaire encore et encore.

C'était comme si son état léthargique était parti, tel un interrupteur qu'on enclenche. Il pouvait à nouveau entendre la musique, les paroles charnelles et voluptueuses, sur une lente cadence. Il prit connaissances des dizaines de corps qui dansaient autour d'eux. Il pouvait sentir la chaleur qui se dégageait du corps de Tom, la dureté de sa poitrine serrée contre la sienne, ses mains appuyées fortement au niveau de ses reins et le mouvement de leurs corps. Dan les rapprocha encore plus, passant ses bras autour du cou de Tom, se penchant vers l'avant, posant son menton sur l'épaule de Tom. Son souffle s'écrasait contre le cou de Tom et il prit la parole.

« Je veux te baiser comme un animal. Je veux te sentir de l'intérieur. Je veux te baiser comme un animal. Ton existence est imparfaite – tu me rapproches de Dieu. »

Dan voulait Tom. Il voulait Tom comme il n'avait jamais voulu quelqu'un dans sa vie. Il retira un de ses bras et se recula un petit peu, regardant Tom droit dans les yeux, tandis qu'ils dansaient langoureusement.

'Je suis prêt' essaya de lui dire Dan, sans prononcer la moindre parole, d'ailleurs il n'aurait jamais pu prononcer ça. 'Si tu es sérieux, je suis putain de prêt.'

Tom semblait avoir comprit ce que Dan lui disait, car il retira une de ses mains –autrefois situées sur le postérieur de Dan- et la passa autour de son poignet, l'entraînant loin de la foule. Dan ne prit pas la peine de regarder si des gens les avaient vu partir ensemble. Il s'en fichait.

Son cœur battait violemment tandis qu'il suivait Tom dans le couloir, dans une des chambres vides. Il se laissa pousser contre la porte et fut recouvert complètement par le corps de Tom.

« Seigneur, Daniel ! » grogna Tom, et enfin, enfin, il captura les lèvres de Dan dans un baiser brûlant.

Daniel n'avait jamais rien ressentit de tel. À chaque pression de leurs lèvres, chaque fois que leurs langues passaient l'une contre l'autre, chaque souffle impatient, il tombait dans un gouffre dans lequel il savait qu'il ne ressortirait jamais. Et, il ne voulait pas en sortir parce que dans ce gouffre, il y avait Tom, sa bouche chaude et sensuelle, ses doigts torturants, et ses hanches qu'il poussait vers l'avant.

Tom cala son genou en avant, et Dan se colla encore plus, broyant la jambe de Tom entre les siennes. La sensation de la langue de Tom sur sa gorge, de ses doigts sur sa hanche nue, de son genou sur son érection, s'en était presque trop et Dan le repoussa doucement, secouant la tête.

« Lit » murmura-t-il d'une voix rauque, et il ne se plaignit pas du fait que Tom le malmenait, l'entrainant à l'autre bout de la pièce et, le blond le jeta sur le lit. Il se plaça à califourchon sur Dan, et ce dernier plongea dans le regard couleur argent.

« T-shirts. Off. Now. » grogna Tom. Puis, il remonta ses genoux et déchira sa robe sans tact, et l'envoya valser sur le sol. (Nda: Ici, j'ai laissé en anglais car c'est assez compréhensible et en français ça ne collait pas avec la remarque que fait Dan après. Ça donne : T-shirts. Enlever. Maintenant. Or, il doit parler en monosyllabes, donc ça ne collait pas.)

Dan aurait pu rire de l'incapacité apparente pour Tom de construire des mots de plus d'une syllabe s'il avait un iota de confiance en lui. Il se contenta d'un sourire ironique et déboutonna sa blouse, puis finalement, finit par l'arracher.

Tom se plaça à nouveau sur lui, le faisant atterrir brutalement sur le lit, c'était comme si leur peau avait fusionné. Ils s'embrassèrent derechef, ils gémissaient, s'embrassaient, leurs langues se découvraient, se déshabillant promptement. Dan n'avait pas eu le temps de penser avant de sentir son sexe à l'air libre, libéré de sa prison de tissu, dur comme la pierre. Il distinguait des gouttes pré-éjaculatoires qui s'en échappaient.

« Putain » déclara Tom, tout en reprenant sa respiration et sans quitter des yeux la verge de Daniel.

Ce dernier aurait été embarrassé s'il n'avait pas été occupé à regarder le pénis généreux couleur miel de Tom –qui contrastait entre la pilosité blonde et la peau blanche de Tom.

Il gémit à la vue des vibrations du sexe de Tom, il semblait hors de lui et encore une fois il amorça un mouvement. Il attrapa la main de Dan et la posa sur son érection, puis s'avança pour capturer celle de Dan dans sa propre main.

Tout ce qui suivit ce moment était flou. C'était comme une brume de baisers, de va-et-vient de plus en plus rapide, de mouvements atrocement maladroits, et de gémissements qui reflétaient leur état d'excitation. Le silence était brisé par un chant de « oh mon Dieu ! » et « je t'en pris, ne t'arrête pas ! » venant des deux protagonistes.

Puis, soudainement, Dan se libéra, éjaculant sur la main de Tom, tremblant tellement qu'il cru en mourir. Il se pencha et embrassa Tom, faisant glisser sa langue sur la lèvre inférieure du blond tandis que ce dernier se libérait à son tour, son sperme se répandant sur la main du brun. Les deux amants se retrouvaient avec l'essence du plaisir de l'autre sur leurs mains.

Ils tombèrent tous les deux sur le lit, haletant, se serrant l'un contre l'autre et partageant des baisers tantôt passionnés tantôt langoureux. Puis, ils trouvèrent le sommeil.

Quand Dan se réveilla il pu apercevoir les premiers rayons du soleil à travers les rideaux. Tom était collé contre son dos, ses bras lui entourant la taille, comme s'il avait voulu le retenir toute la nuit.

« 'Jour, Daniel » chuchota-il dans son oreille. Dan se déplaça et se tourna, afin de se trouver face à face avec Tom –comme si c'était la chose la plus naturelle au monde et qu'il avait été dans ce lit, tous les matins depuis des lustres. Il avait retiré ses lentilles et Tom avait retrouvé sa couleur bleue étincelante et grise au milieu que Daniel adorait tant.

Dan prit également note que ses mains n'étaient plus poisseuses, et que son pantalon lui avait été retiré. Il bougea son pied, faisant sourire Tom, et découvrit que ses bottes avaient également disparues.

« Bonjour » lui dit-il, se reculant afin de ne pas lui faire sentir sa mauvaise haleine matinale.

Tom approcha Dan vers lui, le colla contre son torse, jusqu'à ce que sa tête soit logée dans le creux de son cou, et ses lèvres refermant sa mauvaise haleine loin de la bouche de Tom. Il ferma les yeux en sentant les lèvres du blond se poser contre son front.

Ils restèrent ainsi pendant ce qui sembla une éternité pour Dan, puis il finit par soupirer, sachant qu'il fallait qu'ils arrangent les choses, qu'ils en discutent. Enfin, il se redressa.

« Tom » lança-t-il.

Tom le fit taire.

« Tu as la fâcheuse tendance de penser beaucoup et de mettre trois plombes pour arriver aux conclusions les plus simples, alors je vais t'aider. Tu m'aimes bien. Beaucoup. Tu veux être sûr que ce n'est pas juste un jeu ou une expérience pour moi, eh bien ce n'en est pas une. Je suis fou de toi depuis des années mais tu es trop stupide pour l'avoir remarqué. Nous avons eu des préliminaires spectaculaire hier soir, et nous allons tous les deux le refaire encore et encore, dès l'instant où on franchira la porte de chez moi, ou de chez toi. Et on le fera probablement pour le reste de notre vie, jusqu'à ce qu'on soit tous les deux trop vieux pour bander. C'est compris ? »

Daniel le regarda, stupéfait.

Tom hocha la tête avec satisfaction. Il se pencha vers Dan et déposa un baiser rapide sur ses lèvres, puis il sauta hors du lit.

« Bon ? » demanda-t-il un instant plus tard. « On rentre chez moi et on s'envoie en l'air comme des bêtes ou on reste là à attendre ? »

Dan tomba du lit, trébucha à moitié sur ses bottes, trop pressé de suivre Tom.

Et ils n'en reparlèrent plus jamais.


Voili voilou... Je suis moi-même triste qu'elle se termine au prochain chapitre parce que c'est ma fic Feltcliffe préférée :/ ... Bref, ça vous a plu ? =)