Désolé pour le retard, j'ai été très occupée ces derniers temps.. Merci pour vos reviews ça m'a fait extrêmement plaisir ! Je sais que je vais en décevoir certaines avec cette suite, parce qu'elle est bâclée et un peu rapide .. Mais ça ne veut pas dire qu'on enterrent les antagonismes..

« Tout va bien Mrs Pomfresh je vous le promets. Je me sens beaucoup moins fatiguée ces jours-ci » répondit sagement Ginny

Cela faisait quelques semaines maintenant que le professeur se pliait à des visites médicales hebdomadaires sans broncher à l'issue desquelles, l'infirmière lui confiait que son état s'améliorait et que bientôt la jeune fille pourrait envisager d'enfourcher à nouveau son balais –à condition de ne pas trop en faire évidemment.

« C'est vrai que vous avez meilleure mine ces derniers jours Miss Weasley » confirma Mrs Pomfresh

« Je peux donc voler à nouveau ? »

« Bien sûr que non Miss Weasley, vous êtes censée ne pas toucher un balais avant au moins des mois, j'essaie d'accélérer la procédure pour vous, mais un retour sur les terrains précipité serait contre-productif, et réduirait votre guérison à néant »

Ginny s'attendait à cette réponse, à chaque fois, l'infirmière répondait inlassablement que certes, la jeune femme récupérait à vue d'œil, mais que ce n'était pas suffisant pour reprendre l'entraînement, pourtant, cela ne l'empêchait pas de ressentir à chaque fois une pointe dans le cœur. Elle avala sa potion, enfila son corset, et se rendit dans la grande salle pour le petit déjeuner le cœur lourd. Ce n'est pas qu'elle s'ennuyait à Poudlard, mais arpenter quotidiennement les mêmes couloirs lui donnait l'impression d'étouffer. Elle prit place à la table des professeurs où un hibou grand-duc manqua de renverser son jus de citrouille en voulant lui apporter le nouveau numéro de La Gazette. Ginny s'en empara, la main tremblante, en pressentant qu'elle n'allait rien lire de bon.

« En exclusivité, La Gazette vous révèle le nom de la nouvelle attrapeuse des Harpies Hollyhead, après des mois d'une sélection rude et intense, une source de confiance dont nous souhaitons garantir l'anonymat, a déclaré la veille à nos reporteur que le choix s'était enfin porté sur Rose Mc Douglas… »

Ginny gémit. Rose Mc Douglas détenait un palmarès impressionnant et des aptitudes en vol époustouflants. La jeune femme s'arrêta sur le sourire éblouissant de la nouvelle attrapeuse. Elle suintait la réussite, la confiance en soi. Ginny eu envie de vomir. Sa propre impuissance la dégoutait. Elle avait l'impression de vivre au ralentit ici, alors que le monde en dehors, tournait de façon chaotique. Il fallait qu'elle réagisse. Il fallait qu'elle s'approprie le temps à nouveau, qu'elle le fasse sien. Cela faisait quelques semaines qu'elle se contentait de se laisser vivre, de se laisser flotter dans la bulle de morosité qu'elle s'était composée. De rage, la jeune femme partit en trombe de la grande salle, et se rendit presque machinalement sur le terrain de Quidditch, en coupant par sa chambre pour récupérer son balai qui n'avait jamais quitté son alcôve.

Elle enfourna celui-ci et s'élança dans les airs. Le vent fouetta agréablement son visage et ses soucis commencèrent à se déliter avec l'altitude. Elle effectua quelques loopings et lorsqu'elle voulut redescendre, son balai s'ébroua de manière incontrôlée. Elle n'arrivait plus à soumettre son balai, et celui-ci, déchainé, volait inexorablement vers le sol. Elle n'arrivait pas à freiner sa chute et percuta la terre de plein fouet. C'est les larmes aux yeux qu'elle se remit sur son séant, et avec toute la dignité que lui permettait la douleur qui la foudroyait repris son balai. Elle venait de gagner un aller-retour à l'infirmerie, avec en prime des questions cuisantes qui ne la quitteraient plus de la semaine. Etait-elle finie maintenant qu'elle était incapable de contrôler son propre balai ? Une voix dans sa tête lui fit remarquer insidieusement que Rose Mc Douglas elle savait parfaitement contrôler son balais, et n'était de plus pas dans un piteux état et physique et mental. Demain, elle s'attendait à ce que les journaux sportifs du monde entiers officialisent les informations relayées par la Gazette. Rose Mc Douglas allait éclipser Ginny comme-ci celle-ci n'avait jamais existé. Elle allait conquérir et les stades de Quidditch et l'opinion public. Et Merlin que le facteur popularité était important dans ce métier.

Quelques heures plus tard, après s'être fait sermonnée par Mrs Pomfresh, et avoir bu plus de potions qu'à l'accoutumée, Ginny Weasley entra dans sa chambre. Elle avisa quelques lettres qu'elle avait laissées en suspens, et après avoir lu de nombreuses missives de fans et de sa famille qui la rassérènent, la jeune femme finit par le message de son agent qui lui enjoignait de rester tranquille pour l'instant, mais que bientôt elle devrait reconquérir la scène médiatique en organisant gala de charité, et autre genre de bonne œuvre que les gens adorent.

« Enfin le week-end » s'extasia Neville en émettant de grands signes pour montrer que cette semaine de cour l'avait particulièrement éreinté.

« Neville, je ne sais pas où se trouve le chemin de traverse, c'est l'anniversaire de ma maman qui débarque d'Italie et on m'a dit qu'il y avait de tout là-bas, alors pourrais-tu me montrer où c'est ? » déclara Camilla de son accent lointain, qui avait pour conséquence de transformer les pommettes du jeune homme en véritable brasiers.

Bien que Neville avait en grandissant pris beaucoup d'assurance, il n'en restait pas moins que concernant les filles, et particulièrement lorsqu'il s'agissait d'une jolie brune, plantureuse, à l'accent chantant et évocatoire, le maître de botanique perdait tous ses moyens. Troublé, il bafouilla quelques oui qui amusèrent la jeune italienne, et ensemble ils convinrent d'un rendez-vous.
Le professeur Flitwick qui passait par là, leur souhaita un bon week-end. Ginny grimaça, elle doutait que le terme « bon » soit adéquat. Depuis la fin de la guerre, les règles pour les enseignants s'étaient assouplies : McGonagall avait instauré un roulement dans les gardes le week-end et les vacances. Les professeurs se relayaient pour faire office de gardien, et veiller au bon déroulement des jours vacants des étudiants. Camilla et Neville et quelques autres professeurs pouvaient disposer de leur week-end comme bon leur semblait, en revanche, Ginny, et au grand dam de celle-ci Malfoy et Blaise étaient assignés à résidence ensemble cette fois-ci. Le sort, ou la toute nouvelle directrice –car c'était bien elle qui s'occupait de ce genre de planning- s'acharnait contre elle.

« Allez ne t'en fais pas Gin'. Un week-end s'est vite passé. »

La dite Gin' émit un sourire narquois. Au vu de son vécu personnel, les deux serpents avaient un talent incroyable pour faire passer les secondes en minutes, et les minutes en éternité.

« Il est peut-être temps de mettre vos anciens différents de côté tu ne crois pas ? On a plus 16 ans ! Y'a que les faibles qui vivent dans le passé. Tu vas devoir les supporter au minimum 1 ans, autant que ce soit dans des bonnes conditions.»

« Y'a que les faibles qui vivent dans le passé » combien de fois avait-elle déclamé cette phrase pour prouver que rien ne pouvait l'atteindre ? Qu'elle savait passer à autre chose avec une facilité enfantine ? Ginny avait toujours eu l'impression que la vie était une course effrénée, et que si elle ne s'arrêtait ne serait-ce qu'un instant, elle perdrait. Vivre, toujours mieux, toujours plus loin, se dépasser. Et c'est ce qui était en train de se passer en ce moment, Ginny se laissait envahir par des souvenirs, des anciennes rancunes et surtout ce qui lui semblait être pour elle son ancienne vie : le Quidditch. Tirer un trait commençait peut-être par ça ?

Le professeur des potions haussa les épaules après tout Hermione avait elle-même tiré un trait sur les années d'humiliations que les serpentards lui avaient fait subir en conversant avec eux aux soirées ministérielles, où bien que n'étant pas membre du Ministère les deux professeurs influents étaient constamment conviés. Après tout, on ne lui demandait pas d'être amie avec ces deux vipères, simplement d'entretenir au mieux une relation cordiale. L'année était loin d'être terminée, et déjà Ginny s'ennuyait au sein du collège. Errer tous les jours dans les mêmes couloirs avec quelque chose d'étouffant pour la jeune femme, son monde se rétrécissait à sa chambre, les salles de cours et la grande salle. Qu'est-ce qu'elle risquait ? Deux, trois piques ? Qui sait, peut-être que leurs joutes verbales deviendraient sa principale distraction. Au début de la semaine, Ginny avait été pleine de principe, et de rigorisme vis-à-vis de ses deux anciens camarades, mais les jours passant avait érodé tous ces beaux préjugés. Et si elle avait maintenu un mutisme implacable et un climat d'indifférence totale, elle devait avouer qu'elle commençait à se lasser de ce manque d'animation et de la platitude de son quotidien. Et puis cela valait mieux que de ruminer sa chute sur son balai, et beaucoup moins avouable cette fois-ci : son agent lui avait demandé à la suite de l'article de la Gazette rendant compte de l'antagonisme de Ginny vis-à-vis de ses collègues de faire profil bas, paru dans la semaine, et de prétendre qu'elle aimait bien les deux serpentards.

« Promis ils ne sont pas si terribles que ça.. » acheva Neville

« Et même plutôt drôles » ajouta Camilla