Bonjour tout le monde et un grand merci pour vos reviews, mise en alerte et tout et tout !

Et un remerciement spécial pour Robsmyyummy Cabanaboy pour cette merveilleuse histoire !


^^TotS^^

EPOV

Aller, aller… décroche Bella.

« Aloha ! J'espère que vous passez une bonne journée. Ici Bella Newton. Désolée de manquer votre appel, mais je m'amuse beaucoup trop à Hawaii pour l'instant pour répondre au téléphone, alors s'il vous plait, pardonnez-moi. Laissez un message et j'essaierais de vous rappeler quand je peux. Mahalo. »

« Hé, c'est Edward. Je veux juste te dire que je suis en retard. J'ai une réunion de dernière minute avec mon moniteur et… je te raconterais quand on se verra. Tu n'as pas besoin de me rappeler… ou appel, comme tu veux. Je voulais juste dire que j'ai trente minutes de retard. À bientôt. »

Tu sais t'y prendre, Edward. Je ferais bien d'appeler ma mère aussi, pour lui dire que je suis sur le point de partir en vadrouille sur les îles hawaiiennes avec une fille. Ça pourrait être bien.

« Ouaip, Banane ? »

« Arh ! Merci Laur. La journée est bonne ? »

« Super journée, en fait ! Je viens juste d'inscrire Bailyn pour son programme d'été. Ça commence mardi prochain, elle est pressée de rejoindre ses amis. »

« Bien joué. Sinon quoi de neuf ? Rien d'excitant au travail ? »

« Pas le moins du monde. Trop d'enfants dans le système, pas assez de parents qui les aiment. J'aimerais avoir une baguette magique et tous les placer dans des foyers heureux. »

« Je sais que tu aimerais. Mais tu es une héroïne au quotidien. Chaque enfant et famille que tu mets ensemble apportent un peu plus d'amour dans le monde.

« Je suis désolée, qui est à l'appareil ? »

Je lève les yeux au ciel et ris. « Ah Ah Ah. Je sais que ça semble un peu gnian-gnian de ma part… »

« UN PEU ? »

« Ok, beaucoup. Je veux juste que tu saches que je suis fière de toi. Et je sais que tu travailles dur chaque jour pour faire des petits miracles avec ces gens. Ce que tu fais est si important. Le monde a besoin de gens comme toi, qui aide à répandre l'amour, tu sais ? »

Je ne rencontre que le silence. « Laur ? »

Maintenant j'entends renifler. « Ouais, je suis là. C'est juste que je ne t'aie jamais entendu parler comme ça, Edward. Qu'est-ce qui t'arrive ? »

« Rien. Je ne peux pas dire à ma petite sœur que je suis fière d'elle ? »

« Bien sûr que tu peux. Et tu me l'as déjà dit avant, et j'apprécie. C'est juste que… je n'aie jamais entendu le discours additionnel sur l'amour, la famille, les miracles et tout ça. Tu m'as prise par surprise. »

Je fronce les sourcils et hausse les épaules. « Ouais, je pense que tu as raison. Je… je ne sais pas. N'interprète pas. J'avais ça en tête et je voulais le dire. »

Un autre reniflement. « Eh bien, je suis contente que tu l'ai fait. Alors qu'est-ce qui t'arrive ? Je veux dire, à part cette expérience hors de ton corps. »

« Euh, pas grand-chose. » Mensonges. « Je me prépare juste à aller visiter les autres îles. Je pars pour Kauai plus tard dans la journée. »

« Génial ! Où est-ce que tu vas ? »

« J'ai eu une location en dernière minutes. C'est à Princeville. »

« PRINCEVILLE ? » Jésus ! C'est la grande vie ! Tu as eu une augmentation de salaire dont je n'ai pas entendu parler ? »

« Non, » je ris. « Quand tu loues à la dernière minute, beaucoup de propriétaires sont content de pouvoir placer leur appartement… ce sont vraiment de bonnes affaires. En plus, je euh… divise les couts avec quelqu'un. »

« Oh, vraiment ? Riley vient avec toi ? »

Nous y sommes. « Nann, il n'est pas en congé. Non j'y vais avec quelqu'un que j'ai rencontré… une fille. »

« Qui êtes-vous ? Mon frère va en vacances avec une petite-amie ? Maintenant je pense que vous êtes un imposteur. » Un silence. « Une fille ? Tu es sérieux ? »

« Oh, arrête. Ce n'est pas si choquant. Je suis déjà parti avec une fille avant. Et puis… ce n'est même pas une fille…enfin, je veux dire, bien sûr, c'est une fille… mais ce n'est pas comme ça. Nous sommes juste amis. Je l'ai rencontré il y a une semaine, mais en fait je la connais depuis des années. »

« Alors, tu es en train de raviver une ancienne flamme ? Vous devez savoir que je suis en train de tracer cet appel. Je retrouverais mon frère. Peu importe qui vous êtes, vous ne le garderais pas en otage longtemps. »

« Oh, bon sang, Lauren. C'est ton frère qui parle. Je ne ravive pas une vielle flamme. J'ai travaillé avec elle – Bella – il y a environ trois ans. Je ne l'avais pas vu depuis, et je suis tombé sur elle sur le vol en Californie. »

« D'accord. Eh bien, je suis contente que tu es trouvé une amie avec qui voyager. Et je sais que je te taquine mais tu as l'air différent… plus léger… c'est tellement nouveau. »

Dis-moi quelque chose que je ne sais pas. Ma tête est remplie de toutes les choses que Bella suscite en moi. Les synapses que je pensais mort ou depuis longtemps abandonnées brulent en moi. « Ouais je sais. Ne t'inquiète pas. Je suis toujours moi. » Je crois.

« D'accord. Eh bien, maman est sortie pour un diner et un film pour l'instant, mais je lui dirais que tu as appelé. Tu peux essayer de l'appeler sur son portable, mais je suis sûre qu'il est éteint. »

« D'accord, c'est pas grave. Comment va ma petite gaffeuse ? »

« Elle est toujours chez son grand-père et sa grand-mère. Je vais la chercher demain. Je lui ai parlé hier soir. Emmett et Rosalie sont venu ce week-end, tu savais ? »

« Ouais, j'ai eu un texto d'Em il y a quelques jours pour dire qu'il était en permission. Tu les a vus ? »

« Ouaip. Maman et moi y sommes allées samedi pour un grand barbecue familial. Nous avons passé un super moment. Tu nous as manqué par contre. »

« Je comprends. D'accord, je vais te laisser. Je vais chercher Bella et nous allons à l'aéroport pour prendre le premier vol cet après-midi. »

« D'accord, banane. »

Je ris de sa bêtise. « Embrasse tout le monde pour moi. J'aurais mon portable si quelqu'un veux me traquer. »

« Pas de problème. Tu sais Bay voudras un Face Timing avec toi quand elle rentrera demain, alors prépare toi. »

« Je serais prêt. Je t'aime. »

« Je t'aime aussi, mystérieux imposteur. »

^^TotS^^

« Tu es là ! Je pensais que tu m'avais lâché ! » crie Bella avec un sourire idiot, en se levant du banc à l'extérieur de l'acceuil d'Hickam.

« Difficilement. » Comme si je pouvais laisser tomber cette fille. « Tu as eu mon message ? J'ai appelé il y a environ vingt-cinq minutes et j'ai roulé aussi vite que possible. »

« Oh, j'ai dû le manquer ! J'étais à l'hôtel et ensuite j'ai rendu la voiture de location, je n'ai pas sorti mon téléphone. »

« Pas grave, » dis-je en souriant. « Je suis là et oui je suis désolé d'être en retard. Je sais que tu voulais prendre le vol de dix heures pile, mais ça sera surement celui de midi. »

« C'est bon ! Je n'ai nulle part où aller avant le 26 août, » ajoute-t-elle avec un sourire en coin. Elle est maintenant à côté de moi, ses lunettes de soleil sur la tête et elle tient ses cheveux pour dégager son visage. Elle plisse les yeux sous la lumière du soleil. « Nous pouvons prendre notre temps. »

J'avale une très grosse boule dans ma gorge et souris, soulagé de ce qu'elle vient de dire.

Pendant que je charge ses bagages dans ma voiture, elle sort son téléphone et va vers le siège passager. Après que nous soyons installés, elle se tourne vers moi avec de grands yeux excités. « Réunion avec ton moniteur ce matin ? Comment ça s'est passé. »

« Eh bien, au départ il disait qu'ils auraient peut-être besoin de moi à Albany. »

« À New York ? Je n'avais pas réalisé qu'il y avait une base là-bas. Ou c'est un bureau de recrutement ? »

« Non, il voulait dire la base logistique à Albany, Géorgie. Je me suis presque enfoncé un crayon dans l'œil. »

Elle fronce son visage. « Outch ! Ne fais pas ça ! J'aime bien tes yeux sans crayon. » Je la regarde et lui fais un autre sourire. « Albany, c'est mauvais hein ? »

« Tu n'as pas idée. » je secoue la tête. « Certes je ne connais pas non plus, mais j'ai entendu des histoires. C'est dans le sud-ouest de l'état, très proche de l'Alabama et aux frontières de la Floride. Absolument nulle part à ce que j'ai entendu. Rien ne se passe là-bas. J'ai une amie qui a été stationné à Albany et elle dit que la grande nouvelle de cette année c'est qu'un Olive Garden (ndlt : c'est une chaine de restaurants) a ouvert à l'automne. »

« C'est la grande nouvelle ? »

J'acquiesce solennellement. « Excitant n'est-ce pas ? »

« D'accord… alors je suppose que cette histoire a une fin plus heureuse ? »

« Oui, heureusement, » je ris. « Je vais à Okinawa pour être l'assistant G4 pour le 3ème MLG. »

Ses yeux s'écarquillent et elle sourit largement. « Waouh ! Le Japon ? C'est sacrément génial. Je n'ai aucune idée de ce que ces initiaux et ces acronymes signifient, mais tu as l'air heureux ! En fait je suis un peu jalouse. »

« Jalouse ? »

« Ouais, » elle acquiesce, ses lèvres se tordant un peu. « Je suis prête à déménager de Caroline du sud. J'ai postulé pour avoir un poste d'enseignante à l'étranger s'il y en a un de disponible. »

J'avale encore difficilement, me rappelant la réalité de cette situation. Même si je me suis autorisé à imaginer un rapprochement entre Bella et moi, les chances que nous pussions nous revoir après cette aventure hawaiienne sont très minces. Il y a une date d'expiration à cette amitié. Je dois me rappeler ça… dans son intérêt et dans le mien.

« C'est génial. Tu sais quand le DODDS est sensé te contacter ? »

« Je pense que ça peut être d'un jour à l'autre. Ils ont dit cette semaine ou la prochaine. » Elle sautille un peu sur son siège, désireuse d'avoir une réponse de leur part.

« J'espère que ça va marcher. Il y a des bases tout autour du monde avec de nombreuses opportunités, j'en suis certain. C'est comme ça que mon meilleur ami a rencontré sa femme, en fait. »

« Ah, ouais ? »

« Mmm. Tu te souviens Éric, le petit-ami de ma sœur qui est décédé ? Son frère est mon meilleur ami depuis l'enfance. Peu importe, Emmett était en déplacement en Italie et il s'est arrêté à La Maddalena pour plusieurs jours. Rosalie était enseignante à la base navale là-bas. Ils se sont rencontrés un soir avec des amis et ils sont littéralement tombés amoureux au premier regard. » Je souris, me le rappelant m'appeler comme un amoureux transi en disant que je devais être son témoin parce qu'il allait se marier à Las Vegas le mois suivant. « Ils sont mariés depuis six ans. »

« Wahh, c'est une belle histoire, » dit-elle joyeusement. « Comment tu l'as pris, Monsieur j'aime-être-entre-deux-relations ? »

Je hausse les épaules en réfléchissant. « J'étais heureux pour lui. Ce n'est pas parce que je ne m'autorise pas à m'engager que je ne peux pas être content pour un ami qui a trouvé ce qu'il cherche. »

Je l'observe acquiescer dans ma périphérie. Elle a l'air d'avoir plus à dire, un sourire sur les lèvres, mais elle reste silencieuse. « Riley avait l'air vraiment mignon avec Nalani au bar hier soir. »

Je savais que cela allait venir sur le tapis. Mon célibataire-de-toujours d'ami semble avoir craqué pour une fille et avoir fait de moi un menteur. Juste la semaine dernière, je disais à Bella qu'il avait une fille dans chaque port. Et il les avait… jusqu'à récemment, à mon insu. Nalani a été une constante pour Riley depuis plus de deux ans qu'il est stationné à Oahu. Elle est réellement gentille et en plus éperdument amoureuse de Ri… tout le monde peut le voir. Le truc, c'est que… je pense qu'il a réalisé qu'il ressent la même chose aussi.

La pensée que Riley Biers est hors du marché déclenche dans ma tête la ligne de basse si addictive de 'Another One Bites the Dust' (ndlt : un autre qui mord la poussière). Chante là, Freddie. (ndlt : Mercury, of course !)

« Ouais. Il euh… il ne m'a jamais dit à quel point ils étaient devenus proches pendant que j'étais déployé. J'aurais dû savoir que quelque chose se passait quand tout ce qu'il a fait c'est danser avec ces filles vendredi soir, et ensuite quand il est rentré avec moi pour comater sur mon canapé. »

« Alors peut-être que les vieux chiens peuvent apprendre de nouveaux trucs, » me taquine Bella.

Je suis vexé. « Je suppose. » Nous nous arrêtons à un feu rouge et je me tourne vers Bella qui a un sale sourire sur le visage. « Quoi ? »

Ses yeux brillent lorsqu'elle retire ses lunettes en haussant les sourcils. « Oh, rien. »

J'éclate de rire. « Le sourire que tu as ne semble pas dire 'rien', Clémentine. Crache le morceau. »

« Je pense que je ne peux pas résister de dire que si l'éternel célibataire, le Major Biers, c'est casé, alors peut-être qu'il y a de l'espoir pour toi encore. »

Pas une once d'inquiétude ou de remord. Mon Dieu, cette fille parle comme elle pense. En juste une semaine passée avec Bella et me voilà à envisager des choses que je n'ai même jamais considéré, mais je me remets les pieds sur terre. Encore une fois. Trop de tristesse est arrivée dans ma vie. Je sais ce que je fais. J'en suis certain… ou presque.

« Eh bien, je suppose qu'il ne faut jamais dire jamais dans la vie. Mais à ce stade, je dirais que je ne pense pas que me caser soit pour moi. »

Elle fait un signe de tête en souriant. « C'est vous qui le dites, Monsieur. » Elle ponctue ça avec un sourire supplémentaire et allume ma radio sans une seconde pensée.

^^TotS^^

« Oh là là ! Edward, tu dois sortir pour voir cette vue, » me crie Bella alors que je ferme la porte du placard d'une des deux chambres de notre logement. Je suis le son de ses 'ah' et 'oh' et la trouve sur le balcon avec vue sur les falaises de la cote de Kauai.

Elle rayonne alors que je traverse la terrasse. Elle se retourne et se penche sur la balustrade, agitant son bras, pour me faire signe de la rejoindre. J'avance et j'inhale profondément. L'odeur des Plunerias et de l'océan envahissent mes sens. Le soleil brille sur le Pacifique, les vagues faisant du bruit à chaque flux et reflux. Je regarde Bella qui prend des photos de la vue avec son appareil, et je suis une nouvelle fois hypnotisé.

Je suis magnétiquement attiré par elle et je n'y peux rien. Ça ne me ressemble tellement pas et cela ne correspond pas au mantra que j'ai pratiqué pendant toutes mes années de rencontre. Ce qui est le mieux pour moi, c'est de ne pas m'impliquer avec quelqu'un parce qu'inévitablement cela mène au chagrin. Mais merde, elle met en doute toutes les choses dans lesquelles je crois depuis mes neuf ans.

Je n'étais pas préparé à lui dire au revoir, alors je l'ai pourchassé et je l'ai pratiquement supplié de me laisser venir avec elle. Elle a dit oui immédiatement, ce qui est bon signe, bien sûr. Elle disait qu'elle n'était pas prête à dire au revoir non plus.

C'est juste que je ne sais pas ce que ce sera quand ce voyage se terminera. Je vis ma vie en prévoyant les choses. Je suis un officier de logistique et d'approvisionnement, bon sang ! Où je vais, ce que je fais, ce que je mange… je connais chaque détail de chaque heure, jour et même semaine à l'avance. Chaque chose à une place bien spécifique dans ma vie. Et maintenant il y a une part – une grande part – de moi qui est terrifiée de voir le moment où elle va s'éloigner. Loin d'Hawaii et loin de ce qu'il se passe entre nous. Cette petite étincelle, que nous sentons tous les deux je pense, mais qui doit encore s'allumer. Qu'est-ce que nous ferons ? Est-ce que je pense vraiment à une relation avec elle? Et une longue distance en plus ? Mon Dieu, j'ai vraiment besoin d'éclaircir tout ça.

J'avais des relations avec des femmes parce que c'était amusant et agréable, et avouons-le, personne ne veut être seul. Mais je n'avais pas de problème quand la nuit se terminait. Cela ne me posait pas de problème de ne pas avoir de nouvelle le jour suivant ou la semaine suivante… ou même jamais.

Mais quand je suis avec Bella, je me retrouve désespérément impatient de la revoir, de lui parler. Ces moments ne sont jamais suffisant. Je continue à vouloir plus. Je me sens avide et anxieux et… merde, à quoi je pense ? C'est juste que je n'aie jamais ressenti ça pour quelqu'un avec qui je suis sorti… et je ne sors même pas avec Bella ! Tout ce que je connais dans ma vie ne rentre pas dans le moule quand je suis en face d'elle. La simplicité est partie par la fenêtre, et elle est remplacée par incroyablement confus, excitant et intriguant.

Nous avons juste besoin de prendre les choses lentement. Prendre les choses doucement. S'il y a réellement une flamme qui a besoin d'être nourrit… nous le ferons avec prudence. Je ne peux pas agir autrement. Lucide et rationnelle sont les seules manières de gérer cette situation.

J'entends la porte coulisser derrière moi et je réalise que Bella a dû retourner dans l'appartement pendant que je rumine sur le balcon. Je prends une bouffée supplémentaire de l'air exotique d'Hawaii et fais le plein de son parfum avant de rentrer.

« Hé, je suis prête à me détendre à la piscine, si tu veux descendre et te joindre à moi... Est-ce que tu pourrais me passer de la crème solaire dans le dos avant que j'y aille ? »

Mon habilité à parler a été paralysée. Bella porte un bikini qui rivalise avec tous mes rêves d'adolescent que j'ai eu au sujet des mannequins de Sports Illustrés qui étaient accrochées à ma porte de chambre. Les motifs sont des fleurs tropicales avec des touches de verts et de pourpre, de bleus et quelques taches de jaunes. De toute évidence, je suis en train de passer trop de temps à étudier son maillot de bain.

Elle a des courbes très douces qui accentuent sa délicate silhouette. Sa peau est légèrement bronzée depuis les activités en extérieures de la semaine dernière. Et en plus elle me tourne le dos. Je la vois donc de derrière. Mes yeux trainent le long de ses incroyables longues jambes toniques et se posent sur ses fesses, qui rentrent à peine dans les limites de son maillot de bain. Son dos est une palette crémeuse ne demandant qu'à être peinte avec du sirop de chocolat, de crème chantilly… langue trainante et baisers. Je me sens étourdi un moment à cette pensée. Ses bras se lèvent au-dessus de sa tête, relevant sa chevelure acajou fluide de son dos et ses épaules et son visage se tourne vers moi, se demandant ce qui peut me prendre si longtemps pour que je réponde ou que je me mette au travail en étalant la crème sur son dos.

« Edward ? »

Ouaip. Voilà mon indice. J'ai été trop long à reluquer.

« Ouais, désolé. » Je m'avance, prends la lotion de ses mains et en verse une petite quantité dans ma paume. Je commence sur ses épaules et glisse mes mains le long de ses omoplates. Putain, sa peau est douce comme de la soie. Alors que ma main descend le long de sa cage thoracique, elle rit.

Noté.

Je verse encore un peu de crème dans ma main pour finir de couvrir le reste de son dos jusqu'à la limite de son bikini. Je ferme le bouchon et reste debout, fier de moi-même d'avoir réussi à ne rien dire et à garder mon grognement interne sous contrôle.

Je mets n'importe quel homme normalement constitué de faire ce que je viens de faire sans émettre un son et sans baver. En fait, rien que… l'image d'un autre homme la touchant me donne envie de me tremper dans de l'eau de Javel pour laver mon cerveau de cette horrible vision.

« Terminé. »

En entendant ma déclaration, elle se retourne et j'ai le premier aperçu de l'avant de son bikini. Le mot 'paradisiaque' le résume assez bien.

« Merci ! Tu veux descendre à la piscine avec moi ? »

« En fait, j'allais m'assoir et faire une liste de tout ce que nous avons besoin d'acheter au supermarché. »

Elle me regarde incrédule. « Tu ne peux pas faire ça sur un transat et profiter du soleil en même temps ? Pourquoi gâcher du temps en étant à l'intérieur alors qu'il fait si beau dehors ? » Elle pousse mon épaule avec son index. « Aller, Monsieur ! Profitez un peu ! »

Je ris en secouant la tête. « D'accord. Tu as gagné. Tu marques un point avec la météo, mais j'ai besoin de toi pour la liste des courses ! »

Elle lève les yeux au ciel. « D'accord. Première chose sur la liste… de l'alcool. Nous avons besoin de te détendre un peu ! Ce voyage est fait pour vivre chaque moment présent et se faire des souvenirs tout au long du chemin, tu comprends ? »

« Oui, M'dame. »

Elle acquiesce une fois. « Bien ! Descend quand tu es prêt. Je te garde un transat. »

Mon Dieu. L'image d'elle partant me force à ajuster mon short et à essuyer la sueur sur mon front. Qu'est-ce que je viens juste de dire ? Rationnel et lucide… quelque chose comme ça.

Jésus, je suis foutu.

^^TotS^^

BPOV

« Salade ? »

« Ouais, bien sûr. »

Edward est en train de pousser le caddie dans Foodland pendant que je jette des articles dedans à gauche et à droite.

« Qu'est-ce que tu aimes dans les tiennes ? Carottes ? Tomates ? Fromage en dé ? » Je demande, attrapant une grappe de tomates et en examinant une salade romaine.

« J'aime bien les concombres, » répond Edward, avec un sourire sur les lèvres.

« Pourquoi tu souris ? »

Il secoue la tête. « J'apprécie juste de te voir crapahuter dans les rayons des fruits et légumes… c'est tout. »

Je sens mon sourire s'agrandir et je recommence à choisir le plus fabuleux des concombres sur l'étalage, juste pour lui. « Quoi d'autre, Capitaine Masen ? »

« Juste les concombres, » confesse-t-il, penaud.

« Alors juste des concombres et de la laitue... tu es très vert. » Je glousse. « Eh bien, peux-tu au moins l'égayer avec du vinaigre de Catalina ou une saveur exotique comme de l'oignon de Vidalia et de la vinaigrette au miel ?

Il secoue la tête et hausse les épaules. « Balsamique. »

« Salade verte, concombre vert et vinaigre balsamique brun, » je soupire. « Je vais vous apprendre quelques trucs, Monsieur. Les salades peuvent être beaucoup plus amusantes que ça. »

Il imite le sourire que je lui fais. « Je ne doute pas une minute que tu peux m'apprendre quelques trucs, » dit-il doucement, faisant que ma respiration se coupe un peu. « En fait, je suis impatient. »

J'avale difficilement mes émotions, essayant de ne pas interpréter ce qu'il dit… mais Jésus, quand il me regarde comme ça avec ses yeux émeraude, je perds ma capacité à penser clairement et je veux juste me coller contre son corps. Le seul mouvement qu'il ait fait, c'est de m'avoir rejoint dans cette danse sexy l'autre soir au club. Je dois me calmer et simplement profiter de nos moments ensemble.

« Alors, qu'est-ce qu'il y a ensuite sur la liste ? »

Eh bien, on s'est mis d'accord pour des repas simples à l'appartement. Alors… des trucs pour des tacos, des spaghettis, du pain à l'ail, de la charcuterie pour les sandwichs, des céréales… »

« D'accord, je peux prendre un panier et aller chercher quelques articles pour gagner du temps, je sais que tu aimes être efficace, » je propose.

Il fronce le visage mais sourit toujours. « En fait, je m'amuse vraiment à écouter ce que tu aimes et ce que tu n'aimes pas. C'est jouer au jeu des vingt questions sans avoir à réfléchir quand arrive mon tour. »

« Ohhhh, j'aime ça ! Alors tu préfères le beurre de cacahouètes croustillant ou crémeux… raisin ou gelée de fraise… les amitiés se construisent sur ces différences, tu sais, » j'ajoute.

« Alors commençons puisque nous sommes ici. » Il montre du doigt les rayons qui proposent un grand choix de beurre de cacahouètes et de gelée. « Qu'est-ce que ça va être Clémentine ? Croquant ou crémeux ? » Questionne-t-il, les sourcils arqués.

« Honnêtement, j'aime les deux. Mon père a toujours été un grand fan du très croustillant, mais une fois que j'ai déménagé pour mes études et commencé à faire mes courses, ma préférence est allée au crémeux. Alors je pense que crémeux sera ma réponse finale. »

« Tu es chanceuse, gamine. C'était à deux doigts de se terminer ! C'est crémeux ! » Ajoute-t-il avec un sourire.

Jésus.

« D'accord, tu es à l'endroit des gelées, Monsieur. Alors ? »

« Je vais partir sur raisin… et cela doit être de la confiture. La gelée fait trop de taches la confiture s'étale plus facilement, » annonce-t-il, confiant.

« Eh bien, je te suis totalement sur le raisin. Cependant j'adore la fraise sur les muffins anglais, ce que je mange au petit-déjeuner dès que possible, alors nous avons les deux. »

« Très bien. »

« C'est intéressant que nous sommes tous les deux pour le crémeux, » je murmure, ne pensant pas être entendu, alors que je conjure des images de sa douceur ce qui m'envoie des frissons dans le dos. »

« Intéressant en effet, » je l'entends murmurer… pas sûr qu'il veuille que je l'entende aussi.

« Mais euh ouais… cette explication de confiture contre gelée tu y a déjà réfléchi n'est-ce pas ? »

Son sourire en coin apparait sur sa bouche. Oh, il est trop mignon. Il hausse les épaules et dit « Logisticien. Cela arrive aux meilleurs d'entre nous. »

Je ris, en levant les yeux à sa réponse résignée. « D'accord, c'est bien beau que nous ayons choisi du beurre de cacahouètes et de la confiture mais si nous faisons ça bien, nous avons absolument besoin d'acheter des douceurs aussi. »

Ses yeux se lèvent dans la direction de ses cheveux coupés. « Douceur ? »

« Oui ! De la crème de Marshmallow ! S'il te plait, dis-moi que tu as déjà mangé un fluffernutter avant. » (Ndlt : sandwich au beurre de cacahouètes et à la crème de marshmallow. Je ne mens pas, ça existe ! Si vous voulez faire une rechercher sur Google… il y a la photo.)

Il se pince le nez en fermant les yeux pendant une demi-seconde et soupire. « Bella… je ne… je n'ai jamais… 'Fluffernutter'… ça… à l'air d'une sorte de gâteau pornographique, » me murmure-t-il comme s'il voulait me disputer.

Je sens mes genoux fléchir, et je tombe contre Edward dans un rire hystérique. Nous nous tenons dans le milieu du rayon durant un petit moment pendant que je tente de reprendre mes esprits. « Gâteau pornographique ? » Je ris encore. « Bon sang, mais d'où est-ce que tu sors ça ? »

Il commence à bafouiller et lève la main pour montrer le caddie et mon corps et le sien et… Seigneur, je ne pense même pas qu'il sait ce qu'il fait. Je fais de mon mieux pour ne pas continuer de lui rire au visage, cependant.

« Eh bien… 'nutter' ressemble à la marque de gâteaux au beurre de cacahouète Nutter Butter Cookie et… et…, » il regarde le plafond en secouant la tête. Ses joues sont cramoisies et le bout de ses oreilles sont rouge vif. « Et le 'fluffer… euh, » il secoue toujours la tête, dégouté, et ensuite il se penche près de mon oreille pour murmurer, « bon sang Bella… tu n'as jamais entendu parler des 'fluffer'. »

Je m'arrête de rire une minute et me redresse. Mes sourcils se lèvent parce que… nan… le seul fluffer dont j'ai jamais entendu parler, c'est ce délicieux sandwich en question. Je hausse les épaules et gonfle mes joues. « Tu m'as eu, Capt'ne. Qu'est-ce qu'un fluffer ? » Je réponds ça probablement un peu trop fort… parce que les yeux de deux adolescent qui passent s'agrandissent et ils commencent à éclater de rire.

Je soupire, me sentant complétement largué. « Aller ! Dis-moi ce qu'est un fluffer. Si c'est mauvais peut-être que je ne devrais plus manger de fluffernutters, » je claque mes mains sur les hanches. « Ce n'est pas comme une organisation qui tue des cannetons pour la recherche ou quelque chose comme ça, n'est-ce pas ? Des expériences scientifiques sur des bébés chimpanzés ? »

Le visage d'Edward est caché dans ses mains et il se murmure quelque chose à lui-même. Je me penche vers sa tête pour voir si je peux décrypter ce qu'il grommèle. Il choisit ce moment-là pour baisser ses mains et nos visages sont maintenant à quelques centimètres l'un de l'autre. « Salut ! » Je souris aussi brillamment que possible.

Ses yeux se plissent et il commence à rire; ensuite il se lèche les lèvres.

Doux Jésus.

En murmurant, il commence, « Bella… un 'fluffer' est une fille – ou un gars, je suppose- ça dépend des acteurs, et j'utilise le mot acteur au sens large. Peu importe, elle ou il est en charge de garder le mec, » il s'éclaircit la gorge, « … excité, tu sais… dans un film porno. »

Ma mâchoire tombe. Euh, ouais. Je ne m'attendais pas à ça comme définition d'un 'fluffer' ! Je commence à rire parce que, même si je ne suis pas vraiment gênée ou dégoutée par le concept du porno… je trouve ça hilarant que mon pote de voyage, le Capitaine 'collet-monté-tout-doit-être-à-sa-place' Masen, connait les tenant et les aboutissant des… comment dire… secrets de tournage ?

Pendant que je ris, il ferme les yeux et inhale très dort. « Tu ne vas pas me lâcher avec ça, n'est-ce pas ? »

Je secoue la tête. « Pas dans un futur proche, non. »

« C'est ce que je pensais, » il secoue la tête. « Il est temps de prendre de l'alcool… nous allons en avoir besoin d'une bonne dose pour oublier ce moment. »

« J'achète toujours la crème de Marshmallow, tu sais ! » Je crie ça alors qu'il tourne au bout de l'allée.

« JE M'EN DOUTAIS AUSSI ! » Il crie sa réponse pendant que je recommence à rire. Oh ce garçon.

^^TotS^^

« Ces spaghettis étaient vraiment délicieuses, Bella. Merci. » Edward met nos assiettes et nos bols de salades dans l'évier.

Je regarde au-dessus de mon épaule alors que je mets nos verres dans le lave-vaisselle. « Pas de quoi. Tu pourras cuisiner les Tacos, » j'ajoute en souriant.

« Pas de problème. Je peux gérer d'ajouter un paquet d'assaisonnement à de la viande hachée. » Il rit et je me joins à lui. « Cet appartement est formidable, soit dit en passant. Je n'ai pas complimenté ta trouvaille quand nous sommes arrivés. »

« Oh, merci ! Il est super, je suis d'accord. Nous sommes réellement chanceux avec la vue, les deux chambres… et je vais baptiser ce jacuzzi sur la terrasse, ce soir. »

Je regarde Edward et il semble perdu dans ses pensées… en conflit, peut-être ? « Ça va ? »

Il sort brusquement de sa transe dans laquelle il était pris et me fait son sourire en coin. « Euh, ouais. Si cela ne te dérange pas, je vais juste aller déballer un peu. »

« Pas du tout. J'allais faire la même chose avant de plonger dans le jacuzzi. »

Il acquiesce et s'en va dans sa chambre. Il m'a laissé la suite, ce qui était vraiment très généreux. J'ai une salle de bain attenante à ma chambre, et un balcon personnel. Sa chambre est de l'autre côté du couloir. Elle est grande, et avec un lit King size comme dans la mienne, mais sa salle de bain est dans le couloir. Même s'il n'a pas de balcon personnel, nous sommes vraiment bien lotis pour Princeville. Le salon est immense, nous avons une cuisine toute équipée et un grand écran de télévision qui couvre le mur, comme dans nos deux chambres. Le décor est tropical, bien sûr, mais ils n'ont pas exagéré sur le rotin ce qui aurait pu nous donner l'impression d'être plongé dans l'univers des Golden Girls. (ndlt : pour ceux qui connaissent, c'est la sitcom Les craquantes.)

C'est réellement parfait. Tout ce que j'espérais, et la meilleure partie c'est… qu'il est ici avec moi.

Je le jure, j'étais d'accord pour être seule pendant ce voyage. Je ne suis pas le genre de fille qui reste assise à la maison si je n'ai personne pour sortir. Si j'ai faim, j'attrape un livre et je vais dans mon restaurant favori. Une table pour un ne me dérange pas – vraiment pas. Si un film passe au cinéma et que je veux vraiment le voir, j'y vais. Bien sûr, je demande à Alice et Jasper, ou Angela d'abord… mais s'ils ne sont pas disponibles, je ne reste pas à la maison.

C'est juste que je ne suis plus cette personne. Je me suis promis il y a longtemps maintenant de ne pas laisser filer la vie. Nous ne savons pas combien de temps nous avons et je fais de mon mieux pour que chaque moment compte. Cela ne veut pas dire que je suis en mouvement à chaque minute. J'aime paresser et trainer en pyjama toute une journée de temps en temps, aussi… mais, je me suis fait la promesse que je profiterais de chaque jour comme d'une opportunité d'embrasser la vie autant pour moi-même que pour Mike et notre fils. Je ne peux pas imaginer fonctionner autrement… et je suis certaine que Mike serait fier de la manière dont je fais les choses. Il n'aurait jamais voulu que je me roule en boule et que je dépérisse après qu'il ait été tué. Ce n'est pas qui il était. Et ce n'est pas qui je suis, non plus.

Et maintenant, je suis ici avec Edward. Sentant… quelque chose. Une attirance… une attraction. Je ne peux pas encore l'expliquer, mais je sais que je veux explorer ça un peu plus. Je crois qu'il ressent la même chose. Je l'ai surpris qui me regardait à différent moments durant les jours et les soirées que nous avons passé ensemble depuis une semaine et demie. Et pas seulement quand je parlais… c'était aussi pendant des moments silencieux aussi. Je lève les yeux et alors nos regards se fixent. Alors je souris, parce que comment ne pas sourire à cet homme ? Je sais qu'il a enduré beaucoup de douleur dans sa vie. Je réalise pourquoi c'est difficile pour lui et qu'il pense que toutes les relations se terminent dans la tristesse et le désespoir. Mais il s'est enfermé et c'est vraiment une honte. Personne ne devrait traverser la vie avec si peu de foi dans le bonheur et la vie.

Il a tant de bonté dans les yeux, que c'est dur de détourner le regard. Et ensuite, il y a sa mâchoire forte, son cou tendu qui mène à ses larges épaules et ses exceptionnels biceps et ses avant-bras bronzés. N'importe quel idiot peut voir qu'il est fier de sa condition physique, comme la plus part des Marines. Mike était pareil.

Où est ce que j'en étais ? Oh, oui… sa poitrine. La manière dont ses plaques militaire argentées pendent sur son sternum faisant contraste avec sa peau bronzée. Les poils sur son torse, la définition de ses abdominaux. D'accord, c'est pratiquement tout le haut de son corps, mais je ne suis pas faite d'acier. Quand il est arrivé au bord de la piscine cet après-midi avec son short bleu marine, son beau torse et des jambes toniques comme je n'en avais jamais vu, j'ai dû regarder vers mon ventre pour ne pas avoir à cacher mon visage. J'aurais sérieusement pu rester bouche ouverte devant lui. 'Prend une photo' m'est venu à l'esprit quand j'ai réalisé comme je ne pouvais pas me détourner de lui aujourd'hui.

Je sors de ma rêverie et je me rends compte que j'ai pratiquement déballé tout mon sac. Culottes, soutien-gorges et pyjamas sont dans mes tiroirs. Les vêtements sont sur les cintres, les affaires de toilette sur le lavabo de la salle de bain. C'est plutôt cool. J'aimerais pouvoir faire tout mon ménage comme ça, rapide et sans douleur. Simplement en pensant à Edward et ses attributs, ça marcherait !

^^TotS^^

Mmmm. Cette eau est incroyable. Très chaude, mais tellement relaxante. L'endroit est plongé dans l'obscurité, à l'exception des lumières provenant de notre salon. Quand je retiens ma respiration et arrête les jets d'eau, je peux entendre les vagues s'écraser à la base des falaises en dessous.

Tellement paisible. Tellement simple. Tellement…

« Ça te dérange si je me joins à toi ? » J'entends la voix désincarnée d'Edward derrière moi et je me retourne pour le voir. Son corps tout entier est dans l'ombre avec les lumières du salon qui forment un halo. Il ressemble à un super héros dans l'obscurité… prêt à sauver les filles relaxées dans leur jacuzzi. Heureusement pour moi, je suis la seule qui correspond à la description pour l'instant.

« Je t'en prie ! C'est ce que le docteur a ordonné après avoir couru partout et voyagé toute la journée. »

Il laisse tomber sa serviette sur le côté du jacuzzi et monte dedans, glissant dans l'eau en grognant, ensuite il s'assoit sur le banc à ma droite. Ma respiration s'arrête dans ma poitrine, en écoutant son gémissement de satisfaction et je dois regarder ailleurs, de peur de commencer à baver. Je suis célibataire depuis plus de trois ans, à l'exception de mes fidèles doigts. Tous ces grognements et ses gémissements qu'il fait par inadvertance… comme je le disais plus tôt, je ne suis pas en acier une fille ne peut pas en gérer autant.

« C'est bon, n'est-ce pas ? » J'annonce ça, bêtement. Enfin c'est toujours mieux que de me lancer dans une lap dance humide.

« Mon Dieu, c'est fantastique. » Il lève ses bras hors de l'eau et commence à les étirer. Il fait craquer ses articulations et à rouler sa nuque, ensuite il fait tomber de l'eau sur sa tête et se frotte le visage et sa coupe très courte de haut en bas. Je dois mordre l'intérieur de ma joue et étudier mes ongles pour ne pas avoir l'air de d'une harceleuse. Il commence à étendre ses longues jambes, mais les miennes sont déjà en travers de la baignoire et calées sur le banc en face. Aussitôt que nos jambes se rencontrent sous l'eau, nous les ramenons vers nos corps instinctivement et nous nous excusons à l'unisson pour la collision.

« Désolé ! »

« Désolée… non, c'est bon… voilà, » Je bouge un peu sur le côté pour que je puisse toujours avoir mes jambes allongées, mais sur le banc à ma gauche, lui permettant d'installer les siennes sur celui à sa droite.

« Alors, qu'est-ce que l'on prévoit demain ? Trainer et se détendre ? Oui commencer à visiter ? » questionne-t-il pendant que sa tête repose sur le bord du jacuzzi, ses yeux fermés pour un moment.

« Nous pouvons faire une visite organisée si tu veux. Ou aller explorer par nous-même. Tu fais du golf ? »

Il secoue la tête. « Nan, ça n'a jamais été mon truc. J'en ai fait quelques fois avec mon commandant… en fait, j'essaie juste de ne pas me ridiculiser en face de mes supérieurs. C'est un hobby couteux… et je ne suis pas très bon. Et toi ? »

« Nan. Mike appréciait ça, mais je pensais que c'était ennuyeux, » je ris. « Il pouvait allumer la télévision le dimanche et regarder du golf pendant des heures, » je secoue la tête en me rappelant. « C'était comme regarder de la peinture sécher. »

Nous éclatons tous les deux de rire et à ce moment-là nos regards se rencontrent. Une de ces moments lourds de sens qui me font avaler difficilement et sourire également. « Dans ce cas, le golf de Princeville ne sera pas pour nous. » Je hausse les épaules.

« Est-ce que tu serais intéressé par un tour en hélicoptère de Waimea Canyon ? »

« Définitivement. Et ma mère et mon père disent que la grotte de Fern est un must, » j'ajoute. « Oh et bien sûr un hula sur chaque île, si nous pouvons. »

Il sourit. « Un tour des hulas d'Hawaii, hein ? » Il me regarde, en plissant les yeux dans l'obscurité. « Nous pouvons faire ça. Est-ce que tes parents t'ont donné d'autres conseils ? Je comprends qu'ils sont venus en vacances ici ? »

« Ouais, quand j'étais très jeune, ils sont venus ici pour leur dixième anniversaire de mariage. Ils ont passé une semaine à Kauai et une autre sur Oahu. Je vais devoir leur faire un e-mail ce soir et leur demander d'autres idées. Mais je me souviens qu'ils ont mentionné la grotte, il y a aussi une visite des scènes de films et le tour en hélicoptère. »

« Napali Coast sur le coin nord-ouest de l'ile et la forêt tropicale au-dessus sont censés être des choses à faire. »

« Merveilleux… entre nos connaissances de base et les recherches sur internet que nous avons faites, je pense que nous avons de quoi faire cette semaine. » Je regarde en l'air et apprécie pendant un moment le ciel étoilé. « Alors qu'est-ce que tu en penses ? Le tour des scènes de films demain et peut être un hula le soir ? Ca à l'air bien ? »

« Absolument. »

Je soupire et bouge. « Eh bien, je pense que je vais me retirer pour la nuit. Mes doigts sont complétement fripés, » je ris. Quand je me lève, je vacille, mais Edward étend ses bras pour me stabiliser autour de mes cuisses. « Ouf ! je crois que le vin et l'eau chaude m'ont eu. »

« Tu es sûre que ça va ? Voilà. Laisse-moi au moins t'aider à sortir pour que tu ne bascule pas par au-dessus de la balustrade du balcon. »

Je souris et lève les yeux au ciel, joueuse. « D'accord, patrouille de sécurité. Mais merci. »

Il sort et enroule la serviette autour de sa taille. Bon sang, quelle vue. Maintenant je sais à quoi il doit ressembler en sortant de la douche. Les filets d'eau chaude sur ses épaules, ses plaques militaires, ses abdos et ses jambes. Une fois encore, je dois retenir le gémissement de remerciement au Seigneur pour avoir bénit le monde d'un tel spécimen.

Je m'assois sur le bord de la baignoire et sors mes jambes. Il se tient là pour m'attraper la main et m'aider. Je me relève et nos corps, chauds et mouillés de l'expérience vivifiante du jacuzzi, sont à quelques centimètres l'un de l'autre. Nos poitrines montent et descendent en même temps et quand je lève les yeux nos regards se fixent pour la énième fois.

J'avale difficilement et souris. Trop rapide… c'est trop rapide, Bella. Non.

« Merci, » Je m'éclaircis la gorge. « Tu as fini ici aussi ? »

Il acquiesce. « Ouais. Nous devrions partir tôt demain. Alors aller au lit à l'air d'être une bonne option. » Il se penche et éteint les jets.

« C'est vrai. » Je souffle, exagérément, essayant de ne pas penser à son lit et à la place je passe la porte fenêtre. Une fois à l'intérieur, je commence immédiatement à frissonner à cause de la climatisation. La chair de poule recouvre mon corps.

« Mince, c'est un sacré écart de température. Ça te dérange si je baisse la clim un peu ? » demande-t-il après avoir fait passer sa serviette sur ses épaules.

« Non, vas-y. Si j'ai besoin, je peux toujours allumer le ventilateur au plafond au milieu de la nuit. »

Je marche dans le petit couloir, où il se tient pour régler le thermostat. Je passe derrière lui, effleurant son dos. Je peux sentir la chair de poule sur sa peau alors que mon ventre frôle l'étendue de son dos bronzé.

Je me permets un dernier regard pour la soirée et je me tourne vers ma porte. Nous nous observons un moment, je regarde sa mâchoire se tendre et se serrer, sa pomme d'Adam bougé. Je me demande ce qu'il pense en ce moment.

En sommes-nous déjà là ? En sommes-nous là ? Trop tôt… trop rapide ? »

Mais cela m'appelle… il m'appelle, même si c'est silencieusement.

« Eh bien… bonne nuit. » J'offre, rapidement mes yeux étudiant les siens.

Il avale une fois de plus, et acquiesce. « Bonne nuit, Bella. »

Je rentre dans la chambre et ferme la porte. Mon corps tombe contre celle-ci dans un bruit sourd et j'espère qu'il ne l'a pas entendu. Je m'accroupie sur le tapis et je baisse la tête.

Est-ce que nous en sommes là ? Je ne sais pas pour le 'nous', mais je suis certaine que j'y pense… beaucoup.

Je peux les sentir. Les mêmes ailes d'aigle de l'autre nuit sont une nouvelle fois-là dans mon ventre. Est-ce qu'il les sent aussi ?

Quelque chose se passe ici… bientôt j'espère.


Voilà ! Personellement je les aime de plus en plus ces deux là… j'espère que vous aussi. N'hésitez pas à me laisser vos impressions, j'aime toujours autant vous lire et ça me motive pour la suite -)