Re-salut!
Désolée, je sais que j'aurais dût poster ça plus tôt mais je retrouvais plus mon brouillon et puis j'avais un peu la flemme aussi. Bref, voilà mon second one-shot.
Celui-ci n'est pas un de mes rêves, heureusement. Mais c'est le rêve d'un personnage que vous reconnaîtrez probablement très vite.
Titre : Armistice
Genre : Hurt/comfort, angst, horror avec un soupçon de romance
Rating : plutôt T, je dirais
Couple : GerIta ou ItaGer, ça dépend comment on le voit
Disclaimer : Hetalia n'est pas à moi, ses personnages non plus et je ne gagne rien en écrivant!
Je suis déjà venu ici. Quand ? Je l'ignore, mais cet endroit m'est familier. C'est un pré, un champ aux herbes hautes, envahi par les fleurs sauvages et cerné d'un bosquet d'arbres. Derrière moi, je sens, sans la voir, la présence rassurante de ma maison. Le ciel est bleu au-dessus de ma tête, je ne vois aucun nuage.
Plus loin, en face de moi, il y a une petite fille. Elle est brune avec des cheveux très courts et une mèche qui forme comme une petite boucle sur le côté. Elle porte une jolie robe de servante verte, toute mignonne, et un petit tablier blanc. Un grand sourire illumine son visage et l'oblige à fermer des yeux aux cils noirs et épais.
Je marche vers elle sans aucune hésitation. Mes vêtements à moi sont noirs comme la nuit mais peut-elle le voir à travers ses paupières closes? En tout cas, elle n'y fait pas attention et prend en riant la main que je lui tend. Ce simple geste m'emplit de bonheur. Je me rapproche encore et nous commençons à marcher, ensemble, main dans la main. Des insectes viennent nous gêner mais je les écartes du revers de la main. Ils n'ont pas le droit de toucher à ma petite servante. Elle n'est qu'à moi.
Elle a l'air heureuse. Elle sourit alors je souris en retour et continue de marcher. Le chemin est un peu accidenté alors je prend bien garde aux obstacles. Il ne faut pas qu'elle se blesse. Il faut que nous continuions de marcher. Je ne peux plus la regarder, je dois me concentrer sur la route. Tant pis, je l'admirerai autant que je le voudrai quand nous serons arrivés. Et nous serons heureux, tous les deux. C'est un simple rêve d'enfant mais c'est mon rêve. Et je rêve tellement que je ne vois pas les insectes qui se multiplient et nous tournent autour, pour essayer de nous retenir. Je ne vois pas les nuages qui s'amoncellent au-dessus de nous. Je ne vois pas les fleurs sauvages qui disparaissent, une à une. Je suis bien trop perdu dans mon rêve pour y prêter attention.
Je sens qu'elle ralentit, un peu. Je resserre ma prise sur sa main et continue à marcher malgré son hésitation. J'ai confiance en elle. Elle me suivra alors je la presse en avant. Mais, au lieu d'accélérer, comme je lui demande, elle semble ralentir encore. Je la tire en avant, il ne faut pas qu'elle s'arrête!
Le cris d'horreur qu'elle pousse soudain m'interrompt. D'une secousse, elle lâche ma main et s'enfuit dans la direction opposée. Stupéfait, je la poursuis dans les herbes hautes. Je l'appelle, la supplie de m'attendre. Mais elle secoue la tête sans cesser de courir. Les herbes et les insectes gênent ma progression mais je la poursuis de toutes mes forces. Pourquoi me quitte-t-elle? Je n'ai rien fait de mal! N'est-ce pas?
Finalement, je la rattrape. Je la retiens par les bras et l'oblige à s'arrêter. Elle se retourne et me regarde. Stupéfait, je la lâche mais elle ne fuit plus. Elle a cessé de sourire et ses yeux se sont ouverts. Ils sont immenses et innocents, de la couleur de l'or. Mais la peur les fait trembler. Brillants de terreur, ils restent fixés sur moi. Des larmes commencent à rouler sur ses joues rondes de petite fille. Je tend les mains vers elle, je veux la consoler mais elle recule, pleine d'effroi. C'est moi qui l'effraie à ce point. Et là, je vois pourquoi : mes mains, mes petites mains sont maculées de sang.
Pas seulement mes mains. Mes bras, mes manches, ma tunique, mes bottes, ma cape, tout ruisselle du liquide écarlate. C'est moi qui m'en suis couvert, sans m'en rendre compte. Comment? Comment est-ce arrivé? Je veux reculer, revenir là où nous étions avant mais rien à faire. Mon corps ne m'obéit pas. Où bien est-ce cet endroit? Peu importe, à présent, il est impossible de revenir en arrière.
Ma petite servante est pétrifiée d'horreur. Ses yeux d'or sont exorbités tandis qu'elle regarde ses propres mains avec effroi. Elles aussi sont couvertes de sang, par ma faute. Dévastée, elle tombe au milieu des herbes rougies et brûlées. Autour de nous s'est abattue une nuit sans lune et sans étoile. Elle pleure. Elle pleure, elle sanglote et ses larmes sont rouges aussi. Maintenant, c'est elle qui saigne. A cause de moi.
Je ne peux plus l'aider, je ne peux plus la consoler, je ne peux même plus l'approcher. Je ne peux que rester là, impuissant, à la regarder verser des larmes d'horreur et de terreur. Et je regrette. Oh, comme je regrette! Les insectes autour de nous ne comprennent pas mon chagrin, ne voient pas ma souffrance. Ils me piquent et me piquent, encore et encore. Je les laisse faire. Je mérite d'être puni. Pour avoir perdu ma petite servante. Pour m'être perdu moi-même. Et je regrette...
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Paniqué, j'ouvre les yeux. Je tremble, mon cœur bat comme un tambour et mon corps est en sueur. Mais tout va bien.
Je suis dans ma chambre, sombre et silencieuse, allongé sur mon lit. Je me redresse lentement, comme pour m'astreindre au calme. L'obscurité autour de moi m'oppresse. J'allume ma lampe de chevet en tachant de contrôler ma main fébrile.
A côté de moi, quelque chose bouge sous les couvertures. Une tignasse brune avec une boucle sur le côté émerge lentement des draps et deux orbes d'or ensommeillées se posent sur moi.
- Ve... Ludwig?, murmure mon petit italien, encore dans les vapes.
Je soupire et me frotte le visage, à la fois crispé et rassuré par sa présence dans mon lit. A nouveau, je tend la main vers la lampe et éteint la lumière.
- Je t'ai réveillé? Pardon, soupire-je en me recouchant.
- Est-ce que tu vas bien?, fait-il à nouveau.
- Oui, oui. Tout va bien, Feliciano... J'ai fais un mauvais rêve, c'est tout... Rendors-toi.
Il acquiesce et retombe sur l'oreille. Mais sa voix revient chatouiller mes oreilles quelques instants plus tard.
- Ludwig, quelle heure il est?
- Trois heures et demi du matin, grommelle-je après un bref coup d'œil au radio-réveil sur la table de chevet.
- Ve... C'est la fête, aujourd'hui, non?
- Hum?
Dans le noir, je le sens se tourner vers moi et m'enlacer tendrement. Je n'ai aucune envie de l'en empêcher. D'habitude, c'est à moi de le rassurer. C'est étrange comme situation.
- Ça fait soixante-huit ans, jour pour jour, qu'on a perdu, pas vrai?
Je frémis dans son étreinte. Je sens mon cœur tambouriner dans ma poitrine. De tristesse? De joie? De colère? De honte? Il le sent et se colle un peu plus contre moi, comme s'il cherchait à m'apaiser. Quelques baisers tombent au creux de mon cou.
- Joyeuse armistice, murmure-t-il à mon oreille.
- Ja...
Bon, je vous dois peut-être une petite explication.
En fait, depuis un bout de temps, j'avais envie d'écrire ma vision personnelle de la seconde guerre mondiale et, pour moi, le chibitalia était tout indiqué. Le truc c'est qu'on avait beau me le tourner dans tous les sens, avant même que je découvre Hetalia, quand on me parlait des guerres mondiales, tout ce que j'imaginais, c'était des gamins de maternelle entrain de se disputer. D'ailleurs, ça m'a fait le même coup avec la guerre froide. Sérieusement, vous trouvez pas le comportement des politiques puéril, parfois?
Bref, je vous ai écrit ma vision des choses sous le point de vue d'Allemagne, vous l'avez compris. D'ailleurs, je l'ai peut-être fait un peu OOC, non? J'espère que ce n'est pas trop choquant quand même.
J'espère que vous avez aimé cet OS. Le suivant portera probablement sur du FrUk et, après, je compte essayer de faire du spamano. Si vous avez envie de voir un couple ou un contexte en particulier, dites-le et je ferai de mon mieux pour vous contenter avec mon misérable talent en écriture *mode carpette activé*.
Ah! Et, au fait! Prévenez-moi si l'un d'entre vous vient à la JE, le samedi, pour le rassemblement hetalien! Je serais là-bas, habillée en nyo!France.
Alors à bientôt, peut-être?
