Et voilà le petit OS de FrUk que je vous ai promis! Beaucoup moins sombre que les deux fics' précédentes mais bon, ça fait du bien de changer un peu, non?
Titre : Comptine
Genre : Friendship ou Romance, selon que vous shippez ce couple ou pas. Du fluff et de la guimauve, découseillé aux diabétiques
Rating : K
Couple : FrUk
Disclaimer : Rien à moi, comme d'habitude.
- La fée résista plusieurs mois aux avances que lui faisait le beau prince, refusant officiellement ses présents pour les récupérer avec tendresse dés que l'occasion se présentait.
Angleterre se pelotonna un peu plus contre l'épaule de France, adossé au tronc de l'arbre sous lequel ils s'étaient assis, les yeux mi-clos, bercé par la voix de conteur de son aîné. Il tenait entre ses bras un petit lièvre qu'il avait trouvé dans les buissons et qu'il caressait doucement au fil de l'histoire. Le petit animal ne bougeait pas, comme conscient de la beauté du moment que partageaient les deux jeunes nations, à la fois rivales et alliées, adversaires et partenaires, ennemies parfaites et amies de toujours. Rien ne pouvait briser ce fragment de complicité si rare entre les deux enfants.
- Elle agit ainsi, dans toute son orgueil, jusqu'au jour du couronnement. A peine le sceptre fut-il entre les mains du nouveau roi que la grande dame apparue en face de la cour. "Vous êtes à présent roi." dit-elle "C'est encore peu, comparé à ma valeur, mais vous êtes suffisamment proche de ma condition pour obtenir ma réponse."
Le garçon aux boucles blondes se tourna avec un sourire taquin vers les yeux verts endormis surmontés d'une grosse paire de sourcils qu'arborait son public. Celui-ci mit quelques secondes pour se rendre compte que son conteur avait cessé sa lecture. Il leva ses orbes couleur forêt vers l'azur que représentaient celles de son aîné et demanda d'une voix qui se voulait ressembler à un grognement agacé :
- Tu attends quoi pour continuer, stupid froggie?
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France eut un petit rire en entendant cette phrase tellement digne de son voisin d'outre-manche.
- J'ai le droit de faire une pause, non? Aie un peu de respect pour le lecteur, mon lapin!, fit-il d'une voix qui se voulait vexée.
Il pouffa légèrement en l'entendant grommeler quelque chose qui ressemblait à "I'm not your bloody rabbit... damn frog..." Pourtant la situation ne se prêtait absolument pas au rire. Le punk aux gros sourcils était allongé dans son lit, rouge comme une tomate à cause de sa fièvre que la serviette humide sur sa tête peinait à contenir. Sa respiration était lente et plutôt stable malgré certains moments de suffocation assez effrayants. Tout semblait indiquer qu'il dormait, ce qui avait beaucoup étonné France lorsque le malade lui avait demandé d'une voix faible, timide et passablement gênée s'il pouvait lui lire son conte de fée.
Il avait hésité mais n'avait pas sut résister à la mine pleine d'espoir de son petit Arthur. Le livre de conte relié de cuir, caché dans le troisième tiroir de la table de chevet, lui avait arraché un sourire. Après tout ce temps, il le rangeait encore à la même place. L'anglais l'ignorait peut-être mais cet ouvrage était un exemplaire unique. Francis lui avait offert lorsqu'ils étaient enfants. Il l'avait écrit lui-même, de sa propre plume encore un peu tremblante. Le petit garçon qu'il était à l'époque avait été très fier de la qualité de son texte.
Avec un soupire légèrement nostalgique, il poursuivit sa lecture.
- Fou de joie de voir ses prières exaucées, le roi demanda une ultime fois la fée en mariage, ce qu'elle accepta avec un bonheur dissimulé. Il l'épousa et ils régnèrent de longues années sur le royaume. Elle lui donna deux merveilleux héritiers qui, une fois adulte, régnèrent avec force, bonté et sagesse...
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- ... On raconte qu'après quelques temps, la fée aurait rendu le roi immortel et l'aurait emporté dans son palais pour l'avoir auprès d'elle pour toujours. Ils sont probablement toujours en vie, heureux et unis à jamais. Fin.
L'enfant-nation ferma son livre et le laissa à côté de lui, dans l'herbe, aussi doucement qu'il put pour ne pas réveiller la tête blonde endormie sur son épaule. Avec mille précautions, il la souleva et la posa sur ses genoux. Le lièvre que tenait Angleterre se glissa hors des bras du petit garçon et disparut dans les buissons en quelques bonds. Arthur gigota quelques instants pour trouver une position plus confortable et finit par s'étendre de tout son long, ayant pris les genoux de Francis comme oreiller.
Il ne dormait pas vraiment, bien sûr. Il n'était pas un gamin que l'on peut endormir avec un simple conte de fée! Et s'il faisait semblant de dormir, c'était juste pour embêter le français. S'il dormais sur lui, le pays du lys n'oserait pas se lever et ne pourrait pas repartir pour on-ne-sait-quelle-affaire urgente! Voilà, c'était juste pour l'embêter. Et absolument pas pour retenir la grenouille près de lui, absolument pas!
Il sentit soudain une main douce se poser avec délicatesse dans ses cheveux blonds. Il faillit protester mais cela aurait grillé sa couverture alors il se fit violence et laissa le plus âgé lui caresser la tête. Il ne parvint cependant pas à retenir le petit sourire apaisé qui venait se poser sur son visage tandis que les doigts de France s'enfouissaient dans ses épis couleur de blé. Ce sourire disparut brutalement lorsque plusieurs voix retentirent, un peu plus loin. Elles appelaient la nation française pour l'emmener loin de lui...
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- Francis! Eh! Francis! Y'a ton boss au téléphone! T'es où? Il veut te parler!
France ôta sur-le-champ sa main des cheveux de son rival d'outre-manche. Hors de question qu'on le trouve en train d'avoir un geste de tendresse envers lui. Même malade, Angleterre restait Angleterre. Il s'apprêtait à aller répondre lorsqu'une voix faible l'en empêcha.
- No... Don't... Don't you dare leave me... Wanker...
Il se retourna. Les yeux d'Arthur étaient toujours fermés mais les traits de son visage s'étaient tendus. Il semblait un peu en colère, et surtout très effrayé. Il rêvait très certainement. Francis jeta un regard à la porte de la chambre. Son boss était prioritaire. Il avait des responsabilités à tenir. Il était la République Française, après tout. N'est-ce pas?
- No... No, you can't... Don't go away... You stupid frenchie...
Francis se fit violence pour résister à la voix suppliante d'Angleterre. Pourquoi avait-il tant de mal à le laisser?
- ... Don't leave me... Please?...
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Un soupir résigné retentit dans la petite clairière et Arthur vit avec une joie dissimulée le français revenir sur ses pas. Joie de courte durée malheureusement.
- Désolé, mon lapin, mais il faut vraiment que je parte, fit Francis en ébouriffant à nouveau la tignasse blonde de son cadet.
- No... Please don't...
- Je reviens vite, c'est promis. D'accord?
- Non! Non, tu restes avec moi et c'est tout!
Sans prévenir, Angleterre, du haut de ses quatre ans d'apparence, attrapa la jambe du français stupéfait et s'y agrippa comme une sangsue. L'aîné semblait avoir presque le double de son âge mais impossible pour lui de décrocher de sa botte ce qui n'était plus qu'un petit garçon ayant peur d'être abandonné. Disparue sa fierté de nation, disparue la froide Angleterre. Il n'était plus que le petit Albion, un enfant sans autre réconfort que les créatures des bois. Mais France avait toujours ses devoirs et les envoyés de son roi le cherchaient...
- Je te lâcherai pas, Boucle d'or, grommela l'enfant-nation, rouge jusqu'à la racine des cheveux.
- Ecoute Angleterre, je dois vraiment y aller là...
- I don't care, Blondy. But...
- Quoi?
Arthur rougit encore plus, ce qui semblait vraiment impossible sur le moment.
- Je... J'accepterai de te lâcher si tu me chantes ta comptine...
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Francis avait été stupéfait lorsque, dans son sommeil, le malade avait attrapé sa manche et l'avait serrée si fort que ses jointures en étaient devenues blanches, en disant qu'il ne le lâcherait pas. Et il l'était plus encore en l'entendant réclamer la comptine qu'il avait l'habitude de lui chanter dans leur lointaine enfance. Ça ne ressemblait pas du tout à ce que ferait l'anglais en temps normal. Il devait délirer à cause de la fièvre, c'était sûrement ça. France ouvrit la bouche pour répondre, mais Angleterre marmonnait toujours.
- ... Après tu pourras partir... T'es même pas obligé de revenir, damn frog... Je me porte toujours mieux sans toi de toute façon... Mais je... Je veux me rappeler de ton horrible voix de crapaud... Alors tu chantes, oui?...
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Francis parut si médusé qu'Arthur se demanda s'il avait bien entendu ses arguments. Cependant, après plusieurs secondes, le visage du français s'adoucit et, sans rien ajouter, il commença la berceuse que l'enfant-plus-si-sauvage avait déjà entendu tant de fois.
- Te dirai-je, bel enfant,
Ce qui cause mon tourment :
Le roi veut que je raisonne
Comme une grande personne.
Moi, je dis que mon Albion
Vaut bien mieux que la raison...
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La prise sur la manche de France se desserra, de sorte que le jeune homme put décrocher la main d'Angleterre. Ce dernier semblait enfin plus paisible. Il se pencha une dernière fois sur le malade et embrassa le peu d'espace que les chenilles lui servant de sourcils laissaient à son front brûlant. Arthur n'avait, en fait, pas tellement changé du petit Albion. Il avait toujours autant besoin de quelqu'un pour qui compter.
- Grand frère France reviendra toujours te voir, c'est promis, murmura Francis avant de se détourner et de sortir rejoindre Dylan qui l'appelait pour lui passer son boss au téléphone.
Derrière lui, un sourire paisible et probablement involontaire se dessina sur le visage d'Arthur, toujours endormis...
Je ne sais pas pourquoi mais je suis moins satisfaite de cette fic-là que des deux autres. Je crois que j'ai fait Arthur un peu OOC, comme Allemagne dans celle d'avant. Votre avis?
La prochaine sera un spamano un peu étrange. Matta ne!
