Je n'aime pas ce que j'ai écrit. Au début, je trouvais mon idée sympa mais là... Bref, j'ai promis un SpaMano, voilà un Spamano.

Le scénario vient d'un court métrage adorable sur Youtube, appelé Chiruri. J'ai pensé que l'histoire pouvait correspondre assez bien mais maintenant... Bon, c'est trop tard pour ça. Et je sais que ça n'a pas vraiment de rapport avec le monde des rêves et des cauchemars mais bon... Voilà l'adresse de la vidéo : www. youtube watch?v=_VK2il0LnOY , enlevez les espaces.

Titre : Larmes d'azur

Genre : heu... hurt/comfort et un peu romance.

Rating : K+ pour frappage de tête

Couple : Spamano

Disclaimer : Si Hetalia était à moi ça ferait longtemps que pas mal de nations seraient mariées. Mais tout appartient au génialissime Hima-Papa.

J'espère que c'est pas trop nul. Bonne lecture!


Lovino ne savait plus depuis quand il marchait, là, tout seul, perdu au milieu de ce désert. Une heure? Un jour? Une semaine? Une éternité lui paraissait plus correct comme réponse. Il avait cru que quitter sa famille pour faire sa vie ailleurs serait une bonne idée. Voilà ce qu'il gagnait à être indépendant : des ampoules aux pieds et une gourde vide.

Le sol était plat, sec et poussiéreux sous ses pieds sales et nus. Un brouillard constant entourait le jeune homme, dissimulant les alentours et cachant le soleil. Ce triste paysage n'avait pas changé depuis son départ et Lovino commençait à sentir ses nerfs lâcher. Pestant contre ce maudit désert, il ouvrit sa gourde pour tenter d'avaler des gouttes imaginaires collées au fond de la bouteille. Mais il avait beau faire, rien ne venait couler dans sa gorge pour étancher sa soif.

Le jeune homme jeta sa bouteille sur le sol nu avec un râle de colère et une série de jurons colorés, comme tentant d'insuffler un peu de vie à ce morne paysage. Il frappa le sol plusieurs fois, fit voler la poussière et les quelques pierres pointues sur son chemin. C'est alors que, relevant la tête, il distingua subitement, dans le brouillard qui s'était légèrement dissipé, les contours angulaires d'une ville. Lovino y vit une lueur d'espoir pour son pauvre gosier desséché. Sans même jeter un regard à la bouteille vide abandonnée au sol, il se dirigea à pas aussi assurés qu'il le pouvait vers les formes sombres qui se présentaient comme son salut.

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Antonio avait presque tout perdu. Sa pauvre petite ferme, où il cultivait seul ses tomates, avait disparu, emportée par une tempête. Il ne lui restait plus que les vêtements qu'il portait, un panier de tomates mûres sauvées de justesse et son cœur débordant d'un optimisme complètement ridicule. Il s'était donc rendu en ville, espérant y trouver des acheteurs pour les fruits de son travail. A présent, assis sur un banc, dans la rue bondée de passants, il examinait les légumes rouges et charnus qu'il aimait tant, tâchant d'estimer combien il pourrait en tirer.

Il jeta un regard aux passants qui marchaient dans la rue, le dos courbé et le regard vide, lassés de la ville grise et triste dans laquelle ils vivaient. Ils avaient tant besoin de couleur, de joie, de vie dans cet endroit si monotone. Le jeune homme était très fier de ses tomates. Elles étaient réputées, dans sa région natale, pour leur goût frais et leur chaire ferme et juteuse qui rendait la bonne humeur à tous ceux qui y goûtaient. Il suffisait de regarder leur belle peau cramoisie pour se sentir plus heureux. Il avait toujours su s'occuper de ses plants. Il n'y avait nul doute que s'il parvenait à en vendre assez pour racheter des graines, il parviendrait à s'en sortir sans problème. Les gens de cette ville avaient autant besoin de lui qu'il avait besoin d'eux. Résolu, il remit la tomate qu'il examinait dans son panier, se leva de son banc et partit proposer ses produits à ses nouveaux clients.

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Cela faisait plusieurs heures que Lovino marchait dans la ville grise, entre les espèces de clones qui déambulaient dans les rues, lents et mornes, accablés sous leurs problèmes. Lui, il s'en moquait un peu de tous ces gens qui avaient perdu l'espoir. Tout ce qu'il cherchait, c'était de quoi étancher la soif brûlante qui lui meurtrissait la gorge. Mais pas une fontaine, pas une source, pas une flaque d'eau dans ce nouveau désert gris qui s'offrait à lui. Et le jeune homme aux yeux d'or n'était pas de la nature la plus patiente qui soit.

Il poursuivit sa route, pestant contre le bitume et ses pieds qui le faisaient souffrir, jusqu'à apercevoir, tout au fond d'une petite ruelle, un robinet en métal, légèrement rouillé mais prometteur. Lovino marcha vers lui, oubliant même de jurer tant cette trouvaille inattendue le réconfortait. Il s'agenouilla devant le tuyau comme s'agenouillent les fidèles à l'église, tourna la vanne en tremblant de joie, joignit les mains pour récupérer la récompense de sa longue errance... Et lâcha un juron dégoûté. L'eau qui coulait du tuyau était noire comme de la suie et épaisse comme de la boue. Elle coulait lentement sur sa peau claire et tombait au sol avec un bruit humide, laissant derrière elle une grosse traînée absolument écœurante. Cette chose était tout sauf de l'eau! Il faudrait le payer pour qu'il accepte de boire une substance aussi répugnante! Avec une grimace horrifiée, Lovino se releva et reprit son chemin, essuyant ses mains souillées sur sa chemise sale. Il y avait forcément un autre point d'eau, quelque part dans cette ville.

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Antonio déambula quelques temps entre les passants pressés, tachant de déceler lequel serait le plus apte à s'arrêter quelques instants pour lui acheter un de ses fruits. Il se décida pour un jeune homme, semblable à tous les autres, qui semblait un peu plus ouvert. Il se planta devant lui, l'obligeant à s'arrêter quelques instants pour admirer la superbe tomate qu'il venait de sortir de son panier.

- Bonjour monsieur ! sourit Antonio. Voulez-vous une tomate ? Elles ne sont pas chères du tout vous savez ? Si vous m'en achetez une je peux même vous offrir un sort de bonne humeur et...

Malheureusement, l'homme le contourna sans lui répondre, sans même daigner le regarder, lui mettant le plus gros vent de toute l'histoire des vents. Antonio se tut, un peu gêné. C'est alors qu'un autre passant le bouscula par inadvertance, renversant le panier de tomates et son propriétaire par la même occasion, avant de poursuivre son chemin sans même lui jeter un regard. Antonio lui aurait bien reproché son manque de politesse mais... Oh non ! Les tomates ! Ses jolies tomates, si rouges, si juteuses ! Elles risquaient de s'abîmer, éparpillées ainsi sur le trottoir. Antonio s'empressa d'en réunir le maximum et de les remettre dans son panier, un peu refroidi dans son enthousiasme par la réaction de l'inconnu. Heureusement, elles n'étaient pas trop sales, il pouvait toujours les vendre. Un nouveau sourire se dessina sur les lèvres du jeune homme alors que son optimisme débordant reprenait le dessus. Rien n'était perdu. Il avait simplement abordé la mauvaise personne. Tout irait bien, n'est-ce pas ?

Rassuré, il se releva et se remit en quête d'un client dans l'immense foule d'anonymes...

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A force de marcher, encore et encore, Lovino finit par apercevoir, derrière un haut grillage, un vieux puits en pierre. La manivelle était baissée, le seau devait être tout au fond de l'eau. Le seul obstacle était cette grande barrière de métal rouillé qui pouvait vous donner le tétanos rien qu'en la regardant. Mais ce n'était pas ça qui allait l'arrêter !

Décidé, Lovino commença à grimper, grognant et jurant pour la forme. En pensée, il remerciait sa région natale d'avoir tant de montagnes à escalader. Il s'égratignait les paumes et les genoux sur le grillage rugueux et lâchait une insulte toute les trois secondes mais rien ne pouvait l'arrêter maintenant. Ce puits, il allait l'atteindre, prendre le seau et boire, boire et boire encore jusqu'à ce que sa gorge soit totalement apaisée.

Enfin, il arriva en haut. Il passa prudemment une jambe au-dessus, mais glissa et s'écroula au sol de l'autre côté de la barrière. Il lâcha encore une bonne quinzaine de jurons contre cette p... de grille en tenant sa tête qui avait violemment heurté le bitume. Un peu plus, et il se fendait le crâne. Heureusement, il n'avait rien.

Avec bonheur, il se releva, s'approcha du puits et regarda à l'intérieur pour voir l'eau promise... Avant de lâcher un cri de rage et de désespoir : le puits était bouché par du ciment et le seau gisait là, parfaitement sec, entre les craquelures claires. Lovino jura, encore et encore, frappa le muret, se roula au sol, jusqu'à ce que sa colère soit apaisée. Il se releva lentement, repassa au-dessus de la barrière, sans tomber cette fois, et se remit à chercher, inlassablement, la moindre petite trace d'eau dans cette maudite ville...

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Antonio était presque découragé. Il avait marché toute la journée, proposant ses tomates à tous ceux qu'il voyait. Mais personne ne l'avait écouté, personne ne s'était arrêté, personne n'avait même songé à le regarder. Épuisé, assis sur le trottoir de la rue maintenant vide, il fixait le bout de ses chaussures, dégoûté de l'obscurité qui s'était installée dans la ville. Il allait passer sa nuit ici, c'était certain. Mais bon, il avait toujours ses tomates. Quelqu'un finirait bien par les lui acheter, n'est-ce pas ?

Un bruit de pas le tira de ses pensées. Là, dos courbé, un homme solitaire marchait dans la rue. Avait-il fait des heures supplémentaires ? Peu importait après tout. Ragaillardi, Antonio se leva et marcha vers lui avec son plus beau sourire. L'homme s'arrêta et le regarda un instant. C'était suffisant.

- Bonjour monsieur ! dit Antonio en sortant un fruit du panier. Voulez-vous une to...

Il ne termina jamais sa phrase. Son regard venait de tomber sur la pauvre tomate qu'il venait de prendre. Sa magnifique peau, auparavant rouge et brillante, était maintenant terne et toute rabougrie. La chaire, à l'intérieur, devenait noire et pourrissait à vue d'œil. Effrayé par cette vision d'horreur, Antonio lâcha son précieux fruit qui vint s'écraser sur la veste impeccable de son client potentiel. Il jeta un œil à son panier et écarquilla les yeux. Toutes ses belles tomates, ses précieuses tomates, étaient en train de pourrir sur place! Impossible de les récupérer! Elles étaient immangeables!

L'homme à qui il venait de proposer ses fruit lança un regard vide à sa veste tachée de rouge avant de revenir sur Antonio qui déglutit de terreur. Il s'approcha de lui, lentement, mécaniquement, jusqu'à ce que le jeune vendeur soit accolé au mur. D'un geste brusque, il attrapa sa tête et la cogna brutalement contre la paroi de béton avant de repartir, comme si de rien n'était.

Antonio s'écroula à terre, sonné, alors que son panier se renversait à nouveau. Il se tint le crâne en tremblant de douleur, au milieu des tomates pourries, et attendit longtemps que la souffrance cesse...

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Lovino avait cherché toute la journée la moindre goutte d'eau qu'il pouvait trouver. Mais rien, pas la plus petite trace d'humidité dans cet océan de grisaille qui l'entourait. Et sa soif n'arrêtait pas de s'accentuer. Désespéré, il retourna à l'unique robinet qu'il avait trouvé, au cœur de la ville triste.

L'eau noire et sale s'écoulait rapidement sur le bitume. Elle sentait très mauvais mais il n'avait pas le choix s'il ne voulait pas mourir de soif. Refrénant son dégoût, Lovino joignit ses mains sous le jet, récupérant une lapée du liquide écœurant. Il rassembla son courage et, d'un geste brusque, se força à avaler.

Cette chose avait le goût de la mort et l'odeur de l'enfer. A peine avait-il finit de boire qu'un haut-le-cœur le saisit. Il tomba au sol pour vomir le poison qu'il venait d'ingérer, mêlé à une bile épaisse. A bout de souffle, perdu, affamé et assoiffé, Lovino lâcha un long râle de colère et de désespoir, se laissa tomber à plat ventre sur le goudron et ferma les yeux. Il avait fait tout ce qu'il pouvait. Il s'était battu mais, apparemment, personne ne lui laissait la moindre chance de survivre. Il ne restait plus qu'à la mort de venir l'emporter...

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La douleur mit longtemps à partir. Lorsqu'enfin sa tête ne lui parut plus sur le point d'exploser, Antonio rouvrit les yeux. Ses tomates continuaient à pourrir, dispersées au sol. Très lentement, le jeune homme se leva, reprit son panier et commença à ramasser les fruits, salissant ses mains avec le pus sombre qui en coulait. Continuer et sourire, sans se laisser abattre. C'était ce qu'il savait faire de mieux.

Pourtant, alors qu'il ramassait la dernière, il regarda avec un regard vide la chaire noire autrefois si fraîche et pulpeuse, la peau craquelée qui avait été si rouge et douce, le jus fermenté et acide qui s'écoulait par les fissures... Il la laissa tomber sur le goudron où elle éclata avec un gros "SPLOC". Avec colère et désespoir, il jeta son panier au sol. Tout ce qui avait été ses tomates s'écrasa parterre, répandant une odeur de pourriture dans la rue déserte.

Antonio tomba à genoux et, soudain, sans prévenir, se mit à pleurer. Des larmes bleues comme le désespoir coulaient de ses yeux comme deux torrents à la fonte des neiges, laissant une trace d'azur sur ses joues et tachant ses vêtements sales. Des sanglots remontaient dans sa gorge et éclataient silencieusement dans sa bouche, sans qu'il ose les laisser sortir. Il porta ses mains à ses yeux, comme pour essayer de retenir le flot qui s'en échappait mais c'était impossible. Les larmes tombaient au sol de façon ininterrompue et se répandaient en une large flaque d'eau qui, peu à peu, s'écoula hors de la rue et gagna le reste de la ville...

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La mort peut être lente, paresseuse, en retard. Suffisamment en retard pour changer d'avis.

Lovino en avait assez de se battre contre du vent, assez de chercher ce qui lui semblait être un rêve. Il en avait assez, tout simplement. Rien ne semblait plus pouvoir le faire bouger de cette ruelle sombre ou il s'était écroulé.

Pourtant, sa main droite, étendue devant lui, tressaillit brusquement, par réflexe, avant même qu'il ne comprenne ce qu'il avait sentit. Il rouvrit lentement les yeux et darda son regard d'or devant lui. Un long filet humide venait de couler jusqu'à sa main. Une étrange eau de couleur bleue comme de l'encre tachait ses doigts. Il suivit des yeux le chemin que formait le petit ruisseau jusqu'à l'extérieur de la ruelle.

Alors, sans trop savoir comment ou pourquoi, il se releva lentement et, oubliant de jurer contre son corps qui le faisait souffrir, se mit à la recherche de la source de cette étrange eau de couleur bleue.

Il marcha quelques secondes, quelques minutes, quelques heures, il n'en savait rien mais il marcha. Et lorsqu'il cessa de marcher, il le vit, ce jeune homme agenouillé au milieu de la rue, ses mains plaquées contre ses yeux grands ouverts pour essayer de retenir le flot de larmes bleues qui en tombait. Ce jeune homme était beau, même s'il ne l'aurait jamais avoué, et l'eau qu'il laissait échapper lui donnait l'air d'une sculpture de marbre exposée au centre d'une fontaine.

Lovino marcha vers lui, son habituelle fierté annihilée par la soif qui l'habitait. Il s'assit en face du jeune homme inconnu qui le regarda avec surprise derrière ses larmes. Il tendit une main tremblante vers sa joue, y récupérant quelques gouttes qui vinrent se loger au creux de sa paume. Doucement, presque timidement, il lécha ces larmes qui teintaient ses doigts d'azur. Elles étaient bonnes, fraîches, à peine salées...

Le jeune homme pleurait toujours, bien qu'il faisait des efforts visibles pour retenir ces larmes qui s'enfuyaient contre sa volonté. S'il ne voulait pas de ces larmes, Lovino, lui en avait besoin. Doucement, le plus jeune se rapprocha du visage noyé de bleu, et posant ses lèvres sous son œil gauche, il se mit à boire goulûment le filet qui s'en échappait...

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Stupéfait, Antonio ne réagit pas. Personne n'avait jamais bu ses larmes avant. Peut-être parce qu'il faisait toujours en sorte de ne jamais pleurer. Les yeux écarquillés de stupeur malgré l'eau qui en ruisselait, il pouvait voir cette gorge tendue vers son œil gauche et quelques gouttes rescapées qui couraient sur sa peau. C'était étrange, mais pas désagréable.

Peu à peu, il sentit sa tristesse et son désespoir disparaître en même temps que ses larmes, lentement, comme un ballon percé libère doucement son air. C'était doux et tendre, deux sensations qu'il n'avait pas ressentit depuis bien longtemps. C'était donc cela, recevoir de l'aide?

Ses larmes se réduisirent jusqu'à disparaître complètement. Il se sentait le cœur léger, comme s'il pouvait s'envoler, à tel point que cela en faisait presque mal. Le jeune garçon aux yeux d'or s'écarta doucement. Il le regarda et se mit à rougir d'une façon si adorable qu'Antonio esquissa un minuscule sourire attendri. Il semblait apaisé, lui aussi, quoiqu'il ait put chercher dans ces larmes.

- Va pas te faire d'idées... bordel... J'ai bu parce que j'avais soif, compris?

Antonio sourit un peu plus. Le jeune garçon était d'une mauvaise fois évidente et presque touchante. Sa fierté était revenue au galop. Pourtant, d'une voix si minuscule et timide qu'elle ne semblait pas venir de lui, il ajouta :

- ... Merci.

Antonio sentit son cœur déborder de joie et les larmes revenir à ses yeux. Mais, cette fois, ce n'étaient plus des larmes bleues et tristes. Ces larmes-là étaient claires et pures, comme de petites gouttes de bonheur qu'il ne contenait plus. Les sanglots interrompus revinrent en masse et forcèrent la bouche, éclatant bruyamment dans la ruelle sombre. Ces larmes-là étaient saine et, même si elles faisaient mal, c'était bon de les voir couler.

Face à lui, Lovino s'inquiéta. Enfin, non, il ne s'inquiétait pas pour quelqu'un qu'il venait de rencontrer, c'était pas son genre. Et même s'il était très beau, même s'il lui avait sauvé la vie en le laissant boire ses larmes, même s'il voulait à présent, plus que tout, revoir le minuscule sourire qu'il venait de faire il ne s'inquiétait pas parce que cet imbécile pleurait! Ça non! Il voulait juste qu'il arrête d'inonder la rue, voilà!

- Mais... Pleure pas, bordel! Je... C'est plus la peine!, fit le jeune garçon, les joues encore rouges.

De colère, hein? Rouge de colère! Il était énervé d'avoir dû le remercier! C'était pas qu'il était gêné, et encore moins parce qu'il trouvait cet étranger excessivement beau!

Voyant que les larmes ne cessaient pas, Lovino se pencha maladroitement sur l'inconnu et entoura timidement – non, très virilement et parce qu'il était obligé! - son torse de ses bras. Il le tint comme ça, contre lui pendant longtemps, très longtemps, jusqu'à ce que les larmes cessent...

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L'aube colorait déjà le ciel d'une pâle lumière rosée. Antonio ramassa son panier à présent vide et sourit à nouveau, de ce sourire optimiste qu'il faisait si bien. Ce panier valait bien quelques pièces, assez pour vivre. Ensuite, il pourrait trouver un travail, et gagner assez pour s'acheter des graines, et ainsi recommencer à cultiver ses tomates, comme avant. Il se tourna vers le jeune homme qui lui avait dit s'appeler Lovino. Il le vit détourner précipitamment le regard et rougir. Il laissa échapper un petit rire. Il était adorable.

Comme pour détourner son attention, Lovino désigna les tomates tombées au sol.

- Tu vend des tomates, idiot?

- Vendais. Je recommencerai dés que je le pourrai.

- Préviens-moi quand ça arrive. T'auras besoin d'au moins un client, espèce de boulet...

Il le regarda s'empourprer encore et sourit à nouveau. Décidément, il souriait beaucoup avec lui. Il n'avait pas à se forcer, c'était agréable.

Un ange passa avant que Lovino ne demande, d'une voix quasiment inaudible :

- T... T'auras besoin d'aide pour trouver du boulot... J'en ai rien à foutre de toi mais je... Peux... Rester?

Antonio sentit son cœur battre plus fort. Lovino était si adorable à rougir et à demander ça de cette façon. Sans répondre, le jeune homme prit son cadet par la main et c'est tout naturellement qu'ils se remirent en route, ensemble, dans cette ville grise si peu accueillante. Au-dessus d'eux, le ciel était illuminé par l'aurore, porteuse de chance et d'espoir...


Oui, la fin est pas comme dans le court métrage. Je voulais pas les séparer parce qu'ils sont juste trop parfaits ensemble. Et parce que la guimauve c'est bon. Et puis voilà. L'OS suivant portera probablement sur du PruCan, ou de l'AmeriPan, à voir.