Chapitre 2 : Le cours de Potions :

Harry courrait dans le couloir, les joues rougies par la honte et l'effort. Il s'était enfui du bureau de son professeur comme un lâche et n'avait toujours pas réalisé ce qu'il avait fait.

Il se rua dans la salle sur demande, qui avait cette fois-ci pris l'aspect d'un petit salon confortable, avec dans un coin une cheminée et en face de celle-ci plusieurs canapés. Les murs bordeaux donnaient à la pièce un aspect chaleureux. Harry avait pris l'habitude de se réfugier dans cette salle quand il voulait être seul, et ces derniers temps, il se rendait très régulièrement dans celle-ci.

Depuis la mort du Seigneur Noir, Ron et Hermione passaient énormément de temps ensemble et délaissaient beaucoup Harry. Le garçon en souffrait beaucoup et s'était vraiment renfermé sur lui-même. Mais malgré cela, il avait gardé sa joie de vivre et sa bonne humeur.

Il se laissa tomber sur un des et se passa la main sur le visage.

« Je ne suis qu'un idiot »

Le plan qu'il avait échafaudé pour se rapprocher de son professeur lui paraissait au début une ''méga-trop-bonne'' idée. Mais maintenant que les choses avaient commencé, il s'en mordait les doigts. Comment son professeur allait-il réagir ?

Et le pire, c'est qu'il avait cours de potions dans une demi-heure.

Quelque part dans les cachots, le professeur Snape était avachi en face de son bureau. Il repassait sans cesse la scène qui s'était déroulée quelques minutes auparavant. Mais quelle mouche avait piqué le morveux ? Dire que celui-ci l'avait surpris était vraiment un bel euphémisme. Mais pourquoi le gamin lui avait-il dit des choses pareilles…

Après avoir réfléchis pendant quelques minutes, une seule explication lui vint en tête. Une blague. C'était une blague. Ou un pari. Sans aucun doute.

Une grande lassitude s'empara de l'enseignant. Personne n'était capable de l'aimer, et la mauvaise blague du gamin lui rappelait cruellement sa solitude. Potter junior ne valait pas mieux que son père. Mais Severus Snape n'était pas le genre d'homme à se laisser faire. Il allait se venger.

Le gamin voulait jouer ? Eh bien il allait jouer aussi. Et on verrait bien qui allait gagner, parce qu'à ce jeu-là, il se défendait très bien.

« Le premier d'entre vous qui ose ne serais-ce qu'ouvrir la bouche se prendra une punition exemplaire dont il se souviendra encore même après la fin de ses études. » Dit le professeur en entrant dans les cachots. Il avait parlé avec son habituel ton doucereux, si doucement qu'on aurait presque pu penser qu'il chuchotait. Malgré cela, tous les élèves s'étaient immédiatement tu à son entrée. L'autorité du maitre des potions était indiscutable…

Il balaya la pièce du regard et s'arrêta un instant sur sa Némésis qui était assis à sa place habituelle, dans la rangée du milieu.

La partie pouvait commencer.

S'un coup de baguette magique, il fit apparaitre les instructions de la potion du jour.

« Aujourd'hui, exceptionnellement vous ferez la préparation de la potion par binômes. Mr. Malfoy, vous ferez équipe avec Mr. Weasley, Miss Granger avec Melle Parkinson, Mr. Longdubas avec Mr. Zabini, ect. Vous trouverez la liste de tous les binômes affichée au fond de la classe.» Il s'assit à son bureau, ignorant les regards noirs que lui lançaient les Serpentards.

Harry se dirigea vers le fond de la classe et scruta la liste à la recherche de son nom, mais ce sans succès. Gêné, il se tourna vers son professeur et dit:

« Monsieur, je pense qu'il y a une erreur, je ne trouve pas mon nom sur la liste. »

Snape leva la tête et regarda son élève avec un air narquois. Celui-ci baissa les yeux pour éviter le regard de l'adulte.

« Ce n'est pas une erreur, Potter. Vu votre incapacité chronique à préparer une potion sans provoquer d'explosion, soit dit en passant on a l'impression que votre objectif dans la vie est de concurrencer Longdubas dans ce domaine, vous allez préparer seul votre potion. Au fond de la classe. Ainsi vous ne gênerez pas vos camarades de classe. »

Ledit Potter leva la tête, surpris. Et il ne fut pas rassuré par le regard que lui lança son professeur.

Il se dirigea vers la réserve pour prendre les ingrédients utiles à l'élaboration de sa potion. Ensuite, il se dirigea vers son banc et commença à faire bouillir sa préparation. Les heures qui suivaient promettaient d'être éprouvantes…

Dix minutes plus tard, le Survivant était occupé à essayer sans succès d'écraser ses racines de Mandragores. Il était tellement occupé à se concentrer sur sa tâche qu'il ne remarqua pas que le maitre des cachots se rapprochait de lui.

En revanche, il vit clairement la main de son professeur se poser sur la sienne pour lui montrer le bon mouvement. Il frissonna au contact et sentit le souffle de son professeur contre son oreille.

« Monsieur Potter, comme cela. Votre main doit monter et descendre sur le pilon, sinon vous n'arriverez à rien. »

Harry déglutit. Snape se rapprocha de lui jusqu'à ce qu'il se retrouve collé au dos de son élève.

« Alors Potter, comme ça on est gêné. Je vous ai connu plus téméraire. »

« Je… heu… Bah » Répondit le Golden Boy. La proximité qu'il avait avec son professeur était en train de le rendre fou.

Le plus âgé retira sa main de celle du jeune homme et ne manqua pas d'effleurer son bras au passage. Cela ressemblait fort à une caresse et Harry se sentit très à l'étroit dans son pantalon.

Le professeur Snape n'était pas dans un meilleur état que son élève et s'écarta brutalement. Il reprit ensuite son tour de surveillance, distribuant des remarques aux élèves dont la couleur de la potion n'était pas bonne.

Une fois son tour terminé, il retourna s'asseoir à son bureau. Il commença à corriger ses copies mais incapable de se concentrer, il fixa de nouveau son élève préféré. Un sourire carnassier apparut sur son visage.

Il agita discrètement sa baguette (magique hein, ne vous imaginez pas des choses, bande de pervers =D) et fit léviter un petit flacon qu'il versa dans le chaudron du Gryffondor à l'insu de celui-ci.

Un petit sifflement inquiétant retentit dans la classe. Le chaudron d'Harry explosa en même temps que la cloche qui annonçait la fin du cours retentit.

La dernière chose que celui-ci entendit avant de filer hors de la classe fut :

« Potter, retenue ce soir 20h dans mon bureau. »