Bonjour à tous! Alors là je reconnais que j'ai fait très fort, aucune nouvelle depuis le début de l'année! Et oui, j'aurais jamais cru mais c'est possible d'être dégoûté d'écrire.

Pourtant, j'avais plein d'idées de scénario et tout. Mais avec tous les dossiers et les rédactions à écrire j'en avais marre de me casser la tête sur les formulations, l'orthographe, la grammaire, les répétitions, ...

J'avoue quand même que j'ai écrit ce chapitre depuis un moment déjà (ceux qui passe sur notre profil le savent) mais ma soeur à mis un certain temps à le corriger et donc j'ai eu le temps de trouver mon chapitre pas terrible. On a toujours envie de faire quelque chose de parfait mais malheureusement la perfection n'existe pas. sniff .

Mais je me décide enfin à le poster! Et j'espère que ça vous plaira! Comme je vous l'avais promis il y a des lustres, ce chapitre tourne autour d'Harry!

Bonne lecture!


Chapitre 3: Famille n'est qu'un mot

Harry Potter était en proie à une profonde confusion. Aux creux de ses mains, il tenait la lettre qu'Hedwige venait tout juste de lui apporter.

Lorsque la belle chouette blanche s'était posée sur le rebord de sa fenêtre, il avait été très heureux de la voir. Depuis le début des vacances d'été, Harry n'avait reçu que très peu de courrier et donc il était impatient d'avoir des nouvelles de ses amis ou de son parrain.

Il savait que ses deux meilleurs amis profitaient pleinement de leurs vacances. Harry ne leur en voulait pas, il n'était pas du genre à leur réclamer une lettre par jour de toute façon. Mais depuis que Ron avait invité Hermione dans sa famille, Harry se sentait plus seul et mis à l'écart que jamais. Il savait que ses amis l'auraient volontiers invité à les rejoindre, mais Dumbledore tenait absolument à ce qu'Harry passe toutes ses vacances en «famille». Il ne comprenait vraiment pas pourquoi le directeur y tenait tellement, surtout au vue de la dite famille mais bon.

Quand à Sirius, il était en cavale alors n'avoir aucune nouvelle de lui était plutôt une bonne chose. Chaque jour, Harry jetait un œil à la une du journal pour vérifier que son parrain n'avait pas été attrapé par les Aurors. Harry imaginait souvent son parrain volant sur le dos de Buck, l'hippogriffe qui avait permis son évasion, libre d'aller n'importe où, juste porté par le vent. Bien que Sirius soit considéré comme un dangereux criminel et recherché par les Aurors, il lui arrivait souvent de regretter de ne pas l'avoir suivi dans sa fuite.

Leur rencontre, l'année précédente, avait réveillé en Harry l'espoir que peut-être ils pourraient, à eux deux, former une famille. Espoir qu'il avait pris soin d'enfouir au plus profond de son être durant toutes les années où il avait vécu chez les Dursley. Ceux qui avaient été pendant les onze premières années de sa vie son unique famille, son unique chez lui, avant que le monde magique et Poudlard ne lui ouvre les bras.

Sirius, une fois les avoir convaincus lui et ses amis de son innocence, lui avait proposé de vivre avec lui une fois qu'il aurait été blanchi. Il revoyait parfaitement la scène, lorsque son parrain lui avait exposé cette possible cohabitation. Ils marchaient tout les deux un peu à l'écart des autres.

De manière général, Sirius ressemblait davantage à un cadavre animé par une mystérieuse magie qu'à un véritable être humain. Ses longues mèches de cheveux brunes lui dissimulaient une partie du visage, elles étaient sales et emmêlées. Sa peau, en dessous de toute cette crasse, semblait cireuse et malade. Il avait la peau sur les os si bien qu'un moldu l'aurait aisément confondu avec un de ses zombies que l'on pouvait admirer dans les vieux films d'horreur, lorsqu'ils venaient tout juste de jaillir de leur tombe. Les lambeaux dont il était vêtu ne faisaient qu'ajouter plus de crédibilité à cette première impression.

Azkaban avait démoli cet homme qui d'après Remus avait pourtant était l'un des élèves les plus populaire de Poudlard, l'un des légendaires Maraudeurs. Cependant, on pouvait encore devinait à quel point il avait dû être un bel homme dans sa jeunesse. Les traits de son visage avaient gardé une certaine noblesse et ses yeux gris métalliques, malgré les horreurs dont-ils avaient certainement été témoins, brillaient d'une rage de vivre presque effrayante.

Sirius Black avait connu la mort plus intimement qu'Harry ne pourrait jamais l'imaginer, mais il était revenu parmi les vivants. Les séquelles de sa vie en captivité resteraient sans doute à jamais graver autant sur son corps que dans son esprit, mais en le regardant à ce moment Harry n'avait pas douter un seul instant de sa capacité à s'en sortir.

Harry éprouvait une profonde admiration pour son parrain. Il n'en revenait pas de la rapidité avec laquelle il avait changé d'avis sur lui, alors qu'il le connaissait à peine. Sirius était passé en un rien de temps de traître ayant provoqué la mort de ses parents, à dernier membre vivant le reliant à sa famille. Harry se sentait inexplicablement proche de cet homme.

Timidement, son parrain lui avait alors proposé qu'il vienne vivre avec lui, incertain de la réaction de son filleul. Le cœur d'Harry avait fait un bon dans sa poitrine. Cette simple proposition lui avait fait entrevoir le futur d'une autre manière. Peut-être qu'il ne finirait pas seul en fin de compte. Il avait beau être très proches de ses deux meilleurs amis et presque adopté par la famille Weasley, tout était dans le «presque». Les deux mois de vacances dans sa «vrai famille» lui rappelait également douloureusement à quel point il était seul en réalité. Mais avec Sirius, une vie meilleure s'annonçait.

Malheureusement, le seul témoin pouvant prouver les dires de son parrain, ce traître de Pettigrow, avait disparu dans la nature sous sa forme animagus et condamné Sirius Black à une vie de proscrit.

Harry avait dû de nouveau ravaler sa frustration, se montrer raisonnable et compréhensif. Un jeune adolescent de 13 anscomme lui, et le survivant en plus, ne pouvait pas suivre un évadé dans sa fuite ,ce n'était pas une vie… Et pourtant, il aurait aimé se montrer égoïste pour une fois.

Harry ferma les yeux un instant et chassa ses souvenirs de son esprit. Depuis le début de l'été, il n'avait fait que ruminer ses sombres pensées sans que ça ne le mène nulle part. Et comme si ça ne suffisait pas, il faisait des rêves très étranges qui l'empêchaient de se reposer correctement la nuit. Harry se réveillait le matin en sueur comme s'il avait couru un cent mètres, ce qui était loin d'être agréable.

Il reporta son attention sur la lettre qu'il tenait entre ses mains. Elle provenait du ministère de la magie et Harry ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose…

Harry se laissa tomber sur le vieux lit de sa chambre qui grinça sous son poids, tout en continuant de fixer l'enveloppe comme s'il allait réussir à voir au travers du papier. Son adresse était tracée à l'encre noire, d'une grosse écriture tout en courbe. Elle avait tout d'une missive officielle, cependant Harry ressentait un certain malaise vis-à-vis de son contenu.

Il finit tout de même par prendre son courage gryffondorien à deux mains, respira un bon cou, la décacheta et la parcourue rapidement des yeux.

Monsieur Potter,

Nous vous prions de bien vouloir assister, en votre qualité de symbole du monde sorcier, à l'assemblée général du Magenmagot qui se déroulera le 6 juillet à 9 heures dans la salle de réunion n°13, située au niveau 2 au département de la justice magique du ministère de la Magie.

Les points suivants seront à l'ordre du jour lors de cette assemblée:

1° Les conditions de vie du dénommé Harry Potter au sein de la famille Dursley

2° La garde du dénommé Harry Potter

Vous pouvez vous représenter vous-même à cette assemblée, ou vous y faire représenté par une personne de confiance.

Les décisions proposées lors de cette assemblée ne pourront être adoptées qu'à la majorité absolue.

Veuillez croire, cher Mr Potter, en l'expression de nos sentiments distingués.

Dolores Ombrage
Secrétaire du ministre de la Magie

Humm…. Harry avait un peu de mal à comprendre la démarche du ministère. Depuis quand s'intéressait-on à sa vie chez les Dursley? Et puis, ils étaient à son plus grand malheur ses seuls parents encore de ce monde. Enfin, c'est-ce qu'il croyait…

Et maintenant, que devait-il faire? Il ne pouvait pas ignorait cette convocation alors qu'elle lui avait été envoyé directement. Harry se releva de son lit, chercha une feuille de parchemin, une plume et son encrier avant de s'installer sur ce qui lui servait de bureau. Il poussa les feuilles de brouillons raturées, les livres de cour encore ouverts et les boulettes de papier qui l'encombraient afin d'avoir de l'espace pour écrire.

La chambre d'Harry était la pièce la plus bordélique de toute la maison. Pour sa défense, après avoir nettoyer méticuleusement pratiquement toute la maison (Tante Pétunia était une femme très maniaque), il n'avait pas le courage de continuer à faire le ménage dans sa chambre. Et puis son désordre était d'une certaine manière très organisé, il savait où se trouver chaque chose et cela lui suffisait.

Harry trempa sa plume dans l'encrier, mais il arrêta son geste juste au dessus du parchemin. Il avait besoin de conseil, mais à qui adresser cette lettre? La première personne à laquelle il avait pensé était Sirius mais il ne voulait pas l'inquiété. Que son parrain se fasse arrêter pour venir en aide à son filleul était la dernière chose qu'il souhaitait.

Où alors il pourrait demandé l'aide d'Arthur Weasley, le père de Ron travaillait au ministère après tout. Peut-être qu'il saurait comment marche les choses là-bas?

Évidemment, Dumbledore était le plus à même de le représenter lors d'une assemblée du Magenmagot. Il avait beaucoup plus d'influence que Mr Weasley et jouissait d'une très bonne réputation. Et puis, tout le monde savait que le vieux directeur «conseillait» le ministre de la Magie en plus de son travail à Poudlard.

Logiquement c'est donc à Dumbledore qu'il aurait dû écrire, le directeur était après tout un peu comme son «tuteur» dans le monde magique. Il ne s'occupait pas de lui au sens propre du terme, mais Harry savait qu'il gardait toujours un œil sur lui.

Néanmoins, bien que Dumbledore soit le sorcier à sa connaissance qui ait le plus de pouvoir, c'était également la personne qui voulait qu'il passe toutes ses vacances avec sa famille et là ça coinçait.

Enfin, bien que la perspective de quitter les Dursley soit réjouissante, Harry se demandait pourquoi les gens du Ministère de la Magie s'intéressaient à son cas seulement maintenant? Et pourquoi?

Sa main se resserra sur la plume qu'il tenait toujours, jusqu'à ce qu'elle se casse en deux. Et s'ils savaient quelque chose?

Harry ne parlait jamais des détails de sa vie chez son oncle et sa tante. Ron et Hermione ne savait pas grand-chose à part qu'il s'ennuyait d'eux pendant les deux mois d'été et que sa famille ne l'appréciait pas beaucoup. Il avait essayé d'aborder le sujet avec Dumbledore mais ce dernier ne l'avait pas écouté et depuis il s'était contenter de se taire.

«C'est un secret.», murmura-t-il tout bas.

Oui, c'était un secret, mieux valait que personne ne soit au courant ou le moins de monde possible. Harry ne voulait déranger aucun de ses amis, et encore moins le directeur qui devait avoir mieux à faire que de s'occuper de ses problèmes.

Son seul soucis était qu'ayant grandi dans le monde moldu, Harry ne savait pas très bien comment fonctionnait l'administration du Ministère de la Magie, ni comment s'y rendre. Tant pis, il allait se débrouiller.

Tout ce qu'il avait à faire c'était prendre le Magicobus, se rendre au chemin de traverse, et de là, il trouverait bien une cheminée pour se rendre au ministère. Cela lui semblait parfaitement faisable. Harry serait absent plusieurs heures, mais Oncle Vernon et Tante Pétunia n'étaient pas du genre à s'inquiéter et à appeler la police parce qu'il n'avait pas vu leur neveux de la journée. Il fallait juste qu'il n'oublie pas de préparer leur petit déjeuner et ils ne s'apercevraient de rien.

Harry descendit du bus en faisant bien attention de ne pas s'étaler de tout son long sur le trottoir. Autour de lui, tout tanguait bizarrement. Quelqu'un devrait vraiment dire un jour au chauffeur d'y aller mollo sur l'accélérateur. Une fois l'esprit un peu plus clair, Harry se dirigea vers le Chaudron Baveur.

C'était le seul établissement qu'il connaissait pour parvenir au chemin de traverse. Il se souvenait parfaitement de la première fois qu'il y était allé. Lors de sa première année, Hagrid et lui y étaient passés le temps d'acheter ses fournitures scolaires.

Il avait l'aspect d'un pub minuscule et miteux, coincé entre une grande librairie et une boutique de disques. Sa façade noir et son aspect de coupe gorge suffisait à dissuader les moldus d'y entrer, mais Harry savait que c'était quand même mieux à l'intérieur.

Il poussa la grosse porte en bois et entra. Après avoir brièvement parcouru la salle des yeux, Harry se trouva une table un peu à l'écart des autres. Il s'y installa et, après avoir commandé une Bieuraubeurre, se permit de souffler un peu.

Il s'était levé très tôt ce matin. Il avait passé une bonne heure à faire le ménage dans la salle de bain, comme Tante Pétunia le lui avait demandé la veille, et à la brosse à dent en plus. Selon sa tante, c'était le meilleur outil pour aller correctement dans les moindre recoins et enlever le calcaire. Harry avait encore mal aux genoux et aux bras à cause de ça.

Heureusement préparer le petit déjeuner avait été moins douloureux. Faire la cuisine n'était pas une corvée, il aimait cela. Malheureusement, malgré la quantité impressionnante de nourriture qu'il préparait chaque jour, il n'avait que très peu eu l'occasion d'y goûter. Son cousin Dudley avait la fâcheuse habitude d'engloutir, plus que de manger, tous les plats qu'Harry faisait. Prendre un peu de nourriture sur la table à manger, dans ses conditions, lui aurait très certainement coûté un doigt. Donc le résultat était vive les conserves! C'était tout ce qui restait après le passage de son cousin puisque qu'il ne savait pas utiliser un ouvre boîte correctement.

Une fois qu'il eut fini de siroter sa Bieuraubeurre, il se leva et se dirigea vers le comptoir. Il interpella Tom, le tenancier, qui s'avança vers lui en souriant. Il aurait pu paraître aimable mais sa calvitie et ses dents manquantes gâchaient quelque peu l'effet.

«Bonjour, jeune homme. Que puis-je faire pour toi?»

Harry désigna la cheminée qui trônait dans la grande salle de l'auberge: «Est-ce que tout le monde peut utiliser la cheminée?»

Harry se sentait un peu bête de poser la question. Maudit soit son éducation dans le monde moldu, il ignorait tellement de chose. Il n'était pas une tête comme Hermione, il ne pouvait pas combler toutes ses lacunes dans les livres.

Tom ne se moqua pas de lui à son plus grand soulagement.

«Bien sûr que oui! Sans être indiscret, c'est pour aller où?»

«Heu,… Au ministère de la Magie.», répondit Harry automatiquement.

«Dans ce cas, dite bien Ministère de la Magie, centre de Londres, Atrium. Je pense que ça devrait aller.»

«Merci.», Harry paya sa consommation avec l'argent qu'il avait pris soin d'emporter, puis il se dirigea vers la cheminée.

Il prit une grosse poignée de poudre de cheminette dans le bol plaçait près de l'âtre. La dernière fois qu'il avait pris ce moyen de transport lors de sa deuxième année, il s'était retrouvé chez Barjow et Beurk dans l'Allée des embrumes. Harry se concentra afin de parler d'une voix clair.

«Ministère de la Magie, centre de Londres, Atrium.»

Harry jeta la poignée de poudre de cheminette qu'il avait dans la mains, et ramena ses bras le long de son corps. Les flammes vertes émeraudes s'élevèrent brusquement, l'enveloppant entièrement sans pour autant le brûler. Durant le transport, Harry aperçut les autres foyers défilaient à toute vitesse, mais trop rapidement pour les voir clairement.

Enfin, il arriva dans l'Atrium au ministère de la magie. Face à lui, une longue rangée de cheminées s'alignait contre le mur. Elles servaient aux sorciers et sorcières de repartir du ministère, alors que du son côté, étaient celles de l'arrivée.

Le parquet de bois foncé était parfaitement ciré. Le plafond d'un bleu semblable aux plumes d'un paon était incrusté de symboles dorés qui ne cessaient de bouger.

Harry s'avança parmi la foule. Il avait des difficultés à se frayer un passage tellement elle était dense. Il était tôt et beaucoup de sorciers et sorcières étaient en train d'arrivée pour prendre leur poste.

Porté par la marée humaine, Harry eu malgré tout le temps d'apercevoir l'immense fontaine magique de la fraternité qui trônait au milieu de l'Atrium. Des statues d'or représentant un sorcier, une sorcière, un centaure, un gobelin et un elfe de maison, faisaient jaillir de l'eau qui retombait ensuite dans un immense bassin.

Harry se demanda brièvement qui avait décider de construire une telle fontaine. Cette fraternité n'était qu'une utopie actuellement, et affirmer le contraire relèverait d'une belle hypocrisie. Mais cela n'avait jamais gênait les hommes politiques, qu'ils soient moldus ou sorciers, de se déclarer défenseur de la bonne cause seulement dans les discours et jamais en actes concrets.

Au bout de l'Atrium se trouvaient des portes d'or, à côté desquelles était indiqué magiquement: bureau de la sécurité.

Harry se dirigea vers le bureau. Un homme était occupé à noter quelque chose dans un immense registre qui recouvrait presque la totalité du bureau. Son nom était Eric Munch d'après la plaque posait devant lui. Il s'approcha, ne sachant pas vraiment quoi faire.

«Bonjour, je m'appelle Harry Potter. Hum… J'ai reçu une convocation de la part du Magenmagot et…»

«Du calme monsieur Potter, mon travail ne consiste qu'à enregistrer votre baguette.», le coupa monsieur Munch en lui tendant une main ouverte.

Harry lui tendit sa baguette. Depuis qu'il l'avait, il n'aimait pas s'en trouver priver trop longtemps. Sans elle, il avait l'impression d'être vulnérable, de redevenir un faible petit garçon et il détestait ça. Quand monsieur Munch eut fini l'enregistrement il la récupéra rapidement.

«Dite moi, vous êtes venus en cheminée?», lui demanda encore monsieur Munch.

«Heu…oui.», Harry se demanda ce qu'il avait pu faire de travers.

«Dans ce cas,…», il farfouilla un instant derrière son bureau, «il faut que vous portiez un badge indiquant votre statut.»

«Merci.»

Harry prit le petit badge doré qui indiquait son nom, son prénom et son statut de visiteur. Une fois qu'il eut réussit à l'accrocher sur sa veste de manière visible, ce qui n'était pas aisé vu le tissu usé qui pendait n'importe comment, Harry continua sa route. Il passa les portes d'or pour se retrouver dans un autre hall, plus petit que le précédent, où se trouvait une série de cages d'ascenseurs.

Il n'eut pas vraiment le temps de se demander lequel il lui faudrait prendre parce qu'une main s'abattit soudain sur son épaule. Harry se retourna, surpris.

Face à lui, se tenait monsieur Weasley, le père de Ron.

Arthur Weasley était un homme mince, presque chauve mais les quelques cheveux qui lui restaient, étaient du même roux carotte que ceux de son fils. Il portait une robe de sorcier marron dont le tissu usé indiquait qu'elle avait été portée un nombre incalculable de fois.

«Bonjour Harry.», Mr Waesley lui sourit amicalement, la main toujours posée sur son épaule comme pour l'empêcher inconsciemment de se sauver.

«Bonjour Mr Weasley. Comment allez-vous?», rester naturel, pas de panique pensa Harry.

«Ça va bien, merci mon garçon.», Mr Weasley sembla soudain soucieux. «Je sais pourquoi tu es là Harry. Dumbledore m'a demandé de m'occuper de toi jusqu'à l'heure de l'audience.»

Cette réponse piqua sa curiosité.

«Vous êtes au courant de ma convocation par le ministère! Vous savez quelque chose d'autre?», demanda Harry curieux.

«Non, je sais juste que tu as été convoqué et que le Magenmagot s'est rassemblé pour l'occasion. De toi à moi, je suis un peu inquiet. Habituellement, ils ne sont tous présents que pour traiter les affaires les plus graves et les plus délicates du monde magique…», il marqua une pause. «Dit moi mon garçon, tu n'as rien fait ni rien vu de particulier depuis le début de tes vacances?»

«Non, rien de spécial. J'ai été très surpris de recevoir une lettre du ministère.»

«Je suis sûr que Dumbledore trouvera une solution. En attendant, tu veux voir mon bureau Harry? J'ai des documents à récupérer et Albus m'a aussi demandé de te rendre plus présentable.»

Mr Weasley se dirigea vers un ascenseur, comme Harry ne le suivait pas il se retourna et lui fit signe de le rejoindre.

«Allez Harry, suis moi!»

Le père de Ron n'était au courant de rien. Encore une fois, le directeur de Poudlard détenait apparemment toutes les cartes du jeux. L'impression de n'être qu'un pion sur un échiquier commençait décidément à lui être trop familière, et Harry n'aimait pas cela.

Mais Arthur Weasley n'y était pour rien. Ce n'était qu'un père de famille, extrêmement bienveillant et qui faisait entièrement confiance à Albus Dumbledore. Harry se décida donc à le suivre. Finalement, il n'allait pas se retrouver tout seul ce qui le rassura un peu.

Ils montèrent tous les deux dans l'ascenseur. Une fois arrivés à destination, ils longèrent de longs couloirs jusqu'à atteindre une petite porte un peu à l'écart des autres bureaux de l'étage. Une plaque doré indiquait: Service des détournements de l'artisanat moldu.

Arthur Weasley poussa la porte et ils entrèrent. Harry découvrit avec stupéfaction que derrière le nom de «service» se trouvait en fait une pièce minuscule. Seulement deux bureaux occupaient l'espace, bien qu'ils soient à peine visible sous la pile de rapports qui les recouvraient. Les murs étaient recouverts d'armoires à dossiers pleines à craquer. Une unique fenêtre ornait le mur du fond, diffusant une lumière naturelle dans la pièce.

«C'est une fenêtre magique.», expliqua Mr Weasley. «Le ministère est en fait entièrement construit en sous-sols. Mais pour éviter que les employés dépriment, ils nous ont installé ces fenêtres.»

Il enjamba plusieurs piles de dossiers qui jonchaient le sol pour atteindre son bureau. Harry le suivit avec précaution, en faisant attention où il mettait les pieds. Mr Weasley cherchait frénétiquement quelque chose.

«Ha! Le voilà!», s'écria-t-il.

Mr Weasley tenait un petit sac marron. Il l'ouvrit puis en sortit un pantalon, un tee-shirt, un pull et une robe de sorcier bleu nuit élimée ayant très certainement appartenu à ses fils. Ensuite, avec sa baguette, il fit apparaître un petit paravent là où il y avait encore un peu de place.

Mr Weasley lui tendit les vêtements: «Tiens, Molly les a spécialement préparés pour toi. Tu peux te changer derrière le paravent.»

«Merci.»

Harry alla derrière le paravent, quitta les vieux habits déformés et bien trop grand que lui avait légué son cousin, puis revêtit ceux que Mr Weasley lui avait donné.

C'était agréable de porter des vêtements qui ne pendouillaient pas de tout les côtés. Harry avait beaucoup moins l'impression de n'être qu'un gringalet. C'est sûr que comparait à la corpulence de son cousin, il aurait toujours l'air d'un vermisseau alors autant en profiter un peu. Les seuls vêtements de bonnes qualités qu'il avait étaient ses robes d'école, ce qui ne convenait pas pour son audience.

C'était chouette. Cependant Harry ne comprenait pas cette attention.

«Mr Weasley, encore merci pour les habits. Mais pourquoi me les avez-vous apportés? Dumbledore vous l'a demandé?»

«Oui. Mais je suppose que c'est pour que tu fasses bonne impression. Tu sais Harry, la majorité des Sorciers n'aiment pas beaucoup les Moldus. Ils ne comprennent pas les choses incroyables qu'ils arrivent à faire sans magie. Enfin, tu vois si tu t'étais présenté devant eux habillé en Moldus…, ça aurait déplu à beaucoup de monde.»

Mr Weasley disparut dans la mer de papiers et en ressortit un parchemin à la main. Après un bref coût d'œil à sa montre, il fit signe à Harry de le suivre rapidement.

«C'est le moment d'y aller. Nous n'avons pas intérêt à être en retard. Où dois-tu te rendre?»

Harry sortit sa lettre de convocation de sa poche pour vérifier. «Salle de réunion n°13, niveau 2.»

«Bien, allons-y.», lui répondit Mr Weasley.

Ce fut encore un dédale de couloirs, un bref passage dans l'ascenseur, suivit d'un autre dédale de couloir. Enfin, ils arrivèrent devant d'imposantes doubles portes en argent massif. Elles étaient ornées de symboles magiques compliqués dansant sur la surface du métal froid.

«Bien, je vais te laisser ici. Tu ne pourras pas entrer si je reste avec toi.» Arthur Weasley lui fit face, et avant qu'Harry puisse prononcer le moindre mot, le patriarche de la famille de son meilleur ami le serra contre lui en une étreinte chaleureuse. «Tout ira bien.», lui murmura-t-il à l'oreille.

Harry ne savait s'il croyait véritablement ce qu'il lui disait, où s'il voulait simplement s'en convaincre lui-même.

Mr Weasley se détacha de lui, tapota encore une dernière fois son épaule et partit.

Seul devant l'immense porte, Harry avança la main comme pour l'ouvrir. Avant qu'il ne la touche les deux battants pivotèrent sur leurs gonds, découvrant la vaste salle de réunion n°13. Harry s'avança, un peu intimidé par les dimensions de la pièce et l'assemblée de sorciers et sorcières déjà présente.

À première vue, on aurait dit un tribunal comme on en voyait dans les séries juridiques moldus. Harry avait eu l'occasion d'en regarder des bouts pendant qu'il faisait la vaisselle du dîner, et que son oncle regardait la dernière série US du moment avachie devant la télé.

Trois rangées de fauteuils s'étalaient en demi cercle, suffisamment en hauteur pour que chaque membre de l'assemblée puisse suivre le débat. Au centre de la pièce, un énorme siège en bois massif se trouvait sur une petite estrade avec de chaque côté une table munie de deux assises.

Toutes les personnes présentes semblaient savoir où se trouvaient leur place. Mais lui, il ne savait vraiment pas où se mettre. Avec la chance qu'il avait depuis sa naissance, Harry était persuadé qu'il allait se retrouver sur le siège qui se trouvait sur l'estrade, bien au centre de l'attention. Ils allaient tous le dévisager pendant toute la durée de l'audience.

Ouais, en attendant mieux valait rester dans le fond de la salle et se fondre dans le décors.

Une veille femme vêtue d'une robe prune, comme tous les sorciers présents, s'avança vers lui. Sur le côté gauche de son vêtement, Harry distingua un M savamment brodé de fils d'or.

«Bonjour jeune homme!», le salua-t-elle amicalement. «Je m'appelle Amelia Bones, je présiderais l'assemblée d'aujourd'hui.»

Harry en profita pour lui poser quelques questions. «Pardonnez moi madame, mais pourquoi ais-je été convoqué exactement? La lettre que j'ai reçu n'était pas très précise.»

«Eh bien, nous nous sommes rassemblés aujourd'hui pour statuer sur vos conditions de vie actuelle. Vu ce que vous avez vécu lorsque vous étiez si jeune, le ministère souhaite s'assurer que vous viviez dans un bon environnement.»

«Oui, ça j'avais compris. Mais pourquoi?»

Amélia Bones lui décocha un petit sourire attendrit. «Monsieur Potter, quoi que vous en pensiez vous êtes, et serez toujours l'enfant qui a survécu et vaincu Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Vous êtes un symbole vivant du triomphe de la lumière sur les ténèbres. Est-ce si difficile de croire que votre sort nous préoccupe?»

«Non, mais pourquoi maintenant?», insista Harry que la réponse de la veille dame n'avait pas convaincu.

«Allons, allons monsieur Potter! Il faut prendre place maintenant, nous n'allons pas tarder à commencer.», lui répondit-elle en désignant le siège sur l'estrade. «Si vous voulez bien aller vous installer.»

Harry alla s'asseoir en vitesse. Il aurait dû être nerveux face à tous ces visages inconnus, mais ce n'était pas le cas. Personne ne lui avait fournis la moindre explication. Mr Weasley, il en était presque certain, ne savait rien. Cependant cette Amélia Bones avait royalement évité de lui révéler quoi que ce soit d'important. Elle était restée évasive, à croire qu'elle le trouvait trop jeune pour comprendre ce qui ce passait.

Amélia Bones monta dans sa tribune.

«Bien, puisque vous êtes tous présent, nous allons pouvoir commencer. Nous sommes ici aujourd'hui pour décider du bien fondé de la décision d'accorder la garde d'Harry Potter aux Dursley, une famille Moldu. Madame Dursley étant la sœurs de feu Lily Potter, elle est la seule famille proche connue du côté maternel de Monsieur Potter.»

Elle marqua une pause pour ménager son effet. Ça marchait, Harry était suspendu à ces lèvres. Il allait enfin savoir pourquoi il avait dû venir ici en plein milieu de ses vacances scolaires.

«Néanmoins, le ministère a reçu une réclamation concernant la garde du mineur Harry Potter. Une famille sorcière souhaite l'accueillir au sein de son foyer.»

HEIN! Comment ça une famille sorcière voulait le récupérer!

Elle fit ensuite signe au greffier: «Faites entrer les deux parties.»

Les immenses portes d'argent s'ouvrirent pour laisser passer le directeur de Poudlard, Albus Dumbledore. Sa robe de sorcier bleu nuit était couverte de motifs astronomiques mouvant. Très sobre comparé au reste de sa garde robe. Contrairement à d'habitude, le vieil homme avait le visage fermé et ses yeux ne pétillaient pas. Quelque chose le contrariait. Le ventre de Harry choisit ce moment pour se tordre d'appréhension. Pourquoi réagissait-il ainsi?

Il eut rapidement la réponse à sa question. À sa suite, Lucius Malfoy apparut. Il était vêtu d'un superbe costume trois pièces d'un noir d'encre, certainement coupé sur mesure. Sa cape de la même couleur sombre pendait avec élégance de chaque côté de son corps. Tout en lui criait son appartenance à la haute noblesse. Cet arrogance qu'il arborait était ce qu'Harry détestait le plus chez cet homme, mais il fallait reconnaître qu'il en imposait.

Albus Dumbledore s'installa à sa droite, et Lucius Malfoy à sa gauche. Une petite minute, que venait faire Lucius Malfoy, un sang-pur qui le méprisait presque autant que s'il était un sang de bourbe, dans une histoire concernant la garde de son ennemis?

Humm… Ça sentait pas bon.

Amélia Bones reprit la parole: «Monsieur Dumbledore, étant donné que c'est vous qui vous êtes chargé du placement du jeune Potter lorsqu'il était bébé, vous avez choisi la famille Dursley. Vous êtes pour le fait qu'il reste avec sa famille actuelle. C'est bien cela?»

Dumbledore se leva: «En effet, je pense qu'il n'y a rien de mieux pour Harry que de grandir avec sa famille proche. Quel soit moldue ou sorcière n'influence en rien la capacité d'une famille à élever correctement un enfant.»

Harry pria intérieurement. Il espérait vraiment pour Dumbledore que personne ne l'interroge parce qu'il n'était pas sûr de pouvoir mentir à ce point.

«Qu'en t'à vous Lord Malfoy, vous revendiquez la garde du jeune Potter en raison du lien par alliance qui uni la famille Black et la famille Potter, par le biais de votre épouse Narcissa Malfoy. Est-ce exacte? », continua Amélia Bones.

«C'est exacte. Contrairement à ce très cher Albus, je pense qu'un sorcier à besoin d'une éducation particulière, et dans le cas de Monsieur Potter, la meilleure éducation.»

Harry en doutait très sérieusement. À coup sûr, il finirait à faire l'elfe de maison, et quitte à en être un, autant être celui des Dursley que celui des Malfoy.

Lucius Malfoy se leva, un énorme dossier à la main. «Votre honneur, puis-je interroger monsieur Potter? C'est lui le principal intéressé après tout.», demanda-t-il à Amélia Bones.

«Oui, faites.», dit la présidente.

Il tournoya sur lui-même, sa grande cape ondulant autour de lui. Ses yeux gris acier se posèrent sur lui, et Harry sentit qu'il ne pourrait pas dire autre chose que la vérité. Cet homme sentirait s'il mentait, certains membres du Magenmagot aussi sans doute. Il n'avait jamais été un très bon acteur.

«Puis-je t'appeler Harry?», lui demanda-t-il tout sourire.

Non, non et non. Seul ses amis pouvait l'appeler ainsi. «Je préférerais que vous vous en teniez à mon nom de famille.»

«Pourquoi donc? Je ne me préoccupe que de ton bien-être tu sais?»

«Vous ne me ferez pas croire qu'un sang pur comme vous, qui méprise à ce point les personnes nées de moldus, ex-partisans de Voldemort (la salle frissonna à l'entente de ce nom) se préoccupe de mon bien-être comme vous dites!», gronda Harry. Il était hors de question qu'il vienne vivre chez les Malfoy!

«Hum….» Lucius se retourna de nouveau vers Amélia Bones. «Votre honneur, il semblerait que Monsieur Potter ait subi l'influence de personnes hostiles à moi et à ma famille. Il est de notoriété publique que j'ai été innocenté des accusations que viens d'évoquer Monsieur Potter. Je demande la permission, avant délibération, de pouvoir m'entretenir en tête à tête avec lui afin de rétablir un certain équilibre.»

«Monsieur Potter a dit ce qu'il pensait, voilà tout. Votre honneur, n'allez-vous pas prendre en compte l'opinion du concerné vis-à-vis de la famille qui souhaite l'adopter?», déclara Dumbledore en se levant brusquement de son siège.

«Je me demande qui a bien pu lui mettre dans la tête que j'avais été un mangemorts? Un jeune sorcier de 11 ans, qui ne connaît rien à la Magie et à notre monde, peut être si influençable…», se lamenta Lucius Malfoy.

Amélia Bones leva la main. «Silence je vous prie!»

Elle réfléchit un instant, puis ajouta: «Lord Malfoy, je vous accorde votre entrevue particulière. Et ne vous inquiété pas Albus, l'opinion de monsieur Potter serra prise en compte. Nous ne reviendrons pas dessus. Mais il semble, en effet, que monsieur Potter est une vision de vous quelque peu erronée Lord Malfoy. Vous pourrez donc plaider votre cause avant que le jugement ne soit rendu.»

Harry paniqua: «Madame, excusez-moi, mais je ne changerais pas d'avis au sujet de Monsieur Malfoy! Je ne souhaite pas vivre avec l'un des serviteurs de l'assassin de mes parents!»

«Monsieur Potter, calmez-vous. Tout ce que l'on vous demande, c'est de discuter avec Lord Malfoy quelques instants. Et ne vous inquiétez pas, votre avis serra décisif lorsque nous prendrons notre décision.», tenta de le rassurer la présidente.

Harry regarda en direction du vieux directeur de Poudlard. Ce dernier s'était calmement rassis à sa table. Il semblait inatteignable, même pour lui, ce qui renforçait le sentiment d'isolement qu'il ressentait depuis le début de ce calvaire.

«Bien. Maintenant, faites entrer Madame Andersen.», continua Amélia Bones.

Une petite femme replète se glissa dans l'entrebâillement de l'entrée. Elle avait tout de la petite mamie retraitée, qui tricote et fait des gâteaux pour les petits enfants. Sa robe était d'une jolie teinte bleue pâle, parsemée de petites fleurs multicolores. Ses cheveux argentés étaient remontés en un chignon impeccable, dont ne s'échappaient aucune mèche. Ses yeux ressemblaient à deux orbes bleus pastelles, dissimulaient derrière une immonde paire de lunette à la monture verte criarde.

Harry eut la vague impression de l'avoir déjà vu auparavant, mais où?

«Déclinait votre identité.», lui ordonna la présidente.

«Je m'appelle Rosie Andersen. J'ai 82 ans et je suis assistante sociale aux département de la justice magique.»

Tiens, elle était assistante sociale? Sa voix aussi lui disait quelque chose. Harry avait dû lui parler.

La vielle dame continua: «J'ai été chargée par le ministère d'observer les agissements de la famille Dursley durant plusieurs semaines.»

«Et quelles sont vos conclusions?»,la questionna Amélia Bones.

«Comme vous le savez, je n'aie rien contre les moldus. Je connais moi-même un certain nombre d'entre eux et…»

«Allez en au faits, Madame Andersen.», s'impatienta Amélia.

«J'en ai conclu que Monsieur Potter ne pouvait pas continuer à vivre avec eux. Ils le considèrent davantage comme un domestique que comme un enfant. Je doute même que ce jeune homme ait jamais réellement fait partie de cette famille.»

«Avez-vous un exemple du type de tâches avilissantes que Monsieur Potter était obligé de faire?», lui demanda sournoisement Lucius Malfoy.

«Heu… bien oui. Un jour, où il faisait très chaud, je suis passée devant leur maison. Monsieur Potter était là, à quatre pattes dans l'herbe, à couper la pelouse. Il transpirait tellement en plein soleil, que je lui ai donné un peu de l'eau que j'avais dans mon sac.»

Ha! La vielle dame! Harry avait cru à un mirage, tellement il étouffait sous la chaleur.

Dumbledore choisit ce moment pour intervenir: «Madame Andersen, peut-être que Monsieur Potter donnait juste un cou de main pour entretenir le jardin? Les moldus ne fonctionnent pas comme nous. Sans magie, ils sont obligés de faire beaucoup de chose eux-mêmes.»

Harry réalisa que, malgré toutes les connaissances que le vieux sorciers avait accumulé tout au long de sa vie, il n'y connaissait rien aux moldus.

«Avec tous le respect que je vous dois», s'emporta Madame Andersen «je sais que les moldus utilisent des objets. Heu, comment appellent-ils cela? Des machines pour remplacer la magie.»

«Où voulez-vous en venir, Madame Andersen?», la vielle dame avait piqué la curiosité de la présidente du conseil.

«Ces moldus ont obligé cet enfant à couper l'herbe de leur jardin aux ciseaux! Ils n'étaient même pas ensorcelés!», s'emporta Rosie, en pointant son doigt sur lui.

Harry était touché que cette femme, dont il ne savait rien, se sente si révolter par son sort. Au fil du temps, il avait fini par se dire que ce qu'il vivait été «normal». Les voisins n'avaient jamais fait la moindre remarque, et puis il était juste un garçon bizarre pour eux.

«Monsieur Potter, quel machine les moldus utilisent-ils pour entretenir leur gazon?», lui demanda la présidente du Magenmagot.

«Une tondeuse, madame. C'est une machine qu'on pousse de long en large, et qui coupe l'herbe toute seule de manière égale.», lui répondit Harry automatiquement.

«Vos tuteurs n'en ont pas?», l'interrogea-t-elle de nouveau.

«Si.»

«Pourquoi ne l'avez-vous pas utilisée?»

«Ils m'ont ordonné de couper la pelouse avec des ciseaux.» C'était une réponse stupide. Ils devaient tous le prendre pour un pauvre petit garçon fragile. Mais malheureusement, c'était la vérité. Ça devait bien faire l'affaire de Monsieur Malfoy.

«Madame la présidente!», intervint Dumbledore. «Vous ne pouvez pas condamner ses pauvres gens pour leur manque de moyens! Cette machine était sans doute cassé ou… en panne!»

Le vieux directeur quitta sa place, et s'avança pour être bien vu de tous. Il continua sur sa lancé: «Madame Dursley, la tante d'Harry, est la sœur de Lily Potter! Cette femme moldu, a accepté de s'occuper du petit garçon de 1 ans que j'avais déposé devant sa porte! Dépourvue de toute connaissance magique, elle l'a élevé comme elle a pu. Elle ne connaît rien de ce monde. Mais Pétunia Dursley est le seul lien vivant qui rattache le jeune Potter à ses parents. Le même sang coule dans leur veine, et cela fait maintenant 13 ans qu'ils vivent tous ensemble en paix! De quel droit viendrions-nous troubler cette paix?»

Des murmures s'élevèrent de la marée de robes prunes qui les entouraient. Harry se demanda où Dumbledore pouvait puiser toute son inspiration? Parce qu'il n'y avait rien de plus éloigné de Tante Pétunia, que la description qu'il venait d'en faire.

Lucius Malfoy, tout en continuant d'admirer ses ongles, ajouta: «Il me semble que cette pratique s'apparente davantage à du sadisme.» Il leva les yeux et dévisagea Harry.

«Harry, combien de fois est-ce arrivé?», lui demanda Dumbledore.

Harry saisit la perche qu'il lui tendait: «Une seul fois, Monsieur.»

«Harry.», Lucius le fixait toujours. «Les Dursley se montrent-ils sadique avec toi à d'autres occasions?»

La question était beaucoup trop directe pour être contournée. Harry ne savait pas quoi dire. Bizarrement, Lucius Malfoy était le premier à le mettre au pied du mur sur ce sujet. D'habitude, il trouvait toujours un moyen de détourner la conversation. Mais là, il n'y avait aucune échappatoire, et admettre la vérité avait quelque chose de terrifiant.

«Je crois que ton silence est plus qu'éloquent.»

«Ou bien il est sous le choque face à de telles accusations, proférées avec tant de légèreté, à l'encontre de SA famille.», rajouta le vieux directeur.

«Messieurs!», les rappela à l'ordre Amélia Bones. «Lord Malfoy, nous allons maintenant vous accorder un entretien avec Monsieur Potter.» Elle désigna une petite porte, cachée par les gradins qu'occupaient les membres du conseil.

Lucius Malfoy s'y dirigea, Harry sur les talons. Ils débouchèrent sur un salon, entièrement décoré dans les tons prunes et blanc du sol au plafond et du tapis aux rideaux. Le mobilier était en bois sombre pour trancher avec le blanc. Des canapés et des fauteuils prunes foncés étaient savamment disposés pour garantir une certaine intimité à leurs occupants, au cas où ils échangeraient quelques confidences.

Monsieur Malfoy déposa son pardessus sur un fauteuil à haut dossier, avant de s'y installer avec élégance. Les jambes croisées, les bras posées sur les accoudoirs donnaient l'impression d'osciller entre une posture droite et nonchalante. Une façon de montrer qu'il maîtrisait tout.

Harry n'appartenant pas à la noblesse, il n'avait que faire de l'image qu'il renvoyait. Il s'avachit donc dans un canapé, situé à proximité du noble, en s'enfonçant au maximum dans le moelleux des coussins. Il ramena l'un des petits coussins blanc rayé prune qui traînait, et le serra contre sa poitrine tel un enfant avec son ours en peluche. Sa posture renvoyait parfaitement son désaccord face à cette situation.

«Bien Potter, je ne vais pas y aller par quatre chemin.»

«Il n'y a plus de «Monsieur» Potter maintenant?»

«Ne fait pas le malin, mon garçon. Je souhaite vraiment que tu fasses partit de ma famille et…»

«Pourquoi?», l'interrompit Harry. «Pourquoi? Mon sort vous intéresse maintenant? Première nouvelle.»

«Je ne supporte pas l'idée qu'un sorcier soit obligé de vivre avec ces immondes moldus. C'est mon côté altruiste qui s'exprime, je suppose. Un peu tard, mais mieux vaut tard que jamais comme on dit!»

«Malfoy soyez honnête. Cessez cette comédie, ça ne vous va vraiment pas.»

«Très bien, mais tu ne vas pas apprécier.»

«Cela vous donne une raison de plus de me dire la vérité.»

«Bien, que tu le veille ou non, tu es le symbole de la victoire sur le seigneur des ténèbres.»

«Voldemort vous-voulez dire. Seigneur des ténèbres est un titre, qui fut trop de fois porté au cour de l'histoire, pour que je le rattache à une personne en particulier.»

«Espèce de petit arrogant! Ne prononce pas son nom de la sorte!»

Harry le défia du regard. Il ne se confondrait pas en excuses. Cette journée avait été suffisamment horrible, la boucler lui était donc devenu impossible. Défier le patriarche de la famille Malfoy était aussi revigorant qu'avec le fils, alors pourquoi s'en priver.

Voyant qu'il n'allait pas céder, Lucius Malfoy continua de parler: «Comme je le disais tu es un symbole dans le monde magique, mais pas seulement. Le fait que Dumbledore te garde jalousement sous sa coupe, sous sa surveillance à Poudlard et isolé chez cette famille moldu, ont fait que tu n'es plus uniquement le symbole de la Lumière.»

«Et je suis le symbole de quoi d'autre alors?», s'irrita Harry.

«Tu représente le pouvoir de Dumbledore. Tu es le Héros qui lui dois tout. As-tu cette impression Potter? Que sans lui tu n'aurais jamais été personne? Toujours prisonniers du monde moldu.»

«Et en quoi m'accueillir chez vous arrangerait vos affaires?», après tout autant satisfaire sa curiosité.

«Et bien, cela priverais Dumbledore d'un appuis considérable, qui jusque là lui est acquis d'office grâce à toi. Tu ne te mettrais plus en travers des affaires des grandes personnes. Je pourrais également essayer de te convertir à notre cause? Qu'en dis-tu?»

«Vous dérayer complètement. Je ne me joindrais jamais à vous. Je sais où est ma place, et elle n'est certainement pas dans une famille de mangemorts prête à me tuer à chaque instant!»

« Ton refus catégorique repose-t-il seulement sur la certitude que nous essayerons de te tuer?»

«En partie», avoua Harry à contre cœur.

«Potter, contrairement à tes moldus, la famille chez nous n'est pas uniquement un mot dépourvu de sens. Si tu acceptes d'en faire partie, nous te traiterons comme un membre à part entière de notre famille, au même titre que Drago. Il est donc exclu que nous te fassions du mal.»

Lucius marqua une pause comme pour laisser les implications de ce ses dires faire leurs chemin dans son cerveau. Harry était intrigué par la démarche de l'un de ses pires ennemis.

«Ce que je t'offre c'est un vrai foyer. Une vie à toi, une vie où tu pourras être Harry, juste Harry. La vie chez ces êtres inférieurs est-elle si merveilleuse pour que tu hésite?»

«Vous croyez que je vais vous croire? Juste sur votre bonne foie?»

«S'il n'y a que ça, je suis prêt à faire un serment inviolable avec toi.», répliqua Lucius le plus naturellement du monde.

«Vous iriez jusque là?» Harry n'en revenait pas, il devait manigancer quelque chose. «Mais je refuse que vous me convertissiez?»

«Il n'est pas question de te lobotomisé le cerveau! Tu feras comme tu voudras. Cependant, ne m'en veux pas d'essayer de te faire pencher de notre côté.»

Harry ne savait plus trop où il en était. Le noble faisait tomber toutes ces réticences les unes après les autres. On lui offrait une vie de rêve sur un plateau, mais…

«Je ne trahirais pas Dumbledore. Je ne l'abandonnerais pas.»

Lucius ne sembla pas le moins du monde surpris par son attitude. Il posa son menton sur sa mains en un geste lasse. «J'étais sûr que tu répondrais ça… Déjà tellement d'années sous la coupe de ce vieux fou, tu lui es déjà aussi fidèle que n'importe lequel de ses chiens.»

«Oh, mais je n'ai jamais ramper devant personne MOI.», insinua Harry sournoisement.

Le noble ne se fâcha pas, contrairement à ce qu'il aurait cru. Il se contenta juste de le regarder, une pointe de curiosité filtrant par ses prunelles argentées.

«Potter, sais-tu pourquoi Dumbledore a fait si peu d'effort pour te défendre lors de la réunion? Parce qu'il peut faire bien mieux que ça, je t'assure.»

Harry n'aurait pas dû continuer à écouter ses mensonges, ça le faisait souffrir c'est tout. Mais il ne pu s'en empêcher, à croire qu'il était masochiste au fond.

«Il savait que tu ferais exactement ce qu'il voulait que tu fasses. Qui tient absolument à ce que tu restes vivre chez ces moldus?»

«Dumbledore.», Harry était hypnotisé par ses orbes grises. Elles faisaient plus que le regarder, elles le transperçaient. Lucius lui inspirait des sentiments contradictoires, un peu comme Snape. D'un côté, il le méprisé pour leurs crimes. Mais en même temps, il admirait leur force de caractère.

«Qui a ignoré la détresse dans laquelle tu vivais pendant toute ses années?»

«Dumbledore.», Harry commençait à avoir mal à la tête. Pourtant, sa cicatrice ne lui faisait pas mal. Non, la douleur était plus profonde.

«Qui n'a finalement rien fait pour te protéger contre eux, alors que tu en avais besoin?»

«DUMBLEDORE!», hurla Harry. Le voile noir dans sa tête allait se déchirer. Il allait se souvenir. Il ne voulait pas se souvenir, il ne fallait pas, il ne fallait…

Il se débarrassa du coussin qu'il avait serré comme un fou contre lui jusque là. Il se leva brusquement, avant de tomber à genoux au sol soudain pris d'un vertige. Lucius Malfoy se rapprocha de lui, lui agrippa les poignées pour le forcer à se redresser. Face à face, émeraude contre argent, Harry essaya de lutter contre l'emprise du plus âgé. À dire vrai, il n'y mettait pas beaucoup d'énergie. La crise de panique pointait son nez et lutter pour garder son calme lui pomper une bonne partie de son énergie.

«Je ne te demande pas d'embrasser les ténèbres…», murmura Lucius. «Ait confiance en toi, et viens voire par toi-même comment vivent les gens que tu as si bien appris à haïr. Il est temps que tu deviennes enfin libre. Libre d'un passé qui conditionne ton présent et ton futur.»

«Harry» souffla-t-il. «Il est temps de ne plus avoir peur. Tu dois exister par toi-même maintenant. Je suis prêt à t'aider, mais il faut que tu l'acceptes pour ça.»

Le calme se fit en Harry pratiquement d'un seul coup. Il était à la croisée des chemins, c'était le moment de choisir. Ça arriver si rarement d'avoir vraiment le choix dans une vie, et encore plus dans la sienne. Que penserait Sirius, Ron, Hermione? Le rejetteraient-ils? Mais ils ne savaient pas ce que c'était que de vivre chez les Dursley. Maintenant qu'il avait la possibilité de partir, Harry sut qu'il ne pourrait plus jamais retourner au 4 Privet Drive.

Lucius lâcha ses poignets, et ses bras retombèrent mollement le long de son corps. Harry savait ce qu'il allait faire. Ses yeux ne trahissaient plus aucune émotion, aucune hésitation.

Chacun se remis sur ses pieds. Debout, bien droit, ils jaugèrent encore une fois la détermination de l'autre. Puis, tous deux sortirent leur baguette.

«Moi Lucius Malfoy, chef actuel de famille, accueille Harry Potter, fils de James et Lily Potter comme membre de notre noble famille. Je m'engage à agir vis à vis de lui comme s'il était mon fils de sang, et de ne jamais attenter à sa vie d'une quelconque manières directe ou indirecte. Harry Potter, acceptes-tu de faire partie de la noble famille Malfoy?», demanda Lucius Malfoy d'une voix grave.

«Je l'accepte.»

Par cette simple phrase, le destin d'Harry Potter venait de prendre un grand tournant. Plus important qu'il ne l'aurait imaginé. Le survivant voulait une famille, il allait en avoir une. Néanmoins, elle ne collerait pas tout à fait avec l'idée qu'il s'en faisait au départ.


Et voilà! Evidemment l'histoire ce met encore un peu en place donc pas vraiment d'action.

Une petite reviews fait toujours plaisirs, il ne faut pas négliger son pouvoir de motivation sur les auteurs!