Salut tout le monde!
Pour commencer, une annonce:
* A toutes les personnes maîtrisant la langue française! *
Notre petite soeur étant en période d'examen,
nous recherchons quelqu'un pour relire, corriger et aussi donner des idées d'amélioration pour nos fanfictions (une ou toutes).
Si vous êtes intéressé, n'hésitez pas à nous envoyer un MP! :)
A&E
Et oui, moi et ma soeur (celle qui s'occupe de Lumière du ciel nocturne), nous avons fini de passer nos partiels, donc pour l'instant nous sommes libre comme l'air.
Ensuite passons aux remerciements.
Un grand merci à adenoide (c'est une bonne idée d'introduire le vampirisme), nepheria4, Alyeka, Gayel (Harry va enfin devenir un vrai sorcier digne de ce nom!), juju et darkmoonlady.
Vos reviews m'ont fait très plaisir et vraiment motivé pour écrire plus vite la suite!
Chapitre 4 – Bienvenue au Malfoy Manor
Harry était assis sur l'une des banquettes du couloir attenant à la salle d'audience. Les juges lui avaient demandé de sortir le temps de délibérer.
Après son entrevue avec Monsieur Malfoy, il avait regagné sa place au centre de la pièce, marchant bien droit, essayant de ne rien laisser paraître. Harry avait l'impression que si le vieux directeur sentait son changement de côté, il serrait capable de sortir un lapin de son chapeau. Albus Dumbledore était, après tout, connu pour anticipé la moindre action de ses adversaires et avait toujours un plan pour parer à toutes éventualités.
Hors, dans ce cas précis, Harry n'avait pas envie qu'on le sorte d'affaire. Il avait pris sa décision.
Lorsque Amelia Bones lui avait demandé dans quelle famille il souhaitait vivre, Harry n'avait pas accordé un seul regard à Dumbledore. Sa réponse avait franchi ses lèvres comme si une autre personne l'avait formulé à sa place. Tout plutôt que retourner dans cet enfer.
Mais maintenant, assis seul dans ce couloir, la culpabilité le submergeait. Il devait tellement au directeur de Poudlard. Pas seulement à lui, la famille Weasley et ses amis de Gryffondor l'avaient toujours soutenu. Ils considéreraient tous sa décision comme une trahison. Harry espérait quand même que Ron et Hermione prennent le temps de l'écouter et de le comprendre. Il ne voulait vraiment pas perdre ses deux meilleurs amis.
Finalement échapper aux Dursley lui ferait peut-être perdre tout ce qu'il avait réussi à construire jusqu'à maintenant.
Non, depuis le temps, Harry avait tissé des liens solides avec ses amis. Ron le considérait comme son frère, il faisait d'une certaine manière partie de la famille Weasley. De même, il considérait Hermione un peu comme une grande sœur. Malgré qu'ils aient tous les trois le même âge, elle était toujours derrière leur dos à veiller sur eux, et surtout à ce qu'ils aient fait correctement leurs devoirs pour les rendre en temps et en heure. Gryffondor était devenu sa deuxième maison, en fait non, c'était le seul endroit où il s'était jamais sentie chez lui, à sa place.
Vivre deux mois chez les Malfoys, parce qu'en fin de compte ça ne se résumait qu'à ça, juste deux mois d'été. Ensuite, il partirait pour Poudlard et rien ne changerait. Bon ok, là il essayait juste de se rassurer. Il faut dire qu'à part préserver sa vie, il n'avait pas vraiment penser à toutes les petites choses qui pourraient changer.
Un grincement le sorti de ses pensées, juste avant que la panique due à la précarité de sa situation ne le gagne.
Les grosses portes en argent s'ouvrirent laissant place à Dumbledore. Il baissa tout de suite la tête, ne voulant pas voir la déception dans ses yeux bleus clairs, alors qu'ils l'avaient jusque là considéré avec tant de bienveillance.
Harry entendit les pas du vieil homme se diriger vers lui, jusuq'à ce qu'il puisse distinguer le bas de sa robe de sorcier. Malgré cela, il resta dans la même posture, toute forme de courage l'ayant déserté.
_ Harry..., pourquoi tu as fait ça ? Monsieur Malfoy t'a menacé ?
Harry n'en revenait pas. Dumbledore n'était pas en colère comme il s'y était attendu. Au contraire, sa voix était pleine de compassion. Il se redressa. On pouvait aisément lire sa confusion sur son visage mais le vieux directeur n'en pris pas compte. À croire que ses lunettes n'étaient qu'un simple accessoire posées sur son nez juste pour lui donner un style studieux.
_ Je heu..., non monsieur, il ne m'a pas menacé. C'est juste que, heu, c'est à dire que, c'est effectivement un mangemort mais...
_ Harry, mon garçon, ne me dit pas que tu as accepter d'aller vivre chez eux pour ça !, le coupa Dumbledore.
Comment ça « pour ça » ? Harry ne voyait pas vraiment où il voulait en venir. Au départ, au vu de la bonne disposition dans laquelle se trouvait le vieux directeur, il s'était dit qu'il pourrait sans doute, enfin, lui expliquer ce qui avait motiver son choix, la vie chez les Dursley, la maltraitance dont il avait souffert etc.
Apparemment, c'était très présomptueux de sa part. Il ne pourrait jamais parler de sa vie chez les moldus avec cet homme, il ne l'écoutait jamais. Oh bien sûr, lorsqu'il s'agissait de monstres, de Voldemort et compagnie, c'était une autre histoire. Mais en ce qui concernait sa vie personnel, il n'avait aucun soutien à attendre de la part de Dumbledore.
Le vieil homme retira son chapeau d'un geste lasse, et se laissa tomber à côté de lui en posant une main compatissante sur son épaule. Harry décida qu'il valait mieux pour lui de se taire, histoire de voir ce qu'il avait en tête avant d'ajouter quelque chose.
_ Tu sais, je suis parfaitement au courant de ce qu'est monsieur Malfoy. Ils ont certes été innocentés, mais ils ont toujours fait l'objet d'une surveillance. Et puis, il existe d'autres moyens de recueillir des informations qu'en s'infiltrant dans la demeure de l'ennemie. Je me demande bien ce qui t'a traversé l'esprit ! Tu es une vrai tête brûlé comme ton père !
Dumbledore resserra sa poigne autour de son épaule, voulant sans doute marquer par ce geste son soutien.
Les gens sortaient toujours la carte de la ressemblance familiale pour l'attendrir. S'il le prenait comme ça, Harry n'allait certainement pas le détromper. Si ça pouvait aider à faire passer la pilule, c'était toujours bon à prendre. Il aviserait plus tard.
_ Mais monsieur, Lucius Malfoy est un proche du ministre de la magie, non ? Qui peut bien le surveiller ?
Le directeur se tourna de manière à ce qu'ils soient face à face, et lui adressa son fameux sourire signifiant qu'il en savait beaucoup plus qu'on ne pouvait l'imaginer. Un sourire très énervant en somme, en particulier lorsqu'il vous était adressé.
_ Allons, j'ai bien plus de relation que tu ne le penses. D'ailleurs ne t'inquiète pas, je ne peux plus rien faire pour le moment, mais n'oublie pas que tu as de nombreuses personnes qui t'aiment et qui seront là pour toi, quoi qu'il arrive.
Un voile de tristesse passa devant ses yeux.
_ Les relations entre toi et les Malfoy sont assez explosive depuis ta première année. En plus, depuis que tu as fait en sorte d'obtenir la libération de cet elfe de maison, monsieur Malfoy a une dent contre toi. Ce que tu as fait est considéré comme une grave insulte chez les sangs purs, et je ne pense pas que tu en mesures tout à fait les conséquences.
Il marqua une pause, plongé dans ses pensées. L'inimitié qui lié Harry à la famille Malfoy était connu de tous à Poudlard, ce qui rendait cette situation encore plus improbable si c'était possible.
_ Je veux que tu fasses bien attention à toi, d'accord ?, finit par ajouter Dumbledore.
_ Oui, ne vous inquiétez pas, je suis certains que tout ira bien.
Aussitôt qu'il eut fini sa phrase, les grandes portes s'ouvrirent de nouveau déversant son flot de notables qui venaient de siéger. Monsieur Malfoy fut le dernier à en franchir le seuil, accompagné d'Amélia Bones avec qui il était en grande conversation. Il la salua en s'inclinant légèrement, avant de se diriger vers Harry, toujours assis sur sa banquette en compagnie de Dumbledore.
Le noble arborait un air suffisant, conscient de sa victoire écrasante. Cette attitude étaient des plus irritante. Mais étrangement, Harry comprenait enfin de qui Drago tenait ses manières qui lui déplaisaientt tant. Il suffit parfois juste d'observer les parents pour comprendre le comportement de leur progéniture.
_ Harry, je viens de signer à l'instant les papiers faisant de toi un membre à part entière de notre famille. Albus, je vous prie de nous excuser mais nous avons de nombreuses choses à faire. Harry doit apprendre ce que veut dire être un sorcier. Et vu que vous n'avez pas jugé bon de vous en occuper, cela risque de demander beaucoup de travail. Nous allons donc prendre congé.
Lucius fit un bref signe de tête au vieux directeur, pivota, s'avançant majestueusement dans l'interminable couloir sans regarder derrière lui, s'attendant à ce que l'adolescent le suivent de lui-même. Harry dévisagea Dumbledore, essayant d'y lire ses émotions sans y parvenir. Il se décida à emboîter le pas à son nouveau tuteur laissant derrière lui celui qui avait veillé sur lui depuis ses onze ans.
_ Bonne chance Harry. , lui souffla le vieux directeur une dernière fois.
Cette phrase raviva la culpabilité qu'il avait ressenti un peu plus tôt. Il fit mine de ne pas l'avoir entendu et se dépêcha de rattraper Lucius. Ce dernier avait déjà atteint l'ascenseur. Harry parvint à le rejoindre avant que les portes dorées ne se referment, s'engouffrant précipitamment à l'intérieur.
_ Alors, monsieur Potter commence à culpabiliser...? Albus a toujours été très habile dans ce domaine.
_ Ça ne vous regarde pas.
_ Bien sûr que si. Ton bien-être psychique me préoccupe autant que ton bien-être physique. D'ailleurs, il faudra que nous voyons ensemble pour faire un état des lieux, et ce qu'on pourrait améliorer.
Tout en parlant, il le détailla des pieds à la tête. Harry savait qu'il faisait un peu négliger comme garçon. Les filles ne l'avaient jamais regardé parce qu'il était beau, mais parce qu'il était le célèbre Harry Potter. Néanmoins, il ne s'était jamais senti aussi mal à l'aise qu'il ne l'était maintenant. À côté du noble Lord Malfoy, de son costume impeccable, taillé sur mesure, de sa chevelure blonde bien discipliné, il n'avait qu'une seule envie, allait se terrer dans un trou et qu'on l'oublie.
_ Ne me regardait pas comme ça ! J'ai parfaitement conscience qu'à côté de vous je fais tâche. Pour votre gouverne, la majorité des gens sont habillés de la même manière que moi !, répliqua Harry, un peu sur la défensive.
_ Mais la majorité des gens ne font pas la une de la gazette du sorcier. Assez régulièrement je dois dire. Et puis, je doute que tu sois pleinement satisfait de cette image de pauvre petit orphelin désargenté que tu renvois.
Harry esquissa un sourire.
_ Je n'aurais jamais cru que vous preniez la peine de lire les torchons qu'écrit Rita Skeeter sur moi.
Il n'y avait qu'elle dans la presse pour employer ce genre de terme pour parler de lui.
_ L'important n'est pas ce que je lis, j'ai déjà ma propre opinion à ton sujet. Mais malheureusement pour toi, les rubriques de mademoiselle Skeeter sont très appréciées. Elle a donc un bon nombre de lecteur qui, eux, ne te connaissent qu'à travers ses écrits.
_ Et alors, où voulez-vous en venir ? Depuis quand ce que pense le peuple vous préoccupe ?
_ Tu es décidément trop jeune pour comprendre l'importance d'une bonne image et les implications qu'elle entraîne. Mais passons, nous reviendrons sur le sujet plus tard.
« DING ! » L'ascenseur s'ouvrit. La conversation était pour le moment close. Ils se dirigèrent tous les deux dans le grand hall du ministère de la magie, prenant la direction des cheminées. La foule s'écartait sur leur passage naturellement, poussée par une force mystérieuse. Harry se dit que finalement, se déplacer avec un Malfoy pouvait avoir certains avantages. Habituellement, on le bousculait lorsqu'il était incognito, et une fois qu'on l'avait reconnu, il se retrouvait submergé par une marée humaine (principalement adulte contrairement à ce qu'on pourrait croire).
À Poudlard, sa célébrité posait moins de problème. Les étudiants étaient trop jeune pour se souvenir des horreurs de la guerre. Ils connaissaient l'histoire, mais ne l'avaient pas véritablement vécu comme leurs parents, ce qui expliquait leur relative immunité face à cette hystérie collective autour du Survivant.
Curieusement, Lucius ne continua pas tout droit, vers les cheminées, mais tourna sur la gauche dans un couloir d'une taille plus modeste. Ils débouchèrent sur un petit hall presque désert, quelques personnes discutaient par ci par là, et Harry se demanda d'où elles venaient puisqu'il n'y avait qu'une seule issue.
_ Monsieur Malfoy, nous ne prenons pas la cheminée ?
_ Non, les voyages par poudre de cheminette sont trop facilement traçable et contrôlable. À l'inverse, la trace magique du transplanage est plus difficilement détectable.
_ Je croyait qu'on ne pouvait pas transplaner au ministère de la magie ?
_ Ce n'est pas tout à fait juste, tout le monde n'a pas le droit de la faire. Normalement seul les Aurors et le premier ministre en ont la possibilité. Mais lorsqu'on connaît les bonnes personnes, ce n'est pas bien difficile d'obtenir une dérogation.
Tout en parlant, le noble sortit sa baguette, jusque là dissimulée dans sa canne, et la pointa sur le sol. Il était recouvert d'un parquet sombre mais de grands cercles constituaient d'arabesques et de runes scintillaient d'une lumière dorée à sa surface. La baguette suivit le tracé lumineux, le faisant s'agiter légèrement tel un serpent vivant ondulant sous une caresse.
_ On peut trier les personnes pouvant transplaner ou pas d'un endroit ?, demanda Harry curieux.
_ Oui, mais c'est très compliquer et pas toujours très fiable lorsque le sortilège est mal tissé. C'est pour cette raison, qu'habituellement, les protections magiques qui sont mises en place empêchent n'importe qui de transplaner sur l'ensemble de son champs d'action. C'est comme ça à Poudlard il me semble.
Lucius rangea sa baguette.
_ Bien, maintenant je pense que nous sommes prêts à partir ! (Il se rapprocha d'Harry qui recula instinctivement.) Il me semble que tu ne sais pas encore transplaner ?
_ Non, mais... , lui répondit-il un peu pris de court.
_ Pas de mais Harry ! Tu te méfies de moi, c'est normal, mais tu dois essayer de passer outre.
_ Pourquoi vous faites ça ?
_ Je fais quoi ?
_ Vous êtes patient, vous m'expliquez comment fonctionne le transplanage au ministère. Vous croyez qu'en vous comportant comme un adulte bien attentionné je vais oublier ce que vous êtes ?
_ Et qu'est-ce que je suis ?
_ Vous êtes un meurtrier, un mangemort à la solde de Lord Voldemort. Et je suis sûr que derrière vos belles paroles vous ne souhaitez qu'une chose : me voir mort à vos pieds.
Lucius garda le masque d'impassibilité qui faisait la fierté des Malfoy. Harry avait vu Drago adopter cette expression suffisamment de fois pour la reconnaître. Chez le fils, cela cachait souvent une colère ou une frustration qu'Harry prenait plaisir à faire exploser. Mais chez le père, sa fonction était tout autre.
_ Tu as oublié un détail, mon cher Harry. En plus de tous les merveilleux titres que tu m'as attribué, je suis également ton tuteur et avec ton accord. À ce moment là, que je sois un meurtrier et un mangemort, puisque c'est ce que tu penses, ne semblaient pas te gêner tant que ça.
Ses yeux étaient devenus froid, provoquant des frissons dans son dos. Son corps était figé sur place. La vérité, c'est qu'il avait eu peur. Harry avait tenté de faire sortir le patriarche de la famille Malfoy de ses gonds. Ainsi, il aurait peut-être fini par se dire que le prendre sous son toit était une erreur. Et ensuite, il serait parti en le laissant seul dans ce hall.
Lucius glissa son bras autour de sa taille sans aucune délicatesse. Harry ne broncha pas.
_ Ne t'inquiète pas, tu finiras par me faire confiance. (D'un geste de la main, il l'empêcha d'ajouter quelque chose.) Ne dit rien, je ne te demande pas de m'apprécier. Mais nous avons fait un serment, tu n'as donc rien à craindre.
_ J'en jugerais par moi même si vous voulez bien.
_ Ah ! Quel jeune homme buté tu fais !
Harry sentit son nombril le tiraillait. Tout devint flou autour d'eux ce qui paniqua un peu le gryffondor qui s'agrippa de toute ses forces à son aîné. Le décor finit par enfin se stabiliser, cessant de tourner comme s'il faisait un tour de manège.
Il regarda ses mains fermement accrochées aux vestons de Lucius. En relevant les yeux, il remarqua que ce dernier se moquer ouvertement de lui, enfin comme un Malfoy. Sa bouche était déformait par un petit rictus et ses yeux pétillaient de malice.
Harry se dégaga de l'étreinte, puis regarda autour de lui pour éviter de s'attarder sur cette épisode qui ferait honte au grand Godric Gryffondor.
Comme au ministère, ils se trouvaient dans une pièce circulaire de taille moyenne. Le sol était plus clair, un parquet en bois d'acajou, recouvert des mêmes symboles dorés qu'au ministère. C'était des sortilèges très compliqués d'après les dires de Lucius. Il n'y avait rien d'étonnant à ce que cette famille à la fortune colossale puisse se procurer les meilleures défenses magiques. D'ailleurs, puisqu'il faisait parti de cette famille, Harry tenta le coup.
_ Comme je ne suis pas votre prisonnier, je suppose que j'aurais moi aussi la possibilité de transplaner ici ?
_ Bien entendu ! Mais avant, il faudrait que tu obtiennes ton permis, et cela ne serra pas possible avant ta majorité, donc nous avons tout notre temps !
Les portes du hall s'ouvrirent laissant apparaître une femme, certainement la maîtresse des lieux. Blonde comme tous les Malfoy qui se respectent, mais à la différence de son mari et de son fils, elle avait les yeux aussi bleu que le ciel en été. Sa petite bouche menue était d'un rose pale délicat, et sa peau, tout comme celle de Drago, avait la blancheur nacré de la porcelaine. Elle portait une robe en soie bleue nuit de style empire, serrée sous la poitrine et non à la taille, les manches longues moulant ses bras fins.
Harry s'était toujours demandé pourquoi les membres de la famille Malfoy, fleurons du camp des ténèbres, avaient l'apparence des anges décris dans la bible. Ils avaient tous cette aura lumineuse qui aveuglait quiconque les contemplait, au point de dissimuler complètement la noirceur qui les habitait. Pour le coup, il ne savait pas très bien que penser d'elle.
_ Mon cher époux, je suis ravie que vous soyez de retour. , dit-elle souriante.
_ Harry, je te présente mon épouse, Narcissa Malfoy. , la présenta Lucius.
_ Je suis ravie de vous rencontrer. Je m'appelle Harry Potter. , bredouilla-t-il un peu intimidé.
_ Moi aussi, je suis ravie de faire ta connaissance. Mon mari étant souvent absent pour affaire, c'est à moi que tu devras poser tes questions si tu en as. Drago serra également enchanté de t'aider à t'intégrer dans ta nouvelle vie.
_ En parlant de notre fils, puis-je savoir où il est ? Il me semble que nous avions convenu qu'il vienne accueillir Harry avec toi ? , lui demanda Lucius.
_ Je sais mais le pauvre enfant ne se sentait pas en grande forme alors il est resté dans sa chambre pour se reposer.
_ Cissy ! Tu es trop laxiste avec lui.
_ C'est mon rôle de mère de le dorloter ! De tout façon, tu es bien assez dure pour deux !
_ Je tiens tout de même à ce qu'il soit présent au souper ! Et c'est non négociable ! Il est hors de question qu'un elfe de maison lui apporte son repas dans sa chambre !
_ J'y veillerais ne t'inquiète pas. , concéda Narcissa.
_ Sur ce, je vais vous laisser. J'ai encore beaucoup de travail qui m'attend. , conclut Lucius.
_ Faites donc, mais ne vous épuisez pas trop à l'ouvrage, sinon vous risquez de ne pas être de très bonne compagnie ce soir. , le taquina sa femme.
Lucius déposa un baiser au creux de la main de sa dame avant de quitter la pièce. Harry fut étonnée par la tendresse qui se dégageait de ce geste. Il avait toujours cru que les mariages au sein des familles de sang purs étaient arrangés, et donc dépourvu d'amour.
_ Il vous aime vraiment. , lâcha-t-il malgré lui.
Narcissa rayonna davantage si c'était possible.
_ Oui, je crois qu'aujourd'hui je peux dire que c'est mon grand amour. Viens, je vais te guider jusqu'à ta chambre. , répondit-elle en prenant la direction de la sortie.
_ Que voulez-vous dire par aujourd'hui ? , la questionna Harry en la suivant. Oh, je suis désolé, ça ne me regarde pas.
_ Non, c'est bon. Tu sais, il y a plusieurs manières de tomber amoureux. Avec Lucius, l'amour est venu avec le temps. Nous avons appris à nous connaître, nous nous sommes respectés, et puis nous avons traversé beaucoup d'épreuves ensembles. Tout cela nous a lié et a rendu notre couple plus solide. Elle marqua une pause, puis repris : Maintenant, laisse moi te montrer ta chambre. Je suis sûr que tu vas l'adorer !
Elle l'entraîna dans un grand hall qui devait être celui de l'entrée principale. Ils gravirent l'immense escalier de marbre qui s'y trouvait, montant ainsi au premier étage.
Tout n'était que luxe et démesure. Les revêtements de sol variés entre le marbre et le parquet, souvent revêtu de tapis aux motifs orientaux. Les murs ornés de boiseries étaient recouverts de tableaux de maître, dont les illustres occupants ne cessaient de le dévisager en chuchotant sur leur passage.
Au bout d'un temps qui lui paru interminable (combien y avait-il de couloir dans cette maison?), Narcissa s'arrêta enfin devant une double porte en chêne. Elle se tourna vers lui, particulièrement excitée.
_ Fais moi plaisirs, ferme les yeux !
Sans se méfier un seul instant, Harry s'exécuta. Il se sentait bien en sa compagnie. Un grincement accompagnant l'ouverture des portes se fit entendre. Les mains de Narcissa se posèrent sur ses bras avec douceur pour le guider à l'intérieur.
_ Maintenant, tu peux les ouvrir.
Harry resta muet d'admiration.
_ C'est ma chambre ?, s'exclama t-il finalement.
_ Oui !, rigola-t-elle. Quand Lucius m'a dit que nous allions accueillir un nouveau membre dans notre famille, je me suis rapidement mise au travail pour t'aménager un espace rien qu'à toi ! J'ai eu beaucoup de mal à savoir quel genre d'univers te conviendrait, et...
Harry décrocha, trop subjugué par tant de merveille. Il n'avait jamais eu autant d'espace dans toute sa vie. Les boiseries des murs étaient couleur acajou avec de léger reflet miel, sculptés de petites branches fleuries qui semblaient courir sous sa surface. De petites étagères remplit de livres y étaient intégrés. Les hautes fenêtres illuminaient la pièce avec douceur, lui donnant une atmosphère paisible. Face à lui, une sorte de petit salon était savamment agencé. Un canapé ancien capitonné de blanc, encadré de deux fauteuils Waldorf en cuir, entouraient une table basse en bois massif de la même teinte que les murs. Un bureau,également en bois massif, était disposé prêt de l'une des fenêtres pour permettre un éclairage naturel. Les rideaux, les poufs et les coussins étaient d'un beau rouge gryffondor, et certains étaient brodés de fils d'or. Par miracle, Narcissa avait réussi à composer entre le luxe Malfoyen et le joyeux bazar propre aux Gryffondor. Un peu à l'écart trônait un immense lit. On aurait pu aisément y dormir à quatre selon Harry. Les draps étaient blancs comme le canapé, formant un parfait contraste avec les différents oreillers aux couleurs oranger, rouge et aubergine, ainsi que le couvre lit écarlate, tout étant décoré du même style de broderies que les coussins du salon.
Un petit piaillement lui fit lever les yeux vers le plafond. De petits nuages cotonneux glissaient paresseusement sur un ciel bleu azur. Il remarqua que divers oiseaux voletaient, s'amusant à disparaître et apparaître au gré de leur envie.
_ C'est un ciel magique ! , s'étonna-t-il.
_ J'aurai adoré mais non. Il n'existe qu'un seul ciel magique et c'est celui qui se trouve dans la grande salle de Poudlard. J'ai demandé à un peintre de représenter un ciel au printemps qui recouvre la totalité du plafond. C'est une sorte de trompe l'œil animé si tu veux.
_ Madame Malfoy, vous avez un véritable don pour la décoration d'intérieur !
_ Je te remercie mon chéri ! (Le compliment fit légèrement rosir ses joues.) Oh ! Avant que j'oublie. (Elle pointa deux portes qu'Harry n'avait pas remarqué jusque là.) Celle de droite conduit à la salle de bain, et celle de gauche au dressing. D'ailleurs, il est encore vide. Demain, nous nous rendrons chez Gaichiffon, Drago ne jurent que par eux. On peut lui faire confiance pour n'exiger que la meilleure qualité en matière de prêt-à-porter. Ça rend Lucius complètement fou !
Faire les boutiques de vêtement était loin d'emballer Harry. Mais face à tant d'enthousiasme, il ne broncha pas.
_ Bien ! Je vais demander à ton elfe de maison de t'apporter une petite collation. Je ne te voyais pas aussi maigre, il ne te nourrissait pas ou quoi? Il va falloir que je double les plats du service de ce soir, je tiens absolument à ce que tu manges à ta faim ! , déclara-t-elle avec conviction.
_ Ne vous donnait pas cette peine. , dit-il. Il était gêné par tant d'attention.
_ Mais ça me fait tellement plaisir... Ne me prive pas de cette joie ! , minauda-t-elle.
Juste avant de passer la porte, elle ajouta : Tu peux faire ce que tu veux d'ici l'heure du souper, explorer la maison, te reposer, fait comme tu en as envie. Après tout, tu es chez toi !
Harry se retrouva seul dans son immense chambre. Pour la première fois depuis le début de ses vacances, il avait du temps libre. La fatigue de la journée le submergea. Il s'était levé tôt ce matin et avait accumulé pas mal de tension.
Au lieu d'aller visiter le reste de la maison, bien que le terme de manoir soit plus adapté, il se dirigea vers la salle de bain. Harry avait bien besoin de se détendre. Comme il s'y attendait, elle était aussi luxueuse que sa chambre. On aurait dit un jardin sauvage.
Une grande baignoire, de la taille d'une petite piscine, était incrustée dans le sol de marbre. Une multitude de robinets servait à l'alimenter en eau. En y regardant de plus prêt, on pouvait voir que chacun avait une fonction différente : bain moussant, eau senteur lavande, cèdre ou encore lotus. Une douche, dissimulée en partie par de la végétation, se trouvait dans un coin, un peu à l'écart. Les murs étaient recouverts de pierre donnant un aspect de grotte naturelle. De petits hublots laissaient entrer la lumière du soleil afin d'éclairer la pièce. Des bocaux de cristal, remplit de sel de bain, ainsi que plein de petits savons multicolores, étaient mis à disposition.
Harry fit couler l'eau, ouvrant tous les robinets qui lui faisaient envie. La salle de bain fut bientôt remplit d'un parfum de fleur, des bulles multicolores volant dans tous les sens. Il se dévêtit en vitesse, et se glissa dans l'eau chaude. Un soupir de satisfaction s'échappa de ses lèvres. Les odeurs, le décor et les bulles donnaient vraiment l'impression d'être dans un autre monde. C'était apaisant. Tellement que sans qu'il s'en rende compte, il fut happé par le sommeil.
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Harry volait sur son numbus 2000, mystérieusement ressuscité des débris que lui avait laissé le saule cogneur. Libre comme l'air, il pouvait aller où bon lui semble.
Personne ne l'attendait, le monde n'avait pas besoin d'être sauvé, il n'y avait rien hormis ce sentiment de plénitude qu'il ressentait. Le vent frais s'engouffrait avec force dans ses cheveux, caressait sa peau. Un vrai régal.
_ Actuellement, nous survolons la mer des caraïbes. Nous arriverons à destination dans trois heures. , dit une voix sortie de nul part.
Poussé par la curiosité, Harry se rapprocha. Les eaux cristallines et peu profondes lui permirent d'observer à sa guise le spectacle coloré des récifs de coraux. De formes et de tailles variées, ces récifs abritaient une énorme population de poissons multicolores dont le mouvement et les couleurs ressemblaient à la chorégraphie d'un ballet. La mer des caraïbes formait un merveilleux jardin sous-marins.
Il tendit la main pour en effleurer la surface et jouer avec les poissons. Mais lorsqu'elle toucha l'eau, Harry sentit quelque chose le tirer vers l'avant. Il tomba de son balais, tête la première. Son rêve tourna alors au cauchemar.
Il n'y avait plus de coraux, ni de poissons, seulement les ténèbres. La mer, qui aurait dû être bleue et cristalline, était devenue noire et glacée. Il tenta de regagner la surface en nageant sans succès. Malheureusement pour lui, elle restait, pour une raison inconnue, inaccessible. Bientôt, il n'aurait plus d'air. Ses mouvements se firent plus rapides poussés par l'énergie du désespoir.
Le froid devenait insupportable, et l'envie de hurler était très tentante.
Une force invisible l'attirait vers les profondeurs sans qu'il ne puisse rien y faire. Sa tête commençait à le faire souffrir, et le manque d'oxygène se faisait de plus en plus sentir. Puis, sa bouche s'ouvrit, mue par un automatisme de survie. L'eau s'engouffra en lui, l'étouffant à petit feu. Pris de panique, Harry se débattit de plus belle.
Et voilà! Ce chapitre est beaucoup plus court que le dernier, mais posté beaucoup plus tôt!
J'espère que ce chapitre vous a plus quand même! Encore une fois, merci pour vos reviews ça m'a vraiment motivé.
