HELLO!

J'espère que tout le monde va bien! Voilà enfin la suite après une attente plus qu'interminable... Mais qu'est ce que j'ai fait moi depuis tout ce temps?

Donc toutes mes excuses. (Je sais, je le fais à chaque début de chapitre.) Malgré l'attente de folie entre chaque chapitre, j'ai été étonnée du passage sur ma fiction même si les reviews c'est pas ça. Je remercie tous les lecteurs anonymes qui lisent cette fiction dans l'espoir qu'elle leur plaise.

Je remercie tout spécialement darkmoonlady, YAMIA, Alyeka, Yukimai-chan,elo-didie et MangaLoveee. Vos reviews m'ont fait très plaisirs et m'ont donné le courage de continuer (après tout ce temps). C'est donc à vous que je dédie ce chapitre 5!

Bonne lecture!


Chapitre 5 – Porte Close


De petites mains grises à l'apparence osseuses mais à la forte poigne vinrent l'agripper pour le ramener à la surface. L'oppression qui avait jusque là enserrer sa poitrine se relâcha d'un coup. Harry tenta de reprendre sa respiration. La panique qui l'avait assailli paralysait encore son corps, l'empêchant de rependre son souffle aussi vite qu'il le voulait. Il vomit toute l'eau qu'il avait avalée, ressentant l'intense brûlure de l'air dans ses poumons.

Harry sentit les mains qui le tenaient le tirer sur le carrelage froid. Trop désorienté, il eut du mal à se remémorer l'endroit où il se trouvait. Il ferma les yeux et rassembla ses esprits comme il le pouvait. Le froid qu'il avait ressenti dans son rêve (car ce n'était qu'un rêve n'est ce pas?), l'étreignait toujours. Cela n'avait que très peu à voir avec le fait qu'il soit trempé et nu comme un ver sur le sol glacé de la salle de bain. Il était là en lui, tel un énorme poids qui lui rongeait les entrailles.

Bouger lui était difficile. Seul les efforts qu'il faisait pour respirer et la douleur qu'ils occasionnaient le maintenait à la surface, l'empêchant de sombrer dans l'inconscience.

_ Monsieur Potter ? Maître ? , cria une voix nasillarde à ses oreilles. Le ton était clairement celui caractéristique des elfes de maison paniqués d'avoir faillis à leur devoir.

_ Umm..., grommela Harry. Il n'avait pas suffisamment de force pour lui répliquer de la fermer.

Les mains le palpèrent pour vérifier que sa vie n'était plus en danger. Des pas précipités s'éloignèrent de lui quelques secondes, avant de revenir. Une chaude serviette de bain recouvrit son corps nu. Harry ouvrit enfin les yeux à ce contact, l'esprit suffisamment clair. Il s'assit précautionneusement sur le sol, s'enroulant un peu plus dans la réconfortante chaleur de la serviette de bain.

Des yeux globuleux aussi gros que des balles de tennis, d'un bleu délavé, le fixaient. Bien qu'il soit assis, la petite créature avait le visage à la même hauteur que le sien. Deux grandes oreilles de chauve-souris s'agitaient des deux côtés de sa tête. Un nez fin et pointu ornait le milieu de sa figure comme une carotte sur un bonhomme de neige.

_ Maître, vous allez mieux ?, s'enquit-il inquiet. L'elfe rapprocha son visage un peu plus. Ce qui était trop au goût d'Harry.

_ Oui, ça va mieux. Merci. Tu peux me laisser maintenant.

_ Mais maître, la maîtresse a dit que Kiwi avait la responsabilité du maître ! Quand Kiwi pense que le maître aurait pu se noyer par sa faute ! Kiwi aurait dû être plus vigilant ! Méchant Kiwi ! Méchant! Méchant ! Méchant ! Kiwi va se punir tout de suite maître !

_ Non, non. Kiwi (puisqu'il s'appelait comme ça apparemment), je voudrais des vêtements propres s'il te plaît. Et tu n'as pas besoin de te punir pour ma bêtise.

_ Mais maître..., commença l'elfe de maison.

_ Vêtements Kiwi ! , ordonna Harry afin de le couper dans son auto-flagellation. Il espérait que le petit elfe oublie de se punir.

_ Oui, oui, tout de suite maître ! Kiwi revient tout de suite ! L'elfe disparu dans un « pop », et réapparu tout aussi vite, lui tendant une petite pile de vêtements.

_ Merci.

Il y avait un pantalon en toile noir, un boxer, une paire de chaussette blanche, un débardeur noir et un pull rouge en coll v. Les vêtements étaient simple, mais la matière dans lesquels ils étaient, était bien différente de ce à quoi il était habitué. Alors qu'il allait commencé à s'habiller, Harry remarqua que Kiwi était resté dans un coin de la salle de bain, attendant en silence, les yeux rivés au sol.

_ Tu peux partir maintenant, je t'appellerai si j'ai besoin de quelque chose.

Kiwi fit une révérence avec toute la grâce dont il était capable (autrement dit pas des masses). Puis disparu de nouveau, laissant Harry enfin seul après cet épisode éprouvant. Il n'avait pas la moindre intention de rappeler Kiwi, à moins d'y être obligé. Les elfes de maison, comme Dobby par exemple, avaient toujours des réactions extrêmes. Les gérer était donc assez problématique et fatiguant à force de veiller à ce qu'ils ne se repassent pas les mains ou d'autres énormités du même genre.

Une fois prêt (Harry avait abandonné l'idée de se coiffer), il regagna sa chambre où il découvrit sur la table basse un plateau chargé de nourriture. À la vue et à l'odeur délicieuse qui s'en élevait, son ventre se manifesta, lui rappelant qu'il n'avait pas manger de la journée. Sans attendre, il mangea, profitant pour la première fois des vacances de manger à sa faim sans que personne ne vienne lui ôter de la bouche.

Une fois qu'il eut fini, Harry se décida à explorer le manoir Malfoy. La demeure était si vaste, qu'il était certain de se perdre. Cependant, c'était le meilleur moyen pour découvrir les secrets de son hôte. Il pourrait toujours appeler son elfe de maison pour le guider jusqu'à sa chambre.

Il commença à déambuler dans les nombreux couloirs, ouvrant des portes au hasard. Certaines d'entre elles ne s'ouvraient pas, même avec l'aide d'un Alohomora d'autres s'ouvraient sur des chambres à coucher aux thèmes picturaux diverses. Rien de bien intéressent.

Harry décida de quitter cette étage apparemment réservé aux quartiers privées, et d'essayer de rejoindre le jardin, ou le parc au choix, qu'il apercevait depuis les hautes fenêtres du couloir. Après plusieurs cul de sac, il put enfin crier victoire.

La pelouse verdoyante s'étendait jusqu'à l'horizon où commençait les hauts cimes d'une vaste et sombre forêt. C'était un jardin à la française. Les arbustes et les parterres de fleurs taillés au millimètres prêts étaient savamment agencés, formant des dessins géométriques complexes, qui vu du ciel devaient être encore plus impressionnant qu'ils ne l'étaient au sol. De loin, Harry pouvait apercevoir les anneaux caractéristiques d'un terrain de quidditch. Avec un nouvel entrain, le survivant se dirigea vers eux, heureux de pouvoir pratiquer son sport favoris sans attendre la rentrée à Poudlard.

À proximité du terrain se trouvait une cabane en bois de bonne taille, sans doute la remise à balais. Harry y pénétra pour trouver de quoi commencer une partie solitaire. Il n'avait plus de balais depuis que son pauvre nimbus 2000 avait été réduit en miette par les branches du saule cogneur lors de l'année précédente. Sans surprise, il n'eut que l'embarra du choix. Les Malfoy possédaient de nombreux modèles provenant des trois grandes marques de balais : des comètes, des brossdurs mais aussi des nimbus.

Harry opta pour un numbus 2000 même s'il y avait aussi le 2001 de disponible. Il était vraiment nostalgique de son regretté balais. Après tout, c'était son premier balais. Il tenta ensuite de trouver un vif d'or en fouillant dans la malle où étaient ranger normalement les balles. Mais, la petite boîte qui lui était réservé était vide. Cela ne voulait dire qu'une seule chose, quelqu'un était en train de s'entraîner en ce moment. Une seule personne de la famille Malfoy était attrapeur dans une équipe de quidditch. Et il était tant pour le jeune Potter de la saluer comme il se devait.

Harry sortit, son balais à la main, et chercha dans le ciel l'éclat doré si familier. Il l'aperçut près de l'un des anneaux de but. Avec souplesse, Harry monta sur son balais et fonça pour attraper la petite balle doré qui voletait nerveusement autour du poteau supportant l'anneau des buts. L'autre joueur, qui ne l'avait pas remarqué jusque là trop occupé à chercher le vif d'or, vola d'un coup dans sa direction. Harry continua sur sa lancée, ne se préoccupant pas du nouvel intérêt dont il faisait l'objet. L'adrénaline, ainsi que la fraîcheur du vent, lui colorèrent les joues d'une légère teinte rose. Dans son dos, Harry sentait la présence de l'autre attrapeur. Mais il n'était pas assez rapide, ni assez près pour espérer le rattraper avant la fin de la partie. Devant lui, le vif d'or se démenait pour le fuir. Jugeant la distance satisfaisante, Harry tendit la main et s'en saisit, avant d'amorcer un rapide demi-tour, se retrouvant face à son partenaire involontaire de jeux.

_ Alors Malfoy, je croyais que tu étais trop mal en point pour sortir de ta chambre ?

Drago Malfoy, héritier de l'illustre famille Malfoy, arborait un petit air pincé signe de sa profonde contrariété. Son visage était pâle et pointu, lui donnant sans peine l'air supérieur de l'aristocrate qui préférerait mourir que de frayer avec le bas peuple. Ses cheveux blonds pâles et ses yeux gris métallisés étaient les mêmes que ceux de son père. Cependant, quelques différences étaient à noter. Ses cheveux n'étaient pas longs mais coupés courts, ramenés en arrière par une incroyable quantité de gel. Son regard suffisant était également dépourvu de la confiance sans faille, si caractéristique de Lucius Malfoy.

_ Mesure préventive Potter. Je voulais éviter la nausée qui me submerge à chaque fois que je te vois. Maintenant que nous nous sommes vus, tu peux aller voir ailleurs si j'y suis. Je ne te retiens pas.

_ Allons Malfoy, ne soit pas mauvais perdant. Et puis, tu devrais avoir l'habitude depuis le temps.

Normalement, Harry n'était pas du genre à se vanter ou à rabaisser les autres. C'était le domaine de prédilection dans lequel excellait le serpentard. Malfoy faisait vraiment ressortir le pire de lui-même.

Les yeux de Malfoy rétrécirent en deux fentes inquiétantes. Mais contrairement à ce qu'Harry aurait cru, il ne répliqua pas. Il prit la direction du sol. Harry le suivit. Les deux jeunes adolescents se posèrent au centre du terrain.

_ Je crois que nous devrions avoir une petite conversation Potter., lui balança Malfoy.

_ À quel sujet ?

_ Ne fais pas l'idiot, de notre cohabitation bien sûr ! Ni toi, ni moi ne souhaitons vivre sous le même toit. Si ça ne tenait qu'à moi, tu resterais confiné dans tes quartiers tous l'été.

_ Mais il n'en est pas question.

_ Je sais, ça serait trop beau !, s'agaça Malfoy. Mais je pense que nous devrions convenir de certaines règles qui nous éviteraient de nous croiser dorénavant. Je m'entraîne au quidditch tout les matins de 7h à 8h, le reste de ma journée est consacrée à mes cours particuliers qui ont lieu dans la bibliothèque principale du manoir. Je m'arrangerai pour passer mes week-end avec mes amis hors de la maison. Malfoy sembla réfléchir un instant aux contraintes de son emploi du temps. Harry, lui, était resté bloquer sur les cours pendant les vacances. Ça te vas ? Finit-il par lui lancée.

_ Heu... Ouais. Tu oublies qu'on doit manger ensemble ce soir.

_ Pour ça, je crois qu'on pourra pas y faire grand chose. Les repas en famille sont une tradition à laquelle ma mère tient beaucoup. Faudra se faire une raison. Ensuite, une fois à Poudlard, tout redeviendra comme avant, ce serra chacun pour sa pomme et personne ne devra savoir que tu as passé l'été ici ? C'est clair ?

_ Ça va ! C'est pas comme si j'allai le crier dans la grande salle bondée., s'offusqua Harry.

_ C'est pas pour toi que c'est la honte le balafré. Tu devrais considérer comme un honneur de fouler le même sol que ma famille.

_ Du calme Malfoy ou ta tête va exploser !

_ Je ne vois pas pourquoi ? Je ne fais qu'énoncer des vérités.

_ Dit Malfoy. Si le petit nom affectueux que tu donnes à ton nouveau frère est le balafré, j'aurais le droit de t'appeler la fouine ?, répliqua Harry.

_ N'ose même pas !, hurla Malfoy. Je ne sais pas ce que mon père à en tête, mais tu ne fais pas partie de cette famille ! Il n'y a pas de frère qui tienne ! On s'en tient aux règles et c'est tout. Vivre ensemble ne change rien au dégoût que tu m'inspires.

_ Tout à fait d'accords avec toi ! Je ne suis pas aussi naïf que tu le crois. Mais si tu emplois encore ce style de surnom, je serais contrains de me montrer aussi créatif que toi. Alors surveille ton langage !

_ S'il y a une personne qui a des problèmes de langage c'est pas moi !

Un petit « pop » les interrompit dans ce qui ressemblait aux prémices d'une dispute. Un elfe de maison inconnu à Harry fit une grotesque révérence et annonça :

_ Maîtresse Lady Malfoy a demandé à Tam-tam de dire au jeune maître Malfoy et au jeune maître Potter que le dîner était prêt.

Drago se tourna vers lui : Ne m'adresse pas la parole pendant tout le repas.

_ Ne me donnes pas d'ordre Malfoy, tu sais très bien quels effets ça a sur moi.

Après un « pffff » très élégant, le serpentard tourna les talons pour rejoindre le manoir. Harry lui emboîta le pas à contrecœur. Il avait un mauvais pressentiment concernant ce premier repas de famille.


O°O°O°O


Oh mon dieu, c'était encore plus gênant qu'il ne l'aurait cru.

Lorsque Drago et Harry était arrivé, Narcissa et Lucius était déjà à table l'un en face de l'autre. Harry s'était précipité (bonjour la politesse) pour prendre place à côté de la mère de Drago. Elle paraissait être la personne la moins hostile à son égard depuis son arrivée.

Le fils s'était quand a lui silencieusement assis à côté du père sans montrer le moindre mécontentement. En fait, Harry avait remarqué que, depuis le terrain de quidditch, Drago s'était entièrement recomposé un visage de marbre. Les traces de sa récente colère avait complètement disparu. Un visage détestable. Lucius avait une expression identique à celle de son fils. Les deux hommes, assis côte à côte, formaient un curieux tableau : avant et 20 ans plus tard. Un peu comme dans les émissions de relooking débiles qu'Harry avait entraperçu durant ces après-midis vaisselles chez les Dursley.

La salle à manger était grande, autant que la table autour de laquelle ils étaient assis. L'ensemble de la famille Weasley aurait pu y tenir sans se gêner mutuellement. Une composition en cascade de fleurs blanche habillait le centre de table, qui elle était recouverte d'une nappe gris perle brodée de fleurs. Un énorme lustre de cristal éclairait l'ensemble. Harry remarqua le nombre de couverts devant lui, se demandant à quoi tout cela pouvait bien servir. Il n'était pas du genre à manger avec les doigts, mais fallait-il qu'il y en ait autant? Pour lui, un couteau, une fourchette et une cuillère suffisaient amplement.

Les plats finirent par apparaître sur la table, la recouvrant d'une incroyable quantité de nourriture qui n'avait rien à envier au banquet de Poudlard. Ils commencèrent à manger en silence. Harry jetait de furtif cou d'œil à sa voisine pour voir quels couverts elle utilisait. On était bien loin des repas animés des Weasley. Plus qu'une différence de fortune, c'était sans doute dû au fait que les deux familles étaient allées de génération en génération à Gryffondor et à Serpentard.

_ Alors Drago, je vois que toi et Harry avez fini par vous rencontrer., la voix de Lucius était froide. Cela étonna Harry qu'il s'adresse à son fils unique de cette manière.

_ Nous nous sommes entraînés ensemble au quidditch.

_ Oh c'est merveilleux que vous ayez des points communs !, s'exclama Narcissa.

_ Oui merveilleux., Drago trancha sa viande d'une manière un peu trop agressive.

_ Je pense que ce serait une bonne chose que vous passiez du temps ensemble., déclara Lucius.

_ Mais père !, s'exclama Drago. Avec mes cours, je n'ai pas une seule minute à moi. En plus, nous n'avons pas les mêmes fréquentations.

_ Sans doute qu'Harry pourrait suivre tes cours avec toi ?

_ Non ! Je suis certains que ça ne l'intéressera pas. N'est-ce pas Potter ?

_ Je ne voudrais pas m'imposer., répond-t-il timidement. La conversation prenait un tour déplaisant.

_ Drago a les meilleurs professeurs. Et puis un ou deux élèves ne devrait pas faire une grande différence. De plus, j'ai feuilleté tes bulletins scolaires de ces trois dernières années, et ce n'est pas brillant. Le résultat des lacunes de ton éducation moldue sans doute., argumenta Lucius.

_ Granger est une sang de bourbe, et elle est bien meilleur que lui !

_ Meilleur que toi également, alors tu devrais éviter de la ramener.

_ Mais...

_ Drago ça suffit ! Toi et Harry suivrait les cours particuliers ensembles. Et je compte sur toi pour t'assurer que tout se passe bien !

Drago jeta un regard noir au survivant, lui reprochant clairement de n'avoir rien dit pour que cette catastrophe monumentale n'arrive. Adieu plan pour qu'ils ne se voient pas des vacances. Harry lui fit un petit sourire d'excuse. Drago se rembrunit, baissa les yeux sur son assiette et commença à trifouiller sa nourriture avec sa fourchette.

Harry n'était pas un excellent élève, mais il n'était pas nul non plus. Il était toujours sérieux en cours. Mais une fois dans la salle commune, il y avait trop de sollicitations de la part de ses camarades pour qu'il réussisse, comme Hermione, à se concentrer sur ses devoirs. Et puis, il était d'accords, d'une certaine manière, avec Lucius. Les deux mois chez les Dursley, coupé du monde magique, n'arrangeaient pas les choses.

Une légère pression sur son épaule attira l'attention d'Harry. Il se retourna et tomba sur le doux sourire de Narcissa.

_ Tu devrais manger Harry. Une fois que Lucius a pris sa décision, rien ne peut le faire changer d'avis. Alors ça ne sert à rien de te tracasser., lui susurra t-elle. En plus, je suis persuadé que Drago finira pas s'y faire. C'est un garçon adorable en fait., dit-elle plus fort.

_ Mère arrête ! Drago se redressa vivement, les joues empourprées par la gêne.

Narcissa rigola, faisant nettement baisser la tension qui régnait jusque là. Le reste du dîner se déroula dans le calme, et fût même agréable. Lucius couvrait sa femme de compliments (à la plus grande honte de leur fils). Les plaisanteries et les anecdotes de chacun fusaient, se révélant passionnante. Harry ne parla pas beaucoup, se contentant de répondre aux questions qu'on lui posait (principalement celles de Narcissa). Malgré tout, il se sentait bien. Il n'était pas comme happé dans un tourbillon de têtes rousses, ce qui était plutôt pas mal en fait.

Une fois que tous disparurent, marquant la fin du dîner, Drago se releva. Harry fit de même. Tous les deux souhaitèrent une bonne fin de soirée aux deux adultes qui se dévoraient du regard, laissant présager de la suite des événements.

Harry suivit par réflexe le serpentard dans le dédale des couloirs. Il se rendit compte de sa bêtise lorsque le jeune blond se retourna brusquement en s'arrêtant devant une immense porte en bois.

_ Qu'est ce que tu crois faire Potter, à me suivre comme un petit chien jusqu'à ma chambre ?

_ J'ai toujours rêvé de voir à quoi ressemblait la chambre du grand Drago Malfoy. Tu ne le savais pas ?

_ Ça restera du domaine de l'imaginaire, parce qu'il n'en est pas question ! Ma chambre est privée. P.R.I.V.E.E, imprime le. Déjà que je vais devoir te supporter tous les jours, alors...

_ Je blague Malfoy ! Tu ne pensais pas que j'étais sérieux., le coupa t-il. Harry s'ébouriffa machinalement les cheveux. Non en fait, ta maison est tellement grande que je serais bien incapable de retrouver ma chambre. Tu voudrais pas me guider ?, demanda t-il timidement.

_ Ta chambre est dans l'aile opposé. Si tu te perds, tu n'as qu'à appeler un elfe de maison, c'est leur travail pas le mien !, sur ces mots, il entra dans sa chambre et lui claqua la porte au nez.

_ Bonne nuit à toi aussi mon adorable petite fouine., lança Harry en s'éloignant. Il allait devoir se débrouiller tout seul.

_ Toi même !, lança Drago de l'autre côté de sa porte. Harry rigola. Il n'allait pas s'ennuyer cette été.

Le gryffondor reprit son chemin. Il essaya de se repérer du mieux qu'il le pouvait. Malheureusement, il ne réussit qu'à se perdre encore une fois. Il ouvrit une grande porte sur sa droite, et tomba sur une immense bibliothèque. Harry n'avait pas sommeil, lire lui semblait donc une bonne idée. Histoire de penser à autre chose avant d'aller se coucher.

Il parcourut les étagères couvertes de nombreux grimoires reliés de cuir. Ils avaient l'air anciens, il les manipula donc avec beaucoup de précautions. Harry fut surpris de trouver autant d'ouvrages traitant de magie blanche que de magie noire. Il opta sur un livre sur les animagus. Depuis qu'il savait que son parrain et son père l'étaient, il avait envie d'en savoir plus sur le sujet. Peu-être qu'il pourrait apprendre la manière d'en devenir un.

Harry s'installa dans l'un des gros fauteuils qui occupés le reste de l'espace. Il régla correctement la luminosité de la lampe disposée sur un guéridon à sa droite, et commença sa lecture.

Alors qu'il était plongé dans un paragraphe détaillant les difficultés que pouvait avoir un sorcier à garder ses capacités mentales humaines en étant sous sa forme animale, il ressentit un courant d'air froid le frôler. Harry redressa la tête.

Les fenêtres de la pièce ainsi que la porte étaient closes. Rien ne semblait indiquer que quelque chose ou quelqu'un ait bougé. Harry mit cette impression sur le compte de la fatigue, et retourna à son occupation. Il reposa son livre une fois qu'il se rendit compte qu'il avait relu trois fois la même phrase sans s'en apercevoir.

Il décida d'emporter son livre dans sa chambre. Il le finirait quand il aurait un moment.

_ Kiwi ?, appela t-il.

La petite elfe de maison apparut tout de suite. À croire qu'elle n'attendait que ça. Elle fit une petite courbette et attendit les ordres.

_ Tu peux me conduire jusqu'à ma chambre s'il-te-plaît Kiwi ?

_ Oui maître ! Tout de suite maître. Suivez-moi.

Harry emboîta le pas de la petite créature qui sautillait devant lui. Allait-il un jour, comme elle, s'y retrouver dans ce labyrinthe? Sérieusement, il en doutait. À nouveau, il ressentit un courant d'air froid, le même que dans la bibliothèque.

_ Dis Kiwi, il y a souvent des courants d'air dans ce vieux manoir ?, demanda Harry. Le bâtiment était très loin d'être vétuste. Mais dans « manoir ancestral des Malfoy », il y avait « ancestral ».

_ De quoi vous parlez maître ?

La petite elfe de maison ne semblait pas savoir de quoi parlait le jeune sorcier. Pourtant, il était certain d'avoir senti quelque chose le frôler.

_ Des fantômes alors ?

_ Il n'y a pas de fantômes ici. En tout cas, Kiwi ne les a jamais vus de ses yeux. Les autres elfes disent qu'il y en a dans les sous-sols, mais Kiwi pas vue. Elle ne va pas dans cette partie de la maison.

Zut, les fantômes étaient l'explication la plus plausible qu'Harry avait en magasin. Ce n'est pas qu'il en connaissait beaucoup, mais bon, il y en avait un certains nombres à Poudlard dont le très vénérable Godric Gryffondor, et les trois autres fondateurs de l'école.

Ils venaient de passer devant un énième couloir lorsque cette impression de vent froid revint. Harry s'arrêta. La curiosité le poussait à découvrir où il menait. Il se sentait attiré sans aucune raison particulière. Néanmoins, il devait y aller. Une petite main tremblotante tira sur sa manche. Il baissa les yeux sur ceux inquiets de Kiwi. La petite elfe le lâcha immédiatement.

_ La chambre du maître est par là, maître., Elle pointa l'autre direction de son minuscule doigt crochu.

_ Je sais, mais qui y-a-t-il par ici ?, il regarda à nouveau en direction du couloir, qui contrairement aux autres dans lesquels ils étaient passés, était plongé dans l'obscurité. Seul la clarté de la nuit permettait d'y voir suffisamment pour distinguer les contours de ce qui s'y trouvait.

_ Il n'y a rien. Le maître est fatigué. Le maître doit aller dormir dans sa chambre. , insista Kiwi.

_ Heu bien,... (Harry hésita) Je ne suis pas si fatigué que ça. Et si on allait jeter un coup d'œil ?

Sans attendre de réponse, Harry s'avança à grande enjambée. Son empressement n'obéissait à aucune logique. L'attraction était juste trop forte. Deux petites mains vinrent, cette fois, se cramponner fermement à sa manche. Kiwi tentait de l'arrêter de toutes ses forces. Son poids plume lui donnait un très nette désavantage, mais malgré tout elle tînt bon.

_ Maître vous n'avez pas le droit d'aller à cette étage ! Il faut aller dans votre chambre.

_ Et pourquoi non ?, demanda-t-il tout en continuant. La pauvre Kiwi pendait toujours tristement à son bras.

_ Mais, maître Lucius en a donné l'ordre ! Personne n'a le droit, le maître l'a dit !

Kiwi se plaqua les mains brusquement sur sa bouche, abandonnant sa prise. Elle venait de donné une bonne raison au jeune Potter d'aller farfouiller dans cette zone soit disant interdite. Harry l'abandonna dans l'obscurité. Une nouvelle bouffée de curiosité lui obscurcissant la raison. Au vu de son passé, il aurait dû écouter Kiwi, et rejoindre un bon lit douillet. Au lieu de ça, il fonça encore tête baissée dans les ennuis. Ce qui l'amena devant une impasse. Ou plutôt, il se heurta à une lourde double porte en chêne. Loin de n'être qu'une simple porte, il s'en dégageait une forte aura magique. Elle était blindée de protections magiques, même un élève en sorcellerie comme lui pouvait sans peine le sentir. Il effleura la surface du bois brute.

_ Aïe !, une onde électrique venait de lui traverser la main.

_ Alors, on se ballade seul en pleine nuit Harry ?

Le jeune homme se retourna brusquement à l'entente de son prénom. Lucius Malfoy se tenait devant lui tel qu'il ne l'avait jamais vu, et n'aurait jamais imaginé le voir un jour. Sa chemise ouverte laissait entrevoir une peau pale a la musculature bien dessinée. Ses cheveux étaient en désordre. Harry n'aurait jamais pensé voir un Malfoy décoiffé de toute sa vie. Malgré tout, Lucius dégageait encore une classe folle. Comment faisait-il ? Mystère.

_ Je...heu... ,il tenta de trouver une excuse mais rien ne lui vînt.

_ Ne t'embête pas à essayer de me baratiner. J'ai un fils qui excelle dans ce domaine, et il me semble que ton elfe de maison t'a dit que j'avais interdit l'accès à cette partie de la maison.

_ Kiwi a du le mentionner., admis Harry a contrecœur. Il avait horreur qu'on le prenne à défaut de cette manière.

_ Et bien entendu, tu ne l'as pas écouté et tu n'en as fait qu'à ta tête.

_ Qu'est-ce que vous cachez derrière cette porte ?, demanda-il un peu agressivement.

_ C'est un secret qui ne concerne que moi. Ni Drago, ni Cissy, ni aucun serviteur de cette maison n'ont le droit d'y aller. Tu comprendras que je ne vais pas faire d'exception pour toi ?

Tout en parlant, l'homme se rapprocha et se retrouva entièrement éclairé par les rayons lunaires. Il était suffisamment près pour qu'Harry puisse voir tous les détails de son corps. Des marques rouges entachées la blancheur immaculée de sa peau. Ses lèvres étaient légèrement gonflées à force de morsures. Une brève vision de la douce Narcissa et de son époux lui traversa l'esprit. Les joues d'Harry se colorèrent et il baissa la tête, préférant fixer les pieds de son interlocuteur plutôt que de lui montrer sa gène. Un détail attira son attention.

_ Vous ne portez pas de chaussures. Et vu votre tenue, je dirais que vous étiez bien occupé. (Harry hésita à poursuivre. Son raisonnement lui paraissait stupide.) Les sorts qui protègent cette porte sont bien trop puissants pour moi, alors que craignez-vous que je découvre ?

_ Tu as raison. En théorie, tu n'as aucune chance de les ouvrir. Mais nous savons tous les deux que des choses étranges se produisent autour de toi, même pour le monde magique. Alors, je préfère être prudent.

Harry planta son regard dans celui de son interlocuteur en y mettant toute sa détermination.

_ Je reviendrais. Vous vous en doutez, n'est-ce pas ?

_ Les gryffondors ne devraient pas être si entêtés. Cela ne leur cause que du tort.

Les ondes magiques dans le dos du jeune sorcier vinrent courir sur son échine, ce qui le fit inspirer profondément sous la vague de pouvoir. Qu'y avait-il derrière cette fichue porte en bois qui lui fasse tant d'effet.

_ Qu'importe, je découvrirai ce que vous cachez.

_ Soit, essaye si tu veux, ça ne restera pas là très longtemps de toute manière. Mais que je n'ai plus à être déranger en pleine nuit à cause de tes bêtises. Ma femme risque de vraiment t'en vouloir sinon. (Son ton était grave. Puis, un sourire éclaira son visage.) Puisque je te tiens, j'ai contacté notre médecin de famille. Il passera demain t'ausculter.

_ Je n'ai pas besoin de médecin !, s'indigna Harry. Je vais parfaitement bien.

_ Bien sûr, tu vas tellement bien que tu as failli te noyer dans ta baignoire.

_ Comment savez-vous ? Vous m'avez espionner ?

_ Bien entendue que non. J'ai juste demandé à l'elfe de maison qui s'occupe de toi de te surveiller de près et de me faire un compte rendu journalier. D'après les informations que j'ai récolté, tu n'as pas passé une seule année à Poudlard sans finir à l'infirmerie pour au moins une semaine. Je te rappelle que j'ai fait un serment de sorcier avec toi. Il serait vraiment mal venu qu'il t'arrive quelque chose, tout ça parce que j'ai fait preuve de négligence.

_ Donc vous faites tout ça pour mon bien et respecter notre serment.

_ Oui. Maintenant, file te coucher. Une longue journée t'attend demain.

Harry resta camper sur ses pieds. Même au pied du mur, ou dans ce cas précis de la porte, il n'arrivait pas à se décider à partir. Ce qu'il voulait découvrir était là, juste derrière. Lucius était là devant lui, incroyablement... Il se demanda tout d'un coup si Drago serait aussi...enfin, s'il aurait eu une apparence similaire, s'il lui ferait autant d'effet. Pourquoi ses hormones avaient-elles attendu aujourd'hui pour commencer à le travailler ?

De grands bras le soulevèrent du sol. Il avait baissé sa garde. Maintenant, il se retrouvait porté comme un bébé par le père de son ennemis d'école. C'était bizarre.

_ Laissez moi descendre. Je peux marcher tout seul.

_ Harry est enfin sorti de ses rêveries. Je me demandais si tu allais bouger un jour., Lucius quitta le sombre couloir, et se dirigea vers la chambre du gryffondor. Harry reconnut certains tableaux lorsqu'ils passèrent devant.

_ Maintenant c'est bon, lâchez-moi.

_ Laisse moi faire. Cissy m'a fait remarqué que je n'étais pas assez démonstratif. En pleine nuit, je pense que je peux me permettre de l'être, alors profite de ce rare moment.

_ Vous ne vous laissez jamais allé hien ?, Harry oublia la position dans laquelle il se trouvait.

_ Il n'y a pas de place pour l'étalage des sentiments dans notre monde. Cela ne veut pas dire que je n'en n'ai pas. Être un homme de mon rang nécessite une certaine conduite. Tu comprends ? Le poids de l'image. On dit souvent qu'il ne faut pas juger sur les apparences. Mais les personnages publics ne sont qu'apparences. Très peu de gens les connaissent réellement. Il n'y a que les articles, les interviews et les photos étalées dans la gazette.

_ Les gens ne sont pas aussi superficiels.

_ Tu es naïf, Harry. Si jeune et si naïf.

_ Arrêtez de me prendre pour un enfant ! Je ne suis pas « naïf » . Vous avez juste une vision négative des choses. C'est normal je suppose, venant d'un sorcier pratiquant la magie noire.

_ Je ne voulais pas te vexer Harry. Disons que tu es innocent, à la place de naïf. Et malgré tes protestations, oui Harry, tu es un enfant. D'ailleurs, au lieu de te mêler systématiquement des affaires des adultes, tu devrais profiter davantage de l'insouciance de l'enfance. Enfin, les moments où tu le peux.

_ Là c'est vous qui êtes naïf. (un voile de tristesse passa devant ses yeux verts.) Ça fait longtemps que je ne suis plus innocent. Et l'insouciance n'a jamais fait partie de ma vie.

_ Peut-être est-il temps que cela change...?

_ Non, il est trop tard pour moi..., Un rire léger le secoua fasse à l'ironie. Ses paupières se fermaient sans qu'il ne puisse lutter, bercer par la démarche calme de Lucius. Harry ressentit une dernière fois la vague de froid qui l'avait attiré auparavant.

Il ne savait pas ce que c'était, mais il le découvrirait.


O°O°O°O


Et fin!

Je sais, je sais, il n'y a pas encore de révélation cataclysmique. Mais pour vous donnez envie de lire la suite, le prochain chapitre verra le retour de Lord Voldemort. Il serrait temps qu'il revienne sur le devant de la scène!

On se retrouve donc au mois de Mars!